Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Re: Libérés du cours de ce monde

Message non lupar Aldous » jeu. 01 nov. 2012, 10:38

J'ai dit qu'en tant que chrétien, je ne dois pas me laisser gagner par l'inquiétude concernant ce qu'il adviendra de moi à la fin.
Non, vous n'avez pas dit que cela concernait ce qu'il adviendra de vous à la fin.
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

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Message non lupar etienne lorant » jeu. 01 nov. 2012, 10:42

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.
Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

On pourrait dire des Béatitudes qu'elles constituent la "philosophie du gouvernement" du Seigneur. Le programme, c'est un bonheur à assembler comme les pièces d'un puzzle: selon la forme et les couleurs, multiples. Autrefois, lorsque je commentais cet Evangile, je faisais un choix entre celles qui me parlaient le plus. Mais à présent, je tente de les intégrer toutes en moi.

Je fus tout à fait seul au cimetière du village natal de mon père, à passer en priant, devant les tombes et les plaques funéraires. Ensuite, je fus tout à fait seul également à la messe anticipée de Toussaint. Est-ce que je me suis senti malheureux ? Non pas. J'ai entendu citer le nom de ma famille parmi les intentions pour les défunts du village, comme cela se pratique encore et lorsque je suis reparti, j'étais satisfait d'avoir accompli la volonté de Dieu.

Comme nous accomplissons la volonté de Dieu en des temps difficiles, il me vient dans le coeur que oui, nous sommes heureux. Heureux, non pas parce que nous maintenons une tradition, parce que nous y sommes fidèles, mais parce que nous sommes certains que seule l'accomplissement de la volonté du Père peut nous sauver et nous apporter la paix, le bonheur et la Joie.

Bonne fête de Toussaint !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Libérés du cours de ce monde

Message non lupar etienne lorant » jeu. 01 nov. 2012, 10:46

Aldous,

Dîtes où vous voulez en venir, si vous avez une idée qui vous trotte dans la tête, que voudriez vous me voir écrire que je n'ai pas écrit, allons, j'attends !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Le temps de rembourser nos dettes

Message non lupar Aldous » jeu. 01 nov. 2012, 10:49

Je ne vois pas en quoi que nous ayons à avoir une écoute attentive et discernante fait que nous soyons pauvres (dans le sens "pauvres de nous", comme "malheureux"...)
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Re: Libérés du cours de ce monde

Message non lupar Aldous » jeu. 01 nov. 2012, 10:53

Ben c'est simple vous dites que vous ne devez pas vous laisser gagner par l'inquiétude à propos de ce qu'il arrivera dans le monde*, ce n'est donc pas à propos de ce qu'il vous adviendra de vous à la fin.

(* ce sur quoi j'ai dit que c'était plutôt légitime pour un chrétien de s'inquiéter de ceux qu'on aime.)
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Re: Notre programme

Message non lupar Aldous » sam. 03 nov. 2012, 10:16

Comme nous accomplissons la volonté de Dieu en des temps difficiles, il me vient dans le coeur que oui, nous sommes heureux. Heureux, non pas parce que nous maintenons une tradition, parce que nous y sommes fidèles, mais parce que nous sommes certains que seule l'accomplissement de la volonté du Père peut nous sauver et nous apporter la paix, le bonheur et la Joie.
Bonne fête de Toussaint !
Bonjour,

Je crois que nous pouvons aussi être heureux sans réserve de maintenir une tradition, d'y être fidèle car si ce n'est pas le cas nous aurons tôt fait de voir ce jour qui est férié pour tous (au moins en France) passer à la trappe.
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La parabole du repas des noces

Message non lupar etienne lorant » sam. 03 nov. 2012, 11:07

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1.7-11.
Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et on l'observait.
Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole : « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place', et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi.
Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Jésus est invité chez un chef des pharisiens, ce qui est un honneur, car il existe pour les juifs, des règlements concernant l'entrée dans la maison d'une personne extérieure à la famille. Puisque Jésus est présent, c'est qu'il a été invité. Les autres invités au repas se présentent et les meilleures places sont prises en premier - n'en faisons-nous pas autant ? Lors d'un repas de famille, j'ai vu des invités changer de place, le plus discrètement possible, les cartons posés à l'avance sur les tables, et qui avaient été marqués à leur nom. L'échange ne prit que quelques secondes.

Cependant, la remarque que Jésus adresse au pharisien qui l'a invité concerne un autre type de repas, très évocateur pour nous: il s'agit d'un repas de noces. C'est un thème qui revient en plusieurs endroits dans l’Évangile: Jésus a fait débuter sa mission par le miracle des noces de Cana et il l'achèvera par la dernière scène. Sans compter le nombre de paraboles qui évoque les noces. Ainsi, le repas de noce est la préfiguration de l'entrée dans le Royaume.

Ce qui m'a frappé, aujourd'hui, c'est la sentence finale de la parabole: "Qui s'élève sera abaissé; qui s'abaisse sera élevé". Cette parole n'indique pas seulement la valeur de l'humilité, mais aussi l'amour de Jésus pour ceux et celles dont le monde, habituellement, fait peu de cas: les pauvres, les malades, les prisonniers, les étrangers, les chômeurs, tous les exclus. Cette conclusion rappelle aussi : "Beaucoup des derniers seront les premiers, et des derniers les premiers". Ou encore : "Celui qui veut être le plus grand parmi vous, qu'il soit votre esclave". Et : "Je ne suis venu appeler les justes, mais les pécheurs".

Ainsi, la venue du Royaume ne se révèle pas seulement comme un repas de noces, mais comme un bouleversement où tous trouveront leur place dans un formidable chambardement !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: La parabole du repas des noces

Message non lupar Aldous » sam. 03 nov. 2012, 11:26

Ainsi, la venue du Royaume ne se révèle pas seulement comme un repas de noces, mais comme un bouleversement où tous trouveront leur place dans un formidable chambardement !
Bonjour Etienne,

Il ne faut jamais omettre que si le Royaume vient, il est aussi déjà là ("Le Royaume est parmi vous, ou au-dedans de vous"). C'est important à rappeler pour notre vie de tous les jours et pas seulement celle à venir.
Le bouleversement est donc de ce point de vue déjà là: il y a une joie, une élévation ici et maintenant à être humble, sans orgueil, sans un ego démesuré.

(J'aimerais ajouter aussi que parfois la vertu d'humilité est bien mal comprise et que certains peuvent la tirer vers l'humiliation, la dévélorisation ou la dépréciation de soi. C'est évidemment un travers car l'humilité n'est pas le mépris de soi, c'est une juste reconnaissance de soi et du soi des autres: personne n'est parfait, personne n'est nul)

Cordialement,
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Dimanche : Le plus grand commandement

Message non lupar etienne lorant » sam. 03 nov. 2012, 19:45

Trente-et-unième dimanche du temps ordinaire

Livre du Deutéronome 6,2-6.
Moïse disait au peuple d’Israël : « Tu craindras le Seigneur ton Dieu. Tous les jours de ta vie, toi, ainsi que ton fils et le fils de ton fils, tu observeras tous ses commandements et ses ordres, que je te prescris aujourd’hui, et tu auras longue vie.
Israël, tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t'apportera bonheur et fécondité, dans un pays où ruissellent le lait et le miel, comme te l'a promis le Seigneur, le Dieu de tes pères.
Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'Unique.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.
Ces commandements que je te donne aujourd'hui resteront dans ton cœur.


Psaume 119(118),97.99.101-106.
Ta parole est la lumière de mes pas,
la lampe de ma route.
Je l'ai juré, je tiendrai mon serment,
j'observerai tes justes décisions.



Lettre aux Hébreux 7,23-28.
Dans l’ancienne Alliance, un grand nombre de prêtres se sont succédé parce que la mort les empêchait de durer toujours.
Jésus, lui, puisqu'il demeure éternellement, possède le sacerdoce qui ne passe pas.
C'est pourquoi il est en mesure de sauver d'une manière définitive ceux qui s'avancent vers Dieu grâce à lui, car il vit pour toujours, afin d'intercéder en leur faveur.
C'était bien le grand prêtre qu'il nous fallait : saint, sans tache, sans aucune faute ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux.
Il n'a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même.
Dans la loi de Moïse, ce sont des hommes remplis de faiblesse qui sont désignés comme grands prêtres. Mais plus tard, quand Dieu s'engage par serment, il désigne son Fils qu'il a pour toujours mené à sa perfection.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,28b-34.
Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s'avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui.
L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.



Les textes de ce dimanche se suivent bien, et il serait possible d'écrire à leur propos autant de mots qu'ils en offrent à la lecture. Mais chacun en retiendra ceux qui lui parlent au coeur et c'est ainsi que l'Esprit s'adresse à chacun d'entre nous, en particulier, dans le mouvement d'amour de la Trinité. En effet, à l'Eucharistie, dès le commencement de la messe, nous entrons dans le mystère de Dieu.

Au premier de tous les commandements, Jésus rapproche la prescription du Lévitique (Chapitre 19) et, de la sorte, c'est un peu comme si l'amour de Dieu dans les Cieux avait, pour miroir sur la terre : l'amour du prochain.

Ce scribe, je le sens ainsi, est en train de vivre ce que nous vivons parfois au cours de la messe, lorsque se produit dans notre coeur un échange direct avec le Seigneur. Sa bouche s'ouvre et il se met à parler comme le feront plus tard les apôtres. Il ne tire plus de son trésor uniquement de l'ancien, mais aussi du nouveau - et le nouveau, c'est ce qu'il déclare : "Aimer (Dieu) de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices/.

Il est bien proche du Royaume, si proche qu'il ne se rend pas compte. Cela me rappelle Luc 17.20-21 : "Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point: Il est ici, ou: Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous ". On traduit aussi : "au-dedans de vous", dans d'autres bibles. Mais bref, ce scribe est vraiment proche du Royaume, du fait de la présence physique de Jésus (le veinard !), mais aussi du fait que le Verbe à éveillé son coeur.

Je voudrais dédier cette courte méditation spécialement aux personnes qui m'ont envoyé des messages privés ces derniers jours. Il y a beaucoup de fatigue dans le dévouement et il semble à la raison que ce n'est pas... raisonnable. Mais ce qui nous pousse en avant est bien au-delà du raisonnable !

Bon dimanche à tous et à toutes !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Pratique de la charité

Message non lupar etienne lorant » lun. 05 nov. 2012, 10:21

Le lundi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,1-4.
Frères, s’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage dans l’amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si l’on a de la tendresse et de la pitié, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité. Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,12-14.
Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas. Il disait à celui qui l'avait invité : " Quand tu donneras un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;
et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »


©Evangelizo.org 2001-2012

Les deux textes se répondent très bien et ce qu'ils disent, à propos des relations avec le prochain, sont des préceptes simples à appliquer sans discussion. Notre prêtre, dans une brève homélie, s'est souvenu d'un bénitier dans une église autour duquel il était inscrit, en latin: "Entre bien, sors meilleur"... Il aurait voulu pouvoir enlever cette inscription, car vivre de l'amour du Christ ne doit pas être une compétition. Parler de bien, et de meilleur, c'est de nouveau établir des catégories entre les personnes et c'est contraire à l'humilité.

Comme ils sont nombreux les croyants qui se représentent la foi comme un atout pour vivre en ce monde ! Mais ce n'est pas de réussite qu'il s'agit, c'est d'amour - et quel amour ! Je l'ai maintes fois constaté. Lorsque l'on dit : "Qui donne, reçoit", dans la pratique, c'est quelqu'un qui, venu pour soulager la souffrance d'autrui, est reparti en se sentant soulagé de la sienne.

Le plus bel éloge de la charité que je connais, c'est bien celui de la charité tel que saint Paul l'a donné dans l'Epître aux Corinthiens:

Frères,
Parmi les dons de Dieu,
Vous chercherez à obtenir ce qu'il y a de meilleur.
Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieur à toutes les autres.

J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel,
Si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour,
je ne suis qu'un cuivre qui résonne,
une cymbale retentissante .
J'aurais beau être prophète,
avoir toute la science des mystères,
et toute la connaissance de Dieu,
et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes,
s'il me manque l'amour,
je ne suis rien.
J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j'aurais beau me faire brûler vif,
s'il me manque l'amour,
cela ne me sert à rien.

L'amour prend patience,
l'amour rend service,
l'amour ne jalouse pas,
il ne se vante pas,
ne se gonfle pas d'orgueil,
il ne fait rien de malhonnête,
il ne cherche pas son intérêt,
il ne s'emporte pas,
il n'entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas de ce qui est mal
mais il trouve la joie dans ce qui est vrai,
il supporte tout,
il fait confiance en tout,
il espère tout, il endure tout
L'amour ne passera jamais.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Pratique de la charité

Message non lupar Aldous » lun. 05 nov. 2012, 10:37

Les deux textes se répondent très bien et ce qu'ils disent, à propos des relations avec le prochain, sont des préceptes simples à appliquer sans discussion.
Bonjour,

"sans discussion"... Je vous comprends, mais je vous trouve un peu sec sur le coup. N'en discutons nous pas depuis 2000 ans, et je pense que Jésus ne se refusais pas à ce qu'on lui pose des questions, qu'on en discute... Justement ici il prend un peu les devants en disant: parce que etc...

Peut-être aussi est-il bon de préciser qu'il ne s'agit pas de "préceptes simples", comme vous dites, qui se limiteraient à un repas où on inviterait les pauvres, mais à faire entrer les pauvres dans l'ensemble des préoccupations et du festin de nos vies.
Notre prêtre, dans une brève homélie, s'est souvenu d'un bénitier dans une église autour duquel il était inscrit, en latin: "Entre bien, sors meilleur"... Il aurait voulu pouvoir enlever cette inscription, car vivre de l'amour du Christ ne doit pas être une compétition. Parler de bien, et de meilleur, c'est de nouveau établir des catégories entre les personnes et c'est contraire à l'humilité.
Je n'ai pas le sentiment que cette inscription signifiait "meilleurs... que les autres", mais me semble-t-il, plutôt certainement meilleurs que tu ne l'étais en entrant -par rapport à soi-même- tout simplement (et donc peut-être même plus humble).

Cordialement à vous,
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Le banquet du Royaume sur la terre

Message non lupar etienne lorant » mar. 06 nov. 2012, 11:18

Le mardi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,5-11.
Frères, ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus :
lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.


Psaume 22(21),26-27ab.28-29.31-32.

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son œuvre !



Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,15-24.
Au cours du repas chez un chef des pharisiens, en entendant parler Jésus, un des convives lui dit : " Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu!"
Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde.
A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : 'Venez, maintenant le repas est prêt. '
Mais tous se mirent à s'excuser de la même façon. Le premier lui dit : 'J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir ; je t'en prie, excuse-moi. ' Un autre dit : 'J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t'en prie, excuse-moi. ' Un troisième dit : 'Je viens de me marier, et, pour cette raison, je ne peux pas venir. '
A son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Plein de colère, le maître de maison dit à son serviteur : 'Dépêche-toi d'aller sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. ' Le serviteur revint lui dire : 'Maître, ce que tu as ordonné est fait, et il reste de la place. ' Le maître dit alors au serviteur : 'Va sur les routes et dans les sentiers, et insiste pour faire entrer les gens, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner. ' »



Ce repas dans le royaume de Dieu, Jésus, par sa parabole, propose que l'on attende pas la fin des temps pour le commencer. Mais il nécessite en tout premier lieu le renversement des mentalités. Il suppose que l'homme en fasse sa priorité - et les obstacles qui se présentent immédiatement, ce sont l'argent et les convenances sociales.

Voici qui nous en dit long sur le délai que peut prendre chez les hommes la mise en oeuvre des bonnes résolutions ! Entre l'idée de venir a bout des inégalités et sa réalisation, il y a - non l'argent, mais le souci de l'argent et de l'organisation sociale. "Je dois inspecter le champ que j'ai acheté !", dit l'un. Et l'autre lui fait écho : "Je dois d'abord essayer les cinq boeufs que je viens d'acquérir !" N'est-ce pas le discours des politiques ? Et le troisième, qui vient de se marier : "Prudence ! Prudence !" On n'organise pas un nouveau banquet à peine en avoir achevé un ! (Mauvaise raison, puisque ce banquet n'est plus à préparer: il y est invité.)

Ce sont bien l'argent et souci des choses du monde qui gâtent tout.

J'ai songé à l’Évangile de ces derniers jours dans lequel le scribe comprend le dessein de Dieu dans les les deux premiers commandements que le Seigneur a liés entre eux: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toutes tes forces, et ton prochain comme toi-même"... Il n'est pas loin du banquet du Royaume, lui répond Jésus.

S'il n'y est pas déjà, c'est que la mise en oeuvre doit être immédiate.
Un homme comme saint François d'Assise a réalisé cela, du temps de sa propre vie. Il a vécu comme les premiers apôtres. D'autres ont fait comme lui et ont eu, en tout premier lieu, à subir les réprimandes, sinon le rejet de leurs proches. Il nous faut donc trancher dès notre temps de quel côté nous nous situons: si nous entrons dès aujourd'hui dans le plan divin, ou bien si nous restons dans nos raisonnements. Et comme l'indique saint Paul dans son épître, il s'agit bien d'avoir en soi et envers les autres les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ.

Il est donc plus urgent de se convertir que de songer aux oeuvres sociales; mais quiconque se convertit accomplira aussi de grandes choses pour son prochain.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Le banquet du Royaume sur la terre

Message non lupar Aldous » mar. 06 nov. 2012, 11:29

Il est donc plus urgent de se convertir que de songer aux oeuvres sociales; mais quiconque se convertit accomplira aussi de grandes choses pour son prochain.
Bonjour,
A mon avis l'un ne va pas sans l'autre. Se convertir c'est songer aux oeuvres sociales -se convertir ce n'est pas adopter un seul des deux commandements d'amour, mais adopter les deux- . Je m'amuserai même à dire que songer d'abord aux oeuvres sociales et non à soi est une sorte de conversion sans le savoir...
Voici qui nous en dit long sur le délai que peut prendre chez les hommes la mise en oeuvre des bonnes résolutions ! Entre l'idée de venir a bout des inégalités et sa réalisation, il y a - non l'argent, mais le souci de l'argent et de l'organisation sociale. "Je dois inspecter le champ que j'ai acheté !", dit l'un. Et l'autre lui fait écho : "Je dois d'abord essayer les cinq boeufs que je viens d'acquérir !" N'est-ce pas le discours des politiques ?
A mon avis, non ce n'est pas le discours des politiques mais le discours d'hommes soucieux de leurs affaires -personnelles-.
Dernière édition par Aldous le mar. 06 nov. 2012, 12:10, édité 1 fois.
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

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Véronique Belen
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Re: Le banquet du Royaume sur la terre

Message non lupar Véronique Belen » mar. 06 nov. 2012, 11:56

Personnellement, je n'ai pas du tout vu une question d'argent dans cet Evangile.
Je vous propose ma propre méditation :

http://www.histoiredunefoi.fr/partages/ ... -luc-14-24
www.histoiredunefoi.fr

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Le langage de la croix

Message non lupar etienne lorant » mer. 07 nov. 2012, 11:24

Le mercredi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,12-18.

Faites tout sans récriminer et sans discuter ; ainsi vous serez irréprochables et purs, vous qui êtes des enfants de Dieu sans tache au milieu d'une génération égarée et pervertie où vous brillez comme les astres dans l'univers,
en tenant fermement la parole de vie.


Psaume 27(26),1.4abcd.13-14.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J'ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie.

Je le crois, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »



Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,25-33.

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : 'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever ! '
Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui vient l'attaquer avec vingt mille ?
S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore loin, une délégation pour demander la paix.
De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.


Jésus s'adresse à de "grandes foules" et emploie le langage de la croix. La croix n'est pas un symbole juif pour indiquer la soumission à une autorité. A cette époque, la croix est le symbole du jugement, de la condamnation et de la mise à mort par les romains. Les juifs le connaissent bien, mais il ne fait partie de leur culture. C’est sous Alexandre que la crucifixion fut introduite dans le monde gréco-romain. Flavius Josèphe raconte qu’ Alexandre (mort en - 323) fit “crucifier 800 Juifs devant ses yeux et égorger en leur présence - durant leur agonie, leurs femmes et leurs enfants” (F. Josephe, Histoire ancienne, L XII, 5, 4). Le langage de la croix est dont sinistrement évocateur !

Ce que cela signifie, encore et toujours, pour nous, les chrétiens qui vivent ce temps de paganisme renaissant, prendre notre croix signifie donc rester fidèle au Christ et accomplir la volonté de Dieu, en étant prêts à supporter jugement, condamnation et éventuellement mise à mort. Exactement comme saint Paul, exactement comme les Philippiens auxquels il s'adresse en ajoutant qu'il est prêt à verser son sang " pour l'ajouter au sacrifice qu'ils offrent à Dieu.

Encore aujourd'hui, un tel langage reste pénible à écouter. Si je parviens à l'accepter, c'est qu'en réalité j'ai déjà traversé ce qui m'a paru le plus pénible: le reniement de la part des miens. C'est aussi parce que je vis déjà, dans ma vie quotidienne, sous des menaces de violence de la part des jeunes drogués qui s'enhardissent de jour en jour, car l'endroit d'où j'écris est isolé mais on y est à l'abri du froid. Pour être tout à fait franc, ma "croix du jour" reste mon total isolement lors de la fête de la Toussaint - j'ai pu le vivre uniquement parce que je suis resté "en mouvement" toute la journée sous l'inspiration de ma foi. Est-ce donc si dur ? Je réponds : pas si l'espérance est vivante, car elle pousse véritablement à avancer le pas afin de ne pas céder aux tentations de rejet, de reniement.

(Finalement, si l'on y songe bien, n'est-ce pas une chance ? Oui, dans le sens où l’Évangile nous parle "au plus proche" de notre quotidien. Si je peux avoir peur, maintenant, c'est parce que je sais que je ne changerai plus !)

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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