Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Le vrai disciple est emporté par l'oeuvre de la grâce

Message non lupar etienne lorant » mer. 23 oct. 2013, 9:38

Le mercredi de la 29e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,12-18.

Frères, il ne faut pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs. Ne mettez pas les membres de votre corps au service du péché pour mener le combat du mal : mettez-vous au contraire au service de Dieu comme des vivants revenus de la mort, et offrez à Dieu vos membres pour le combat de sa justice.
Car le péché n'aura plus sur vous aucun pouvoir : en effet, vous n'êtes plus sujets de la Loi, vous êtes sujets de la grâce de Dieu.
Alors ? Puisque nous ne sommes pas sujets de la Loi, mais de la grâce, allons-nous recommencer à pécher ? Absolument pas.
Vous le savez bien : en vous mettant au service de quelqu'un pour lui obéir comme esclaves, vous voilà esclaves de celui à qui vous obéissez : soit du péché, qui est un chemin de mort ; soit de l'obéissance à Dieu, qui est un chemin de justice.
Mais rendons grâce à Dieu : vous qui étiez esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout votre cœur à l'enseignement de base auquel Dieu vous a soumis.
Vous avez été libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice.




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,39-48.
Jésus disait à ses disciples : " Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? »
Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens.
Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage.


Cy Aelf, Paris

Par la foi en Jésus-Christ, l'homme a été libéré du conflit qui l'opposait intérieurement à la Loi et qui le poussait à la désobéissance. Saint Paul dit bien: vous avez été libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice. Cette dernière expression: "esclaves de la justice" désigne l'oeuvre de la grâce qui est toujours à l'oeuvre dans le coeur du croyant et le pousse infailliblement à accomplir des œuvres justes qui plaisent à Dieu et réjouissent le coeur. Nous avons été réellement délivré de l'entrave du péché, pour nous laisser entraîner de tout notre être à l'oeuvre de la grâce en nous.

Dans l’Évangile, à la demande formulée par Pierre, concernant la nécessité de se tenir prêts en tout temps, Jésus répond que d'autant plus. En effet, l'homme à qui l'on a confié beaucoup dans l'oeuvre de la grâce, doit se tenir prêt, demeurer éveillé et attentif à tout accomplir de l'oeuvre confiée par son maître. Le danger n'est plus dans la désobéissance directe, dans la transgression d'une loi, mais dans le manque d'enthousiasme, dans le coeur qui s'assoupit, se rend inattentif et paresseux. Quiconque a été touché et a connu la joie de la conversion le sait bien et tend au mouvement perpétuel de l'échange: j'ai reçu beaucoup, il faut je donne beaucoup à mon tour. J'ai été délivré de la peur, alors que mon courage paraisse. J'ai été aimé, que je manifeste en tout temps l'Amour dont j'ai été aimé !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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L'oeuvre du jugement et l'oeuvre de la grâce

Message non lupar etienne lorant » ven. 25 oct. 2013, 10:31

ne du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 7,18-25a. [/b]
Frères, je sais que le bien n'habite pas en moi, je veux dire dans l'être de chair que je suis.
Je ne réalise pas le bien que je voudrais, mais je fais le mal que je ne voudrais pas.
Si je fais ce que je ne voudrais pas, alors ce n'est plus moi qui accomplis tout cela, c'est le péché, lui qui habite en moi.
Moi qui voudrais faire le bien, je constate donc en moi cette loi : ce qui est à ma portée, c'est le mal.
Au plus profond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu.
Mais, dans tout mon corps, je découvre une autre loi, qui combat contre la loi que suit ma raison et me rend prisonnier de la loi du péché qui est dans mon corps.
Quel homme malheureux je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort ?
Et pourtant, il faut rendre grâce à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. Ainsi, moi, je suis à la fois, par ma raison, serviteur de la loi de Dieu, et, par ma nature charnelle, serviteur de la loi du péché.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,54-59.
Jésus disait à la foule : " Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu'il va pleuvoir, et c'est ce qui arrive.
Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu'il fera très chaud, et cela arrive.
Esprits faux ! L'aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger ; mais le temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger ?
Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?
Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin efforce-toi de te libérer envers lui, pour éviter qu'il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre au percepteur des amendes, et que celui-ci ne te jette en prison.
Je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier centime. »



Cy Aelf, Paris

Il y a, évidemment, une lutte à mener contre cette "loi du péché" qui est inscrite dans notre nature  et qui fait de nous des hommes prompts à juger et à condamner. Après ma conversion, à la lecture des Fioretti de saint François d'Assise, je m'étais extasié  (et je me souviens que Julien Green aussi !), car l'idée tout abandonner pour vivre uniquement de l'amour de Dieu est extraordinaire, fantastique ! Mais rares ceux et celles qui franchissent le pas !  Aujourd'hui, lorsque je parviens à donner une pièce à un sans-abri qui me le demande, quel débat difficile en moi-même, quel agacement !  Et il en va de même du confort, de la sécurité des revenus, de la pensée sur l'avenir, etc. C'est clair que le bien que je veux, j'ai difficile de l'accomplir, mais je fais le mal que je ne voudrais pas reste en tout temps à ma portée.  Et c'est un saint qui le dit !  En effet, l'esprit est prompt mais la chair est faible...

Dans l’Evangile, Jésus dénonce aussi ce mal qui est à l'oeuvre au plus intime du coeur de l'homme. Et il nous conseille de produire des efforts, car la façon d'aimer qu'il nous propose doit se passer de tout jugement. Ou bien le jugement, c'est sur nous qu'il retombe. Ce n'est pas pour rien qu'il a dit: "De la manière dont vous aurez mesuré, vous aussi vous serez mesuré !"  En ce qui me concerne, je considère que sans la grâce, ce ne serait pas possible. Il faut constamment se rapprocher du Seigneur, être fidèles aux sacrements et prier régulièrement, sinon l'autre restera l'autre - celui qui n'est pas comme moi. C'est uniquement par l'adhésion complète au Christ dans l'Eucharistie, qu'une ouverture réelle est possible envers le prochain. Bref, on ne peut aller vers autrui qu'en passant par Dieu, tout comme on ne va vers Dieu qu'en passant par le prochain.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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De la vie de la chair à la vie de l'Esprit

Message non lupar etienne lorant » sam. 26 oct. 2013, 10:34

Le samedi de la 29e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,1-11.


Sous l'emprise de la chair, on tend vers ce qui est charnel ; sous l'emprise de l'Esprit, on tend vers ce qui est spirituel ; et la chair tend vers la mort, mais l'Esprit tend vers la vie et la paix.
Car la chair tend à se révolter contre Dieu, elle ne se soumet pas à loi de Dieu, elle n'en est même pas capable. Sous l'emprise de la chair, on ne peut pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous l'emprise de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,1-9.
Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »
Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : 'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? '
Mais le vigneron lui répondit : 'Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas. ' »


Cy Aelf, Paris

Saint Paul, dans son épître aux Romains, dénonce par deux fois cette "emprise de la chair" qui lutte contre l'emprise de l'Esprit - car elle lui est tout à fait contraire. En effet, nos goûts, nos sensations, nos désirs, nos plaisirs, nos instincts, nos passions, tout cela est issu de notre condition charnelle; et de même sont les soucis que nous nous faisons pour notre santé, la peur, "l'antipathie naturelle" envers autrui, les regards de réprobation sans nuance et immédiats.
Mais sitôt que l'Esprit de Dieu a pénétré le coeur de l'homme, il commence de le transformer et poursuit son oeuvre régulièrement, sans même que cet homme se rende compte du changement qui s'opère en lui. Mais tôt ou tard - parfois instantanément, la conversion intervient.

Dans l’Évangile, Jésus relève deux "faits divers" sanglants qui ont frappé les esprits des hommes et des femmes qui l'entourent. Il le fait dans le but d'insister sur leur participation volontaire à la conversion : la manière dont on tombe mort, que ce soit sous le glaive ou dans l'effondrement d'une tour, cela importe moins que l'état où est l'âme au moment où elle se sépare du corps. Mais durant le temps qu'il nous est donné, il nous faut nous efforcer de rechercher et d'accomplir la volonté du Père, afin de parvenir au salut.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Dimanche : l'homme n'est qu'un pauvre qui a besoin de Dieu

Message non lupar etienne lorant » sam. 26 oct. 2013, 17:50

Trentième dimanche du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 35,12-14.16-18.

Le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes.
Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l'opprimé.
Il ne méprise pas la supplication de l'orphelin, ni la plainte répétée de la veuve.
Celui qui sert Dieu de tout son cœur est bien accueilli, et sa prière parvient jusqu'au ciel.
La prière du pauvre traverse les nuées ; tant qu'elle n'a pas atteint son but, il demeure inconsolable. Il ne s'arrête pas avant que le Très-Haut ait jeté les yeux sur lui, prononcé en faveur des justes et rendu justice.


Psaume 34(33),2-3.16.18.19.23.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l'esprit abattu.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.16-18.
Me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu.
Je me suis bien battu, j'ai tenu jusqu'au bout de la course, je suis resté fidèle.
Je n'ai plus qu'à recevoir la récompense du vainqueur : dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18,9-14.
Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain.
Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. '
Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! '
Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »


Cy Aelf, Paris

Les lectures de ce dimanche nous invitent à reconnaître, avec lucidité mais également avec foi, notre pauvreté fondamentale: nous sommes tous mortels. N'est-ce pas cette réalité que la plupart du temps, nous évacuons de notre pensée ? Et c'est pourtant à partir de cette précarité fondamentale que peut s'élever vers Dieu la prière qui est toujours exaucée.
Si je dis qu'elle est toujours exaucée, c'est qu'à l'instant de ma conversion, ce que j'ai vu,entendu et compris, c'est Jésus qui remet son esprit entre les mains du Père. Cette prière finale est, en même temps, la prière fondamentale, celle qui monte des profondeurs du coeur souffrant: "Mon Père, entre tes mains, je remets mon esprit".

Le saint curé d'Ars l'avait bien compris, lui qui a dit : "L'homme est un pauvre qui a besoin de tout demander à Dieu". Il s'agit bien de tout demander et d'un besoin de tout demander qui est en nous depuis notre naissance. La bonne attitude consiste donc à reconnaître que sans Dieu, nous ne serions capables de rien. Le même curé d'Ars ajoutait: "Si l'on me prouvait de manière évidente que Dieu n'existe pas, pourtant je ne saurais pas m'empêcher de le prier..."

Comment Dieu peut-Il venir au secours de l'âme qui ne reconnaît pas sa pauvreté ? C'est tout simple: Il la laisse livrée à elle-même. Et il advient à cette âme ce qu'il advient du fils prodigue, dans la parabole: c'est la faim qui le fait revenir. Une faim extraordinaire, une faim essentielle, le sentiment d'un manque absolu : la faim de Dieu.

Cette expérience, je ne suis pas le seul à l'avoir vécue. La voici rapportée par le bienheureux Charles de Foucauld sur wikipedia :

Charles médite alors sur le verset de l'Évangile de Luc « Père, pardonne-leur » et termine sur les paroles de l'Évangile de Luc (Chapitre 23, 46) « Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains » et il écrit alors :

« Mon Père, je me remets entre Vos mains ; mon Père je me confie à Vous, mon Père, je m'abandonne à Vous ; mon Père, faites de moi ce qu'Il Vous plaira ; quoique Vous fassiez de moi, je Vous remercie ; merci de tout, je suis prêt à tout : j'accepte tout : je Vous remercie de tout ; pourvu que Votre volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que Votre Volonté se fasse en toutes Vos créatures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre Cœur aime, je ne désire rien d'autre mon Dieu ; je remets mon âme entre Vos mains ; je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l'amour de mon cœur, parce que je Vous aime, et que ce m'est un besoin d'amour de me donner, de me remettre en Vos mains sans mesure : je me remets entre Vos mains, avec une infinie confiance, car Vous êtes mon Père »
— Extrait de Méditations sur l'Évangile au sujet des principales vertus de Charles de Foucauld


http://fr.wikipedia.org/wiki/Pri%C3%A8re_d%27abandon
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Fête de saints Simon et Jude, apôtres

Message non lupar etienne lorant » lun. 28 oct. 2013, 11:21

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,19-22.
Frères, maintenant, dans le Christ Jésus, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu,
car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes; et la pierre angulaire c'est le Christ Jésus lui-même.
En lui, toute la construction s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments de la construction pour devenir par l'Esprit Saint la demeure de Dieu.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,12-19.
En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu.
Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres :
Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, celui qui fut le traître.
Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon,
qui étaient venus l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés.
Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous
.



Cy Aelf, Paris

Jésus a passé toute la nuit dans la montagne, à prier Dieu. Et lorsqu'il redescend, il en choisit douze parmi ses disciples, dont Jude et Simon, que l'Eglise fête aujourd'hui. Les apôtres seront chargés d'enseigner la parole de Dieu, de former de nouveaux disciples, de trancher dans les débats. Bref, ils recevront l'autorité sur tous les autres.

Cependant, notre prêtre a tenu à souligner que cette qualité d'apôtre n'apparaîtra pleinement qu'après la Pentecôte, car jusqu'au moment de l'effusion de l'Esprit-Saint, les douze ne se sont guère distingués des autres disciples. Par simple peur, Pierre  a renié son maître la nuit de son arrestation, tandis que Judas a trahi beaucoup plus par "légalisme juif" que pour les trente deniers. Seul Jean est demeuré au pied de la croix - et ce sont les femmes, ensuite, qui ont osé, seules, se rendre au tombeau qui était gardé.

Tout ceci manifeste clairement que le choix de Dieu ne se fait pas comme chez nous, en entreprise ou en politique. Ce ne sont ni les compétences, ni les relations, ni les qualités de dirigeant qui comptent, mais bien l'oeuvre de l'Esprit dans la personne. Et une nouvelle fois, il a été question du saint curé d'Ars, devenu saint patron de tous curés du monde, mais qui avait d'énormes difficultés à construire une phrase correcte en latin !  Et c'est à une quasi illettrée, mais pleine de bon sens, que le message de l'Immaculée Conception a été confié.
 
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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L'espérance chrétienne concerne toute la création

Message non lupar etienne lorant » mar. 29 oct. 2013, 9:41

Le mardi de la 30e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,18-25.

Frères, j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous.
En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu.
Car la création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu'elle l'a voulu, mais à cause de celui qui l'a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu.
Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore.
Et elle n'est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance ; voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment peut-on l'espérer encore ?
Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance.


Psaume 126(125),1-2ab.2cd-3.4-5.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,18-21.
Jésus disait à la foule : " A quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer? Il est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches. » Il dit encore : « A quoi vais-je comparer le règne de Dieu ? Il est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé. »

Cy Aelf, Paris

Ce n'est pas souvent qu'il est question dans les épîtres de saint Paul de l'avenir de la création. Voici qu'il nous révèle que toute la création aspire, elle aussi, à la "révélation des fils de Dieu", car elle est, elle aussi, en souffrance dans l'attente d'être délivrée de la "dégradation inévitable". Je ne pense que je force le texte en écrivant ceci. Dans l'épisode de la tempête apaisée (Marc 4, 35-41), Jésus lui-même s'adresse aux éléments, au vent et à l'eau, comme il l'a fait ordinairement pour chasser des esprits impurs. Aux uns et aux autres, il leur dit: "Silence ! Tais-toi !" Et lorsqu'il dessèche le figuier, il lui adresse cette parole: "Que jamais plus personne ne mange de tes fruits !", (Marc 11,26). Ailleurs encore, il suggère d'avoir une foi telle que pour pouvoir s'adresser à une montagne pour lui dire d'aller d'elle-même dans la mer. Jésus parle aux hommes de la même façon qu'il parle au reste de la création.

Tout cela nous renvoie finalement à la prophétie d'Isaïe au chapitre 11 à propos des temps messianiques :
"Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David,un rejeton jaillira de ses racines.
Sur lui reposera l'esprit du Seigneur :esprit de sagesse et de discernement,esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur,
qui lui inspirera la crainte du Seigneur.Il ne jugera pas d'après les apparences,il ne tranchera pas d'après ce qu'il entend dire.
Il jugera les petits avec justice,il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays.Comme un bâton, sa parole frappera le pays,le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant.
Justice est la ceinture de ses hanches; fidélité, le baudrier de ses reins.
Le loup habitera avec l'agneau,le léopard se couchera près du chevreau,le veau et le lionceau seront nourris ensemble,un petit garçon les conduira.
La vache et l'ourse auront même pâturage,leurs petits auront même gîte.Le lion, comme le boeuf, mangera du fourrage.
Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra,sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main.
Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu sur ma montagne sainte; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.
Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David,sera dressée comme un étendard pour les peuples,les nations la chercheront,et la gloire sera sa demeure."
.

Je sais qu'il existe un débat (toujours ouvert, pas refermé), au sujet de l'existence de "l'âme des animaux" et de leur survivance dans l'au-delà. Je sais également que dans les écrits des saints que j'ai lus, la promesse de la contemplation éternelle du Dieu trinitaire suffit largement. Toujours est-il que la création toute entière est concernée et touchée par la parole du Christ. Et donc notre espérance n'est pas limitée à la résurrection de la chair et la vie éternelle, mais qu'elle englobe toute la création. Dans son homélie, le prêtre a insisté pour que nous ne considérions plus nos souffrances et nos malheurs comme étant des éléments isolés, qui ne concerneraient que nous-mêmes, alors qu'elles font l'objet, elles aussi, de l'espérance de l'Eglise toute entière.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Fête de saints Simon et Jude, apôtres

Message non lupar etienne lorant » mar. 29 oct. 2013, 18:45

Commentaire du Pape sur la prière de Jésus


Le pape a commenté l’Évangile du jour où Jésus passe toute la nuit à prier son Père avant de choisir les douze apôtres (Lc 6,12-19) : pour le pape, le Christ « prie encore aujourd’hui ».

« Il est l’intercesseur, celui qui prie, et il prie Dieu » pour l’homme, Jésus a fait « cette grande prière, son sacrifice, sa vie », pour « sauver l’homme, pour le justifier ».

« Jésus n’est pas un esprit, Jésus est une personne, c’est un homme de chair et d’os, mais il est dans la gloire. Jésus a ses plaies sur ses mains, sur ses pieds, sur son côté, et lorsqu’il prie, il montre à son Père ce prix de justification et il prie pour [l’homme], comme s’il disait : ‘Mais, Père, que celui-ci ne se perde pas !’ ».

Le Christ « prie avec courage parce qu’il montre à son Père le prix de notre justice que sont ses plaies ».

Il est à « la tête des prières » humaines, parce qu’« il est le premier à prier », comme « un frère », étant « un homme ». De même les hommes, comme « frères », doivent « prier les uns pour les autres ».

« Je pense à ce qu’a ressenti Pierre lorsqu’il a renié Jésus et que celui-ci l’a regardé ensuite, et il a pleuré. Il a senti que ce que Jésus avait dit était vrai : il avait prié pour lui, et c’est pour cela qu’il pouvait pleurer, qu’il pouvait se repentir ».

« Remercions le Seigneur. Remercions-le de nous avoir donné un frère qui prie avec nous et qui prie pour nous, qui intercède pour nous. Parlons avec Jésus et disons-lui : ‘Seigneur, tu es l’intercesseur, tu m’as sauvé, tu m’as justifié. Mais maintenant, prie pour moi’. Et confions-lui nos problèmes, notre vie, tout cela, pour qu’il le porte à son Père », a conclu le pape.

http://www.zenit.org/fr/articles/jesus- ... aque-homme
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Jésus : la porte étroite vers la Vie

Message non lupar etienne lorant » mer. 30 oct. 2013, 11:06

Le mercredi de la 30e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,26-30.

Frères, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables
Et Dieu, qui voit le fond des cœurs, connaît les intentions de l'Esprit : il sait qu'en intervenant pour les fidèles, l'Esprit veut ce que Dieu veut. Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour.
Ceux qu'il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l'image de son Fils, pour faire de ce Fils l'aîné d'une multitude de frères. Ceux qu'il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu'il a justifiés, il leur a donné sa gloire.



Psaume 13(12),4-5a.5b-6.
Regarde, réponds-moi, Seigneur mon Dieu !
Donne la lumière à mes yeux,
garde-moi du sommeil de la mort ;
que l'adversaire ne crie pas : « Victoire ! »

Que l'ennemi n'ait pas la joie de ma défaite !
Moi, je prends appui sur ton amour ;
que mon cœur ait la joie de ton salut !
Je chanterai le Seigneur pour le bien qu'il m'a fait.




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,22-30.
Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes et les villages en enseignant.
Quelqu'un lui demanda : « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas.
Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : 'Seigneur, ouvre-nous', il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes.' Alors vous vous mettrez à dire : 'Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places. ' Il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal. '
Il y aura des pleurs et des grincements de dents quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »


Cy Aelf, Paris

J'ai admiré l'inspiration qu'a eu l’Évangéliste en désignant ce "quelqu'un" qui pose à Jésus la question de savoir s'il y aura peu d'âmes sauvées. Cette personne sans nom, qui pose la question du salut, c'est l'un de nous. Le temps passe et presse chacun de nous dans sa conscience et son coeur: moi aussi, je m'y suis bien vu ! Ai-je progressé ? Car il apparaît que le temps que nous vivons sera bel et bien une occasion pour nous de manifester notre foi et d'entrer, par paroles et par gestes, dans le projet de Dieu.

La porte étroite, c'est évidemment Jésus. Saint Luc renvoie à saint Jean : "C'est moi qui suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et il trouvera de quoi se nourrir." (Jean 10:9) Pour acquérir la certitude du salut, il faut adhérer au projet du Seigneur sur nous afin que l'Esprit saint - comme le dit encore saint Paul dans l'épître, qui nous rende à l'image du Christ.

Quel défi ! S'il est possible de relever ce défi, c'est évidemment du fait de l'amour dont nous sommes aimés. Je suis persuadé que beaucoup de fidèles, si l'on posait la question, répondraient comme moi qu'ils n'éprouvent plus les mêmes sentiments qu'au début. N'est-ce pas la volonté - ou tout simplement: l'habitude, qui ont pris le relais ? Je l'ai parfois pensé, mais lorsque je me remémore l'état de malheur dans lequel j'étais plongé avant ma conversion, je suis rassuré, je sais que je suis certainement demeuré sur le chemin qui conduit à la Vie. Cette certitude peut paraître fragile - mais il est bon qu'il en soit ainsi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le Seigneur est proche dans les occasions difficiles

Message non lupar etienne lorant » jeu. 31 oct. 2013, 10:49

Le jeudi de la 30e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,31b-39.


J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir,
ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,31-35.
À ce moment-là, quelques pharisiens s'approchèrent de Jésus pour lui dire : « Va-t'en, pars d'ici : Hérode veut te faire mourir. »
Il leur répliqua : « Allez dire à ce renard : Aujourd'hui et demain, je chasse les démons et je fais des guérisons ; le troisième jour, je suis au but.
Mais il faut que je continue ma route aujourd'hui, demain et le jour suivant, car il n'est pas possible qu'un prophète meure en dehors de Jérusalem.
Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes, toi qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu !
Maintenant, Dieu abandonne votre Temple entre vos mains. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu'au jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »



Cy Aelf, Paris

Sur le point d'être livré au bourreau, saint Paul trouve des mots d'une force et d'une beauté extraordinaires pour cette déclaration de foi, que je prends plaisir à répéter, afin qu'elle m'entre mieux dans le coeur:

- J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur.

Jésus, dans l’Évangile, répond avec force et autorité. Aucune peur en Lui, mais plutôt un jugement:

- Dieu abandonne votre Temple entre vos mains. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu'au jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

De même types de paroles sortent de la bouche de simples fidèles, en diverses occasions, ce qui les surprend beaucoup. Pour moi (je l'ai déjà raconté), le jour où j'ai été victime d'accusations non fondées, j'ai entendu sortir de ma bouche des paroles auxquelles je n'avais pas songé. Le Seigneur agit ainsi: Il fait toujours en sorte que nous puissions, par la suite, nous attribuer ce qui, nous le sentons bien, ne venait que de Lui seul !

Jésus j'ai confiance en Toi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Solennité de la Toussaint

Message non lupar etienne lorant » jeu. 31 oct. 2013, 18:49

Livre de l'Apocalypse 7,2-4.9-14.
Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et la mer :
« Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. »
Et j'entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d'Israël.
Après cela, j'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main.
Et ils proclamaient d'une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l'Agneau ! »
Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu.
Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
L'un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « C'est toi qui le sais, mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau.




Première lettre de saint Jean 3,1-3.
Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu'il n'a pas découvert Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est.
Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.
Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.


Cy Aelf, Paris

Pour la première fois cette année, je n'aurai pas l'occasion d'aller me recueillir sur la tombe de mon père, Gabriel;  d'une de mes tantes, Marie-Thérèse (qui m'avait confié son chapelet sur son lit de mort), ni sur les autres tombes. L'année dernière, ma participation avait été douloureuse, car l'écartèlement de ma famille avait atteint un sommet. Vers 17h, il faisait déjà sombre, je m'étais contraint d'assister, seul parmi des inconnus, à une messe durant laquelle le nom de mon père a été cité. Je me souviens de mon sentiment de solitude et de l'impression de "fuir un désert" lorsque je suis reparti.

Cette année, je ne suis pas dans le même état d'esprit !  C'est la vie que nous célébrons et l'entrée dans la vie éternelle !  Mais comme j'aimerais que la Toussaint soit fêtée durant les mois d'ensoleillement !

Une question que je me pose: quelle est la béatitude dans laquelle je me retrouve le mieux ?
Ou bien une autre question: quelle est celle qui suscite un désir en moi ?  Il est clair, de toute façon, que le bonheur dans l'au-delà n'est pas celui, préfabriqué, que le monde propose. Qui peut connaître le vrai bonheur, sinon celui qui a pu accepter de porter un malheur véritable ?  Jésus cite en dernier tous ceux et toutes celles que le monde aura persécuté à cause de son nom. Ai-je déjà été moqué à cause de ma foi ?  Je crois que dans mon cas, c'est plutôt le contraire: je n'ai été heureux qu'à partir du moment où j'ai commencé de vivre de la foi. Je suis vraiment passé de la contemplation du malheur dans le jugement qu'exerce la société sur l'individu... à une vie libérée dans la marche derrière Jésus. Comme il est dit de l'aveugle Bartimée: "Il se mit à voir et il le suivait"... Je m'y retrouve tout à fait.

Bonne fête à tous et à toutes !
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Re: Solennité de la Toussaint

Message non lupar astre » jeu. 31 oct. 2013, 21:16

C'est la vie que nous célébrons et l'entrée dans la vie éternelle !
C'est pourtant la réalité, mais j'ai du mal, pour moi la Toussaint ravive trop de douleurs !!! Ce soir, je ne me sens pas très bien et je n'ai qu'une hâte que la journée de demain soit passée !!!
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
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Re: Solennité de la Toussaint

Message non lupar etienne lorant » ven. 01 nov. 2013, 16:52

Pour la première fois cette année, je n'aurai pas l'occasion d'aller me recueillir sur la tombe de mon père, Gabriel;  d'une de mes tantes, Marie-Thérèse (qui m'avait confié son chapelet sur son lit de mort), ni sur les autres tombes.
J'ai la joie de devoir me contredire : j'ai été invité par un membre de ma famille pour l'assister dans l'achat, le transport et le dépôt de fleurs au cimetière. Mais, au fond de moi, je sais que Seigneur a eu pitié de moi. Tout c'est bien passé, je n'étais pas triste.
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Re: Solennité de la Toussaint

Message non lupar Peccator » ven. 01 nov. 2013, 18:31

Comme il est dit de l'aveugle Bartimée: "Il se mit à voir et il le suivait"... Je m'y retrouve tout à fait.
Oh, merci beaucoup d'avoir relevé cette phrase. Dans son contexte, je n'y avais jusque là pas prêté plus attention que cela...


Astre, je prierai pour vous demain en chantant à la messe, pour vous accompagner en cette dure journée. Vous m'aiderez ainsi à mieux prier pour tous ces défunts que je n'ai jamais connu, et dont nous ferons mémoire demain.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36

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Re: Solennité de la Toussaint

Message non lupar astre » ven. 01 nov. 2013, 18:34

MERCI Peccator :)

En Union de Prières :pray:
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Re: Solennité de la Toussaint

Message non lupar Ben1306 » ven. 01 nov. 2013, 19:27

Ne pleurez pas vos défunts, ils sont heureux à présent croyez-moi. :coeur:


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