Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Jésus rejeté par les siens

Message non lupar etienne lorant » jeu. 06 janv. 2011, 16:55

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,14-22.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.

Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :

L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.

Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La réaction des membres de la synagogue de Nazareth sera finalement d'essayer de pousser Jésus dehors afin de le mettre à mort sans autre forme de procès. N'est-il pas simplement le fils de Joseph, le charpentier ? Pour qui se prend-il ? Faisons-lui rentrer un peu de bon sens dans la tête, de préférence à grands coups de pierres...

Or, c'est bien ainsi que le Christ s'est présenté à moi aussi, avec le même résultat: du haut de mes quinze ans, je l'ai renvoyé, d'une simple chiquenaude de la raison, aux oubliettes des histoires à dormir debout: qui peut croire un tel conte ?

C'est seulement cinq ans plus tard, en suivant le parcours étrange du jeune curé d'Ambricourt (*), qui je ne sais comment est entré dans ma vie au moment où j'ai quitté l'Église, que j'ai commencé à remettre en question ma propre raison. C'était peut-être ma raison qui avait tort, après tout ? Car comment se peut-il qu'un homme, plutôt que tenter de s'élever au-dessus du commun des mortels, réussisse mieux encore en s'abaissant en dessous ? Ce personnage maigrelet, un tantinet alcoolique et dépourvu de la plus petite once d'habileté à mener des hommes... Comment se peut-il qu'il finisse par briller d'une lumière tout à fait inespérée au-dessus du chagrin, de la honte et du malheur ? Quel était son secret ? J'ai voulu savoir... et c'est là que j'ai commence mon retour de fils prodigue.

En ce début de 2011, je constate aussi que l'humilité de Jésus, lorsqu'Il va tenter de nouveau d'aborder telle ou telle jeune âme, va recevoir le même accueil qu'à Nazareth. Comme je voyage souvent d'un forum à l'autre, je constate de même, et je l'accepte, que de se présenter comme chrétien catholique, équivaut à s'exposer à des jets d'ironies... parfois bien aiguisées. Mais puisque j'ai moi-même, autrefois, traité ainsi mon Maître, je ne me dérobe pas.

C'est vrai que ce n'est pas facile d'aller dire: "Puisqu'il me faut aimer Dieu de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces, et mon prochain comme moi-même, il faut que je sois capable d'aimer mon ennemi, celui qui me veut du mal.

Dans l'Évangile, Jésus développe cette surprenante logique: "Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous ? Les païens ne font-ils pas de même ?" et la pousse jusqu'à l'exaltation: "Heureux êtes-vous lorsque l'on vous insulte, que l'on vous persécute et que l'on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi.
Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux; c'est ainsi en effet qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.'' Depuis la venue du Christ, la foi se transmet non pas au travers de la domination du plus fort, mais par l'élévation du plus faible...


(*) J'ai découvert un très beau portrait du personnage de Bernanos sur le blog dont lien ci-après:

http://mesterressaintes.hautetfort.com/ ... e6f19.html

.... et je dois dire que je me suis fait les mêmes réflexions que ce monsieur et elles m'ont valu dans le passé d'être considéré par une de mes amies catholiques... comme un vieux retardataire.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le Fils manifeste le Père

Message non lupar etienne lorant » ven. 07 janv. 2011, 11:08

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,12-16.
Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; celui-ci, en voyant Jésus, tomba la face contre terre et lui demanda : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » A l'instant même, sa lèpre le quitta.
Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
On parlait de lui de plus en plus. De grandes foules accouraient pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies.
Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La lèpre était jadis considérée comme une sorte de châtiment divin pour les pécheurs. C'est pourquoi, dans l'Évangile d'aujourd'hui,le malade demande à Jésus sa purification - puisque pour lui, la guérison est d'abord une purification. Mais il est transparent pour moi qu'à partir de la venue du Christ, tous les hommes ont besoin d'être purifiés car tous les hommes sont frappés d'une lèpre intérieure qui les retient prisonniers du mal. Lorsque Jésus guérit le paralytique dans la maison de Pierre, il dit d'abord au malade: "Tes péchés te sont remis", car c'est d'abord le salut de l'âme qui importe et il guérit aussi le corps par pure miséricorde et pour bien manifester quel est son pouvoir. On imagine le bonheur du lépreux guéri : il voudrait bien sûr courir chez lui et annoncer partout ce qui lui est arrivé, mais c'est bien au prêtre que Jésus l'envoie car il apportera un signe de plus que le Royaume de Dieu est proche.

Cependant, Jésus ne cherche pas la foule qui peut facilement lui apporter facilement la renommée. Mais Il se tient dans les endroits déserts et il prie. Voici qui est un témoignage aussi - un témoignage pour moi: tout ce que je dois faire, que je le fasse donc, mais que je n'en retire aucune vanité. S'il m'est possible d'accomplir quelque bien, ce n'est pas par moi-même que j'en suis rendu capable, mais par une grâce. Ce qui compte c'est de rechercher Dieu en tout temps et le reste suivra très (sur)naturellement...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue.

Message non lupar etienne lorant » sam. 08 janv. 2011, 12:22

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,22-30.
Jésus se rendit en Judée, accompagné de ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, de son côté, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l'eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n'avait pas encore été mis en prison.
Or, les disciples de Jean s'étaient mis à discuter avec un Juif à propos des bains de purification.
Ils allèrent donc trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit : « Un homme ne peut rien s'attribuer, sauf ce qu'il a reçu du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j'ai dit : Je ne suis pas le Messie, je suis celui qui a été envoyé devant lui.
L'époux, c'est celui à qui l'épouse appartient ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il entend la voix de l'époux, et il en est tout joyeux. C'est ma joie, et j'en suis comblé.
Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

C'est la joie de Jean que je retiens ce samedi matin, comme tout est tranquille aux alentours. J'ai lu chez un auteur que la joie sur laquelle le chrétien peut s'établir, c'est celle de constater que la volonté de Dieu s'accomplit - et s'accomplit quasiment malgré lui. Car nous avons le cœur si dur, si froid, nous sommes tellement remplis de nous-mêmes que nous ne nous en apercevons même pas !

Cependant, quiconque accepte que Dieu accomplisse en lui sa propre œuvre, alors il se réjouira à la manière de Jean. C'est aussi simple que cela ! C'est comme se réjouir du rayon de soleil qui parvient à percer la couche de nuages, du vent frais qui souffle fort et rappelle le bord de mer, et jusqu'à la simple flaque d'eau qui fait miroir ou qui se ride... Car de même que nous ne pouvons avoir aucune prise sur un phénomène météorologique, de même nous ne pouvons nous vanter ni nous glorifier d'avoir accompli de grandes choses pour le Seigneur.

La voix de l'Epoux, que Jean entend, explique cela très bien: "Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent." Il suffit donc de demander... et aussi d'être attentif pour recevoir. Il suffit, plus encore, de diminuer en nous la part de l'ego, afin de laisser grandir le 'Tout-Autre'.
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Les temps sont accomplis

Message non lupar etienne lorant » lun. 10 janv. 2011, 13:23

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,14-20.
Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Jésus commence sa mission. et la mission se poursuit encore. Aujourd'hui même. Dieu, en Jésus-Christ, nous donne sa Parole. Et que dit-elle, cette Parole, depuis le commencement jusqu'à ce jour ? Que le règne de Dieu est tout proche, qu'il faut saisir cette chance extraordinaire, se convertir et croire à cette heureuse nouvelle.

Mais qui veut bien l'entendre ? Qui ouvrira son cœur à ce qui est contenu dans le "petit livre" (comme il est désigné dans l'Apocalypse(*) ? Quels hommes et quelles femmes voudront adhérer au témoignage que le Christ nous laisse, par son enseignement et le don intégral de lui-même ? Je n'écrirai pas qu'il n'y en a peu, je ne dirai pas qu'il y en a beaucoup, mais qu'il y en a chaque jour de nouveaux. Dans la journée d'hier, sur une chaîne radio que je ne connais pas, je suis tombé sur le témoignage d'une jeune femme, qui s'est fait baptiser le jour de l'épiphanie et a reçu l'Eucharistie pour la première fois. Elle faisait part de sa joie, de son sentiment que 'tout est neuf', de son intention de quitter l'Europe le mois prochain pour le Pérou, afin d'apprendre la langue et de servir 'autrement' que l'on sert chez nous. Ces ami(e)s étaient présents et des membres de sa famille et beaucoup étaient assez étonnés.

Quant à ceux qui ne croient pas , ils éprouvent une sorte d'agacement : "Qu'est-ce que tout cela veut bien dire ? Voici un homme qui est apparu il y a deux mille ans, qui a dit tant de choses étranges et même incohérentes sur l'amour des ennemis, sur un Père dans les cieux, sur l'imminence d'un jugement, sur le fait que l'existence n'est rien à côté de la vie éternelle - et qu'il faut changer de vie, etc. ?" Ils sont surpris par le témoignage de la grâce - et certains en sont révoltés, mais l'Évangile ne laisse jamais de glace, personne n'y est indifférent.

Les catholiques attendent le retour en gloire du Christ et il semble à chaque génération que tous les signes en sont rassemblés. Mais le message continue d'être annoncé et l'Évangile continue pour moi de m'ouvrir le cœur et la bouche et ces événements du monde, dont beaucoup font grand cas, je les regarde comme en perspective de l'autre monde - car ici-bas, tout passe, mais en Dieu tout demeure.

(*) "Et la voix que j'avais entendue du ciel, me parla de nouveau et dit, "va, prends le petit livre qui est ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre". Et j'allai vers l'ange en lui disant, "donne-moi le petit livre". Et il me dit, "prends-le et avale-le; et il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche il sera aussi doux que le miel". Et je pris le petit livre de la main de l'ange et je l'avalai, il fut dans ma bouche doux comme du miel. Mais quand je l'eus avalé mes entrailles furent remplies d'amertume. Puis il me dit, "Il faut que tu prophétises de nouveau sur beaucoup de peuples, de nations, de langues, et de rois". (Apocalypse 10: 8-11)
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Les esprits mauvais

Message non lupar etienne lorant » mar. 11 janv. 2011, 12:34

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,21-28.
Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. »
Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. »
L'esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri.
Saisis de frayeur, tous s'interrogeaient : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »
Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Des hommes tourmentés par des esprits mauvais, il y en a beaucoup. Il y en aura plus encore lorsque nos contemporains auront dans leur majorité adopté le principe de parfaite neutralité entre tous les cultes et les religions, et davantage encore le droit à une liberté sans limite (hors crimes) dans les relations inter-personnelles. Il faut d'ailleurs admettre que tout cela va bon train. Une chose m'a frappé : on ne cite plus jamais que les chiffres du SIDA, mais les autres maladies sexuellement transmissibles existent toujours, j'imagine ? Blennorragie, gonococcie, chlamydia, hépatites B et C, herpès, morpions, mycoplasmes, mycoses multiples... Par ailleurs, mariages et adoptions homosexuelles, euthanasie, suicides assistés... Il est un parc à Zurich, où l'on peut tranquillement prendre sa dose quotidienne d'héroïne: les dealers sont sur place, et les cadavres sont ramassés chaque matin. Dans l'ensemble, tout est permis et tout est admissible mais dans certains cas, mieux vaut ne pas se faire prendre - depuis le vol jusqu'à l'assassinat. L'adultère n'est plus un délit depuis longtemps: c'est un acte libre entre adultes consentants.

L'esprit mauvais que j'ai connu le mieux, c'est celui qui me disait, à l'âge de quatorze ans, c'est ceci: il n'y a pas de Dieu, donc tu peux faire tout comme tu veux, mais il n'y a une seule chose qui ne t'es pas permise: échouer dans ta vie, cela tu ne peux pas. Mais tu dois réussir et tu dois êtres heureux. Si tu ne réussis pas, si tu n'es pas heureux, alors ce sera ta seule faute et tu n'auras qu'à t'en prendre à toi-même. Au bout d'une dizaine d'années dont je garde un souvenir d'efforts immense et d'une peine très profonde, j'ai finalement reconnu que cet esprit qui m'animait était un menteur. Il y avait l'amour, tout de même, et l'amour n'est pas la possession ! Donc l'idéal n'était pas mort - encore cinq ans et je fus complètement converti.

La venue de Jésus sur terre a cela pour but: de rendre l'homme libre de choix à l'égard de ce que le monde lui proposera (et propose aux hommes depuis le commencement de l'histoire de l'humanité). Les Juifs avaient déjà les douze commandements. Plutôt que d'en retirer ou d'en rajouter, le Christ les ramasse en lui-même et dit : "Tu aimeras Dieu de tout cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces - et ton prochain comme toi-même." Lui-même a vécu comme il enseignait et les autres l'ont mis à mort parmi les malfaiteurs et les traîtres.

N'est-il pas étonnant de voir, dans ce texte, un homme posséder par un esprit aussi furieux se rendre librement dans une synagogue, sans que personne n'en soit dérangé ? Cela est dû au fait que la possession diabolique commence dès le simple abandon, ou fléchissement, de la conscience.

J'ajoute: 'La lumière éclaire tout homme venant dans le monde'. Même avant l'ère chrétienne, les hommes savaient distinguer le bien du mal et opérer un choix. N'est-ce pas le cas de l'Antigone de Sophocle ? Celle-ci accepte la condamnation à mort prononcée à son encontre par son propre père, car elle a transgressé l'édit interdisant d'enterrer les cadavres des rebelles; or, la tradition prescrivait d'enterrer les morts afin qu'ils puissent aller dans le Hadès. Bref, Antigone refuse la loi contraire à la tradition religieuse du temps en répondant: "Ce n'est pas pour haïr que je suis née, c'est pour aimer !" Parole déjà christique, prononcée des siècles avant l'ère chrétienne.
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Une journée comme une autre

Message non lupar etienne lorant » mer. 12 janv. 2011, 11:26

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39.
En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.
Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. »
Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Voici donc une journée bien remplie à Capharnaüm. Tellement bien remplie qu'il est impossible de fixer sa fin. Elle commence à la synagogue, se poursuit dans la maison de Pierre. Peut-être ont-ils pris un peu de repos après le repas? Ensuite, Jésus n'a plus besoin de sortir, car c'est la ville entière qui vient le voir le soir venu. Ici, je m'arrête car je note qu'en dépit du fait qu'ils ont reconnu Jésus comme un homme hors du commun, les habitants de Capharnaüm attendent le soir pour venir avec leurs malades et ceux qu'ils jugent habités d'un mauvais esprit. C'est tout de même le travail avant tout, le travail avant la guérison ou le salut: n'est-ce pas un travers commun chez les hommes de tous les temps ? De se dire: ce que je peux obtenir par moi-même, je le connais, mais ce que je peux gagner de la part de Dieu, c'est autre chose... C'est la foi avec le doute, ou la foi avec l'esprit du gain. C'est en tout cas très loin de la foi qui dit: "Tout vient de Dieu. Je me dois à Dieu d'abord, ensuite à mes préoccupations humaines".

Du coup, on se presse devant la maison. Les guérisons et les signes sont si nombreux que, dans la nuit, le Seigneur se retire dans la montagne. C'est là qui se régénère dans le seul-à-seul avec le Père. Recherché par ses disciples, il décide de ne pas revenir mais de poursuivre sa route vers d'autres villages. Lorsque j'en suis arrivé là de ma lecture, je me suis dit qu'il n'en pouvait être autrement: le Christ se livrerait à tous et à toutes sous l'apparence physique de l'hostie consacrée, afin d'être disponible à tous ceux et toutes celles qui voudront s'en remettre à lui. Les fidèles - qui ne sont que de pauvres gens mais qui ont reconnu le besoin d'être soutenu, pourront désormais commencer leur journée par l'Eucharistie et recevoir ainsi toutes les forces nécessaires pour bien vivre leurs journées.

Il me semble que cet épisode est un des plus faciles à lire qu'il m'ait été donné depuis longtemps. La seule chose qui m'est difficile, ce n'est pas de consacrer du temps à rédiger un partage, mais c'est tout bonnement de me décider à m'y mettre, car à chaque fois, depuis que j'ai commencé, la même question se pose : 'Mais que vais-je pouvoir dire là-dessus ? Tant de grands sont passés avant moi !" Et finalement, c'est la joie qui m'y pousse ou m'y attire de façon irrésistible.
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Jeudi 13 janvier: la foi d'un lépreux

Message non lupar etienne lorant » mer. 12 janv. 2011, 19:34

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45.
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
A l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié.
Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère :
« Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La supplication du lépreux est très belle, car il fait appel directement à la volonté de Dieu. Rien n'est impossible à Dieu, cet homme le sait, et donc, il demande simplement que Jésus veuille le purifier, et il sera délivré de sa lèpre. Il faut comparer cette guérison avec d'autres dans l'Évangile, qui donnent lieu à une remise en question par le Christ de celui qui demande. Car la première chose qui compte à ses yeux, c'est la qualité de foi des personnes.
Mais ici, Jésus, sensible à la démarche de cet homme, se contente de reprendre ses propres mots pour le guérir: "Je le veux, sois purifié".

La foi de ce malade peut donc être rapprochée de celle du centurion romain, qui demandera la guérison de son serviteur: "Il est inutile que tu viennes chez moi, dit-il, mais dis simplement un mot, donne un ordre comme moi aussi je donne des ordres, et je sais que ce sera fait". Et il est écrit que Jésus admira cet homme et le proposa comme un modèle de foi (qui demeure toujours dans la liturgie).

Pourtant, une fois guéri, l'homme va désobéir. Plutôt que de demeurer discret sur la manière dont il a obtenu sa délivrance, il va l'annoncer tout haut à tous ceux qu'il rencontre sur son chemin. Or, doit-il être puni, a-t-il commis une faute qui mérite un châtiment ? Je suis certain que non. Jésus savait, bien sûr... Je me fonde sur la joie, la joie quasi inextinguible dont il est question dans la parabole du fils prodigue: "Il fallait festoyer et se réjouir, car ton frère était perdu et il est retrouvé, il était mort, et il est revenu à la vie !" Il faut se mettre à la place d'un condamné à mort qui est reconnu innocent et relâché aussitôt: comment retenir une telle émotion ? Marc parle d'un "avertissement sévère", mais j'ajouterais: avertissement d'autant plus sévère qu'il ne pouvait être respecté !
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Guérison et création nouvelle

Message non lupar etienne lorant » ven. 14 janv. 2011, 12:19

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,1-12.
Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison. Tant de monde s'y rassembla qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait dans l'assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu'ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l'ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. » L'homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

C'est bien d'abord la foi et salut de l'âme qui comptent, avant la guérison; celle-ci m'apparaît de plus en plus comme la "manifestation extérieure" que le Christ donne de la réalité du changement intérieur survenu par la grâce.

On me dira que dans ce cas précis, le paralysé n'a rien demandé (mais savait-il parler ?) et que le texte parle seulement de la foi de ceux qui ont transporté ce malade. Eh bien, n'est-ce pas encore meilleur de savoir que la démonstration de foi des proches de cet homme a permis sa guérison ?

Comment ne pas rappeler ici, une fois de plus, l'événement que fut pour moi le 13 mai 2004, mon 'sevrage instantané' du tabac ? Durant dix-neuf années, j'avais tenté une fois par an de tenir - enfin ! - ma promesse. Car j'avais promis : "Seigneur, la première chose que je veux accomplir en remerciement pour ma conversion, ce sera cesser de fumer"... mais depuis, chaque année, chacune de mes tentatives (en utilisant toutes les méthodes sur le marché) avaient lamentablement échoué le troisième jour !

Mais la dernière fois, je venais de m'engager auprès des Apôtres de la Miséricorde, j'avais prêté serment de lutter "chaque jour de ma vie" contre mes mauvais penchants - et évidemment, parmi ces penchants, le tabac était aussi évident pour moi que le nez au milieu du visage !
MAIS cette dernière fois, plutôt que de m'appuyer sur ma volonté, je m'étais mis à prier et à supplier d'être délivré de cet esclavage mortel. Un jour, deux jours... le troisième jour, comme d'habitude, devient rapidement "à hurler" - et puis, vers trois heures de l'après-midi, comme je souffrais et me disais: d'un instant à l'autre, je vais craquer et me précipiter au bureau de tabac du coin... le temps s'est comme suspendu. Je suis demeuré dans l'instant. Pendant près de cinq heures, je suis resté comme suspendu entre une seconde et la suivante. C'est évidemment inexprimable, mais je me suis souvenu des fameuses "montres molles" de Dali : qu'est-ce que le temps ?
Je n'ai pas bougé d'un millimètre pendant trois heures (il n'y a pas eu de clients non plus, le ciel était bleu, tous étaient en promenade), j'avais mes coudes ancrés sur mon bureau et, peu à peu, j'ai réalisé que j'étais en train de guérir, de "passer au travers". La Joie, celle de ma conversion, m'a envahi tout entier et j'ai eu cette idée: eh bien, si le purgatoire est comme çà, vivement y être ! Car la souffrance physique n'est rien à côté de cette Joie-là! Autrement dit: pour avoir cette Joie, oui, on souffrirait quasiment n'importe quoi !

Dans un témoignage, j'ai encore ajouté qu'à mon avis, l'ancien Moi, l'ancien Étienne, avait été non seulement guéri, mais changé, reconstruit. L'Etienne qui fumait avait été recréé en un Étienne qui ne connaissait pas le tabac. Jamais une rechute, bien sûr, mais jamais non plus une simple envie et pas besoin de bonbons pour substitut... la cigarette m'était devenue complètement étrangère. Moi, qui pour écrire un texte, tirait cigarettes sur cigarettes !

(Évidemment, ce témoignage a fait rire beaucoup, mais peu m'importe. J'ai éprouvé dans ma chair même que ces 'réalités invisibles' ne sont pas qu'une inventions de gourous - mais que Dieu Est et Il est miséricorde pour ceux qui placent leur confiance en Lui.)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Dieu choisit ce qui n'a pas d'apparence

Message non lupar etienne lorant » sam. 15 janv. 2011, 12:14

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,13-17.
Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ; toute la foule venait à lui, et il les instruisait.En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.Comme il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde. Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les scribes commencent à suivre Jésus, eux aussi. Non pour écouter sa parole et la garder, mais pour pouvoir l'accuser. Et Marc répète deux fois, les mêmes mots, pour insister que c'est vrai, oui : "il mangeait avec les publicains et les pécheurs". Pourquoi cette insistance ? Pour la même raison, sans doute, que les scribes sont scandalisés: car le fait de prendre son repas avec les exclus, est tout à fait inacceptable à leurs yeux. S'il gardait ses distances, s'il leur parlait de loin et de haut ! Mais non, il se tient au milieu d'eux comme "celui qui sert".

C'est ce que je retiens de ce passage. Annoncer l'Évangile, ce n'est pas donner des leçons de morale, mais c'est manifester la vérité. Ce n'est pas enseigner depuis une tribune, mais au contraire en se plaçant au plus bas. Plus tard, Jésus dira clairement à ses disciples : "Celui qui veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur". Je lis encore en Matthieu chapitre 17 : "Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux."

Nombre de saints dans l'ont compris et ont cherché à associer le plus possible leur prédication à une très grande humilité de vie. Je songe bien-sûr à saint François d'Assise, mais il y en eut beaucoup d'autres, à commencer par saint Paul qui explique: "Je me suis fait tout à tous, afin d'en gagner quelques-uns". Et c'est encore plus clair dans la première épître aux Corinthiens:
"Considérez en effet votre vocation, mes frères; il n'y a parmi vous ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais ce que le monde tient pour insensé, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; et ce que le monde tient pour rien, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les forts; et Dieu a choisi ce qui dans le monde est sans considération et sans puissance, ce qui n'est rien, pour réduire au néant ce qui est, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu."

Dans l'Église, les charismes sont multiples, car s'il s'agit bien de 'manifester' la vérité, les actes valent autant que les paroles. Ceci est réconfortant, je trouve, car une personne très isolée, ou bien un malade, ou un homme dans une prison, tous et toutes peuvent travailler à l'évangélisation, où qu'ils soient et aussi bien que le Pape à Rome (et je dis cela en songeant au Pape Jean-Paul II dût travailler durement dans une carrière et une usine chimique afin d'échapper au STO allemand.)

Que le Seigneur fasse donc de nous de simples instruments !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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A vin nouveau, outres neuves

Message non lupar etienne lorant » lun. 17 janv. 2011, 10:40

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,18-22.
Comme les disciples de Jean Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? »
Jésus répond : « Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner, pendant que l'Époux est avec eux ? Tant qu'ils ont l'Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner.
Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé : ce jour-là ils jeûneront.
Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d'étoffe neuve ; autrement la pièce neuve tire sur le vieux tissu et le déchire davantage.
Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement la fermentation fait éclater les outres, et l'on perd à la fois le vin et les outres. A vin nouveau, outres neuves. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Pourquoi les disciples de Jésus ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? C'est parce que le temps est changé et ni les pharisiens, ni les disciples de Jean le Baptiste, ni Jean lui-même, ne peuvent s'en rendre compte.

Le temps est changé mais sans que rien n'ait pu l'indiquer. C'est comme au moment de la Visitation, où seules Élisabeth et Marie, soudainement emplies de l'Esprit Saint ont senti en elles-mêmes la présence divine. Tout aussi concrètement ici, c'est la même chose: les invités de la noce vivent leur rencontre avec l'Époux: comment donc pourraient-ils faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ?"

Ce temps unique dans toute l'histoire de l'humanité, où le Verbe est présent dans un corps d'homme parmi les hommes, ne saurait être un temps de pénitence, mais c'est un temps pour la fête, la réjouissance, le jaillissement, le rejaillissement et l'abondance de de la joie !

Et je dirais plus: même ensuite, lorsque l'Époux leur sera enlevé, leur jeûne n'aura de comparable avec l'ancien que le fait de se priver d'aliments, mais ce ne sera plus la mortification d'autrefois. Car les disciples vivront dans l'espérance, puisqu'ils sauront: que "Je suis avec vous, chaque jour, jusqu'à la fin du monde".... Le fait est que, dès ce moment, le temps de l'attente, de l'attente depuis la sortie du jardin d'Éden, ce temps est achevé.

Les deux images que Jésus leur propose ensuite, il les tire de sa profonde connaissance de l'existence des hommes : personne ne coud une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement ; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et le déchire davantage - et c'est vrai de nos jours aussi. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. On emploie plus d'outres pour mettre du vin aujourd'hui, mais il est clair qu'on ne va pas remplir de vin récent les vieux tonneaux, car le vin doit se conserver longtemps: ils serait stupide de gâter un bon cru en l'exposant à des particules décomposées par le temps. Cependant, l'image des outres est meilleures que celle des fûts, des tonneaux ou des barriques, car l'outre faite de peaux désigne mieux le corps de l'homme: c'est dans ce corps qu'est versé le vin nouveau de l'Évangile, qui le sanctifiera, lui confèrera sa force et lui donnera une Joie qu'aucun vin de la terre n'est capable de donner.

C'est un langage voilé, bien du style de Jésus: à la fois simple et et fort. J'aime cette image du vin nouveau qui fait éclater les vieilles outres, car un jour j'ai goûté de ce vin, et comme il est bon ! C'est un vin qui vous fait les larmes aux yeux, c'est un nectar de connaissance, c'est une compréhension par le cœur en même temps que l'esprit, c'est le vin de l'Epoux, c'est-à-dire de l'union à Dieu. Ô ce bon feu dans l'âtre, cette fête dans l'âme !
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L'homme à la main raide

Message non lupar etienne lorant » mer. 19 janv. 2011, 11:12

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,1-6.
Un jour, Jésus entra dans une synagogue; il y avait là un homme dont la main était paralysée.
On observait Jésus pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat ; on pourrait ainsi l'accuser.
Il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Viens te mettre là devant tout le monde. » Et s'adressant aux autres :
« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? » Mais ils se taisaient.
Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leurs cœurs, il dit à l'homme : « Étends la main. » Il l'étendit, et sa main redevint normale.
Une fois sortis, les pharisiens se réunirent avec les partisans d'Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'attitude de Jésus devant ceux qui déjà, désirent sa mort, me touche au cœur directement. Cet homme, il va le guérir, mais sans même l'avoir touché: et de cette manière, il ne bouge pas, il n'a pas "travaillé" le jour du sabbat. Quant au malade, il a certainement désiré être guéri par Jésus, mais il ne l'a pas demandé. A la fin, il est là debout au milieu de tous, sa main guérie et tendue, 'devant tout le monde'. Je m'imagine ses efforts pour contenir sa joie, car recouvrer l'usage de sa main, c'est redevenir un homme, c'est pouvoir travailler, avoir une vie à soi... J'ai lu que saint Paul, dans ses voyages, consacrait une partie de sa journée à tisser des toiles pour en faire des tentes, afin de n'être à charge de personne.

Pour en revenir à Jésus, affligé et en colère, il dévoile tout haut les intentions des cœurs : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? » Et la scène se déroule dans une synagogue... Cela m'inspire encore de veiller le plus possible à la qualité de mes pensées lorsque j'assisterai à ma prochaine messe. Il ne m'est plus possible d'en vivre une chaque jour comme autrefois, raison de plus de mieux m'y préparer ! Quant au dimanche, puisque de plus en plus la société se montre de plus en plus anti-chrétienne, à moi de faire de ce jour ce qu'il fût: un temps de rencontres, de prière, de repos et de détente.
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Cris et confusion

Message non lupar etienne lorant » jeu. 20 janv. 2011, 15:47

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,7-12.
Jésus se retira avec ses disciples au bord du lac ; et beaucoup de gens, venus de la Galilée, le suivirent ;et aussi beaucoup de gens de Judée, de Jérusalem, d'Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon avaient appris tout ce qu'il faisait, et ils vinrent à lui.
Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour qu'il ne soit pas écrasé par la foule. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher.
Et lorsque les esprits mauvais le voyaient, ils se prosternaient devant lui et criaient : « Tu es le Fils de Dieu ! »
Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

J'ai appris très jeune qu'une foule est toujours dangereuse. Se retrouver dans une foule peut donner le sentiment de vivre un événement en communion avec d'autres, mais à part les émotions de surface comme lors de certains matches de football, je n'y ai jamais ressenti l'euphorie qu'on m'avait promise. Mais à l'inverse, par deux fois, j'ai pu échapper à l'écrasement pur et simple et le souvenir que j'en ai gardé n'est pas très fameux. La première fois, ce fut du fait d'un escalator qui s'est soudainement bloqué à une heure de pointe; la seconde à la fin d'une soirée, à la suite d'une bousculade causée par quelques buveurs agressifs, tout le monde à voulu sortir au même moment, et j'ai eu beaucoup de chance d'être demeuré debout...

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus a prévu une embarcation sur laquelle se retirer en cas de semblable débordement, et avec ces malades qui se précipitent pour le toucher en espérant guérir ainsi, la précaution ne paraît certes pas inutile ! Et que dire de ces esprits mauvais qui se prosternent tout en criant ?

C'est donc une bien une scène de tumulte et de confusion générale que nous dépeint l'apôtre Marc dans ce passage. L'idée qui me vient, logiquement, c'est que le Christ ne pouvait pas demeurer très longtemps parmi les hommes : les trois années de vie publique, afin de préparer les disciples à leur mission d'évangélisation, mais aussi à les former pour célébrer l'Eucharistie, devaient nécessairement suffire. Mais je voudrais ajouter : d'autant plus que c'est dans la volonté et de la manière de Dieu de ne s'introduire dans l'histoire des hommes, que pour mieux s'en retirer. Il fallait qu'à la suite des temps, beaucoup puissent dire et écrire que l'incarnation, la mort et la résurrection n'étaient que 'fables et superstitions' Pourquoi ? A cause de la liberté, bien sûr. Ceux qui croiront seront sauvés, et ceux qui ne voudront pas croire, il faut qu'ils puissent en assumer le choix.
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Les vocations

Message non lupar etienne lorant » ven. 21 janv. 2011, 11:53

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,13-19.
Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu'il voulait. Ils vinrent auprès de lui,
et il en institua douze pour qu'ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcher
avec le pouvoir de chasser les esprits mauvais.
Donc, il institua les Douze : Pierre (c'est le nom qu'il donna à Simon),
Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques (il leur donna le nom de « Boanerguès », c'est-à-dire : « Fils du tonnerre »), André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Thaddée, Simon le Zélote,
et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Ainsi que Bruno, qui se fit appeler Étienne... J'avais envie d'écrire cela, moins en me songeant que cela sera vu comme une manifestation d'orgueil, que du fait de la nécessité pour moi de souvent replonger à la source. Je ne reproduirai pas le témoignage de ma conversion, mais je voudrais réaffirmer mon engagement. Autre précaution: je ne fais partie du cercle des douze (tous prêtres) mais de ceux dont Jésus parle quand Marc écrit: "Il appela ceux qu'il voulait". Et qui sont anonymes.

Ceci dit, ayant découvert lors de l'une ou l'autre lecture, que de nombreux catholiques font librement des tris entre les dogmes et la manière de vivre leur foi, j'attendais une occasion de réagir. En ce qui me concerne, au moment où j'ai dit Oui au Seigneur, dans le torrent d'émotions mêlant la joie et la contrition, il demeurait certains points que je n'avais pas compris - ce qui ne m'a pas empêché d'adhérer à tout, aussitôt et sans retour possible.

Par exemple, je n'avais pas compris pourquoi le Christ m'avait fait écrire: "Il donnait sa vie pour moi, non à cause du péché, mais parce qu'il ne supportait pas que je demeure dans le malheur à cause du péché". Il y avait dans cet énoncé une nuance qui m'a demandé une très longue introspection afin d'en dégager. Ce malheur dont j'ai été délivré, c'était la désespérance, laquelle peut s'avérer encore plus dangereuse que le péché - puisque c'est sur elle que le démon s'appuie en vue de nous détruire.

Je n'avais pas compris non plus certaines exigences du catéchisme, ni le mystère de la Trinité (on s'en doute !), mais j'ai dit tout de même dit Oui à tout, sans la moindre réserve. Je me suis dit: peu importe, l'essentiel est fait et le reste, j'aurai toute ma vie - et l'éternité ensuite, pour le découvrir. Jésus n'avait-il pas dit lui-même : "J'aurais beaucoup d'autres choses à vous dire, mais pour l'instant, vous n'auriez pas la force de les supporter" ? Ce qui n'empêche pas l'adhésion complète et irréversible.

D'où ma révolte lorsque je lis à propos de certains textes des affirmations du genre: "les choses ne se sont certainement pas passées comme elles sont décrites" ou encore: "il s'agissait d'une image". Ah ? Dans un journal de ma paroisse, j'ai lu un jour que, dans l'épisode de la Transfiguration, l'évangéliste avait simplement donner un symbole de la prière du Christ; de même, dans un livre, les apparitions du ressuscité à ses disciples, étaient toutes du type des "visions mystiques", etc. C'est devenu une mode de sélectionner dans les textes bibliques ce qu'on veut bien croire, de même que l'on trie dans l'enseignement de l'Église pour choisir ce que l'on en retiendra...

Pour moi, donc, qu'il n'en soit jamais ainsi. Peu m'importe que l'Église ait condamné à tort Galilée, puisque le mouvement des astres n'entre pas dans mon désir de salut. Tout concourt au bien pour celui qui croit. J'ai entendu un jour une voix intérieure, que j'ai reconnue et qui me disait : "Veux-tu souffrir pour moi ?" et j'ai répondu, d'un seul coup, instinctivement: pourquoi moi ?". Mais ensuite, l'écho qui m'est revenu de la croix fut: 'Et moi, pourquoi moi ?"

Que notre adhésion ne soit donc pas mélangée, mais complète. C'est bien ce que j'ai retenu ce matin de l'Évangile.
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Sagesse de Dieu, folie des hommes

Message non lupar etienne lorant » sam. 22 janv. 2011, 12:35

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,20-21.
Jésus entre dans une maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu'il n'était pas possible de manger.
Sa famille, l'apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


J'ai dû chercher de l'aide pour ce court passage, aujourd'hui. Tout l'Évangile de Marc est à l'image de ses deux lignes, l'une s'opposant à l'autre, afin de nous apprendre quelque chose. Où que Jésus aille, la foule le suit, car elle a découvert qu'auprès de lui, l'existence est changée. Elle n'est plus tout à fait l'existence, mais elle devient la vie. Hier, j'ai conclu que l'importance de ses rassemblements n'a pu qu'écourter la mission du Christ. Mais ce qu'il est important de découvrir maintenant se situe dans le second verset.

Sa famille, les siens, pourrait-on dire, viennent pour se saisir de lui car ils étaient convaincu et ils affirment qu'il a perdu la tête. Eh bien, il est dommage que nous ne perdions pas la nôtre plus souvent, dit un autre commentateur. Et je me range à ce qu'il dit: car chacun d'entre nous souhaiterait retirer de l'Évangile ce qui le rassure, le console et lui donne de l'espoir, mais l'on voudrait pouvoir aussi mettre de côté les exigences de sa parole, comme lorsqu'il dit: "Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous persécutent, au lieu de chercher la première place, prenez la dernière...etc.

Il faudrait bien perdre la tête, cette fois à l'image de la foule, car une foule ne raisonne pas, mais elle se contente d'aimer ce qu'elle entend et ce qu'elle voit, et de suivre...

(Avec un clin d'œil à frère Dominique... que j'ai lu ici:
http://www.homelies.fr/homelie,ferie,3041.html)
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Re: Sagesse de Dieu, folie des hommes

Message non lupar Angelo » sam. 22 janv. 2011, 19:38

La famille de Jésus, pourtant si proche de Dieu doute encore:"Il a perdu la tête." Ce sont des hommes. Cela ne nous montre-t-il pas qu'il n'y a aucune honte à douter du Seigneur?
Mère Thérésa écrivit dans une de ses lettres qu'elle doutait de la toute puissance de Dieu si tout étant qu'il exista. Pourtant, elle continua ce qu'elle avait à faire, sans nul souci apparant: sa foi ne l'avait pas quittée. Je pense qu'il faut apprendre à poser des questions sans nulle honte. Ce n'est pas parce que tous vous voit comme un bon catho, respectueux de sa foi qu'il ne faut pas leur démontrer que nous ne sommes pas exactement ce qu'ils croient. Admettons nos faiblesses, nous ne sommes pas surhumain, comme tous nous cherchons une voie dans notre vie et nous ne pouvons la trouver seuls.
Nous ne montrerons notre force qu'à travers notre faiblesse. Je sais, cela peut parraître paradoxal, mais si l'on y réfléchis un peu, pas tant que ça. Dieu ne s'est-il pas fais homme, poussière en comparaison de ce qu'Il est?
†Ad majorem gloriam Dei†


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