Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Comme nous aussi nous remettons à ceux qui nous doivent

Message non lupar etienne lorant » mer. 07 mars 2018, 12:00

Livre du Deutéronome 4,1.5-9.
Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les décrets et les ordonnances que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, vous entrerez, pour en prendre possession, dans le pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères. Voyez, je vous enseigne les décrets et les ordonnances que le Seigneur mon Dieu m’a donnés pour vous, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays où vous allez entrer pour en prendre possession.
Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces décrets, ils s’écrieront : “Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation !” Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation dont les décrets et les ordonnances soient aussi justes que toute cette Loi que je vous donne aujourd’hui ? Mais prends garde à toi : garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu ; ne le laisse pas sortir de ton cœur un seul jour. Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils. »


Psaume 147,12-13.15-16.19-20.
Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
Il a consolidé les barres de tes portes,
dans tes murs il a béni tes enfants.

Il envoie sa parole sur la terre :
rapide, son verbe la parcourt.
Il étale une toison de neige,
il sème une poussière de givre.

Il révèle sa parole à Jacob,
ses volontés et ses lois à Israël.
Pas un peuple qu'il ait ainsi traité ;
nul autre n'a connu ses volontés
.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Du temps de Moïse et jusqu'à la venue du Sauveur, la loi était inscrite des tables de pierre, puis sur des parchemins afin qu'ils soient lus, expliqués et commentés par les prêtres, les lévites, les pharisiens qui furent, tour à tour, spécialises dans l'interprétation, l’enseignement,  l'actualisation lors de situations nouvelles, le strict respects préceptes découlant de la constante réactualisation des  ordonnances divines.  La nécessité d'autorités religieuses, dans le sens de garder vifs les commandements de Dieu, n'est contesté par personne.

N'avons-nous pas le catéchisme ? Nombreux parmi nous celles et ceux qui se souviennent de l'enseignement qu'ils ont reçu de la bouche d'un prêtre ou d'un vicaire; ils se rappellent  aussi  leur "communion solennelle", leur profession de foi et . Ce sont des situations et des événements dont beaucoup se souviennent. Et même s'ils ne sont guère pratiquants à l'Eglise, ils savent, et ils se  souviennent de l'enseignement reçu. La plupart d'entre nous sont des pécheurs convertis. Pas forcément par des événements frôlant le surnaturel, mais par une considération lucide quant à leur manière de vivre.

Le grand tort des pharisiens fut de s'instaurer eux-mêmes gardiens, surveillants et juges des paroles et des actions de leur prochain. Que les commandements soient rappelés en l'une ou l'autre occasion, c'est tout à fait normal. Mais la sanction n'appartient qu'à Dieu car Dieu seul peut susciter la conscience du mal accompli, le retour sur soi, la réflexion intime et la conversion finale.

On se demande parfois pourquoi Jésus, lorsqu'il guérit un malade, commence par dire: "Courage ! Tes péchés te sont remis". S'il en est ainsi, c'est que la plupart des pécheurs vivent, sans bien s'en rendre compte, sous le poids de fautes dont ils portent, seuls, la conscience.  Mais Jésus paraît Jésus paraît et rétablit la bonne compréhension des lois. La loi demeure qui est régénérée par les béatitudes : la religion des interdits est régénérée par l'amour chrétien. En ce temps de pénitence, le plus grand sacrifice que nous puissions accomplir, c'est de renoncer à nos droits pour afin de délivrer de nos jugements quiconque est notre débiteur: "Avant d'avoir recours aux sacrements, effacez donc toutes ces "ardoises" où vous gardez tout ce que les autres vous doivent ! Voici une conclusion très convaincante !!!

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Balayer l'hypocrisie

Message non lupar etienne lorant » jeu. 08 mars 2018, 12:54

Livre de Jérémie 7,23-28.
Ainsi parle le Seigneur : Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères : « Écoutez ma voix : je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple ; vous suivrez tous les chemins que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. » Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais penchants de leur cœur endurci ; ils ont tourné leur dos et non leur visage. Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte jusqu'à ce jour, j’ai envoyé vers vous, inlassablement, tous mes serviteurs les prophètes. Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont raidi leur nuque, ils ont été pires que leurs pères. Tu leur diras toutes ces paroles, et ils ne t’écouteront pas. Tu les appelleras, et ils ne te répondront pas. Alors, tu leur diras : « Voilà bien la nation qui n’a pas écouté la voix du Seigneur son Dieu, et n’a pas accepté de leçon ! La vérité s’est perdue, elle a disparu de leur bouche. »

Psaume 95(94),1-2.6-7ab.7d-9a.
Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu'à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu'il conduit.

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m'ont tenté et provoqué.
»

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,14-23.
En ce temps-là, Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et les foules furent dans l’admiration. Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges. En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »


Cy Aelf, Paris


Une chose est de ne pas croire, d'être incrédule, mais attribuer au diable une oeuvre manifestement bonne, c'est blasphémer et cela équivaut à inverser toutes les valeurs. C'est pourtant ce qu'il advenu de nombreuses fois dans l'histoire de l'humanité. Et, véritablement, comme Jésus le dit : "Qui ne rassemble pas avec moi disperse !"  Et, par contre, un athée qui fait le bien aura gagné un mérite un plus grand encore aux yeux de Dieu.

Les lectures de ce jour nous montrent ce qu'il advient plutôt de celles et ceux qui ont cru en Dieu mais n'ont aucunement cherché à pratiquer le bien, la justice, la pitié envers les plus faibles.  Il y a parmi nous des hommes et des femmes qui sont irréprochables dans la pratique rituelle à l'Eglise, mais qui, la messe achevée, passent sans le voir l'homme venu mendier quelques pièces pour survivre.  Cette attitude est d'autant plus choquante qu'ils viennent de célébrer le don que le Christ fit de lui-même en vue du salut de tous, sans exception.

Mais il y a pire encore - et  c'est bien d'agir comme firent les autorités du temple de Jérusalem: attribuer à un démon une oeuvre manifestement bonne. En arriver là, c'est également renier toute forme de morale, de recherche de la vérité, de sens à l'existence humaine.  Mais face à se manifeste blasphème, Jésus continue l'enseignement commencé, mais tout en concluant : "Celui qui n’est pas avec moi est contre moi; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.."

Puissions nous donc ne jamais mériter la sentence :  "La vérité s’est perdue, elle a disparu de leur bouche. "


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le Royaume est au milieu de nous

Message non lupar etienne lorant » ven. 09 mars 2018, 12:16

Livre d'Osée 14,2-10.
Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t’es effondré par suite de tes fautes. Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon. Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres. Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”, car de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse. » Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël. Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban. Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. Éphraïm ! Peux-tu me confondre avec les idoles ? C’est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c’est moi qui te donne ton fruit. Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, mais les pécheurs y trébuchent.

Psaume 81(80),6c-8a.8bc-9.10-11ab.14.17.
J'entends des mots qui m'étaient inconnus :
« J'ai ôté le poids qui chargeait ses épaules ;
ses mains ont déposé le fardeau.
Quand tu criais sous l'oppression, je t'ai sauvé.

« Je répondais, caché dans l'orage,
je t'éprouvais près des eaux de Mériba.
Écoute, je t'adjure, ô mon peuple ;
vas-tu m'écouter, Israël ?

« Tu n'auras pas chez toi d'autres dieux,
tu ne serviras aucun dieu étranger.
C'est moi, le Seigneur ton Dieu,
qui t'ai fait monter de la terre d'Égypte ! »

« Ah ! Si mon peuple m'écoutait,
Israël, s'il allait sur mes chemins !
Je le nourrirais de la fleur du froment,
je te rassasierais avec le miel du rocher
! »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,28b-34.
En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements  ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Aujourd’hui comme au temps d'Osée, comme au temps du psalmiste et comme au temps du scribe venu trouver Jésus - non pour faire étalage de sa connaissance de scribe - mais pour raviver sa connaissance des commandements de Dieu... il faudrait, aujourd'hui même, que nous nous souvenions  des jours où nous fûmes remplis de grâce et de joie dans la foi.

Voici ce que notre prêtre nous a proposé ce matin. Lui-même nous a rappelé, en exemple, comment en seconde année de médecine, il s'était rendu à Lourdes, avec l'intention de rencontrer les médecins chargé des "constatations". Mais curieusement, durant son séjour, il n'a fait que reporter cette visite, au point de se demander ce qu'il était vraiment  venu faire en cet endroit.  Il a vu la grotte, il a vu les piscines, il a vu les grands malades et il en a été plutôt choqué: ces malades n'étaient-ils pas venus là comme des désespérés, plutôt que dans la folle espérance d'un soulagement durable ?  Il s'est senti touché par la ferveur des pèlerins lors d'une procession, mais c'était en éprouvant une sorte de pitié douloureuse - la foi peut-elle entraîner à de telles "manifestations" ?

C'est donc en plein scepticisme qu'il s'est présenté, le dernier jour de sa visite à Lourdes qu'il s'est décidé à rendre visite à ses collègue de service des constatations.  Et il s'est d'abord fait reprendre: "Comment cela, vous êtes en dernière année de médecine et vous fuyez les malades !" Et de l'entraîner dans le service et lui montrer, d'abord, deux cas de guérison qui ne seraient pas retenus, car estimés "trop simples" pour être valablement qualifiés comme étant "inexpliqués".  Mais ensuite, il lui a présente les  dossiers de deux patients qui avaient été, à leur arrivée, considérés comme mourants: deux cas de  cancer généralisés. Il a pu visionner ces documents, lire les dossiers et même rencontrer un jeune femme enjouée qui lui a dit en le quittant : ce dossier qui a retenu votre attention, c'est le mien !

Revenu en ville, le plus difficile l'attendait: ses parents, athées, ne voulurent pas payer pour que leur fils "fasse curés"! Mais il en fut ainsi car l'Eglise a bien besoin de tels convertis comme de fidèles qui communient en tout temps et pas seulement à Noël et  Pâques !  "Le Royaume des Cieux, ne le cherchez pas: il est au milieu de vous !"


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé

Message non lupar etienne lorant » sam. 10 mars 2018, 15:45

Livre d'Osée 6,1-6.
Venez, retournons vers le Seigneur !  Il a blessé, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il nous soignera. Après deux jours, il nous rendra la vie ; il nous relèvera le troisième jour : alors, nous vivrons devant sa face. Efforçons-nous de connaître le Seigneur : son lever est aussi sûr que l’aurore ; il nous viendra comme la pluie, l’ondée qui arrose la terre. – Que ferai-je de toi, Éphraïm ? Que ferai-je de toi, Juda ? Votre fidélité, une brume du matin, une rosée d’aurore qui s’en va. Voilà pourquoi j’ai frappé par mes prophètes, donné la mort par les paroles de ma bouche : mon jugement jaillit comme la lumière. Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.

Psaume 51(50),3-4.18-19.20-21ab.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Accorde à Sion le bonheur,
relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices,
oblations et holocaustes sur ton autel.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,9-14.
En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’
Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Vivre un carême, n'est-ce pas comme se remettre en marche après nous être laissés vivre selon les circonstances, soit dans les distractions modernes comme sont les émissions de télévision.  L'écran de télévision, a dit notre prêtre, est le moyen le plus efficace de cesser de vivre en recherchant l'amour de Dieu. Combien de temps perdu pour les rencontres, pour le service, pour contempler et réviser la manière dont nous vivons. Et les ordinateurs qui nous permettent de partager avec autrui, comme nous le faisons sur "Facebook. Rencontrer son prochain sans se déplacer pour lui rendre visite, c'est un peu ce que fait le pharisien qui monte à Jérusalem: comment pourrait-il communiquer avec ce pécheur pénitent qu'il vient de dépasser ?

Mais parvenu au terme de ce pèlerinage, c'est le publicain qui repartira l'âme éclairée d'un nouveau regard, le cœur léger, le sourire aux lèvres.  Imaginons le retour des deux voyageurs. Le pharisien en ressortira plus confirmé qu'avant d'être une personne "incontournable", riche de sa formation, noble par son rang, savant par la connaissance de la Loi.  Mais alors, pourquoi le besoin de se comparer au publicain ?  Mais c'est ainsi que, nous aussi, nous nous comparons à plus faibles que nous - et cela nous rassure: "Ouf, je ne fais pas partie de ces hommes qui traînent leur ennui dans les tavernes ! !

C'est un fait: nous nous comparons sans cesse aux autres, mais est-ce bien ce qui peut nous conférer un sentiment de bonheur, de joie et de plénitude ?  Leur différence devrait nous réjouir et susciter notre sourire avoir reconnu nos erreurs de jugements... Comment pourrions-nous progresser si nous considérons déjà être parfaits ?  Bienheureux celles et ceux qui se laisseront abaisser - ils en sortiront bienheureux...


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Jésus et le fonctionnaire royal

Message non lupar etienne lorant » lun. 12 mars 2018, 10:57

Livre d'Isaïe 65,17-21.
Ainsi parle le Seigneur : Oui, voici : je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit. Soyez plutôt dans la joie, exultez sans fin pour ce que je crée. Car je vais recréer Jérusalem, pour qu’elle soit exultation, et que son peuple devienne joie. J’exulterai en Jérusalem, je trouverai ma joie dans mon peuple. On n’entendra plus de pleurs ni de cris. Là, plus de nourrisson emporté en quelques jours, ni d’homme qui ne parvienne au bout de sa vieillesse; le plus jeune mourra centenaire, ne pas atteindre cent ans sera malédiction. On bâtira des maisons, on y habitera; on plantera des vignes, on mangera leurs fruits.

Psaume 30(29),2a.3-4.5-6.9.12a.13cd.
Je t'exalte, Seigneur : tu m'as relevé.
Quand j'ai crié vers toi, Seigneur.
Seigneur, tu m'as fait remonter de l'abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu'un instant, sa bonté, toute la vie ;
avec le soir, viennent les larmes, mais au matin, les cris de joie.

Et j'ai crié vers toi, Seigneur,
j'ai supplié mon Dieu :
Tu as changé mon deuil en une danse,
que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 4,43-54.
En ce temps-là, après avoir passé deux jours chez les Samaritains, Jésus partit de là pour la Galilée. – Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays. Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête. Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit: « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas! » Le fonctionnaire royal lui dit: «Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! » Jésus lui répond: «Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils dirent : « C’est hier, à la septième heure, (au début de l’après-midi), que la fièvre l’a quitté.» Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison. Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le temps que nous vivons, savons-nous nous en réjouir ? Quel que soit notre âge, quelle que soit notre condition actuelle, au jour d'aujourd'hui ? Sommes-nous capables, même en une période plus difficile, de repousser dans la foi la tentation d'accorder crédit aux doutes qui nous assaillent ? Souvent, c'est à la fin de l'hiver que de nombreuses personnes, très soudainement, tombent en dépression et vont consulter pour mieux supporter la transition entre hiver et printemps.  Parmi nous, il y a de nombreux fidèles dont le carême consiste dans l'acceptation toute simple de se sentir limités, d'être frappés de craintes souvent infondées. Cet état - l'acceptation de cet état - est une forme simple de carême qui est acceptable en soi - puisque la dépression printanière coïncide à la "montée vers Pâques".

Dans ce contexte, la démarche du serviteur royal témoigne combien un homme, quelle que soit sont rang, sa position sociale ou ses revenus, peut très bien faire preuve d'humilité dans ses démarches.  Le terme d'humilité vient du latin "Humus", qui signifie la terre, le sol. Cet officier royal s'est empressé d'aller lui-mêle à la rencontre de Jésus, sans se faire annoncer, quitte à devoir patienter avec au fond de lui-même   très grande angoisse. Saint Jean nous laisse ainsi deviner et comprendre combien l'humilité trouve grâce devant Dieu.

Le lien entre la première lecture et l’Évangile est tout simple : Plus de nourrisson emporté en quelques jours !, s'est exclamé Isaïe - et de nous souvenir encore de la guérison "impossible" de la fille de Jaïre - car "Je ne suis pas le Dieu des morts mais le Dieu des vivants ! Puisse donc notre carême qui s'achève bientôt, enrichir notre foi de simplicité et d'humilité... - et n'hésitons pas à confier, comme le serviteur royal, nos craintes les plus profondes, en nous soulageant des angoisses qui nous assaillent. Mettons-nous en marche comme ce père s'est mis en marche en toute humilité...


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le baptême - L'eau qui purifie

Message non lupar etienne lorant » mar. 13 mars 2018, 12:27

Livre d'Ézéchiel 47,1-9.12.
En ces jours-là, au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel. L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit. L’homme s’éloigna vers l’orient, un cordeau à la main, et il mesura une distance de mille coudées ; alors il me fit traverser l’eau : j’en avais jusqu’aux chevilles. Il mesura encore mille coudées et me fit traverser l’eau : j’en avais jusqu’aux genoux. Il mesura encore mille coudées et me fit traverser : j’en avais jusqu’aux reins. Il en mesura encore mille : c’était un torrent que je ne pouvais traverser ; l’eau avait grossi, il aurait fallu nager : c’était un torrent infranchissable. Alors il me dit : « As-tu vu, fils d’homme ? » Puis il me ramena au bord du torrent. Quand il m’eut ramené, voici qu’il y avait au bord du torrent, de chaque côté, des arbres en grand nombre. Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent. Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. »

Psaume 46(45),2-3.5-6.8-9a.10a.
Dieu est pour nous refuge et force,
secours dans la détresse, toujours offert.
Nous serons sans crainte si la terre est secouée,
si les montagnes s'effondrent au creux de la mer.

Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu,
la plus sainte des demeures du Très-Haut.
Dieu s'y tient : elle est inébranlable ;
quand renaît le matin, Dieu la secourt.

Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ;
citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Venez et voyez les actes du Seigneur,
il détruit la guerre jusqu'au bout du monde.



Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 5,1-16.
À l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents. [...]Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l’homme fut guéri. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pieds : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !” » Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'eau est, avec l'air et le feu, l'un des principaux éléments qui permettent, de maintenir et la vie et de la faire foisonner.
Mais c'est bien de l'eau qu'il est question ce matin. L'eau qui lave et purifie, l'eau que l'on boit avec avidité après une longue marche sous le soleil.  L'eau qui lave et qui soutient la vie. Certains ajoutent encore: la terre comme étant parmi les éléments indispensables à la vie - mais c'est bien de l'eau qu'il est question aujourd'hui. Non pas seulement l'eau qui se boit, l'eau qui nettoie, mais aussi: qui purifie. Il y aurait beaucoup à disserter à propos des éléments, mais ce qu'a retenu notre prêtre, c'est l'avertissement donné par Jésus au malade qu'il a guéri:  «Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire.»    

En effet, on se pose la question: Comment est-il possible, pour cette homme paralysé, figé dans son brancard, puisse pécher de manière si grave qu'il pourrait lui advenir quelque chose de pire encore ?  Or, par le blasphème, oui, c'est tout à fait possible. Ce serait, dans le cas le plus grave, d'attribuer au démon une miséricorde que Dieu seul peut octroyer.  Le péché contre l'esprit ne peut être effacé.  "Prenons donc garde !", a insisté notre prêtre, car certains malades, après avoir prié en Eglise pour demander une guérison... ont ensuite consulté le "rebouteux", le petit sorcier local !  Gare aux mélange des genres !  Il est bien plus préférable de supporter des périodes de difficultés en nous accrochant à la prière et en supportant peines et souffrances morales qui feront grandir nos mérites. Car il faut bien avoir traversé l'ombre et l'obscurité pour goûter d'autant mieux la lumière qui rejaillit à Pâques !

.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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C'est l'heure et c'est maintenant

Message non lupar etienne lorant » mer. 14 mars 2018, 11:20

Livre d'Isaïe 49,8-15.
Ainsi parle le Seigneur : Au temps favorable, je t’ai exaucé, au jour du salut, je t’ai secouru. Je t’ai façonné, établi, pour que tu sois l’alliance du peuple, pour relever le pays, restituer les héritages dévastés et dire aux prisonniers :  Sortez ! », aux captifs des ténèbres : « Montrez-vous ! » Au long des routes, ils pourront paître ; sur les hauteurs dénudées seront leurs pâturages. Ils n’auront ni faim ni soif ; le vent brûlant et le soleil ne les frapperont plus. Lui, plein de compassion, les guidera, les conduira vers les eaux vives. De toutes mes montagnes, je ferai un chemin, et ma route sera rehaussée. Les voici: ils viennent de loin, les uns du nord et du couchant, les autres des terres du sud. Cieux, criez de joie ! Terre, exulte ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple ; de ses pauvres, il a compassion. Jérusalem disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée. » Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas, – dit le Seigneur.

Psaume 145(144),8-9.13cd-14.17-18.
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité
.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 5,17-30.
En ce temps-là, après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu. Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement. Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé. Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie. Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ; et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ; alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés. Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les hommes étaient captifs des ténèbres, car leur foi avait faibli, leurs pensées ne les tournaient plus vers le ciel mais vers la terre. D'une religion de l'amour et de la joie, ils avaient tiré une religion de l'ordre, de la stricte règle et qui comportait des punitions, des condamnations et châtiments. Soumis à la Loi, ils l'avaient alourdie encore alourdie de multiples préceptes, de rites divers qui étaient requis pour chacune des circonstances de la vie courante. L’Évangile en fait écho, notamment lorsque Jésus, invité par le pharisien Simon, lui fait remarquer : "Je suis entré dans ta maison et tu ne m'as pas donné d'eau pour laver mes pieds, tu ne m'as pas donné de baiser de paix  - et encore:  tu n'as pas versé d’huile sur ma tête.." - Que n'auraient-ils pas ajouté encore s'ils avaient disposés des robots pour les assister ? Ne seraient-ils pas devenus eux-mêmes des robots pour mieux respecter les règles ?!?

C'est bien des  pharisiens que la condamnation à mort de Jésus est résolue. Mais à cette condamnation, c'est une libération de la parole de Jésus. Oui, il est - bien plus qu'un prophète: il est le fils de de Dieu. Ici apparaît le motif de la condamnation à mort de Jésus. Les pharisiens ont-il eu conscience du fantastique "tremblement de terre", du "séisme religieux", que la mort de Jésus va provoquer - pour le monde tout entier et dans toutes les générations ?  S'ils avaient su, les pharisiens, plutôt que de le faire juger par Pilote, ils auraient plutôt engagé des tueurs à gages !    Mais quoi qu'ils auraient fait, ils n'auraient pu entraver le dessein de Dieu - qui est : la miséricorde  divine  pour tous les hommes et les femmes de toutes les générations...   C'est bien ce qu'annonce l’Évangile de ce jour : Il a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père - et ainsi il en sera-t-il jusqu'au second avènement !


.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Examen de conscience

Message non lupar etienne lorant » sam. 17 mars 2018, 17:07

Livre de Jérémie 11,18-20.
« Seigneur, tu m’as fait savoir, et maintenant je sais, tu m’as fait voir leurs manœuvres. Moi, j’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir, et je ne savais pas qu’ils montaient un complot contre moi. Ils disaient : « Coupons l’arbre à la racine, retranchons-le de la terre des vivants, afin qu’on oublie jusqu’à son nom. » Seigneur de l’univers, toi qui juges avec justice, qui scrutes les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. »

Psaume 7,2-3.9bc-10.11-12a.18b.
Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge !
On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi !
Sinon ils vont m'égorger, tous ces fauves,
me déchirer, sans que personne me délivre.

Juge-moi, Seigneur, sur ma justice :
mon innocence parle pour moi.
Mets fin à la rage des impies, affermis le juste,
toi qui scrutes les cœurs et les reins, Dieu, le juste.

J'aurai mon bouclier auprès de Dieu,
le sauveur des cœurs droits.
Dieu juge avec justice ;
je chanterai le nom du Seigneur, le Très-Haut
.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 7,40-53.
En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Le complot est noué, ses acteurs se sont mis d'accord: il faut mettre à mort l'homme des paroles qui dérangent, mais on le dit issu de Galilée et il est de Bethléem. Ses accusateurs ne savent même pas d’où il vient !  De quoi est-il coupable: d'avoir guéri des malades, d'avoir offert une nouvelle vie à une prostituée, d'avoir donné du pain à manger à la foule venue pour l'écouter, d'avoir rendu l'espérance à tout un peuple et d'avoir rétabli chacune et chacun dans l'espérance et la foi en Dieu.  Les pharisiens n'ont rien voulu connaître de l'homme dont ils veulent la mort.

Pour ce qui me concerne personnellement, j'ai chaque année plus beaucoup de difficultés à transcrire ce que j'ai entendu. Est-dû, en quelque chose, au souvenir de ma conversion sous un crucifix ?  Je n'en sais rien.. mais il me faut passer au travers. Ce qui m'a frappé, toutefois, c'est la conclusion que donne saint Jean :  "Ils s'en allèrent chacun chez soi". En effet, j'ai le sentiment que l’Évangéliste, par ses mots renvoie le lecteur à lui-même, à sa propre conscience.   Et le fait est j'en suis comme secoué de l'intérieur et comme reconduit à un examen de conscience...

Si je me trouve invité à une méditation toute personnelle, les gardiens du temple, quant à eux, ils sont unanimement poussés à dire ce qu'ils ont ressenti : "Jamais homme n'a parlé comme cet homme !" Eh bien, je me dis que ces gardes finiront par tôt ou tard par abandonner cette charge de gardien. Après la courageuse intervention de Nicodème - qui doute lui aussi, tous se retirent  -  et une fois encore, Jean nous revoie à notre conscience en concluant : "Puis ils s’en allèrent chacun chez soi"...

.

 


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Saint Joseph - Espérer contre toute espérance

Message non lupar etienne lorant » lun. 19 mars 2018, 10:21

Deuxième livre de Samuel 7,4-5a.12-14a.16.
Cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Nathan :« Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »

Psaume 89(88),2-3.4-5.27.29.
L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge.
Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.

« Avec mon élu, j'ai fait une alliance,
j'ai juré à David, mon serviteur :
J'établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges.

« Il me dira : “Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !” »
Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle.
»

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,13.16-18.22.
Frères, ce n’est pas en vertu de la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance, mais en vertu de la justice obtenue par la foi. Voilà pourquoi on devient héritier par la foi : c’est une grâce, et la promesse demeure ferme pour tous les descendants d’Abraham, non pour ceux qui se rattachent à la Loi seulement, mais pour ceux qui se rattachent aussi à la foi d’Abraham, lui qui est notre père à tous. C’est bien ce qui est écrit : ‘J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations.’ Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas. Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : ‘Telle sera la descendance que tu auras !’  Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1,16.18-21.24a.
Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit
.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


C'est lorsque la Liturgie multiplie les textes en une occasion telle que cette solennité de saint Joseph...que "déchiffrer" la Parole devient plus difficile. A l'annonce du prophète Nathan au roi David, correspond le message de l'ange à saint Joseph. Celui-ci se retrouvait dans ce genre de situation par lequel un homme ou une femme peuvent se mettre, non pas vraiment à douter, mais à souffrir - parfois gravement - de ne pas pouvoir comprendre ce qui leur arrive. La profonde contrariété qui s'est abattue soudainement sur Joseph est une véritable épreuve pour la foi - du genre de celles qui peuvent aboutir au reniement pur et simple. Pour demeurer saint selon la Loi, il fallait répudier Marie pour demeurer juste selon la Loi. Mais ce déchirement eut été tel que tout autre que lui aurait renié sa foi. On commence à s'écrier"A Dieu ne plaise,!" et l'on finit par, ou bien par se fanatiser, ou bien par apostasier. La solution d'une telle crise  - hors l'apostasie, réside dans la vertu théologale qu'est l'espérance. Profondément tourmenté, saint Joseph obtint la grâce du message de l'ange - qui le délivra de la souffrance.

C'est une leçon de foi que nous donnent les lectures de ce jour - car ce que dit saint Paul confirme que l'on peut avancer, même à travers l'impossible : "Espérant contre toute espérance, il a cru; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations". Et, de la sorte, saint Joseph, dans sa foi, rappelle celle d'Abraham lorsque Dieu le mit à l'épreuve en lui demandant de lui sacrifier son fils unique sur le mont Horeb.

Les textes de ce jour nous encouragent donc à la foi et à l'espérance, au-delà même de notre foi et de notre espérance, lesquelles vertus sont en nous comme un germe.  Nous ne sommes pas des géants de la foi, mais nous sommes appelés à le devenir.  Dès lors, il nous faut nous exercer à dépasser, par un acte de foi, les limites de notre compréhension.

Riches lectures de ce matin - sur le chemin Pâques !


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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

Message non lupar Cinci » lun. 19 mars 2018, 16:00

A propos de Nicodème ...


Nicodème

Saint Jean parle trois fois de Nicodème dans son Évangile. D'une fois à l'autre, celui-ci semble vivre les trois étapes de la Vie intérieure. Il est remarquable de constater comment on peut retrouver l'enseignement de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix caché sous les événements et les mots de l'Évangile.

La première fois, en Jean chapitre 3, Nicodème apparaît à "l'âge des Commençants" : Jésus l'humilie d'abord en lui disant : "Tu est Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ?" (Jn 3.10) C'est un coup direct à son orgueil, c'était très humiliant pour lui, car il était dans la caste des plus savants maîtres en Israël. Il était allé, si l'on peut dire, à l'université du Temple où l'on donnait la doctrine la plus avancée. Nicodème accepte humblement, il reste en place et savoure son humiliation; lui qui est savant, il se fait dire qu'il ne comprend pas ! Alors, à la suite de son humilité, Jésus lève le voile du mystère du grand Amour de Dieu pour les hommes et de l'oeuvre du salut du monde.

La deuxième fois que Jean nous parle de Nicodème, celui-ci apparaît à "l'âge des Progressants", dans le 2e âge de la vie spirituelle [...] En effet, lors d'une discussion au Sanhédrin où l'on rapportait les paroles des gens et où l'on cherchait à savoir : est-ce que c'est un grand prophète ce Jésus ? Est-ce que c'est le Christ, ou juste un petit Galiléen qui se prend pour un autre ? Voyant que les choses tournaient au vinaigre, Nicodème déclare bravement, (et voyez comme cela lui demandait de l'humilité) : "Notre loi juge-t-elle un homme sans d'abord l'entendre et voir ce qu'il a fait !" (Jn 7, 40-52)

Vous le voyez : devant ceux qui cherchaient à prendre Jésus dans un piège. il est le seul à prendre sa défense. Déjà il est sous l'action de l'Esprit Saint, déjà le Don de Force lui donne le courage de prendre le risque de parler de cette façon à ses copains. Cela a dû lui demander une bonne dose d'humilité, car il sentait bien l'opposition dans l'air, au point que ses compagnons lui dirent : "Es-tu de la Galilée, toi aussi ?" Dans les circonstances, c'était très humiliant.

Nicodème nous prouve qu'il était capable d'endurer des coups ! Il avait progressé dans son humilité et était maintenant sous l'effet des Dons du Saint-Esprit, les Dons de Conseil et de Force.

Une troisième fois Jean nous parle de Nicodème. Là, il apparaît à "l'âge des Parfaits", le 3e âge de la vie spirituelle. Il brave tout, c'est à dire moqueries, dénonciations, tout, et va ensevelir Jésus, avec Joseph d'Arimathie (Jn 19, 38-42).

Vous voyez le progrès accompli en lui. Au commencement, il va voir jésus en cachette; en second lieu, il le défend devant le Sanhédrin; en troisième lieu, alors que tout le monde est contre Jésus et qu'on vient de le crucifier, il a le courage d'aller en public chercher son corps et l'ensevelir. Son humilité. lui a fait faire des pas de géant. A ce moment-là, il comprenait tout le message évangélique, et il était déjà si bien uni à Jésus qu'il pouvait tout risquer pour lui !

(cours de vie intérieure, notes ...)

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La croix et son signe

Message non lupar etienne lorant » mar. 20 mars 2018, 10:42

Livre des Nombres 21,4-9.
En ces jours là, les Hébreux quittèrent Hor-la-Montagne par la route de la mer des Roseaux en contournant le pays d’Édom. En chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

Psaume 102(101),2-3.16-18.19-21.
Seigneur, entends ma prière :
que mon cri parvienne jusqu'à toi !
Ne me cache pas ton visage
le jour où je suis en détresse !
Le jour où j'appelle, écoute-moi ;
viens vite, réponds-moi !

Les nations craindront le nom du Seigneur,
et tous les rois de la terre, sa gloire :
quand le Seigneur rebâtira Sion,
quand il apparaîtra dans sa gloire,
il se tournera vers la prière du spolié,
il n'aura pas méprisé sa prière.

Que cela soit écrit pour l'âge à venir,
et le peuple à nouveau créé chantera son Dieu :
« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s'est penché ;
du ciel, il regarde la terre
pour entendre la plainte des captifs
et libérer ceux qui devaient mourir.
»

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,21-30.
En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens: «Je m’en vais; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? » Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. » Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. » Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui. « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Au cours de l'exode d'Egypte, tous ceux du peuple qui avaient récriminé contre Dieu, purent tout de même demeurer en vie après en vie à condition de regarder vers le serpent de bronze, un serpent brûlant. Cette image peut paraître étrange, mais ce serpent suspendu désigne, déjà, Celui qui prendra sur Lui tous les péchés du monde. Car en donnant sa vie, Jésus est et Celui vers lequel toutes celles et tous ceux qui sont marqués du péché peuvent éviter la mort par l'adhésion profonde au message du Salut. Cet image est forte car elle préfigure non pas seulement la croix du Christ, mais aussi le signe de croix dont nous nous signons au commencement de chaque Eucharistie - en tous les endroits où survient une catastrophe - c'est un réflexe d'homme baptisé - un réflexe que l'on croit désuet, oublié, mais qui survient de manière quasi instinctive pour tous les baptisés - en des circonstances tragiques. Car Jésus, Jésus, fils de Dieu, a vraiment  pris sur Lui "tous les péchés du monde".  (Ce matin, je me suis souvenu de cet homme - qui se déclarait athée - et qui "jurait" facilement - s'est mis pourtant, tout soudainement, à se signer frénétiquement devant une maison en flammes... Certainement, devant ce malheur, son baptême l'avait "rattrapé" - Oui, ce signe est véritablement celui de la présence de Dieu en tout temps !

Lorsque Jésus déclare: « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS", il rappelle également le signe du sang de l'agneau dont les juifs s'étaient servi pour préserver leur demeure et leur famille du fléau envoyé par Dieu pour vaincre la résistance de Pharaon, la veille de la fuite d'Egypte.

Quiconque, parmi nous, a gardé son cœur dans la simplicité, ne peut que s'émerveiller de l'amour de Dieu présent pour toutes les femmes et tous les hommes de toutes les générations. Heureux sommes-nous à cause de notre baptême !


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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La foi de confiance absolue

Message non lupar etienne lorant » mer. 21 mars 2018, 20:27

Livre de Daniel 3,14-20.91-92.95.
En ces jours-là, le roi Nabucodonosor parla ainsi : « Est-il vrai, Sidrac, Misac et Abdénago, que vous refusez de servir mes dieux et d’adorer la statue d’or que j’ai fait ériger ? Êtes-vous prêts, maintenant, à vous prosterner pour adorer la statue que j’ai faite, quand vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la harpe, dde la cornemuse et de toutes les sortes d’instruments ? Si vous n’adorez pas cette statue, vous serez jetés dans la fournaise de feu ardent et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ? » Sidrac, Misac et Abdénago dirent au roi Nabucodonosor : « Ce n’est pas à nous de te répondre. Si notre Dieu, que nous servons, peut nous délivrer, il nous délivrera de la fournaise de feu ardent et de ta main.Et même s’il ne le fait pas, sois-en bien sûr, ô roi : nous ne servirons pas tes dieux, nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as érigée. »Alors Nabucodonosor fut rempli de fureur contre Sidrac, Misac et Abdénago, et son visage s’altéra. Il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’à l’ordinaire. Puis il ordonna aux plus vigoureux de ses soldats de ligoter Sidrac, Misac et Abdénago et de les jeter dans la fournaise de feu ardent. Le roi Nabucodonosor les entendit chanter. Stupéfait, il se leva précipitamment et dit à ses conseillers : « Nous avons bien jeté trois hommes, ligotés, au milieu du feu ? » Ils répondirent : « Assurément, ô roi. » Il reprit : « Eh bien moi, je vois quatre hommes qui se promènent librement au milieu du feu, ils sont parfaitement indemnes, et le quatrième ressemble à un être divin. » Et Nabucodonosor s’écria : « Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs ! Ils ont mis leur confiance en lui, et ils ont désobéi à l’ordre du roi ; ils ont livré leur corps plutôt que de servir et d’adorer un autre dieu que leur Dieu. »

Livre de Daniel 3,52.53.54.55.56.
Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères :
À toi, louange et gloire éternellement !

Béni soit le nom très saint de ta gloire :
À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire :
À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu sur le trône de ton règne :
À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes :
À toi, louange et gloire éternellement !

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim :
À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel,
À toi, louange et gloire éternellement
!

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,31-42.
En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répliquèrent: «Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis: qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père. » Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. » Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les textes de ce jour nous parlent de liberté.  Non pas seulement de la liberté "physique" qui consiste à circuler librement, de ne pas être esclaves soumis aux ordres d'un supérieur quelconque, mais la liberté  complète, intégrale, une liberté de l'être détaché de tout péché et de se mouvoir partout, et dans n'importe  quelle circonstance. En effet, la liberté selon le monde est toujours liée et dépendante d'autres pouvoirs.  Par exemple, un homme n'est libre de voyager au-delà des mers qu'en se soumettant à de nombreuses , obligations: il lui faut un passeport, un ticket d'avion, de l'argent ou des cartes de crédit, de bagages, d'un lieu de destination finale, etc.  

La liberté que confère la foi, c'est une totale liberté de l'esprit, que seuls la foi et  l'amour de Dieu peuvent conférer. C'est bien ce qui sauve Sidrac, Misac et Abdénago de la fournaise dans laquelle il veut les plonger.
Car la menace, toute puissante qu'elle puisse être, ne les concernent pas. Cela peut paraître ridicule et insensé, et pourtant !  Et notre prêtre de rapporter le cas de du père Teilhard de Chardin  qui fut appelé comme tous les soldats français à rejoindre le front. Cependant, comme il était prêtre - et également membre d'une famille noble, on lui proposa le rôle d’aumônier - un poste qui n'impliquait pas d'actions dangereuses. Mais il refusa. Au contraire, il réclama le poste le plus dangereux: celui de brancardier. Quand un soldat blessé ne savait plus rentrer à l'abri de la tranchée, le père Teilhard, parmi d'autres, allait, avec pour toute arme une pince coupante - pour se frayer un passage dans les barbelés, et pour tout blindage la croix rouge de secouriste. Et durant toute la guerre, il s'exposa ainsi, véritable trompe-la mort, mais avant tout : prêtre et homme de foi !

Voici donc la vraie liberté. Et l’Évangile de ce jour nous montre Jésus qui déclare que c'est la Vérité qui rend libre. Non pas seulement une liberté de circuler sans entrave partout où l'on voudra, mais de demeurer dans la vérité de l'âme, quoi qu'il advienne. C'est cette totale liberté intérieure, intimement liée à la foi, qui a suscité les missionnaires comme les martyrs.  Ce qui, donc, rend libres hommes et femmes - et enfants, c'est de demeurer dans la foi, peu importe et que peu importent les lieux, les circonstances, les réprimandes et les brimades. "Veritas liberabit vos !"   C'est la vérité qui confère la liberté, quelles que soient les circonstances.



«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Avant qu'Abraham fût, je Suis

Message non lupar etienne lorant » jeu. 22 mars 2018, 12:05

Livre de la Genèse 17,3-9.
En ces jours-là, Abram tomba face contre terre et Dieu lui parla ainsi : « Moi, voici l’alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d’une multitude de nations. Tu ne seras plus appelé du nom d’Abram, ton nom sera Abraham, car je fais de toi le père d’une multitude de nations. Je te ferai porter des fruits à l’infini, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une alliance éternelle ; ainsi je serai ton Dieu et le Dieu de ta descendance après toi. À toi et à ta descendance après toi je donnerai le pays où tu résides, tout le pays de Canaan en propriété perpétuelle, et je serai leur Dieu. » Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. »

Psaume 105(104),4-5.6-7.8-9.
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.
souvenez-vous des merveilles qu'il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu'il prononça.

Vous, la race d'Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu'il a choisis.
Le Seigneur, c'est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l'univers.

Il s'est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,51-59.
En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.”
Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Le nom d'Abram signifie père d’Aram, son pays d’origine, « araméen errant… » Mais quand Dieu introduit la lettre H dans son nom, il introduit la lettre  du souffle de la création. Abraham est créé de nouveau et il va pouvoir devenir père, et même « père d’une multitude ». Et cette multitude, à cause de la désobéissance et du manque de foi sera léguée aux disciples de Jésus, à toutes celles et tous ceux qui entendront et garderont dans leurs cœurs l'enseignement du fils unique de Dieu.

Toutes les lectures d'aujourd'hui font référence à Abraham - et ce n'est pas très courant qu'il en soit ainsi, mais la raison de ce rappel permet d'introduire tout ce qui suivra au cours des jours qui viennent - et jusqu'à  la mort et la résurrection de Jésus, notre Seigneur.  Ce qui étonne, c'est que ce soit Jésus lui-même qui ait donné aux Pharisiens le motif "incontournable" de son arrestation, de son jugement et de sa mort sur la croix. Ne dirait-on pas que Jésus ait été - comme on perce un abcès - à vouloir de délivrer lui-même le motif légal de sa condamnation ?  Car s'Il ne l'avait pas fait de lui-même, les choses ne se seraient pas déroulées selon le dessein de Dieu.  En effet, il est raisonnable de penser que Jésus eût pu faire l'objet d'une agression mortelle mais anonyme. Pour dire les choses autrement: il fallait un procès afin que la condamnation publique de Jésus, entre dans l'histoire humaine - et c'est bien ce qu'il est advenu.

C'est bien le Christ lui-même qui a ouvert le chemin conduisant à son arrestation, à son procès et sa comparution devant Pilate, et sa condamnation à mort par crucifixion.  Cette morbide publicité empêche, de nos jours encore, que des athées puissent nier les événements de la condamnation, du procès et de la crucifixion de Jésus.

Quant à nous, simples fidèles, nous saisissons et sommes saisis, comme chaque année, de sentiments divers, correspondant à nos états d'âme, ou plutôt: à l'état de nos âmes.  C'est très clair pour moi, converti au pied d'un crucifix en août 1985 !  A Pâques, chaque année, les fidèles sont - évidemment - engagés dans une forme de "mise au point" concernant leur foi, de leur espérance et de leur charité... Ne nous dérobons pas !, a conclu notre prêtre...



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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

Message non lupar etienne lorant » ven. 23 mars 2018, 16:26

Livre de Jérémie 20,10-13.
Moi, Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire… Nous réussirons, et nous prendrons sur lui notre revanche ! ». Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. Leur défaite les couvrira de honte, d’une confusion éternelle, inoubliable. Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause.
Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants.


Psaume 18(17),2-3.4.5-6.7.
Je t'aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Louange à Dieu !
Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.

Les liens de la mort m'entouraient,
le torrent fatal m'épouvantait ;
des liens infernaux m'étreignaient :
j'étais pris aux pièges de la mort.

Dans mon angoisse, j'appelai le Seigneur ;
vers mon Dieu, je lançai un cri ;
de son temple il entend ma voix :
mon cri parvient à ses oreilles.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,31-42.
En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. » Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : ‘J’ai dit : Vous êtes des dieux ?’  Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains. Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui. A

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Ce qui ressort nettement dans les lectures du jour, c'est le contraste établi entre ceux qui se croient investis de l'autorité d'une part, et d'autre part, celles et ceux qui adhèrent au message que donne quiconque dont les actes suivent les paroles. Cette cohérence, c'est elle qui permet d'adhérer aux paroles entendues et reçues. Et l'on songe aux politiciens, de quel bord qu'il s'agisse. Ce qui promis est rarement tenu, et nous le savons très bien.  Jésus, quant à Lui, ne cesse de joindre la Parole et l'action. Il est bien le Fils de Dieu, doué de la parole créatrice. Heureux les hommes et les femmes qui adhèrent au message et s'efforcent de se réformer afin d'en vivre chaque jour.

On peut, ici, mieux comprendre le dilemme des convertis ! Ils se retrouvent tout différents de ceux qu'ils qu'ils étaient la veille - et, très souvent, leur premier témoignage est de dire "Seigneur, laisse-moi Te te rejoindre tout de suite, afin que je ne  pèche plus jamais !" - et c'est une lutte qui commence et durera jusqu'au dernier jour. Ici, connaissant bien  que l'heure approche de l'ultime témoignage, revient là où Jean le Baptiste l'avait
baptisé.

Mais ce "pèlerinage aux sources", c'est d'abord à nous qu'il s'adresse. Nous aussi - et nous d'abord - sommes appelés à nous remémorer les grâces reçue, ainsi que celles dont notre égoïsme n'a pas voulu... Les textes de la Liturgie de ce jour nous invitent a ce "retour au source". Mais ce n'est pas totalement d'un examen de conscience qu'il s'agit qu'un retour sur les temps simples et joyeux qui suivirent notre conversion. Qu'avons-nous fait de notre baptême, quel souvenir avons-nous des bonnes actions accomplies dans la foi. Une sorte d'examen de conscience fondé non sur un "Mea Culpa", mais fondé sur la Joie chrétienne, le rapport à autrui, le bien qu'il nous a été donné d'accomplir.  Et rendons grâce pour tout ce qu'il nous a été donné d'accomplir dans la foi...  





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Une réminiscence

Message non lupar etienne lorant » sam. 24 mars 2018, 15:09

Livre d'Ézéchiel 37,21-28.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : « Je vais prendre les fils d’Israël parmi les nations où ils sont allés. Je les rassemblerai de partout et les ramènerai sur leur terre. J’en ferai une seule nation dans le pays, sur les montagnes d’Israël. Ils n’auront tous qu’un seul roi ; ils ne formeront plus deux nations ; ils ne seront plus divisés en deux royaumes. Ils ne se rendront plus impurs avec leurs idoles immondes et leurs horreurs, avec toutes leurs révoltes. Je les sauverai en les retirant de tous les lieux où ils habitent et où ils ont péché, je les purifierai. Alors ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu. Mon serviteur David régnera sur eux ; ils n’auront tous qu’un seul berger ; ils marcheront selon mes ordonnances, ils garderont mes décrets et les mettront en pratique. Ils habiteront le pays que j’ai donné à mon serviteur Jacob, le pays que leurs pères ont habité. Ils l’habiteront, eux-mêmes et leurs fils, et les fils de leurs fils pour toujours. David, mon serviteur, sera leur prince pour toujours. Je conclurai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle. Je les rétablirai, je les multiplierai, je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur, celui qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours. »]

Livre de Jérémie 31,10.11-12ab.13.
Écoutez, nations, la parole du Seigneur !
Annoncez dans les îles lointaines :
« Celui qui dispersa Israël le rassemble,
il le garde, comme un berger son troupeau.

Le Seigneur a libéré Jacob,
l’a racheté des mains d’un plus fort.
Ils viennent, criant de joie, sur les hauteurs de Sion :
ils affluent vers les biens du Seigneur.

La jeune fille se réjouit, elle danse ;
jeunes gens, vieilles gens, tous ensemble !
Je change leur deuil en joie,
les réjouis, les console après la peine. »


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11,45-57.
En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples. Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Les textes ce jour semblent opposer la miséricorde divine promise au peuple juif - d'une part, et d'autre part, le complot qui se noue pour mettre à mort Jésus. Mais en réalité, tout ce qu'avaient annoncé les prophète va s'accomplir.  Pour s'en convaincre, il suffit de se ressouvenir, parmi d'autres signes, celui du sang de d'un agneau "pur et sans défaut" apposé sur le linteau et les deux côtés des portes des maisons des juifs - lors de la première Pâques. Car le  mouvement à effectuer pour ce faire, est déjà la préfiguration du signe de la croix. L'ange exterminateur verra le signe et passera outre.  Et, nous, combien de siècles plus tard !, nous reproduisons ce signe au début de chaque Eucharistie.  N'est-il pas extraordinaire qu'un tel signe se soit perpétué durant tout les siècles jusqu'à nous ?

Il est tout autant paradoxal que les ennemis de Jésus  ne se soient pas convertis, lorsque Jésus fit ressuciter
Lazare, après trois jours dans son tombeau... car il y avait bien en cela toutes les raisons de croire en l'origine divine de Jésus. Ceci nous choque, chacun à des degrés divers. Pour ma part, j'ai cessé de vouloir devenir un petit philosophe après avoir vu "bouger" le Christ sur la petite croix apposée sur le mur de ma chambre et que l'on m'avait offert lors de ma communion solennelle. Je suis tombé à genoux en versant de longues larmes tandis que, peu à peu, une Joie m'a envahi tout entier, si vive que j'ai demandé:  "Laisse-moi mourir maintenant, pour que cette Joie demeure toujours en moi !

Bien évidemment, je ne rapporte rien de ce qu'a pu dire le prêtre, tout plongé que j'étais, dans ce souvenir qui me remonte en mémoire chaque année en vue de Pâques.

La conclusion de cette brève méditation personnelle, c'est un grand désir de joie parfaite, à l'écart de tout ce que le monde propose en plaisirs fugitifs ou en promesse d'argent facile et de gloires humaines....



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