Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Le labeur de l'Esprit en l'homme

Message non lupar etienne lorant » ven. 05 nov. 2010, 20:02

Ez.39 : 29 : "Et je ne leur cacherai plus ma face, Car je répandrai mon esprit sur la maison d'Israël, Dit le Seigneur, l'Éternel."

Sur la montagne, Dieu avait déclaré : "Nul ne peut me voir sans mourir". Mais n'est-ce pas à une "mort" de l'image que procède l'Esprit Saint dans nos cœurs ? Est-ce parce que le Christ nous a appris à appeler Dieu 'Notre Père' que nous ne le représentons comme une sorte de vieillard céleste qui plane au-dessus de nos têtes ? Le terme d'Abba ('papa') employé par Jésus est beaucoup plus évocateur de cet élan que j'ai connu... sans doute jusqu'à ma douzième année: il désignait pour moi... quelqu'un qui avait le pouvoir d'apporter une solution, quelle que soit la difficulté d'enfant que je traversais. Qu'il s'agisse d'une fièvre, d'un mal de dents, d'un désarroi inconnu jusqu'alors, même d'une désobéissance reconnue, peu importe car de toute manière, lui, papa, connaissait toutes les solutions: il était là pour cela, je n'en doutais pas. Ma mère n'était pas moins présente, mais elle avait le visage de la consolation absolue plutôt que celui dela solution absolue : je me souviens bien de cette distinction très nette.

De toute manière, ce que dit Dieu par la bouche d'Ezéchiel, c'est que Dieu se laisse connaître par son Esprit. C'est une rencontre hors de tout raisonnement, de toute pensée, de tout langage. L'Esprit-Saint n'est-Il pas comme le feu, et Jésus n'a-t-il pas désigné l'Esprit comme le feu qu'il est venu jeter sur la terre ? Jésus est venu jeter le feu de l’amour sur la terre. Et cet amour est une force qui pousse en avant, mais aussi un combat, une résistance jusqu’au sang, un courage pour affronter, s’il le faut, les adversaires de la justice et de la liberté. C'est un feu qui est mouvement comme une vague qui soulève et emporte vers l'avant. C'est bien ainsi, en tout cas à ma toute petite échelle, que l'Esprit-Saint me pousse à la connaissance de Dieu. Mais le mot de connaissance est encore trop riche et trop humain. Il faut dire: l'Esprit-Saint m'incite à sonder le mystère de Dieu. Oui, c'est mieux.

Or, ce mystère est insondable, comme le dit bien sainte Faustine - et comme l'on dit beaucoup d'autres. Peu importe: les mystères de Dieu ne nous sont pas donnés pour que nous en trouvions la solution - certes non, l'Eternité n'y suffira pas !, mais pour que nous y plongions avec toutes nos capacités. Ce que je crois, c'est donc que, lorsque Dieu a répandu son Esprit sur le monde, l'Esprit n'a eu de cesse, et cela se poursuit toujours, de nous relever tous, chacun tel que nous sommes, pour que nous puissions participer, dès ce monde, à la contemplation continue des secrets de Dieu. Seigneur, comme je me réjouis de ce don ! Comme j'en étais indigne et comme j'en avais besoin ! Désormais, si je suis fort, c'est parce que je sais que ma force est hors de moi-même: si ma force est hors de moi-même, qui pourra me la prendre ? Et il en ainsi de ma Joie, ma vraie joie, et il en est de mon cœur, car mon cœur n'a de regard que pour la miséricorde divine.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le bien véritable

Message non lupar etienne lorant » sam. 06 nov. 2010, 12:01

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,9-15.

Jésus disait à ses disciples : " Faites-vous, des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande. Si vous n'avez pas été dignes de confiance avec l'Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? Et si vous n'avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ?Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s'attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. »
Les pharisiens, eux qui aimaient l'argent, entendaient tout cela, et ils ricanaient à son sujet.
Il leur dit alors : « Vous êtes, vous, ceux qui se présentent comme des justes aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos cœurs, car ce qui est prestigieux chez les hommes est une chose abominable aux yeux de Dieu.

Le bien véritable, le voici: je l'ai sous les yeux, c'est la Parole par laquelle je recommence ma vie chaque jour. Cependant, si je lis ce texte, mais si dans ma vie les œuvres inspirées par l'Esprit ne vont pas de pair avec une existence sans reproche aux yeux des frères et des sœurs, qui sont dans le monde, alors c'est comme si je n'avais pas le bien véritable. Dieu voit le secret des cœurs.

Si l'on voulait mettre en image cet enseignement de Jésus, il suffirait de filmer l'épisode de la pauvre veuve dans le temple, celle qui vint déposer deux piécettes à l'offrande dans le temple. Oui, le bien véritable, elle le possède, car elle sait que le Seigneur prendra soin d'elle de bout en bout - et que ce n'est pas une piécette ou deux qui y changeront quoi que ce soit. Elle a compris: on peut être pauvre et avare, et pour un pauvre qui ne croit pas à la Providence, deux pièces de monnaie comptent plus que tout. Mais elle vient les donner en offrande et le Seigneur déclare: elle a mis plus que tous les autres.

Bien sûr, si je devais me comparer à cette veuve, je rougirais car je l'avoue, je compte - et certains jours beaucoup plus que d'autres. Cependant, je sais qu'il y a une limite à mes calculs, car je sais que tout ce qui est bon pour moi me vient du Père. Obligé de demeurer un an et trois mois sans revenu fixe, lorsque l'ancienne galerie où je travaille a été abattue pour laisser place à un parking à ciel ouvert, j'ai d'abord eu des sueurs froides ! J'avais épargné autant que je le pouvais dès que j'avais appris ce chantier, mais pour le reste, je ne savais trop que faire. Je me suis présenté pour des emplois dans des firmes, et l'on m'a déclaré: "Vous ne pouvez pas travailler, puisque vous n'êtes dans aucun plan d'embauche chômeurs de longue durée..." J'ai donné quelques cours de rattrapage langues modernes, mais cela ne pesait pas lourd. J'ai connu la gêne de demander à mon père fort âgé s'il m'hébergerait de nouveau et il a dit oui. Je me suis mis au service de mes parents âgés et je n'ai plus manqué de rien: en réalité, c'est à ce moment-là qu'il fallait quelqu'un pour reprendre la gestion de la maison et découvrir le monde des personnes âgées, isolées, abandonnées par leurs proches - j'ose le dire, oui, les parents âgés qui ne produisent plus constituent souvent une gêne pour leurs enfants; ils ne les visitent plus, mais ils songent déjà au Notaire ! C'est ce service qui a été à l'origine de multiples bénédictions par la suite, et mon moment de crainte passé, tout s'est arrangé pour moi beaucoup mieux encore que j'aurais dû l'espérer.

J'ai parlé de mon cas personnel simplement pour confirmer que ce que Jésus dit dans l'Évangile aujourd'hui, je l'ai vécu aussi. Et c'est vraiment dans la mesure où l'on se soucie de la volonté de Dieu, en la considérant comme essentielle, que le reste, les biens matériels et nos devoirs d'état, suivent sans difficulté. Je suis d'ailleurs persuadé que nous aurions chacun une histoire à raconter. La réussite de l'existence, nous n'en savons rien, si ce n'est par conformisme. Si seul l'argent permet la réussite de l'existence, alors pauvre réussite que celle-là !
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Re: Le bien véritable

Message non lupar christiane » sam. 06 nov. 2010, 18:28

Henri et moi assistons pécuniairement nos enfants. Mais, nos biens s'étant amenuisés, j'ai du choisir entre aider mes enfants et faire des dons aux associations caritatives et renouveler mes abonnements chrétiens. D'autre part, je parrainais aussi un petit enfant chaque mois et j'ai aussi suspendu mes versements.

Bien sûr, comme ton Papa, nous hébergerions à nouveau Jean-Yves. Mais tant qu'il a un travail stable et notre aide matérielle, il peut vivre chez lui.

Merci pour ton splendide courrier, Etienne, je t'ai bien entendu répondu.

Que le Seigneur nous aide sur le chemin qui mène à la Sainteté.

Bien affectueusement,
Christiane

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Le pardon qui nécéssite une grande foi

Message non lupar etienne lorant » lun. 08 nov. 2010, 12:22

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,1-6.

Jésus disait à ses disciples : « Il est inévitable qu'il arrive des scandales qui entraînent au péché, mais malheureux celui par qui ils arrivent. Si on lui attachait au cou une meule de moulin et qu'on le précipite à la mer, ce serait mieux pour lui que d'entraîner au péché un seul de ces petits.Tenez-vous sur vos gardes ! Si ton frère a commis une faute contre toi, fais-lui de vifs reproches, et, s'il se repent, pardonne-lui. Même si sept fois par jour il commet une faute contre toi, et que sept fois de suite il revienne à toi en disant : 'Je me repens', tu lui pardonneras. »
Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.

Au moment où ont été découverts les corps des petites Julie et Mélissa, la terrible Parole de Jésus qui commence cet Évangile a été citée lors d'une homélie. Or, ce texte ne parle pas de la punition, de la sentence et du châtiment, mais bien du pardon. Il existe des fautes qui nous semblent horribles et qui inciteraient beaucoup d'hommes à retourner au lynchage en public... Les actes des tueurs en série leur valent la peine de mort ou l'enfermement à vie, mais que faire de ces deux enfants, mineurs d'âge, qui en Angleterre en 1993, s'en étaient pris au plus jeune d'entre eux, âgé de deux ans à peine et qu'ils avaient massacré ?

Tenez-vous sur vos gardes ! Voilà qui est clair.

Je dis aussi: malheureuse Simone Veil, en dépit de tous ses titres de gloire - et il y en a une collection: survivante des camps de concentration, ministre de la santé, président du Parlement européen, membre du Conseil constitutionnel, Grand officier de la Légion d’honneur, Chevalier de l'ordre national du Mérite, Dame commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, Prix Nord-Sud du Conseil de l'Europe (2007), membre de l'Académie Française, le collège de Villers-Bocage (Calvados) porte désormais son nom : Simone Veil l'a inauguré, en personne, le vendredi 30 avril 2010.

Hélas, tout cela n'est que peu de choses pour compenser la promulgation de la loi sur l'Interruption Volontaire de Grossesse - qui porte aussi son nom, et qui a mené à des excès extraordinaires, comme le constate ce reportage:

http://www.youtube.com/watch?v=WGGRHsU9 ... re=related

Cependant, la règle demeure le pardon du pécheur. Parfois, cela paraît si difficile que la demande des disciples n'étonne pas : "Augmente en nous la foi !" Il faut que la foi grandisse en effet, car les événements du monde, surtout pour les chrétiens du 1er siècle allaient les conduire au pardon "jusqu'au sang". Et cela recommence...
Aujourd'hui' hui , je prie l'Esprit Saint de m'aider à poursuivre de bout en bout dans la voie qui m'est tracée, car l'isolement est chaque jour plus important et je ne doute pas que le décès de mon confesseur me conduira à m'impliquer un peu plus dans la défense des valeurs de l'Église autour de moi - et je me doute qu'on n'hésitera pas à m'incriminer faussement, mais il faut y aller.

Nota Bene : Je crois Simone Veil sincère. Sans doute n'imaginait-elle pas que la Loi sur l'IVG introduirait aussi la notion de "mon ventre c'est à moi et je fais ce qu'il me plaît". La "modernité" a suivi, et la modernité, c'est souvent (avortement comme euthanasie, comme suicide assisté) le droit de tuer et de se tuer de manière légale.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le temple qui ne peut être détruit

Message non lupar etienne lorant » mar. 09 nov. 2010, 11:15

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2,13-22.
Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

« Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » Cette merveilleuse et éclatante déclaration de Jésus, à la veille de sa Passion, me donne du courage en un temps où je me retrouve toujours plus isolé, sujet à n'importe quel événement (maladie, accident, revers de fortune) sans personne autour de moi capable de me soutenir ou de m'encourager. Jésus avait pris la route de Jérusalem "avec courage", et le voici sur le point d'accomplir sa plus grande œuvre: désormais, il parle donc en maître et en Roi. Son corps sera détruit, et Il le relèvera en trois jours.

Cette même déclaration m'en rappelle d'autres, notamment celles à Nicodème et à la Samaritaine:

- A Nicodème: "En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu.» Nicodème lui dit: «Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il une seconde fois entrer dans le ventre de sa mère et naître?» Jésus répondit: «En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de parents humains est humain et ce qui est né de l'Esprit est Esprit. Ne t'étonne pas que je t'aie dit: 'Il faut que vous naissiez de nouveau.' Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit, mais tu ne sais pas d'où il vient, ni où il va. C'est aussi le cas de toute personne qui est née de l'Esprit.» (...) »Et tout comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut aussi que le Fils de l'homme soit élevé afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle."

- A la Samaritaine: (" Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer.'') Jésus lui dit : ''Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut provient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité.''

Je note encore qu'au même moment où Il parle ouvertement, Jésus ménage ses disciples. Il sait combien son agonie et sa mort sur la Croix vont éprouver leur foi. Ce qui est vraiment remarquable dans le discours de Jésus, c'est qu'il s'adresse en même temps aux uns et aux autres. Ce sont les mêmes mots, mais ils déroutent les uns, tandis qu'ils deviennent un trésor pour ceux qui les gardent.

Dans l'époque que nous vivons, du moins en Occident, ce sont les mêmes paroles qui me confortent. Avec l'inspiration du Mauvais, nombreuses les sociétés qui cherchent à réduire l'Église, à l'annihiler, à lui retirer tout pouvoir. On surveille aussi bien le Pape que les Archevêques et les Évêques : on se saisit de leurs paroles pour les attaquer et les tourner en dérision. On déifie le conformisme de la pensée. Bref, on cherche à détruire l'Église, à recrucifier le Christ. Mais ces serviteurs du démon ne comprennent pas que l'Église n'est pas un monument fait de mains d'hommes, mais d'hommes nés de nouveau, sur lesquels ils n'ont aucune prise réelle: car ils sont comme le vent, dont on ne sait ni d'où il vient ni où il va. Que leurs ruades ne nous effraient pas !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Jésus et le serpent de bronze

Message non lupar etienne lorant » mar. 09 nov. 2010, 20:18

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 3, 7-15)

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

C'est cet amour de miséricorde, qui va jusqu'au don total, absolu, et plus encore, dans de très grandes souffrances, que l'homme a si difficile à recevoir de Dieu . Le jour de ma conversion, dans les premiers instants, j'ai été ahuri et ma première réaction a été celle du refus: "Non, ce n'est pas possible, je ne veux pas, l'amour ne peut aller jusque-là ! Et pourtant, si... et c'est même le commencement de toute l'histoire. Maintenant, lorsque il y a quelqu'un que je dois aimer, souvent c'est le Seigneur qui me propose telle ou telle personne, et en quelques occasions, j'ai eu l'impression que mes sentiments n'étaient pas vraiment les miens, mais qu'ils m'avaient été "infusés" afin que j'accomplisse un ou plusieurs gestes de miséricorde. De toute manière, suis-je par moi-même capable d'aimer quiconque ? Aimer vraiment, c'est-à-dire sans que le désir de posséder s'empare de moi ? Non, il y a toujours une lutte, un renoncement dont je sais qu'il peut être pénible.

Il n'y a pas d'amour sans liberté. Cette règle est absolue, au point que Dieu lui-même n'y échappe pas. (En réalité, Il lui suffirait sans doute de se manifester au monde dans la gloire de l'Amour - mais même ainsi, il resterait quelques âmes perdues qui Le rejetteraient).

Aimer ne va jamais sans souffrances, mais il faut bien se mettre à l'esprit également que lorsqu'il n'y a plus d'amour, souvent il n'y a plus de vie non plus. Il est tout à fait clair pour moi que celui aime est vivant, et celui qui n'aime pas est déjà mort. Il y a de nombreuses âmes déjà mortes que nous croisons chaque jour, mais c'est une faveur de Dieu de ne pas pouvoir pénétrer l'état de l'âme de notre prochain - tout comme c'est une faveur aussi de ne pas voir comme nous sommes vus (car nous nous écroulerions de chagrin devant toutes les peines causées quotidiennement à Jésus Amour).

Il a plu à Dieu de vouloir nous donner la vie éternelle, et quel prix n'a-t-il pas payé ! Parfois lorsque je songe à cela, je n'ose plus me regarder, intérieurement, dans mon propre miroir.
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Le retour en gloire du Christ

Message non lupar etienne lorant » ven. 12 nov. 2010, 11:51

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,26-37.

Jésus disait à ses disciples : " Ce qui se passera dans les jours du Fils de l'homme ressemblera à ce qui est arrivé dans les jours de Noé. On mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche. Puis le déluge arriva, qui les a tous fait mourir. Ce sera aussi comme dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Loth sortit de Sodome, Dieu fit tomber du ciel une pluie de feu et de soufre qui les a tous fait mourir ; il en sera de même le jour où le Fils de l'homme se révélera.
Ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et qui aura ses affaires dans sa maison, qu'il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu'il ne retourne pas en arrière.
Rappelez-vous la femme de Loth.
Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.
Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l'une sera prise, l'autre laissée.
Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l'une sera prise, l'autre laissée. »
Les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où il y a un corps, là aussi se rassembleront les vautours. »

Ce sera un jour comme les autres, un jour comme aujourd'hui. Beaucoup seront surpris, la majorité, en fait, et même les 'responsables, les chefs d'États, les scientifiques et les militaires. Quelle est cette pensée qui s'est installée dans l'Occident que la seconde venue du Christ peut être prévue ? Bien sûr, chaque génération a eu son Antéchrist. Les martyrs du premier siècle ont eu Néron; l'époque moderne a connu Hitler et Staline, à présent nous avons les intégristes islamistes et les négateurs de Dieu... Mais la seconde venue du Christ ne viendra pas de manière à frapper le regard. "Le Royaume, le voici, il est au milieu de vous" dit encore Jésus.

Ce sera un événement totalement imprévisible. L'instant d'avant, il n'y aurai rien que d'ordinaire. L'instant d'après, tout sera accompli et achevé. Comment est-ce possible ? Parce que le Seigneur ne vient pas comme dans les fantasmes des pseudo-voyants qui décrivent - pour semer le trouble et la crainte, toutes sortes d'événements funestes.

Je comprends pus simplement ce retour en gloire comme la conversion que m'a rapportée Grâce. Quel nom prédestiné !Au moment de sa conversion, elle ne croyait pas en Dieu, elle vivait en concubinage avec un homme qui ne se satisfait pas d'une seule femme, et elle n'avait d'autres soucis que les plaisirs de la vie, mais aussi des rancunes. Un matin, elle allume sa télévision et l'on y retransmet une messe du père Emilien Tardiff. Au moment où la messe commence, il dit "Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit". Et boum, Grâce se retrouve à terre: tout ce qu'elle avait ignoré jusque là, elle le connaît, elle comprend tout. Elle revoit toute sa vie telle que sa vie est vue d'En-Haut. Son sentiment de contrition est tel qu'elle ne peut rien faire d'autre que de ramper vers le tiroir où se trouve le seul objet pieux de la maison: le chapelet de sa grand-mère. Le lendemain, après avoir bouclé une valise, la voilà partie, sans laissé un mot. Tout était accompli. Elle est aujourd'hui aide-soignante et accompagne des mourants dans un hôpital.

Que ceux qui n'y croient pas - ou bien qui s'imaginent avoir du temps devant eux, s'amusent donc à dire que ce sera pour 2012. En fait, c'est aujourd'hui. Convertissez-vous et détournez-vous du mal, car le temps de ce monde est déjà achevé.
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Re: Le retour en gloire du Christ

Message non lupar gerardh » ven. 12 nov. 2010, 13:24

__________

Bonjour,

Je me félicite de ce que le sujet du retour du Christ soit évoqué par Etienne. Jusqu'ici je croyais que les catholiques étaient a-millénaristes.


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etienne lorant
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Jamais homme n'a parlé comme cet homme !

Message non lupar etienne lorant » ven. 12 nov. 2010, 19:56

Evangile de Jean, chapitre 7, versets 45 à 53

45 Voyant revenir les gardes qu'ils avaient envoyés arrêter Jésus, les chefs des prêtres et les pharisiens leur demandèrent : « Pourquoi ne l'avez-vous pas ramené ? »
46 Les gardes répondirent : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! »
47 Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
48 Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
49 Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
50 Parmi les pharisiens, il y avait Nicodème, qui était allé précédemment trouver Jésus ; il leur dit :
51 « Est-ce que notre Loi permet de condamner un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait ? »
52 Ils lui répondirent : « Alors, toi aussi, tu es de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
53 Puis ils rentrèrent chacun chez soi.

L'affaire des gardes en dit long sur l'éloquence de Jésus. Je cherche quel autre mot que celui d'éloquence pour exprimer la force de persuasion de sa parole. Les gardes ont été à ce point impressionnés qu'ils restent sur le coup de leur émotion au moment de rapporter l'échec de leur mission. Ils ne se sont pas servis de ces arguments qu'emploient tous les soldats pour ne pas être punis. Ils auraient pu dire: "La foule nous a bousculés, nous nous sommes retrouvés séparés ou encore: les prêtres se sont interposés, etc." Ces justifications sont plausibles, elles ne trahissent guère la vérité. Mais ils s'exclament d'une seule voix : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! »

Parmi les chefs des prêtres et des pharisiens, le seul qui intervient en faveur de Jésus, c'est Nicodème, qui recevra de Jésus une révélation concernant la nouvelle naissance dans l'Esprit.

Beaucoup, parmi les ennemis de Jésus, se convertiront encore: je me souviens de ce que décrit Anne-Catherine Emmerich en deux moments de la Passion. C'est le cas de Malchus, le valet du grand-prêtre, à qui Pierre trancha l'oreille et qui fut guéri, et des soldats qui s'effondrèrent au moment de s'emparer de Jésus. Voici ce que dit le récit : "Tous ceux qui tombèrent et se relevèrent se convertirent depuis et devinrent chrétiens: leur chute été la figure de leur conversion. Ces soldats avaient seulement entouré Jésus, mais ils n'avaient pas mis la main sur lui. Malchus se convertit aussitôt après sa guérison, si bien qu'il ne continua son service que pour maintenir l'ordre, et que, pendant les heures qui suivirent, il servit souvent de messager à Marie et aux autres amis du Sauveur pour leur rapporter ce qui se passait.

En sorte que, dans cette scène, je retrouve l'idée que lorsque Jésus s'adresse à une foule, la foule ne réagit pas en tant que foule, mais chacun est touché dans sa personnalité profonde. Autrement dit, les mêmes mots rejoignent chaque auditeur non comme des mots d'ordre, mais dans ce qu'il a de plus profond. Suis-je dans l'erreur de parler ainsi, est-ce que j'introduis un caractère "fantastique" superflu ? Je ne le pense pas. Ou bien, lorsque Jésus dit à Levi: "Viens et suis-moi ?", il faut m'expliquer comment ces seuls mots ont subjugué le publicain. Car: "He4,12:Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du coeur."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Le retour en gloire du Christ

Message non lupar Invité » ven. 12 nov. 2010, 20:12


Bonjour,

Je me félicite de ce que le sujet du retour du Christ soit évoqué par Etienne. Jusqu'ici je croyais que les catholiques étaient a-millénaristes.
La Parousie, ou deuxième avènement glorieux du Christ est un dogme.

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archi
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Re: Le retour en gloire du Christ

Message non lupar archi » ven. 12 nov. 2010, 21:19

(...)Au moment de sa conversion, elle ne croyait pas en Dieu, elle vivait en concubinage avec un homme qui ne se satisfait pas d'une seule femme, et elle n'avait d'autres soucis que les plaisirs de la vie, mais aussi des rancunes. Un matin, elle allume sa télévision et l'on y retransmet une messe du père Emilien Tardiff. Au moment où la messe commence, il dit "Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit". Et boum, Grâce se retrouve à terre: tout ce qu'elle avait ignoré jusque là, elle le connaît, elle comprend tout. Elle revoit toute sa vie telle que sa vie est vue d'En-Haut. Son sentiment de contrition est tel qu'elle ne peut rien faire d'autre que de ramper vers le tiroir où se trouve le seul objet pieux de la maison: le chapelet de sa grand-mère. Le lendemain, après avoir bouclé une valise, la voilà partie, sans laissé un mot. Tout était accompli. Elle est aujourd'hui aide-soignante et accompagne des mourants dans un hôpital.
Ca fait plusieurs fois que je lis ce type de récits, un incroyant qui rentre dans une Eglise ou entrevoit une messe et se retrouve transporté hors du monde ordinaire. Il semble que parfois, pour obtenir des conversions et même mieux (comme ici), l'Esprit s'y prend de la manière forte. En y repensant, la conversion de Saint Paul, c'était du même acabit.

Pourquoi quelques-uns sont-ils "privilégiés" (par rapport aux autres incroyants) par ce type d'expériences qui paraissent impossibles à refuser? Les voies du Seigneur sont décidément bien impénétrables...

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.

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Re: Le retour en gloire du Christ

Message non lupar Luis » ven. 12 nov. 2010, 23:48

Même s'ils semblent privilégiés, leur témoignage est inestimable pour des personnes à peu près rationnelles comme moi : c'est le genre de témoignage qui a fait que, depuis le début de ma vie, je n'ai jamais complètement fermé la porte à "l'hypothèse Dieu", dans la période de mon enfance et de mon adolescence où j'étais finalement agnostique. Je me disais toujours : "Et si c'était vrai" ? Et depuis quelques années, je crois !

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Parabole du juge inique et de la veuve importune

Message non lupar etienne lorant » sam. 13 nov. 2010, 11:54

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,1-8.
Jésus disait une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes.
Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : 'Rends-moi justice contre mon adversaire. '
Longtemps il refusa ; puis il se dit : 'Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer :
je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête. ' »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice !
Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu'il les fait attendre ?
Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »

Ce juge inique ne respecte ni Dieu ni les hommes, c'est un juge sans justice qui profite certainement de sa position pour s'enrichir et acquérir du pouvoir. Mais dans ce cas-ci, harcelé mais sans pouvoir maltraiter une pauvre veuve sans risquer de perdre la notoriété qui fait sa bonne fortune, il va accorder à cette femme tout ce qu'elle lui réclame afin d'en être débarrassé. Conclusion: un tel homme fait justice à cette femme dans l'unique but d'en être débarrassé, à combien plus forte raison Dieu fera justice à ceux-là même qu'Il a choisi et qui crient vers Lui jour et nuit ?

Mais ne reste-t'il pas, quelque part, dans la mémoire de nos cœurs, des traces de demandes que nous avons formulées au Seigneur et qui n'ont pas été exaucées ? Dans ma vie, j'ai prié durant trois années de pouvoir revoir cette femme qui m'avait paru idéale pour me marier: n'était-elle pas issue d'un milieu chrétien, n'avait-elle pas des goûts semblables aux miens ? Et elle était célibataire... J'ai prié chaque jour durant trois ans, et moi qui dans les trois ans qui ont suivi ma conversion obtenait tout ce dont j'avais besoin en me tournant simplement vers Dieu, voici que je me heurtais à un mur de silence ? Cela ne m'a pas arrêté, sauf qu'au bout des trois années, je me suis dit : "C'est sans doute moi qui me suis trompé de demande". C'est ce jour là que je l'ai revue: j'avais laissé un copain à la boutique durant l'heure de midi, et je l'ai trouvée elle, revenue, assise à mon bureau à mon retour - et qui me sourirait ! Mais notre relation fut un échec total. Elle avait changé, était devenue rapace, séductrice, faisait de la séduction "un art"... au bout de neuf mois d'une relation déchirante et houleuse, pénible et destructrice, je me suis séparé d'elle. Et je compris tout d'un coup: Dieu n'avait pas répondu à ma demande car Il savait que cela se terminerait ainsi. Le jour de notre rupture définitive, j'ai senti dans mon âme comme une parole qui disait: "Je pouvais faire qu'elle revienne vers toi, mais je suis Dieu, je ne peux obliger quiconque à aimer !

Somme toute, j'avais été exaucé deux fois. D'abord, car j'avais exercé ma foi de demande - ce qui m'est très utile de nos jours, ensuite parce que j'avais obtenu de mieux connaître le Seigneur: Il lui déplaît de nous accorder ce qui nous causera des peines inutiles. Le troisième exaucement, c'est que je ne doute plus: ce qui m'arrive est le secret de Dieu, je n'ai plus besoin de savoir puisque je peux dire constamment: "Jésus,je m'en remets à Toi, Jésus, j'ai confiance en Toi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Les Jours du Seigneur

Message non lupar etienne lorant » dim. 14 nov. 2010, 16:23

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21,5-19.

Certains disciples de Jésus parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit :
« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? »
Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : 'C'est moi', ou encore : 'Le moment est tout proche. ' Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. »
Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.
Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom.
Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage.
Mettez-vous dans la tête que vous n'avez pas à vous soucier de votre défense.
Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.

La persécution des premiers chrétiens, Jésus l'annonce ici sans chercher à adoucir la cruauté de ces événements. Mais, comme il arrive souvent lorsque je reçois une parole sans détour, sans adoucissement, je suis reparti plus fort que lorsque je suis arrivé pour l'entendre. C'est pourquoi je rends grâce au Seigneur, car Lui ne ment jamais, Lui dit la Vérité sans détour. Il l'a dit aussi devant Pilate et déjà illustré devant le procurateur romain l'Evangille d'aujourd'hui: "Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi s'il ne t'avait été donné d'En-Haut par mon Père." A ce moment, Jésus, déjà flagellé et tourné en dérision par la soldatesque, peu importe, parle en maître, en juge et en Roi. Je crains parfois mon manque de courage, mais je prie. Je crains souvent l'avenir dans cette société qui préfère l'individu isolé que celui qui est solidaire, mais je la crains sans cesser d'y travailler. Qu'une partie de ma famille me considère comme un "mou" qui n'a jamais dit un mot plus haut que l'autre , ne m'a pas empêché d'intertervenir vivement lorsque c'était nécessaire. J'ai des luttes à mener, et j'y vais, mais j'en parle peu. La lutte, c'est l'effort, l'effort chauffe le corps autant que l'esprit, et il vaut mieux qu'il en soit ainsi sur cette terre. Celui qui s'arrête d'avancer, c'est comme s'il avait déjà commencé de reculer !

Et puis: "Seigneur, où irions-nous ? Tu as les Paroles de la vie éternelle !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Un aveugle deux fois guéri

Message non lupar etienne lorant » lun. 15 nov. 2010, 11:17

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,35-43.

Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route.
Entendant une foule arriver, il demanda ce qu'il y avait.
On lui apprit que c'était Jésus le Nazaréen qui passait.
Il s'écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
Ceux qui marchaient en tête l'interpellaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! »
Jésus s'arrêta et ordonna qu'on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je voie ! »
Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi t'a sauvé. »
A l'instant même, l'homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa ses louanges à Dieu.

A peine l'aveugle a-t-il compris que c'était Jésus, Jésus le Nazaréen qui arrive, qu'il se met à crier : "Jésus, fils de David, aie pitié de moi !" Et pas moyen de le faire taire, c'est exclu. En entendant le nom de Jésus, l'homme a saisi d'un seul coup comme tout peut changer dans sa misérable existence. Aveugle et obligé de s'humilier à mendier, parce qu'aveugle ! Il crie donc, à s'en briser la voix ! Or, ce malheureux a depuis longtemps cessé de se dire : ce n'est pas juste !, mais il demande seulement la pitié. Je crois que ce mot obtient de lui seul de Jésus qu'il s'arrête et qu'il ordonne qu'on lui amène l'aveugle.

Mais pourquoi demander: que veux-tu que je fasse pour toi ? N'est-il pas évident qu'un aveugle désire voir ? Mais c'est qu'il existe deux cécités pour l'homme: l'aveuglement des yeux et la cécité de l'âme. (En moi-même, je me dis bien souvent que si je n'avais pas désiré tout ce que j'ai vu, mon âme se serait tournée bien plus tôt vers les "biens qui demeurent !) Qu'à cela ne tienne, Jésus guérit l'homme entier, pas seulement l'organe malade: "Vois. Ta foi t'a sauvé." Pas seulement guéri mais sauvé: l'aveugle de chair a vu, l'homme se met à voir, et comme il se met à voir, il suit Jésus en rendant gloire à Dieu. Tout est dans l'ordre.

Ce texte de l'Évangile m'a toujours beaucoup "secoué" intérieurement car lors de ma délivrance de mon tabagisme, en mai 2004, quinze jours à peine après mon adhésion à la Congrégation de la Miséricorde divine, j'ai vraiment ressenti que le Seigneur ne m'avait pas seulement délivré, mais il avait fait de moi un homme nouveau, un homme qui n'a jamais fumé - et comme pour confirmer la chose, je n'ai jamais plus éprouvé la moindre envie de tabac.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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