Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Aldous
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Re: La foi, l'épreuve - L'exemple de Mère Térésa

Message non lupar Aldous » ven. 20 oct. 2017, 20:49

Je ne suis pas d'accord que la foi se développe qu'au prix d'épreuves successives... La foi se développe aussi en connaissant le bonheur et la grâce: chaque fois que la vie nous accorde la beauté, la joie, la paix etc n'est-ce pas une immense invitation à faire grandir notre foi? Si St. Paul dit que la foi se vérifie par l'épreuve, en aucun cas il ne dit qu'elle se développe que par les épreuves!
La révélation de cet aspect de sa vie produisit un choc considérable dans l’opinion mondiale. Les écrits intimes de Mère Teresa, rendus publics en 2003 à l’occasion de l’ouverture de son procès de béatification, surprirent jusqu’aux plus proches amis de la « sainte de Calcutta ». La fondatrice des Missionnaires de la Charité avait donc traversé, cinquante années durant, une longue et épaisse nuit spirituelle, cachée jusqu’à sa mort par un immuable sourire.

Poignantes, les lettres qu’elle écrivait régulièrement au P. Picachy, son confesseur, laissent entrevoir « une torture presque physique », résume Charlotte Grossetête, auteur d’un récent ouvrage (1) sur la sainte de Calcutta. « Cette nuit de la foi la tourmente en permanence. Elle parle même de couteaux qui lui tombent dessus. » Paradoxe, Mère Teresa doute de Dieu, mais sait qu’il est là : « Elle ne doute pas de son existence, mais plutôt de l’amour envers elle », note l’écrivain.

Conviction négative

Si l’histoire de la bienheureuse religieuse d’origine albanaise connut un si fort retentissement, c’est sans doute que pour beaucoup de croyants, une telle « nuit de la foi » incarne l’une des plus lourdes épreuves à traverser. Le P. Gaston Piétri (2) évoque ces nuits de la foi, « qui sont à vrai dire une mystérieuse dimension de l’expérience spirituelle en ce qu’elle a de plus authentique ».

« Plus que le doute qui comporte une oscillation, cette épreuve tient à la manière dont s’installe la conviction négative. Mais cette négation lancinante habite encore la foi, si étrange que cela paraisse », estime-t-il. L’épreuve de Mère Teresa fut souvent comparée à celle de saint Jean de la Croix, ou Thérèse d’Avila, deux grands mystiques qui avaient, en leur temps, témoigné de cette « nuit obscure ».

« La foi qui anticipe et se mue en action de grâce est sa forme achevée, parfaite. Elle se déclare au terme d’un itinéraire parfois laborieux. Ainsi la “foi pure”, dont parle Jean de la Croix, est une foi qui se vit dans une “nuit obscure” », souligne le jésuite Marcel Domergue (3).

Quel sens donner à cette obscurité ? « Croire est obscur, la foi elle-même est obscure, répond le P. Étienne Michelin, professeur de théologie au studium Notre-Dame de Vie, à Venasque (Vaucluse). La première raison pour laquelle croire au Dieu de la Bible est une épreuve, c’est que Dieu est trop, il déborde. Nos facultés humaines pour le comprendre sont en dessous de ce qu’il est », poursuit le prêtre de l’institut Notre-Dame de Vie, qui explique qu’en Dieu, les chrétiens connaissent quelqu’un qu’ils ne comprennent pas.

« Au fur et à mesure que leur foi se développe, il ne faut pas que les chrétiens s’étonnent d’entrer dans l’obscurité. De même, plus je m’approche du soleil, plus je suis ébloui, mais aussi réchauffé », souligne le P. Michelin.

Toutes les épreuves ne sont évidemment pas comparables à cette nuit de la foi. Pour le P. Gaston Piétri (1), « la diversité des situations » donne lieu à « un doute lui-même multiforme ». Parmi elles, il cite notamment une « crise généralisée des certitudes ». « On comprend que la foi soit mise à l’épreuve par tout ce qui nous blesse au cours de nos vies », admet le P. Domergue.

Parmi elles, la mort, la maladie, les ruptures affectives… Ces épreuves, constituées par autant d’événements différents, sont de multiples natures. « Dans ces moments-là, tout croyant éprouve au fond de lui qu’il est capable de commettre les mêmes horreurs que celles qu’il subit, explique le P. Michelin. En ce sens, il devient humble. »

https://www.la-croix.com/Religion/Spiri ... -14-887974
En aucun cas cela ne signifie que la foi ne se développe qu'aux prix des épreuves.
N'importe quel chrétien qui connait d'heureux évènements dans sa vie sait que cela contribue (développe) à sa foi. Sinon on ne dirait jamais merci, on ne rendrait jamais grâce à Dieu du bonheur qu'on peut avoir à vivre (malgré et non aux prix des épreuves)...

" Je te célèbre, Éternel, pour la merveille que je suis. Tes œuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît"
Psaume 139 :14
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

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Saint François d'Assise - Leçon sur la joie parfaite

Message non lupar etienne lorant » ven. 20 oct. 2017, 22:24

Je m’arrête ici avec le témoignage de saint François d'Assise à propos de la Joie parfaite, afin que l'on ne pense pas de moi que ma foi repose sur la douleur et l'épreuve. Le jour de ma conversion, le troisième dimanche d’août 1985, j'ai été inondé d'une telle JOIE que j'ai désiré mourir dans l'instant, Mais ensuite, c'est bien la joie qui m'a permis d'avancer. Cependant, même la Joie peut devenir douleur dans le sens que l'on remarque, du fait même de la conversion, que le monde vit dans "l'ennui" dont Bernanos témoigne.

J'ai cherché d'entrer dans l'Eglise afin de servir et d'y vivre, mais je ne l'ai pas obtenu. Durant les quatre années de formation à la théologie de la miséricorde divine (fondée sur la vie et l'oeuvre de sainte Faustine), l'étude me rendit heureux et j'ai étudié les textes de conférences
sans doute avec plus d'ardeur que tous les autres, car enfin, on finirait bien parme donner une "affectation" quelque part. Mais non: je n'ai même pas pu obtenir une simple attestation de cours suivis. Or, en témoignant sur Internet, j'ai permis à d'autres d'entrer dans le l'ordre de la miséricorde divine. Mon ultime courrier aux Soeurs de Cracovie fut pour leur demander : "Comment pouvez-vous dire que je suis dehors, puisque j'ai ouvert les portes à d'autres ?



Comment Saint François, cheminant avec frère Léon, lui exposa ce qu'est la joie parfaite.

Comme saint François allait une fois de Pérouse à Sainte Marie des Anges avec frère Léon, au temps d'hiver, et que le froid très vif le faisait beaucoup souffrir, il appela frère Léon qui marchait un peu en avant, et parla ainsi : « O frère Léon, alors même que les frères Mineurs donneraient en tout pays un grand exemple de sainteté et de bonne édification, néanmoins écris et note avec soin que là n'est pas point la joie parfaite. »

Et saint François allant plus loin l'appela une seconde fois : « O frère Léon, quand même le frère Mineur ferait voir les aveugles, redresserait les contrefaits, chasserait les démons, rendrait l'ouïe aux sourds, la marche aux boiteux, la parole aux muets et, ce qui est un plus grand miracle, ressusciterait des morts de quatre jours, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »
Marchant encore un peu, saint François s'écria d'une voix forte : « O frère Léon, si le frère Mineur savait toutes les langues et toutes les sciences et toutes les Écritures, en sorte qu'il saurait prophétiser et révéler non seulement les choses futures, mais même les secrets des consciences et des âmes, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »
Allant un peu plus loin, saint François appela encore d'une voix forte : « O frère Léon, petite brebis de Dieu, quand même le frère parlerait la langue des Anges et saurait le cours des astres et les vertus des herbes, et que lui seraient révélés tous les trésors de la terre, et qu'il connaîtrait les vertus des oiseaux et des poissons, de tous les animaux et des hommes, des arbres et des pierres, des racines et des eaux, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

Et faisant encore un peu de chemin, saint François appela d'une voix forte : « O frère Léon, quand même le frère Mineur saurait si bien prêcher qu'il convertirait tous les fidèles à la foi du Christ, écris que là n'est point la joie parfaite. »
Et comme de tels propos avaient bien duré pendant deux milles, frère Léon, fort étonné, l'interrogea et dit : « Père, je te prie, de la part de Dieu, de me dire où est la joie parfaite. » et saint François lui répondit : « Quand nous arriverons à Sainte-Marie-des-Anges, ainsi trempés par la pluie et glacés par le froid, souillés de boue et tourmentés par la faim, et que nous frapperons à la porte du couvent, et que le portier viendra en colère et dira : « Qui êtes-vous ? » et que nous lui répondrons : « Nous sommes deux de vos frères », et qu'il dira : « Vous ne dites pas vrai, vous êtes même deux ribauds qui allez trompant le monde et volant les aumônes des pauvres ; allez-vous en » ; et quand il ne nous ouvrira pas et qu'il nous fera rester dehors dans la neige et la pluie, avec le froid et la faim, jusqu'à la nuit, alors si nous supportons avec patience, sans trouble et sans murmurer contre lui, tant d'injures et tant de cruauté et tant de rebuffades, et si nous pensons avec humilité et charité que ce portier nous connaît véritablement, et que Dieu le fait parler contre nous, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

Et si nous persistons à frapper, et qu'il sorte en colère, et qu'il nous chasse comme des vauriens importuns, avec force vilenies et soufflets en disant : « Allez-vous-en d'ici misérables petits voleurs, allez à l'hôpital, car ici vous ne mangerez ni ne logerez », si nous supportons tout cela avec patience, avec allégresse, dans un bon esprit de charité, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.
Et si nous, contraints pourtant par la faim, et par le froid, et par la nuit, nous frappons encore et appelons et le supplions pour l'amour de Dieu, avec de grands gémissements, de nous ouvrir et de nous faire cependant entrer, et qu'il dise, plus irrité encore : « ceux-ci sont des vauriens importuns, et je vais les payer comme ils le méritent », et s'il sort avec un bâton noueux, et qu'il nous saisisse par le capuchon, et nous jette par terre, et nous roule dans la neige, et nous frappe de tous les noeuds de ce bâton, si tout cela nous le supportons patiemment et avec allégresse, en pensant aux souffrances du Christ béni, que nous devons supporter pour son amour, ô frère Léon, écris qu'en cela est la joie parfaite.

Et enfin, écoute la conclusion, frère Léon : au-dessus de toutes les grâces et dons de l'Esprit-Saint que le Christ accorde à ses amis, il y a celui de se vaincre soi-même, et de supporter volontiers pour l'amour du Christ les peines, les injures, les opprobres et les incommodités ; car de tous les autres dons de Dieu nous ne pouvons nous glorifier, puisqu'ils ne viennent pas de nous, mais de Dieu, selon que dit l'Apôtre : « Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu de Dieu ? et si tu l'as reçu de lui, pourquoi t'en glorifies-tu comme si tu l'avais de toi-même ? ». Mais dans la croix de la tribulation et de l'affliction, nous pouvons nous glorifier parce que cela est à nous, c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Je ne veux point me glorifier si ce n'est dans la croix de Notre-Seigneur Jésus Christ. »
À qui soit toujours honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen

Mais tout au fond de la douleur la Joie peut jaillir à nouveau !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Saint François d'Assise - Leçon sur la joie parfaite

Message non lupar Aldous » ven. 20 oct. 2017, 22:51

Je m’arrête ici avec le témoignage de saint François d'Assise à propos de la Joie parfaite, afin que l'on ne pense pas de moi que ma foi repose sur la douleur et l'épreuve.
Ce qu'on pense de vous ce n'est que votre soucis. Ce qu'il importe ici c'est que vous n'avez pas à dire que le développement de la foi n'est qu'à payer par des épreuves.
La foi se développe malgré les épreuves, pas qu'au prix des épreuves. La foi c'est un don de Dieu, il n'y a rien à payer (à fortiori des épreuves)
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Demeurer dans l'Amour et prendre patience

Message non lupar etienne lorant » sam. 21 oct. 2017, 15:39

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,13.16-18.
Frères, ce n’est pas en vertu de la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance, mais en vertu de la justice obtenue par la foi. Voilà pourquoi on devient héritier par la foi: c’est une grâce, et la promesse demeure ferme pour tous les descendants d’Abraham, non pour ceux qui se rattachent à la Loi seulement, mais pour ceux qui se rattachent aussi à la foi d’Abraham, lui qui est notre père à tous. C’est bien ce qui est écrit: ‘J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations.’ Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas. Espérant contre toute espérance, il a cru; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : ‘Telle sera la descendance que tu auras !’

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,8-12.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: «Je vous le dis:  Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu. Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu. Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné.Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »

Les promesses de Dieu ne s'accomplissent que pour celles et ceux qui passent d'une relation à Dieu strictement formelle, selon les règles établies dans les lois et les rites, à une relation sans cesse nourrie et abreuvée de l'amour de Dieu. Cette relation doit devenir  une relation vivante qui se vérifie dans l'amour du prochain. Le prochain quel qu'il soit: qu'il soit un ami ou bien un ennemi,  qu'il soit d'accord ou en désaccord avec nous; qu'il se déclare notre ami ou qu'il agisse en adversaire, cherchant à nous nuire.  Il est bon pour nous que nous devions prendre patience envers ceux qui prennent un malin plaisir à scruter nos paroles et nos actes afin de dénoncer nos travers. Plutôt que de nous rebeller, saisissons l'occasion, de vérifier dans notre miroir si l'accusation repose sur une défaillance dans notre foi.

Aimer celles et ceux qui nous aiment, cela est évident, même si parmi eux, il en est quelques-uns qui nous "rebutent", c'est assez facile, d'autant qu'ils nous assistent pour nous complaire. Quant à aimer nos ennemis, aimer celles et ceux qui ne nous aiment pas cela ne tient non plus du simple sentiment humain, mais de notre foi.  Il faut se souvenir que Dieu fait se lever le soleil et tomber la la pluie sur justes comme sur les méchants. Il nous appartient, comme a dit notre prêtre, de nous détacher de ce qui reste "enfantin et égoïste" r et de nous établir "dans le secret de la tente de la Rencontre" que doit devenir notre cœur.

Il reste enfin  ceux qui nous veulent vraiment du mal et qui s'ingénient à  nous mettre en des positions difficiles. Dans mon métier, j'ai un jour été accusé par un collègue de "recel de marchandises volées". J'ai déjà rapporté ce formidable entretien durant lequel l'Esprit Saint est venu à mon secours.  Cet enquêteur avait découvert mes années d'étude au sein d'un collège dirigé par des Jésuites. Il m'a posé en riant cette question :  "N'est-il pas dit dans votre livre :  "Faute avouée à moitié pardonnée ?" - et ma bouche s'est ouverte toute seule, fulgurante "Votre tirade tient de proverbes, mais ce que dit mon "petit  livre",  c'est que la vérité vous rendra libres, et puisque j'ai  la vérité, je me lève et je sors.  Je suis sorti sans que personne me retienne. Alléluia !


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Demeurer dans l'Amour et prendre patience

Message non lupar Aldous » sam. 21 oct. 2017, 17:50

Le prochain quel qu'il soit: qu'il soit un ami ou bien un ennemi,  qu'il soit d'accord ou en désaccord avec nous; qu'il se déclare notre ami ou qu'il agisse en adversaire, cherchant à nous nuire.  Il est bon pour nous que nous devions prendre patience envers ceux qui prennent un malin plaisir à scruter nos paroles et nos actes afin de dénoncer nos travers. Plutôt que de nous rebeller, saisissons l'occasion, de vérifier dans notre miroir si l'accusation repose sur une défaillance dans notre foi.
Bonjour,
Le plus difficile pour nous tous c'est de reconnaître nos torts ou nos erreurs. Cela peut tellement être difficile qu'on peut se persuader que l'autre cherche à nous nuire, alors qu'il n'en est pourtant rien.
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Splendeur de la Vérité

Message non lupar etienne lorant » dim. 22 oct. 2017, 19:47

Vingt-neuvième dimanche du temps ordinaire

Livre d'Isaïe 45,1.4-6.
Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée: À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre hors moi, pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l’on sache, de l’orient à l’occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1,1-5b.
Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l’Évangile n’a pas été, chez vous, simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude: vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,15-21.
Alors les pharisiens tinrent conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode: «Maître, lui disent-ils, nous le savons: tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis: Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »  Connaissant leur perversité, Jésus dit: «Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit: « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit: «Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.»


Les textes de ce dimanche nous disent bien que Dieu s'adresse aux hommes sans user de subtilités de langage ou de précautions, selon les qualités des personnes auxquelles Il s'adresse. Sa Parole touche immédiatement le cœur et l'esprit de ceux auxquels Il s'adresse.
Ainsi, à l'attention de Cyrus, Il lui révèle que tout le pouvoir dont il dispose ne tient ni à ses   qualités d'homme, ni à ses richesses, son courage ou son habileté. Il n'est pas d'autre richesse que de s'en remettre au Seigneur.

Et cette leçon vaut également pour toutes les personnes citées dans les lectures de ce dimanche. C'est vrai pour Cyrus, c'est vrai pour Isaïe, pour saint Paul et pour les Thessaloniciens,  c'est encore vrai pour chacune et chacun d'entre nous. Et lorsqu'un homme, entend sa Parole, il en est comme renouvelé. Il n'est plus seulement un être de raison et de cœur, mais il découvre son Dieu, son créateur, commencement et sa fin, son unique appui et secours en ce monde. Comme le dit bien saint Paul: l'annonce de l’Évangile fut pour eux puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude.

Et tous les convertis, de toutes les époques, ont été comme des hommes égarés qui retrouvent leur chemin, comme la lumière qui vient éclairer la nuit, comme l'unique conviction, celle qui touche autant l'esprit que le cœur et rénove entièrement comme une nouvelle naissance. Certes, a dit le prêtre: "ce n'est pas pour rien que l'on baptise les petits enfants !" Pendant ce temps-là, les "esprits forts et les sceptiques ne font hélas que se voiler la face devant la "La splendeur de la vérité" (*)

C'est bien ce que dénonce l’Évangile, ce dimanche, ce dimanche. La question posée n'était évidemment destinée qu'à discréditer Jésus, ou bien devant le peuple, ou bien devant les Romains...


http://w2.vatican.va/content/john-paul- ... endor.html
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Bonheur de vivre selon le dessein de Dieu

Message non lupar etienne lorant » lun. 23 oct. 2017, 10:55

Le lundi de la 29e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,20-25.
Devant la promesse de Dieu, il n’hésita pas, il ne manqua pas de foi, mais il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis. Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste. En disant que cela lui fut accordé, l’Écriture ne s’intéresse pas seulement à lui, mais aussi à nous, car cela nous sera accordé puisque nous croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21.
En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus: « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.» Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? » Puis, s’adressant à tous: « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »  Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.”  Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Mais Dieu lui dit : “Tu es fou: cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »


Il nous faut veiller à ordonner nos vies en vrais disciples du Christ, c'est-à-dire: en nous tournant vers Dieu, en recevant de Lui chaque jour de notre vie. Il s'agit de tendre à reconnaître quel est le dessein de Dieu pour nous. L'homme qui veut abattre ses greniers pour en construire de plus vastes est tout à fait comme l'un quelconque d'entre nous qui, des années durant, a beaucoup travaillé et épargné dans le but d'une existence plus libre, mieux vécue, plus heureuse.  

Ce but n'est-il pas louable ?  Il l'est, dans une certaine mesure.. Car à force de reporter à plus tard un temps pour le bonheur, on peut se retrouver vieillard sans avoir vraiment vécu... Quel triste bilan !  Il en est de même des dons du Seigneur reçus dès notre naissance et que nous  aurons délaissés. Pour ma part, je n'ai jamais regretté d'avoir très tôt renoncé à une carrière au sein d'une entreprise - publique ou privée. Mais j'ai connu ce bonheur de gagner mon pain en partageant avec d'autres le bonheur de la lecture. D'autant que certains livres m'ont vraiment conduit à retrouver l’Évangile - et, avec l’Évangile, un désir de conformité, non selon l'esprit du monde mais selon l'amour de Dieu.

La parabole de l'homme aux greniers est bien celle des hommes et des femmes qui reportent toujours à plus tard le temps de mettre en oeuvre les talents reçu du Seigneur. Ils ne sont coupables que dans une certaine mesure, car le monde, d'une façon ou d'une autre, nous presse et nous pousse vers des jouissances qui ne rassasient pas - c'est le jeu du diable... Il nous faut apprendre à vivre notre foi dans un esprit de confiance absolue - qui fait qu'ayant vécu avec des adultes, nous retrouvions l'esprit d'enfance et d'enfance spirituelle...


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Heureux les miséricordieux

Message non lupar etienne lorant » mar. 24 oct. 2017, 18:48

Le mardi de la 29e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12.15b.17-19.20b-21.
Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. Bref, de même que la faute à commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste. Quant à la loi de Moïse, elle est intervenue pour que se multiplie la faute; mais là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. Ainsi donc, de même que le péché a établi son règne de mort, de même la grâce doit établir son règne en rendant juste pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,35-38.
Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils !


C'est par un seul homme, Adam, qui voulu goûter de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, que la mort est entrée dans le monde; de la même manière, c'est par le don total de lui-même que fit le Christ, nouvel Adam, que la grâce que la miséricorde divine s'est étendue à à toute l'humanité. Jésus est donc bien "le nouvel Adam"dont la descendance est multitude.

Afin de bénéficier de cette grâce, il suffit d'adhérer par le cœur, l'esprit et le corps  à  cet immense bouleversement.
Le nombre des saintes et des saints proclamés tels par l'Eglise ne se limite certes pas aux noms figurant au calendrier. Aussitôt qu'une femme ou un homme renoncent au péché pour l'amour de Jésus, ils sont témoins de la miséricorde divine.

Nous ne savons pas en quel temps ni en quelle circonstance particulière le maître viendra à notre rencontre pour nous appeler.  Il nous faut donc, d'autant plus, veiller en tout temps et de rechercher la marque de ses pas. "C'est pas après pas", un jour après l'autre, dans les circonstances heureuses comme dans les jours de souffrances ou de maladie, qu'il faut apprendre à veiller et cheminer. En cette occasion, notre prêtre nous a invités à nous souvenir de telle ou telles personnes que nous avons pu rencontrer et qui nous a gratuitement fait preuve de compassion en des occasions pénibles et difficiles - car la miséricorde divine "brille au front de celles et ceux qui l'ont un jour reconnue...





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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Laissons la grâce œuvrer en nous

Message non lupar etienne lorant » mer. 25 oct. 2017, 16:35

Le mercredi de la 29e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,12-18.
Il ne faut donc pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs. Ne présentez pas au péché les membres de votre corps comme des armes au service de l’injustice; au contraire, présentez-vous à Dieu comme des vivants revenus d’entre les morts, présentez à Dieu vos membres comme des armes au service de la justice. Car le péché n’aura plus de pouvoir sur vous : en effet, vous n’êtes plus sujets de la Loi, vous êtes sujets de la grâce de Dieu. Alors ? Puisque nous ne sommes pas soumis à la Loi mais à la grâce, allons-nous commettre le péché? Pas du tout. Ne le savez-vous pas ? Celui à qui vous vous présentez comme esclaves pour lui obéir, c’est de celui-là, à qui vous obéissez, que vous êtes esclaves: soit du péché, qui mène à la mort, soit de l’obéissance à Dieu, qui mène à la justice. Mais rendons grâce à Dieu : vous qui étiez esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout votre cœur au modèle présenté par l’enseignement qui vous a été transmis. Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,39-48.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »


En entrant au couvent, sainte Faustine avait écrit dans son cahier: "A partir de ce moment, ma propre volonté n'existe plus".  Tout au début de la formation à la théologie de la miséricorde divine, cette simple note m'avait paru très exagérée: ne peut-on accomplir de bonnes choses par sa propre volonté ?  Mais la pratique d'un cahier personnel dans lequel nous devions noter nos "victoires" et nos "défaites" m'a très tôt conduit au tout premier combat qui s'imposait: renoncer au tabac. De tous les renoncements possibles, il n'y en n'avait pas un seul pour s’imposer à ma conscience avec une telle force. Le troisième jour fut le le plus pénible, mais aux alentours de
quinze heures, une joie immense m'a envahi. Cette joie, je crois que je n'en vivrai aucune autre semblable qu'en toute fin de vie, car j'ai saisi que la victoire ne dépendait pas de ma volonté propre mais, tout au contraire, d'un abandon de ma propre volonté. En effet, même notre meilleure volonté est entachée et pénétrée d'un appétit de jouissances... Pour cesser de fumer, il faut tout simplement renoncer à soi et accepter de supporter toutes sortes de peines diverses, un peu comme si nous étions ficelés de bas en haut et ne plus pouvoir autre chose que laisser le temps s'écouler... Ici: s'écouler le temps du sevrage.  On peut très bien se représenter que tel sera le purgatoire: il ne faut pas se rebeller contre une souffrance dont nous savons qu'elle nous conduira à une vie meilleure.

C'est bien ce que dit saint Paul : Ne présentez pas au péché les membres de votre corps comme des armes au service de l’injustice. Nos addictions sont sont telles qu'elles nous entraîne à la faute. Mais le remède est simple : s’abandonner humblement au "labeur" de la grâce en nous. Et cette grâce oeuvre en nous du début à la fin - il suffit de s'y abandonner - mais souvent l’âme résiste du fait des attachements charnels. Mais tout ce dont nous défaire de mauvaises habitudes nous est rendu en nombreuses "béatitudes".  Par l'oeuvre de la grâce en nous se prépare aussi l'entrée au repas des noces de l’Agneau!

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Oeuvres inaperçues mais véritables

Message non lupar etienne lorant » jeu. 26 oct. 2017, 15:44

Le jeudi de la 29e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,19-23.
J’emploie un langage humain, adapté à votre faiblesse. Vous aviez mis les membres de votre corps au service de l’impureté, ce qui mène au désordre; de la même manière, mettez-les à présent au service de la justice, ce qui mène à la sainteté. Quand vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres par rapport aux exigences de la justice. Qu’avez-vous récolté alors, à commettre des actes dont vous avez honte maintenant ? En effet, ces actes-là aboutissent à la mort. Mais maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus les esclaves de Dieu, vous récoltez ce qui mène à la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle. Car le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,49-53.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées: trois contre deux et deux contre trois;ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »



Il est tout à fait clair que le renoncement au péché par les convertis ne peut que provoquer une crise au sein de la société dans laquelle ils évoluent - quand bien même cette crise ne parait pas ouvertement. Cependant, dans l'histoire du christianisme, les persécutions n'ont jamais vraiment cessé. Le nombre de martyrs est comme l'arbre qui cache la forêt - en effet, l'oeuvre de la grâce dans notre pauvre humanité n'est pas mesurable et quantifiable. Elle procède de la foi, de l'espérance et de la charité.  On nous dira que l'aumône à un sans-abri ne modifie en rien ce problème de société ... si ce n'est que sans l'amour du prochain, sans la miséricorde pratiquée, c'est la violence qui régnerait partout. Ce matin, je me suis souvenu d'un de mes clients qui avait été hospitalisé à la suite d'une tentative de suicide.  Lui ne saura jamais qu'en réalité, j'allais rendre visite à un membre de ma famille ! Mais cette anecdote m'a convaincu qu'il faut bien  de mal pour faire tomber un homme  - mais aussi qu'il suffit parfois d'un sourire pour le relever.  Bien sûr, cela paraît insignifiant, entre l'apparent et le réel ....

C'est bien un grand bouleversement que le Christ est venu introduire dans nos sociétés - et jusque dans les familles. J'ai connu une jeune grand-mère qui dût patienter plus de cinq an,  avant de rencontrer ses petits-enfants.  Chaque année, son époux téléphonait à Noël pour demander quand ils pourraient de nouveau leur rendre visite à nouveau. Certes, ils auraient pu obtenir, par voie légale, des visites à périodes fixes, mais ils ont préféré la méthode de la prière...  Notre prêtre a rapporté que lui-même avait rencontré "quelques soucis" pour faire admettre à ses proches  qu'il avait renoncé à la médecine en faveur de la prêtrise. En matière de charité et de miséricorde, il n'y a pas de cas "insignifiants"...

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L'amour de Dieu vérifié par l'amour du prochain

Message non lupar etienne lorant » lun. 30 oct. 2017, 16:04

Le lundi de la 30e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,12-17.
Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n’est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair. Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir; mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez. En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des filsr; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire: Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,10-17.
En ce temps-là, Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Voici qu’il y avait là une femme, possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l’interpella et lui dit: « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »Et il lui imposa les mains. À l’instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu. Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Alors cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat? » À ces paroles de Jésus, tous ses adversaires furent remplis de honte, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu’il faisait.


L'argument sur lequel s'est appuyé le chef de la synagogue pour incriminer Jésus est tout à fait irrecevable. En effet, si un médecin devait laisser mourir ses malades du fait du repos du Sabbat, cela signifierait que le jour du repos pour l'homme est aussi le jour funeste où l'on doit abandonner toute personne, tout fidèle de la religion, à ses souffrances, quand bien même elle invoquerait Dieu dans sa miséricorde.  Si l'on accepte de tels arguments, on fait du Seigneur une idole de mort, qui frapperait ici et là sans aucune considération de personne, sans tenir compte de la qualité de sa vie, ni de la compassion qui anime naturellement un membre d'une société envers l'un quelconque de ses proches.

C'est ici que la Parole rejoint l'Esprit, c'est ici que saint Paul confirme qu'ayant reçu l'Esprit saint, nous devenons libres totalement pour le service de Dieu, qui est vérifié dans l'amour du prochain. En quoi se vérifie donc l'amour de Dieu, si ce n'est par l'amour du prochain. En effet, les deux principaux commandements sont liés l'un à l'autre, et la vérification de l'amour porté à Dieu, se vérifie par l'amour du prochain. Abandonner un malade à ses souffrances, l'abandonner dans sa maladie, voici des fautes graves, d'autant plus que Jésus a totalement assumé en lui-même toute la condition humaine.





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Heureux les miséricordieux

Message non lupar etienne lorant » lun. 06 nov. 2017, 19:02

Le lundi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 11,29-36.
Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde. Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a donné en premier et mériterait de recevoir en retour ? Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l’éternité ! Amen.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,12-14.  En ce temps-là, Jésus disait aussi à celui qui l’avait invitéà: « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour: cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

Ce fut une grande joie, ce matin, de revivre  par ces textes, ma propre découverte de la théologie de la Miséricorde divine. Cette théologie peut surprendre du fait qu'elle engage le lecteur à pratiquer concrètement, dans la vie de tous les jours, l'une ou l'autre bonnes œuvres envers autrui-et, ceci, sans chercher aucunement à se faire valoir. Au bout de quelque temps, cette pratique fait aussi apparaître la nécessité d'un  profond changement dans le cœur et l'esprit.

C'est bien ce que Jésus propose à son hôte: d'entrer dans la voie du don gratuit, lequel lui ouvrira les portes de la vie éternelle.

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar Anne » mar. 07 nov. 2017, 5:11

Heureuse que vous soyez de retour, cher Étienne! :)
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar etienne lorant » mar. 07 nov. 2017, 18:38

Le mardi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 12,5-16a.
De même, nous qui sommes plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ, et membres les uns des autres, chacun pour sa part. Et selon la grâce que Dieu nous a accordée, nous avons reçu des dons qui sont différents. Si c’est le don de prophétie, que ce soit à proportion du message confié; si c’est le don de servir, que l’on serve; si l’on est fait pour enseigner, que l’on enseigne; pour réconforter, que l’on réconforte. Celui qui donne, qu’il soit généreux; celui qui dirige, qu’il soit empressé; celui qui pratique la miséricorde, qu’il ait le sourire. Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne ralentissez pas votre élan, restez dans la ferveur de l’Esprit, servez le Seigneur, ayez la joie de l’espérance, tenez bon dans l’épreuve, soyez assidus à la prière. Partagez avec les fidèles qui sont dans le besoin, pratiquez l’hospitalité avec empressement. Bénissez ceux qui vous persécutent; souhaitez-leur du bien, et non pas du mal. Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. Soyez bien d’accord les uns avec les autres; n’ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne vous fiez pas à votre propre jugement.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,15-24.
En entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » Jésus lui dit: « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.” Mais ils se mirent tous, unanimement, à s’excuser. Le premier lui dit : “J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir; je t’en prie, excuse-moi.” Un autre dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer; je t’en prie, excuse-moi.” Un troisième dit : “Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne peux pas venir.” De retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Dépêche-toi d’aller sur les places et dans les rues de la ville ; les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici.” Le serviteur revint lui dire : “Maître, ce que tu as ordonné est exécuté, et il reste encore de la place.” Le maître dit alors au serviteur : “Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner.” »



Dans son épître, saint Paul exhorte ses lecteurs d'être toujours en veille et disposé à servir autrui au moindre appel selon les talents que chacune et chacun ont reçu de Dieu. Quelles sont donc les qualités à rechercher et développer pour le service de Dieu ? Toutes reposent sur l'attention apportée au prochain et aux moyens de le servir selon les talents reçus. Saint Paul en cite plusieurs de telle sorte que nul ne puisse dire être venu au monde sans aucun talent pour servir autrui ! En effet, si l'on peut se servir soi-même, on peut tout autant servir autrui. Qui sait calculer, qu'il assiste celui qui ne sait pas; qui sait lire et écrire, qu'il soit au service de ceux qui n'ont pas eu la chance d'apprendre; qui sait jouer d'un instrument de musique, qu'il mette gratuitement son art pour égayer les veillées; qui sait cuisiner, qu'il revigore d'un bon plat les enfants comme les adultes; qui a reçu un don pour distraire, qu'il rende le sourire à ceux qui l'ont perdus...etc.. Il n'est pas de talent qui soit supérieur aux autres, puisque le talent qui est commun à tous, c'est de manifester l'amour de Dieu, lequel ne fait miséricorde à toutes et à tous sans distinction.

Cette manière d'être sème la concorde, l'estime, la compréhension mutuelle, le respect, l'espérance, la joie et, en définitive : la reconnaissance de l'amour de Dieu, toujours à l'oeuvre dans notre quotidien quel qu'il soit.

Par contraste, les hommes et les femmes qui vivent d'ambitions toutes personnelles: quête d'argent, acquisitions diverse - et même, ce qui peut surprendre - le fait d'être jeune marié: car l'on a beau célébrer un grand amour, cet amour est d'abord et avant tout une grâce reçue de Dieu. Nous sommes toutes et tous appelés à servir Dieu présent dans le prochain. Pour continuer de mériter le beau nom de "fidèles", il nous faut demeurer dans l'attention pour autrui, dans la miséricorde concrètement pratiquée...



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Le renoncement qui fait jaillir la Joie

Message non lupar etienne lorant » mer. 08 nov. 2017, 12:35

Le mercredi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 13,8-10.
Frères, n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi. La Loi dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras pas.’ Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ L’amour ne fait rien de mal au prochain. Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,25-33.
En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus; il se retourna et leur dit:« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout? Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui “Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !”Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix. Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.»



Un jour ou l'autre, nous avons tous éprouvé pour une personne ou l'autre d'une "antipathie naturelle" Durant l'adolescence, au collège où m'avait placé mes parents, j'ai supporté d'autant plus d'antipathie que nous étions tous entre garçons et que mon propre père y enseignait les mathématiques, la biologie, la chimie et la physique... A l'exception des deux dernières années, j'ai dû subir non seulement des notes sévères. - "Pas de favoritisme!", peut-il justifier des notes toujours en-dessous de la Distinction ? Triste adolescence dans ce collège tenu par des Jésuites ! La dernière année, c'est avec rage que j'ai étudié, mais avec si peu de goût !

Je ne suis vraiment revenu de ces années de pénible adolescence que lors de mon temps "de service militaire" dans une caserne proche du barrage de la Mohnesee, à quelques kilomètres d'Arnsberg... Nous étions tous égaux, cette fois, de par le fait que tous avaient besoin des autres pour parvenir "intacts" à la "quille" ! ... Ces événements me sont revenus à l'esprit lors de l'homélie de ce jour, car je reconnais dans ce passage de l’Évangile où Jésus déclare:
«celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple

Certes, ce que j'écris aujourd'hui est très loin de l'homélie de notre prêtre si ce mon renoncement, lors de mon expérience de conversion, en août 1985, durant laquelle j'ai "vu" que Jésus répétait pour moi-même, le don de sa vie sur la croix. Il semblait m'avoir parler au cœur comme pour dire: "Aujourd'hui, c'est pour toi que je donne ma vie ! Demeure dans ma Joie !" De sorte que le renoncement à soi cesse d'être comme une peine acceptée, mais comme une fontaine de la Joie qui peut rejaillir pour tous...



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