Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

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etienne lorant
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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar etienne lorant » ven. 17 févr. 2017, 17:33

Le vendredi de la 6e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 11,1-9.
Ils dirent : « Allons ! Bâtissons-nous une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux. Faisons-nous un nom, pour ne pas être disséminés sur toute la surface de la terre. » Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et le Seigneur dit : « Ils sont un seul peuple, ils ont tous la même langue : s’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. Allons ! Descendons, et là, embrouillons leur langue : qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres.» De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel, car c’est là que le Seigneur embrouilla la langue des habitants de toute la terre ; et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8,34-38.9,1.
En ce temps-là, appelant la foule avec ses disciples, Jésus leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier si c’est au prix de sa vie ? Que pourrait-il donner en échange de sa vie ? Celui qui a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. » Et il leur disait : « Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le règne de Dieu venu avec puissance. »

Cy Aelf, Paris


Réussir sa vie, c'est évidemment le désir de chaque être humain. Ce fut le mien aussi, et ce désir m'aura conduit jusqu'en Amérique, qui était, à mes yeux d'adolescent, le pays de toutes les réussites ! Un homme intelligent et astucieux ne pouvait que grimper les échelons rapidement ! Et durant mes jeunes années, j'ai vécu sur ce même schéma qu'avaient adopté aussi les hommes et les femmes de ma génération.

Cependant, il y avait quelque chose qui ne me réussissait pas, c'est bien de rencontrer l'amour, de me marier et de fonder une famille. Car sur ce terrain-là (tout aussi bien que sur celui des amitiés), rien n'était stable, rien ne semblait pouvoir durer. Et finalement, c'est par la rencontre du malheur - une sorte de pessimisme sévère, sans issue acceptable - que je me suis souvenu de mon passé d'enfant de chœur et que j'ai commencé à changer de dessein.

Je rejoins ici ce que nous a dit le prêtre à propos des ambitions démesurées des bâtisseurs de la tour de Babel. Les hommes sont-il fait pour "se réussir" ? Non, car la réussite véritable, c'est d'aimer en toute gratuité. Ce changement de projet de vie, c'est une conversion. La conversion à l'amour du Christ suscite une joie extraordinaire dans le cœur comme dans l’esprit, car le Seigneur vient lui-même nous guérir de nos rêveries de gloire, de richesse ou de pouvoir. Il vient et il fait "toutes choses nouvelles". Vivre sa foi n'épuise pas l'énergie, elle l'accroît au contraire.

Je plains très sincèrement les hommes et les femmes qui, comme moi, ont cherché la réussite et qui demeurent , encore aujourd'hui, confrontés au temps qui passe, à la fragilité, à l'oubli et à la solitude dans la vieillesse. Nous sommes donc tous bienheureuses et bienheureux de nous en remettre au Seigneur et de le suivre selon nos talents propres, quels qu'ils soient...

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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La foi nous est donnée progressivement

Message non lupar etienne lorant » sam. 18 févr. 2017, 18:53

Le samedi de la 6e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 11,1-7.
Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi. Grâce à la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, et donc ce qui est visible n’a pas son origine dans ce qui apparaît au regard. Grâce à la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice plus grand que celui de Caïn; à cause de sa foi, il fut déclaré juste : Dieu lui-même rendait témoignage à son offrande ; à cause de sa foi, bien qu’il soit mort, il parle encore. Grâce à la foi, Hénok fut retiré de ce monde, et il ne connut pas la mort ; personne ne le retrouva parce que Dieu l’avait retiré; avant cet événement, il avait été agréable à Dieu, l’Écriture en témoigne. Or, sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu; car, pour s’avancer vers lui, il faut croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent. Grâce à la foi, Noé, averti de choses encore invisibles, accueillit cet oracle avec respect et construisit une arche pour le salut de sa famille. Sa foi condamnait le monde, et il reçut en héritage la justice qui s’obtient par la foi.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,2-13.
En ce temps-là, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.» De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. . Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !» Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». Ils l’interrogeaient : « Pourquoi les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? » Jésus leur dit : « Certes, Élie vient d’abord pour remettre toute chose à sa place. Mais alors, pourquoi l’Écriture dit-elle, au sujet du Fils de l’homme, qu’il souffrira beaucoup et sera méprisé ? Eh bien ! je vous le déclare : Élie est déjà venu, et ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu, comme l’Écriture le dit à son sujet. »


La foi est une disposition de l'âme qui ne peut s'acquérir sans un effort - mais cet effort est le contraire de ce que le monde enseigne: on ne peut acquérir la foi comme on acquiert une connaissance, un art de faire, un métier, une langue étrangère.

La première lecture, ce matin, nous donne une piste de compréhension lorsqu'elle dit : "Ce qui est visible n’a pas son origine dans ce qui apparaît au regard". Étrange parole ! Mais en réalité, sans lumière, dans un noir absolu, rien ne peut apparaître au regard ! Il faut donc un mouvement sincère de l'âme afin de "voir la vérité" - la plupart des convertis et parmi les plus célèbres, ne seraient venus à la foi sans avoir d'abord goûté l'amertume, le désarroi profond, parfois même la tentation du suicide.

Ainsi, lorsque l'apôtre Pierre reconnaît Moïse et Élie dans l'épisode de la Transfiguration, c'est que sa foi lui a permis de les reconnaître. Et cette primauté de la foi dans la connaissance est encore affirmée lorsque l’Évangile nous dit que, sans la comprendre, tous restèrent attachés fermement à la parole de Jésus concernant sa résurrection.

De tels efforts pour "percer les mystères de Dieu" ne sont pas inutiles, mais ils ne sont pas non plus conseillés en tout temps. Il faut y ajouter une belle et simple confiance dans la vie qui passe ...

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Vers la prière incessante

Message non lupar etienne lorant » lun. 20 févr. 2017, 18:47

Le lundi de la 7e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 1,1-10.
Toute Sagesse vient du Seigneur, et demeure auprès de lui pour toujours. (...) La source de la sagesse, c’est la parole de Dieu au plus haut des cieux. Ses chemins sont les commandements éternels.
La racine de la sagesse, qui en a eu la révélation, et ses subtilités, qui en a eu la connaissance ?


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,14-29.
En ce temps-là, Jésus, ainsi que Pierre, Jacques et Jean, descendirent de la montagne; en rejoignant les autres disciples, ils virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux. Aussitôt qu’elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite, et les gens accouraient pour le saluer. Il leur demanda: « De quoi discutez-vous avec eux ? »

Quelqu’un dans la foule lui répondit: « Maître, je t’ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet; cet esprit s’empare de lui n’importe où, il le jette par terre, l’enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J’ai demandé à tes disciples d’expulser cet esprit, mais ils n’en ont pas été capables.» Prenant la parole, Jésus leur dit :« Génération incroyante, combien de temps resterai-je auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi.» On le lui amena. Dès qu’il vit Jésus, l’esprit fit entrer l’enfant en convulsions ; l’enfant tomba et se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père :« Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance. Et souvent il l’a même jeté dans le feu ou dans l’eau pour le faire périr. Mais si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par compassion envers nous !»

Jésus lui déclara: « Pourquoi dire : “Si tu peux”… ? Tout est possible pour celui qui croit. » Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi !» Jésus vit que la foule s’attroupait; il menaça l’esprit impur, en lui disant : « Esprit qui rends muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus jamais ! » Ayant poussé des cris et provoqué des convulsions, l’esprit sortit. L’enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. » Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout. Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples l’interrogèrent en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Jésus leur répondit : « Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière.
»

Cy Aelf, Paris

De nouveau, selon son talent tout particulier, saint Marc témoigne d'un événement, tout en dépeignant d'autres personnages et en rapportant leurs pensées, leurs raisonnements et leurs jugements. De telle sorte que, dans ce passage, le lecteur peut se représenter la discussion entre les pharisiens et les autres disciples - ceux qui n'avaient pas été entraînés par Jésus dans la montagne. Et donc, puisque seuls Pierre, Jacques avaient été appelés à suivre Jésus dans la montagne, le lecture peut déduire que l'évangéliste Marc étaient de ceux qui s'étaient laissés prendre à discuter avec les pharisiens et s'étaient montrés incapables de guérir l'enfant frappé d'épilepsie. Et le fait qu'ils étaient entrer en discussion avec les notables du temple, nous montre que la foi se passe très bien de toute discussion.

Le lien qui peut être établi directement entre la réprimande du Seigneur et l'expulsion du démon est assez évident: car Jésus, quant à lui, n'entre jamais en discussion avec les ennemis de la foi. Chaque fois qu'il est pris à parti par des scribes ou des pharisiens, ses réponses sont courtes mais suffisamment fortes pour qu'ils ne peuvent que se retirer. (On se souvient de ceux qui voulaient lapider une femme adultère. Jésus n'avait rien dit sinon: "Que celui qui est pur et sans péché lui jette la première pierre !")

De même avec le démon représenté dans ce passage : Jésus se contente de menacer le démon et de ne plus jamais revenir. Mais au même moment, il donne un enseignement sur la prière. Pour échapper aux maux qui nous assaillent, il est nécessaire de prier en tout temps. En ce qui me concerne, j'ai toujours un chapelet en poche mais je ferais bien d'en augmenter l'usage !


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La voie de l'enfance spirituelle

Message non lupar etienne lorant » mar. 21 févr. 2017, 18:18

Le mardi de la 7e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 2,1-11.
Mon fils, si tu viens te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à subir l’épreuve; fais-toi un cœur droit, et tiens bon; ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; rends tes chemins droits, et mets en lui ton espérance. Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ne vous écartez pas du chemin, de peur de tomber.
Vous qui craignez le Seigneur, ayez confiance en lui, et votre récompense ne saurait vous échapper.


Psaume 37(36),3-4.18-19.27-28ab.39-40ac.
Le Seigneur est le salut pour les justes,
leur abri au temps de la détresse.
Le Seigneur les aide et les délivre,
car ils cherchent en lui leur refuge.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,30-37.
En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache,car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera.» Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : «De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit: «Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit: «Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

Les deux premières lectures nous incitent à faire preuve de courage, en véritables baptisés et en adultes qui savent très bien que les épreuves ne manqueront pas sur leur route. Il faut donc chercher à marcher sans nous lasser et accepter aussi des épreuves, des renoncements et de porter des peines tant physiques que morales.

Or, dans l’Évangile de ce jour, à peine Jésus a-t-il annoncé qu'il serait mis à mort que ses disciples rivalisent déjà entre eux pour savoir qui, parmi eux, prendra la succession de leur maître ! Ils ont de l'ambition, mais la plus grande des ambitions serait plutôt d'accepter de porter sa propre croix chaque jour, en mobilisant toutes ses forces pour tracer un chemin bien droit sous le regard de Dieu.

Pourtant, ce n'est pas une image de lutte que donne Jésus pour se faire comprendre, mais il choisit l'image du petit enfant, lui qui est entièrement dépendant de ses parents pour vivre. C'est donc dans l'humilité et la foi de confiance absolue que nous avons à tracer notre chemin.

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Fête de la chaire de saint Pierre

Message non lupar etienne lorant » mer. 22 févr. 2017, 18:06

Première lettre de saint Pierre Apôtre 5,1-4.
Bien-aimés, les anciens en fonction parmi vous, je les exhorte, moi qui suis ancien comme eux et témoin des souffrances du Christ, communiant à la gloire qui va se révéler: soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous;veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré, selon Dieu; non par cupidité mais par dévouement; non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau. Et, quand se manifestera le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples: «Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ?» Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste; pour d’autres, Élie; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.
»

Cy  Aelf, Paris

Si Pierre a été élu parmi les autres apôtres pour devenir le premier Pape, ce n'est pas du fait de son intelligence, ni de sa capacité à gouverner, lui qui fut simple pécheur sur le lac de Galilée - mais c'est du simple fait d'avoir été inspiré par Dieu. De sorte que son action et ses décisions, comme chef de l'Eglise naissante, lui ont été inspirées.

De bonnes choses surviennent dans la vie des hommes et des femmes, non pas du fait qu'ils ont agi par intelligence ou par la connaissance profonde des règles de la vie communautaire, mais tout simplement du fait qu'ils se sont laissés inspirer dans la prière.

Notre prêtre s'est efforcé de nous faire mieux comprendre la démarche qui consiste - dans telle ou telle situations, de ne plus se fier uniquement à la raison ou la logique, ou la prudence, mais simplement en se laissant guider dans la prière.

Il n'est pas  nécessaire d'être un ecclésiastique, ni un moine. Saint Etienne, le premier martyr, fut un simple serviteur qui œuvrait en servant des plats aux membres de la première communauté. Sauf qu'il s'est laissé inspirer par le témoignage de sa parole et peu après, par celui du don de sa vie.

Il en est de même pour chacune et chacun d'entre nous :  "La chair ne sert de rien, mais c'est l'Esprit qui vivifie" !

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A bon entendeur...

Message non lupar etienne lorant » jeu. 23 févr. 2017, 15:23

Le jeudi de la 7e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 5,1-8.
Ne t’appuie pas sur tes richesses, ne dis pas:«Elles me suffisent. » Ne te laisse pas entraîner par ton instinct et ta force à suivre les désirs de ton cœur.
Ne dis pas : « Qui m’en imposera ? », car le Seigneur ne manquerait pas de te châtier. Ne dis pas : « J’ai péché, et rien ne m’est arrivé », car le Seigneur sait attendre longtemps. Ne sois pas assuré du pardon au point d’entasser péché sur péché. Ne dis pas : « Sa miséricorde est grande, il pardonnera bien tous mes péchés », car, en lui, il y a pitié mais aussi colère; son indignation s’abattra sur les pécheurs. Ne tarde pas à te retourner vers le Seigneur, ne remets pas ta décision de jour en jour ; car brusquement éclatera la colère du Seigneur, et à l’heure du châtiment, tu seras anéanti. Ne t’appuie pas sur des richesses injustement acquises : elles ne te serviront de rien au jour de l’adversité.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,41-50.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
«Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas. […]Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. […]Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. Chacun sera salé au feu. C’est une bonne chose que le sel; mais s’il cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. »


Cy Aelf, Paris

Les choix de la Liturgie sont aujourd'hui d'une telle clarté qu'il n'est guère besoin de les commenter. J'ai toutefois pris noté que l'Ecclésiastique fut un des derniers prophètes de l'Ancien Testament et que les auditeurs de Jésus ont certainement pu d'eux-mêmes établir ce lien.

Pour le reste, n'est-ce pas une occasion pour nous d'examiner notre propre conscience ?

Il est tout à fait clair que nous devons renoncer à tout ce que le monde (ou Mammon) nous propose comme mode de réussite. On peut très bien réussir dans l'existence, avoir son nom au Panthéon, être cité comme bienfaiteur de l'humanité - et souffrir au purgatoire ou en enfer. L'un n'empêche pas l'autre : être sorti vivant des camps de concentration et avoir, ensuite, fait voter une loi permettant d'avorter à sa guise... (ce cas précis m'a toujours hanté, je ne sais trop pourquoi, mais le contraste est très fort. )

Tout ce que le monde nous propose comme légitime recherche du bonheur, cela ne peut tenir bon que si cette forme de bonheur inclut l'enseignement déjà donné dans les Béatitudes. Si l'on construit son bonheur sur le malheur d'autrui, mieux vaut être malheureux tout au long de sa vie. Et comment renier sa propre conscience lorsqu'elle nous fait sentir que nous faisons le mal ?

Mieux vaut donc peiner ici-bas en recherchant ce qui plaît au Seigneur, plutôt que courir au précipice - souvenons-nous de ce troupeau de cochons que Jésus fit se noyer ...

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Foi et relation à autrui

Message non lupar etienne lorant » ven. 24 févr. 2017, 18:06

Le vendredi de la 7e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 6,5-17.
De bonnes relations, tu peux en avoir avec beaucoup de monde; mais des conseillers n’en choisis qu’un seul entre mille !
Si tu veux acquérir un ami, acquiers-le en le mettant à l’épreuve; n’aie pas trop vite confiance en lui.
Il y a celui qui est ton ami quand cela lui convient, mais qui ne reste pas avec toi au jour de ta détresse.
Il y a celui qui d’ami se transforme en ennemi, et qui va divulguer, pour ta confusion, ce qui l’oppose à toi.
Il y a celui qui est ton ami pour partager tes repas, mais qui ne reste pas avec toi au jour de ta détresse.
Quand tout va bien pour toi, il est comme un autre toi-même et commande avec assurance à tes domestiques; mais si tu deviens pauvre, il est contre toi, et il se cache pour t’éviter.
Tes ennemis, tiens-les à distance; avec tes amis, sois sur tes gardes.
Un ami fidèle, c’est un refuge assuré, celui qui le trouve a trouvé un trésor.
Un ami fidèle n’a pas de prix, sa valeur est inestimable.
Un ami fidèle est un élixir de vie que découvriront ceux qui craignent le Seigneur.
Celui qui craint le Seigneur choisit bien ses amis, car son compagnon lui ressemblera.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,1-12.
En ce temps-là, Jésus arriva dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. De nouveau, des foules s’assemblent près de lui, et de nouveau, comme d’habitude, il les enseignait.
Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient: « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit: « Que vous a prescrit Moïse ?» Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation.» Jésus répliqua : «C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »



Cy Aelf, Paris

D'une manière générale, de notre temps, les relations humaines ne suivent plus les préceptes rappelés aujourd'hui, tant par l'Ecclésiastique que par Jésus lui-même. Le premier rappelle l'importance de bien choisir ses amis. Et Jésus, quant à lui, rappelle qu'un mariage ne peut être rompu sans graves conséquences.

Tout ceci doit être mis en rapport avec la fidélité de l'amour de Dieu et nos propres défaillances dans nos relations, qu'il s'agisse du mariage comme des liens d'amitiés, mais encore: dans nos propres relations avec autrui en général, car "l'autre" est également notre prochain.

Notre prêtre s'est exclamé que la plupart des relations humaines, de nos jours, sont fragilisées - ou rendues "interchangeables" - en grande partie du fait que toutes et tous sont pratiquement forcés de travailler pour subvenir à leurs propres besoins. Cependant, même s'il faut supporter une grande solitude, nous ne pouvons pas demeurer fidèles au Seigneur si nous ne sommes pas fidèles dans nos engagements envers notre prochain.

Nombreux sont les fidèles qui sont revenus à la pratique régulière des sacrements, car ils ont perçu, dans la détresse morale, que Dieu demeure fidèle en tout temps. "Le Père est un père pour chacun d'entre nous : reprenons confiance !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Dimanche, jour de paix et de relèvement

Message non lupar etienne lorant » sam. 25 févr. 2017, 18:17

Le samedi de la 7e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 17,1-15.
Le Seigneur a créé l’homme en le tirant de la terre, et il l’a fait retourner à la terre. Il a donné aux humains des jours comptés, un temps déterminé (...) Leurs yeux ont vu la grandeur de sa gloire, leurs oreilles ont entendu la majesté de sa voix. Il leur a dit : « Gardez-vous de toute injustice », et à chacun il a donné des commandements au sujet du prochain. Leurs chemins sont toujours à découvert devant lui, ils n’échappent jamais à ses regards.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,13-16.
En ce temps-là, des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas.» Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

© AELF, Paris

Ces textes nous sont donnés ce matin, c'est-à-dire la veille du dimanche, jour de fête et jour de repos. Jour pour la joie, jour pour la rencontre, jour pour chasser les soucis, jour de paix, jour de rencontre, jour pour pardonner à ceux qui nous ont causé du chagrin et du mal.

Dimanche, jour de la page laissée blanche, sur laquelle le Seigneur vient écrire : "Paix, joie et repos".

N'ayant pas la possibilité d'une Eucharistie le samedi (car la plupart des paroisses célèbrent en soirée la messe "anticipée" du dimanche), je n'écris que sous l'inspiration qui m'est donnée sur le moment.

Nous avons des jours comptés et un temps déterminé - et c'est sur ce point que la plupart des hommes trébuchent et tombent. Mais à chaque fois, le Seigneur leur donne de se reprendre après avoir désobéi. Il les relève pour qu'ils puissent retrouver un chemin bien droit et se remettre en marche dans la paix.

" D’où vient que le temps de notre petite enfance nous apparaît si doux, si rayonnant? Un gosse a des peines comme tout le monde, et il est, en somme, si désarmé contre la douleur, la maladie! L’enfance et l’extrême vieillesse devraient être les deux grandes épreuves de l’homme. Mais c’est du sentiment de sa propre impuissance que l’enfant tire humblement le principe même de sa joie. Il s’en rapporte à sa mère, comprends-tu? Présent, passé, avenir, toute sa vie, la vie entière tient dans un regard, et ce regard est un sourire." (Bernanos)

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Passer de l'obéissance à la conversion totale

Message non lupar etienne lorant » lun. 27 févr. 2017, 11:13

Livre de l'Ecclésiastique 17,24-29.
À ceux qui se repentent, Dieu ouvre le chemin du retour ; il réconforte ceux qui manquent de persévérance.
Convertis-toi au Seigneur, et renonce à tes péchés; mets-toi devant lui pour prier, et diminue tes occasions de chute. Reviens vers le Très-Haut et détourne-toi de l’injustice, – c’est lui qui conduit des ténèbres à la lumière de la vie – ; les actions abominables, déteste-les. Qui pourra célébrer le Très-Haut dans le séjour des morts, remplacer les vivants qui lui rendent gloire ? La louange est enlevée au mort puisqu’il n’est plus ; c’est le vivant, le bien-portant, qui célébrera le Seigneur.Qu’elle est grande, la miséricorde du Seigneur, qu’il est grand, son pardon pour ceux qui se convertissent à lui !


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,17-27.
En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage? » Jésus lui dit : «Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : ‘Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.’ »
L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse.» Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit:« Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux: « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit: « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu; car tout est possible à Dieu. »


© AELF, Paris
Parmi tous les obstacles qui empêchent l'homme d'entrer dès son vivant dans le Royaume, il n'y a pas que l'attachement aux biens matériels, mais il y a, tout autant, l'attachement à soi-même, c'est-à-dire: à ses origines, à son éducation, à son raisonnement, à son intelligence - et encore: à sa bonne conscience - car la conscience rapporte toute chose à elle-même.

On ne s'étonnera donc pas que le jeune homme riche se retrouve devant un obstacle très difficile à franchir. Il n'est pas seulement encombré de richesses matérielles, mais encore: de sa bonne conscience. N'a-t-il pas observé les commandements depuis sa plus tendre enfance ? Il se croit donc juste lorsqu'il vient vers Jésus. Et sans doute l'est-il selon la loi de Moïse.

Mais il lui manque le dépouillement intérieur, le renoncement au nom, à son histoire, à sa famille et jusqu'à sa propre conception de la vérité. Notre prêtre a parlé de "retournement total". C'est tout aussi difficile pour nous, pour chacune et chacun d'entre nous. Ce n'est pas la pratique régulière des sacrements qui pourra nous sauver, mais c'est un constant renouvellement de notre être dans la foi.

Comment le dire encore ? Avant ma propre conversion, en 1985, je croulais sous le poids insupportables de raisonnements, d'idées et de précaires certitudes. Mais la conversion a, pour ainsi dire, remis tous les compteurs à zéro. "On efface tout et on recommence !" Est-ce possible ? Pour l'homme, c'est impossible, mais rien n'est impossible à Dieu!

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Indispensable renconcement à soi

Message non lupar etienne lorant » mar. 28 févr. 2017, 14:29

Le mardi de la 8e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 35,1-15.
C’est présenter de multiples offrandes que d’observer la Loi ;
c’est offrir un sacrifice de paix que s’attacher aux commandements.
C’est apporter une offrande de fleur de farine que se montrer reconnaissant; c’est présenter un sacrifice de louange que faire l’aumône.On obtient la bienveillance du Seigneur en se détournant du mal; on offre un sacrifice d’expiation en se détournant de l’injustice.
Ne te présente pas devant le Seigneur les mains vides. Accomplis tout cela car tel est son commandement. L’offrande de l’homme juste est comme la graisse des sacrifices sur l’autel, son agréable odeur s’élève devant le Très-Haut. Le sacrifice de l’homme juste est agréé par Dieu qui en gardera mémoire. Rends gloire au Seigneur sans être regardant : ne retranche rien des prémices de ta récolte. Chaque fois que tu fais un don, montre un visage joyeux; consacre de bon cœur à Dieu le dixième de ce que tu gagnes. Donne au Très-Haut selon ce qu’il te donne, et, sans être regardant, selon tes ressources.Car le Seigneur est celui qui paye de retour; il te rendra sept fois plus que tu n’as donné. N’essaye pas de l’influencer par des présents, il ne les acceptera pas; ne mets pas ta confiance dans un sacrifice injuste. Car le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,28-31.
En ce temps-là, Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. »


Pratiquer l'aumône, être reconnaissant des bienfaits reçus, pratiquer l'aumône, se détourner du mal et de l'injustice et présenter la juste offrande sans en rien retrancher pour soi, apprendre à donner sans mesurer, voici les encouragements à une vie droite et sainte devant devant Dieu que propose l'Ecclésiastique. Et ce que Jésus ajoute à tout cela dans dans l’Évangile de ce jour, c'est d'aller un peu plus loin encore en renonçant définitivement à soi-même afin de vivre pleinement l’Évangile.

Il n'est pas demandé à tous de devenir prêtre, moine, sacristain ermite ou fondateur de nouveaux ordres religieux ! Mais il suffit de l'essentiel:renoncer à soi-même afin de suivre Jésus chaque jour de sa vie à la manière des apôtres.
Car ce changement intérieur est tout aussi exigeant pour les femmes et les hommes de notre temps, que pour les apôtres qui ont "physiquement" abandonné leur maison, leur métier, leur famille et tous leurs biens. En effet, se renoncer soi-même à cause de l’Évangile demeure de toute façon un exercice difficile à pratiquer.

En effet, c'est renoncement s'effectuent au beau milieu d'un monde dont les "valeurs" sont : argent, richesse, possession de maisons et de terrains, pouvoir politique, et constante recherche de nouveaux biens à acquérir... Notre prêtre a cité le cas du pauvre homme qui possédait plus d'une quinzaine de maisons dans son village - et qui est décédé
chez un notaire le jour même de son ultime acquisition. Mieux vaut donc être riche d’aumônes afin d'entrer dans le Royaume !

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Qestions de carême

Message non lupar etienne lorant » ven. 03 mars 2017, 10:50

Le vendredi après les Cendres

Livre d'Isaïe 58,1-9a.

Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. (...)ls voudraient que Dieu soit proche: « Quand nous jeûnons, pourquoi ne le vois-tu pas ? Quand nous faisons pénitence, pourquoi ne le sais-tu pas? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien faire vos affaires, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous. Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poing sauvages. (...)ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît, un jour où l’homme se rabaisse ? S’agit-il de courber la tête comme un roseau, de coucher sur le sac et la cendre ? Appelles-tu cela un jeûne, un jour agréable au Seigneur? Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci: faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable? Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »

Psaume 51(50),3-4.5-6ab.18-19.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,14-15.
En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ?» Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé; alors ils jeûneront.


© AELF, Paris


Le jeûne ne doit certes pas devenir un exploit sportif , c'est la première chose à retenir. Et ce n'est pas non plus un recueil de recettes de plats légers, diététiques. Se priver en temps de carême, c'est tout d'abord de chercher comment renoncer à soi-même - ce que, toutes et tous, nous serons contraints de faire en diverses circonstances. C'est par le rappel de notre nature précaire que commence le carême. Et cet exercice - de retour sur soi-même sera d'autant plus bénéfique que nous aurons reconnus en quel "endroit" de notre vie nous sommes le plus fragiles.

Du reste, comme nous le disent les textes, tant dans la première que la seconde lecture, l'attitude juste en temps de que de carême, c'est bien de rechercher où nous en sommes dans notre relation au Seigneur: les disciples ne jeûneront que lorsque "l'époux leur sera enlevé".

Pour ma part, je vis déjà dans l'angoisse de la solitude, mais aussi dans le sentiment que notre société qui prétendait à l'union des peuples (l'Union Européenne), est en train de refermer toutes les portes : nous sommes plus divisés que jamais. Certes, l'argent circule librement, mais pour le reste, tout le monde s'épie du regard en se demandant comment sera demain ! Il serait bon que ceux qui nous gouvernent fassent carême eux aussi...

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La nécessaire conversion

Message non lupar etienne lorant » sam. 04 mars 2017, 10:44

Le samedi après les Cendres

Livre d'Isaïe 58,9b-14.
Ainsi parle le Seigneur : Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,27-32.
En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit: « Suis-moi. Abandonnant tout, l’homme se leva; et il le suivait. Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples:« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ?» Jésus leur répondit « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »




Si l'on se sent bien dans sa peau, bien dans sa manière de vivre, si l'on est persuadé que tout est pardonné en une confession l'an, si notre pratique religieuse se limite à participer à une Eucharistie de temps à autre ... et si nous nous voilons la face quant à nos propres fautes, alors le moment est venu de nous réveiller !

Tout à l'opposé, le mot d'Isaïe : "Si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires", exprime parfaitement le mouvement intérieur de la conversion véritable. Quel souffle dans cette courte parole !

Et j'ai bien compris. Le temps que nous vivons doit certainement nous inciter à nous convertir plus encore. Comme si cela ne suffisait pas, à la sortie de la chapelle, un homme très âgé (90 ans) m'a fait cette remarque: "Cette époque ressemble tout à fait à une avant-guerre."

Mais ce qui doit compter pour nous, c'est de rechercher à nous convertir encore. A cet égard, la conversion de Lévi est d'autant plus remarquable parce qu'elle est contagieuse.

Quelle joie dans ce repas improvisé !
Efforçons-nous, en signe de pénitence, de diffuser de la joie autour de nous !

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Entre jugement et miséricorde

Message non lupar etienne lorant » lun. 06 mars 2017, 11:43

Livre du Lévitique 19,1-2.11-18.
Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras: Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez aucun de vos compatriotes. Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom: tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur. Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas: tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié. Tu ne maudiras pas un sourd, tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle: tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur. Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d’injustice; tu n’avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant: tu jugeras ton compatriote avec justice. Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple, tu ne réclameras pas la mort de ton prochain. Je suis le Seigneur. Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur.»


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,31-46.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs:il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi: “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »


Cy Aelf, Paris


Tandis que la première lecture adresse son message à la conscience des hommes, au jugement, à la raison, avec des obligations et des interdictions - qui pourront faire l'objet d'un jugement "à la lettre" de la loi, l’Évangile, quant lui, parle aux cœurs des hommes. Non pas que la rigueur, la volonté et le labeur de la conscience soient écartés, mais le critère qui prévaudra tout à la fin, c'est la qualité du cœur selon qu'il aura aimé comme Dieu aime, ou qu'il aura jugé -ce qui veut dire aussi qu'il aura usurpé du jugement, alors même que le jugement n'appartient qu'à Dieu seul.

Ce que Dieu demande, c'est que nous apprenions à aimer à la manière de Dieu. Et l'on peut affirmer sans risquer de se tromper, que toute la vie de Jésus illustre la primauté de l'amour miséricordieux sur le jugement. Notre prêtre a illustré cette affirmation en rappelant l'épisode de la femme adultère et la "sanction" émise par Jésus : "Que celui qui parmi vous est pur et sans péché, lui jette la première pierre."

Cela m'a rappelé le dialogue entre le journaliste américain et la future sainte mère Thérésa. Le journaliste lui avait fait remarquer qu'elle n'arriverait jamais à secourir tous les pauvres de Calcutta : "C'est impossible !" Mais elle elle lui avait répondu très simplement : "Dieu ne nous demande pas de réussir, mais d'aimer !"

Puisse notre carême nous conduire à quelques gestes de miséricorde, car "Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendrons miséricorde !"

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Le don du Notre Père

Message non lupar etienne lorant » mar. 07 mars 2017, 11:51

Le mardi de la 1re semaine de Carême

Livre d'Isaïe 55,10-11.
Ainsi parle le Seigneur :
«La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission.»


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi: Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »


Cy Aelf, Paris


C'est une très puissante prière que nous a donné le Seigneur par le Pater. Elle se fonde en effet sur que la parole de Dieu est créatrice.
Le Père a bien tout crée par sa parole et c'est bien à cette puissante que nous faisons appel lorsque nous la récitons. Il faut également garder en esprit que nous sollicitons le pardon de "nos offenses", nous nous engageons nous-mêmes à pardonner à ceux qui nous ont occasionné peines et souffrance.

Il serait donc bon et sage d'éviter de prier de façon machinale ou répétitive à l'excès. Mais il nous faut nous investir dans cette prière, il nous faut nous préparer à changer telle et telle attitudes que nous que nous réservions à autrui selon nos estimations personnelles.

Notre prêtre a de nouveau attiré notre attention sur tous les événements de notre temps - qui perturbent notre manière de vivre. Dans ce contexte difficile que nous traversons, il est nécessaire de bien peser nos demandes, de sorte qu'elles ne soient plus seulement centrées sur nos besoins immédiats, mais qu'elles tiennent compte , tout autant des pauvretés, des peines et des souffrances de très nombreuses âmes en détresse, isolées et rejetées qui sont en grand danger.


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Appels à la conversion

Message non lupar etienne lorant » mer. 08 mars 2017, 16:44

Le mercredi de la 1re semaine de Carême

Livre de Jonas 3,1-10.
La parole du Seigneur fut adressée à Jonas: « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle.» Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande: il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant:«Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands: « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas. Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence.Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas !»En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,29-32.
En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »


Les textes de ce jour se répondent directement l'un à l'autre, en sorte que le commentaire est simple. On oublie très souvent de lire la prière de conversion qu'éleva Jonas depuis le ventre du grand poisson. Je la reproduis ici :

Dans l'angoisse qui m'étreint, j'implore le Seigneur:il me répond; du ventre de la Mort, j'appelle au secours: tu entends ma voix. Tu m'as jeté dans le gouffre au cœur des mers où le courant m'encercle; toutes tes vagues et tes lames déferlent sur moi. Si bien que je me dis: Je suis chassé de devant tes yeux. Mais pourtant je continue à regarder vers ton temple saint. Les eaux m'arrivent à la gorge tandis que les flots de l'abîme m'encerclent; les algues sont entrelacées autour de ma tête. Je suis descendu jusqu'à la matrice des montagnes; à jamais les verrous du pays de la Mort sont tirés sur moi. Mais de la fosse tu m'as fait remonter vivant, Oh ! Seigneur, mon Dieu! Alors que je suis à bout de souffle, je me souviens et je dis: Seigneur ! Et ma prière parvient jusqu'à toi, jusqu'à ton temple saint. Les fanatiques des vaines idoles, qu'ils renoncent à leur dévotion! Pour moi, au chant d'actions de grâce, je veux t'offrir des sacrifices, et accomplir les vœux que je fais. Au Seigneur appartient le salut

Du reste, qui, parmi nous, n'a pas connu, au moins une fois dans sa vie, une période de détresse profonde - d'une telle puissance qu'elle obligeait à une complète remise en question ? Et je peux, encore remercier le Seigneur, car Il a bien voulu m'abaisser afin que je me relève différent de ce que je fus. La simple vérité est que, sans cet épisode, je n'aurais jamais organisé ma vie autour d'une Eucharistie matinale - laquelle (comme un pas suit toujours un autre) m'a conduit à tenter d'écrire de petits textes dont le but premier était de me maintenir "éveillé" à l'amour de Dieu)

Cette grâce rappelle la parabole des vierges folles et des vierges sages. En effet, il nous faut - sous peine d'achopper et de retomber lourdement sur le sol - faut veiller sur nos lampes (puisque l’œil est la lampe du corps)...

Je suis persuadé que chacune et chacun d'entre nous sont appelés dès ce moment du carême à reconnaître dans quelle clarté - ou bien dans quelle pénombre - nous vivons ce carême, cette année...

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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