Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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A chacun selon sa foi

Message non lupar etienne lorant » lun. 10 avr. 2017, 10:31

Le lundi saint

Livre d'Isaïe 42,1-7.
Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12,1-11.
Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Cy Aelf, Paris
Avant d'entrer dans la Passion, cette scène nous offre comme une pause dans la tension qui s'accroît à l'encontre de Jésus.  Pour ma part, je l'avoue, je n'ai guère écouté la brève homélie de notre prêtre, car j'endure un "coup de dépression" lié à un problème de fiscalité (qui se résoudra d'une manière ou d'une autre), mais aussi et surtout: à la mise vente par le propriétaire de la boutique où j'exerce mon activité depuis la fin des années 90...

Du fait de ces préoccupations, il m'est apparu qu'à Béthanie, chaque participant de la scène se retrouve confronté à lui-même, comme le sont les personnages d'un drame à la manière antique : chacun se retrouve dans un rôle tout personnel qu'il doit assumer tant bien que mal. D'un côté, il y a le geste de pur amour de Marie, de l'autre la veulerie de Judas - qui songe au moyen de se "retirer des affaires" après un dernier "bon coup" !

Il m'est donc venu à l'esprit cette question que je me pose  - que je propose à  celles et ceux qui me  liront :  où en suis-je de ma démarche de foi ?

(Inutile de tomber en dépression pour autant !)

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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La conversion - une seconde naissance

Message non lupar etienne lorant » lun. 24 avr. 2017, 10:39

Le lundi de la 2e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 4,23-31.
En ces jours-là, lorsque Pierre et Jean eurent été relâchés, ils se rendirent auprès des leurs et rapportèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit. Après avoir écouté, tous, d’un même cœur, élevèrent leur voix vers Dieu en disant: «Maître, toi, tu as fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qu’ils renferment. Par l’Esprit Saint, tu as mis dans la bouche de notre père David, ton serviteur, les paroles que voici: ‘Pourquoi ce tumulte des nations, ce vain murmure des peuples? Les rois de la terre se sont dressés, les chefs se sont ligués contre le Seigneur et  son Christ?’ Et c’est vrai : dans cette ville, Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et le peuple d’Israël, se sont ligués contre Jésus, ton Saint, ton Serviteur, le Christ à qui tu as donné l’onction; ils ont fait tout ce que tu avais décidé d’avance dans ta puissance et selon ton dessein. Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces: donne à ceux qui te servent de dire ta parole avec une totale assurance. Étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur.» Quand ils eurent fini de prier, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec assurance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,1-8.
Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : «Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui.» Jésus lui répondit: «Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu.»  Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître?» Jésus répondit: « Amen, amen, je te le dis: personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le oyaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »

© AELF, Paris


Comme est malheureuse, comme elle funeste l'attitude d'incrédulité !  Comme il est pénible d'entendre un Nicodème s'empêtrer dans une logique binaire, seulement digne du calcul mental ?  N'est-il donc pas capable de considérer qu'un homme qui ouvre son cœur à l'amour, est autre que celui qui se confine dans des raisonnements ?

Si l'on en reste à la logique, la naissance d'un homme devrait être un drame, puisque l'homme doit mourir un jour.  Dire cela ou dire: "Un homme peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître?», c'est d'un épouvantable fatalisme... Exactement ce dont le Seigneur est venu nous libérer.

Mais naître de nouveau, c'est tout simplement se convertir. Ici, je dois m'éloigner de l'homélie de ce matin pour évoquer encore le bouleversement de ma propre conversion. Jusqu'au troisième dimanche d'août 1985, je fus un homme voué à la réussite mais qui avait compris ceci: ni l'argent, ni le pouvoir, ni la renommée, ni les amours ne sauraient combler le cœur et lui donner accès à un bonheur véritable.

Ayant admis dans cela, écrasé par la certitude du malheur, j'ai regardé vers le crucifix de ma communion solennelle et je suis tombé à genoux au pied de mon lit: je voyais un homme parfaitement pur et bon qui était en train de mourir pour que je cesse d'être malheureux. Et il en fut ainsi. Plus de trente ans ont passé sans que cet événement  cesse d'animer mon être. Ni la maladie, ni les décès, ni les soucis, ni le célibat, ni les vexations de la part de certains religieux, rien n'a pu entamer la joie fondamentale qui envahit l'être de quiconque a reconnu l'amour pur et sans limite qui procède de Jésus-Christ...

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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