Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Dimanche : par la persévérance de chaque jour

Message non lupar etienne lorant » sam. 16 nov. 2013, 18:22

Trente-troisième dimanche du temps ordinaire

Livre de Malachie 3,19-20.

Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme une fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l'impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, déclare le Seigneur de l'univers, il ne leur laissera ni racine ni branche. Mais pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 3,7-12.
Vous savez bien, vous, ce qu'il faut faire pour nous imiter. Nous n'avons pas vécu parmi vous dans l'oisiveté ; et le pain que nous avons mangé, nous n'avons demandé à personne de nous en faire cadeau. Au contraire, dans la fatigue et la peine, nuit et jour, nous avons travaillé pour n'être à la charge d'aucun d'entre vous.
Bien sûr, nous en aurions le droit ; mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter.
Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne : si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus.
Or, nous apprenons que certains parmi vous vivent dans l'oisiveté, affairés sans rien faire.
A ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu'ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu'ils auront gagné.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,5-19.
Certains disciples de Jésus parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? »
Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : 'C'est moi', ou encore : 'Le moment est tout proche. ' Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. »
Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.
Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom.
Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage.
Mettez-vous dans la tête que vous n'avez pas à vous soucier de votre défense.
Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie
.

Cy Aelf, Paris

Après avoir lu trois fois les lectures de ce dimanche, j'ai trouvé que la dernière parole de Jésus nous dit tout: "C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie". Mais, attention !, je ne cite pas une parole du passé qu'il me faudrait maintenant replacer dans son contexte ! Mais je me répète pour moi-même ce que me dit le Seigneur aujourd'hui pour l'époque que je vis.

Entre le temps où les disciples se posaient des questions concernant l'avenir du temple, celui où saint Paul rappelle que l'annonce de l’Évangile n'est pas une activité rémunératrice, et la fin du monde qui m'a été annoncée comme "imminente" depuis plus de trente ans, je sais que je tiendrais bon devant tous les événements, privés ou publics ... par la persévérance dans ma marche vers le Royaume.

Dans les jours d'angoisse, je m'étais demandé comment je survivrais le jour où personne ne me rendrait plus visite chez moi, ni pour mon anniversaire, ni pour une fête quelconque, pas même pour me demander de l'aide. Ces jours sont venus, mais ils m'ont trouvé patient et déterminé. Merci, mon Dieu ! L'épreuve se poursuit de diverses façons: des amitiés de longue datese sont défaites, j'ai un répertoire téléphonique qui ne me sert plus à rien, je suis réduit à marcher dans le froid - et cependant, ma prise de sang annuelle m'assure que je suis en bonne santé. J'ai même pu venir à bout des antianxiolitiques que l'on m'avait prescrit : l'exercice physique, depuis trois mois, m'a rendu mon sommeil.

Tout va donc bien ? Oui, à condition de rester sur ce chemin étroit et resserré qui conduit à la Vie.
Je crois que ceux et celles qui, comme moi, sont en marche depuis longtemps me comprendront: il y a trente ans, hier, que je me suis mis en marche, mais une seule journée est passée.

Bon dimanche !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Toute la différence entre obéir et suivre

Message non lupar etienne lorant » lun. 18 nov. 2013, 11:31

Le lundi de la 33e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Maccabées 1,10-15.41-43.54-57.62-64.

Dans la descendance des successeurs d'Alexandre le Grand, surgit un homme de péché, Antiochus Épiphane, fils du roi Antiochus le Grand. Il avait séjourné à Rome comme otage, et il devint roi en l'année 137 de l'empire grec.
A cette époque, surgirent en Israël des hommes infidèles à la Loi, et ils séduisirent beaucoup de gens, car ils disaient : « Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent. En effet, depuis que nous avons rompu avec elles, il nous est arrivé beaucoup de malheurs. »
Ce langage parut judicieux, et quelques-uns, dans le peuple, s'empressèrent d'aller trouver le roi. Celui-ci leur permit d'adopter les usages des païens.
Ils construisirent un gymnase à Jérusalem, selon la coutume païenne ; ils effacèrent les traces de leur circoncision, renièrent l'Alliance sainte, s'associèrent aux païens, et se vendirent pour faire le mal.
Quelques années après, le roi Antiochus prescrivit à tous les habitants de son royaume de ne faire désormais qu'un seul peuple, et d'abandonner leurs coutumes particulières. Toutes les nations païennes se conformèrent à cet ordre. Parmi les Israélites, beaucoup suivirent volontiers la religion du roi, offrirent des sacrifices aux idoles, et profanèrent le sabbat.
Le 15 du neuvième mois de l'année 145, Antiochus éleva sur l'autel des sacrifices le Sacrilège Dévastateur, et, dans les villes de Juda autour de Jérusalem, ses partisans élevèrent des autels païens.
Ils brûlèrent de l'encens aux portes des maisons et sur les places.
Tous les livres de la Loi qu'ils découvraient, ils les jetaient au feu après les avoir lacérés.
Si l'on découvrait chez quelqu'un un livre de l'Alliance, si quelqu'un continuait à suivre la Loi, le décret du roi le faisait mettre à mort.
Cependant, beaucoup en Israël résistèrent et eurent le courage de ne manger aucun aliment impur.
Ils acceptèrent de mourir pour ne pas être souillés par ce qu'ils mangeaient, et ne pas profaner l'Alliance sainte ; et de fait, ils moururent.
C'est ainsi qu'une terrible colère s'abattit sur Israël.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18,35-43.
Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route. Entendant une foule arriver, il demanda ce qu'il y avait.
On lui apprit que c'était Jésus le Nazaréen qui passait.
Il s'écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
Ceux qui marchaient en tête l'interpellaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! »
Jésus s'arrêta et ordonna qu'on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je voie ! »
Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi t'a sauvé. »
A l'instant même, l'homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa ses louanges à Dieu.

Cy Aelf, Paris

Dans le livre des Maccabées apparaissent, comme en d'autres époques de l'histoire d'Israël, des hommes infidèles à Dieu - car ils adoptent les manières de vivre de l'occupant et mettent de côté leurs coutumes particulières. Et c'est à cette infidélité que l'auteur du Livre attribue les malheurs qui s'abattirent sur le peuple élu. A tout malheur qui frappe les hommes doit forcément correspondre une faute, une infidélité. Si donc un homme souffre dans le malheur, ce ne peut être qu'en relation à son péché.

Mais lorsque Jésus paraît, cette manière simpliste de juger disparaît. Lors de l'effondrement de la tour de Siloé, le Seigneur dit clairement que la triste fin des victimes n'est pas la conséquence de plus graves péchés que ceux commis "par tous les autres habitants de Jérusalem." Mais ce qui importe c'est de renoncer et de de se convertir.

Avec Jésus, une autre relation à Dieu devient possible que celle de l'obéissance et de la sanction; une relation vivante où l'initiative de l'homme a sa part. C'est ce qui apparaît clairement dans la guérison de l'aveugle de Jéricho. N'est-il pas remarquable de la part de Jésus de poser à l’aveugle la question : que veux-tu que je fasse pour toi ?  L'homme pouvait demander tout autre chose que recouvrir la vue !  Ce qui me fait dire que voir Jésus, c'est non seulement rencontrer l'Amour vivant, mais se retrouver dans un mouvement qui se poursuit. Le pardon et la guérison ne sont donc pas une fin en soi, mais il y a mieux encore : le fait de pouvoir suivre Celui qui guérit et qui sauve. Comme le second récit est brillant de joie de vivre et d'espérance par rapport au premier !  
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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La nécessité de témoigner

Message non lupar etienne lorant » mer. 20 nov. 2013, 11:37

Le mercredi de la 33e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre des Maccabées 7,1.20-31.

Sept frères avaient été arrêtés avec leur mère. A coups de fouet et de nerf de bœuf, le roi Antiochus voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite.
Leur mère fut particulièrement admirable et digne d'une illustre mémoire : voyant mourir ses sept fils dans l'espace d'un seul jour, elle le supporta vaillamment parce qu'elle avait mis son espérance dans le Seigneur.
Elle exhortait chacun d'eux dans la langue de ses pères ; cette femme héroïque leur parlait avec le courage d'un homme :
« Je suis incapable de dire comment vous vous êtes formés dans mes entrailles. Ce n'est pas moi qui vous ai donné l'esprit et la vie, qui ai organisé les éléments dont chacun de vous est composé.
C'est le Créateur du monde qui façonne l'enfant à l'origine, qui préside à l'origine de toute chose. Et c'est lui qui, dans sa miséricorde, vous rendra l'esprit et la vie, parce que, pour l'amour de ses lois, vous méprisez maintenant votre propre existence. »
Antiochus s'imagina qu'on le méprisait, et soupçonna que ce discours contenait des insultes. Il se mit à exhorter le plus jeune, le dernier survivant. Bien plus, il lui promettait avec serment de le rendre à la fois riche et très heureux s'il abandonnait les usages de ses pères : il en ferait son ami et lui confierait des fonctions publiques.
Comme le jeune homme n'écoutait pas, le roi appela la mère, et il l'exhortait à conseiller l'adolescent pour le sauver.
Au bout de ces longues exhortations, elle consentit à persuader son fils.
Elle se pencha vers lui, et lui parla dans la langue de ses pères, trompant ainsi le cruel tyran : « Mon fils, aie pitié de moi : je t'ai porté neuf mois dans mon sein, je t'ai allaité pendant trois ans, je t'ai nourri et élevé jusqu'à l'âge où tu es parvenu.
Je t'en conjure, mon enfant, regarde le ciel et la terre avec tout ce qu'ils contiennent : sache que Dieu a fait tout cela de rien, et que la race des hommes est née de la même manière.
Ne crains pas ce bourreau, montre-toi digne de tes frères et accepte la mort, afin que je te retrouve avec eux au jour de la miséricorde. »
Lorsqu'elle eut fini de parler, le jeune homme déclara : « Qu'attendez-vous ? Je n'obéis pas à l'ordre du roi, mais j'écoute l'ordre de la Loi donnée à nos pères par Moïse.
Et toi, qui as inventé toutes sortes de mauvais traitements contre les Hébreux, tu n'échapperas pas à la main de Dieu
. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,11-28.
Comme on écoutait Jésus, il ajouta une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem et que ses auditeurs pensaient voir le royaume de Dieu se manifester à l'instant même.
Voici donc ce qu'il dit : « Un homme de la grande noblesse partit dans un pays lointain pour se faire nommer roi et rentrer ensuite chez lui.
Il appela dix de ses serviteurs, leur distribua dix pièces d'or et leur dit : 'Faites-les fructifier pendant mon voyage. '
Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : 'Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous. '
Mais quand il revint après avoir été nommé roi, il convoqua les serviteurs auxquels il avait distribué l'argent, afin de savoir comment chacun l'avait fait fructifier.
Le premier se présenta et dit : 'Seigneur, ta pièce d'or en a rapporté dix. '
Le roi lui dit : 'Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l'autorité sur dix villes. '
Le second vint dire : 'Ta pièce d'or, Seigneur, en a rapporté cinq. '
A celui-là, le roi dit encore : 'Toi, tu seras gouverneur de cinq villes. '
Un autre encore vint dire : 'Seigneur, voici ta pièce d'or, je l'avais mise de côté dans un linge.
En effet, j'avais peur de toi : tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n'as pas déposé, tu moissonnes ce que tu n'as pas semé. '
Le roi lui dit : 'Je vais te juger d'après tes propres paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n'ai pas déposé, que je moissonne ce que je n'ai pas semé ;
alors pourquoi n'as-tu pas mis mon argent à la banque ? A mon arrivée, je l'aurais repris avec les intérêts. '
Et le roi dit à ceux qui étaient là : 'Retirez-lui la pièce d'or et donnez-la à celui qui en a dix. '
On lui dit : 'Seigneur, il en a déjà dix ! -
Je vous le déclare : celui qui a recevra encore ; celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.
Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et mettez-les à mort devant moi. ' »
Après avoir dit ces paroles, Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem.



Cy Aelf, Paris

L'acceptation du martyre par le plus jeune des enfants, à qui le roi Antiochus promettait une existence splendide en échange de son reniement, m'a semblé évidemment plus difficile pour lui que pour ses frères. Mais c'est un raisonnement seulement logique. En y réfléchissant, dans l'esprit d'un enfant, se voir proposer une telle ignominie, de passer par dessus les corps de ses frères ... a de quoi susciter tout juste l'inverse: une noble révolte de l'âme qui se rend capable du plus pur sacrifice.

Jésus, au moment de monter vers Jérusalem pour y mourir, a lui aussi - lui d'autant plus - une attitude de grande noblesse. Il parle de ses serviteurs à qui il confiera beaucoup d'âmes, à chacun selon sa capacité de témoigner. De sorte qu'aujourd'hui, chacun de nous est invité à considérer son talent, sa pièce d'or, et se demander: qu'ai-je accompli jusqu'ici, en puisant dans la grâce de ma conversion ?

Mais il est clair que ceux et celles qui n'ont rien fait, qui n'ont pas même essayé d'aimer selon l'amour de Dieu, ne pourront s'en tirer sans souffrances au jour du jugement. Dans la parabole, l'homme qui rend la pièce témoigne contre lui-même qu'il a reçu gratuitement et qu'il n'a absolument rien fait du don de son maître - tout du contraire, il l'a gaspillé.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Vagues de l'amour et de la connaissance de Dieu

Message non lupar etienne lorant » jeu. 21 nov. 2013, 11:08

Le jeudi de la 33e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Maccabées 2,15-29.

Les hommes envoyés par le roi pour contraindre les Juifs à l'apostasie arrivèrent dans la ville de Modine pour y organiser des sacrifices.
Beaucoup d'Israélites allèrent à eux ; Mattathias et ses fils vinrent à la réunion.
Les envoyés du roi prirent la parole pour dire à Mattathias : « Tu es un chef honoré et puissant dans cette ville, soutenu par des fils et des frères.
Avance donc le premier, et exécute l'ordre du roi, comme l'ont fait toutes les nations, les hommes de Juda et ceux qui sont restés à Jérusalem. Alors, toi et tes fils, vous serez les amis du roi. Toi et tes fils, vous serez comblés d'argent, d'or et de cadeaux nombreux. »
Mattathias répondit d'une voix forte : « Toutes les nations qui appartiennent aux états du roi peuvent bien lui obéir en rejetant chacune la religion de ses pères, et se conformer à ses commandements ;
mais moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l'Alliance de nos pères.
Que Dieu nous préserve d'abandonner la Loi et ses préceptes !
Nous n'obéirons pas aux ordres du roi, nous ne dévierons pas de notre religion, ni à droite ni à gauche. »
Dès qu'il eut fini de prononcer ces paroles, un Juif s'avança en présence de tout le monde pour offrir le sacrifice, selon l'ordre du roi, sur cet autel de Modine.
A cette vue, Mattathias s'enflamma d'indignation et frémit jusqu'au fond de lui-même ; il laissa monter en lui une légitime colère, courut à l'homme, et l'égorgea sur l'autel.
Quant à l'envoyé du roi, qui voulait contraindre à offrir le sacrifice, Mattathias le tua à l'instant même, et il renversa l'autel.
Il s'enflamma d'ardeur pour la Loi comme jadis Pinehas contre Zimri.
Alors Mattathias se mit à crier d'une voix forte à travers la ville : « Ceux qui sont enflammés d'ardeur pour la Loi, et qui soutiennent l'Alliance, qu'ils sortent tous de la ville à ma suite. »
Il s'enfuit dans la montagne avec ses fils, en abandonnant tout ce qu'ils avaient dans la ville.
Alors, beaucoup de ceux qui recherchaient la justice et la Loi s'en allèrent vivre au désert.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,41-44.
Quand Jésus fut près de Jérusalem, en voyant la ville, il pleura sur elle ; il disait : « Si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix ! Mais hélas, cela est resté caché à tes yeux.
Oui, il arrivera pour toi des jours où tes ennemis viendront mettre le siège devant toi, t'encercleront et te presseront de tous côtés ; ils te jetteront à terre, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »


Cy Aelf, Paris

Dans le premier livre des Maccabées, l'ardeur manifestée par les Juifs pour défendre les lois et les pratiques reçues de Dieu aboutit ici à une révolte suivie d'une fuite au désert. Cependant, l'histoire de la relation entre Dieu et les hommes, entre le ciel et la terre, s'est poursuivie et nous voyons dans l'Evangile de ce jour que le profond attachement des habitants de la ville sainte de Jérusalem les a finalement conduits à s'attacher plus aux commandements et aux traditions qu'à Celui dont ils sont pourtant issus.

Jérusalem n'a donc pas reconnu la venue du Messie et de ce fait, elle se raidira encore, mais sera broyée sous la puissance romaine et dispersée partout. Jésus pleure sur la ville: ce malheur n'a pas été voulu par Dieu - mais Son dessein s'accomplira: désormais la connaissance de Dieu est destinée à tous les peuples du monde, à toute la création. Les premières communautés chrétiennes vont se greffer sur celles des juifs dispersés avant de s'en détacher pour devenir autonomes.

Mais quelle leçon tirer de tout cela pour l'époque que nous vivons, en ce nouveau millénaire ?  Les annonces de cataclysmes et de fin des temps sont largement diffusées et les prédictions partent dans tous les sens. Je ne les lis même pas. Mais le message de la Miséricorde divine, diffusé à partir de la canonisation de sainte Faustine continue de se diffuser partout et j'ai eu la grâce d'intégrer très tôt ce mouvement !  
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Purifications du temple

Message non lupar etienne lorant » ven. 22 nov. 2013, 11:08

Le vendredi de la 33e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Maccabées 4,36-37.52-59.

Judas Maccabée et ses frères déclarèrent : « Voilà nos ennemis écrasés, montons purifier le sanctuaire et en faire la consécration. »
Toute l'armée se rassembla, et ils montèrent à la montagne de Sion.
Le vingt-cinquième jour du neuvième mois, de grand matin,
les prêtres offrirent le sacrifice prescrit par la Loi sur le nouvel autel des holocaustes qu'ils avaient construit.
L'autel fut inauguré au chant des hymnes, au son des cithares, des harpes et des cymbales. C'était juste l'anniversaire du jour où les païens l'avaient profané.
Le peuple entier se prosterna la face contre terre pour adorer, puis ils bénirent le Ciel qui avait fait aboutir leur effort.
Pendant huit jours, ils célébrèrent la consécration de l'autel, en offrant, dans la joie, des holocaustes, des sacrifices de communion et d'action de grâce.
Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d'or et de boucliers, ils en restaurèrent les entrées et les salles, et y replacèrent des portes.
Il y eut une grande joie dans le peuple, et l'humiliation infligée par les païens fut effacée.
Judas Maccabée décida, avec ses frères et toute l'assemblée d'Israël, que l'anniversaire de la consécration de l'autel serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date, dans la joie et l'allégresse.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,45-48.
Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. Il leur déclarait : « L'Écriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas le moyen d'y arriver ; en effet, le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres.

Cy Aelf, Paris

Les lectures de ce jour nous montrent deux types de purification du temple, c'est-à-dire également deux manières pour les hommes de le rendre impur au culte dû à Dieu. Le temple repris aux grecs d'Antiochus Epiphane avait été transformé en temple de Zeus - il s'agit donc pour Judas Macchabée et ses frères de retirer les statues et ornements grecs, de restaurer l'ensemble conformément aux usages juifs et de réinstaurer le culte traditionnel.

La purification du temple qu'effectue Jésus en renversant les tables des changeurs n'est que l'aspect visible de celle à laquelle il va procéder en enseignant le peuple. Et la religion dont il parle, celle qui doit être pratiquée par les fidèles, est de telle nature que le peuple tout entier, dit le texte, était suspendu à ses lèvres.

Durant l'homélie de notre prêtre, qui a notamment parlé du passage du style Roman au Gothique, J'ai songé pour ma part à la manière dont, par deux fois, réveillé dès quatre heures du matin, je me suis dit "Non, pas de messe pour moi aujourd'hui", pour finalement me mettre en route et y assister, quel que fut mon état. Ce besoin n'est pas explicable de manière rationnelle, mais il s'agit, dirai-je, non d'assister à une célébration mais de ne pas manquer une Rencontre !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Purifications du temple

Message non lupar etienne lorant » ven. 22 nov. 2013, 19:41

Homélie du Pape François

Le temple existe «pour adorer Dieu». C’est précisément pour cela qu’il est «le point de référence de la communauté», composée de personnes qui sont elles-mêmes «un temple spirituel où habite le Saint-Esprit». C’est une méditation sur le «véritable sens du temple» qui a été proposée par le Pape François dans l’homélie de la Messe célébrée ce matin, vendredi 22 novembre, dans la chapelle de la maison Sainte-Marthe.

Comme de coutume, la réflexion du Pape s’est inspirée de la liturgie de la Parole, en particulier du passage tiré du premier livre des Macchabées (4, 36-37. 52-59) — qui parle de la reconsécration du temple accomplie par Judas — et du passage évangélique de Luc qui raconte les marchands chassés du temple (19, 45-48).

Pour le Pape François, le message de fond «est très important: le temple comme un lieu de référence de la communauté, lieu de référence du peuple de Dieu». Et dans cette perspective, le Pape a aussi fait revivre «le parcours du temple dans l’histoire», qui «commence avec l’arche; puis Salomon fait sa construction; ensuite il devient un temple vivant: Jésus Christ le temple. Et il finira dans la gloire, dans la Jérusalem céleste».

«Reconsacrer le temple pour que là soit rendu gloire à Dieu» est donc le sens essentiel du geste de Judas Macchabée, précisément parce que «le temple est le lieu où la communauté va prier, louer le Seigneur, rendre grâce, mais surtout adorer». En effet, «dans le temple on adore le Seigneur. Cela est le point important» a réaffirmé le Pape. Et cette vérité vaut pour chaque temple et pour chaque cérémonie liturgique, où ce qui «est le plus important est l’adoration» et non «les chants et les rites», pour autant qu’ils soient beaux. «Toute la communauté réunie — a-t-il expliqué — regarde l’autel où l’on célèbre le sacrifice et elle adore. Mais je crois, je le dis humblement, que nous les chrétiens avons peut-être un peu perdu le sens de l’adoration. Et nous pensons: nous allons au temple, nous nous rassemblons comme frères, est cela est bon, est beau. Mais le centre est là où se trouve Dieu. Et nous adorons Dieu».

En outre, a poursuivi le Pape, «saint Paul nous dit que nous sommes des temples de l’Esprit Saint: je suis un temple, l’esprit de Dieu est en moi. Et il nous dit aussi: n’attristez pas l’esprit du Seigneur qui est en vous». Dans ce cas, a-t-il précisé, nous pouvons parler d’«une sorte d’adoration, qui est le cœur qui cherche l’esprit du Seigneur qui est en lui. Et il sait que Dieu est en lui, que le Saint-Esprit est en en lui et il écoute et le suit.

Et ainsi, a expliqué le Saint-Père, «dans ces deux temples — le temple matériel, lieu d’adoration et le temple spirituel en moi, où habite l’Esprit Saint — notre attitude doit être la piété qui adore et écoute; qui prie et demande pardon; qui loue le Seigneur».

http://www.news.va/fr/news/pourquoi-nou ... -au-temple
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Le malheur et la rencontre de la vérité

Message non lupar etienne lorant » sam. 23 nov. 2013, 11:58

Le samedi de la 33e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Maccabées 6,1-13.

Le roi Antiochus parcourait le Haut Pays. Il apprit alors qu'il y avait en Perse une ville, Élymaïs, fameuse par ses richesses, son argent et son or ; son temple, extrêmement riche, contenait des casques en or, des cuirasses et des armes, laissés là par Alexandre, fils de Philippe et roi de Macédoine, qui régna le premier sur les Grecs.
Antiochus arriva, et il tenta de prendre la ville et de la piller, mais il n'y réussit pas, parce que les habitants avaient été informés de son projet. Ils lui résistèrent et livrèrent bataille, si bien qu'il prit la fuite et battit en retraite, accablé de chagrin, pour retourner à Babylone.
Il était encore en Perse quand on vint lui annoncer la déroute des troupes qui avaient pénétré en Judée ; Lysias, en particulier, qui avait été envoyé avec un important matériel, avait fait demi-tour devant les Juifs ; ceux-ci s'étaient renforcés grâce aux armes, au matériel et aux prises de guerre saisis sur les troupes qu'ils avaient battues ;
ils avaient renversé l'objet sacrilège qu'Antiochus avait élevé à Jérusalem sur l'autel ; enfin, ils avaient rétabli de hautes murailles autour du sanctuaire et de la ville royale de Bethsour.
Quand le roi apprit ces nouvelles, il fut saisi de frayeur et profondément ébranlé. Il s'écroula sur son lit et tomba malade sous le coup du chagrin, parce que les événements n'avaient pas répondu à son attente.
Il resta ainsi pendant plusieurs jours, car son profond chagrin se renouvelait sans cesse. Lorsqu'il se rendit compte qu'il allait mourir, il appela tous ses amis et leur dit : « Le sommeil s'est éloigné de mes yeux ; l'inquiétude accable mon cœur, et je me dis : A quelle profonde détresse en suis-je arrivé ? Dans quel abîme suis-je plongé maintenant ? J'étais bon et aimé au temps de ma puissance.
Mais maintenant, je me rappelle le mal que j'ai fait à Jérusalem : tous les objets d'argent et d'or qui s'y trouvaient, je les ai pris ; j'ai fait exterminer les habitants de la Judée sans aucun motif.
Je reconnais que tous mes malheurs viennent de là, et voici que je meurs dans un profond chagrin sur une terre étrangère.
»

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 20,27-40.
Des sadducéens - ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection - vinrent trouver Jésus, et ils l'interrogèrent : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère. Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfants.
Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? »
Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.
Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob.
Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. »
Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. »
Et ils n'osaient plus l'interroger sur quoi que ce soit.



Cy Aelf, Paris

La fin d'Antiochus, c'est celle qu'ont évité ceux dont il a fait des martyrs. Comme il est triste, au soir de sa vie, de ne pouvoir tirer qu'un bilan négatif de ses oeuvres !  Quant aux Sadducéens, qui proposent à Jésus cette improbable histoire de la femme aux sept maris - afin de justifier finalement leur non-croyance en la résurrection, ils s'exposent eux-mêmes au ridicule, plutôt que d'ouvrir leur coeur à l'enseignement saint.

J'y vois, pour ma part, deux types d'attitude, parmi d'autres, des hommes qui n'ont pas la foi et qui, du fait de leur obstination, n'aboutissent finalement qu'à la rencontre du malheur - et du malheur dont rien ne peut les sauver - sauf la miséricorde divine.  

L'homme qui n'a pas l'espérance de l'au-delà est conduit presque fatalement au suicide - et désormais la société l'y pousse !, à moins qu'au coeur de ce malheur, il ne s'applique à rechercher la seule Vérité qui vaille. Ce n'est certes pas pour rien que Jésus, lorsqu'il s'adresse à Pilate, dit de lui-même : "Je suis né et venu dans le monde pour témoigner de la Vérité, quiconque cherche la Vérité endtend ma voix".

C'est ce qui est arrivé à Simone Weil qui témoigne dans son Autobiographie (*) : "Après des mois de ténèbres intérieures, j'ai eu soudain et pour toujours la certitude que n'importe quel être humain, même si ses facultés intellectuelles sont presque nulles, pénètre dans ce royaume réservé au génie,si seulement il désire la vérité et fait perpétuellement un effort pour l'atteindre." Et elle ajoute un peu plus loin : « Dans mes raisonnements sur l'insolubilité du problème de Dieu, je n'avais pas prévu la possibilité de cela, d'un contact réel, de personne à personne, ici-bas entre un être humain et Dieu. […] D'ailleurs, dans cette soudaine emprise du Christ sur moi, ni les sens, ni l'imagination n'ont eu aucune part ; j'ai seulement senti à travers la souffrance la présence d'un amour analogue à celui qu'on lit dans le sourire d'un visage aimé. »

(*) Éd. Parole et Silence, coll. « Cahier de l'École cathédrale », pp 106-107
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Solennité du Christ, roi de l'univers

Message non lupar etienne lorant » dim. 24 nov. 2013, 15:55

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,12-20.
Frères, rendez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière,à l’héritage du peuple saint.
Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé, par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés.
Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature,
car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles : tout est créé par lui et pour lui.
Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui.
Il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire de l'Église. Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, puisqu'il devait avoir en tout la primauté.
Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total.
Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 23,35-43.
On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée,
ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! »
Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. »
Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. »
Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »



Cy Aelf, Paris

Ayant découvert un peu tard cette grande fête, puisqu'elle marque la fin de l'année liturgique, je me suis dit et répété - toute la nuit durant, que je n'étais pas digne de m'y rendre. J'ai très peu dormi. Comme j'ai eu faim le matin, je suis sorti pour trouver un petit pain à la seule boulangerie encore ouverte dans le quartier - et finalement, une connaissance m'a déposé à la chapelle où j'avais pensé ne pas me rendre.

C'est l'homélie du prêtre qui m'a convaincu que j'étais passé par la tentation de me juger moi-même. C'est le mot du larron crucifié en même temps que Jésus qui a mis fin à ma tentation. Il dit : "Pour nous, c'est juste" - auquel il a ajouté cette prière: "Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras inaugurer ton règne". C'est à cause de cette seule parole qu'il s'est retrouvé le jour même au paradis.

Jésus est bien le roi des rois. Son trône, c'est sa croix. Depuis deux mille et treize années, quel est l'homme de pouvoir qui ait voulu lui ravir ce trône et son titre de "Roi des juifs" ? Aujourd'hui est comme le jour de la crucifixion. La Croix demeure et ainsi demeure également la royauté du Christ.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Solennité du Christ, roi de l'univers

Message non lupar Peccator » dim. 24 nov. 2013, 16:10

J'ai aussi redécouvert cette semaine la solennité du Christ Roi, à laquelle je n'avais pas prêté assez attention. Non seulement elle clôture l'année liturgique, mais je trouve intéressant qu'elle soit célébrée juste avant l'Avent : le Royaume est déjà parmi nous. Alors pendant l'Avent, qu'attendons nous ? Quelle est notre espérance ? Et le jour de Noël, que célébrons-nous ? Est-ce simplement un anniversaire, un souvenir d'une naissance qui a eu lieu il y a 2000 ans ? Non, bien sûr ?



En réponse à votre belle méditation, je vous propose quelques lignes que j'avais écrites en début de semaine en méditant les textes d'aujourd'hui. Je n'ai pas votre talent pour la concision, malheureusement : c'est un peu long...




Ils donnèrent l'onction à David pour le faire roi sur Israël.

Souvent, nous lisons le livre de l'Apocalypse comme une annonce de ce qui est à venir. Nous espérons le retour de Jésus pour régner en ce monde, et nous oublions alors qu'Il nous a annoncé que le Royaume est déjà là.
Lors de notre initiation chrétienne, baptême et confirmation, nous avons nous aussi reçu l'onction. Nous sommes oint par le Seigneur, chacun de nous est messie ("messiah" en hébreu, "christos" en grec, "oint" en français...), et chacun de nous est roi : le baptême nous a fait prêtre, prophète et roi.
Dans l'histoire d'Israël, les Rois ont pris la suite des Juges, qui étaient les premiers bergers donnés par Dieu à son troupeau avant que celui-ci ne réclame un roi pour être comme les autres peuples. Cela nous éclaire sur la mission première du roi, et donc sur notre mission : faire régner la justice. Et Jésus est venu parmi nous nous enseigner ce qu'est profondément la justice de Dieu. La Loi que Dieu nous a donné, son commandement, c'est la loi de l'amour. "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force, et ton prochain comme toi-même".
Notre devoir de chrétien, c'est avec le Christ d'êtres les rois du Royaume qui est déjà là. C'est de faire régner la loi de l'amour autour de nous : faire régner non par la force, mais par la miséricorde. L'Eglise est le signe visible du Royaume présent dans notre monde. Prions que sa foi ne faiblisse pas, et qu'elle témoigne à tous du Règne du Christ qui en est la tête.



Que la paix règne dans tes murs !

En Jérusalem se réunissent toutes les tribus, et "tout ensemble ne fait qu'un". Le bonheur que le psalmiste appelle sur Jérusalem, c'est la paix. Une paix véritablement surnaturelle : elle n'est pas la paix des hommes fatigués de faire la guerre, mais la Paix que Dieu nous donne au sein même de notre coeur. Par l'amour et la miséricorde, Il guérit en nous nos peurs : peur de l'avenir, peur de l'autre et de sa différence, peur de la souffrance, peur de la mort, et peur que Dieu ne nous demande trop, c'est à dire plus que ce que nous pensons être capable de Lui donner. Car nous le savons bien, nous Lui donnons le petit doigt, et Il prend tout le bras, et même tout le bonhomme !
La paix que Dieu nous donne est un fruit de la foi, et nos peurs sont signes que la foi est faible en nous, tout comme elle était faible chez Pierre quand il tentait de marcher sur les eaux pour rejoindre Jésus.
Aujourd'hui, les nouvelles de par le monde sont inquiétantes. Nous entendons parler de guerre, nous voyons les chrétiens attaqués, persécutés, assassinés à cause de leur foi. Au Cameroun, le père Vandenbeusch, missionnaire envoyé par le diocèse de Nanterre, a été enlevé par le groupe islamiste Boko Haram.
Dans ces épreuves, nous devons prier pour la paix, pour qu'elle règne entre les hommes de toutes confession, puisque tous sont nos frères, que tous sont fils de Dieu et créés à Son image. Et pour cela, nous ne devons pas cesser de prier pour que la foi grandisse en nous, et qu'elle fasse régner la paix dans notre coeur.
Pensons à cela quand, avant de recevoir le Saint Sacrement, nous échangons avec nos frères la Paix du Christ.


Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.

Notre vocation de chrétien, de fils de Dieu, est d'être pour le Christ, et c'est par le Christ seulement que nous pouvons l'être.
Chaque jour, dans notre travail, et plus encore dans nos épreuves, nous sommes tentés de nous en remettre à nos propres forces pour y arriver. Souvent avec les meilleurs intentions du monde, dans l'espoir de faire le bien. Mais nous constatons bien que nos efforts ne nous épargnent pas de la maladie, de la souffrance, de la mort, et que dans ces épreuves nous avons peur.
Jésus lui aussi a souffert, il n'a pas fui sa Passion. Il n'a pas magiquement été épargné des souffrances pendant qu'on le frappait, qu'on le flagellait, et qu'on se moquait de Lui pendant qu'il cheminait vers le calvaire en portant sa croix, dont le poids l'écrasait.
Face aux railleries, nous sommes parfois tentés de croire que nous devrions rester stoïques, impassibles, qu'elles ne devraient pas nous toucher, et même, puisque Jésus nous y invite dans les béatitudes, que nous devrions en être heureux. Face à la souffrance physique, à la maladie, à l'infirmité, il nous arrive de croire que nous devons offrir tout cela à Dieu et nous réjouir de participer ainsi à la souffrance de Jésus.
Mais pourtant, Jésus lui-même aurait préféré ne pas souffrir ("éloigne cette coupe de mes lèvres"...), mais il a accepté de subir sa passion pour notre salut.
Alors nous aussi, pour Lui, et surtout par Lui, acceptons ces souffrances, et confions-nous à Lui pour qu'Il nous donne la force de traverser les épreuves, qu'Il nous donne la paix qui chasse la peur, et qu'ainsi nous manifestions que son Royaume est déjà là.


Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même !

Voilà les railleries qu'Il a subi, et ces railleries sont déjà celles de Satan : si tu es le fils de Dieu, saute du haut du Temple et Il enverra ses anges te porter... Ces railleries sont aussi celles que connaissent les chrétiens persécutés de nos jours, ceux qui meurent en martyrs à cause de leur foi, mais aussi ceux qui luttent contre l'athéisme ambiant de nos sociétés occidentales.
Car Dieu est un incroyable mystère : Il n'est pas tout puissant au sens où Sa majesté domine les hommes. Au contraire, Il manifeste sa toute-puissance en se faisant le plus petit, en s'humiliant pour nous, pour le rachat de l'alliance que les hommes ont brisé, et ne cessent de briser chaque fois qu'Il la répare.
Nous attendons Ta venue dans la gloire. Prenons le temps de réfléchir à ce que sera cette gloire d'un Dieu qui règne accroché à la croix. Qui instaure son Royaume en mourrant comme un esclave, un brigand. Qui nous montre comment Il règne en lavant les pieds de ses serviteurs.
Le Royaume est déjà là, et pourtant il n'est pas de ce monde : il renverse les valeurs du monde. Quelle image avons-nous de la gloire de Dieu ? Quelle est notre espérance ?

Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.
Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer Ton règne. Et Jésus n'annonce pas son règne pour un jour lointain de l'avenir, pour dans mille ans. Non, Son règne, c'est aujourd'hui.
Et comment le Paradis nous est-il donné ? "Va, ta foi t'a sauvé", dit Jésus à l'homme qu'Il guérit. Notre salut ne nous est pas donné par notre force, par nos actes aussi bon soient-ils. C'est par la foi qu'il nous est donné, la foi qui est la porte étroite du Paradis.
Ce n'est pas un hasard si celui à qui Jésus promet "aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis" est lui aussi un crucifié.
"Que Ton règne vienne", prions nous instamment quand nous prions le Notre Père. N'espérons pas la venue du Royaume pour un futur proche : prions pour la conversion de notre coeur maintenant, tout de suite, que ce soit aujourd'hui que vienne Son règne. Prions que notre communauté soit dès à présent communauté de rois, des rois en Christ, pour le Christ et par le Christ.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36

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Re: Solennité du Christ, roi de l'univers

Message non lupar astre » dim. 24 nov. 2013, 16:33

Le monde du Christ, c’est l’amour. Il nous faut donc réaliser des œuvres de miséricorde, tant corporelles que spirituelles, car le Roi-juge nous jugera en fonction de notre amour du prochain motivé par notre amour de Dieu. A la fin de notre vie nous serons jugés sur l’amour, disait Saint-Jean de la Croix. Oui, parce que le Royaume c’est l’amour. Le Royaume du Christ n’est pas de ce monde. Son royaume est bien loin de ce monde de guerre, de haine, d’égoïsme ...

Seigneur, apprends-moi à aimer, à grandir dans l’amour...
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
Abbé Pierre

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Pauvreté humaine - abondance de la Miséricorde

Message non lupar etienne lorant » lun. 25 nov. 2013, 10:43

Le lundi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de Daniel 1,1-6.8-20.

La troisième année du règne de Joakim, roi de Juda, Nabucodonosor, roi de Babylone, arriva devant Jérusalem et l'assiégea.
Le Seigneur livra entre ses mains Joakim, roi de Juda, ainsi qu'une partie des objets sacrés du temple de Dieu. Il les emporta au pays de Babylone, et les déposa dans les trésors de ses dieux.
Le roi ordonna à Ashpénaz, chef de ses eunuques, de faire venir quelques jeunes Israélites de race royale ou de famille noble.
Ils devaient être sans défaut corporel, de belle figure, exercés à la sagesse, instruits et intelligents, pleins de vigueur, pour se tenir à la cour du roi et apprendre l'écriture et la langue des Babyloniens.
Le roi leur assignait pour chaque jour une portion des mets royaux et du vin de sa table. Ils devaient être formés pendant trois ans, et ensuite ils entreraient au service du roi.
Parmi eux se trouvaient Daniel, Ananias, Misaël et Azarias, qui étaient de la tribu de Juda.
Daniel, résolu à ne pas se souiller avec les mets du roi et le vin de sa table, supplia le chef des eunuques de lui épargner cette souillure.
Dieu permit à Daniel de trouver auprès de celui-ci faveur et bienveillance.
Mais il répondit à Daniel : « J'ai peur de mon seigneur le roi, qui a fixé votre nourriture et votre boisson ; s'il vous voit le visage plus défait qu'aux jeunes gens de votre âge, c'est moi qui, à cause de vous, risquerai ma tête devant le roi. »
Or, le chef des eunuques avait confié Daniel, Ananias, Azarias et Misaël à un intendant. Daniel lui dit :
« Fais donc pendant dix jours un essai avec tes serviteurs : qu'on nous donne des légumes à manger et de l'eau à boire.
Tu pourras comparer notre mine avec celle des jeunes gens qui mangent les mets du roi, et tu agiras avec tes serviteurs suivant ce que tu auras constaté. »
L'intendant consentit à leur demande, et les mit à l'essai pendant dix jours.
Au bout de dix jours, ils avaient plus belle mine et meilleure santé que tous les jeunes gens qui mangeaient des mets du roi.
L'intendant supprima définitivement leurs mets et leur ration de vin, et leur fit donner des légumes.
A ces quatre jeunes gens, Dieu accorda science et habileté en matière d'écriture et de sagesse. Daniel, en outre, savait interpréter les visions et les songes.
Au terme fixé par le roi Nabucodonosor pour qu'on lui amenât tous les jeunes gens, le chef des eunuques les conduisit devant lui.
Le roi s'entretint avec eux, et pas un seul n'était comparable à Daniel, Ananias, Misaël et Azarias. Ils entrèrent donc au service du roi.
Sur toutes les questions demandant sagesse et intelligence que le roi leur posait, il les trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et devins de son royaume.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,1-4.
Comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc du trésor.
Il vit aussi une veuve misérable y déposer deux piécettes.
Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tout le monde.
Car tous ceux-là ont pris sur leur superflu pour faire leur offrande, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre.
»


Cy Aelf, Paris

Ce ne peut pas être un hasard. Ce lundi matin, l'Evangile m'a expliqué pourquoi, après la nuit très pénible traversée avant la fête du Christ roi, ce dimanche, j'ai pu tout de même communier et sentir le retour de la Joie. Pourquoi m'étais-je senti si mal ? Parce que je m'étais jugé moi-même indigne de participer à cette Fête. Elle était venue trop vite, je n'étais pas prêt ! Mais comme il arrive souvent en péridode de "déroute spirituelle", c'est l'entraînement acquis sur des années qui m'a sauvé. Je m'y suis rendu tout de même à cette messe et l'homélie du prêtre fondée sur le mot du bon larron m'avait relevé.

Bref, ce lundi matin, les deux petits pièces de la pauvre veuve m'ont confirmé ce que j'avais déjà réalisé la veille: lorsque nous allons à l'église, nous n'avons pas à nous "équiper" des fruits de nos efforts, comme si nous étions des riches devant Dieu, des gens qui peuvent ajouter à sa gloire, mais plus sûrement comme des mendiants de son Amour. Mendiants d'amour, mendiants de paix, mendiants de force et de joie.

La première lecture rejoint ce que je viens d'écrire dans le sens que les trois jeunes israélites détachés pour être au service de Nabucodonosor n'ont absolument rien à lui offrir. Ne seront-ils pas en son pouvoir comme des jouets humains ? Mais du coup, intérieurement, ils sont libres. Ils ne relèvent en fait que de Dieu, de même, exactement, que la veuve désignée par Jésus dans l'Evangile.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Solennité du Christ, roi de l'univers

Message non lupar etienne lorant » lun. 25 nov. 2013, 11:47

Car Dieu est un incroyable mystère : Il n'est pas tout puissant au sens où Sa majesté domine les hommes. Au contraire, Il manifeste sa toute-puissance en se faisant le plus petit, en s'humiliant pour nous, pour le rachat de l'alliance que les hommes ont brisé, et ne cessent de briser chaque fois qu'Il la répare.
Nous attendons Ta venue dans la gloire. Prenons le temps de réfléchir à ce que sera cette gloire d'un Dieu qui règne accroché à la croix. Qui instaure son Royaume en mourrant comme un esclave, un brigand. Qui nous montre comment Il règne en lavant les pieds de ses serviteurs. Le Royaume est déjà là, et pourtant il n'est pas de ce monde : il renverse les valeurs du monde. Quelle image avons-nous de la gloire de Dieu ? Quelle est notre espérance ?
C'est à partir de cet étonnement devant le "pouvoir" de Dieu que surgit l'adoration. Oui, Il a choisi la croix pour trône, et sa royauté est bien inscrite sur ce trône, reconnue par le Pilate, le représentant de l'empereur: Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum. Ce que Pilate a affiché par dérision, Jésus s'en réclame ! Et le prêtre nous a dit avec un petit sourire: "Vous voyez bien que jusqu'à ce jour, ce règne de Jésus demeure - quel roi de ce monde veut de ce trône ?"

Bref, la joie a ressurgi à ce moment-là, et mon étonnement dure encore !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Solennité du Christ, roi de l'univers

Message non lupar etienne lorant » lun. 25 nov. 2013, 15:55

Homélie du Pape François : Insister sur la centralité du Christ

Les lectures bibliques qui ont été proclamées avaient comme fil conducteur la centralité du Christ.

Le Christ centre de la création, du peuple et de l’histoire. Dans la deuxième Lecture, tirée de la Lettre aux Colossiens, l’Apôtre Paul nous offre une vision très profonde de la centralité de Jésus. Il nous le présente comme le Premier-né de toute la création : en lui, par lui et pour lui toutes choses furent créées. Il est le centre de toutes choses, il est le principe. Dieu lui a donné la plénitude, la totalité, pour qu’en lui toutes choses soient réconciliées (cf. 1, 12-20). Cette image nous fait comprendre que Jésus est le centre de la création ; et, par conséquent, l’attitude demandée au croyant, s’il veut être tel, est de reconnaître et d’accueillir dans sa vie cette centralité de Jésus-Christ, dans ses pensées, dans ses paroles et dans ses actions. Quand on perd ce centre, parce qu’on le substitue avec quelque chose d’autre, il n’en vient que des dommages, pour l’environnement autour de nous et pour l’homme lui-même.

Le Christ est le centre du peuple de Dieu

En plus d’être le centre de la création, le Christ est le centre du peuple de Dieu. C’est ce qui nous est exposé dans la première Lecture, qui raconte le jour où les tribus d’Israël vinrent chercher David et, devant le Seigneur, lui donnèrent l’onction de roi sur Israël (cf. 2 S 5, 1-3). À travers la recherche de la figure idéale du roi, ces hommes cherchaient en réalité Dieu lui-même : un Dieu qui se fasse proche, qui accepte de devenir compagnon de route de l’homme, qui se fasse leur frère. Le Christ, descendant du roi David, est le “frère” autour duquel se constitue le peuple, qui prend soin de son peuple, de nous tous, au prix de sa vie. En lui nous sommes un, unis à lui, nous partageons un seul chemin, un seul destin.

Le Christ est le centre de l’histoire de l’humanité et de tout homme

Enfin, le Christ est le centre de l’histoire de l’humanité et de tout homme. C’est à lui que nous pouvons rapporter les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses dont notre vie est tissée. Lorsque Jésus est au centre, même les moments les plus sombres de notre existence s’éclairent, et il nous donne l’espérance, comme cela arrive au bon larron dans l’Évangile d’aujourd’hui. Tandis que tous les autres s’adressent à Jésus avec mépris – “ Si tu es le Christ, le Roi Messie, sauve-toi toi-même en descendant de la croix !” – cet homme, qui a commis des erreurs dans sa vie, mais s’en repend, s’agrippe à Jésus crucifié en implorant : « Souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne » (Lc 23, 42). Et Jésus lui promet : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (v. 43). Jésus prononce seulement la parole du pardon, non celle de la condamnation ; et quand l’homme trouve le courage de demander ce pardon, le Seigneur ne laisse jamais tomber une telle demande.

http://www.news.va/fr/news/le-pape-fran ... -de-la-foi
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
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La foi bannit la crainte

Message non lupar etienne lorant » mer. 27 nov. 2013, 11:46

Le mercredi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de Daniel 5,1-6.13-14.16-17.23-28.

Le roi Balthazar donna un festin magnifique pour les grands du royaume au nombre de mille, et il se mit à boire du vin en leur présence.
Excité par le vin, il fit apporter les vases d'or et d'argent que son père Nabucodonosor avait enlevés au temple de Jérusalem ; il voulait y boire, avec ses grands, ses épouses et ses concubines.
On apporta donc les vases d'or enlevés au temple de Jérusalem, et le roi, ses grands, ses épouses et ses concubines s'en servirent pour boire.
Après avoir bu, ils entonnèrent la louange de leurs dieux d'or et d'argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre.
Soudain on vit apparaître, à la lumière du candélabre, les doigts d'une main d'homme qui se mirent à écrire sur la paroi de la salle du banquet royal. Lorsque le roi vit cette main qui écrivait,
il changea de couleur, son esprit se troubla, il fut pris de tremblement, et ses genoux s'entrechoquèrent.
On fit venir Daniel devant le roi, et le roi lui dit : « Es-tu bien Daniel, l'un des déportés amenés de Juda par le roi mon père ?
J'ai entendu dire qu'un esprit des dieux réside en toi, et qu'on trouve chez toi une clairvoyance, une intelligence et une sagesse extraordinaires.
J'ai entendu dire aussi que tu es capable d'interpréter ce qui arrive et de déchiffrer les énigmes. Si tu es capable de lire cette inscription et de me l'interpréter, tu seras revêtu de pourpre, tu porteras un collier d'or, et tu seras le troisième personnage du royaume. »
Daniel répondit au roi : « Garde tes cadeaux, et offre à d'autres tes présents ! Moi, je lirai au roi l'inscription et je la lui interpréterai.
Tu t'es élevé contre le Seigneur du ciel ; tu t'es fait apporter les vases de son Temple, et vous y avez bu du vin, toi, tes grands, tes épouses et tes concubines ; vous avez entonné la louange de vos dieux d'or et d'argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre, ces dieux qui ne voient pas, qui n'entendent pas, qui ne savent rien. Mais tu n'as pas rendu gloire au Dieu qui tient dans sa main ton souffle et toute ta destinée.
C'est pourquoi il a envoyé cette main et fait tracer cette inscription.
En voici le texte : Mené, Mené, Téqel, Ou-Pharsine.
Et voici l'interprétation de ces mots : Mené (c'est-à-dire : compté) : Dieu a compté les jours de ton règne et y a mis fin ;
Téqel (c'est-à-dire : pesé) : tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé trop léger ;
Ou-Pharsine (c'est-à-dire : partagé) : ton royaume a été partagé et donné aux Mèdes et aux Perses. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,12-19.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : " On portera la main sur vous et l'on vous persécutera; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom.
Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage.
Mettez-vous dans la tête que vous n'avez pas à vous soucier de votre défense.
Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.


Cy Aelf, Paris

Le talent dont a hérité le jeune Daniel, il le tient de sa pureté de coeur, mais également du fait qu'il a été, tout jeune mis à part des autres, mais aussi mis à l'épreuve (à propos des mets interdits par la loi juive). Cette pensée m'est venue comme je marchais dans le froid glacial du matin en direction de la chapelle. Car je me suis souvenu de mes marches de jeune garçon, lorsque tout m'était inconnu, mais rien n'était à craindre.  Que craint-on à douze ans, lorsqu'on se prend pour pour le chevalier Quentin Durward - ou pour Zorro ? (*)  

Cette soudaine joie de vivre, de sentir le froid me glacer les doigts, m'est venue parce que je me sens innocent des maux qui frappent la société dans laquelle je vis, elle qui méprise les pauvres jusqu'à leur faire désirer la mort. (*)

Et de même pour les persécutions que je pourrais, que nous pourrions - et que nous sommes déjà en train de subir en raison de notre baptême. Quelles que seront les circonstances pénibles qui sont devant nous, c'est avec l'Esprit vivifiant du Seigneur que nous aborderons chaque situation, chaque événement. Que dit encore Jésus ?  "Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu" Eh bien, songeons-y : dans toute l'histoire de l'humanité, quel est le chef qui a promis à ses fidèles (ou ses soldats) qu'il ne perdrait pas même un seul cheveu sans que ce cheveu perdu lui soit compté pour sa solde ?

Joie dans les Cieux pour qui cherche Dieu !


(*) A la radio, je venais d'apprendre qu'en Grèce, nombre de sans-logis se sont fait contaminer par le virus du sida  le "HIV" afin de bénéficier d'une allocation mensuelle de 700 euros. Bien sûr, lorsqu'on a faim !


http://www.rtl.be/info/monde/europe/105 ... llocations
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Notre rédemption est toute proche !

Message non lupar etienne lorant » jeu. 28 nov. 2013, 12:30

Le jeudi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de Daniel 6,12-28.

Daniel excitait la jalousie des courtisans parce qu'il avait la faveur du roi Darius. Un jour qu'il était dans sa chambre, en train d'invoquer son Dieu et de le supplier, ces hommes se précipitèrent et le surprirent.
Ils allèrent trouver le roi et lui dirent : « N'as-tu pas signé cette interdiction : Tout homme qui, pendant les trente jours qui viennent, adressera une prière à un dieu ou à un homme autre que le roi, sera jeté dans la fosse aux lions ? » Le roi leur répondit : « Oui, c'est la décision que j'ai prise. Et, selon la loi des Mèdes et des Perses, elle est irrévocable. »
Ils dirent alors au roi : « Daniel, un des déportés de Juda, ne tient pas compte de toi, ni de ton interdiction, ô roi ; trois fois par jour, il fait sa prière. »
Le roi fut très contrarié de ces paroles et se préoccupa de sauver Daniel. Jusqu'au coucher du soleil, il chercha comment le soustraire à la mort.
Les mêmes hommes revinrent à la charge auprès du roi : " N'oublie pas, ô roi, que, selon la loi des Mèdes et des Perses, toute interdiction, tout décret porté par le roi est irrévocable. "
Alors le roi ordonna d'emmener Daniel, et on le jeta dans la fosse aux lions. Il dit à Daniel : « Ton Dieu, que tu sers avec tant de constance, c'est lui qui te délivrera ! »
On apporta une grande pierre, on la plaça sur l'ouverture de la fosse ; le roi la scella avec le cachet de son anneau et celui de ses dignitaires, pour que la condamnation de Daniel fût irrévocable.
Puis le roi rentra dans son palais ; il passa la nuit sans manger ni boire, il ne fit venir aucune concubine, il ne put trouver le sommeil.
Il se leva dès l'aube, au petit jour, et se rendit en hâte à la fosse aux lions.
Arrivé près de la fosse, il appela Daniel d'une voix angoissée : « Daniel, serviteur du Dieu vivant, ce Dieu que tu sers avec tant de constance a-t-il pu te faire échapper aux lions ? »
Daniel répondit au roi : « Que le roi vive éternellement !
Mon Dieu a envoyé son ange, qui a fermé la gueule des lions. Ils ne m'ont fait aucun mal, car j'avais été reconnu innocent devant lui ; et devant toi, ô roi, je n'avais rien fait de criminel. »
Le roi ressentit une grande joie et ordonna de tirer Daniel de la fosse. On l'en retira donc, et il n'avait aucune blessure, car il avait eu foi en son Dieu.
Le roi ordonna d'amener les accusateurs de Daniel et de les jeter dans la fosse aux lions, avec leurs enfants et leurs femmes ; or, avant même qu'ils soient au fond de la fosse, les lions les avaient happés et leur avaient broyé les os.
Alors le roi Darius écrivit à tous les peuples, nations et langues, qui habitent sur toute la terre : « Qu'une paix parfaite vous soit donnée !
Voici le décret que je porte : Dans toute l'étendue de mon empire, on doit craindre et vénérer le Dieu de Daniel, car il est le Dieu vivant, il demeure éternellement ; son règne ne sera pas détruit, sa souveraineté n'aura pas de fin.
Il délivre et il sauve, il accomplit des signes et des prodiges, au ciel et sur la terre, lui qui a sauvé Daniel de la griffe des lions.
»


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,20-28.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : "Lorsque vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, sachez alors que sa dévastation est toute proche. Alors, ceux qui seront en Judée, qu'ils s'enfuient dans la montagne ; ceux qui seront à l'intérieur de la ville, qu'ils s'en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu'ils ne rentrent pas en ville,
car ce seront des jours où Dieu fera justice pour accomplir toute l'Écriture.
Malheureuses les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura une grande misère dans le pays, une grande colère contre ce peuple.
Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés en captivité chez toutes les nations païennes ; Jérusalem sera piétinée par les païens, jusqu'à ce que le temps des païens soit achevé.
Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »


Cy Aelf, Paris

Pour ne pas "prêter le flanc" aux adorateurs d'apocalypses, je ne retiens de l'Evangile qu'en toute époque,  notre rédemption approche. Pourtant, oui, je crois en tout ce que le Seigneur enseigne, mais le danger est bien réel de se plonger dans toutes ces littératures, messages et messageries apocalyptiques et de n'en plus jamais sortir. Ce n'est d'ailleurs que dans le dernier paragraphe que Jésus parle des événements extraordinaires qui précèderont sa seconde venue. Mais ce qu'il dit en premier - et qui concerne ses contemporains, c'est ce qu'il faudra faire pour échapper à la barbarie romaine lors de la destruction de Jérusalem. Jésus nous aime. Il nous aime tous, et il nous aime chacun et chacune en particulier - Il peut sans erreur possible appeler chacun de nous  "mon préféré ou ma préférée", puisqu'il existe en Lui des dimensions de l'amour que nous ignorons.

Le roi Darius, dans la première lecture, en est persuadé lui-même. Le Dieu que vénèrent Daniel et ses compagnons, est tout proche d'eux. Ce n'est pas un dieu qui aime le sang ni les orgies en son nom, mais qui proclame la vérité et prend soin de ceux qui L'aiment et Le prient. Les prières sont entendues puisque ceux qui lui sont fidèles échappent aux pires sévices.

C'est le même Dieu que nous prions en Jésus-Christ.  C'est le même Dieu qui, se souciant de mes propres difficultés, m'a permis ce matin d'accéder à un satut particulier: bus et trains à moitié prix, remboursement des frais médicaux, accès privilégié aux logements sociaux, etc. Tout ce dont je m'étais privé par  "fierté mal placée"...

 
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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