Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Fête du baptême de Notre Seigneur

Message non lupar etienne lorant » lun. 09 janv. 2017, 18:42

Livre d'Isaïe 42,1-4.6-7.
Ainsi parle le Seigneur : «Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois.»« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations: tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

Psaume 29(28),1-2.3ac-4.3b.9c-10.
La voix du Seigneur domine les eaux,
le Seigneur domine la masse des eaux.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3,13-17.
Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait: « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Cy Aelf, Paris

Pour les juifs, l'eau est, comme pour nous, un bien indispensable à la vie, mais aussi: un élément incontrôlable. Nul ne peut se passer d'eau, puisque notre organisme a besoin de la renouveler constamment - certains seraient étonnés de d'apprendre que nous sommes constitués à 90 pour cent par de l'eau ! C'est la raison pour laquelle les hommes qui s'imaginent pouvoir s'immoler par le feu ... n'ont pas choisi le moyen le plus rapide !

En Israël, du temps de Jésus, tous se souviennent que le peuple est sorti Égypte en traversant la mer à pieds secs,tandis que les chars de pharaon y furent engloutis. Mais ils se souviennent également du déluge, car cette eau, indispensable à la vie, peut se muer d'un instant à l'autre en puissance dévastatrice. Indispensable mais potentiellement dangereuse, l'eau est donc un élément ambivalent : indispensable à la vie courante, il peut, tout comme le feu, devenir un destructeur aveugle et sans pitié.

Cette ambivalence est bien présente au Jourdain, là où Jean baptise : le Jourdain, lui aussi peut se montrer capricieux. Dans ce contexte, que peut signifier la parole de Jésus adressée à Jean - lequel proteste : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi !" Car, bien sûr, il ne peut s'imaginer qu'à cet instant le Seigneur va prendre sur Lui tous les péchés que les autres y ont laissés ! Tel est le mystère du baptême de Jésus - qui le conduira, tout à la fin, à la tentation finale au Jardin des Oliviers...


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Jésus oeuvre toujours dans le secret des coeurs

Message non lupar etienne lorant » mer. 11 janv. 2017, 17:46

Le mercredi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 2,14-18.
Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition: ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,29-39.
En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche.» Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L’Évangile de ce jour nous montre Jésus à l’œuvre, une œuvre qu'il poursuit sans fin parmi les hommes afin de les délivrer de tout mal. Non pas seulement le mal qui atteint les corps mais aussi ceux qui touchent le cœur et l'âme. Et cette œuvre de salut, d'abord destinée à la descendance d'Abraham s'est étendue à tous les hommes, de toutes les générations.

Je voudrais rapporter ici la petite œuvre accomplie par un ami, lorsqu'il s'est efforcé - avec succès - de convaincre les parents d'une jeune fille de la laisser suivre une année de formation d’institutrice, alors même qu'on l'avait destinée à un travail à la chaîne dans l'usine où son père était contremaître. Je ne saurais dire comment cet ami s'y est pris, mais c'est un fait que cette jeune fille a très bien réussi dans ce nouveau travail.

Cette histoire n'est peut-être qu'anecdotique, mais c'est, tout simplement, du fait qu'il n'existe pas de journaux pour publier de bonnes nouvelles - tandis que les mauvaises nouvelles demeurent les plus répandues. N'est-ce pas du fait que le bien, au contraire du mal, ne fait jamais de publicité ?

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Guérison d'un lépreux

Message non lupar etienne lorant » jeu. 12 janv. 2017, 18:01

Le jeudi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 3,7-14.
Frères, veillez à ce que personne d’entre vous n’ait un cœur mauvais que le manque de foi sépare du Dieu vivant. Au contraire, encouragez-vous les uns les autres jour après jour, aussi longtemps que retentit l’« aujourd’hui » de ce psaume, afin que personne parmi vous ne s’endurcisse en se laissant tromper par le péché. Car nous sommes devenus les compagnons du Christ, si du moins nous maintenons fermement, jusqu'à la fin, notre engagement premier.

Psaume 95(94),6-7abc.7d-9.10-11.
Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m'ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,40-45.
En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié.» À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi: cela sera pour les gens un témoignage.» Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui
.

La désobéissance du peuple d'Israël leur aura valu d'errer quarante ans dans le désert, de se donner des rois afin d'être "comme les autres peuples", de mener des guerres sanguinaires, de voir leur temple détruit, de connaître l'exil à Babylone... et toutes ces mésaventures leur sont survenues du fait d'avoir voulu "humaniser" Dieu et lui rendre un culte du "donnant-donnant"...

Et lorsque Jésus paraît toutes ses actions sont examinées sous le même mode. Dans l’Évangile de ce jour, c'est d'ailleurs Jésus qui ordonne au lépreux de se conformer aux règles prescrites dans un tel cas. Mais tout en lui conseillant d'agir selon les règles établies, Jésus sait très bien que l'homme guéri, dans sa joie, ira se montrera à d'abord au membres de sa famille - quelle extraordinaire surprise !

Jésus savait très bien que, dans sa joie, l'homme irait courir de maison en maison pour témoigner de Jésus et de sa guérison. Et en définitive, ce sont les règles instituées qui devront céder le pas à une religion déchargée du fardeau de multiples règles qui contredisent la joie et le bonheur d'une foi d'abandon total dans le Seigneur.

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Vivre sa foi concrètement

Message non lupar etienne lorant » ven. 13 janv. 2017, 17:54

Le vendredi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 4,1-5.11.
Frères, craignons, tant que demeure la promesse d’entrer dans le repos de Dieu, craignons que l’un d’entre vous n’arrive, en quelque sorte, trop tard. Certes, nous avons reçu une Bonne Nouvelle, comme ces gens-là; cependant, la parole entendue ne leur servit à rien, parce qu’elle ne fut pas accueillie avec foi par ses auditeurs. Mais nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos dont il est dit : ‘Dans ma colère, j’en ai fait le serment : On verra bien s’ils entreront dans mon repos !’

Psaume 78(77),3.4cd.6ab.7bc.8.
Qu'ils ne soient pas, comme leurs pères,
une génération indocile et rebelle,
génération de cœurs inconstants
et d'esprits infidèles à Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,1-12.
Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés.»  Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes: « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?  Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche”?  Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison.» Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »



Les textes de la liturgie de ce jour parlent tous de la même voix pour nous prévenir contre le danger, toujours présent,  d'une conversion qui ne serait pas suivie concrètement d'une mise en œuvre concrète. Dans la guérison du paralytique, le plus important aux yeux du Seigneur, ce n'est pas la guérison du corps, mais celle de l'âme.

Ce qui signifie, pour chacune et chacun d'entre nous, qu'il serait nettement préférable de vivre la condition de l'homme totalement paralysé - plutôt que d'être en bonne santé, mais de vivre en suivant tout ce que le monde nous propose en matière de plaisirs, de jouissances immodérées, de quête d'argent, de domination sur autrui, de distractions vaines, et combien d'autres choses encore...

Il serait très facile - y compris pour le converti que je suis - de relâcher sa vigilance et de considérer, le grand âge approchant, qu'il en a déjà fait assez.  En vérité, ce serait une grotesque erreur de relâcher l'attention aux plus faibles et envers celles et ceux qui n'ayant jamais connu le message de l’Évangile, ont besoin d'un témoignage concret d'une charité et d'une miséricorde effectivement et librement  pratiquées.

Notre époque est tout à fait propice au témoignage et de la pratique, non pas seulement à l'église mais aussi dans le quotidien de l'existence. Il nous faut, à la sortie de la messe, pratiquer effectivement la charité et la miséricorde envers le prochain.  Un homme comme moi, converti dans une vision, est tout autant exposé qu'un autre - du fait des crises en cours, au repliement sur lui-même. C'est une tentation qui ne peut se vaincre que par la charité effectivement pratiquée...

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Les choix du Seigneur débordent toujous les nôtres

Message non lupar etienne lorant » sam. 14 janv. 2017, 19:26

Le samedi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 4,12-16.
Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard; nous aurons à lui rendre des comptes. En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,13-17.
En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »



Ce samedi, en écoutant les lectures, oui, je me suis senti comme faisant partie du nombre des publicains et des pécheurs, tant je manque de rigueur à vivre concrètement ma foi. Or, je me souviens très bien que j'étais autrefois prêt à toutes sortes de gestes de charité et de miséricorde. Ce fut une époque où tombé ivre de l'amour de Jésus, je me livrais aux autres pour les assister du mieux que je pouvais. Cela ne procédait pas d'une évaluation, d'un calcul de ce qu'il était possible de faire en se fondant sur la raison.

Tout procédait d'une inspiration intérieure, à laquelle je pouvais adhérer ou non. Aussi longtemps que j'ai pu faire abstraction des règles courantes, j'étais pénétré d'une Joie très profonde, laquelle me semblait aussi comme un "puits d'énergie".

Ce temps-là est passé depuis longtemps, car je suis devenu ensuite un "chrétien raisonnable" ...mais il me reste quelques signes de vraie charité qui me sont inspirés ici et là.

Ainsi, l'an dernier,au printemps, je cherchais un jardinier pour débroussailler mon jardin. J'avais constaté des professionnels dans l'annuaire, mais sans succès. Et puis, un matin, j'ai croisé un homme qui semblait attendre sur un trottoir; j'ai lié conversation et au bout de quelques minutes à peine, j'ai appris qu'il avait été jardinier. C'est lui donc cet homme qui a retiré les pousses indésirables du printemps dernier de celles qui avaient autrefois été choisies par ma mère. Et tout s'est très bien passé, mais le dernier jour, il m'a confié qu'il avait perdu cet emploi depuis longtemps : il était "SDF", séparé de sa femme et de sa fille !

L’expérience passée, le travail achevé, je me suis souvenu
des élans de joie d'autrefois. Le lien que je puis tirer entre cette expérience et le choix par Jésus d'apôtres de toutes origines, ceci manifeste que le Seigneur est toujours à l’œuvre parmi nous, sans faire distinction des personnes.


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La foi suscite les oeuvres

Message non lupar etienne lorant » lun. 16 janv. 2017, 19:19

Le lundi de la 2e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 5,1-10.
Tout grand prêtre est pris parmi les hommes; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse; et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple. On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron. Il en est bien ainsi pour le Christ: il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit: ‘Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t’ai engendré,’car il lui dit aussi dans un autre psaume : ‘Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.’ Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel, car Dieu l’a proclamé grand prêtre de l’ordre de Melkisédek.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,18-22.
En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus: « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ?» Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront.
Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves
. »



A vin nouveau, outre neuve : remarquable image de la supériorité de la mise en ouvre concrète de l’Évangile sur les pratiques rituelles ! Les règles préétablies ont leur valeurs, il faut donc les respecter. Mais au-delà ? Heureux les fidèles qui assimilent les leçons de l'amour divin et trouvent leur mise en œuvre en toutes sortes de situations particulières !

Ainsi, celui qui fait le bien se sentira poussé à vivre mieux encore. C'est par un perpétuel entraînement de la grâce que les hommes et les femmes deviennent des saints ... En effet, quiconque a goutté de cette sorte d'envahissement de la Joie ... accomplira des actes d'autres actes de miséricorde en n'éprouvant aucune gêne à se dépouiller puisque la Joie du Seigneur dépasse tous les biens.

Cet Évangile est véritablement une incitation non pas à supporter les règles de la charité et de la miséricorde, mais à les dépasser encore, dans le quotidien, par l'adhésion du cœur. Quiconque à goûté à là cette adhésion spirituelle se trouvera capable de plus grandes œuvres encore.

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Trinité » Hier, 13:26

L'évangile du jour: André Sève ;
Commentaires.

Quand mettons nous Jésus en colère?


"Il promena sur eux un regard de colère"
Jésus voulait entamer un débat,mais il se heurte à des hommes emmurés dans le refus.Chaque vois que j'entends ce texte j'oublie la scène,les discussions sur le sabbat,l'alliance venimeuse des pharisiens avec les hérodiens.Je ne vois qu'une chose:le regard de colère de Jésus.
Il est venu pour être inconditionnellement bon,pour nous apprendre à être bon,et des êtres arrivent à faire de lui un homme envahi par la colère.
J'ai besoin de savoir pourquoi.Il n'a pas regardé la sammaritaine avec colère,ni la femme adultère,ni même Judas.Contre quoi se fâchait-'il?
Contre l'argent qui évacue la confiance en Dieu,contre l'hypocrisie,contre ceux qui arrivent à pervertir la religion en fardeau.Et surtout contre ceux qui se blindent devant la primauté de l'amour fraternel,comme ces épieurs de la synagogue.
Quand mettons nous Jésus en colère? Aller confesser des péchés de gourmandise,et de coquetterie,ce n'est pas très sérieux!Pendant qu'on s'attarde dans des futilités,on évite d'aller jusqu'aux enjeux véritables sur lesquels Jésus revenait souvent : ne pas gâcher sa vie.Ne pas perdre son âme.

J'ai acheté ce livre d'André Sève sur les commentaires des évangiles du jour.Très intéressant .

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Trinité » Aujourd’hui, 0:54

Dans ce texte,cette phrase demande réflexions!
Cette réflexion ,je me la fait souvent sur ce forum!

"contre ceux qui arrivent à pervertir la religion en fardeau."


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