Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

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etienne lorant
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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar etienne lorant » sam. 28 janv. 2017, 16:21

Je suis tout a fait conscient de ce que vous relatez , cher Etienne Lorant ,car depuis mon retour vers Dieu ,j'éprouve beaucoup de choses semblables .
Il est évident que l'on perçoit beaucoup plus les mauvaises actions que les bonnes. Avant,j'avais pratiquement aucune conscience de mes mauvaises actions ,aller savoir pourquoi ? Jusqu'à me demander si j'étais vraiment coupable!
Si nous ne saisissons jamais toute l'amertume que devrait nous causer la conscience de nos fautes , c'est encore une grâce venant de Dieu. Le Seigneur nous préserve du désespoir dans lequel nous entraînerait la pleine conscience de nos fautes... Il nous faut apprendre à prêter très simplement à Jésus : nos paroles, nos actes, nos mains, nos chagrins, et Lui être utile par notre abandon de confiance dans l'Amour...

(Je file visiter ma mère !)

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Nos obstacles au témoignage

Message non lupar etienne lorant » lun. 30 janv. 2017, 18:01

Le lundi de la 4e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 11,32-40.
Par leur foi, ils ont conquis des royaumes, pratiqué la justice, obtenu la réalisation de certaines promesses. Ils ont fermé la gueule des lions, éteint la flamme des brasiers, échappé au tranchant de l’épée, retrouvé leurs forces après la maladie, montré du courage à la guerre, mis en fuite des armées étrangères. (...) D’autres ont subi l’épreuve des moqueries et des coups de fouet, des chaînes et de la prison.Ils furent lapidés, sciés en deux, massacrés à coups d’épée. Ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de moutons ou de toisons de chèvres, manquant de tout, harcelés et maltraités  (...)–mais en fait, c’est le monde qui n’était pas digne d’eux


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 5,1-20.
En ce temps-là, Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens.(...) Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde.»  Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.


Cy Aelf, Paris

Les lectures de ce jour nous montrent clairement l'obstacle qui demeure en nous dans le témoignage de la foi, tant par la parole que par les œuvres.  L'obstacle de la crainte du jugement d'autrui, de la solitude, des moqueries et des rebuffades ou bien, encore:  du simple simple du "respect humain" (très conventionnel !)- voici ce qui freine notre témoignage.

Pour les prophètes de l'Ancienne Alliance, comme pour les Géraséniens qui préfèrent que Jésus s'écarte, la reconnaissance d'une œuvre divine, surnaturelle, se heurte toujours à crainte - très humaine - d'une existence bouleversée par la grâce. De la sorte, Les prophètes avaient été reconnus comme tels,  mais leurs paroles et leurs actes rencontraient l'obstacle de la crainte d'un nécessaire changement de vie. Ainsi furent-ils persécutés parce qu'ils appelaient   le peuple à une conversion profonde, radicale, plutôt que le seul respect des règles de leur religion.

Le même obstacle est toujours présent en nous.  Nous faisons du bien, soit, mais irions-nous jusqu'à partager, ne fut-ce qu'une journée, le quotidien des pauvres, des SDF ou des malades ?   Je peux témoigner qu'après ma propre conversion, ce qui me fut le plus difficile, c'est de parcourir, de temps à autre, les couloirs d'une clinique toute proche... Je n'avais pas peur d'y rencontrer tel ou tel clients ou relations, non, mais ce que je craignais, c'est bien sûr de me confronter à mes propres phobies - dont celle de la maladie, bien sûr !

Or, il ne suffit pas de croire en Dieu pour sauver son âme, mais il faut plus sûrement apprendre à nous donner nous-mêmes et à laisser le Seigneur agir à travers nous - quiconque a tenté cela  s'est heurté à un obstacle exceptionnel : lui-même !

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Cinci » mar. 31 janv. 2017, 14:29

L'affirmation de saint Paul est devenue la lumière décisive de nos vies ; "Vous avez été élus, dès la création du monde, pour être saints."

Osons donc observer le chemin qui reste à parcourir, et nous questionner sans ménagement. Puisque nous connaissons notre vocation, qu'est-ce qui empêche un homme de devenir un saint? Contre quel obstacle allons-nous buter? Qu'est-ce qui, concrètement, va se mettre au travers de notre route, stériliser nos efforts?

Beaucoup répondront : l'accaparement de nos tâches, nos travaux les plus divers, les soucis du quotidien, sans même parler des divertissements que procurent les loisirs ou la télévision ...

C'est vrai. Et je rappelle à ceux-là la terrible parabole des Noces. Le plus inquiétant dans les paroles du Seigneur, n'est pas le rejet des invités qui ont décliné l'offre, mais - l'avons-nous bien remarqué? - le caractère apparemment légitime des motifs qu'ils opposent. L'un s'est marié, l'autre vient de faire un achat d'importance, un troisième est retenu chez lui : quoi de plus naturel? Nous aussi, nous pourrions un jour renoncer aux plus impérieuses exigences de notre vocation chrétienne avec de semblables raisons. Cependant, allons au vif du sujet. Il y a quelque chose de plus grave, et parfois d'inconscient : nous avons peur, et nous aurons peur. Regardons en face cette source permanente de toutes nos infidélités.

J'ai lu cette phrase dans une revue, voici quelques semaines : "Au commencement était la peur." L'auteur entendait par là, et ce n'est pas nouveau, que la réaction spontanée du primitif devant le divin est un mouvement de recul, une angoisse devant le mystère. Le primitif craint parce qu'il ne peut expliquer. Notre peur est-elle de même nature? Sommes-nous ici en face d'un univers inconnu aux prises avec des forces dont le secret est indéchiffrable?

Oui, pour une part. Un pécheur se trouve devant l'amour de Dieu comme d'autres devant l'amour humain; comme certains hommes, certaines femmes qui se défendent contre le sentiment qui est en train de naître dans leur coeur ou qu'ils devinent dans le coeur d'autrui. S'attacher, prendre au sérieux ce qui fut peut-être un jeu jusque là, laisser quelqu'un avoir des droits sur nous, parce qu'on a cédé à son appel , se mettre à souffrir : tout cela pose des problèmes; on est arraché à son confort et nul ne peut dire jusqu'où ira cette dépossession de soi. Le chrétien se demande pareillement dans quelle aventure il est embarqué. "Il vient à moi comme un incendie" : l'aveu de soeur Marie-Saint-Anselme, religieuse missionnaire en Afrique, engendre autant d'Inquiétudes que la parole si forte du Seigneur à Angèle de Foligno : "Ce n'est pas pour rire que je t'ai aimée."

Néanmoins, le refus de poursuivre la route, sous prétexte que son tracé ne se lit pas assez nettement, la peur de l'aventure n'expliquent nos dérobades que de façon insuffisante.

Le vrai motif - apparemment opposé à celui-là, et qui sait pourtant se conjuguer avec lui - n'est-il pas la connaissance trop précise que nous avons des itinéraires de sainteté? Ce qui nous attend est à la fois mystérieux et très clair. L'Évangile parle un langage dru, sans place pour les commentaires lénifiants, le sermon sur la montagne met les points sur les "i", et l'histoire de la sainteté, depuis vingt siècles, est éloquente. C'est cette précision qui nous fait peur.

(à suivre)

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L'espérance jusqu'au delà de l'espérance

Message non lupar etienne lorant » mar. 31 janv. 2017, 16:32

Le mardi de la 4e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 12,1-4.
Frères, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice, et il siège à la droite du trône de Dieu. Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 5,21-43.
En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait. Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son tement. Elle se disait en effet: «Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée.» À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements? » Ses disciples lui répondirent : « u vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui; puis il pénètre là où reposait l’enfant.
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne; puis il leur dit de la faire manger.



Cy Aelf, Paris


Cet Évangile de saint Marc, dix fois analysé et commenté, garde encore toute sa vigueur intérieure. C'est un talent si particulier qu'on ne s'est jamais lassé d'aller y puiser des forces nouvelles. Et ce sentiment est encore renforcé, aujourd'hui, par la première lecture qui encourage le lecteur à courir avec endurance l'épreuve qui nous est proposée.

Il a de l’endurance, ce père qui a couru contre toute espérance pour trouver Jésus et le supplier avec force - c'est-à-dire en abandonnant derrière lui toute autre considération. Voici un chef de synagogue qui a trouvé quelque chose de neuf, d'essentiel, de vital, de prodigieux, en la personne de Jésus.

C'est la même folle espérance qui a conduit la femme aux pertes de sang. Peu lui importe les considérations d'autrui : comme Jaïre, elle s'est trouvée investie d'espérance et de foi. C'est comme un feu de la grâce ou comme un jaillissement de la miséricorde divines qui a pénétré leur âme et les a mis en route vers le salut désiré.

Leur mouvement vers Jésus est le même qui anime l'apôtre Paul dans la première lecture, lorsqu'il incite à résister "jusqu’au sang" dans la lutte contre le péché. L'homme est quelque chose qui doit se dépasser - n'est-ce pas notre vocation, à toutes et tous ?

Puissions-nous donc tous, au cœur de l'épreuve, puiser une plus grande espérance...

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Cinci » mer. 01 févr. 2017, 0:16

(suite)

Quand on dit aux chrétiens : "devenez des saints", ils ont aussitôt dans la mémoire des souvenirs qui surgissent et les accablent.

François d'Assise, le Curé d'Ars, Catherine de Sienne ou Thérèse d'Avila furent non pas sanctifiés dès le berceau mais aux prises avec des tentations violentes, éprouvant jusqu'à l'extrême bord de l'existence qu'il y a deux hommes en tout baptisé et que le combat spirituel est vraiment "plus terrible que les batailles d'hommes."

Chacun de nous est doué de passions : pour que chacune d'entre elle devienne une vertu : quelle ascèse, quel apprentissage interminable, douloureux! François avait choisi Dame pauvreté : il ne fut pas quitte pour autant avec les sortilèges du monde; la chair eut ses sursauts. Pour chacun la lutte dure jusqu'au dernier souffle.


Pas un récit authentique de sainteté, dans le cloître ou dans le monde, qui ne révèle une souffrance indicible, une sorte de déchirement de l'âme.

Quand le Christ regardait un malheureux atteint d'une quelconque misère du corps ou de l'esprit, quand il se tenait près du tombeau de Lazare, ou pleurait sur la destruction de Jérusalem, il rejoignait, certes, la détresse des affligés, mais par-delà la mort il démasquait la source, il désignait le péché, il se mesurait avec le vieil ennemi de Dieu, "homicide depuis le commencement". Et cet affrontement devait se terminer par une agonie. Nos saints, sur les grandes routes du monde ou dans les déserts, voyons-les entrant progressivement dans la connaissance terrible de ce que l'Évangile appelle "ce qu'il y a dans l'homme" , en eux et dans leurs frères, et voyons-les remonter jusqu'à la source, jusqu'à la tragédie initiale - plus tragique que toutes les autres car elle les contient et les engendre : le péché des hommes contre l'Amour. Entendez leur cri : "l'Amour n'est pas aimé."

Est-ce tout? Non. [...]


Thérèse de l'Enfant-Jésus connaît pendant des mois, des doutes contre la foi, et ses frères et soeurs en aridité spirituelle sont légions; le Curé d'Ars qui confesse seize heures par jour et réconcilie avec Dieu tant de désespérés, essaye de fuir sa paroisse à deux reprises pour se réfugier à la Trappe; Jeanne d'Arc, dans le cachot de Rouen, devant le supplice tout proche, pleure comme l'enfant qu'elle était ... Sans doute, sommes-nous émus à ces évocations; nous préférons les élus de Dieu qui restent de la terre, qui ne semblent pas s'être évadés de la condition humaine. Leurs ténèbres nous gênent moins que leur lumière. Cependant, la sainteté, est-ce finalement, sur des épaules humaines, la trop lourde Croix du Christ?

Voilà pourquoi nous avons peur. Avons-nous tort?

[...]

N'ayons pas honte d'une peur qui est légitime - pas seulement excusable. Allons même jusqu'à affirmer qu'elle est nécessaire. Aux yeux de la raison humaine, la sainteté est une folie. Lutter opiniâtrement contre le "vieil homme", juger le monde toujours plus opaque et désespérant qu'on ne le croyait, et buter à la porte du Banquet de l'Époux : n'est-ce pas scandaleux?

Bienheureux ceux qui ne se leurrent pas. Bienheureux ceux qui jouent leur vie sur le Christ en pleine clarté. Ne poursuit le chemin périlleux que celui qui connaît la peur, mais qui fait confiance au guide dont la main étreint la sienne. Qui n'a pas senti en soi, au plus profond, la démission de l'homme qui ne sait pas ce que signifie ces mots : croire en Dieu, adhérer à Dieu, se fier à lui, unique espérance.

Dans cette fidélité lucide, les saints ont appris que la sainteté pouvait, aussi, ne plus faire peur. Elle leur est apparue comme un mystère de joie, de joie inépuisable et surpassant tout sentiment. Pourquoi? A cause d'un élément nouveau que, jusqu'ici, notre analyse n'a pas retenu : l'essentiel.

Cet essentiel, une carmélite l'a traduit dans une formule qu'on ne peut oublier. Faisant allusion à tout ce qu'elle avait quitté, et devait sans cesse quitter, elle avoua : "Je n'ai pas envie d'être pauvre, mais [désignant le Seigneur] j'ai envie d'être lui. "

La sainteté n'est pas d'abord un combat, ou une souffrance. Avant d'être détachement, elle est attachement. S'il y a des liens qui se dénouent, et toujours davantage, c'est parce que se nouent d'autres liens, et pour qu'ils soient plus forts. "Si quelqu'un m'aime ", a dit le Seigneur ... Si quelqu'un l'aime au point de vouloir "être lui", si quelqu'un l'aime assez pour se laisser envahir corps et âme, par la grâce de l'engendrement, alors la sainteté est au terme, car elle est, dans l'amour, fidélité absolue à l'Amour.

Source : A-M. Carré, La sainteté, Paris, Les Éditions du Cerf, 2004, pp. 59-64

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"Si je ne deviens pas un saint, j'aurai trahi"

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Cinci » mer. 01 févr. 2017, 0:34

Veuillez accepter mes excuses pour l'intervention. Je trouvais que le texte du père Carré (une véritable homélie de première force) cadrait tellement bien avec les textes du jour. On croirait presque à une paraphrase volontaire.

Puis la peur de la sainteté ... mélange de peur et de réjouissance; de réjouissance et de peur ... un peu, pas trop ...

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Résistance jusqu'au sang

Message non lupar etienne lorant » mer. 01 févr. 2017, 16:51

Le mercredi de la 4e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 12,4-7.11-15.
Frères, vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché, et vous avez oublié cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : ‘Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches. Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons; il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils.’ (...)


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,1-6.
En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : «Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Cy Aelf, Paris

L'étonnement de Jésus lorsqu'il vient à Nazareth est inévitablement marqué par la souffrance de ne pas être reconnu par les siens. C'est Jésus le premier qui a fait face à l'incrédulité que rencontreront ses disciples plus tard. Et de même pour les convertis: quelle grande souffrance de n'être pas reconnu par son voisinage et jusque dans sa propre famille ! J'ai songé à Edith Stein en particulier qui n'eut d'autre choix que de renoncer définitivement à l'affection des membres de sa propre famille. Mais on pourrait encore citer saint François d'Assise, lorsqu'il se dépouilla de ses propres vêtements, comme pour constater que la rupture était devenue définitive.

La résistance "jusqu'au sang" à laquelle saint Paul appelle les Hébreux tient essentiellement du fait qu'ils doivent accepter d'être reniés par ceux qui furent de leur propre patrie ainsi que de leur famille.

Mais nous aussi, nous qui demeurons dans une société qui, d'elle-même se déclare tolérante.... si nous déclarons clairement notre foi, cela nous vaudra quelques moqueries parfois très vexantes, et nous devrons nous mordre la langue afin de ne pas "rétorquer".

Pour ma part, je peux dire que, la plupart de mes connaissances en ville, m'ont d'office collé l'étiquette d'un "moralisateur", même si le "signe" le plus fort que j'ai pu donner fut mon renoncement au tabac, ainsi que le choix du célibat. On m'aura bien fait sentir que je n'étais plus des leurs, et cela dure encore...

Cependant, quels que soient les "rebuffades", les rejets d'amitié, l'isolement, les maladies supportées sans réconfort de quiconque, une solitude de plus en plus marquée, je ne saurais renoncer à ma propre conversion - puisqu'elle continue de relancer ma vie chaque jour. Il nous appartient d'offrir nos membres au Seigneur afin qu'Il puisse, à travers nous, poursuivre l'oeuvre de la rédemption...

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Cinci » jeu. 02 févr. 2017, 2:09

étienne lorant :
Merci. Je suis enchanté d'apprendre qu'hommes et femmes peuvent se convertir au judaïsme.
Ils le peuvent en effet.

Ce peut aussi être un chemin qui conduit, comme saint Paul, fêté aujourd'hui, à la conversion au christianisme
C'est ce qui arrivât au grand rabbin de Rome Israel Zolli.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Israel_Zolli

:)

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La vie de la grâce plus haute que le pouvoir

Message non lupar etienne lorant » ven. 03 févr. 2017, 16:49

Lettre aux Hébreux 13,1-8.
Frères, que demeure l’amour fraternel ! Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux. Souvenez-vous de ceux qui sont maltraités, car vous aussi, vous avez un corps. Que le mariage soit honoré de tous, que l’union conjugale ne soit pas profanée, car les débauchés et les adultères seront jugés par Dieu. Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent : contentez-vous de ce que vous avez, car Dieu lui-même a dit: ‘Jamais je ne te lâcherai, jamais je ne t’abandonnerai.’ C’est pourquoi nous pouvons dire en toute assurance : ‘Le Seigneur est mon secours, je n’ai rien à craindre ! Que pourrait me faire un homme ?’ Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés : ils vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur l’aboutissement de la vie qu’ils ont menée, et imitez leur foi. Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,14-29.
En ce temps-là, comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui.» Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore:« C’est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère.» Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai.» Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.


Cy Aelf, Paris


Le commentaire des lectures de ce jour est finalement très simple, puisque tous les conseils donnés par saint Paul dans la première lecture sont comme "illustrés par l'inverse" dans le glauque et sinistre récit de la fin de Jean le Baptiste.

En effet, celui qui est fort dans l'histoire, c'est bien le baptiste dans son cachot où il est en agonie. Quant au plus faible, c'est bien ce roi enivré de pouvoir et de plaisir, qui promet n'importe quoi afin d'obtenir le soudain désir de voir danser (probablement par un effeuillage) la fille d'une femme déjà mariée avec laquelle il vit ouvertement en concubinage.

Pour grandir en sainteté, il est nécessaire de combattre d'abord les émotions - qui sont par définition ""tout" ce qui émeut - et non réfléchi. Tout au contraire, il faut accepter de supporter les événements difficiles de l'existence en se confiant au Seigneur dans la prière et l'offrande.

Il me semble cohérent, également, de prier pour ceux qui nous dirigent, afin qu'ils ne cèdent pas aux tentations faciles, mais qu'ils gardent, au contraire, les idées généreuses qui les ont poussés à faire de la politique.

Tout d'un coup, je songe à Jacques Delors, l'homme qui aurait pu prétendre au pouvoir, mais qui a complètement disparu de la scène politique...
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Pratique de la religion

Message non lupar etienne lorant » mar. 07 févr. 2017, 16:17

Le mardi de la 5e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 1,20-31.2,1-4a.
Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite. Telle fut l’origine du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7,1-13.
En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats. Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures.» Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit: ‘Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.’ Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes.» Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition. En effet, Moïse a dit : ‘Honore ton père et ta mère.’ Et encore : ‘Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.’ Mais vous, vous dites : Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : “Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont ‘korbane’, c’est-à-dire don réservé à Dieu”, alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère; vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre.


Cy Aelf, Paris

Le lien entre le récit de la création et les reproches de Jésus aux scribes et aux pharisiens est simple à découvrir. A l'extraordinaire générosité de Dieu manifestée dans la création, s'oppose la rigidité des hommes dans leur pratique de la religion. Tandis que notre prêtre rapportait ce qu'il avait vécu dans un Kibboutz (il s'était fait "reprendre" parce qu'il avait bu de l'eau à un robinet servant uniquement aux ablutions rituelles), je me suis souvenu, pour ma part, je me suis souvenu d'avoir voulu prendre en photo un lac, avec les hautes herbes où nichaient de nombreux oiseaux, mais aussi le frémissement des eaux lorsque le vent se mettait à souffler. J'aurais bien aimé, également, saisir l'incroyable beauté de l'eau reflétant le ciel ainsi qu'un pan de rochers qui surplombaient le domaine.

Au résultat, les images étaient bonnes, mais il y manquait tant de choses ! On ne sait pas "capturer" le léger bruissement de l'eau lors que des vaguelettes s'épanchaient sur le sol, le chant d'un oiseau tout proche, le vent léger qui réussissait à nous rafraîchir après la montée...

Bref. On n'enferme pas Dieu dans dans des concepts humains, on ne sert pas Dieu en répétant, d'une manière devenue machinale, telle ou telle pratiques supposées nous susciter Sa bienveillance. Chaque Eucharistie peut nous apporter un un surcroît de grâce - mais nous, que pouvons nous Lui donner sinon la reconnaissance de notre faiblesse, de nos erreurs et de nos refus d'aimer ? Cela ne sert à rien de nous signer de l'eau du bénitier si nous n'avons aucunement le sentiment d'avoir besoin d'être purifié...

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais l’essentiel tient véritablement à une grande humilité et dans l'amour du prochain.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Indispensable renoncement

Message non lupar etienne lorant » mer. 08 févr. 2017, 12:31

Le mercredi de la 5e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 2,4b-9.15-17.
Lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, aucun buisson n’était encore sur la terre, aucune herbe n’avait poussé, parce que le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol. Mais une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol. Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7,14-23.
En ce temps-là, appelant de nouveau la foule, Jésus lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur.» […]Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole. Alors il leur dit : « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments. Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de homme, que sortent les pensées perverses: inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

Cy aelf, Paris

Cet arbre de la connaissance du bien et du mal est celui de la connaissance détournée, qui ressemble étrangement à cet autre arbre de la liberté, depuis la période de la Révolution française. "Certes, en tant qu'arbre, il symbolise aussi bien la vie, la croissance, la force et la puissance... mais jusqu'à se muer en guillotine ... ce qui, pour notre prêtre, en dit long sur toute forme de connaissance détachée de l'amour de Dieu.

L’Évangéliste Marc, lui également, a bien saisi l'enseignement de Jésus qui déclare que c'est du cœur non purifié des hommes que sortent les pensées perverses avec tout ce qu'elles peuvent entraîner. Et il en est toujours ainsi. Mais pour celles et ceux qui désirent, d'un cœur pur, adhérer à l'amour de Dieu, il s'agit donc, d'abord de renoncer à eux-même afin de pouvoir s'attacher à l'amour de Dieu et commencer d'en vivre.

"Jusqu'à présent vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang", dit ailleurs saint Paul. Renoncer à soi-même, c'est bien l'exigence première à laquelle il faut tendre. Et quiconque entreprend cette démarche en toute sincérité découvrira combien le Royaume de Dieu peut se faire proche en toute âme.

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Fête de la bienheureuse AK Emmerick

Message non lupar etienne lorant » jeu. 09 févr. 2017, 18:00

Puisque l'Aelf a choisi de citer cette très belle vocation féminine, dont j'ai lu les écrits en entier, je suis tout heureux de pouvoir citer cette biographie. Je me souviens d'avoir été très impressionné par les visions de la tentation de Jésus au Jardin des Oliviers...

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Anna Katharina Emmerick naît le 8 septembre 1774, dans la communauté d'agriculteurs de Flamschen près de Coesfeld (Allemagne).

Elle grandit au sein d'une famille de neuf frères et sœurs. Dès sa plus tendre enfance elle dut aider aux travaux domestiques et agricoles. Elle ne fréquenta que quelques temps l'école, mais elle possédait une bonne instruction dans le domaine religieux. Très rapidement ses parents s'aperçurent de sa vocation à la prière et à la vie religieuse.

Elle travailla trois ans dans une grande ferme des environs, puis apprit la couture et retourna vivre chez ses parents. Elle demanda ensuite à être admise dans divers monastères, mais elle fut refusée car elle ne possédait pas de don particulier. Toutefois, les clarisses de Münster l'acceptèrent à la condition qu'elle apprenne à jouer de l'orgue. Ses parents l'autorisèrent alors à aller vivre dans la famille de l'organiste Söntgen de Coesfeld pour faire son apprentissage ; mais elle n'eut jamais la possibilité d'apprendre l'orgue, car la pauvreté de la famille la poussa à travailler afin de les aider à vivre.

En 1802, elle réussit finalement à entrer au monastère d'Agnetenberg, près de Dülmen, avec son amie Klara Söntgen. Elle prononça ses vœux l'année suivante, participant à la vie monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne voulait faire. Mais, de 1802 à 1811, elle tomba fréquemment malade et dut supporter de grandes douleurs.

En 1811, le monastère d'Agnetenberg fut fermé, elle devint alors domestique chez l'abbé Lambert, un prêtre qui avait fui la Révolution française et qui vivait à Dülmen. Mais elle tomba à nouveau malade et ne quitta plus son lit. Elle fit alors venir sa plus jeune sœur qui, sous sa direction, s'occupait de la maison.

C'est au cours de cette période qu'elle reçut les stigmates. Ce fait ne pouvait pas rester caché ; le docteur Franz Wesener l'examina et en resta profondément impressionné, devenant son ami fidèle au cours des années qui suivirent.

Une caractéristique de sa personnalité était l'amour qu'elle éprouvait pour son prochain. Elle cherchait toujours à aider les autres, même sans pouvoir se lever de son lit, où elle cousait des vêtements pour les enfants pauvres. De nombreuses personnalités, qui participaient au mouvement de renouveau de l'Église au début du XIX siècle, cherchèrent à la rencontrer.

La rencontre avec Clemens Brentano (poète et écrivain allemand) fut particulièrement significative. A partir de 1818, il lui rendit visite chaque jour pendant cinq ans, dessinant ses visions qu'il publia ensuite. Au cours de l'été 1823, la santé d'Anna Katharina déclina et, la mort approchant, elle décida d'unir sa souffrance à celle de Jésus, en l'offrant pour la rédemption des hommes.

Elle meurt le 9 février 1824.

La vie d'Anna Katharina fut caractérisée par une profonde union avec le Christ ; les stigmates qu'elle portait en furent la preuve. Elle éprouva également une profonde dévotion à l'égard de Marie. À travers la foi et l'amour elle servit l'œuvre de la rédemption, disant à ce propos : « J'ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j'ai prié Dieu afin qu'il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d'être utile. A présent je sais qu'il a exaucé ma prière. »

Anna Katharina Emmerick a été béatifiée le 3 octobre 2004, par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

Source principale : vatican.va
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Perpétuel débat dans les consciences

Message non lupar etienne lorant » ven. 10 févr. 2017, 11:52

Le vendredi de la 5e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 3,1-8.
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.”» Le serpent dit à la femme : «Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s’en firent des pagnes. Ils entendirent la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour. L’homme et sa femme allèrent se cacher aux regards du Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7,31-37.
En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s’ouvrirent; sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. Extrêmement frappés, ils disaient : «Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »



Cy Aelf, Paris


Depuis qu'il a été commis, le péché d'Eve n'a cessé d'envahir et de s'épancher sur l'histoire humaine. S'il est une chose que nous connaissons bien, chacune et chacun d'entre nous, c'est bien celle-ci.
En sorte que nous sommes contraints de veiller et de lutter chaque jour contre de multiples émotions, des pensées disparates, des rêveries sans objet, des habitudes acquises en société. Prenons garde car il n'y a guère de "pieux mensonges" qui puissent simplifier la vie !

Et donc, depuis la faute originelle, celles et ceux qui désirent vivre de la Vérité, sont sans cesse en lutte avec eux-mêmes, dans une résistance et un combat qui se prolongent en toutes sortes de situations. Ne sommes nous pas, très souvent, tentés de cacher la vérité à quelqu'un afin de ne pas le blesser ? Pourtant, cacher une maladie à celui qui en est atteint, c'est l'empêcher de s'y préparer en toute conscience, et c'est l'empêcher de prendre des décisions favorables à ses proches... Nous avons tous une conscience, alors pourquoi l'obscurcir en nous-mêmes ?

Jésus guérit donc un sourd-muet, mais la publicité sur cette guérison parmi d'autres, l'obligera à changer de direction afin de poursuivre son enseignement, puisque les signes n'interviennent qu'afin d'attester de la validité de la Parole.

Quand Adam et Eve ont constaté qu'ils étaient nus, ce n'était certes pas d'avoir souffert du froid mais plus certainement du fait de ne plus avoir la conscience nette. Cette innocence parfaite, seul Jésus peut la manifester de nouveau. Toutes et tous, nous avons désormais le devoir de nous détourner de tout mal, mais plus encore: de nous sanctifier en renonçant à tout "double-langage" en nos cœurs...

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Entre justice et miséricorde

Message non lupar etienne lorant » sam. 11 févr. 2017, 12:02

Le samedi de la 5e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 3,9-24.
Puis le Seigneur Dieu déclara : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! » Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il travaille la terre d’où il avait été tiré. Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie.

Psaume 90(89),2.3-4.5-6.12-13.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8,1-10.
En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule, et que les gens n’avaient rien à manger, Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit : « J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et certains d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples lui répondirent: « Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert ? » Il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils lui dirent : « Sept. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule. Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer. Les gens mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles.Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya. Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


A première vue, quel point commun trouver entre le récit de la Genèse et la multiplication des pains et des poissons ? Pourtant, c'est tout simple : par sa désobéissance, l'homme s'est projeté de lui-même dans le malheur. Et par les événements qui se déroulent, hier comme aujourd'hui, partout dans le monde, nous pouvons bien constater que les hommes n'ont jamais cessé de se projeter d'eux-mêmes les uns contre les autres, soit pour rechercher la jouissance, ou bien pour s'entretuer. Que le meilleur gagne ! Mort aux vaincus !

Cela vaut bien pour les humains de prétendre aimer pour ensuite s'entre-déchirer. Mais Dieu est Amour et Il demeure.
Le lien "impossible" entre les deux textes existe bel et bien: au temps du châtiment a succédé aussitôt, dans le cœur du Père, le souci du pardon et la miséricorde. Il en fut ainsi et il en est encore ainsi de nos jours. S'il n'en était pas ainsi encore de nos jours, alors toute trace de vie - végétale, animale et humaine - aurait disparu de la terre.

Le salut pour l'homme est au cœur de la prière que Jésus nous a enseignée: "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés". Ce qui signifie également que si nous n'apprenons pas à pratiquer la miséricorde, comment l'obtiendrons-nous pour nous-mêmes ? Relisons les Béatitudes et efforçons-nous de les vivre !

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Une lutte continuelle

Message non lupar etienne lorant » jeu. 16 févr. 2017, 15:57

Le jeudi de la 6e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 9,1-13.

Quant au sang, votre principe de vie, j’en demanderai compte à tout animal et j’en demanderai compte à tout homme; à chacun, je demanderai compte de la vie de l’homme, son frère. Si quelqu’un verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé. Car Dieu a fait l’homme à son image.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8,27-33.
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Cy Aelf, Paris

Le sang de l'homme est sacré car il est le principe même de la vie qui l'anime. Les lectures de ce jour sont très simples à décrypter, mais encore faut-il en saisir le sens profond. Car en définitive, le seul sacrifice agréé par Dieu, c'est celui de son propre sang versé par Jésus sur la croix.

Pierre lui-même en est choqué au point de tomber en tentation et de se faire traiter de "Satan" par Jésus lui-même. C'est dire combien nous sommes fragiles devant les tentations, quelles qu'elles soient. De sorte que de ce principe, on désigne de nombreux péchés capitaux qui peuvent entraîner l'homme à devenir un assassin : par orgueil, par envie, par colère - pour ne citer que ceux-là, car un homme peut aussi devenir assassin par pure paresse...

Et pour mieux cerner ce point, notre prêtre, par contraste, nous a encore rappelé quelques et Béatitudes et les vertus des saints. Au bilan, la vie qui conduit à la vie éternelle doit nous conduire au renoncement jusqu'à chasser les distractions et les spectacles les plus innocents en apparence... Depuis que les bistrots sont équipés d'écrans géants, nombre de paroissiens passent des heures à contempler les exploits de leurs IDOLES tout en buvant bière après bière (je dois admettre que je ne pensais pas à cela...)

Nous avons donc été engagés à nous abstenir et à nous purifier de toutes sortes de décontractions vaines qui peuvent nous conduire à la faute. Certes, l'enfer est pavé de bonnes intentions, a conclu notre prêtre, à nous, donc, de rechercher la pratique des vertus !

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