Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

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etienne lorant
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Dimanche : chaque jour en marche vers le Christ

Message non lupar etienne lorant » sam. 12 oct. 2013, 18:26

Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

Deuxième livre des Rois 5,14-17.

Le général syrien Naaman, qui était lépreux descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre d'Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié !
Il retourna chez l'homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n'y a pas d'autre Dieu, sur toute la terre, que celui d'Israël ! Je t'en prie, accepte un présent de ton serviteur. »
Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n'accepterai rien. » Naaman le pressa d'accepter, mais il refusa.
Naaman dit alors : « Puisque c'est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d'autres dieux qu'au Seigneur Dieu d'Israël. »


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-13.
Voici une parole sûre : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons.
Si nous supportons l'épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera.
Si nous sommes infidèles, lui, il restera fidèle, car il ne peut se rejeter lui-même.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17,11-19.
Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance
et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »  En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain.
Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. »


Cy Aelf, Paris

Parmi ceux que Jésus a guéri, un seul des dix lépreux, un Samaritain, fait demi-tour pour rendre grâce et lui manifester sa foi. Jésus les avait tous envoyés se montrer à des prêtres - mais lui seul, en se trouvant guéri, a reconnu le Christ. C'est le même mouvement qui anime Naaman, lorsque le prophète Élisée refuse de se faire honorer: le Syrien comprend qu’Élisée n'a été que l'intermédiaire de la grâce dont il a bénéficié. Ce que je trouve dans les textes de ce dimanche, c'est qu'il n'y a pas de conversion réelle sans un renoncement préalable à tout ce que l'on a cru auparavant. Ainsi, heureux sommes-nous si la foi qui nous anime nous fait adhérer au Christ en renonçant à notre imaginaire et nos constructions mentales.

Beaucoup d'hommes et de femmes qui ne croient pas, sont pourtant capables d'éprouver une forme d'admiration et d'étonnement concernant la personnalité de Jésus. Son discours, ses actes, la manière dont il est passé sur la terre, sans jamais hésiter - même devant la souffrance, suscitent en eux un vif intérêt.  Mais l'admiration n'est pas la foi. Le passage de l'admiration à la foi, c'est une mise en marche de tout l'être, où que la foi puisse nous conduire. C'est ainsi que saint Paul se considère déjà "mort avec lui", afin de vivre avec lui.

Si je jette un regard en arrière, je peux me rendre compte qu'il y a déjà vingt-huit ans que je me suis mis en route. Or, si j'ai marché chaque jour sans hésitation, ce ne peut pas être par mes forces personnelles, mais par la "vie renouvelée" en moi. Je peux manquer à certains de mes devoirs de chrétien, cependant je suis toujours sur ce chemin dès mon réveil. Il me conduit à l'Eucharistie, à la communion, à la miséricorde divine.  Cet hiver encore, il en sera ainsi, car je ne peux m'imaginer vivre autrement. Heureux donc, tous ceux et toutes celles que le désir de rencontrer Jésus poussent à se lever tôt chaque jour !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Dimanche : chaque jour en marche vers le Christ

Message non lupar Peccator » sam. 12 oct. 2013, 22:52

Heureux donc, tous ceux et toutes celles que le désir de rencontrer Jésus poussent à se lever tôt chaque jour !
Béni soyez-vous cher Etienne pour cette dernière phrase. Je n'avais jamais pensé à ça, alors que je déplore avoir tant de mal à me lever tôt (il faut dire que je dors très mal, ça n'aide pas). Mais j'y arrive quand même quand il y a un train à prendre... Alors, se lever tôt pour aller rencontrer Jésus ? Mais bien sûr, quelle évidence ! Comment ne l'avais-je jamais vu ?

Vos méditations sont toujours très pertinente, mais celle d'aujourd'hui pourrait bien être le déclencheur d'un gros changement dans ma vie. Béni soyez-vous, mille fois béni !
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36

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Tous les hommes sont enfants de Dieu

Message non lupar etienne lorant » lun. 14 oct. 2013, 9:58

Le lundi de la 28e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 1,1-7.

Moi Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé par Dieu pour être Apôtre, mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Écritures, je m'adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome.
Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David ;
selon l'Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d'entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.
Pour que son nom soit honoré, nous avons reçu par lui grâce et mission d'Apôtre afin d'amener à l'obéissance de la foi toutes les nations païennes,dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.
Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, que la grâce et la paix soient avec vous tous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,29-32.
Comme la foule s'amassait, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.


Cy Aelf, Paris

Au fil des lectures des dernières semaines, nous avions découvert comment, au moment du retour d'exil à Babylone, les prophètes avaient annoncé la parole Dieu comme n'étant plus seulement, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob - c'est-à-dire le Dieu d'une génération - mais bien plus encore : Dieu es "Seigneur de l'univers".

Or, si les juifs ont bien entendu et reconnu cette nouvelle dénomination, s'ils ont bien voulu que le Dieu des juifs règne sur l'univers - quel privilège pour eux !, par contre, il n'est pas question et ils refusent (il le refusent encore de nos jours) que les hommes de toutes les nations puissent - au même titre qu'eux, entrer dans l'alliance et devenir des enfants d'adoption.

C'est pourtant ce qui va se passer. La lecture de l’épître aux Romains en témoigne: toutes les nations païennes sont appelées et les Romains aussi bien que les autres. On imagine la fureur des prêtres et docteurs de la loi, restés à Jérusalem, à l'égard de l'ancien Saül !

Mais il en est ainsi. On se souvient que, venu à Nazareth, Jésus s'était exclamé que nul n'est prophète en son pays - et il avait rapporté l'envoi d'Elie au secours de la veuve de Sarepta, ainsi que la guérison par Elisée du Syrien Naaman.

Ainsi, le Messie est bel et bien venu. Il est venu d'abord pour le peuple de l'Alliance avec Abraham. Mais son peuple ne l'a pas reconnu - pire, il l'a maltraité et mis à mort. C'est ce que Jésus reproche à sa génération, en s'exprimant devant la foule. Cette fois, il évoque la reine de Saba, venue du bout du monde pour écouter Salomon, mais aussi Jonas, car la ville de Ninive s'est convertie à sa proclamation - tandis la parole du Christ, ils ne veulent pas l'accueillir en dépit des des guérisons et des miracles opérés en leur faveur.

Le prêtre a conclu son homélie en nous invitant tous à nous convertir, nous aussi, car notre foi doit nous conduire à aimer tous les hommes, y compris nos ennemis, du même amour dont nous avons été aimés.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Dimanche : chaque jour en marche vers le Christ

Message non lupar etienne lorant » lun. 14 oct. 2013, 10:59

Merci Peccator

Curieusement, je viens de passer de la lecture de votre post, à un petit mot du Pape François, qui m'inspire de la même manière. Coïncidence ?

http://www.zenit.org/fr/articles/la-foi ... e-de-marie

Le pape exhorte à ne pas être « un chrétien "par à-coups" » mais « un chrétien toujours », c'est-à-dire à ne pas se contenter de dire « oui » une seule fois, mais de « répéter ce « oui » chaque jour ».
Il s'agit de « ne jamais aller sur la route du provisoire », car « la foi est fidélité définitive comme celle de Marie », ajoute-t-il.

Merci pour votre encouragement !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Tous les hommes sont enfants de Dieu

Message non lupar gerardh » lun. 14 oct. 2013, 12:42

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Bonjour,

Seuls les chrétiens sont enfants de Dieu.


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Re: Tous les hommes sont enfants de Dieu

Message non lupar etienne lorant » lun. 14 oct. 2013, 14:03

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Bonjour,

Seuls les chrétiens sont enfants de Dieu.


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Franchement, celle-là, je ne l'avais pas encore entendue. :)

Mais cela signifie sans doute que Naaman le Syrien, la reine de Sabat et les habitants de Ninive, qui se lèveront en même temps que la génération de Jésus, étaient chrétiens sans le savoir, est-ce bien ce que vous dîtes ?
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Re: Tous les hommes sont enfants de Dieu

Message non lupar gerardh » lun. 14 oct. 2013, 17:05

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Hello Etienne,

Je parlais de l'ère chrétienne. Tous les croyants de l'Ancien Testament avaient la foi, donc en eux la vie divine. Cela dit, je ne suis par sur qu'on ait pu malgré tout les appeler "enfants de Dieu".

Par contre les incroyants de toutes les époques ne sont pas enfants de Dieu. On ne peut donc pas dire que tous les hommes sont enfants de Dieu.

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Re: Tous les hommes sont enfants de Dieu

Message non lupar Peccator » lun. 14 oct. 2013, 17:28

S'ils ne sont pas enfants de Dieu, alors qui est leur père ?
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36

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Re: Tous les hommes sont enfants de Dieu

Message non lupar gerardh » lun. 14 oct. 2013, 18:35

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Bonjour,

Les incroyants sont les enfants du diable.

Après sa résurrection le Seigneur a dit aux disciples : "je monte vers mon Dieu et votre Dieu, vers mon Père et votre Père". C'est dans ce sens , et seulement à ce moment là, que les croyants ont pu appeler Dieu leur Père. Mais il est vrai que dans un sens plus large, Dieu est le Père de tous les croyants (voir l'institution du "notre Père", alors que l'on n'était pas alors encore tout à fait dans l'ère chrétienne. dans un sens encore plus large, Dieu est Père de tous (Ephésiens 4, 6).

Cela dit je ne pense pas que la Parole ait employé l'appellation "enfant de Dieu" à d'autres personnes que les chrétiens.

De même Jésus les a appelés "ses frères", mais je ne pense pas qu'à l'inverse on puisse décemment appeler Jésus "notre frère".


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Re: Tous les hommes sont enfants de Dieu

Message non lupar Peccator » lun. 14 oct. 2013, 19:21

Effectivement, en Jn 8, 44, Jésus dit bien "Vous avez pour père le diable et vous voulez faire ce que votre père désire".

Donc en ce sens, vous avez raison : ceux qui s'opposent au Christ cherchent à faire le désir du diable, ils ont renié leur créateur et père pour se choisir un nouveau père, c'est à dire un nouveau maître.


Mais pourtant, les incroyants sont aussi enfants de Dieu, comme tout le monde, puisque toute vie vient de Dieu.

Relisons la parabole du fils prodigue. Les incroyants sont des enfants qui ont quitté la maison du Père. Pire : ils ont réclamé par avance leur héritage, agissant comme si leur Père était mort : ils cherchent donc à vivre comme si leur père n'existait pas. Ils renient leur Père, comme malheureusement parfois des enfants renient leurs parents.
Mais si, comme le fils prodigue, ils se mettent en route pour rentrer à la maison, leur père accouru devant eux, devant ses fils qui étaient morts et reviennent ainsi à la vie.

A ce titre, ils sont donc bien des enfants de Dieu : encore faut-il qu'ils se décident à revenir à la vie, à retourner vivre dans la famille de leur Père.



On ne peut pas appeler Jésus "mon frère", parce qu'Il est Dieu. Mais puisqu'il est homme, nous pouvons malgré tout l'appeler parfois "notre frère en humanité".
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36

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En Dieu, dépossédés de nous-mêmes

Message non lupar etienne lorant » mar. 15 oct. 2013, 9:55

Le mardi de la 28e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 1,16-25.


Depuis la création du monde, les hommes, avec leur intelligence, peuvent voir, à travers les œuvres de Dieu, ce qui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité. Ils n'ont donc pas d'excuse, puisqu'ils ont connu Dieu sans lui rendre la gloire et l'action de grâce que l'on doit à Dieu. Ils se sont laissé aller à des raisonnements qui ne mènent à rien, et les ténèbres ont rempli leurs cœurs sans intelligence.
Ces soi-disant sages sont devenus fous; ils ont échangé la gloire du Dieu immortel contre des idoles représentant l'homme mortel ou des oiseaux, des bestiaux et des serpents.
Voilà pourquoi, à cause des désirs de leur cœur, Dieu les a livrés à l'impureté, de sorte qu'ils déshonorent eux-mêmes leur corps. Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge ; ils ont adoré et servi les créatures au lieu du Créateur, lui qui est béni éternellement. Amen.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,37-41.
Comme Jésus parlait, un pharisien l'invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table. Le pharisien fut étonné en voyant qu'il n'avait pas d'abord fait son ablution avant le repas.
Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais à l'intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.
Insensés ! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ?
Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.



Cy Aelf, Paris

Dans la première lecture de ce jour, j'ai gardé la partie du texte de la lettre saint Paul par laquelle  le prêtre a dénoncé nos "idoles modernes" - qui ne sont plus des statues d'animaux déifiés, comme Moloch et Baal, mais des raisonnements sur l'homme, des idéologies qui sont comme des "rêveries malodorantes". Parmi celles-ci, le fameux  "Gender", qui permet à chaque être humain non seulement de décider à quelle sexe il appartient - mais aussi de demeurer dans l'indécision. Puis il a cité l'avortement, l'euthanasie, le suicide assisté... avec, à côté de cela, des manipulations génétiques qui permettraient de prolonger la vie humaine de façon artificielle pendant très longtemps, mais sans pour autant lui conférer un sens.
Tout comme les anciens idolâtres, nombreux les "humains" de notre temps se livrent à l'impureté et vivent dans un mensonge perpétuel.

L’évangile, en toute simplicité, vient rétablir la vérité dans ce que déclare Jésus au pharisien lors de sa visite chez lui. Bien sûr, Jésus a saisi le jugement du pharisien à son encontre: il ne s'est pas purifié par l'ablution rituelle. Or, ce n'est pas par la mise en oeuvre de rites extérieurs qu'un homme peut rendre juste son coeur et purifier son âme, mais c'est par l'aumône de ce que l'on possède.

Cette affirmation de Jésus est moins simple à comprendre qu'il y paraît !  Les fidèles dans l'Eglise n'ont plus l'obligation de procéder à des ablutions avant un repas, mais donnent-ils en aumônes ce qu'ils ont avant de passer à table ?  Ce qui compte, ce qui doit compter pour nous, c'est le fait de ressentir qu'à chaque minute  nous recevons notre vie de Dieu et que, Dieu n'étant pas visible, s'identifie sans cesse à notre prochain.

Telle est donc la bonne manière de vivre et de penser notre vie: en étant ancrés dans l'amour de Dieu et en pratiquant la charité. Il nous faut en tout temps chercher à nous déposséder du "trop plein" des bonnes considérations que nous avons si souvent de nous-mêmes...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Miséricorde invoquée et miséricorde pratiquée

Message non lupar etienne lorant » mer. 16 oct. 2013, 10:01

b]Le mercredi de la 28e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 2,1-11. [/b]
Toi, l'homme qui juges les païens, tu n'as pas d'excuse non plus : quand tu juges les autres alors que tu fais comme eux, tu te condamnes toi-même en les jugeant.
Or, nous savons que Dieu jugera selon la vérité ceux qui font de telles choses.
Et toi, l'homme qui juges ceux qui font de telles choses, et qui les fais toi-même, penses-tu échapper au jugement de Dieu ?
Ou bien méprises-tu ses trésors de bonté, de patience et de générosité, en refusant de reconnaître que cette bonté de Dieu te pousse à la conversion ?
Avec ton cœur endurci, qui ne veut pas se convertir, tu accumules la colère contre toi pour le jour de la colère, où sera révélé le juste jugement de Dieu,
lui qui rendra à chacun selon ses œuvres : pour ceux qui font le bien avec persévérance et recherchent ainsi la gloire, l'honneur et la vie impérissable, ce sera la vie éternelle ;
mais pour les partisans de la révolte, qui se refusent à la vérité pour se donner à l'injustice, ce sera la colère et l'indignation.
Oui, détresse et angoisse pour tout homme qui fait le mal, d'abord le Juif, et aussi le païen,
mais gloire, honneur et paix pour tout homme qui fait le bien, d'abord le Juif, et aussi le païen.
Car Dieu ne fait pas de différence entre les hommes.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,42-46.
Jésus disait : "Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous laissez de côté la justice et l'amour de Dieu. Voilà ce qu'il fallait pratiquer, sans abandonner le reste.
Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous aimez les premiers rangs dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques.
Malheureux êtes-vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. »
Alors un docteur de la Loi prit la parole : « Maître, en parlant ainsi, c'est nous aussi que tu insultes. » Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt.



Cy Aelf, Paris

"Dieu ne fait pas de différence entre les hommes", conclut saint Paul. A l'époque où il écrit cette lettre, la communauté chrétienne de Rome était constituée en partie de juifs convertis et de romains convertis. Et naturellement (la nature humaine étant ainsi faite), les juifs convertis s'imaginaient posséder une priorité devant Dieu et une autorité sur les autres convertis. Mais ces derniers, d'origine païenne, s'ils se mettaient à leur tour à condamner ceux qui prétendaient avoir autorité sur eux, cessaient de même à vivre selon la foi. Mais ce qui compte, puisque Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, c'est de "faire le bien avec persévérance".

Dans l’Évangile, Jésus plaint, plus qu'il ne condamne (il ne dit pas "Malheur à vous !", mais: "Malheureux êtes-vous"), les pharisiens et les docteurs de la Loi, car ils ont détourné celle-ci et l'on rendue inopérante en vue du salut. En effet, ils ont surestimé les petits préceptes - comme le paiement des dîmes sur les plantes du jardin, à la pratique de la justice et à l'amour de Dieu.
Et tout en agissant ainsi, ils s'estiment eux-mêmes meilleurs que tous leurs congénères. En sorte que cette bonne appréciation qu'ils ont d'eux-mêmes qui sera la raison même de leur chute finale.

Pour nous aussi, fidèles à l'Eglise, fidèles aux pratiques et aux sacrements, nous sommes bien malheureux si nous nous imaginons que la pratique extérieure suffit pour nous assurer le salut ! Au contraire, car en sortant de la messe, c'est devant la peine et la souffrance d'autrui que Jésus nous attend...

De plus en plus, et pratiquement de jour en jour, le nombre de personnes en situation de pauvreté ne cesse d'augmenter. L'hiver approche. Pour les SDF, les abris de nuit sont en nombre limité par rapport aux besoins. Les besoins sont de plus en plus importants. Eh bien, si nous jugeons que les pauvres sont responsables de leur situation, et que la prière d'intercession suffit, notre pratique religieuse n'est pas bien meilleure que celle des pharisiens.

Une fois n'est pas coutume : aujourd'hui, je voudrais confier à tous une intention qui m'est venue: au cours de cette semaine, je dois résilier une assurance "protection juridique" que j'avais prise en cas d'accident de voiture (je n'ai plus d'auto depuis juillet !). Eh bien, la somme que j'aurais dû payer, je veux qu'elle serve à apporter un peu de réconfort à l'un de ces malheureux qui viennent parfois me parler... Je communie chaque jour - je ne peux pas faire moins !
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Re: Miséricorde invoquée et miséricorde pratiquée

Message non lupar gerardh » mer. 16 oct. 2013, 11:06

________

Bonjour,

Les passages de Romains 1, 16 à Romains 3,31 forment un tout et sont d'une grande importance. L'apôtre classe l'humanité en 3 catégories : 1°) l'homme non juif, ordinaire, lambda" 2°) l'homme non juif instruit, éclairé 3°) le juif.

A l'issue de son raisonnement il aboutit pour tous à la même conclusion : "Il n'y a point de juste, non pas même un seul" (3, 10 citant le Psaume 14). Il conclut que tous sont perdus par nature et ont absolument besoin de croire en un Jésus sauveur par son œuvre à la croix.

(Bravo pour votre exercice à propos de l'assurance protection juridique. Notre Protecteur est bien plus puissant que cette assurance).

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Re: Miséricorde invoquée et miséricorde pratiquée

Message non lupar Fée Violine » mer. 16 oct. 2013, 13:27

(Bravo pour votre exercice à propos de l'assurance protection juridique. Notre Protecteur est bien plus puissant que cette assurance).
En fait, ce n'est pas vraiment un acte de confiance en Dieu seul, puisque Étienne n'a plus besoin du tout de cette assurance. Mais c'est un bel acte de charité. :fleur:

Par ailleurs, je voudrais apporter un commentaire sur l'évangile du jour, proposé par le site "Évangile au quotidien":
Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
Sermon « Ceremonies of the Church » ; PPS, vol. 2, n°7


La tradition et la volonté de Dieu

Peu importe la façon dont nous apprenons à connaître la volonté de Dieu, que ce soit par l'Écriture, par la tradition apostolique, ou par ce que saint Paul appelle la « nature » (cf Rm 1,20), pourvu que nous soyons sûrs que c'est bien sa volonté. En réalité, Dieu nous révèle le contenu de la foi par l'inspiration, parce que c'est de l'ordre surnaturel. Mais il nous révèle les questions pratiques du devoir moral par notre propre conscience et notre raison divinement guidée.

Les questions de pure forme, il nous les révèle par la tradition de l'Église, par l'usage qui nous les fait mettre en pratique, bien qu'elles ne relèvent pas de l'Écriture. Ceci pour répondre à la question que nous pouvons nous poser nous-mêmes : « Pourquoi donc observer des rites et des formes que l'Écriture ne prescrit pas ? » L'Écriture nous transmet ce qu'il faut croire, ce vers quoi il faut tendre, ce que nous devons maintenir. Mais elle ne dit pas la façon concrète de le faire. Puisque nous ne pouvons le faire que de telle ou telle façon précise, nous sommes bien forcés d'ajouter quelque chose à ce que nous dit l'Écriture. Elle nous recommande par exemple de nous réunir pour la prière et elle lie son efficacité...à l'union des cœurs. Mais comme elle n'indique pas le moment ni le lieu de la prière, l'Église doit compléter ce que l'Écriture s'est contentée de prescrire de façon générale...

On peut dire que la Bible nous donne l'esprit de notre religion ; l'Église, elle, doit façonner le corps où cet esprit s'incarne... La religion n'existe pas de façon abstraite... Les gens qui essaient d'adorer Dieu d'une manière (disent-ils) « purement spirituelle » finissent en fait par ne plus l'adorer du tout... L'Écriture donc nous donne l'esprit de notre dévotion, et l'Église son corps. Et comme nous ne pouvons pas voir l'esprit d'un homme sans l'intermédiaire de son corps, ainsi nous ne pouvons pas comprendre l'objet de notre foi sans sa forme extérieure.

gerardh
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Re: Miséricorde invoquée et miséricorde pratiquée

Message non lupar gerardh » mer. 16 oct. 2013, 14:20

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Bonjour Fée,

Vous ne vous étonnerez pas si je ne suis pas d'accord avec le commentaire que vous avez posté.


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