Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Re: Le jour du Fils de l'homme

Message non lupar etienne lorant » ven. 16 nov. 2012, 15:01

Je trouve ces correspondances dans l'Ancien et le Nouveau testament :

Élisée : un nom encore souvent donné dans les familles chrétiennes en Afrique. Il vient de l'hébreu et signifie seigneur dieu (El-Yah). Dans la Bible, Élisée est un prophète disciple d'un autre prophète, Élie, au VIIIe siècle avant le Christ. On trouve le récit de la vocation d'Élisée, appelé par Élie à prendre sa suite, dans le Ier Livre des Rois, chapitre 19. Élie trouve Élisée en train de labourer : il avait à travailler douze arpents de terre et il en était au douzième. Élie passe près de lui et lui jette son manteau. Élisée abandonne ses bœufs, court après Élie et lui demande : "Permets que j'aille embrasser mon père et ma mère, et ensuite je te suivrai". Élie lui réplique : " Va, retourne, que t'ai-je donc fait ?" Élisée repart donc, d'abord sans le suivre. Il prend sa paire de boeufs pour l'offrir en sacrifice et fait cuire leur viande qu'il donne à manger aux siens. Puis il se lève, suit Élie et demeure à son service.

Dans l'Évangile, Jésus reprend cet appel d'Élie pour la mission, en le rendant plus radical encore. A quelqu'un qui lui promet de le suivre après avoir fait ses adieux aux gens de sa maison, le Seigneur répond : "Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n'est pas fait pour le Royaume de Dieu" (Luc 9. 62).

Même si Élisée n'a pas la stature de son maître Élie, au verbe de feu, il poursuivra son oeuvre. Aux origines du prophétisme biblique, après Samuel et le roi David, tous deux incarnent déjà ce qu'est un prophète du vrai Dieu. Élisée est un "frémissant du Dieu Unique et Saint" : il en a fait une expérience intime, en recevant révélation de son message. Le prophète est guetteur et veilleur de la Parole de Dieu. Il est important de se souvenir que Jésus, en sa première prédication dans la synagogue de Nazareth, fait référence à la fois à Élie et à Élisée. Il rappelle la compassion d'Élie pour la veuve qui vivait à Sarepta et la guérison, par le ministère d'Élisée, de Naaman le Syrien : deux païens auxquels le Dieu d'Israël fait accueil et miséricorde (Luc 4. 25-30).
Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP
Spoiler!
Il me semble que le Seigneur, dans notre propre intérêt, nous invite à savoir vraiment trancher entre le vécu et le Royaume, car notre foi doit être mise à l'épreuve, comme l'or est "vérifié par le feu".
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Le jour du Fils de l'homme

Message non lupar mike.adoo » ven. 16 nov. 2012, 19:02


Oui, vous avez raison, je me range à votre argument. Il faudrait donc dire autrement, car la femme de Loth a tout de même été transformée en statue de sel en se retournant - probablement pour voir le toit de sa maison natale. Je sèche un peu, pour l'instant. Que proposeriez-vous ? Quelle est l'erreur commise par cette femme ?
Loth , en quittant sa maison écoute la parole de Dieu . La femme de Loth se contente de suivre son mari . Ce n'est pas un choix mais un simple devoir d'épouse .
Loth , en quittant sa patrie , se place au même rang qu'Abraham ; Sa femme , à l'instar de Saraï , doute .

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MariaMagdala
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Re: Le jour du Fils de l'homme

Message non lupar MariaMagdala » ven. 16 nov. 2012, 22:29

Bonjour à toutes et à tous,

Est ce que quelqu'un pourrait m'expliquer comment comprendre l'évangile du jour?

Je comprend l'idée symbolique de ne pas s'attacher au matériel et de suivre le Christ.
Mais le texte de Luc m'a vraiment effrayé, parce qu'il par les " des jours du Fils de l'Homme".
.
Le Déluge et la destruction de Sodome est a considérer comme des faits réels? Si oui alors pourquoi ne pas prendre ces jours du Fils du l'Homme comme des faits a venir.

Notre monde est en dérive, on peut penser que l'apocalypse est proche et je ne parle pas de thèse maya...
Donc ce texte m'angoisse énormément. Une personne sera prise et l'autre laissée, laquelle est celle qui est sauvée?

Merci de m'expliquer cette partie de l'Evangile .

Bonne soirée a toutes et tous!

God bless you!
" A celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera retiré" (Mc 4,25)
" A celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir " (Lc 8,18)
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etienne lorant
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Prier - l'Eucharistie perpétuée

Message non lupar etienne lorant » sam. 17 nov. 2012, 11:26

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,1-8.
Jésus disait une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes.
Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : 'Rends-moi justice contre mon adversaire. '
Longtemps il refusa ; puis il se dit : 'Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer : je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête. ' »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice !
Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu'il les fait attendre ?
Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »


Qui nous rendra justice contre notre adversaire ? Comment obtenir la paix, le bonheur, la joie de vivre dans ce monde devenu démon pour l'homme ? En ce temps qui prétend réduire l'être humain à son poids de chair, à sa biologie, à sa chimie, à ses nerfs, à son mental, à ses pulsions ? Qui nous rendra juste devant le Père, si ce n'est le Fils ? Mais le Christ, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

En songeant à ce verset, m'est revenu en mémoire le dernier livre du père Jean Lafrance "Jour et Nuit" dans lequel il confie - comme un testament, sa prière afin que le Christ trouve la foi sur la terre lorsqu'il reviendra. J'aurais bien aimé le citer mais je n'ai trouvé que ceci :

" Le chrétien vit, mais il n’a pas conscience de ce qu’il porte en lui. C'est un endormi qui laisse sommeiller en son cœur les énergies de l’Esprit. Dans l’Évangile, le Christ ne cesse de nous dire qu’il faut veiller et prier, derrière la porte, pour attendre son retour : Veillez… Tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n'y penserez pas (Mt 24, 42-44).
Le Christ nous avertit qu'il reviendra la nuit, nous laissant entendre par-là qu'il ne faut pas dormir. Durant l’agonie, il reprochera aux Apôtres de dormir : Simon, tu dors! Tu n’as pas eu la force de veiller une heure? (Mc 14, 37).
C'est pourquoi Jésus oppose à l’homme qui est vigilant le serviteur oublieux de Dieu; aux vierges sages, il oppose les vierges folles qui n’attendent plus le retour de l’Époux. Les Pères de l’Orient nous disent que le seul péché est de ne plus être sensible au Christ ressuscité, de ne plus attendre celui qui ne cesse de
frapper à la porte de notre cœur, car il ne faut pas se méprendre sur le sens du retour du Christ. Le Seigneur ne vient pas à notre rencontre du dehors, mais il est réellement le mendiant de l’amour qui frappe du dedans. L'Esprit Saint gémit au fond de notre cœur et attend la libération d’une nouvelle naissance : " Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je dînerai avec lui et lui avec moi (Ap 3, 20). Il s’agit, bien sûr, d'une cène intériorisée que le Seigneur prend avec nous, dans la chambre haute de notre âme, et qui nous fait demeurer en lui et lui en nous. Ainsi la prière continuelle apparaît toujours dans la droite ligne de l’Eucharistie perpétuée."

J'ai souligné la dernière ligne, car elle répond favorablement à mon angoisse matinale du samedi, puisque je ne dispose plus, le samedi, en ville, de la possibilité de communier avant de me rendre à mon travail.

Je n'ai cité que cet extrait, mais pour ceux qui le souhaiteraient voici un lien intéressant :

Spoiler!
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Le jour du Fils de l'homme

Message non lupar mike.adoo » sam. 17 nov. 2012, 11:39

Bonjour à toutes et à tous,

Est ce que quelqu'un pourrait m'expliquer comment comprendre l'évangile du jour?

Je comprend l'idée symbolique de ne pas s'attacher au matériel et de suivre le Christ.
Mais le texte de Luc m'a vraiment effrayé, parce qu'il par les " des jours du Fils de l'Homme".
.
Le Déluge et la destruction de Sodome est a considérer comme des faits réels? Si oui alors pourquoi ne pas prendre ces jours du Fils du l'Homme comme des faits a venir.

Notre monde est en dérive, on peut penser que l'apocalypse est proche et je ne parle pas de thèse maya...
Donc ce texte m'angoisse énormément. Une personne sera prise et l'autre laissée, laquelle est celle qui est sauvée?

Merci de m'expliquer cette partie de l'Evangile .

Bonne soirée a toutes et tous!

God bless you!
Bonjour MariaMagdala

Que de questions dans votre message ! Par contre , ces questions sont très intéressantes et chacune mérite un ( long ) commentaire . Permettez-moi de commencer par la fin .
Vous écrivez : Donc ce texte m'angoisse énormément. Une personne sera prise et l'autre laissée, laquelle est celle qui est sauvée?

Ce qui me parait intéressant , c'est moins de donner une réponse que d'ouvrir sur une réflexion :

Si l'on considère que ce choix est une affaire de hasard , alors , la question nous renvoie au texte sur la tour de Siloé ( Luc 13 ) qui traite de la conversion .

On peut aussi comprendre que deux personnes en tous points semblables ( apparemment ) ont fait des choix de vie différents . L'une est athée , par exemple , et l'autre est attachée à la parole du Christ . Dans ce cas , même si elles meurent toutes les deux , leur sort , dans l'autre monde , sera différent et en rapport direct avec leur choix .

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Re: Le jour du Fils de l'homme

Message non lupar mike.adoo » sam. 17 nov. 2012, 12:01

Bonjour à toutes et à tous,

Est ce que quelqu'un pourrait m'expliquer comment comprendre l'évangile du jour?
Notre monde est en dérive, on peut penser que l'apocalypse est proche et je ne parle pas de thèse maya...
Merci de m'expliquer cette partie de l'Evangile .

Bonne soirée a toutes et tous!

God bless you!
Concernant cette partie , je vous suggère de lire cet article sur l'île de Paques http://catechisme-adulte.blogspot.fr/2 ... nite.html

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Dimanche : Le triomphe de la génération du Christ

Message non lupar etienne lorant » sam. 17 nov. 2012, 19:50

Trente-troisième dimanche du temps ordinaire

Livre de Daniel 12,1-3.
Moi, Daniel, j'ai entendu cette parole de la part du Seigneur : " En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui veille sur ton peuple. Car ce sera un temps de détresse comme il n'y en a jamais eu depuis que les nations existent. Mais en ce temps-là viendra le salut de ton peuple, de tous ceux dont le nom se trouvera dans le livre de Dieu.
Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s'éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles. Les sages brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude resplendiront comme les étoiles dans les siècles des siècles. »


Psaume 16(15),5.8.9-10.11.
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m'abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m'apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !



Lettre aux Hébreux 10,11-14.18.
Dans l’ancienne Alliance, les prêtres étaient debout dans le Temple pour célébrer une liturgie quotidienne, et pour offrir à plusieurs reprises les mêmes sacrifices, qui n’ont jamais pu enlever les péchés.
Jésus Christ, au contraire, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s'est assis pour toujours à la droite de Dieu.
Il attend désormais que ses ennemis soient mis sous ses pieds.
Par son sacrifice unique, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qui reçoivent de lui la sainteté.
Or, quand le pardon est accordé, on n'offre plus le sacrifice pour les péchés.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13,24-32.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « En ces temps-là, après une terrible détresse, le soleil s'obscurcira et la lune perdra son éclat. Les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées.
Alors on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire.
Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, de l'extrémité de la terre à l'extrémité du ciel.
Que la comparaison du figuier vous instruise : Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l'été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l'homme est proche, à votre porte.
Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive.
Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.


Les lectures de ce dimanche sont belles et fortes, je n'ai donc pas voulu en détacher une parmi les autres, mais je les contemple toutes... Bien entendu, certaines images causent de l'émoi : une terrible détresse, le soleil qui s'obscurcit, la lune qui perd son éclat... mais la comparaison du figuier est douce et contredit l'effroi : "...vous savez que l'été est proche" et de la même façon vous saurez que "le Fils de l'homme est proche, à votre porte". Le retour en gloire de Jésus, c'est l'été qui revient, c'est l'été qui demeure.

Ainsi, Jésus confirme les anciennes prophéties : toutes se concrétisent en Lui. Et la génération du Christ ne passera pas avant que tout ne soit accompli. Tout est clair. Tout est clarté et lumière. Et cela signifie également qu'aucune ombre ne subsistera.

A partir de ce dimanche, comme la nuit ronge la journée de plus en plus tôt, je comprends que le moment est venu pour moi de me préparer à vivre de la lumière qui luit dans les ténèbres et que les ténèbres ne peuvent retenir - comme il est écrit dans la prologue de l'Evangile selon saint Jean. Fasse le Seigneur que je rayonne autour de moi sans que je puisse m'en rendre compte. Quel que soit le moment, que je sois tout attentif à la gloire qui descend du ciel, plutôt que de monter de la terre. Qu'il me soit donné de vivre ce renversement intérieur : de m'abaisser afin d'être mieux relevé.

Je prie que les soucis, les chagrins et les peurs de ceux et celles qui communient avec moi dans le Seigneur soient apaisés, comme je suis apaisé par la certitude de triomphe final du Seigneur Jésus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le serviteur mauvais et les ennemis du roi

Message non lupar etienne lorant » mer. 21 nov. 2012, 11:50

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,11-28.
Comme on écoutait Jésus, il ajouta une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem et que ses auditeurs pensaient voir le royaume de Dieu se manifester à l'instant même.
Voici donc ce qu'il dit : « Un homme de la grande noblesse partit dans un pays lointain pour se faire nommer roi et rentrer ensuite chez lui.
Il appela dix de ses serviteurs, leur distribua dix pièces d'or et leur dit : 'Faites-les fructifier pendant mon voyage. '
Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : 'Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous. '
Mais quand il revint après avoir été nommé roi, il convoqua les serviteurs auxquels il avait distribué l'argent, afin de savoir comment chacun l'avait fait fructifier.
Le premier se présenta et dit : 'Seigneur, ta pièce d'or en a rapporté dix. '
Le roi lui dit : 'Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l'autorité sur dix villes. '
Le second vint dire : 'Ta pièce d'or, Seigneur, en a rapporté cinq. '
A celui-là, le roi dit encore : 'Toi, tu seras gouverneur de cinq villes. '
Un autre encore vint dire : 'Seigneur, voici ta pièce d'or, je l'avais mise de côté dans un linge.
En effet, j'avais peur de toi : tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n'as pas déposé, tu moissonnes ce que tu n'as pas semé. '
Le roi lui dit : 'Je vais te juger d'après tes propres paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n'ai pas déposé, que je moissonne ce que je n'ai pas semé ;
alors pourquoi n'as-tu pas mis mon argent à la banque ? A mon arrivée, je l'aurais repris avec les intérêts. '
Et le roi dit à ceux qui étaient là : 'Retirez-lui la pièce d'or et donnez-la à celui qui en a dix. '
On lui dit : 'Seigneur, il en a déjà dix ! - Je vous le déclare : celui qui a recevra encore ; celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.
Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et mettez-les à mort devant moi. ' »
Après avoir dit ces paroles, Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem.




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Cet homme, qui faisait partie des proches serviteur du futur Roi, déclare qu'il a eu peur. C'était un homme faible et c'est pourquoi, contrairement à ce que j'ai parfois entendu dans des homélies, son maître ne lui avait confié que peu de travail à accomplir durant son absence. Mais si quelqu'un a peur, il trouve assez vite quelque chose à faire pour y remédier: il se construit des défenses, il s'arme moralement, il prend conseil, etc. Mais l'homme de la parabole, parce qu'il est aussi faible qu'effrayé - c'est bien un faible sinon son maître lui aurait confié plus de travail, est tombé jusqu'à la paresse et il a enterré la pièce d'or. Détail évocateur: il a placé cette pièce d'or dans un simple linge, alors qu'une petite boîte en métal n'eût pas été un luxe !

L’Évangile ne dit pas ce qu'il est advenu de ce serviteur mauvais. Par contre, tous ceux qui ont refusé que le Roi règne sur eux seront mis à mort à la fin. Il y a punition et il y a mise à mort, lors de la venue du grand Roi !

Pour moi, tous ces hommes qui seront mis à mort, ce sont ceux qui refusent Dieu. Se déclarer athée ou agnostique n'est la justification de rien. C'est faire comme si la conscience n'existait pas. Je connais des hommes forts, des travailleurs de chantier, qui ont déjà atteint la soixantaine et sont forts et solides, qui jouissent de tout... eh bien, ils ont déjà signé des documents légaux pour se faire euthanasier aussitôt qu'on leur aura dit: vous souffrez de telle maladie incurable. Mais en attendant, ils ne se refusent aucun plaisir. Je connais encore - par une relation, un homme riche qui est passé à l'acte : il est entré pour un mois en chambre d'hôpital, on lui a placé une perfusion avec autant de morphine qu'il voulait, il a eu tout le confort possible, et au cours d'une nuit, dans son sommeil, un "médecin" est passé pour injecter le poison fatal dans sa perfusion. Sa propre famille n'a rien pu y faire, mais de toute manière, de quel amour est capable un homme qui croit à la séparation totale et définitive d'avec les personnes aimées. Pour moi, cet homme, n'aimant pas l'Amour, n'aimait pas non plus les siens - sinon par pur égocentrisme.

La peur d'un côté, le rejet complet de l'autre, mais avec la consolation des saints, tout cela Jésus l'éprouve au moment de monter vers Jérusalem. Remarquez comme le texte est encadré au commencement du texte et à la fin : "Il ajouta une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem" et "près avoir dit ces paroles, Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem."

Note: notre prêtre nous a dit que pour un juif, et encore de nos jours, prêter de l'argent avec intérêt est interdit par la Loi entre juif - mais prêter avec intérêt à un non-juif, cela est permis. J'ignorais cette règle-là !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Le serviteur mauvais et les ennemis du roi

Message non lupar etienne lorant » mer. 21 nov. 2012, 12:15

J'ai trouvé que ce simple fait divers confirme ce que j'ai dit des athées comme des agnostiques - s'ils ne sont pas ennemis de Dieu au départ, ils le deviennent tôt ou tard:

Voici ce que cet homme a fait, en apprenant qu'il était condamné par la maladie:

Le policier policier retraité de Herstal qui a abattu, hier, son ex-beau-fils et son ex-femme, puis qui s’est jeté sous un train, a laissé une lettre d’explications: il se savait condamné et a voulu régler ses comptes.

Retraité depuis 2009, Jean-Marie Mulkens (63 ans) vivait chez sa fille aînée, rue Varin, dans le quartier des Guillemins. Divorcé, il avait toutefois conservé de bonnes relations avec son ex-femme Marianne Frenoy (46 ans), avec qui il a une fille âgée de 14 ans.

Mardi matin, Jean-Marie Mulkens a pété les plombs et a décidé de régler ses comptes. Il a sauté dans son Opel Vectra grise, en prenant soin d’emporter une arme avec lui. Direction: Hotton.

Peu avant midi, l’ancien policier s’est rendu chez Michaël Gyse, l’ancien compagnon de sa fille aînée. Jean-Marie Mulkens est entré et a fait feu sur l’homme. Deux balles l’ont notamment touché à l’arrière de la tête.

Puis, Jean-Marie Mulkens a repris le volant et est revenu à Herstal, chez son ex-femme. Marianne Frenoy était dans son appartement, au rez-de-chaussée. Jean-Marie Mulkens l’a abattue froidement d’une balle dans la nuque.

Ensuite, il s’est rendu à quelques kilomètres de là, près des voies de chemin de fer où il s’est jeté sous un train.

Les policiers ont découvert une lettre, écrite par Jean-Marie Mulkens quelques heures avant le drame. L’homme y expliquerait qu’il se savait condamné par la maladie. Et qu’il avait, dès lors, décidé de régler ses comptes
Spoiler!
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le secret du petit livre

Message non lupar etienne lorant » jeu. 22 nov. 2012, 10:39

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,41-44.
Quand Jésus fut près de Jérusalem, en voyant la ville, il pleura sur elle ; il disait : « Si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix ! Mais hélas, cela est resté caché à tes yeux. Oui, il arrivera pour toi des jours où tes ennemis viendront mettre le siège devant toi, t'encercleront et te presseront de tous côtés ; ils te jetteront à terre, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Pourquoi la ville de Jérusalem sera-t-elle détruite, pourquoi deviendra-t-elle le "domaine des lézards et des araignées" ? Jésus ne dit pas : c'est du fait que vous ne m'avez pas reconnu, mais bien: vous n'avez pas reconnu ce qui peut donner la paix. Cette paix, c'est la présence de Dieu qui peut la donner. Et Dieu donne paix et assurance à tous ceux et toutes celles qui veulent bien Le reconnaître. Dans la lecture de l'Apocalypse, qui précède cet Évangile, l'apôtre Jean aperçoit un livre scellé que nul ne peut ouvrir, et il verse beaucoup de larmes. Mais pourquoi ce livre ne peut-il être ouvert ? Car le Christ, par son sacrifice d'amour, est le seul homme qui puisse ouvrir le coeur des hommes à la présence de Dieu.

C'est encore vrai de nous jours ! Quiconque, dans le monde, entreprend - sans y livrer toute sa personne, de découvrir ce qu'il y a dans les Évangiles, n'y trouve que des contradictions, des illogismes, des mots qui entrent en conflit avec l'intelligence et la raison. C'est que le "petit livre", comme il est nommé dans l'Apocalypse, doit être mangé et assimilé par le lecteur avant être "compris"... Je puis en parler, moi qui, avant ma conversion, m'y heurtais comme la tête sur un mur. Mais du jour où j'ai 'saisi' l'amour et l'amour jusqu'aux larmes, que Jésus éprouvait pour son Père et pour l'homme... j'ai commencé d'aimer et le Livre a cessé soudainement d'être scellé pour moi.

Jérusalem n'a pas reconnu le Christ et donc, son sort est devenu celui de toutes les capitales des nations dans le monde, et des nations elles-mêmes. Elles se retrouvent livrées aux jeux des idéologies, lesquelles, par vagues régulières dans l'histoire du monde, mènent aux guerres, aux massacres et aux destructions.
Mais heureux sommes-nous: abaissés, nous avons été relevés; reconnus pécheurs, nous avons été appelés; dignes de châtiments, nous avons été pardonnés. Seul le Seigneur pouvait accomplir cela et il l'a accompli lorsque nous l'avons reconnu. Réjouissons-nous, soyons dans l'allégresse ! Car ce temps n'a pas de prise sur nos âmes. Notre corps peut bien être détruit, nous resterons debouts
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le secret du petit livre

Message non lupar etienne lorant » ven. 23 nov. 2012, 10:41

Le vendredi de la 33e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 10,8-11.

Au cours d'une vision, la voix venant du ciel, que j'avais déjà entendue, me parla de nouveau; elle me dit : " Va prendre le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. "
Je m'avançai vers l'ange pour lui demander de me donner le petit livre. Il me dit : « Prends, et mange-le ; il remplira tes entrailles d'amertume, mais dans ta bouche il sera doux comme le miel. »
Je reçus le petit livre de la main de l'ange, et je le mangeai. Dans ma bouche il était doux comme le miel, mais, quand je l'eus avalé, il remplit mes entrailles d'amertume.
Alors on me dit : « Il faut que tu reprennes ta mission de prophète ; tu parleras sur un grand nombre de peuples, de nations, de langues et de rois.
»

Psaume 119(118),14.24.72.103.111.131.

Je trouve dans la voie de tes exigences
plus de joie que dans toutes les richesses.
Je trouve mon plaisir en tes exigences :
ce sont elles qui me conseillent.

Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche,
plus qu'un monceau d'or ou d'argent.
Qu'elle est douce à mon palais ta promesse :
le miel a moins de saveur dans ma bouche !

Tes exigences resteront mon héritage,
la joie de mon cœur.
La bouche grande ouverte, j'aspire,
assoiffé de tes volontés.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,45-48.

Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. Il leur déclarait :
« L'Écriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas le moyen d'y arriver ; en effet, le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres.


Est-il si étonnant que la Parole qui est dans le "petit livre" brûle les entrailles avant de devenir, dans la bouche et sur les lèvres, douce comme le miel ? Certes pas pour le "né-de-nouveau" que je fus à ma conversion, ni pour l'homme qui vieillit et que je suis désormais - mais sans le ressentir. Car la Parole est forte et même brûlante sur tout ce qui lui est contraire, mais pour celui ou celle qui l'adoptent, qui la partagent et l'annoncent, elle est ferment de l'esprit, elle suscite la ferveur, elle devient louange, exaltation, soupir d'éternité. En écrivant cela, je ne fais que reprendre, avec mes propres mots, la finale du Psaume: "La bouche grande ouverte, Seigneur, j'aspire, assoiffé de tes volontés !"

Et Jésus, dans le temple, en cette heure suprême où aboutit sa mission - car bientôt les juifs se saisiront de lui par traîtrise pour le mettre à mort, Jésus est vraiment la Parole de vie et se manifeste comme Verbe de Vie. Tous sont suspendus à ses lèvres comme le nourrisson au sein de sa mère....

Dans ces circonstances, comment ses ennemis du Sanhédrin pourraient-il tenter quoi que ce soit contre lui ! Il a renversé les tables des changeurs et suscité ainsi un regain d'espérance et un surcroît de reconnaissance de la part des petits et des pauvres venus prier Dieu en toute pauvreté... Mais encore: est-ce que quelqu'un se souvient de ces gardes du temple qui avaient été envoyés pour se saisir de Jésus ? Ils sont revenus bredouilles, non pas avec des excuses, mais l'expression de leur stupeur: "Jamais homme n'a parlé comme cet homme !" (Jean 7,46)

La Parole de Jésus, la Parole qui EST Jésus, brûle en effet les entrailles de la chair, pour tous ceux qui placent leur bien dans leur ventre; elle est le fer rouge que l'on appliquait sur les blessures pour empêcher la gangrène; elle est aussi comme le sel dont Bernanos disait: "Le sel, sur une plaie, çà brûle, mais cela empêche aussi de pourrir !" Et, de la sorte, puisse donc le Seigneur nous accorder à tous, par pure grâce, le feu qui nous purifie et aussi son ferment d'éternité !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
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Le Royaume est déjà présent

Message non lupar etienne lorant » sam. 24 nov. 2012, 11:35

Le samedi de la 33e semaine du temps ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 20,27-40.

Des sadducéens - ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection - vinrent trouver Jésus, et ils l'interrogèrent : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère. Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? »
Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. » Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. » Et ils n'osaient plus l'interroger sur quoi que ce soit.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Comme cela se produit de plus en plus souvent, je ne trouve plus en ville de messe du samedi, mais seulement, le soir une messe anticipée du Dimanche. Or, par décision de notre Évêque, même en l'occasion de la fête du Christ roi demain, il n'y aura qu'une seule messe en matinée, dans une seule église - ce qui promet de gros embouteillages et un très grand nombre de personnes âgées qui suivront la messe à la radio et la télévision, sans pouvoir communier...

Du reste, la question posée par les Sadducéens à Jésus me paraît tellement préconçue et comme 'préfabriquée' que pour un peu, elle ferait sourire. Mais mon sourire s'estompe quand je songe qu'il s'agit de nouveau d'un piège tendu à Jésus, car ces gens ne posent pas leur question en vue de mieux connaître leur foi, mais dans le but de faire valoir leur 'science' de la Loi. Cependant, Jésus, toujours patient, va leur rappeler que Dieu ne saurait être le Dieu des morts, bien sûr - et en leur rappelant l'épisode du buisson ardent, il renverse complètement leur argumentation. Mais en outre, au même moment, il nous fait connaître que se retrouveront, après la mort, ceux qui s'aimèrent sur la terre.

Qu'il me soit permis de rapporter ici un incident dont m'a parlé ma mère. Mon père est décédé le 8 avril 2004 et, quelques jours à peine après les funérailles, Léa qui avait retardé une opération pour mieux veiller Gabriel son mari, est entrée dans la maison de repos et fut opérée. Elle pleurait beaucoup son veuvage mais mes soeurs et moi n'en savions rien. Et puis, au bout d'une année, elle m'a rapporté qu'un matin, peu après son admission à la maison de repos, comme elle pleurait de nouveau à longues et chaudes larmes, une voix s'est faite entendre à travers la porte de sa chambre. C'était celle de Gabriel qui déclarait: "Léa, tu es là !" Sur le moment même, j'ai été un peu sceptique; mais quelques mois plus tard, je lui ai rappelé cette anecdote en lui demandant : "Etait-ce bien sa voix ? (Oui !)" - et puis: "N'était-ce pas une question qu'il te posait ? (Non ! J'aurais bien voulu lui ouvrir la porte, mais j'ai eu un peu peur ...) Et j'ai rendu grâce à Dieu car comme est grand son Amour !

Il me reste ce matin à partager trois petites citations :

D'abord, celle de Georges Bernanos, que j'aime beaucoup: "Il n'y a pas le royaume des mort et le royaume des vivants, il n'y a que le royaume de Dieu et nous sommes dedans".

Ensuite, le très beau poème de saint Augustin :

Ne pleure pas si tu m'aimes
Auteur : Saint Augustin

Si tu savais le don de Dieu et ce que c'est que le Ciel !
Si tu pouvais d'ici,
entendre le chant des Anges
et me voir au milieu d'eux !
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux
les horizons et les champs éternels,
les sentiers où je marche !
Si, un instant, tu pouvais contempler, comme moi,
la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent !

Quoi ! tu m'as vue, tu m'as aimée dans le pays des ombres,
et tu ne pourrais ni me revoir, ni m'aimer encore
dans le pays des immuables réalités ?

Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens
comme elle a brisé ceux qui m'enchaînaient,
et quand un jour que Dieu connait et qu'il a fixé,
ton âme viendra dans le Ciel où l'a précédée la mienne,
ce jour-là, tu reverras celle qui t'aimait et qui t'aime encore,
tu en retrouveras les tendresses épurées.

A Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse,
infidèle aux souvenirs et aux joies de mon autre vie,
je sois devenue moins aimante !
Tu me reverras donc, transfigurée dans l'extase et le bonheur,
non plus attendant la mort,
mais avançant d'instant en instant,
avec toi qui me tiendra la main,
dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie,
buvant avec ivresse aux pieds de Dieu
un breuvage dont on ne se lasse jamais
et que tu viendras boire avec moi.

Essuie tes larmes et ne pleure plus, si tu m'aimes.


Et ce dernier, parfois attribué à Charles Péguy, à Valéry ou d'autres ...

La mort n'est rien,
Je suis seulement passé dans la pièce d'à côté
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous,je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné,
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent,
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à vivre de ce qui nous faisait vivre ensemble.
Que mon nom soit prononcé à la maison
Comme il l'a toujours été,
Sans emphase d'aucune sorte,
Sans une trace d'ombre.
La vie signifie ce qu'elle a toujours été,
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
Parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin...

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Dimanche : Solennité du Christ, Roi de l'Univers

Message non lupar etienne lorant » sam. 24 nov. 2012, 17:34

Livre de Daniel 7,13-14.

Moi, Daniel, je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui.
Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite.


Psaume 93(92),1abc.1d-2.5.

Le Seigneur est roi ;
il s'est vêtu de magnificence,
le Seigneur a revêtu sa force.

Et la terre tient bon, inébranlable,
dès l'origine ton trône tient bon,
depuis toujours, tu es.

Tes volontés sont vraiment immuables :
la sainteté emplit ta maison,
Seigneur, pour la suite des temps.



Livre de l'Apocalypse 1,5-8.

Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le souverain des rois de la terre. À lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père, à lui gloire et puissance pour les siècles des siècles. Amen.
Voici qu'il vient parmi les nuées, et tous les hommes le verront, même ceux qui l'ont transpercé ; et, en le voyant, toutes les tribus de la terre se lamenteront. Oui, vraiment ! Amen !
Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, je suis celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant
.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 18,33b-37.

Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ?
Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. »

.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Ce sont de grands et beaux textes qui tissent entre eux des liens très forts. Pour moi-même, je note que l'alpha et l'omega ne disent pas seulement de Dieu qu'Il est présent au début et à la fin de toutes choses, mais encore qu'il est "celui qui est, qui était et qui vient" - expression dans laquelle l'apôtre jean nous fait basculer du présent au passé et du passé... au devenir. Dieu "vient" donc à la rencontre de l'homme en tout temps.

Ce passage me rappelle la journée toute particulière que j'ai vécue lorsque le Seigneur m'a délivré de la tabagie, le 13 mai 2004. Vers 15h00, ce jour-là, le temps a soudainement cessé de s'écouler comme sur les montres et les horloges - il s'est comme "suspendu" en un seul et infime "instant de gloire". Et cet instant où j'allais craquer de nouveau et fumer - s'est élargi à la dimension de toute la journée, dans une apothéose de Joie tout à fait inexprimable. Le lendemain, j'aurais bien voulu souffrir encore pour retrouver la Joie de cet instant où je fus délivré.

La réponse de Jésus à Pilate m'interpelle tout autant, car c'est effectivement la recherche de la vérité qui conduit à Dieu par Jésus-Christ. Mais il ne s'agit pas d'une recherche à la manière humaine - c'est-à-dire : une manière d'étudier où l'on n'implique que sa raison et son intelligence - la Vérité n'est pas réponse scientifique, car la science ne fait qu'ouvrir sur d'autres questionnements. Non: la recherche dont il s'agit est essentielle, vitale, elle est de celle dans laquelle l'être s'implique à fond et sans retour. Je ne dis pas ces choses au hasard, car relisez le texte: il dit que celui qui appartient à la vérité écoute sa voix. C'est ce genre de petit détail qui, dans l'Evangile, abaisse l'intelligence afin de relever le coeur ! Cette Parole renvoie à une autre qui dit: "Je suis la porte des brebis, quiconque entre par moi sera sauvé".

(Cette dernière parole de Jésus se retrouve souvent gravée à l'entrée des églises, en latin : Ego sum ostium per me si quis introïerit salvabitur)... mais je n'ai pas trouvé de photo... je passe la main aux photographes !


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Rites, oeuvre de Dieu, don total de soi

Message non lupar etienne lorant » lun. 26 nov. 2012, 10:39

Le lundi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 14,1-3.4b-5.

Moi, Jean, j'ai vu l'Agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui les cent quarante-quatre mille qui portent, inscrits sur leur front, le nom de l'Agneau et celui de son Père. Et j'ai entendu une voix venant du ciel comme la voix des océans ou celle d'un grand coup de tonnerre ; mais cette voix que j'entendais était aussi comme celle des musiciens qui chantent en jouant de la harpe. Ils chantaient un chant nouveau devant le Trône, et devant les quatre Vivants et les Anciens. Personne ne pouvait apprendre ce chant, sinon les cent quarante-quatre mille, les rachetés de la terre. Ils ne se sont pas souillés avec des femmes, ils sont restés vierges. Ce sont eux qui suivent l'Agneau partout où il va ; ils ont été rachetés du milieu des hommes pour être offerts les premiers à Dieu et à l'Agneau.
Ils n'ont jamais proféré de mensonge ; ils sont irréprochables.


Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6.

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L'homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,1-4.

Comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc du trésor. Il vit aussi une veuve misérable y déposer deux piécettes.
Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tout le monde.
Car tous ceux-là ont pris sur leur superflu pour faire leur offrande, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre. »


Dans la soirée de dimanche, comme j'avais entrepris de lire les textes de ce lundi, je me suis étonné de retrouver, en rapport avec un passage de l'Apocalypse, cet épisode de la pauvre veuve qui a tout versé dans le tronc du trésor, non de son superflu, mais de son indigence. Et bien sûr, je me suis demandé : "Franchement : quel rapport trouver entre ces textes ?" J'ai donc attendu avec intérêt ce que le prêtre nous en dirait.

Celui-ci nous a parlé d'une longue période de questionnement dans l'histoire de l'Eglise (et la question est encore posée), afin de déterminer si la Liturgie de la messe est valide ou non selon certains critères: la dignité des prêtres (quid d'un sacrement donné par un prêtre qui aurait perdu la foi, ou qui serait alcoolique - j'en ai connu un qui avait cette très mauvaise réputation dans l'assemblée (*); l'Eucharistie est elle valable si certains mots ont été omis - ou encore: une confession est-elle acceptable si le prêtre n'avait pas sur lui son étole, ... etc.
Les théologiens auraient provisoirement conclu que toutes ces choses appartiennent au plan divin, à "l'oeuvre de Dieu", et qu'en définitive, à défaut d'en pouvoir en juger au cas par cas, oui, tout est valide. L'homélie s'est poursuivie en relevant le fait que le Seigneur, s'il a exalté le geste de la veuve, n'a pas pour autant rejeté les offrandes des riches.

Fin de l'homélie. Mais à ce moment, une autre perspective m'a été donnée - comme par grâce: Le lien qui relie les trois textes, c'est au contraire la perfection des gestes posés ! En effet, la pauvre veuve égale en offrande ces quarante-quatre mille qui ont été trouvés irréprochables. Et, outre cela, la veuve est semblable à Jésus lui-même, qui s'est livré totalement pour le salut du plus grand nombre.

Je suis sorti guilleret en me demandant qui m'a fait l'homélie ce matin ? Le prêtre ou l'Esprit-Saint ? Les deux en vérité : l'homélie de l'un a suscité une évidence en mon coeur - Ah, toujours la Joie et la Nourriture son données dans la maison de Dieu !

.
(*) Pure médisance: s'il trébuchait, c'était dû à un problème de circulation du sang dans une jambe... certains fidèles sont prompts à juger et dénoncer !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Dimanche : Solennité du Christ, Roi de l'Univers

Message non lupar etienne lorant » lun. 26 nov. 2012, 11:08


(Cette dernière parole de Jésus se retrouve souvent gravée à l'entrée des églises, en latin : Ego sum ostium per me si quis introïerit salvabitur)... mais je n'ai pas trouvé de photo... je passe la main aux photographes !


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Un grand merci à Béa, du forum Les amis de Jésus !
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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