Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Re: Témoigner en dépit de tout

Message non lupar Aldous » ven. 30 juin 2017, 9:52

Regardez Jésus il était accueilli partout et chacun avec joie; ce n'est qu'avec l'autorité (de sa religion d'origine et les romains) qu'il avait des problèmes mais assurément pas avec les gens...
Hum...Chacun ? Oui, Il était accueilli avec joie par les siens. Mais non par tous. Dès Sa naissance Il a été mal accueilli. Aucun hôtelier de Bethleem n'a pas voulu l'accueillir. Et puis, il y a l'épisode de Gadare: bien accueilli oui, mais jusqu'il s'agit du pognon. Touche pas à mes cochons!
"Acquiers la paix intérieure et des milliers autour de toi se convertiront." Saint Séraphin Sarov

Ce que j'ai voulu dire c'est que je trouve plutôt déplorable de commenter et présenter les évangiles à partir de sa propre expérience subjective et d'en faire une généralité.
Surtout si cette expérience est négative (moquerie et isolement). Je n'imagine pas le pape ou un prêtre dire "soyez bon mais vous allez le payer par la moquerie et l'isolement". D'abord parce c'est faux dans la réalité et c'est aussi faux dans les évangiles, Jésus est suivi par des foules de plus en plus immenses, autant par l'enseignement qu'il donne que par son comportement (aider, soulager, réconforter, guérir).
On peut discuter que les évangiles relatent que le message chrétien aura du mal à passer dans ce monde, mais au quotidien, au plus proche des gens jamais l'Evangile à mon sens ne laisse entrevoir qu'à la bonté les gens réagiront par le rejet (ce que j'illustre ici par la citation de Saint Séraphin Sarov).
Celui qui a une mauvaise expérience de sa charité chrétienne, je ne vois pas opportun qu'il s'en plaigne à l'occasion de commenter les évangiles et de généraliser son expérience comme la norme. Qu'il n'en incombe pas sa mauvaise expérience aux gens. Je dirai qu'il regarde plutôt en lui-même pourquoi les gens se détournent de lui. La charité n'est pas un devoir, elle est un don gratuit.

Ce qui attire dans un homme, c'est sa bonté
Proverbes 19 : 22
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

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De l'importance du témoignage

Message non lupar etienne lorant » ven. 30 juin 2017, 11:24

Le vendredi de la 12e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 17,1.9-10.15-22.
Lorsque Abraham eut atteint 99 ans, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Je suis le Dieu-Puissant ; marche en ma présence et sois parfait. Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. » Et voici l’alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est-à-dire toi et ta descendance après toi : tous vos enfants mâles seront circoncis. Dieu dit encore à Abraham : « Saraï, ta femme, tu ne l’appelleras plus du nom de Saraï ; désormais son nom est Sara (c’est-à-dire : Princesse). Je la bénirai : d’elle aussi je te donnerai un fils ; oui, je la bénirai, elle sera à l’origine de nations, d’elle proviendront les rois de plusieurs peuples. » Abraham tomba face contre terre. Il se mit à rire car il se disait : « Un homme de cent ans va-t-il avoir un fils, et Sara va-t-elle enfanter à quatre-vingt-dix ans ? » Et il dit à Dieu : « Accorde-moi seulement qu’Ismaël vive sous ton regard ! » Mais Dieu reprit : « Oui, vraiment, ta femme Sara va t’enfanter un fils, tu lui donneras le nom d’Isaac. J’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance éternelle avec sa descendance après lui. Au sujet d’Ismaël, je t’ai bien entendu : je le bénis, je le ferai fructifier et se multiplier à l’infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. Quant à mon alliance, c’est avec Isaac que je l’établirai, avec l’enfant que Sara va te donner l’an prochain à pareille époque. » Lorsque Dieu eut fini de parler avec Abraham, il s’éleva loin de lui.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,1-4.
Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier.» Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : «Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l’offrande que Moïse a prescrite : ce sera pour les gens un témoignage. »

© AELF, Paris

Délivrée de sa stérilité, Sara devient Sara devient Saraï : "Princesse". Et quant au lépreux, parce qu'il a cru dans le pouvoir de guérison de Jésus, il est purifié. Mais ces textes parlent moins de maladie et de. guérison miraculeuse que de foi. Celle d'Abraham, bien sûr, mais celle aussi du lépreux - quand il affirme qu'il croit vraiment que Jésus pourra le guérir. Mais il y a mieux encore: délivrée de sa stérilité, Sarah change de nom et deviendra "Princesse". Quant au lépreux, il devra se montrer à un prêtre afin que sa guérison puisse servir de témoignage pour tous - c'est ce qui se pratique encore de nos jours à Lourdes.

Tout comme Sara devient "Princesse" en étant délivrée de sa stérilité, le lépreux devient témoin un témoin "digne de foi" de la miséricorde divine.

C'est le même type de témoignage que continue de porter notre prêtre qui, avant sa conversion, se destinait à la médecine. Athée jusqu'à sa visite à Lourdes, il y fit un séjour qu'il croyait "de simple curiosité". Mais en fin de séjour, il se rendit au "Bureau des constatations" où il croisa, debout et souriant, un homme qu'il avait vu se déplacer en béquilles et qui était atteint d'une maladie "dégénérative"(Maladie de Paget). En cette occasion, il reconnut que sa démarche à Lourdes avait été "curieuse mais ambiguë": non pas qu'il cherchait à croire, mais tout au contraire qu'il voulait se persuader qu'en dehors de la médecine, il n'existait aucun autre moyen de soulager les souffrances des autrui ...

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Des modèles de foi.

Message non lupar etienne lorant » sam. 01 juil. 2017, 15:15

Le samedi de la 12e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 18,1-15.
En ces jours-là, aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour. Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre. Il dit : « Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur. Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. Je vais chercher de quoi manger, et vous reprendrez des forces avant d’aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « Fais comme tu l’as dit. » Abraham se hâta d’aller trouver Sara dans sa tente, et il dit : « Prends vite trois grandes mesures de fleur de farine, pétris la pâte et fais des galettes. » Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer. Il prit du fromage blanc, du lait, le veau que l’on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, pendant qu’ils mangeaient. Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l’intérieur de la tente. »  Le voyageur reprit : « Je reviendrai chez toi au temps fixé pour la naissance, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils. » Or, Sara écoutait par-derrière, à l’entrée de la tente. – Abraham et Sara étaient très avancés en âge, et Sara avait cessé d’avoir ce qui arrive aux femmes. Elle se mit à rire en elle-même ; elle se disait : « J’ai pourtant passé l’âge du plaisir, et mon seigneur est un vieillard ! »
Le Seigneur Dieu dit à Abraham : « Pourquoi Sara a-t-elle ri, en disant : “Est-ce que vraiment j’aurais un enfant, vieille comme je suis ?” Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? Au moment où je reviendrai chez toi, au temps fixé pour la naissance, Sara aura un fils. » Sara mentit en disant : « Je n’ai pas ri », car elle avait peur. Mais le Seigneur répliqua : « Si, tu as ri. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,46b-47.48-49.50.53.54-55.
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais
. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,5-17.
En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. »
Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir.» Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. » mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. Dune parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.


---------------------------------------------

Aujourd'hui, je cède ma place à Aldous: sans doute pourra-t-il me remplacer dans le commentaire des écritures et je souhaite qu'il me dépasse dans cet exercice quotidien, qui apporte beaucoup mais nécessite une grande attention. Bien à vous, Aldous, je me réjouis d'avance de vous lire !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Des modèles de foi.

Message non lupar Aldous » sam. 01 juil. 2017, 16:27

Aujourd'hui, je cède ma place à Aldous: sans doute pourra-t-il me remplacer dans le commentaire des écritures et je souhaite qu'il me dépasse dans cet exercice quotidien, qui apporte beaucoup mais nécessite une grande attention. Bien à vous, Aldous, je me réjouis d'avance de vous lire !

Etienne
Si la Lectio Divina est une pratique qui peut apporter beaucoup à chacun dans son intimité, commenter les écritures en public et qui plus est quotidiennement est un exercice pour lequel il faut la plus grande prudence, du discernement et une formation adéquate.
Y aller de son petit commentaire sur un passage des écritures tout à fait occasionnellement, pourquoi pas mais à répétition pour tout un chacun c'est aller au devant de l'embrouille, du contre sens, de l'égarement. Ce qui est très préjudiciable sur ce que veulent réellement dire les écritures (déjà que les théologiens entre eux n'en sont pas toujours d'accord, alors combien le premier venu prend-il des risques peu opportuns...)
A commencer à mon sens que commenter les écritures ce n'est pas témoigner de sa vie à soi (regardez ce qu'il m'arrive, regardez comme je prie bien, etc, etc...)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quatre_se ... %89criture

Pour moi les Ecritures ce sont des manuels de vie intérieure qui nous proposent une voie de transformation personnelle, ce sont des chemins pour découvrir en soi le Royaumes des Cieux et accéder à une vie heureuse.
Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies
C'est cela le changement intérieur, Jésus par son exemple et ses paroles, prend nos souffrances, porte nos maladies et nous restitue à la Vie, une vie heureuse. Avec lui nous pouvons passer du vieil Adam au nouvel Adam, l'homme guéri, réconcilié avec lui-même -sa profondeur, son intériorité- et avec les autres.

Enfin pour qui veut des commentaires fiables selon notre belle religion catholique, il y a moult sites qui proposent de nous en envoyer chaque jour dans notre boite mail... :cool:
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar etienne lorant » sam. 01 juil. 2017, 17:48

Que celles et ceux qui me lisent ne s'inquiètent pas trop. La lecture et le commentaire des textes m'ont été enseignées au cours de mes quatre années de ma formation théologique . Pour ce qui est de la philosophie, j'avais la dispense du fait de mon diplôme obtenu avec la grande distinction. ... Enfin, je ne commente pas les textes d'après ce que j'ai appris, mais toujours en me laissant inspirer des paroles de l'abbé H.D. ... lequel m'a encouragé à "partager" ce pain avec d'autres.

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Message non lupar etienne lorant » sam. 01 juil. 2017, 17:49

Le samedi de la 12e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 18,1-15.
En ces jours-là, aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour. Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre. Il dit : « Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur. Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. Je vais chercher de quoi manger, et vous reprendrez des forces avant d’aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « Fais comme tu l’as dit. » Abraham se hâta d’aller trouver Sara dans sa tente, et il dit : « Prends vite trois grandes mesures de fleur de farine, pétris la pâte et fais des galettes. » Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer. Il prit du fromage blanc, du lait, le veau que l’on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, pendant qu’ils mangeaient. Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l’intérieur de la tente. »  Le voyageur reprit : « Je reviendrai chez toi au temps fixé pour la naissance, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils. » Or, Sara écoutait par-derrière, à l’entrée de la tente. – Abraham et Sara étaient très avancés en âge, et Sara avait cessé d’avoir ce qui arrive aux femmes. Elle se mit à rire en elle-même ; elle se disait : « J’ai pourtant passé l’âge du plaisir, et mon seigneur est un vieillard ! »
Le Seigneur Dieu dit à Abraham : « Pourquoi Sara a-t-elle ri, en disant : “Est-ce que vraiment j’aurais un enfant, vieille comme je suis ?” Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? Au moment où je reviendrai chez toi, au temps fixé pour la naissance, Sara aura un fils. » Sara mentit en disant : « Je n’ai pas ri », car elle avait peur. Mais le Seigneur répliqua : « Si, tu as ri. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,46b-47.48-49.50.53.54-55.
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais
. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,5-17.
En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. »
Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir.» Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. » mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. Dune parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.


Qui d'entre nous a cru sans avoir vu ?  Qui d'entre a eu foi dans l'impossible ?  Et qui parmi nous, s'est mis à espérer en dépit d'une situation à première vue inextricable ?   Le premier fut Abraham, bien sûr !  Déjà dans cet épisode que rapporte la première lecture, mais plus encore lorsque le Seigneur lui demandera de lui sacrifier Isaac. La foi d'Abraham lui permettra de passer au travers de l'impossible et d'en sortir vainqueur.  La foi dans l'impossible fut encore plus simple pour Marie lors de l'Annonciation, car sa foi dépassait de loin nos conceptions qui suggèrent toujours un grand effort de l'âme : il suffit de se rappeler combien Joseph - un juste devant Dieu - dut souffrir jusqu'à ce que l'ange du Seigneur vint le rassurer.

La foi du centurion romain est tout aussi étonnante dans sa forme qu'elle revêt. Il avait saisi dans son âme que "rien n'est impossible à Dieu" - c'est avec cette certitude absolue dans son cœur, qu'il a pu découvert ce qu'il allait dire - et en tout premier lieu, lorsqu'il s'exclame : "Je ne suis pas digne que tu entres sous mon  toit, mais dis une seul mot et mon serviteur se remettra" - C'est bien l'Esprit Saint qui lui a soufflé ces mots  ainsi que la comparaison avec les ordres qu'il donne à ses subordonnés : il n'a pas besoin d'aller vérifier que ses ordres ont été exécutés.

Je peux dire aussi - aujourd'hui - que rarement le commentaire fut plus simple à écrire, d'autant plus que notre prêtre était absent ce matin.  Je me suis donc confié dans la prière avant de me mettre à commenter les textes de la Liturgie de ce jour.

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar Aldous » sam. 01 juil. 2017, 17:56

He bien donc, vous ne me laissez plus la place?
J'ai pourtant fait un beau petit commentaire personnel, non? :)
Pour moi les Ecritures ce sont des manuels de vie intérieure qui nous proposent une voie de transformation personnelle, ce sont des chemins pour découvrir en soi le Royaume des Cieux et accéder à une vie heureuse.
Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies
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Fête de saint Thomas, apôtre

Message non lupar etienne lorant » lun. 03 juil. 2017, 15:23

Afin que d'autres se mettent à méditer les lectures de ce jour, je ne posterai mon partage qu'en fin de journée.

A vous !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Fête de saint Thomas, apôtre

Message non lupar etienne lorant » lun. 03 juil. 2017, 18:22

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,19-22.
Frères, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu,car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur.
En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,24-29.
L'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), n'était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas !»  Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »




Cette fête de saint Thomas m'aura appris quelque chose de neuf et je ne m'y attendais pas du tout. Jusqu'à ce matin, en effet, saint Thomas fut pour moi le "prototype" de l'incrédule-parmi-les-croyants", ou bien du fidèle frappé de doutes et d'hésitations. Ce fut très longtemps le cas pour moi, jusqu'au jour où je me suis à prier longuement de nouveau, car la philosophie et les sciences semblaient m'apporter plus que la religion. Je me rendais à la messe chaque dimanche, mais je prêtais plus d'attention aux autres fidèles qu'à la liturgie du jour ... et j'ai fini par ne plus m'y rendre du tout. Il m'était apparu impossible pour Dieu  d'aimer tous les hommes, les bons comme les mauvais - comment aimer ceux qui font le mal - en leur tendant l'autre joue ?!?

Bref, je pouvais bien me reconnaître ainsi  en saint Thomas, puisqu'il me fallait et d'ailleurs ainsi que je me suis remis à croire c'est dans une courte vision d'un crucifix devenu "voir pour croire" - ce qui me fut accordé sans que je l'aie demandé.  Cependant, ce que j'ai appris de plus sur saint Thomas, c'est qu'il fut le modèle des croyants qui sont plus attachés à la communauté des croyants qu'à la rencontre du Seigneur dans la vie de la communauté plus que dans la "présence réelle" du Seigneur à chaque Eucharistie.

La chapelle où je continue de communier chaque jour est beaucoup moins fréquentée qu'il y a deux ou trois ans, lorsque notre Évêque a décidé que le Saint-Sacrement ne sortirait plus lors de la traditionnelle procession,  en ville, des reliques de la cathédrale de Tournai.  Notre prêtre ayant ouvertement, "en chaire de vérité", approuvé la décision de l’Évêque...  s'est retrouvé à ne pouvoir célébrer la messe du matin qu'avec les "mécréants" dont je suis.  

Bref, saint Thomas fut, pour un temps, comme je fus moi-même : non pas seulement exigeant de "voir pour croire", mais également un "fidèle" qui appréciait le grand nombre dans l'église plutôt que la qualité de la foi qui m'y avait conduit de nouveau ...  Du reste, il est plus difficile de témoigner de sa foi hors de l'église, devant des incrédules et des athées, mais c'est pourtant ce qui nous est demandé...

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La foi mûrit dans les épreuves

Message non lupar etienne lorant » mar. 04 juil. 2017, 18:30

Le mardi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 19,15-29.
En ces jours-là, les gens de Sodome avaient voulu s’en prendre aux deux voyageurs passant la nuit chez Loth. À l’aurore, les deux anges pressèrent Loth, en disant : « Debout ! Prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, et va-t’en, de peur que tu ne périsses à cause des crimes de cette ville.» Comme il s’attardait, ces hommes le saisirent par la main, ainsi que sa femme et ses deux filles, parce que le Seigneur voulait l’épargner. Ils le firent sortir et le conduisirent hors de la ville. Une fois sortis, ils dirent : « Sauve-toi si tu tiens à la vie ! Ne regarde pas en arrière, ne t’arrête nulle part dans cette région, sauve-toi dans la montagne, si tu ne veux pas périr ! » Loth leur dit : « Non, je vous en prie, mes seigneurs ! Votre serviteur a trouvé grâce à vos yeux, et vous m’avez fait une grande faveur en me laissant la vie. Mais je n’ai pas le temps de me sauver dans la montagne : le malheur va me rattraper et je mourrai. Voici une ville assez proche pour y fuir – elle est si petite ! – Permettez que je me sauve là-bas – elle est si petite ! – afin de rester en vie ! » Ils lui répondirent : « Pour te faire plaisir cette fois encore, je ne détruirai pas la ville dont tu parles. Vite, sauve-toi là-bas, car je ne puis rien faire avant que tu y sois arrivé. » C’est pour cela qu’on a donné à cette ville le nom de Soar (ce qui veut dire : Petite). Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar, quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu venant du Seigneur. Dieu détruisit ces villes et toute la région, avec tous leurs habitants et la végétation. Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel. Abraham se leva de bon matin pour se rendre à l’endroit où il s’était tenu en présence du Seigneur, et il regarda du côté de Sodome, de Gomorrhe et de toute la région : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d’une fournaise ! Lorsque Dieu a détruit les villes de cette région, il s’est souvenu d’Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.
En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples ’approchèrent et le réveillèrent en disant: « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. »  Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »


L'épisode de la destruction de Sodome et Gomorrhe pourrait être comparée à tout brusque changement dans nos façons de vivre, nos habitudes,  nos plaisirs, nos rencontres, mais encore : dans la façon dont nous pratiquons notre foi.  A chacun de nous de reconnaître dans sa vie "élagages" déjà réussis, mais encore le poids des habitudes et des idées convenues qui freinent nos élans dans la foi.

Pour ce qui me concerne, la destruction de Sodome et Gomorrhe m'a rappelé la rupture sans retour de la consommation de tabac.  Toutes celles et tous ceux qui ont un jour écrasé leur dernière cigarette, pourraient rapporter ce qu'ils ont éprouvé : car il arrive un moment (pour moi: le troisième jour) où aucun des substituts et des calmants ...semblent ne plus avoir aucun effet sur le manque de nicotine. Or, si l'on en arrive à se dire: une petite bouffée n'y changera rien - eh bien, comme la femme de Loth, on se retrouvera  dans un mouvement non accompli : et l'on fumera de nouveau. Il en va de même pour l'alcool. Mais: "Que votre Oui soit Oui, que votre Non soit Non !  Car l'Adversaire est tout aussi présent que notre bon ange !

L'épisode de la tempête apaisée nous montre Jésus qui dort dans la barque.  Dort-Il vraiment ?  Ou bien est-ce nous qui ne le prions pas comme il faudrait ? Que vaut notre foi ?  Pouvons-nous nous souvenir, dans l'instant, des occasions de notre vie où nous nous sommes tournés vers le Seigneur dans la prière - plutôt que de nous appuyer sur notre expérience, nos capacités, notre volonté ?

La véritable attitude de foi, a conclu notre prêtre,  est celle de l'acceptation. Quiconque veut renoncer à une mauvaise habitude, qu'il y renonce en acceptant par avance tous les inconvénients qu'il faudra supporter.  Que notre foi ne soit pas un défi à Dieu, que notre prière ne soit pas une "réclamation", mais apprenons à supporter, pour le plus grand bien, d'accepter, de supporter et finalement de vaincre les difficultés rencontrées...

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

Aldous
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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar Aldous » mer. 05 juil. 2017, 10:33

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.
En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples ’approchèrent et le réveillèrent en disant: « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

Bonjour,
C'est écrit "En ce temps là" mais "En ce temps-là", c'est aussi maintenant.
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

Aldous
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Re: La foi mûrit dans les épreuves

Message non lupar Aldous » mer. 05 juil. 2017, 10:40

Quiconque veut renoncer à une mauvaise habitude, qu'il y renonce en acceptant par avance tous les inconvénients qu'il faudra supporter.  
Mon avis sur cette phrase.
Je pense que renoncer à une mauvaise habitude ce n'est pas aller au devant des inconvénients (et devoir les accepter), c'est en toute logique aller vers quelque chose de mieux (et non des inconvénients), un mieux être puisque justement nous avons lâché de mauvaises habitudes. Le contraire de mauvais ne peut être qu'un mieux.

Vous dites "la foi mûrit dans les épreuves". Certes, cela est vrai mais à mon avis elle mûrit aussi dans les moments de joie et de bonheur, ou de l'étude, ou de la rencontre, de la découverte et de toutes sortes de circonstances.
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

etienne lorant
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La Miséricorde divine sans cesse à l'oeuvre

Message non lupar etienne lorant » mer. 05 juil. 2017, 17:54

Le mercredi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 21,5.8-20.
Abraham avait cent ans quand naquit son fils Isaac. L’enfant grandit, et il fut sevré. Abraham donna un grand festin le jour où Isaac fut sevré. Or, Sara regardait s’amuser Ismaël, ce fils qu’Abraham avait eu d’Agar l’Égyptienne. Elle dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils ; car le fils de cette servante ne doit pas partager l’héritage de mon fils Isaac.» Cette parole attrista beaucoup Abraham, à cause de son fils Ismaël, mais Dieu lui dit : « Ne sois pas triste à cause du garçon et de ta servante ; écoute tout ce que Sara te dira, car c’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom ; mais je ferai aussi une nation du fils de la servante, car lui aussi est de ta descendance. » Abraham se leva de bon matin, il prit du pain et une outre d’eau, il les posa sur l’épaule d’Agar, il lui remit l’enfant, puis il la renvoya. Elle partit et alla errer dans le désert de Bershéba. Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle laissa l’enfant sous un buisson, et alla s’asseoir non loin de là, à la distance d’une portée de flèche. Elle se disait : « Je ne veux pas voir mourir l’enfant ! » Elle s’assit non loin de là. Elle éleva la voix et pleura. Dieu entendit la voix du petit garçon ; et du ciel, l’ange de Dieu appela Agar : « Qu’as-tu, Agar ? Sois sans crainte, car Dieu a entendu la voix du petit garçon, sous le buisson où il était. Debout ! Prends le garçon et tiens-le par la main, car je ferai de lui une grande nation. » Alors, Dieu ouvrit les yeux d’Agar, et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l’outre et fit boire le garçon. Dieu fut avec lui, il grandit et habita au désert, et il devint un tireur à l’arc.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,28-34.
En ce temps-là, comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin.Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé? » Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs.» Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés.Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire. Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs.» Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.


Les textes de ce jour nous montrent que le Seigneur est comme Dieu, qui ne fait pas de différences entre les hommes - mais désire le salut de tous.  C'est ainsi qu'il ne va pas faire périr Ismaël du fait qu'il pourrait, éventuellement, se rebeller contre Isaac et vouloir prendre sa place. Dans l'histoire des hommes, combien d'intrigues de familles pour qu'un fils cadet, estimé plus capable, prenne la place de son frère dans  de l'entreprise familiale ?

Jésus ne fait pas d'exclusive non plus, puisqu'il franchit la frontière d'Israël pour secourir les deux malheureux  possédés qui survivent plutôt mal que bien au milieu d'un cimetière !  Il va expulser les démons envoyant dans les porcs et les fait se précipiter dans la mer.  Autre signe de la gratuité de la grâce, Jésus se retire de lui-même à la demande des autochtones qui craignent une plus  grande perte financière encore, si le Seigneur se mettait à exorciser de la même manière tout leur bétail !!!

Ce récit transposé, à notre époque, que donnerait-il ? Notre monde n'est-il pas dominé par la pensée du gain maximal ?   Va-t-on réellement remplacer nos centrales nucléaires par des fours solaires, ou bien continuera-t-on à nous exposer à des catastrophes telles que Tchernobyl ou de Fukushima ?  De notre temps comme de l'époque de Jésus chez les Gadaréniens,  les hommes - tout au contraire de Jésus - se soucient plus de leurs bénéfices que de la préservation de leur population... Tout le contraire du dessein de Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: La foi mûrit dans les épreuves

Message non lupar etienne lorant » mer. 05 juil. 2017, 18:21

Vous dites "la foi mûrit dans les épreuves". Certes, cela est vrai mais à mon avis elle mûrit aussi dans les moments de joie et de bonheur, ou de l'étude, ou de la rencontre, de la découverte et de toutes sortes de circonstances.
Je songeais particulièrement au troisième jours de mon renoncement définitif au tabac. Ce "troisième jour" m'est resté en mémoire, tant je me suis senti malade, exaspéré, bien qu'ayant accepté, par avance, tout ce que je devrais supporter. Le troisième jour fut le plus long, mais en fin de journée une joie extraordinaire a commencé de jouer en ma faveur - j'ai vraiment ressenti que, çà y est, je ne fumerai plus jamais !

Cette lutte faisait partie d'un "exercice spirituel" auquel tous les "candidats" avaient accepté de se soumettre : noter chaque jour dans un carnet les "défaites" et les "victoires". En tenant un tel carnet,, pour peu que l'on soit sincère, oblige évidemment à une sincérité absolue.
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Abraham, notre père dans la foi

Message non lupar etienne lorant » jeu. 06 juil. 2017, 10:59

Le jeudi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 22,1-19.


En ces jours-là, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit: « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai.»  Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne. Moi et le garçon nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »   Abraham prit le bois pour l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et s’en allèrent ensemble. Isaac dit à son père : « Mon père ! – Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »  Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils. » Et ils s’en allaient tous les deux ensemble. Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »  Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. Abraham donna à ce lieu le nom de « Le-Seigneur-voit ». On l’appelle aujourd’hui : « Sur-le-mont-le-Seigneur-est-vu.» Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham. Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis. Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. » Alors Abraham retourna auprès de ses serviteurs et ensemble ils se mirent en route pour Bershéba ; et Abraham y habita.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,1-8.
En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ?  Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison.» Il se leva et rentra dans sa maison. Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.



Afin de méditer correctement les textes de ce jour, je crois bien qu'il faudrait y passer tant de temps qu'un livre qu'un livre n'y suffirait pas.  Abraham, l'homme de la foi sans défaut, qui abandonne toute réserve dans l'abandon de son âme, est allé jusqu'au bout de l'épreuve qui lui fut proposée - cette foi d'abandon total ne tient ni du fanatisme ni de fatalisme, mais d'une confiance absolue dans l'amour de Dieu. Nous ne sommes que des hommes et nous passerons. Cependant, ce qui demeurera de nous, c'est ce que l'amour de Dieu aura versé dans nos cœurs.

Mais la mise à l'épreuve, l'ultime épreuve, ne survint qu'à la fin d'une très longue relation avec Dieu et d'autres questionnements profonds et douloureux qui auraient pu qui auraient pu conduire Abraham à la révolte: la stérilité de Sara fut une de ces épreuves apparemment sans issue. Lorsque Sarah proposa à son époux de concevoir un fils avec sa servante, ce fut, pour elle aussi, un sacrifice sans précédent, un renoncement de soi qui vaut bien celui des saints.

Abraham fut donc lui aussi mis à l'épreuve. Il me semble qu'ayant reçu de Dieu l'épouvantable requête, ce sur quoi il put s'appuyer est beaucoup plus que ce que nous appelons une foi "mure". Car l'état qui suit la maturité, n'est-ce pas la dégénérescence ?  Mais pas pour Abraham, car Abraham aimait Dieu et avait foi en Lui bien plus que nous pouvons l'imaginer pour nous-mêmes.

L’évangile de ce jour répond lui aussi comme une "victoire sur l'impossible"que seule une foi pure et sans défaut peut venir contredire. Ce paralytique, qu'il a fallu faire descendre depuis  le toit de la maison de Pierre, ressemble plus à un mort qu'on descend dans sa tombe qu'à un malade que l'on pourrait encore tenter de soigner eut encore tenter de soigner !  Est-il vraiment étonnant que le Seigneur ait commencé par lui remettre ses péchés ?  Pour nous, c'est ce qu'il convient, effectivement, de pratiquer envers un homme sur le point de mourir...

Dans les deux cas, nous sommes entraînés, dans la foi, à regarder plus loin et plus haut que les circonstances malheureuses qui nous déconcertent au point, parfois, que nous nous demandons ce que c'est que de croire, encore et toujours, et en dépit de tout...

Si Abraham est bien notre père humain dans la foi, Jésus l'est dans l'accomplissement complet de cette foi. Rien ne ne peut résister à une telle foi - et il est vrai que rien ne lui résiste !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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