Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Désarrois des apôtres et des convertis

Message non lupar etienne lorant » ven. 16 juin 2017, 10:28

Le vendredi de la 10e semaine du temps ordinaire

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,7-15.
Frères, nous portons un trésor comme dans des vases d'argile; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous.En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés; nous sommes déconcertés, mais non désemparés; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort. Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. L’Écriture dit : ‘J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé.’ Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons. Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous. Et tout cela, c’est pour vous, afin que la grâce, plus largement répandue dans un plus grand nombre, fasse abonder l’action de grâce pour la gloire de Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,27-32.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: « Vous avez appris qu’il a été dit: ‘Tu ne commettras pas d’adultère’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : ‘Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »


Cy Aelf,Paris

En usant de paradoxes, ce que saint Paul veut faire apparaître à la conscience de ses auditeurs, c'est que la vie en Jésus-Christ passe par une remise en question de tout notre "acquis", que l'on soit homme ou femme. Une fois passée la grande l'allégresse de la conversion, les convertis sont comme des soldats qui ont déposés les armes - ainsi que leur règlement. Les voici libres, mais tout d'un coup, la liberté effraie. Plus de corvées, plus d'exercices, plus de clairon pour commencer la journée - l'on fête cela !
Mais bien assez tôt, il faut réapprendre à s'organiser, à décider ce que l'on fera le lendemain - et les corvées d'un homme libre sont souvent plus pénibles à assumer lorsqu'on pouvait eut les éviter, etc.

De la même façon, les convertis, en dépit même de l'extrême joie éprouvée, doivent peut à peu s'assumer de nouveau et se remettre à vivre en s'organisant d'une manière ou d'une autre - car toutes et tous ne trouvent pas immédiatement un rôle au sein de l'Eglise, même si nous sommes tous appelés à témoigner. Et justement : les difficultés commencent au témoignage.

Les convertis de notre temps sont comme ceux que décrit saint Paul de la vie d'apôtre ils supportent : ils sont déconcertés, ils éprouvent de la détresse, ils se font moquer souvent, il leur semble qu'ils ne sont pas à leur place. (Et le fait est qu'ils ne se sentiront jamais "à leur place" sur la terre, "dans le monde".)

Ainsi, la petite sacristine que j'ai vue cent fois avec son mini-vélo et qui, non contente de laver à genoux, le sol des églises de la ville, déposait aussi discrètement que possible, des victuailles pour les SDF..., a été "remerciée" par l’Evêque et remplacée; je connais également une organiste, à vélo elle aussi, (leur rémunération à toutes deux ne dépasse pas mille euros par mois) et, dans ces conditions, on se déplace toujours en vélo. L'été , c'est agréable !, m'a-t-elle dit en souriant. Soit ! Du reste, lorsque je me suis moi-même présenté au Séminaire, j'ai d'office été remercié: j'avais dépasse la limite d'âge !

Cependant, tout baptisé est un témoin de Jésus-Christ, tout converti l'est aussi et la conversion ne laisse rien debout et il faut vivre chaque jour comme si c'était le premier... C'est souvent déroutant et parfois source d'une grande angoisse...


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Rigueur des engagements personnels

Message non lupar etienne lorant » sam. 17 juin 2017, 11:37

Le samedi de la 10e semaine du temps ordinaire

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,14-21.
Frères, l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort. Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux. Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine: si nous avons connu le Christ de cette manière, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel: nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,33-37.
En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens: ‘Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.’ Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais. »


- © AELF, Paris


En Jésus-Christ, c'est Dieu qui est venu nous délivrer de nos façons de concevoir l'existence. Nous sommes dans le monde et nous avons tous des perspectives, des projets, nous prévoyons même les difficultés en souscrivant des assurances - et certaines sont d'ailleurs devenues obligatoires.  Jésus lui-même a payé l'impôt. Et il l'a fait en faisant prendre un poisson duquel on retira le montant de l'impôt pour Pierre et lui-même. Il a signifié ainsi que la religion ne dispense pas des obligations instituées.  Cependant, à nous de vivre en n'ayant pas continuellement à l'esprit notre travail, nos obligations, ni nos loisirs non plus. La vie spirituelle est présente à toutes nos activités, à commencer par les plus simples.

Et donc, dans l'apparence, le fidèle peut paraître un "quidam" comme un autre. Mais de cette cette apparente banalité jaillit de temps à autre une étincelle qui est signe de vie en Dieu. J'ai eu la chance de croiser le chemin d'un homme dont la poche est perpétuellement trouée.  Comme je marchais derrière lui, j'ai vu tomber de sa poche quelques pièces cuivrées : un cent, deux cents, cinq cents... Je les ramasse, je le rejoins et lui tend ses pièces.  Je vois qu'il est tout gêné, mais il me dit:  "Vous allez me prendre pour je ne sais quoi, mais la vérité, c'est que c'est pièces trouent les fonds de poches, au point qu'un jour, j'ai décidé que ces pièces cuivrées sont "l'argent des pauvres" - bref, je ne fais que restituer au hasard ce qui ne m'appartient pas...  Comme pour effacer la gêne de ce moment, nous avons bavardé des grands espoirs qu'avait suscité l' UE et les multiples déceptions qui ont suivi...

Bref, ce curieux épisode m'est revenu à l'esprit ce matin. En effet, il ne serait pas bon de participer régulièrement à une Eucharistie si l'on en reste là. Sur ce, le lien avec l’Évangile du jour est tout à fait clair. Car à quoi peuvent servir nombres de promesses et de résolutions prises au cours d'une Eucharistie, si celle-ci ne nous conduit pas dans un engagement quelconque au quotidien ?  Je me suis souvenu aussi du petit carnet dans lequel, au cours des premiers mois de ma formation à la théologie de la Miséricorde divine:  il fallait y noter chaque jour ses "victoires" et ses "chutes".  Au bout d'une semaine, il m'était apparu, de façon incontournable, qu'il me faudrait cesser de fumer - et il en fut ainsi dès le 13 mai 2004...


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Témoigner en dépit de tout

Message non lupar etienne lorant » lun. 19 juin 2017, 10:23

Le lundi de la 11e semaine du temps ordinaire

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 6,1-10.
Frères, en tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture : ‘Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru.’ Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. Pour que notre ministère ne soit pas exposé à la critique, nous veillons à ne choquer personne en rien. Au contraire, en tout, nous nous recommandons nous-mêmes comme des ministres de Dieu : par beaucoup d’endurance, dans les détresses, les difficultés, les angoisses, les coups, la prison, les émeutes, les fatigues, le manque de sommeil et de nourriture, par la chasteté, la connaissance, la patience et la bonté, la sainteté de l’esprit et la sincérité de l’amour, par une parole de vérité, par une puissance qui vient de Dieu ; nous nous présentons avec les armes de la justice pour l’attaque et la défense, dans la gloire et le mépris, dans la mauvaise et la bonne réputation. On nous traite d’imposteurs, et nous disons la vérité; on nous prend pour des inconnus, et nous sommes très connus ; on nous croit mourants, et nous sommes bien vivants; on nous punit, et nous ne sommes pas mis à mort ; on nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux ; pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-42.
En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »

Cy Aelf, Paris

Les lectures d'aujourd'hui nous obligent, toutes et tous, à un examen de conscience afin de savoir en quelles circonstances nous avons manifesté l'amour de Jésus. Je me suis souvenu du jour où j'ai suscité des moqueries et des rires après avoir déclaré que je revenais Lourdes. Je n'ai pas répliqué parce qu'on m'avait prévenu qu'il en serait ainsi. Mais c'était supporter cela ou mentir et il n'était pas question de mentir... Du reste, il y eut d'autres circonstances difficiles durant lesquelles j'ai véritablement inspiré dans le témoignage. Tout cela se passait bien avant que je me mette à écrire.

Les apôtres, tels que les décrivent les textes d'aujourd'hui,vivaient déjà détachés de toutes préoccupation humaines et ils puisaient leur énergie directement dans leur désir de manifester l'amour de Jésus en toutes circonstances. Il y eu pour moi un temps qui ressemble à ce qu'ils ont vécu. Ce fut pour moi le temps de la joie parfaite, qui rendait tout possible - comme d'abandonner le travail pour assister quelqu'un dans une recherche d'emploi, corriger un mémoire, intervenir dans un conflit, contacter des parents afin pour qu'ils acceptent que leur enfant poursuive des études supérieures - c'est arrivé plus de trois fois, mais n'est-il pas étrange qu'ils ne me reconnaissent plus lorsque nous nous croisons en ville ?

J'ai beaucoup aimé la réflexion de notre prêtre qui a rappelé le mot de Bernanos dans la bouche du curé de campagne: "Lorsque Dieu tire de moi, au hasard, une parole utile aux âmes, je la reconnais à la souffrance qu'elle me cause" Il en est bien ainsi : on ne peut pas accéder pleinement à l'amour du Christ sans avoir éprouvé combien cet Amour effraie la plupart d'entre nous. En effet, plus nous efforcerons de manifester la foi, l'espérance et la charité, plus nous serons isolés - c'est une épreuve qui dure encore, mais elle est pleinement salutaire...

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La justice divine est aussi miséricorde

Message non lupar etienne lorant » mar. 20 juin 2017, 15:37

Le mardi de la 11e semaine du temps ordinaire

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,1-9.
Frères, nous voulons vous faire connaître la grâce que Dieu a accordée aux Églises de Macédoine. Dans les multiples détresses qui les mettaient à l’épreuve, l’abondance de leur joie et leur extrême pauvreté ont débordé en trésors de générosité. Ils y ont mis tous leurs moyens, et davantage même, j’en suis témoin; spontanément, avec grande insistance, ils nous ont demandé comme une grâce de pouvoir s’unir à nous pour aider les fidèles de Jérusalem. (...)  Vous connaissez en effet le don généreux de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Cy Aelf, Paris


Comment, lorsque l'on possède peu, pouvoir donner, malgré tout, à ceux qui sont dans le besoin ?  La réponse tient dans la grâce plus généreuse encore, qui jaillit du cœur de Jésus. Par la grâce, nous sommes bel et bien riches d'une foi de confiance absolue. Cette foi d'abandon, voici ce qui permet de passer outre les calculs et les évaluations de ce qu'il est possible de partager avec autrui. L'aumône ne doit pas trouver sa source dans une évaluation monétaire - et moins encore d'une estimation du besoin réel de la personne qui demande !

Bien évidemment,  voici quelque chose de tout à fait contraire à la logique humaine !  Mais c'est aussi contraire à la logique humaine de se retrouver démuni et de mendier. En effet, celui qui tend la main a dû rompre avec sa fierté personnelle avant de quémander. Mais en définitive, celui qui donne est comme celui qui reçoit: il faut se renoncer soi-même aussi bien pour donner que pour recevoir. Ainsi, très souvent le Seigneur s'adressera à nous en prenant l'habit de la pauvreté. - et donner, d'autant plus lorsque nous sommes "gênés", voici qui nous ouvre d’autant  des portes à la grâce et de la miséricorde divine. Notre prêtre n'a pas manqué de rappeler l'éloge que fit Jésus de la piécette de la pauvre veuve  au trésor du temple : "Elle a mis plus que tous les autres !" Et sa générosité, qui est aussi foi de confiance absolue ne restera pas vaine.

L'amour des ennemis, voici qui procède du même Esprit :  Dieu ne ferait-il pas lever le soleil sur les méchants comme sur les justes ?  Comment serait-ce possible ? Il n'y aurait pas de justice divine s'il n'y avait pas la  miséricorde divine...
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Revêtir le Christ

Message non lupar etienne lorant » mer. 21 juin 2017, 10:10

Le mercredi de la 11e semaine du temps ordinaire

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,6-11.
Frères, rappelez-vous le proverbe : À semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement. Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement. Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en abondance, afin que vous ayez, en toute chose et toujours, tout ce qu’il vous faut, et même que vous ayez en abondance de quoi faire toute sorte de bien. L’Écriture dit en effet de l’homme juste : ‘Il distribue, il donne aux pauvres ; sa justice demeure à jamais.’ Dieu, qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine ; il la multipliera, il donnera la croissance à ce que vous accomplirez dans la justice. Il vous rendra riches en générosité de toute sorte, ce qui suscitera notre action de grâce envers Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites: ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare: ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret; ton Père qui voit au plus secret te le rendra.
»

© AELF, Paris


La relation à Dieu, qui passe par la relation à notre prochain, doit être fondée sur la même gratuité et la même générosité évoquée dans les lectures d'hier. Notre rapport au divin n'est certes pas comme une relation commerciale. Au contraire d'un "donnant-donnant" - tout se vit, au contraire, dans une absolue gratuité. Bienheureux les hommes et les femmes qui vivent leur quotidien dans la confiance et l'assurance de la proximité du divin. Espérer un prodige n'a aucun sens, a dit notre prêtre, puisque ce miracle se reproduit d'instant en instant - et qui d'entre nous à pu mesurer la durée d'un instant ?

Notre prêtre a évoqué la figure du père Teilhard de Chardin, qui fut  brancardier durant la guerre 14-18. Il fut, de bout en bout un "trompe-la-mort," lorsqu'il s'agissait de s'exposer pour aller, sous la mitraille, évacuer un soldat blessé ou empêtré dans des barbelés. Il y allait sans la moindre hésitation, manifestant ainsi que Dieu reste maître quelles que soient les circonstances. Cette foi de complet abandon à la volonté et à la grâce divine, voici ce qui devrait présider dans nos cœurs dans les multiples occasions qui surviennent dans l'existence. "Vivre, c'est aimer Dieu qui donne la vie !".

C'est dans la même confiance et la même gratuité qu'il nous faut pratiquer notre foi, jour après jour, à l'Eucharistie comme en toute autre occasion de l'existence. Pourquoi donc montrer aux autres que l'on peut jeûner, en faisant du jeûne une sorte de compétition ?   Il faut plutôt jeûner de nos mauvaises habitudes - et là, oui, il y aura une saine compétition !  De nombreux religieux, avec raison, tiennent un petit carnet, jour après jour, dans lequel ils notent leurs "victoires" et leurs "défaites" - voici qui est très utile y voir plus clairement dans sa vie de foi.   "Etre religieux, ce n'est pas porter un habit, mais c'est "revêtir le Christ"...

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Teilhard de Chardin
Entre 1915 et 1918, il est mobilisé comme caporal brancardier (il refuse d'être aumônier militaire) au front dans le 8e régiment de marche de tirailleurs marocains. Deux de ses frères meurent lors de cette guerre; quant à lui, sa bravoure lui vaut la Médaille militaire et la Légion d'honneur.
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La Vérité et les dérives !

Message non lupar etienne lorant » jeu. 22 juin 2017, 10:16

Le jeudi de la 11e semaine du temps ordinaire

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,1-11.
Frères, pourriez-vous supporter de ma part un peu de folie ? Oui, de ma part, vous allez le supporter, à cause de mon amour jaloux qui est l’amour même de Dieu pour vous. Car je vous ai unis au seul Époux: vous êtes la vierge pure que j’ai présentée au Christ. Mais j’ai bien peur qu’à l’exemple d’Ève séduite par la ruse du serpent, votre intelligence des choses ne se corrompe en perdant la simplicité et la pureté qu’il faut avoir à l’égard du Christ. En effet, si le premier venu vous annonce un autre Jésus, un Jésus que nous n’avons pas annoncé, si vous recevez un esprit différent de celui que vous avez reçu, ou un Évangile différent de celui que vous avez accueilli, vous le supportez fort bien! J’estime, moi, que je ne suis inférieur en rien à tous ces super-apôtres. Je ne vaux peut-être pas grand-chose pour les discours, mais pour la connaissance de Dieu, c’est différent: nous vous l’avons montré en toute occasion et de toutes les façons. Aurais-je commis une faute lorsque, m’abaissant pour vous élever, je vous ai annoncé l’Évangile de Dieu gratuitement? J’ai appauvri d’autres Églises en recevant d’elles l’argent nécessaire pour me mettre à votre service. Quand j’étais chez vous, et que je me suis trouvé dans le besoin, je n’ai été à charge de personne ; en effet, pour m’apporter ce dont j’avais besoin, des frères sont venus de Macédoine. En toute occasion, je me suis gardé d’être un poids pour vous, et je m’en garderai toujours. Aussi sûrement que la vérité du Christ est en moi, ce motif de fierté ne me sera enlevé dans aucune des régions de la Grèce. Pourquoi donc me comporter ainsi ? Serait-ce parce que je ne vous aime pas ? Mais si ! Et Dieu le sait.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: «Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens: ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »


Tout en ayant reconnu le Christ, les fidèles de Corinthe, comme des enfants curieux, se laissent attirer par d'autres paroles et d'autres considérations sur Jésus, sur l’Évangile, sur la manière de pratiquer la foi et sur Dieu lui-même. N'est-ce pas intéressant ?  Certainement, si je songe à tout ce que j'ai pu lire ici et là sur différents sites se déclarant catholiques tout en prêtant l'oreille à des voyantes et des voyants qui ne cessent jamais de nous préparer à "la fin des temps"...  Jusqu'aux propriétaires de la boutique d'où j'écris ce partage, qui m'ont abonné à une revue, dans laquelle se trouvait - parmi de nombreuses autres  "révélations", l'exigence de Jésus de l'érection d'une croix de 738 mètres (!) sur la butte de Dozulé, en  France... Dans le même magazine étaient décrites les "trois jours de ténèbres", durant lesquelles il faudrait se barricader chez soi, car tous les démons viendraient et tenteraient d'entrer dans les maisons.

Ce magazine, dont je ne donnerai pas le nom, mêlait de très bons articles sur des vies de saint(e)s, des recherches archéologiques, des paroles authentiques de Papes... à toute une littérature de prédictions qui infusaient en moi de l'angoisse, de la crainte ... et jusqu'à la crainte d'un Dieu qui viendrait tout raser des entreprises des hommes le moment venu... Heureusement pour moi, j'avais un confesseur qui m'a interdit de continuer ces lectures. "Continuez ainsi et bientôt, vous vous méfierez des prêtres et vous quitterez l'Eglise !" ...

Contre ces menaces, beaucoup plus dangereuses qu'on l'imagine au premier abord - ne sommes-nous pas des de bons fidèles ? ... Eh bien, non, si nous perdons la charité, si notre foi est ébranlée par la crainte et si notre espérance est de gagner notre salut par nos propres "pratiques"...  Hélas, j'avais pour amie une convertie canadienne qui, après avoir mis de l'ordre dans sa vie sentimentale, est tombée dans la perpétuelle annonce de la Parousie... Effrayer son prochain ce n'est certes pas l'aimer !


http://trinite-sainte-et-mariemamere.ov ... 87525.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Fête du sacré-cœur de Jésus, solennité

Message non lupar etienne lorant » ven. 23 juin 2017, 11:20

Livre du Deutéronome 7,6-11.
Moïse disait au peuple: « Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu : c’est toi qu’il a choisi pour Tu sauras donc que c’est le Seigneur ton Dieu qui est Dieu, le Dieu vrai qui garde son Alliance et sa fidélité pour mille générations à ceux qui l’aiment et gardent ses commandements. Mais il riposte en faisant périr ses adversaires. Tu garderas donc le commandement, les décrets et les ordonnances que je te prescris aujourd'hui de mettre en pratique. »

Première lettre de saint Jean 4,7-16.
Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous: Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. Bien-aimés,  puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour: qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,25-30.
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit: «Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler». «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

© AELF, Paris

Dans les premier temps, les hommes considérant Dieu d'abord comme la "puissance ultime", ils l'ont adoré comme tel par des sacrifices sanguinaires, tels qu'ils avaient vu faire par les autres peuples. Et de cette époque reculée jusqu'à la venue de Jésus, on continuait de sacrifier des animaux que Dieu n'avait certes pas créés pour qu'ils périssent sur les autels... Aujourd'hui encore, puisque c'est la période de ramandant, les musulmans continuent de sacrifier et de faire couler le sang tout comme cela se pratiquait dans l'antiquité. Rappelons-nous également le dernier fléau infligé à Pharaon et le sang d'un agneau "pur et sans défaut" déposé sur le linteau et les deux montants des portes de chaque maison juive. Ce signe de protection nous le faisons machinalement au début de chaque messe ou dans certaines circonstances graves...

Tout a changé avec la venue du Seigneur et le don intégral de lui-même qu'Il fit sur la croix, suivi de sa résurrection.  A partir de ce moment, le seul sacrifice qui plait à Dieu, c'est la reconnaissance de son amour de miséricorde - pour tous les hommes et toutes les femmes, où qu'ils vivent.

Ainsi que le dit saint Jean : "Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés."

Ainsi, la pratique de notre foi est devenue simple et limpide, elle se manifeste, non pas seulement dans les rituels, mais en toutes circonstances de notre vie et en relation avec les hommes, les femmes, quels que soient leur âge, leur origine, leur condition de vie, leur race et même leurs croyances particulaires, car tout va vers Dieu en passant par le Christ, qui est le chemin qui conduit à la vérité, laquelle est source de vie éternelle.

Cette fête, à souligné notre prêtre, peut être répétée chaque jour, puisque chaque eucharistie la célèbre...

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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L'humilité, clé de vérité

Message non lupar etienne lorant » lun. 26 juin 2017, 11:12

Le lundi de la 12e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 12,1-9.
En ces jours-là, le Seigneur dit à Abram:« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre.» Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui. Abram avait soixante-quinze ans lorsqu’il sortit de Harane. Il prit sa femme Saraï, son neveu Loth, tous les biens qu’ils avaient acquis, et les personnes dont ils s’étaient entourés à Harane; ils se mirent en route pour Canaan et ils arrivèrent dans ce pays. Abram traversa le pays jusqu’au lieu nommé Sichem, au chêne de Moré. Les Cananéens étaient alors dans le pays. Le Seigneur apparut à Abram et dit: «À ta descendance je donnerai ce pays.» Et là, Abram bâtit un autel au Seigneur qui lui était apparu. De là, il se rendit dans la montagne, à l’est de Béthel, et il planta sa tente, ayant Béthel à l’ouest, et Aï à l’est. Là, il bâtit un autel au Seigneur et il invoqua le nom du Seigneur.
Puis, de campement en campement, Abram s’en alla vers le Néguev.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,1-5.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :« Ne jugez pas, pour ne pas être jugés; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ?  Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

© AELF, Paris

A première vue, ces textes ne se répondent pas, mais la docilité d'Abraham indique bien qu'il  trouve son bonheur et sa joie dans l'accomplissement docile de tout ce que Dieu lui commande. C'est au point, comme nous le savons, qu'il obéira de même lorsque le Seigneur le mettra à l'épreuve en lui demandant de lui sacrifier Isaac. Comment Abraham put-il y voir la préfiguration du don total que fit Jésus sur la croix ?  Evidemment non. Mais cette alliance était fondée sur une foi de confiance sans égale.

C'est dans le même état d'esprit qu'il nous faut renoncer aux jugements sur autrui. Il nous faut plutôt  reconnaître nos propres faiblesses dans celles de notre prochain.  L'image de la paille et de la poutre, employée par Jésus paraît caricaturale, c'est du fait - justement - que nous sommes extrêmement prompts à estimer autrui. S'il nous suffit de voir tituber un homme dans la rue pour le classer dans la catégorie "ivrogne", le mieux serait de n'avoir jamais touché un verre d'alcool. Si l'on estime un autre injuste, soyons prêts à être jugés nous-mêmes, car il nous suffit souvent d'un seul regard pour estimer autrui dans un sens ou l'autre.

La bonne attitude envers autrui doit  puiser son origine dans une humilité consciemment pratiquée.

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Nous sommes tous en marche !

Message non lupar etienne lorant » mar. 27 juin 2017, 11:26

Le mardi de la 12e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 13,2.5-18.
Abram était extrêmement riche en troupeaux, en argent et en or. Loth, qui accompagnait Abram, avait également du petit et du gros bétail, et son propre campement. Le pays ne leur permettait pas d’habiter ensemble, car leurs biens étaient trop considérables pour qu’ils puissent habiter ensemble. Il y eut des disputes entre les bergers d’Abram et ceux de Loth. Les Cananéens et les Perizzites habitaient aussi le pays. Abram dit à Loth:« Surtout, qu’il n’y ait pas de querelle entre toi et moi, entre tes bergers et les miens, car nous sommes frères! N’as-tu pas tout le pays devant toi? Sépare-toi donc de moi. Si tu vas à gauche, j’irai à droite, et si tu vas à droite, j’irai à gauche.» Loth leva les yeux et il vit que toute la région du Jourdain était bien irriguée. Avant que le Seigneur détruisît Sodome et Gomorrhe, elle était comme le jardin du Seigneur, comme le pays d’Égypte, quand on arrive au delta du Nil. Loth choisit pour lui toute la région du Jourdain et il partit vers l’est. C’est ainsi qu’ils se séparèrent. Abram habita dans le pays de Canaan, et Loth habita dans les villes de la région du Jourdain ; il poussa ses campements jusqu’à Sodome. Les gens de Sodome se conduisaient mal, et ils péchaient gravement contre le Seigneur. Après le départ de Loth, le Seigneur dit à Abram:« Lève les yeux et regarde, de l’endroit où tu es, vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident. Tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta descendance, pour toujours. Je rendrai nombreuse ta descendance, autant que la poussière de la terre : si l’on pouvait compter les grains de poussière, on pourrait compter tes descendants! Lève-toi ! Parcours le pays en long et en large : c’est à toi que je vais le donner.» Abram déplaça son campement et alla s’établir aux chênes de Mambré, près d’Hébron ; et là, il bâtit un autel au Seigneur.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,6.12-14.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer. Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi: voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.» Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »



- © AELF, Paris

La première lecture nous montre comment, afin d'éviter toute querelle de territoires, Abram et Lot conviennent de se séparer, car il y a suffisamment de lieux où résider. Ces terres ne sont pas toutes inoccupées, mais elles sont accessibles à tous - il n'y avait alors ni frontières, ni gardes-frontières. De la même manière, nous sommes libres de choisir des "lieux" où résider selon nos goûts et nos besoins.

Mais beaucoup plus important est le lieu de résidence de nos âmes. Oui, chacune et chacun d'entre nous, comme Abraham et Lot, doivent nécessairement choisir en quel "lieu" où s'établir. C'est sous cette forme que Jésus nous demande, comme à ses disciples, de demeurer dans son Amour. Ce lieu peut tout tout simplement s'identifier à "l'état de grâce".

Le nécessaire déplacement consiste donc, pour nos âmes, à renoncer au péché pour nous diriger, par le "chemin resserré" qui conduit à une "porte étroite".

Ces deux images nous sont données à contempler dans la prière. Un chemin resserré nécessite, à chaque pas, une attention accrue afin de ne tomber ni d'un côté ni de l'autre - et gare aux cailloux qui peuvent se glisser dans les sandales, nous blesser et nous retarder d'autant. Et quant à la porte étroite, nul ne peut s'y glisser facilement sans être souple et mince !

Pour conclure, notre prêtre nous a rappelé cette autre parole de Jésus: "Je suis le chemin, la vérité et la vie" - que l'on peut aussi entendre : "Je suis le chemin qui conduit à la vérité - cette vérité qui nous rendra libres et qui nous conduira à la vie éternelle. Que de fortes images en ce jour !

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar Alizee » mar. 27 juin 2017, 11:48

Cela me rappelle ceci : il est bon d'être sur le bon chemin, encore faut-il ne pas y rester assis.
Je crois que c'est de St Augustin, mais pas sûr.

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L'humilité nous préserve de l'erreur

Message non lupar etienne lorant » mer. 28 juin 2017, 10:33

Le mercredi de la 12e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 15,1-12.17-18a.
Cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un de ton sang.» Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance !»  Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage.» Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? »
Le Seigneur lui dit: « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe.» Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa. Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes: « À ta
descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate.[/i] »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,15-20.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: «Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais. Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

Cy Aelf, Paris

Dieu a-t-il besoin qu’Abraham fasse un sacrifice de grande ampleur ?  Mais tout y passe: une génisse, une chèvre, un bélier, une tourterelle et une colombe. Dieu a-t-il besoin d'un tel sacrifice ? En réalité, c'est Abraham qui a besoin d'offrir quelque chose à Dieu en signe de soumission, de reconnaissance, d'humilité aussi. Il a vu passer des années et des années dans l'espérance d'une descendance, mais il vieillit et n'a toujours pas de descendance.  Comment "tous les peuples de la terre" pourraient-il donc se reconnaître en lui, puisqu'il n'a pas de fils ?   L'homme de la foi, dont tous feront l'éloge pour sa fidélité indéfectible ... c'est lui qui est saisi par le doute, c'est lui qui a besoin de présenter des offrandes !  

Et nous-mêmes, comme Abraham, avons besoin de produire, ici et là, dans le cours de nos vies, de procéder à des sacrifices et de renoncer à nos habitudes, à nos jugements, à nos façons de penser, à nos attitudes préconçues envers autrui - afin de mieux vivre, de vivre mieu, et devenir meilleurs !  Voici la bonne attitude car elle est fondée sur une grande humilité.

Si nous devenons plus vrais, nous vivrons de la vérité et nous deviendrons capables de reconnaître si telle et telle personnes cherchent à nous entraîner dans une voie qui n'est pas la nôtre - et qui le plus souvent nous est est dommageable. De la sorte, si nous nous retrouvons quelque peu isolés, nous deviendrons pourtant capables de partager avec justesse et sans même nous faire valoir - c'est justement ce qui plaît au Seigneur.

Notre récompense, nous l'aurons. Sans avoir combattu, si ce n'est contre nos instincts et nos peurs. Sans avoir réclamé, sinon dans la prière. Car tout vient à son heure. Et les exigences de ce temps nous paraîtront beaucoup moins difficiles à rencontrer..

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Re: Témoigner en dépit de tout

Message non lupar Aldous » jeu. 29 juin 2017, 17:53

Les lectures d'aujourd'hui nous obligent, toutes et tous, à un examen de conscience afin de savoir en quelles circonstances nous avons manifesté l'amour de Jésus. Je me suis souvenu du jour où j'ai suscité des moqueries et des rires après avoir déclaré que je revenais Lourdes. Je n'ai pas répliqué parce qu'on m'avait prévenu qu'il en serait ainsi. Mais c'était supporter cela ou mentir et il n'était pas question de mentir... Du reste, il y eut d'autres circonstances difficiles durant lesquelles j'ai véritablement inspiré dans le témoignage. Tout cela se passait bien avant que je me mette à écrire.

Les apôtres, tels que les décrivent les textes d'aujourd'hui,vivaient déjà détachés de toutes préoccupation humaines et ils puisaient leur énergie directement dans leur désir de manifester l'amour de Jésus en toutes circonstances. Il y eu pour moi un temps qui ressemble à ce qu'ils ont vécu. Ce fut pour moi le temps de la joie parfaite, qui rendait tout possible - comme d'abandonner le travail pour assister quelqu'un dans une recherche d'emploi, corriger un mémoire, intervenir dans un conflit, contacter des parents afin pour qu'ils acceptent que leur enfant poursuive des études supérieures - c'est arrivé plus de trois fois, mais n'est-il pas étrange qu'ils ne me reconnaissent plus lorsque nous nous croisons en ville ?

J'ai beaucoup aimé la réflexion de notre prêtre qui a rappelé le mot de Bernanos dans la bouche du curé de campagne: "Lorsque Dieu tire de moi, au hasard, une parole utile aux âmes, je la reconnais à la souffrance qu'elle me cause" Il en est bien ainsi : on ne peut pas accéder pleinement à l'amour du Christ sans avoir éprouvé combien cet Amour effraie la plupart d'entre nous. En effet, plus nous efforcerons de manifester la foi, l'espérance et la charité, plus nous serons isolés - c'est une épreuve qui dure encore, mais elle est pleinement salutaire...
Bonjour,
j'ai du mal à vous suivre sur ce terrain où si vous vous avez des difficultés à ce que l'on reconnaisse ce que vous faites (aller à Lourdes, aider les autres) il en serait une fatalité valable pour tous qu'un tel comportement vaudrait la moquerie et l'isolement en échange...
Je pense que c'est radicalement l'inverse: en faisant le bien, en suivant Jésus c'est fatalement le bonheur parmi les autres qui nous attend... Sinon il y a un problème... Regardez Jésus il était accueilli partout et chacun avec joie; ce n'est qu'avec l'autorité (de sa religion d'origine et les romains) qu'il avait des problèmes mais assurément pas avec les gens...
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

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Re: Témoigner en dépit de tout

Message non lupar Altior » ven. 30 juin 2017, 6:44

Regardez Jésus il était accueilli partout et chacun avec joie; ce n'est qu'avec l'autorité (de sa religion d'origine et les romains) qu'il avait des problèmes mais assurément pas avec les gens...
Hum...Chacun ? Oui, Il était accueilli avec joie par les siens. Mais non par tous. Dès Sa naissance Il a été mal accueilli. Aucun hôtelier de Bethleem n'a pas voulu l'accueillir. Et puis, il y a l'épisode de Gadare: bien accueilli oui, mais jusqu'il s'agit du pognon. Touche pas à mes cochons!

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Re: Témoigner en dépit de tout

Message non lupar Aldous » ven. 30 juin 2017, 9:52

Regardez Jésus il était accueilli partout et chacun avec joie; ce n'est qu'avec l'autorité (de sa religion d'origine et les romains) qu'il avait des problèmes mais assurément pas avec les gens...
Hum...Chacun ? Oui, Il était accueilli avec joie par les siens. Mais non par tous. Dès Sa naissance Il a été mal accueilli. Aucun hôtelier de Bethleem n'a pas voulu l'accueillir. Et puis, il y a l'épisode de Gadare: bien accueilli oui, mais jusqu'il s'agit du pognon. Touche pas à mes cochons!
"Acquiers la paix intérieure et des milliers autour de toi se convertiront." Saint Séraphin Sarov

Ce que j'ai voulu dire c'est que je trouve plutôt déplorable de commenter et présenter les évangiles à partir de sa propre expérience subjective et d'en faire une généralité.
Surtout si cette expérience est négative (moquerie et isolement). Je n'imagine pas le pape ou un prêtre dire "soyez bon mais vous allez le payer par la moquerie et l'isolement". D'abord parce c'est faux dans la réalité et c'est aussi faux dans les évangiles, Jésus est suivi par des foules de plus en plus immenses, autant par l'enseignement qu'il donne que par son comportement (aider, soulager, réconforter, guérir).
On peut discuter que les évangiles relatent que le message chrétien aura du mal à passer dans ce monde, mais au quotidien, au plus proche des gens jamais l'Evangile à mon sens ne laisse entrevoir qu'à la bonté les gens réagiront par le rejet (ce que j'illustre ici par la citation de Saint Séraphin Sarov).
Celui qui a une mauvaise expérience de sa charité chrétienne, je ne vois pas opportun qu'il s'en plaigne à l'occasion de commenter les évangiles et de généraliser son expérience comme la norme. Qu'il n'en incombe pas sa mauvaise expérience aux gens. Je dirai qu'il regarde plutôt en lui-même pourquoi les gens se détournent de lui. La charité n'est pas un devoir, elle est un don gratuit.

Ce qui attire dans un homme, c'est sa bonté
Proverbes 19 : 22
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De l'importance du témoignage

Message non lupar etienne lorant » ven. 30 juin 2017, 11:24

Le vendredi de la 12e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 17,1.9-10.15-22.
Lorsque Abraham eut atteint 99 ans, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Je suis le Dieu-Puissant ; marche en ma présence et sois parfait. Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. » Et voici l’alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est-à-dire toi et ta descendance après toi : tous vos enfants mâles seront circoncis. Dieu dit encore à Abraham : « Saraï, ta femme, tu ne l’appelleras plus du nom de Saraï ; désormais son nom est Sara (c’est-à-dire : Princesse). Je la bénirai : d’elle aussi je te donnerai un fils ; oui, je la bénirai, elle sera à l’origine de nations, d’elle proviendront les rois de plusieurs peuples. » Abraham tomba face contre terre. Il se mit à rire car il se disait : « Un homme de cent ans va-t-il avoir un fils, et Sara va-t-elle enfanter à quatre-vingt-dix ans ? » Et il dit à Dieu : « Accorde-moi seulement qu’Ismaël vive sous ton regard ! » Mais Dieu reprit : « Oui, vraiment, ta femme Sara va t’enfanter un fils, tu lui donneras le nom d’Isaac. J’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance éternelle avec sa descendance après lui. Au sujet d’Ismaël, je t’ai bien entendu : je le bénis, je le ferai fructifier et se multiplier à l’infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. Quant à mon alliance, c’est avec Isaac que je l’établirai, avec l’enfant que Sara va te donner l’an prochain à pareille époque. » Lorsque Dieu eut fini de parler avec Abraham, il s’éleva loin de lui.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,1-4.
Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier.» Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : «Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l’offrande que Moïse a prescrite : ce sera pour les gens un témoignage. »

© AELF, Paris

Délivrée de sa stérilité, Sara devient Sara devient Saraï : "Princesse". Et quant au lépreux, parce qu'il a cru dans le pouvoir de guérison de Jésus, il est purifié. Mais ces textes parlent moins de maladie et de. guérison miraculeuse que de foi. Celle d'Abraham, bien sûr, mais celle aussi du lépreux - quand il affirme qu'il croit vraiment que Jésus pourra le guérir. Mais il y a mieux encore: délivrée de sa stérilité, Sarah change de nom et deviendra "Princesse". Quant au lépreux, il devra se montrer à un prêtre afin que sa guérison puisse servir de témoignage pour tous - c'est ce qui se pratique encore de nos jours à Lourdes.

Tout comme Sara devient "Princesse" en étant délivrée de sa stérilité, le lépreux devient témoin un témoin "digne de foi" de la miséricorde divine.

C'est le même type de témoignage que continue de porter notre prêtre qui, avant sa conversion, se destinait à la médecine. Athée jusqu'à sa visite à Lourdes, il y fit un séjour qu'il croyait "de simple curiosité". Mais en fin de séjour, il se rendit au "Bureau des constatations" où il croisa, debout et souriant, un homme qu'il avait vu se déplacer en béquilles et qui était atteint d'une maladie "dégénérative"(Maladie de Paget). En cette occasion, il reconnut que sa démarche à Lourdes avait été "curieuse mais ambiguë": non pas qu'il cherchait à croire, mais tout au contraire qu'il voulait se persuader qu'en dehors de la médecine, il n'existait aucun autre moyen de soulager les souffrances des autrui ...

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