Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Ces paroles ne passeront pas

Message non lupar etienne lorant » ven. 25 nov. 2016, 11:57

Le vendredi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 20,1-4.11-15.21,1-2.
Moi, Jean, j’ai vu un ange qui descendait du ciel; il tenait à la main la clé de l’abîme et une énorme chaîne. Il s’empara du Dragon, le serpent des origines, qui est le Diable, le Satan, et il l’enchaîna pour une durée de mille ans. Il le précipita dans l’abîme, qu’il referma sur lui; puis il mit les scellés pour que le Dragon n’égare plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans arrivent à leur terme. Après cela, il faut qu’il soit relâché pour un peu de temps. Puis j’ai vu des trônes : à ceux qui vinrent y siéger fut donné le pouvoir de juger. Et j’ai vu les âmes de ceux qui ont été décapités à cause du témoignage pour Jésus, et à cause de la parole de Dieu, eux qui ne se sont prosternés devant la Bête et son image, et qui n’ont pas reçu sa marque sur le front ou sur la main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Puis j’ai vu un grand trône blanc et celui qui siégeait sur ce trône. Devant sa face, le ciel et la terre s’enfuirent : nulle place pour eux ! J’ai vu aussi les morts, les grands et les petits, debout devant le Trône. On ouvrit des livres, puis un autre encore : le livre de la vie. D’après ce qui était écrit dans les livres, les morts furent jugés selon leurs actes. La mer rendit les morts qu’elle retenait ; la Mort et le séjour des morts rendirent aussi ceux qu’ils retenaient, et ils furent jugés, chacun selon ses actes. iPuis la Mort et le séjour des morts furent précipités dans l’étang de feu – l’étang de feu, c’est la seconde mort. Et si quelqu’un ne se trouvait pas inscrit dans le livre de la vie, il était précipité dans l’étang de feu. Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,29-33.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole:« Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.



© AELF, Paris

La génération qui ne passera pas sans que tout arrive, c'est bien sûr celle du christianisme. Notre prêtre nous a fait remarquer que l'image choisie pour désigner l'enfer, c'est encore un élément liquide - ici : l'étang de feu. Depuis le commencement, en remontant jusqu'à Moïse et la traversée de la mer à pieds secs, il y a dans l'histoire sainte une opposition fondamentale entre la terre et l'eau.

La terre représente l'enseignement solide sur lequel les fidèles doivent s'appuyer : c'est la foi, mûrie par les épreuves. Lorsque Jésus, après avoir prêché dans la montagne, rejoint ses disciples sur la mer de Galilée, il le fait en marchant sur l'élément liquide qu'il surpasse entièrement; mais Pierre lui-même ne peut s'y aventurer sans risquer d'être englouti par elle. De sorte que l'on peut dire: ce que l'on a retenu de l'enseignement donné en plein jour et sur la hauteur, est vérifié par les moments de "nuits de l'âme" que tous les saints ont dû traverser tôt ou tard. Tout à la fin, "de mer, il n'y en a plus".

De sorte que tous ces textes, qui semblent écrits pour semer la crainte, ne l'ont été finalement que pour engager tous les fidèles à mener le grand combat dans le domaine de la foi. "Soyons donc courageux, ne reculons pas des œuvres qui semblent dépasser nos forces - car ce ne sont pas nos capacités qui seront évaluées, mais notre foi. Celles et ceux qui atteignent la foi de "confiance absolue" ne redoutent plus rien: par leur invincible espérance, ils habitent déjà dans le "monde-à-venir".

Belle, forte et rassurante homélie entendue ce matin.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Message non lupar etienne lorant » sam. 26 nov. 2016, 11:34

Le samedi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 22,1-7.
Moi, Jean, l’ange me montra l’eau de la vie: un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place de la ville, entre les deux bras du fleuve, il y a un arbre de vie qui donne des fruits douze fois : chaque mois il produit son fruit ; et les feuilles de cet arbre sont un remède pour les nations. Toute malédiction aura disparu. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville, et les serviteurs de Dieu lui rendront un culte; ils verront sa face, et son nom sera sur leur front. La nuit aura disparu, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; ils régneront pour les siècles des siècles. Puis l’ange me dit : « Ces paroles sont dignes de foi et vraies : le Seigneur, le Dieu qui inspire les prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit bientôt advenir. Voici que je viens sans tarder. Heureux celui qui garde les paroles de ce livre de prophétie. »




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,34-36.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »


© AELF, Paris

Les beuveries, l'ivresse et les soucis de la vie sont mis sur le même pied par Jésus. On pourrait croire que les hommes soucieux sont plus proches du Seigneur que ceux qui cultivent les plaisirs, mais il n'en est rien: si les soucis sont devant Dieu comme l'ivresse, c'est du fait qu'ils éloignent l'homme de la vraie foi.

L'attitude qui convient le mieux, c'est la prière en tout temps. Le travail peut devenir prière et offrande, tout autant que le repos qui renouvelle les forces. C'est un équilibre à rechercher dans toutes les circonstances de la vie. Il faut pouvoir, en prière, tournés vers le Seigneur, pouvoir présenter au Seigneur nos joies comme nos chagrins.

Cette attitude d'équilibre de la prière est un chemin sûr : nos joies doivent être offertes et présentées au Seigneur de la même façon dans la prière: avec confiance.

Il s'agit bel et bien d'un exercice de détachement continuel du matériel vers le spirituel. Avec l'âge, quelques-uns atteignent ainsi un détachement certain à l'égard de tous les évènements qui surviennent; ils ne sont jamais pris à l'improviste, car ils ne sont plus sujets de la terre, car leurs sont tournés vers le Seigneur en tout temps.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Fête de saint André, Apôtre

Message non lupar etienne lorant » mer. 30 nov. 2016, 17:03

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 10,9-18.
Frère, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut.
En effet, l’Écriture dit : ‘Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte’. Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence: tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui ’invoquent.
En effet, ‘quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé’. Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? Comment proclamer sans être envoyé ? Il est écrit : ‘Comme ils sont beaux, les pas des messagers qui annoncent les bonnes nouvelles!’ Et pourtant, tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Isaïe demande en effet: ‘Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler ?’ Or la foi naît de ce que l’on entend; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ. Alors, je pose la question: n’aurait-on pas entendu ? Mais si, bien sûr ! Un psaume le dit : ‘Sur toute la terre se répand leur message, et leurs paroles, jusqu’aux limites du monde’.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4,18-22.
En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.

Cy Aelf, Paris

Le lien a établir entre ces deux textes de la liturgie du jour, c'est bien que la Parole annoncée est plus efficace dans le cœur de l'homme que toutes les autres paroles. La parole de Jésus est plus forte pour les âmes que tout autre discours, car elle touche, directement, en profondeur le cœur de l'homme.

Ainsi, lorsque Jésus appelle un homme à le suivre, il ne s'adresse pas seulement à sa compréhension, à sa raison et son à intelligence - ce que font les hommes politiques - mais Il le révèle à lui-même et lui manifeste sa miséricorde. "La Parole est bien comme la plus infime semence jetée en terre, mais dont elle tirera toutes sortes de fruits dans la grâce".

André, le frère de Pierre, a donc été appelé de la même manière que tous les autres - et comme nous le sommes nous nous même. L'appel par Jésus constitue en outre une délivrance des questions existentielles.

Puissions-nous dire aussi :
"Qui suis-je ?" Je suis celui que le Seigneur a choisi et mis à part afin que je Le suive."

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Primauté de la miséricorde sur la justice

Message non lupar etienne lorant » jeu. 13 juil. 2017, 10:29

Livre de la Genèse 44,18-21.23b-29.45,1-5.
“Vous savez bien que ma femme Rachel ne m’a donné que deux fils. Le premier a disparu. Sûrement, une bête féroce l’aura mis en pièces, et je ne l’ai jamais revu. Si vous emmenez encore celui-ci loin de moi et qu’il lui arrive malheur, vous ferez descendre misérablement mes cheveux blancs au séjour des morts.”
Joseph ne put se contenir devant tous les gens de sa suite, et il s’écria : « Faites sortir tout le monde. » Quand il n’y eut plus personne auprès de lui, il se fit reconnaître de ses frères. Il pleura si fort que les Égyptiens l’entendirent, et même la maison de Pharaon. Il dit à ses frères : « Je suis Joseph ! Est-ce que mon père vit encore ? » Mais ses frères étaient incapables de lui répondre, tant ils étaient bouleversés de se trouver en face de lui. Alors Joseph dit à ses frères : « Approchez-vous de moi ». Ils s’approchèrent, et il leur dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour qu’il soit emmené en Égypte. Mais maintenant ne vous affligez pas, et ne soyez pas tourmentés de m’avoir vendu, car c’est pour vous conserver la vie que Dieu m’a envoyé ici avant vous. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. » Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »



Cy Aelf, Paris
Le récit des retrouvailles de Joseph et de ses frères, au chevet de leur père qui achèvera sa vie dans le très grand bonheur d'avoir retrouvé tous ses fils, voici de qui nous indique clairement de quelle nature est la mission des premiers apôtres : faire connaître que la justice de Dieu, c'est, d'abord:  la miséricorde.

Ce concept est difficilement reconnu par la multitude des hommes, qui conçoivent que chacun doit répondre de ses actes et subir un juste châtiment pour ses fautes. Il en est toujours ainsi. Cependant, cette justice se révèle incapable de changer le cœur des hommes. La sanction, quelle qu'elle soit, rendra-t-elle plus doux le cœur d'un condamné ?  Et les victimes ?  Quiconque a perdu un être cher - par exemple dans un accident de roulage - est-il pleinement consolé par le retrait  de permis définitif assorti d'une forte amande ?  Certes non.

Mais il ne s'agit pas non plus, à l'inverse, d'enseigner aux hommes que c'est la fatalité qui domine en toutes circonstances ?  Les Grecs en avaient tiré une fatalité incontournable :  les dieux de l'Olympe se jouaient des hommes et leur infligeant des malheurs ... comme pour voir comment  ils se comporteraient...

La seule résolution possible des conflits et des dilemmes  apparemment apparemment insoluble réside dans les vertus théologale de foi, d'espérance et de charité.  C'est bien à cause de sa foi que Joseph, devenu conseiller à la cour de Pharaon, n'a pas usé de son pourvoir pour se venger de ses frères - qui l'avaient vendu en esclave; c'est par miséricorde également , dans le passage d'aujourd'hui, que Joseph peut se réjouir véritablement de la mésaventure qui l'a conduit à rétablir la pleine entente dans sa famille.

Tel fut Joseph, tel doit être le disciple et l'apôtre du Seigneur:  la justice ne lui appartient pas - c'est la miséricorde qu'il doit manifester et pratiquer.


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