Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Re: Serons-nous de bons figuiers ?

Message non lu par boisvert » dim. 30 mai 2010, 14:55

Le texte du figuier est un des plus difficile à commenter je crois. Mais n'est-ce pas trop simple d'identifier le figuier à la vigne et de dire que le figuier désigne Israël - et puis tout homme en général ?

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Méditations d'évangiles

Message non lu par boisvert » jeu. 03 juin 2010, 17:00

Petit mot d'Etienne qui passe chaque jour voir sa mère dans une maison de retraite, dont il dit que le service devient absolument pitoyable (au moment des repas, trois personnes servent plus de deux-cent cinquante résidents).

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-15.
Souviens-toi de Jésus Christ, le descendant de David : il est ressuscité d'entre les morts, voilà mon Évangile.

J'ai lu cette seule première phrase de la première lecture de jeudi, et quelle irruption de force et de joie dans mon coeur ! Oui, pour saint Paul, l'Evangile est condensé en cette seule déclaration: "Jésus-Christ, le fils de David, est ressuscité d'entre les morts".

Mais j'ai bien écrit que tout son Evangile est ici condensé, c'est-à-dire que Paul, en faisant référence à Jésus-Christ "fils de David", Lui associe également tout l'Ancien Testament !

Or, c'est ce que fait également le scribe dans l'Évangile d'aujourd'hui lorsqu'il déclare: "« Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices."

En somme, ce que Jésus a révélé à ce scribe inconnu, Il l'a fait aussi pour saint Paul. Tout simplement en liant fermement le premier et le second commandement : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même."
Dans ce nouvel énoncé de la Loi, la Loi n'est pas abolie, mais elle est complètement restaurée selon la vision de Dieu à l'origine du temps.

Et je constate autre chose qui élève encore ma joie: c'est que Jésus, dans cet Evangile de Marc, associe si étroitement le premier et le second commandement qu'ils n'en font plus qu'un. "Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Quelle subtilité de langage !

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L'obole de la veuve et l'Economie divine

Message non lu par etienne lorant » sam. 05 juin 2010, 12:18

http://donnemoiaboirejn47.expressforum. ... i-t808.htm

J'aime beaucoup ton partage d'aujourd'hui. D'autant plus que les évocations que les textes t'ont inspiré, m'inspirent à mon tour ! Par exemple, la finale : "Tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. » me rappelle la pièce de monnaie de César. Jésus avait dit: "Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". En accomplissant ce geste, la veuve a été jusqu'au bout de la formule employée par Jésus. Puisqu'elle a conscience d'appartenir totalement à Dieu, elle Lui rend le plus bel hommage qu'elle pouvait." Oh, tu as vraiment bien compris aussi cette présence du Père "qui est là dans le secret !"... et cette fantastique promesse : "... Il te le revaudra !". Que notre Dieu le Tout-Puissant soit aussi celui qui semble mendier notre attention, c'est si bon de Le découvrir tel ! "Merci, tu m'a rendu service, je te le revaudrai !" Enfin, tu as parfaitement dit : "Il considère toute choses, jusqu'à notre état." Ce qui m'a rappelé ces ouvriers de la dernière heure contre lesquels tous ont rouspété car ils ont obtenu le même salaire que les autres. Cela veut dire que Dieu considère qu'un homme sans travail est un homme qui souffre, car tous les hommes ont besoin de dépenser de l'énergie à l'extérieur d'eux-mêmes et au service d'une communauté. L'aspect financier n'est qu'un petit élément de la question. Les hommes et les femmes aspirent à être reconnus par le groupe social; les psychologues ont depuis longtemps remarqué que l'énergie qu'un être humain, privé de pouvoir se dépenser de cette manière, finissent par retourner leur énergie contre eux-mêmes: ils se détruisent plus ou moins rapidement (tous les buveurs de canettes de bière dans mon passage de galerie ne font que cela: ils se tuent à petit-feu). J'ai même envie de poursuivre jusqu'à dire: à l'ouvrier de la dernière heure, le bon Dieu ("Vas-tu me regarder mauvais parce ce que moi, je suis bon !") veut accorder la même pension de retraite pour tous.

Quant à la petite phrase que tu as retrouvée, c'est une vraie perle que tu devrais placer dans ton recueil spécial !

http://donnemoiaboirejn47.expressforum. ... artage-f5/
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Etre ou ne pas être, c'est la question

Message non lu par etienne lorant » mar. 08 juin 2010, 11:17

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,13-16.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

Cet Evangile, aujourd'hui, m'est un encouragement. Etre le sel de la terre, c'est gardez vivant en moi l'amour de Jésus, l'amour de mon Seigneur, de telle sorte que je serai signe pour Lui devant les hommes. Je ne serai qu'un pauvre petit signe, certes, mais les petits signes montrent tout de même une direction à suivre pour celui qui ne sait plus ni où se rendre, ni comment. Ce n'est vraiment pas grand chose d'être présent à son travail chaque jour, été comme hiver, et quatre hivers sans chauffage. Au quotidien, je n'ai souvent vu que ce que j'avais à supporter. Mais après vingt ans, un client m'a révélé que "à telle période de ma vie, je m'en suis sorti en voulant imiter ta patience"... Mais il ne s'agissait pas de ma patience, bien entendu. Cette patience, je l'avais moi-même calquée sur celle d'un "ancien prêtre", qui n'a jamais manqué une messe et qui à désormais 84 ans ! Et il en va de la patience comme d'autres valeurs que le Seigneur fait paraître à notre insu aux regards des hommes. Ceux qui ont le sourire aux lèvres en vous écoutant parler, comme si votre voix était un violon; ou ceux qui posent les bonnes questions - qui donnent envie de répondre. Et il y a les artisants du bonjour, des salutations qui encouragent, le courage des personnes âgées, et le jeune âge de ceux qui leur portent secours, etc.

Et il me faut être aussi la lampe qui brille dans ma maison. Je me crois beaucoup plus engagé dans ce labeur que dans l'autre. Si je suis un grain de sel pour mon frère, c'est Dieu qui l'a permis, ce sont des grâces dont je ne peux certes m'attribuer aucun mérite. Mais la lutte contre mon péché, j'y peux consciemment quelque chose, c'est un travail auquel je suis attendu chaque matin. Je peux dire que cela commence par une lutte contre la paresse, bien sûr. L'image me vient du silex frappé contre du silex, qui produit des étincelles. Mais je songe aussi que la lumière, au départ, est chaleur aussi. Si je ne réveille pas mon coeur, si je ne l'expose pas au rayonnement du Christ, à l'Eucharistie ou dans la prière, d'où viendra la lumière. Pour une grande part, je crois donc que je suis responsable de la lumière qui brille dans ma maison. Et une fois de plus, l'Evangile répond à l'Evangile. Les autres doivent voir ce que je fais de bien... et ils en rendront gloire à Dieu ! En finale, on juge un arbre à ses fruits, un chrétien qui ne brille pas par ses bonnes oeuvres ressemble à l'un de ses arbres dont les fruits paraissent bons à manger mais qui sont remplis de venin. Si un homme ne brille pas par ses bonnes oeuvres, c'est que sa lumière n'est que ténèbres et malheureux celui-là ! Ce n'est pas seulement ce qu'il a dit de mal dans le secret qui sera crié sur les toits, mais aussi ses pensées mauvais, son odeur de moisi, sa morale rongée des vers, sa putréfaction latente. Bref, il faut être du pur métal dont on fait les meilleures lames !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Ne jugez pas, vous ne serez pas jugés !

Message non lu par etienne lorant » jeu. 10 juin 2010, 19:11

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,20-26.

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.

Si l'on veut demeurer à la suite du Christ, il faut s'abstenir de tout jugement. Au point même d'accepter ce qui nous paraîtra foncièrement injuste ? Oui, certainement. Oui, car il n'y a pas en ce monde un seul homme qui soit pur et qui n'ait commis aucune injustice. Le Psaume m'est revenu en tête, car je l'avais lu au cours de la nuit précédente :

01 Dans son coeur le fou déclare : « Pas de Dieu ! » * Tout est corrompu, abominable, pas un homme de bien !
02 Des cieux, le Seigneur se penche vers les fils d'Adam * pour voir s'il en est un de sensé,un qui cherche Dieu.
03 Tous, ils sont dévoyés ; tous ensemble, pervertis : * pas un homme de bien, pas même un seul !
04 N'ont-ils donc pas compris, ces gens qui font le mal ? + Quand ils mangent leur pain, ils mangent mon peuple. * Jamais ils n'invoquent le Seigneur.
05 Et voilà qu'ils se sont mis à trembler, car Dieu accompagne les justes.
06 Vous riez des projets du malheureux, mais le Seigneur est son refuge.
07 Qui fera venir de Sion la délivrance d'Israël ? Quand le Seigneur ramènera les déportés de son peuple, quelle fête en Jacob, en Israël, quelle joie !

C'est ainsi que, dans cet Evangile, Jésus semble bousculer chez les hommes toute prétention à la justice. Aux yeux de Dieu, celui dit du mal de son frère est aussi coupable que celui qui le tue ! L'homme ne peut donc prétendre offrir une offrande au Seigneur sans s'être d'abord réconcilié avec son frère. "Mais, Seigneur, et si mon frère ne veut pas se réconcilier avec moi ?" Peu importe, la seule bonne offrande est celle du Christ sur la croix et tout ce que nous pouvons faire, c'est Lui apporter les fruits "de la terre et du travail des hommes". Nous ne pouvons que nous offrir nous-mêmes à la justice divine, en comptant que la miséricorde de Dieu est encore plus élevée que Sa justice.

Cet après-midi, Dieu soit béni !, j'ai songé à l'offrande de Maximilien Kolbe dans le camp d'Auschwitz et j'ai retrouvé ce récit que je peux citer avec raison aujourd'hui:

Le père Maximilien Kolbe meurt dans le bunker de la faim, ayant pris la place d’un père de famille, le 14 aout 1941 à Auschwitz.

" Le père Maximilien Kolbe, lui-même prisonnier du camp de concentration, défendit dans ce lieu de mort le droit d’un homme innocent à la vie. Le père Kolbe défendit son droit à la vie, déclarant qu’il était prêt à aller à la mort à la place de cet homme qui était père de famille et parce que sa vie étaient nécéssaires pour les siens. En cela, le père Maximilien-Marie Kolbe réaffirma le droit exclusif du Créateur sur toute vie humaine innocente. Il a porté témoignage au Christ et à l’Amour. Car l’Apôtre Jean écrit : " Nous reconnaissons l’amour à cela, qu’il est mort pour nous. Et nous devrions donner nos vies pour nos frères" ( I Jean 3 : 16) [3]

Avec neuf autres, il fut conduit au bunker de la mort. La Providence permit qu’un prisonnier polonais y fut employé par les geôliers. Grâce à lui, nous savons ce que fut la mort de Maximilien Kolbe. Voici son récit :

« Je faisais alors office de secrétaire et d’interprète dans ce souterrain. En repensant à l’attitude sublime que cet homme héroïque a eue en face de la mort, à l’étonnement des gardes de la Gestapo eux-mêmes, je me souviens encore avec précision des derniers jours de sa vie. (…)

« Les dix prisonniers du bloc 14, furent contraints de se déshabiller entièrement, devant le bloc où se trouvaient déjà environ vingt autres victimes d’un précédent “ procès ”. Les nouveaux arrivants furent emmenés dans une cellule séparée. En refermant, les gardes ricanèrent : “ vous vous dessécherez comme des tulipes ! ”

« Depuis ce jour-là, ils n’eurent plus aucune nourriture. Chaque jour, les gardes faisaient les visites de contrôle et ordonnaient d’emporter les cadavres de ceux qui étaient morts dans la nuit.

« De la cellule où se trouvaient les malheureux, on entendait chaque jour des prières récitées à haute voix, le chapelet et des chants religieux, auxquels les prisonniers des autres cellules se joignaient. Quand les gardes étaient absents, je descendais dans le souterrain pour parler avec eux et les réconforter. Les prières ferventes et les hymnes à la Vierge se diffusaient dans tout le souterrain. J’avais l’impression d’être à l’église. Le P. Maximilien commençait, et tous les autres répondaient. Quelquefois ils étaient si plongés dans leurs prières qu’ils ne s’apercevaient pas que les gardes arrivaient pour la visite habituelle ; finalement, ce sont les cris de ceux-ci qui les faisaient taire.

« Quand on ouvrait les cellules, les pauvres malheureux sanglotaient et imploraient un morceau de pain et un peu d’eau, ce qu’on leur refusait. Si l’un des plus forts s’approchait de la porte, il recevait aussitôt des coups de pied au ventre, et en retombant en arrière sur le ciment il se tuait, ou bien on l’abattait. (…)

« Le P. Maximilien Kolbe se comportait héroïquement, il ne demandait rien et ne se plaignait de rien ; il encourageait les autres, persuadait les prisonniers que le fugitif serait retrouvé et eux-mêmes libérés.

« Comme ils étaient déjà très affaiblis, ils récitaient les prières à voix basse. À chaque visite, tandis qu’ils étaient presque tous déjà étendus sur le sol, on voyait le P. Maximilien debout, ou à genoux au milieu, et son regard serein se posait sur les arrivants. Les gardes savaient qu’il s’était proposé lui-même, ils savaient aussi que tous ceux qui mouraient avec lui étaient innocents, c’est pourquoi ils avaient du respect pour le P. Kolbe et se disaient entre eux : “ Ce prêtre est tout à fait un homme d’honneur. Jusqu’à présent nous n’en avons pas eu un comme lui ”. » (…)

« À la fin de la troisième semaine il en resta seulement quatre, parmi lesquels le P. Kolbe. Les autorités trouvaient que cela se prolongeait trop, on avait besoin de la cellule pour d’autres victimes.

« C’est pourquoi un jour (le 14 août), on fit à chacun une piqûre intraveineuse de poison au bras gauche. Le P. Kolbe priait, et de lui-même il tendit son bras au bourreau. Ne pouvant supporter ce spectacle, je prétendis que j’avais du travail au bureau, et je sortis.

« Le garde et le bourreau partis, je revins à la cellule, et j’y trouvai le P. Kolbe assis, appuyé au mur, les yeux ouverts, la tête inclinée sur le côté gauche (c’était son attitude habituelle). Son visage était calme, beau, et rayonnant. (…) »

Ricciardi conclut : « Le P. Maximilien mourut le 14 août 1941, veille de la solennité de l’Assomption, cette entrée dans la gloire de celle qu’il appelait “ Petite Mère ”. « Son pauvre corps lui-même, martyrisé, consumé, nu, parut ce jour-là comme transfiguré et lumineux. (…) “ Quand j’ouvris la porte de fer, il avait cessé de vivre ; mais il me paraissait vivant. Le visage était radieux, d’une manière insolite, les yeux grands ouverts et fixés sur un point. Tout le visage était comme en extase. Ce spectacle, je ne l’oublierai jamais. ” » (…)
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Ces anges dans la joie à notre sujet !

Message non lu par etienne lorant » ven. 11 juin 2010, 11:44

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,3-7.

Jésus disait cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules,
et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! '

Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. »

Je le raconte à chaque fois que j'ai ce texte en main: au matin de ma conversion, en août 1985, j'ai "entendu" (mais avec quelles oreilles ?) un choeur d'anges qui répétaient ce "Je vous le dis" du Christ dans cet extrait de l'Evangile. J'ai toujours cette drôle d'image dans la tête, comme si les murs de ma chambre s'en étaient d'un coup retrouvés tapissés... Non pas de papier-peint, mais d'un fond sonore d'anges proclamant la joie des anges au sujet de ma conversion....

Or, j'étais à la messe, ce matin. Il y avait une ambiance très particulière aujourd'hui. D'abord, nous étions quinze - ce qui est devenu très rare. Ensuite, une dame m'a proposé de monter un peu plus haut (car je me place toujurs tout au fond de la chapelle, pour repartir d'autant plus vite à mon travail après la messe). Elle a dit ces mots: "Après tout, nous sommes de la même famille !"... et çà m'a remué. Et à partir de là, ce ne sont plus seulement les textes d'aujourd'hui qui m'ont tenu en haleine, mais aussi tous les mots de la Liturgie. Et finalement, souriez si çà vous fait sourire, j'ai eu le sentiment que Jésus, parmi nous, avait Lui-même beson de notre réconfort. A la fin de l'office, je me suis rassis car j'étais bien et je me disais : quoi, ce serait aussi bien de rester ici. Qu'ai-je à faire d'une nouvelle journée de travail ! Dans l'état où est le monde d'aujourd'hui - avec ces élections ce dimanche, et tout ce que racontent les radios ? J'ai dû repartir tout de même, évidemment, mais je garde le coeur dans une sorte de nostalgie d'enfance...
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Petit Matthieu
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Re: Ces anges dans la joie à notre sujet !

Message non lu par Petit Matthieu » sam. 12 juin 2010, 22:24

Etienne, merci pour ces paroles. Elles raniment en moi ces souvenirs de moments particuliers. Ces moments si rares et inexplicables où l'on se sent tellement bien qu'on a envie de la crier au monde. Ces moments où l'on se sent légitime de vivre, aimé et capable d'aimer, écouté et compris. C'est vrai qu'ils restent gravés ces moments-là, et ils font naître la nostalgie mais aussi le réconfort dans le noir.

Je me souviens aussi d'un moment, Etienne. J'avais connu une terrible journée, le monde m'apparaissait détestable, irrécupérable. Et là, j'ai eu de la peine, non pour moi, mais pour Jésus. "Le pauvre, le pauvre...comment fait-il pour aimer ?" Je n'avais pas encore compris ce que signifiait "infini".
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".

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La mesure de ton effort, c'est la Joie...

Message non lu par etienne lorant » mer. 23 juin 2010, 15:58

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,15-20.

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :

" Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons.
C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables.
Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits.
Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez."

Eh bien, des faux prophètes, il y en a beaucoup de ce temps. Je ne vais pas enfoncer des portes ouvertes en reprenant, un par un, le nom de voyant(e)s de notre époque que l'Eglise a rejetés, mais il n'y en a beaucoup. Il plus est intéressant de lire que si des messages commencent à vous torturer d'angoisse comme des épines, ce n'est pas l'angoisse qui vous conduira, dans l'esprit, à la douceur, la grâce et le rafraichissement d'une grappe de raisins. Quant aux chardons, prenez garde de vous retrouver cernés par eux et incapables de faire un pas de plus, et de demeurer bloqués dans votre vie spirituelle: car si vous n'avancez plus, demain vous reculerez, et votre état sera pire qu'avant votre conversion.

J'ai eu dans les mains, durant des années, l'une ou l'autre revue qui mêlaient ainsi le bon et le mauvais. Ô piège subtil, auquel des écrivains et des commentateurs catholiques parmi les plus irréprochables, se sont laissés prendre eux aussi ! En premièe page, je découvrais avec plaisir un épisode de la vie de saint Jean-Marie Vianney, mais dès la troisième page, je tombais dans la description des châtiments réservés à ceux qui ne croiraient pas aux messages d'un(e) tel(le), lesquels étaient pénibles, chargés de menaces, décrivant des meutes de démons dévorer des enfants de Dieu "parce que le temps de la Miséricorde est achevé." Il y avait des citations du Livre de Daniel, des renvois sur des paragraphes de saint Paul, auxquels s'ajoutaient des dires de prêtres dont je n'avais jamais entendu parler. Et à la fin, toujours, cet ordre furieux attribué à Jésus : "Faîtes et je ferez !"... (Hélas, comment ne me suis-je pas souvenu plus tôt que le Christ de ma conversion, Celui en qui la brebis reconnaît le bon berger par son intonation de voix... comment ai-je pu oublier qu'Il nous a dit: "Par vous-mêmes vous ne pouvez rien faire" ?) Je lisais donc cette revue, on me la glissait dans les mains, et je me suis retrouvé dans des réunions assez insolites: après la récitation du chapelet, on nous passait la vidéo d'une voyante qui décrivait comment le démon arrachait le coeur de Jésus hors de sa poitrine, à travers des côtes broyées... Et après cela, après ces démonstrations sanglantes et horrifiantes, venait le moment de la discussion "à bâtons-rompus". Les participants remerciaient la généreuse dame qui les avaient invités, et ils se félicitaient les uns les autres de faire partie du petit nombre des "sauvés".

En fait de salut, je me suis retrouvé un jour devant mon ancien directeur spirituel (dont je m'étais curieusement détaché) et qui m'a ouvert les yeux... tout en me reprochant d'avoir oublié que je lui avais dit: "Je vous le dis comme saint François: la mesure de mon effort, c'est la Joie !" Car j'avais perdu la Joie. Et perdant la joie, j'avais aussi perdu l'effort !

A tous ceux et à toutes celles qui se sentent pris dans cet engrenage, je conseille de revenir souvent aux sources de leur foi, à ce qui s'est passé en eux lorsqu'ils sont choisi de revenir vers l'Eglise. Et quand à ceux qui n'ont jamais quitté l'Eglise, qu'ils se souviennent de leurs meilleurs jours.

La Charité ne passe jamais.
Les Prophéties ? elles disparaîtront.
Les langues ? elles se tairont.
La science ? elle disparaîtra.
Partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie....
Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.

Il faut apprendre à dire et réapprendre à crier:

Jésus, j'ai confiance en Toi !
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zélie
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Re: La mesure de ton effort, c'est la Joie...

Message non lu par zélie » mer. 23 juin 2010, 21:02

Je trouve ce partage très beau, et très instructif. -Comme quoi les groupes et les journaux, on est toujours partant pour les découvrir, mais on n'est jamais certain de ce que l'on va y trouver-.

La joie comme signe sur le chemin de la Foi, c'est vrai que c'est un signe fort, et comme toi, je me souviens qu'une fois j'ai lu un bouquin, soi-disant inspiré par l'esprit-saint, qui était dans le vrai coté doctrine, mais qui était étonnament sévère, et qui finissait par me faire peur pour mon âme -boueuse mais néanmoins concernée par le salut-. Au bout d'un certain temps, je l'ai reposé et je n'ai jamais pu le réouvrir.

Merci Etienne de ce rappel si beau, la Joie, en cette saison avide de plaisirs alors que la Joie suffit...

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Tiens-toi droit, la droiture te tiendra

Message non lu par etienne lorant » ven. 25 juin 2010, 15:07

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,1-4.

Lorsque Jésus descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à le suivre.
Et voici qu'un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Aussitôt il fut purifié de sa lèpre.
Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l'offrande que Moïse a prescrite dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »

Que notre conversion - je le dis spécialement pour moi, comme converti, soit pour les gens un témoignage. Car je fus autrefois comme ce lépreux, d'une lèpre de sensualité d'autant plus dangereuse pour mon âme que je la gardais sur un plan intellectuel, ce qui me refermait encore plus sur moi-même. C'est à tel point qu' ayant éprouvé jusque dans mon corps la sublîme "inondation de Joie" du Christ ressuscité... cela ne m'a pas empêché, quelques jours plus tard, de vouloir comparer cette Joie d'En Haut, aux joies d'en-bas auxquelles j'avais déjà goûtés. Et donc, un dimanche, après avoir communié, je suis retourné dans un bistrot et j'ai commandé une bière brune servie avec du fromage: eh bien, non, décidément, cette bière dont j'avais raffolé n'avait vraiment plus le goût d'autrefois, et le plaisir éprouvé n'était vraiment rien à côté de la Joie.

"Ta guérison sera pour les gens un témoignage"... Oui, je crois qu'elle le fut. Peut-être encore aujourd'hui, même si je ne rajeunis plus ! Il faudrait noter que ce témoignage change au fil du temps. Le premier témoignage fut celui du partage continuel avec les jeunes que je croisais sur mon lieu de travail. De fil en aiguille, mais très rapidement tout de même, je suis passé de la rédaction de courriers admnistratifs, à des démarches où je m'impliquais, des rencontres avec des assistants sociaux, etc. Dans tout ce que je faisais, le Seigneur se manifestait par une exhubérance qui ne se lassait pas: je me souviens du jour où je me suis retrouvé à conduire une vieille camionette VW pour aider à un déménagement, tandis que d'autres tenaient la caisse du magasin ! Et il n'y a jamais eu un seul problème. Un second témoignage... se fit dans le silence, c'est-à-dire à l'inverse du tourbillon d'activités diverses qui m'avait conduit jusqu'à loger des gens chez moi.

Tout au contraire, je fus complètement isolé durant près de trois années et je me mis à lire les témoignages des grands convertis du XXème siècle. Une époque difficile, parsemée d'embûches de toutes sortes, d'où la Joie fut souvent absente, mais ne fallait-il pas que je me fortifie ? Le troisième témoignage, beaucoup le connaissent : participation à l'Eucharistie quotidienne, partages sur le net, et dans le quotidien, protéger l'esprit de famille, essayer de lui rendre vie.

Ce qu'il en sera dans l'avenir, avec ce que nous vivons, il est possible que certain(e)s d'entre nous bénéfcieront de la grâce de la persécution et du martyre. Il ne faut pas vivre aveugles: persécutés nous serons car fidèles nous sommes. La fidélité appelle la persécution, car l'Esprit de vérité dérange le monde, et tous voudraient s'en débarasser. Je me souviens tout d'un coup de ce que me disait mon père quand j'avais douze ans: "Tiens-toi droit, et ta droiture te tiendra"...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: La mesure de ton effort, c'est la Joie...

Message non lu par etienne lorant » ven. 25 juin 2010, 18:22

Sur le même thème, les mots d'un martyr d'aujourd'hui:

"Ne lutte pas par la contrainte. La contrainte n’est pas une preuve de force, mais de faiblesse. Celui qui n’arrive pas à vaincre par le cœur ou par la raison, essaye de vaincre par la contrainte. Mais chaque manifestation de la contrainte est une preuve d’infériorité morale. L’idée qui a besoin d’armes pour durer, meurt d’elle-même. L’idée qui ne peut se maintenir que par la contrainte est une idée dévoyée. L’idée capable de vie l’emporte par elle-même. Des millions d’hommes la suivent spontanément. La Nation comprend mieux aujourd’hui les paroles de Norwid : “Il ne faut pas s’incliner devant les circonstances et laisser les vérités derrière la porte.” Il ne faut pas s’incliner devant les circonstances… »

Ils sont de Jerzy Popieluszko... qui m'intéresse de plus en plus...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Tiens-toi droit, la droiture te tiendra

Message non lu par Relief » ven. 25 juin 2010, 19:36

"Tiens-toi droit, et ta droiture te tiendra"...

Une bien belle phrase et si juste :)

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Re: Tiens-toi droit, la droiture te tiendra

Message non lu par coeurderoy » ven. 25 juin 2010, 19:41

"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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C'est le silence qui nous garde !

Message non lu par etienne lorant » lun. 05 juil. 2010, 18:40

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,32-38.

On présenta à Jésus un possédé qui était muet.
Lorsque le démon eut été expulsé, le muet se mit à parler. La foule fut dans l'admiration, et elle disait : « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. »

Je me suis demandé ce qui est préférable : de cesser d'être muet ou de parler pour blasphémer comme ces pharisiens qui osent affirmer que Jésus opère des miracles en utilisant le pouvoir du chef des démons ! Le démon serait-il assez fou pour se chasser lui-même ? En Luc, la réponse fuse: "Vous dites que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. Et si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous."

Aujourd'hui, j'ai souffert beaucoup après avoir écouté ce qu'une proche parente avait à me dire. Or, avant même de parler, elle avait pris la précaution de me demander : "Sais-tu garder un secret ?"
A ma réponse positive: "Oui, j'en suis capable", elle s'est mise à me rapporter toutes sortes de médisances qu'elle a entendues à propos d'un autre membre de l'Eglise - et non des moindres. J'ai eu envie de répondre, mais je n'ai rien dit du tout, car je me suis rendu compte que je perdrais ainsi mon état de grâce. L'usage que cette parente a fait du secret ressemble fort un aveu de mensonge... ce qui m'a donné comme une nausée dans le coeur. Si parmi vous, quelqu'un a vécu ce type d'expérience, il sait que ces méchancetés, recueillies sous le sceau du secret, constituent comme un empoisonnement involontaire de la conscience... Tant pis, je le porterai ainsi, mais j'ai laissé un message sur le forum pour dire: ne vous laissez pas prendre à ce jeu-là. Dans certains cas, il est préférable de dire, au contraire, que vous ne savez pas garder un secret plus de trois jours... cela évitera peut-être une contagion malheureuse !

Pour le reste, je constate avec un doux sentiment de gratitude que l'Evangile de Luc continue de répondre à la scène décrite par Matthieu. Luc écrit en effet : "Le règne de Dieu est survenu pour vous", et Matthieu en donne une belle description:

"Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »


PS:

Un lien ici sur les méfaits de la langue, tels que dénoncés par saint Jacques
http://www.magnificat.ca/textes/bible/jacques-03.htm

et

un célèbre sermon du saint curé d'Ars à propos de la médisance
http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... nce21.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Une "fête-anniversaire" !

Message non lu par etienne lorant » mar. 06 juil. 2010, 17:31

Le mercredi de la 14e semaine du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ;
Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ;
Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains.
Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël.
Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche.

C'est aujourd'hui ma fête - comme on dit au Québec, puisqu'au Québec, on ne fête que la fête - c'est-à-dire en fait: l'anniversaire (mais bon, si vous n'avez pas compris, prenez un ticket d'avion !)

Les douze ont été envoyés vers les brebis perdues de la maison d'Israël. D'abord Israël, car aussi longtemps que Jésus est parmi les hommes avec son corps, c'est l'ancienne alliance qui prévaut. Et je me le demande tout à fait sérieusement : que serait-il arrivé si les scribes, les pharisiens et les docteurs de la Loi s'étaient repentis au pied de la Croix ? Je crois que de toute manière l'Esprit Saint "eu envahi la terre comme l'eau emplit la mer". Qui sait si la fin des temps n'eût pas été abrégée, qui sait si nous ne viverions pas, aujourd'hui déjà, dans le Paradis ?

Car Jésus le dit: "Sur votre route (c'est-à-dire partout où vous passerez et que vous rencontrerez) annoncez que le Royaume des Cieux est tout proche".

Le Père est vraiment fidèle et patient envers ses enfants. D'abord, Il leur a envoyé des prophètes, mais ils les ont rejettés. Il leur en a envoyé d'autres, en plus grand nombre, mais ceux-ci ont été massacrés. A la fin, Il leur a envoyé son propre fils, mais ils se sont dit: "Voici l'héritier; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage." Mais comment la croix elle-même aurait-elle pu retenir Dieu ? Bien au contraire, la croix a servi de levier - et toute la terre en sera soulevée.

C'est ce qui arrive de ce temps. Oh, que personne ne s'imagine que je dis: "La fin des temps, c'est pour ce début du second millénaire !" Mais ce que je veux dire, c'est que l'annonce de la proximité du Royaume est venue jusqu'à moi - et de ce fait même, j'y crois et je n'ai pas besoin de mettre, comme Thomas, mes doigts dans les plaies du Christ ! J'étais aveugle et le Seigneur m'a ouvert les yeux; j'étais paralysé dans mes liens de chair et j'ai été délivré; j'étais muet car j'avais de la haine en moi, et le Seigneur m'a délivré; j'étais sans emploi et il me semblait que je ne servirais à rien et Il m'a embauché à la dernière heure; j'étais tout nu de mon ignorance et Il m'a revêtu de Sa miséricorde !

Ainsi, ce 7 juillet, jour de mon anniversaire (ma fête), si personne ne m'a encore envoyé un seul mot, ni téléphoné ni visité pour me congratuler, je sais que mon Père dans les cieux, Lui, m'a déjà ouvert la porte de sa Maison... et la porte de la bergerie... çà vous dit quelque chose ? Per me si quis introierit, salvabitur !

Alleluia ! Jésus, j'ai confiance en Toi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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