Neuvaines pour la France et méditations

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
Règles du forum
Forum de partage de méditations chrétiennes
jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Méditation dans le cadre neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » sam. 01 août 2015, 9:55

http://www.laneuvaine.fr/meditation-de- ... ur-lebrun/
Méditation de Monseigneur Lebrun

Posté le 23 juillet 2015 — 19 commentaires ↓
Vendredi

« Il n’y a pas de dimanche sans vendredi », écrivait avec bon sens le cardinal G. Daneels, il y a quelques années. Chaque semaine, nous essayons de nous souvenir de ce jour où Jésus a donné sa vie pour ses amis, pour le monde et donc pour la France, dans la joie profonde de son union au Père : c’est le vendredi !


Monseigneur Lebrun
Y a-t-il, pour le chrétien, un vrai dimanche sans vendredi ? Comment vivons-nous le vendredi ? Comme la fin de la semaine, pour ceux qui travaillent ? Comme un jour ordinaire pour ceux qui sont en vacances ? Comme le jour de la neuvaine ? Dans un texte toujours en vigueur[1], les évêques de France ont demandé de « marquer les vendredis de l’année par des œuvres de pénitence (privation de friandises, tabac, loisirs), des attitudes de charité fraternelles (dons pris sur les privations, pardons, etc.) ; des actes de piété (messe, prière, visite au Saint-Sacrement), suivant des choix personnels, familiaux, communautaires … ».
La neuvaine pour la France est entrée dans son dernier mois. N’est-ce pas une occasion providentielle pour revisiter notre manière chrétienne de vivre chaque semaine, et chaque jour de la semaine ? Le dimanche est-il vraiment le jour du Ressuscité ? Le jour où notre cœur se remplit de la joie de la victoire définitive de Jésus sur la mort et sur tout mal ? Est-ce possible de le vivre ainsi, si je n’ai pas pris au sérieux le vendredi !

Heureusement, il y a le samedi ! Jour de rencontre plus intime avec la Vierge Marie. L’Eglise a pris l’habitude de favoriser la prière à la mère de Jésus, mère de Dieu, le samedi, veille du dimanche. Elle nous introduit dans l’espérance du Jour de Dieu. Elle est l’aurore du salut, la première en chemin, chantons-nous parfois. Avec tendresse, elle me fait passer du vendredi au dimanche, un vendredi sans doute pas à la hauteur de l’amour du cœur de Jésus, au dimanche qu’elle ne veut surtout pas que nous manquions !

Faut-il se lamenter que notre pays perde ses repères dans le calendrier commun toujours plus éclectique, ou sécularisé ? Avec humilité, reprenons le chemin indiqué par les évêques de France pour le vendredi. Essayons de le vivre dans la joie de l’Evangile, plus que dans la lamentation qui risque de nous faire revenir au temps du bouc émissaire, le temps de l’ancien testament, avant la venue de la Vierge Marie !

Haut les cœurs ! S’il n’y a pas de dimanche sans vendredi, il n’y a pas, pour les disciples de Jésus, de vendredi sans dimanche. Notre pays vit un temps d’épreuve, il s’approche donc d’un vrai dimanche ! Prions de tout cœur en sachant que nous sommes déjà exaucés !

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Méditation dans le cadre neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » sam. 01 août 2015, 9:58

http://www.laneuvaine.fr/meditation-du- ... menthiere/
Méditation du Père Guillaume de Menthière

Posté le 30 juillet 2015 — 16 commentaires ↓
Sœur Joséphine (2014) et le Grand Charles


Père Guillaume de Menthières
Et pourtant c’est bien vrai que Dieu est grand ! Mais pas comme ils le pensent, pas comme ils le croient, pas comme ils osent prétendre en témoigner. La petite sœur Joséphine nous l’avait dit un jour tandis que le muezzin hurlait, assommant de décibels le ciel de Nazareth. « Ils ne peuvent pas comprendre, avait murmuré la vieille clarisse en hochant la tête, pensez-donc, Dieu bébé ! Ils ne peuvent pas comprendre ». Le contraste était saisissant pour les pèlerins que nous étions entre la voix douce, mâtinée d’un délicieux accent libanais, et les haut-parleurs, cracheurs de Coran. En arrière-fond Joséphine nous faisait imaginer le tout petit village qu’elle avait connu autrefois, quand en 1936, elle était arrivée à l’âge de 20 ans, jeune novice au couvent de Nazareth. Depuis le temps de la Sainte Famille, le hameau n’avait guère changé. En venant, près de 2000 ans après Jésus, s’enfouir dans ce trou, Joséphine avait pu ressentir dans sa chair ce qu’était la vraie « grandeur de Dieu ». Celle de la Parole qui se fait silence, de la Puissance qui se rend vulnérable, de la Lumière qui se tamise… « Vivre obscur quand il ne tient qu’à soi de resplendir, voilà ce qui est proprement divin. » dit un héros de Montherlant.
Pourquoi donc me revient le souvenir d’une sœur libanaise vivant en Israël et décédée il y a tout juste un an quand je pense à la France ? Sans doute parce qu’elle avait une façon inimitable de faire entendre aux pèlerins français que nous étions la mission particulière de notre pays. Personne ne témoignait mieux qu’elle de la vocation spécifique de sainteté dévolue à la France. Elle évoquait le roi saint Louis, pèlerin de Nazareth, à qui le pape Grégoire IX avait écrit en 1239 : « Dans l’ancienne Loi Juda avait la préséance sur les autres tribus, ainsi le Royaume de France a été placé par Dieu au-dessus de tous les peuples(…) Le Seigneur choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique ».

Sœur Joséphine pensait cela et elle le disait. Elle souscrivait sans sourciller à cet oracle du Grand Charles : « La France est une certaine donnée spirituelle de l’histoire ou elle n’est rien ». Pourtant le Grand Charles, pour elle, ce n’était pas le Général de Gaulle. C’était l’ancien jardinier du couvent des clarisses, ce petit homme arrivé là en 1897 pour vivre l’enfouissement évangélique et la spiritualité de l’Incarnation. Dans un dépouillement extrême il était déjà Charles de Jésus, radicalement donné au Christ.

Je revois Sœur Joséphine exhibant devant nous deux photos de Charles de Foucauld et nous disant avec insistance : « il est venu chez nous mais il est des vôtres ! Ne l’oubliez pas, il est homme de France, il est des vôtres ! »

Lequel des deux était des nôtres ? Car les deux portraits étaient si contrastés qu’on se demandait s’il pouvait bien s’agir du même homme. Quelle différence entre cet officier replet au regard terne et ce moine efflanqué aux yeux de braise ! A peine quelques années entre ces deux photographies. Charles n’était plus le même. C’était lui, encore, mais ce n’était déjà plus lui. C’était, comme dit l’Apôtre, le Christ vivant en lui. De même que les disciples après Pâques avaient eu bien du mal à reconnaître Jésus, il semblait qu’il y ait eu pour Charles une sorte de Résurrection, une métamorphose. Il était sorti du confessionnal de l’abbé Huvelin comme on sort du tombeau, vivant, tout à coup !

Il y a tant dans la vie du Bienheureux Charles de Foucauld ! Toutes les dimensions problématiques de la France actuelle semblent déjà présentes dans le parcours de cet officier jouisseur et mécréant devenu le frère universel. Consumérisme, guerres, corruption, dette, libertinage, colonies, indiscipline, mécréance, immigration, Islam, anti-cléricalisme …. C’était à cette époque de « bagne matérialiste », si bien décrite par Paul Claudel, où « tout ce qui avait nom dans l’art, les sciences et la culture était irréligieux ».

Le Père de Foucauld est mort assassiné. Par des terroristes, dirait-on aujourd’hui. C’était dans son ermitage du Sahara, au temps de la France de Dunkerque à Tamanrasset…Lors de sa béatification, en 2005, des Touaregs étaient présents à Rome autour du pape Benoît XVI. Sœur Joséphine était-là, elle aussi. Quelle chance ! Elle en rougissait encore d’un bonheur malicieux. Elle nous montrait avec fierté cette dernière photo ou un pape allemand saluait des Touaregs du Mali sous l’œil ravi d’une religieuse libanaise. « C’était pour l’un des vôtres, poursuivait-elle, un de France, la fille aînée, la sœur universelle » !

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Méditation dans le cadre neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » ven. 07 août 2015, 8:59

http://www.laneuvaine.fr/meditation-de-mgr-chauvet/
Méditation de Mgr Chauvet

Je n’oublie pas les mots de Saint Jean-Paul II à l’Unesco à propos de la culture : « l’homme vit d’une vie vraiment humaine grâce à la culture… Elle est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme… accède davantage à l’être… la tâche première et essentielle de la culture est l’éducation… La Nation existe par la culture et pour la culture » (2 juin 1980).
35 ans après, ce discours à l’Unesco est d’une grande actualité. Notre beau pays de France est riche de sa culture dont les racines sont profondément chrétiennes. La crise que nous traversons depuis des années est celle de la transmission ; or une société qui ne transmet plus, forme des barbares et ces barbares seront nos enfants.

Les Nations voisines envient notre culture, la beauté de notre littérature, nos œuvres d’art et notre patrimoine si marqué par les valeurs de l’Evangile et par l’histoire de l’Eglise. Les réformes successives montrent bien que nous avons oublié la finalité de l’éducation : créer des êtres libres.

Toi, Notre Dame, qui as reçu avec Saint Joseph, la mission de transmettre à ton Enfant, l’histoire du peuple élu, toi qui lui as appris à prier les psaumes, toi qui l’as enraciné dans la culture de ton pays, regarde nos familles et aide-les à répondre à cette mission qui leur est confiée. Aide-nous à retrouver le bon sens en éducation pour que nous puissions développer ce qui fait notre grandeur, à savoir de ressembler de plus en plus à Dieu ; non pas prendre sa place, mais préparer tout notre être à Le voir.

Pour cela, fais découvrir à nos jeunes l’essence de la liberté, toi qui as dit un oui pleinement libre à ton Seigneur. En effet, la source de la liberté n’est pas le libre arbitre, le libre choix, mais l’orientation de tout notre être vers ce pour quoi nous avons été créés. Il est vrai que la première expérience de liberté est de faire ce que je veux et nous tombons souvent dans une forme d’esclavage car notre monde nous aliène ; toi Notre Dame, apprends-nous alors à retrouver cette liberté qui est source de joie et de paix.

Il nous faut reprendre les étapes de l’éducation à la liberté. Tout d’abord, avec les enfants, une discipline de vie, leur expliquant que les commandements leur sont donnés non pas pour brimer leur liberté, mais pour faire grandir le germe d’amour qu’ils portent en leur cœur et pour les structurer. Puis à l’âge de l’adolescence, il s’agit de passer du Décalogue à la Loi nouvelle, celle de l’Esprit Saint développée dans les chapitres 5 à 7 de l’évangile selon Saint Matthieu. Les vertus cardinales et théologales et les dons de l’Esprit aideront ainsi les adolescents à développer leur capacité intellectuelle, spirituelle et affective pour atteindre leur maturité. C’est ainsi qu’ils entreront dans l’âge adulte qui se caractérise par une capacité à s’engager dans la vie professionnelle, dans la cité, dans le mariage, dans la vie consacrée, dans le sacerdoce.
O Marie, patronne de la France, nous te confions tous nos jeunes pour qu’ils puissent répondre à leur vocation et qu’ainsi ils prennent en main l’avenir de notre pays.

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Méditation dans le cadre neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » jeu. 13 août 2015, 16:28

http://www.riposte-catholique.fr/ripost ... -la-france
Après la neuvaine pour la France
13 AOÛT 2015
Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a parrainé la grande neuvaine pour la France qui se clôt en cette fête de l’Assomption. Il répond à Famille chrétienne :

Vous avez rédigé la première méditation de cette neuvaine. Que peut-on demander pour notre pays ?

Prions pour que la France soit missionnaire ! Qu’elle ne se renferme pas sur elle-même, mais qu’elle soit fidèle à sa mission, à l’appel de Dieu. En 1900, 80 % des religieuses missionnaires dans le monde étaient françaises, c’est… presque incroyable ! Prions pour que la France écoute la parole de Dieu et se laisse transformer (…). Je souhaiterais que cette neuvaine serve à un vrai renouveau, qu’on pourrait intituler : « Pour une France priante ». Aujourd’hui, plusieurs initiatives voient le jour, comme la Petite Sentinelle, où les enfants poursuivent la prière de la neuvaine, ou encore l’appel des Priants des campagnes à reprendre place chaque jour dans les églises délaissées, pour un temps d’adoration, pour les vêpres ou le chapelet.

« Comment appelle-t-on la France ? La fille aînée de l’Église ? Est-elle vraiment fidèle ? » a demandé le pape François en juin, recevant des jeunes Français en audience. Notre pays est-il infidèle ?

La France est infidèle, comme vous et moi. Nous sommes loin d’être vraiment disponibles et ardents dans l’accomplissement de notre vocation ; c’est pourtant ainsi que nous serions des saints ! Il y a des merveilles en France, le pape François l’a d’ailleurs reconnu lors de cette audience. Quand je suis arrivé à Rome pour le conclave de 2013, un point m’a frappé : nombre de cardinaux du monde entier sont venus me demander ce qui était arrivé à la France. Ils nous croyaient assoupis et avaient été stupéfaits de voir ce million de personnes défendre le mariage dans la rue ! La France vit de nombreux défis et infidélités, mais elle recèle aussi des énergies profondes. Ces neuf derniers mois, nous avons demandé à la Vierge Marie que notre pays ne manque pas de la force de Dieu.

Par les mains de Marie, la France est ainsi remise à Jésus…

« Faites tout ce qu’Il vous dira ». Voilà la seule consigne que nous avons reçue de la Vierge Marie dans l’Évangile. Écouter le Seigneur, se consacrer à Lui. Comme nous le demandons dans le Notre Père, que sa volonté soit faite. Je dois aussi prendre Marie chez moi, comme le disciple bien-aimé l’a fait après la mort de Jésus.

Ces neuf mois de prière ont coïncidé avec des événements dramatiques, attentats, atrocités de Daesh, tensions politiques et économiques… Cette neuvaine était donc providentielle ?

L’intuition de la neuvaine a précédé tous ces événements. On ne pourra pas nous reprocher de ne prier que lorsque les choses vont mal ! Bien sûr, il faudrait que nos gouvernements se réveillent, que nous nous convertissions… Mais l’essentiel est de nous souvenir que l’homme n’est pas maître de ce monde. Le premier point de notre foi, c’est que la création tout entière, à commencer par l’humanité, demeure dans la main du Père Créateur. C’est le sens exact de l’adjectif difficile, « tout-puissant », qui vient aussitôt après le nom du Père dans le Credo.

Malgré ces violences incroyables, malgré ces tueries et ces milliers d’avortements, ces tout-petits à qui l’on retire la vie, nous savons que nous sommes dans la main de Dieu

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Méditation dans le cadre neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » ven. 14 août 2015, 8:45

http://www.laneuvaine.fr/meditation-du-pere-louzeau/
Méditation du Père Louzeau

Posté le 13 août 2015 — 3 commentaires ↓
Le grain de blé et la graine de moutarde


Père Louzeau

En temps de crise, lorsque l’inertie spirituelle ou l’agressivité semblait l’emporter, le Christ Jésus décida de parler en paraboles, c’est-à-dire de cacher le trésor du Royaume de Dieu dans des énigmes, incitant ainsi les foules à faire un pas en sa direction pour en comprendre le sens. Dans l’évangile selon saint Marc, le discours parabolique s’achève par deux micro-paraboles, deux graines de paraboles oserait-on dire, qui donnent, à mes yeux, une clé de discernement de la situation et de l’avenir de la France.
Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
 Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé.

[Le règne de Dieu] est comme une graine de moutarde : quand elle est semée sur la terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand elle est semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. (Mc 4,26-29)

Dans la première des paraboles, il est question d’un grain de blé semé par un homme. Entre le moment des semailles et celui de la moisson, sans qu’il le sache, la semence grandit elle-même. Ainsi, à partir du moment où il a semé la Parole du Règne, le Christ est certain qu’elle portera du fruit, sans que lui-même puisse savoir de quelle manière les mots qu’il a répandus travaillent le cœur des hommes. D’ailleurs, la présence d’une poignée de disciples autour de lui est déjà le signe que les semailles ont trouvé une bonne terre. Au passage, nous avons à travers cette petite parabole une attestation parmi d’autres de la conscience qu’avait le Christ de sa divinité, puisqu’il s’applique à lui-même les paroles qu’Isaïe attribue au Seigneur : « ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission » (Is 55,11). Le Christ connaît la puissance de l’Esprit qui habite sa parole et qui, dans le secret des hommes, va porter beaucoup de fruits.

La 2nde parabole est, en un sens, beaucoup plus mystérieuse. Contrairement au grain de blé semé par la main humaine, la graine de moutarde n’est répandue par personne. Il s’agit d’une plante sauvage, dont la graine se sème toute seule et que personne ne vient récolter. Alors qu’aucun homme ne la cultive, cette toute petite graine non seulement devient plus grande que toutes les plantes potagères, c’est-à-dire travaillées par l’homme, mais ses branches atteignent une longueur telle que les oiseaux viennent y faire leur nid. Dans l’image du grand arbre où viennent nicher les oiseaux, il y a une référence à une prophétie d’Ézéchiel au chapitre 17 : alors que le peuple juif est exilé à Babylone, voilà que le Seigneur lui-même va prendre un petit rameau parmi les juifs, qu’il ira le planter dans la terre d’Israël et que cette tige deviendra un arbre si grand que même des nations païennes pourront trouver en lui de quoi faire leur nid, c’est-à-dire à leur tour donner la vie. Par cette parabole, Jésus ouvre ses auditeurs à une temporalité beaucoup plus grande que celle de son ministère public. Il voit déjà, dans la semence qu’il vient de jeter en Galilée apparemment sans grand résultat, une fécondité fabuleuse non seulement pour son peuple Israël mais aussi pour toutes les nations de l’humanité. Viendra en effet le moment où les nations païennes trouveront dans la prédication des disciples sans autorité aux yeux du monde, de quoi être enfin fécondes pour le Royaume de Dieu, de quoi donner la vie pour la Gloire de Dieu et le salut des hommes. On bascule ici dans un avenir ouvert jusqu’à l’achèvement des temps.

Ceci étant posé, j’en viens maintenant à ce qui peut éclairer la situation et l’avenir de la France. Ce qui mesure l’intervalle entre le moment où le Christ est monté à Jérusalem pour s’y planter en terre et le Jour de sa venue en Gloire, l’intervalle que l’Écriture appelle les “derniers temps”, c’est l’évangélisation des Nations. Ce qui fait la densité de cette dernière période de l’histoire du salut, c’est que les semailles soient faites dans le cœur des nations, de telle manière qu’elles portent beaucoup de fruits. Cette fécondité des nations païennes, recevant la puissance de la Parole du Christ, fils d’Israël, nous échappe pour sa plus grande part. Elle est l’œuvre de l’Esprit et même le Fils de l’homme ne connaît pas à l’avance tout le mystère de ce temps. Il ne sait comment ce qu’il a semé va prendre chair et donner du fruit au cours de l’histoire. C’est le mystère de l’Esprit qui poursuit son œuvre dans le monde. Aucun homme ne peut mesurer le temps, sauf si l’Esprit le lui donne à comprendre. Ce qui mesure l’avancée du temps dans cette dernière période, ce ne sont pas les progrès techniques et scientifiques, ni même l’organisation du monde si raffinée nous semble-t-elle. Seul le Père connaît le moment où toutes les nations auront porté tous les fruits de sainteté pour le Royaume de Dieu. Jésus ira jusqu’à dire quelque chose de vertigineux : ce dernier Jour, ce Jour où l’humanité aura porté tous les fruits de sainteté que Dieu attend de chaque nation, aucun homme ne le connaît, pas même les anges au-dessus des hommes, pas même le Fils qui est élevé bien au-dessus des anges (Mt 24,36). Car le Père seul sait quand le Corps du Christ, tiré de l’humanité, aura atteint sa taille adulte (cf. Ep 4,13). Seul l’Esprit, sondant le cœur de Dieu, peut faire avancer l’histoire telle que Dieu le veut. Le Règne de Dieu parmi les nations, voilà qui est très mystérieux.

Notre nation, qui a sa place dans le dessein de Dieu, se trouve à un moment critique de sa trajectoire, un moment d’infécondité non seulement pour le Royaume de Dieu mais aussi pour le royaume de l’homme. Car nous assistons, au milieu d’un joyeux aveuglement comme aux jours de Noé (Lc 17,26), à un effondrement par pans entiers de notre civilisation. Faut-il s’en plaindre et imaginer que tout est fini ? Est-ce le dernier mot pour la France ? Je ne le crois pas. Car dans cette nation, il y a un petit reste composé d’hommes et de femmes qui veulent suivre le Christ, de fils d’Israël fidèles à la Torah de Dieu, ainsi que d’êtres humains témoins authentiques de la conscience. Plus encore, le petit reste des chrétiens, si petit soit-il, probablement insignifiant comme la graine de moutarde, a reçu la mission, notamment par le ministère des papes, d’engager une nouvelle évangélisation, de procéder à des nouvelles semailles.

Si nous voulons que notre nation porte tous les fruits de sainteté que Dieu attend d’elle, il nous faut semer de nouveau l’Évangile, et nous le ferons à partir du moment où nous aurons été suffisamment travaillés de l’intérieur par la Parole de Dieu, en quelque sorte calcinés par elle de manière à pouvoir répandre à notre tour la Parole par des actes et des paroles. Ce dont nous pouvons être sûr, c’est que Jésus-Christ, présent au milieu de nous et au plus haut point dans l’Eucharistie, nous redit les deux mêmes paraboles pour que nous n’ayions pas peur et ne désespérions pas de l’avenir. Dieu est patient, Il sait ce qu’il fait. Sa Parole ne remontera pas jusqu’à lui sans avoir porté tous ses fruits.

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Méditation dans le cadre neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » sam. 15 août 2015, 9:23

Du Salon beige :

Je ne sais pas d'où vient ce message. Peut être tout simplement du Salon beige.

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog ... vaine.html
Message de Clôture de La Neuvaine

Chers amis,

Nous voici au terme de notre neuvaine ! Partis le 15 novembre dernier, nous fêtons aujourd'hui la Vierge Marie dans le mystère de son Assomption.

Nous avons parcouru dans la foi et l'espérance un long chemin. Certains ont fait la neuvaine seuls, d'autres en famille, d'autres en paroisse ou en communauté mais nous formons tous ensemble une communion de vie bien réelle. Qu'y a-t-il en effet de plus réel que la prière, activité par laquelle chacun se tourne vers Dieu et par là est uni à tous les autres ?

Remercions le Seigneur pour toutes les grâces visibles ou cachées reçues pendant ces neuf mois !

Depuis neuf jours nous prions, à la demande de Mgr Aillet, pour la guérison de Vincent Lambert et la conversion de tous ceux qui promeuvent une culture de la mort en France. Nous savons dans la foi que le Maître de l'histoire nous guide dans sa Providence malgré toutes les embuches que nous pouvons trouver en chemin !

En ce jour, nous affirmons avec l'Eglise que la Mère de Dieu, au dernier instant de sa vie terrestre, a été accueillie dans la Vie Trinitaire dans l'unité de sa personne, âme et corps : en Marie nous contemplons ce que nous sommes tous appelés à vivre un jour! L'Assomption est donc la fête de l'espérance ; l'espérance que Dieu veut transfigurer dans sa Gloire ce qu'Il a créé, l’espérance que le monde humain dans toutes ses dimensions et dans toute son épaisseur est orienté vers Dieu : Il a non seulement un dessein d'amour sur les personnes et les familles mais aussi sur les nations.

Pendant neuf mois, nous avons prié et jeûné pour que la France fasse mémoire de son baptême et soit fidèle à tous les dons que Notre Seigneur lui a confiés.

Le 16 août au matin, allons-nous arrêter de porter cette intention? Certes non ! Le patriotisme est une vertu que la vie divine déposée en nous assume et fait fructifier.

Si la neuvaine est terminée, l'élan de prière, lui, demeure plus que jamais. Comme nous y exhorte le cardinal Barbarin dans sa magnifique méditation, il faut désormais contribuer à faire vivre une "France priante" !

De multiples initiatives existent déjà, d'autres naissent en ce moment. Nous nous proposons de revenir vers vous dès début septembre pour vous tenir informer et vous permettre de persévérer dans votre engagement à nourrir l'âme de la France.

Restons en communion de prière et de coeur.

Bonne fête de l'Assomption à tous!

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Du 29 nov. au 8 déc. : Neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » sam. 21 nov. 2015, 11:11

http://www.laneuvaine.fr/
Chers amis,

Notre pays vient à nouveau d’être durement éprouvé par les attaques des terroristes islamistes. De nombreux innocents sont morts tout simplement parce qu’ils étaient français. Notre peuple a réagi courageusement et dignement. Quelle peut être notre attitude de disciples du Christ ?

Mgr Ravel nous livre des paroles fortes et exigeantes :

« Le chrétien aime la paix mais il sait vivre en état de guerre. Il ne faut pas séparer la prière et l’action. La prière pour la paix ne se substitue pas aux moyens légitimes par exemple au fait de prendre les armes. Dieu ne va pas envoyer ses légions d’anges pour éliminer nos adversaires ! Mais la prière change les cœurs. L’émotion des Français est très grande. Il y a plusieurs sentiments qui se mêlent non seulement la douleur et l’incompréhension mais aussi le désir de vengeance. La grâce de Dieu apaise les cœurs sans minimiser cette nouvelle guerre contre la France qui ne fait que commencer. La prière va purger nos émotions de la violence. Il ne faudrait pas que la violence gagne deux fois : la première avec les victimes corporelles et la seconde avec des victimes spirituelles. »

Nous savons désormais que nous sommes embarqués dans un conflit qui sera long et semé d’embûches. L’armée, la police, les services de renseignements sous la responsabilité de nos gouvernants sont en première ligne dans ce combat mais celui-ci exige aussi une mobilisation et une détermination de tous au service du bien commun. Cette force d’âme, la France doit la puiser dans ses ressources morales et spirituelles. Notre responsabilité de catholiques est de nourrir l’âme de la France par la prière et le jeûne, de témoigner de sa mission et de sa vocation afin qu’Elle demeure fidèle aux promesses de son baptême. Voilà pourquoi nous invitons tous ceux qui ont participé à ce grand élan de la neuvaine à rester plus que jamais fidèles à cet engagement à prier pour notre pays.

Dans la dynamique des neuf mois vécus ensemble cette année, le cardinal Barbarin nous invite à nous engager dans une neuvaine de neuf jours qui se déroulera du 29 novembre au 8 décembre pour nous faire entrer dans l’Année de la Miséricorde voulue par le Saint-Père.

L’équipe de la Neuvaine y participera en envoyant chaque jour à tous les inscrits un ou deux textes de méditation. Chacun est invité à diffuser le plus largement possible autour de lui cet appel à la prière pour que notre peuple entre avec générosité dans l’Année de la Miséricorde.

Chers amis, nous formons une communauté de prière façonnée par ce long chemin parcouru ensemble. Ce chemin va continuer et s’enrichir d’autres initiatives car notre pays a besoin plus que jamais de notre prière et de nos sacrifices1. A nous tous de faire vivre cette France priante dont nous parlait le cardinal Barbarin le 15 août !

1.Le site de la neuvaine ainsi que la page Facebook reprennent leurs activités pour relayer différents projets et constituer ainsi une plate-forme des engagements possibles pour une France vivant sous le manteau de la Vierge Marie.
Vierge Marie,
Notre-Dame de France,
Accueillez nos cœurs d'enfants
confiants en votre bienveillance.
Guidez les vers Jésus notre Sauveur,
pour recevoir de son Cœur les grâces
de sa divine miséricorde.

Nous vous présentons notre pays,
ses souffrances, ses troubles,
ses conflits,
mais aussi ses ressources
et ses aspirations.

Accueillez-les, purifiez-les,
présentez-les à votre Fils
afin qu'Il intercède en notre faveur,
qu'Il oriente nos actions vers le Bien
et nous guide dans la Vérité.

Nous vous consacrons la France
dans la fidélité à l'espérance
et la force de l'Esprit Saint
reçues à notre baptême. Amen.

Claudine Jeanne
Censor
Censor
Messages : 62
Inscription : ven. 30 oct. 2015, 13:04
Conviction : catholique pratiquante

Re: Prière pour la France

Message non lupar Claudine Jeanne » sam. 21 nov. 2015, 13:52


Avatar de l’utilisateur
Nanimo
Prætor
Prætor
Messages : 2305
Inscription : sam. 15 avr. 2006, 16:21
Conviction : Catholique
Localisation : CANADA
Contact :

Re: Prière pour la France

Message non lupar Nanimo » sam. 21 nov. 2015, 14:05

Neuvaine pour la France : inscrite! :)
Lest we boast
[couleur de la modératrice]

Avatar de l’utilisateur
Teano
Prætor
Prætor
Messages : 2302
Inscription : sam. 30 avr. 2011, 18:07
Conviction : Catholique romaine

Re: Du 29 nov. au 8 déc. : Neuvaine pour la France

Message non lupar Teano » sam. 21 nov. 2015, 20:16

Inscrite !

Union de prière !
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Du 29 nov. au 8 déc. : Neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » dim. 29 nov. 2015, 11:22

http://www.laneuvaine.fr/neuvaine-prepa ... onception/
Neuvaine préparatoire à la fête de l’Immaculée Conception

Posté le 28 novembre 2015 — 8 commentaires ↓
Neuvaine préparatoire à la fête de l’Immaculée Conception, pour la France.
29 novembre-7 décembre.

par le cardinal Philippe Barbarin

8 décembre, une date choisie par l’Eglise pour tomber juste neuf mois avant la Nativité de Marie, célébrée depuis l’Antiquité le 8 septembre. Cette solennité de l’Immaculée Conception est une fête de lumière qui arrive, cette année, dans un paysage bien sombre !

Raison de plus pour intensifier notre prière et donner à cette Neuvaine préparatoire à la fête de l’Immaculée Conception, une ferveur exceptionnelle.

Mater misericordiae, c’est ainsi que nous saluons Marie dans le chant du Salve Regina.

A la Mère de Miséricorde, nous voulons confier d’une manière toute particulière les victimes des attentats de Paris, le 13 novembre, et toutes les victimes des naufrages, des persécutions et exécutions, des catastrophes qui ont jalonné le parcours de l’année qui s’achève.

Nous demandons aussi à la Vierge Marie d’apporter la consolation aux membres de leurs familles, à leurs amis, à la France entière effrayée par ce qui vient d’arriver, les responsables politiques qui ont à prendre leurs décisions et les forces de l’ordre qui redoublent de vigilance pour notre protection. Il est encore plus nécessaire -mais comme c’est difficile !- de prier aussi pour les assassins et leurs complices. Qui pourra toucher et bouleverser le cœur de ceux qui ont été envahis par cette folie meurtrière chez nous, en Syrie, à Mossoul et dans bien d’autres lieux ? Cela semble au-delà de nos forces, mais comme dit l’Ange de l’Annonciation : « A Dieu, rien n’est impossible » (Lc 1, 38)[1].

C’est l’heure de la miséricorde. En ce 8 décembre 2015 où le Pape François nous fait entrer dans le grand Jubilé de la miséricorde, il est temps, il est grand temps ! Quand les hommes ne savent plus dans quelle direction aller, ni quelle décision prendre, quand ils ne voient pas comment prévenir ou arrêter ces violences, la Miséricorde de Dieu arrive sur le monde comme un fleuve de bonté régénératrice. La paix, tous l’espèrent ; nous sommes nombreux à vouloir en être les artisans, mais comment faire pour qu’elle soit accueillie ?

Depuis des siècles, le prophète avait lancé ces mots que nous chantons pendant l’Avent : « Consolez, consolez mon peuple, -dit votre Dieu- parlez au cœur de Jérusalem… » (Is. 40, 1)

Et le 8 décembre, nous fêtons le premier instant de vie de celle par qui le Messie consolateur est enfin arrivé dans le monde. Appeler Marie, Mater misericordiae, cela nous autorise à penser que « Miséricorde » est l’un des noms de Jésus. C’est lui l’Artisan de paix venu pour réconcilier le ciel et la terre, le Sauveur qui nous délivre de nos chaines et nous fait sortir de nos impasses, le frère et l’ami qui promet de ne jamais nous abandonner, même quand il monte au ciel nous préparer une place : « Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Le soir du Jeudi Saint, dans son testament spirituel, Jésus nous a laissé une consigne, répétée par le prêtre à chaque Messe avant la communion : « Je vous laisse la paix » à faire dans le monde, et pour que vous ne vous découragiez pas devant cette tâche immense … ou impossible : « Je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). Sa paix, le cadeau précieux que nous accueillons chaque fois que nous recevons le sacrement du pardon, et plus encore quand nous mangeons le pain vivant descendu du ciel.

Marie, aide-nous à revenir sous la miséricorde de Dieu, pour qu’elle se déverse sur nous comme une cascade de fraîcheur, de lumière, de grâce. Tu sais et nous savons à quel point nous en avons besoin.

Le concile Vatican II s’est terminé il y a exactement 50 ans, le 8 décembre 1965. Pour cet anniversaire, chacun peut s’interroger : Quel est son message central ? Certains disent que « la perle du Concile », c’est la constitution Dei verbum, sur la Révélation divine. Et il est vrai que nous vivons un merveilleux renouveau dans l’amour, l’écoute et l’étude de la Parole de Dieu. Pour d’autres, l’œuvre majeure de Vatican II, c’est le renouveau de la liturgie, invitant à la participation de tous. Certains évoquent l’élan missionnaire vigoureusement relayé par le bienheureux pape Paul VI[2], d’autres l’engagement déterminé de l’Eglise pour l’unité des chrétiens et l’ouverture du dialogue interreligieux. D’autres encore voient le cœur du message conciliaire dans son enseignement sur l’Eglise qui est à la fois un mystère et … une servante dans le monde de ce temps. En 2012, quand nous avons célébré le 50ème anniversaire de l’ouverture du Concile, j’avais invité à Lyon le cardinal R. Sarah, en lui posant cette question : « Et pour vous, quel est le cœur du message de Vatican II ? » Sans hésiter, il avait répondu : l’appel universel à la sainteté ; c’est le titre du ch. 5 de la Constitution sur l’Eglise Lumen Gentium. Et il avait développé ce thème devant toute notre belle assemblée diocésaine en fête.

Que tout le « peuple saint » de l’Eglise, que tous les baptisés que saint Paul appelle « les saints » (cf. Eph 4, 12) entrent avec une pleine espérance dans cette année du grand Jubilé de la Miséricorde ! Et toi, bienheureuse Vierge Marie, à qui nous devons l’inestimable cadeau du Sauveur, toi que nos frères chrétiens d’Orient appellent « la Toute Sainte », marche au milieu de nous !

[1] Comme il est beau de voir que le texte de l’Evangile comporte ici un mot grec (rhèma) de confirmation

que peu de traductions transmettent … « Rien n’est impossible à Dieu ; aucune parole (ou engagement ou action ou promesse… un mot bien difficile à rendre !).

[2] Que l’on pense à sa première et merveilleuse Exhortation apostolique post-synodale Evangelii nuntiandi, pour le 10ème anniversaire (8 déc. 1975) qui n’est qu’un développement du grand cri de saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile » (1 Cor 9, 16).

axou
Barbarus
Barbarus

Re: Du 29 nov. au 8 déc. : Neuvaine pour la France

Message non lupar axou » dim. 29 nov. 2015, 13:51

je participe,

Axou

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Du 29 nov. au 8 déc. : Neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » lun. 30 nov. 2015, 12:04

Du père Zanotti-Sorkine :

http://www.laneuvaine.fr/du-bataclan-au-calvaire/
Du Bataclan au Calvaire.

Posté le 30 novembre 2015 — 22 commentaires ↓

Des visages radieux habillés d’avenir, blottis sous la musique endiablée où le fraternel s’était promis de naître ! « Seigneur, où donc étiez-vous ? »

Un stade aux couleurs européennes, anciens ennemis buvant même bière, se tenant presque par le cou, beaux joueurs, pour une fois, voulant que le meilleur gagne ! « Seigneur, où donc étiez-vous ? »

Diners d’amoureux, d’amis, de compères, fixés depuis une heure ou espérés depuis des mois, en terrasse, s’il vous plaît, bien en vue, sous un été qui hélas se prolongeait ! « Seigneur, où donc étiez-vous ? »

Partout la paix ! Partout la vie ! Et Paris plus enchanteur que jamais rayonnant d’insouciance et d’éclat sous le mouvement de son élan inextinguible !

Soudain !… Dans le dos et face à face : le Mal ! en personnes, avec du feu sur le corps en ceinture, et dans les bras, de la haine de fous actionnant les gâchettes, visant à bout portant des enfants désarmés, explosant leur propre être en bouquet final de carnage. Quelle piètre victoire !

« Seigneur, mais où donc étiez-vous ? »

« Où étais-je ? Eh bien, je vais te dire où j’étais ! Bien avant l’heure du feu d’enfer, j’étais avec ma mère à l’entrée du Stade de France, rue Bichat, rue de la Fontaine-au-Roi, rue de Charonne, boulevard Voltaire, et jusqu’au Bataclan. Mais comme au Calvaire où ma divinité n’était pourtant pas absente, je n’ai pu rien faire – que cela ne te surprenne ! – si ce n’est de nouveau, souffrir dans ma chair ressuscitée de l’abyssale méchanceté du monde. Quant à ma mère, si tu avais vu ma mère ! Elle surplombait de toute sa douleur priante, scandalisée par tant de haine, la liberté humaine qui tuait.

Alors, tous deux, sous le hurlement des sirènes, au coude à coude avec tes frères médecins, infirmiers et policiers, harnachés à l’éternelle miséricorde, nous avons ramassé indistinctement les âmes de nos enfants afin qu’aucune d’entre elles ne se perde, et de très près, mais si discrètement que beaucoup ne s’en sont pas rendu compte, serré contre nous des centaines de coeurs éplorés. Fais-en autant.

Cesse de réfléchir aux chemins de vengeance ! Ce n’est pas ton affaire. Prie ! Jeûne ! Espère dans le coeur humain ! Ne tremble pas ! Crois en la victoire du Bien, et sème de l’amour… dans tous les camps ! »

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine

jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8541
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Re: Du 29 nov. au 8 déc. : Neuvaine pour la France

Message non lupar jean_droit » mar. 01 déc. 2015, 9:30

CONTEMPLER AVANT D’AGIR.

Posté le 30 novembre 2015 — 4 commentaires ↓

Fr. Thomas Michelet

À peine entrons-nous dans l’année de la miséricorde qu’il nous faut déjà passer aux travaux pratiques ! Faire miséricorde, vaste programme… Mais là, nous avons une direction bien concrète qui se dessine, si nous voulons être fidèles au commandement de l’amour laissé par le Christ et qu’il a vécu en acte. Car la miséricorde inclut en particulier le pardon, qui est une forme de don. De fait, comment aimer ses ennemis si nous n’en avons pas ? Comment vraiment les aimer sans leur pardonner et vouloir du fond du cœur qu’ils deviennent nos amis ?

Mais la miséricorde ne risque-t-elle pas alors de devenir un sentiment un peu guimauve qui finit par tout passer, tout tolérer, tout accepter, tout justifier ? D’où l’urgente nécessité de s’en faire une idée précise : qu’est-elle exactement et que n’est-elle pas ; que contient-elle et que faut-il en exclure ?

Pour S. Thomas d’Aquin, la miséricorde est la souffrance que nous éprouvons face à la misère d’autrui et qui nous pousse à lui venir en aide en lui faisant du bien. Il ne faut donc pas la confondre avec la clémence, qui s’attriste du mal d’autrui mais pour en diminuer les peines. Encore moins avec l’envie, qui s’attriste du bien du prochain. La miséricorde est donc une bonne réaction, l’élan d’un cœur qui reste capable de compassion, sans être blindé ou blasé par les misères de ce monde qui défilent sur nos écrans. Un cœur qui reste sensible à la misère et à la souffrance du prochain, dont l’on souffre comme si c’était la nôtre.

Mais pour S. Thomas, la miséricorde n’est pas seulement un « coup de cœur » : elle ne peut devenir chemin de sainteté qu’en étant passion cultivée en vertu, réglée par la raison. Autrement, elle nous entraînera à prendre de mauvaises décisions et ne plus être juste. Face à la misère, à la souffrance du prochain, il faut donc ouvrir son cœur tout en sachant raison garder : prendre le temps du discernement quant à notre réaction, pour ne pas agir sous le coup de la colère ou de la seule spontanéité affective, mais en déterminant avec justesse quelle contribution de notre part pourra effectivement faire du bien à notre prochain (victime ou ennemi…).

Enfin, la vraie miséricorde ne peut pas aller contre la justice, qui est le minimum à respecter même si la miséricorde va pousser à donner davantage. Elle n’est pas non plus supérieure à la charité : cela n’est vrai qu’en Dieu, pour qui nous prodiguer des bienfaits lui convient au plus haut point car cela manifeste sa toute-puissance, plus qu’un amour qui nous aimerait intérieurement sans nous donner extérieurement. Pour l’homme, la charité reste supérieure à la miséricorde, car il est meilleur de s’unir à Dieu par la charité qui rend semblable à lui, que d’aider le prochain par la miséricorde qui rend semblable à Dieu en ses œuvres seulement. C’est en s’unissant d’abord à Dieu que nous recevrons de lui la charité comme l’amour dont il s’aime lui-même, et que nous pourrons du même amour aimer notre prochain comme nous-même, et nos ennemis comme Dieu les aime : en voulant qu’ils deviennent ses amis, et donc qu’ils se convertissent.

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7)

Fr. Thomas Michelet OP

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13210
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Une neuvaine pour la France

Message non lupar etienne lorant » sam. 29 avr. 2017, 19:19

L'Esprit souffle où il veut ... et comme je suis souvent distrait, je me rends rarement sur "mes messages privés" ... Or, aujourd'hui, que sais-je comment, j'ai ouvert ma boite de messages privés, et je suis directement tombé sur une demande de neuvaine pour la France , Que je sois belge (c'est-à-dire non impliqué directement dans les élections en France) n’empêche pas que je veux répondre à cette demande, et notamment parce que c'est une personne proche de mon cœur qui me l'a adressée.

Qui, parmi vous, voudrait bien nous suggérer une formule de prière, simple, respectueuse de l'esprit de la Cité catholique, et qui rencontre les préoccupations des catholiques de France sur l'avenir du pays ?

D'avance, je vous remercie de vous concerter entre vous pour formuler une demande simple à formuler et qui concerne l'avenir de votre beau pays. Que puis-je dire d'autre ? J'ai suivi toute la campagne électorale sur France Info et je me suis senti parfois très mal à l'aise, car ce qui peut advenir pour la France aura, bien évidemment, des répercussions non seulement pour les pays limitrophes, mais également pour toute l'Europe, ce qui signifie : pour l'avenir de tous en Europe et dans le reste du monde.

Je commence donc de prier cette neuvaine en songeant à cette période de grand danger que la France avait connue à la fin de la seconde guerre mondiale - en 1947.

J'ai retrouvé ce lien et je vous l'adresse utube des apparitions de Marie ; j'ai la conviction que la Vierge de l'apparition de 1947 pourrait être invoquée efficacement dans les circonstances actuelles....

Sur Utube

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=8gOK4AdhsNU[/youtube]


Bien à vous tous Etienne

Autre lien rapportant notamment les circonstances des apparitions :
http://www.ilebouchard.com/wp-content/u ... BBt-13.pdf
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


Revenir vers « Méditations »



Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit