Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
Règles du forum
Forum de partage de méditations chrétiennes
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 12645
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

Message non lupar etienne lorant » lun. 04 déc. 2017, 15:08

Le lundi de la 1ère semaine de l'Avent

Livre d'Isaïe 2,1-5.
Parole d’Isaïe – ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la Maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront: « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la Maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur. Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,5-11.
En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia: « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement.» Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit: « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres; à l’un, je dis: “Va”, et il va; à un autre: “Viens”, et il vient, et à mon esclave: “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »



Il arrive peu souvent que le lien à établir entre les lectures soient si simples à établir. C'est le cas aujourd'hui et l'on se félicite que la forte et belle déclaration de foi du centurion romarin préside aux lectures du temps de l'Avent. Ce chef romain a-t-il réfléchi longuement pour trouver les paroles adéquates qui convaincraient Jésus ?   Il y aura certainement réfléchi mais, au moment d'ouvrir la bouche, c'est ce qui "abondait du cœur qui a jailli de sa bouche. Il en est souvent ainsi des mots prononcés par les hommes aux cœurs simples, qui ont certes réfléchi, puis ont laisser passer de leur bouche la plus juste expression jaillie du plus profond d'eux-mêmes.

Ce sont de telles paroles, simples mais profondes, remuées dans le secret du cœur, qui donnent une expression juste et belle qui dépasse le simple raisonnement. En effet, dans sa réflexion, le centurion aura finalement choisi les plus simples des mots, de ceux que l'on tient de l'esprit d'enfance, lequel est lumineux, clair et vif. En quelques mots, le centurion aura tout exprimé de sa démarche: humilité, sincérité, vérité, confiance, reconnaissance. Bien évidement, Jésus, qui perçoit clairement et lit toutes les intentions de celles et ceux qui s'adressent à lui, aura reconnu en cet homme, cet étranger, ce représentant de la puissance de Rome en terre d'occupation... une  âme simple et droite, remplie d'une humilité telle qu'Il eut aimé trouver chez les juifs, ses compatriotes... Et de s'exclamer: "Chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi !" Et en vérité, une telle foi, nous ne pouvons que l'envier, la désirer, pour finalement la mettre en oeuvre dans notre quotidien. Sont vraiment Heureux celles et ceux qui accèdent à une telle simplicité dans la foi et qui ne craignent pas d'être moqués en raison de leur foi !
.




Superbe homélie : la foi a besoin de l'épreuve ...

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 12645
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Vivre Noël dans une grande simplicité

Message non lupar etienne lorant » mar. 05 déc. 2017, 21:11

Livre d'Isaïe 11,1-10.
En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur: esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,21-24.
À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon s veut le révéler.» Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier: « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !  Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »



D'une année à l'autre, dans le temps de l'Avent, les mêmes lectures reviennent - et les prêtres eux-mêmes se répètent eux aussi. Pour passer au-dessus de ces redites, notre prêtre a rappelé que, pour les Juifs, la venue du Messie ne pouvait être marquée que par des signes de puissance et de gloire. Comment le Messie pourrait-il donc être moins qu'un roi David? Cependant, la lecture d'Isaïe présageait un temps où les bêtes sauvages cohabiteraient avec les animaux domestiques et cesseraient de se nourrir des plus faibles. Mais il est clair des hommes violents peuvent se convertir et devenir protecteurs des plus faibles... C'est bien une telle mutation des âmes que Jésus viendra susciter dans les cœurs de celles et ceux qui en ressentiront le besoin profond.

Le message est adressé tout d'abord aux petits et aux simples, c'est-à-dire ceux qui, parmi nous sont toujours capables de s'émerveiller et d'ouvrir leurs cœurs. Et le moins qu'on puisse en dire, c'est qu'ils ne sont pas nombreux. Les temps sont durs,
tout le monde calcule pour dépenser moins tout en faisant la fête... Il y a là une contradiction à laquelle nous ne devrions pas nous soumettre - ce qui signifie simplement de rechercher les occasions de "servir Dieu en servant le pauvre". Le pauvre n'est pas beau à regarder et chaque fois qu'il passe devant nous, il nous cause une gêne qui bouscule vraiment notre sens de la charité et de la compassion ! Or, ce type de gêne est directement à la toute première chose dont les mendiants c'est la toute première chose dont les mendiants ont dû se défaire afin de survivre: leur fierté personnelle...

Notre prêtre a parlé ainsi, tout en soulignant que le choix de Jésus fut bien de naître hors d'un hôtel , hors de la ville, sans vêtements adaptés à la saison, avec des bêtes de somme pour compagnie, ainsi que des bergers dont la réputation étaient d'être voleurs... Une crèche c'est très joli mais qui d'entre nous ira passer la nuit du réveillon en compagnie d'un sans-abri ?
J'ai voulu le faire, il y a quelques années, mais ce n'était pas ma place - on me la dit et avec gentillesse...



-
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 12645
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Bâtir sur le roc

Message non lupar etienne lorant » jeu. 07 déc. 2017, 20:28

Livre d'Isaïe 26,1-6.
En ce jour-là, ce cantique sera chanté dans le pays de Juda : Nous avons une ville forte ! Le Seigneur a mis pour sauvegarde muraille et avant-mur. Ouvrez les portes ! Elle entrera, la nation juste, qui se garde fidèle. Immuable en ton dessein, tu préserves la paix, la paix de qui s’appuie sur toi.  Prenez appui sur le Seigneur, à jamais, sur lui, le Seigneur, le Roc éternel.Il a rabaissé ceux qui siégeaient dans les hauteurs, il a humilié la cité inaccessible, l’a humiliée jusqu’à terre, et lui a fait mordre la poussière. Elle sera foulée aux pieds, sous le pied des pauvres, les pas des faibles.!

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,21.24-27.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

La Parole que l'on garde est celle que l'on  met en pratique, voici ce qui rend l'homme fort en vu du Royaume des Cieux. Au contraire de mettre de l'argent en épargne à la banque, il s'agirait de suivre ce conseil: "Enferme ton argent dans le cœur du pauvre, il y priera pour toi"- ce conseil, je ne sais dire où j'ai pu le trouver, mais il résume en quelques mots ce que la parabole signifie: quiconque n'amasse pas des bonnes actions en vue du Royaume sera jugé pauvre devant Dieu. Elle est d'autant plus d'actualité que les rumeurs de Krach boursier sont revenues dans les infos ces derniers jours... C'est ainsi que la banque où j'ai placé régulièrement mes économies vient de fermer deux agences en moins de deux jours. Avec des licenciements à la clef. Voici qui est pleinement d'actualité !

Qui d'entre nous peut affirmer qu'il ne tombera pas très malade un jour ou l'autre ?  Pour ma part, je me souviens très bien d'une nuit de fièvre épouvantable la nuit d'un samedi, et du médecin de garde qui n'a pas voulu me conduire à la pharmacie la plus proche. Il m'aura fallu prendre d'abord une douche froide pour faire baisser la fièvre  et ensuite prendre la route: je ne voulais certes pas tarder jusqu'au lundi afin de me soigner !   Et plus tard, en ramassant tout mon courage, je me suis présenté de moi-même à l'examen redouté par tous: la coloscopie...  Et en cette occasion, il se trouve que j'ai hérité de la dernière chambre, au dernier étage de l'établissement, là où l'on avait omis de retirer le dernier petit crucifix de l'ancienne "clinique Notre-Dame" (dénommée désormais: CHWAPI pour "Centre Hospitalier de Wallonie Picardie."  Ce crucifix m'a fait comprendre tout d'un coup que j'étais protégé et que je n'avais pas à craindre un cancer... Et je m'en suis sorti. Tout heureux, comme on le trouve rarement chez un malade !

S'il ne s'agissait que de prier en faveur des hommes et des femmes qui de s'abritent chaque nuit dans dans les galeries commerciales - désormais vides de tous ses anciens commerces, ou bien dans le passage souterrain qui mènent vers les voies - et qui se font régulièrement expulsés- ce ne seraient pas de vaines prières ...

Mais ils se font expulser régulièrement par la police...



.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 12645
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Vivre sa foi

Message non lupar etienne lorant » sam. 09 déc. 2017, 18:26

Le samedi de la 1ère semaine de l'Avent

Livre d'Isaïe 30,19-21.23-26.
Ainsi parle le Seigneur, le Dieu saint d'Israël:
Peuple de Sion, toi qui habites Jérusalem, tu ne pleureras jamais plus. À l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce. Dès qu’il t’aura entendu, il te répondra. Le Seigneur te donnera du pain dans la détresse, et de l’eau dans l’épreuve. Celui qui t’instruit ne se dérobera plus et tes yeux le verront. Tes oreilles entendront derrière toi une parole : « Voici le chemin, prends-le ! », et cela, que tu ailles à droite ou à gauche. Le Seigneur te donnera la pluie pour la semence que tu auras jetée en terre, et le pain que produira la terre sera riche et nourrissant. Ton bétail ira paître, ce jour-là, sur de vastes pâturages. Les bœufs et les ânes qui travaillent dans les champs mangeront un fourrage salé, étalé avec la pelle et la fourche. Sur toute haute montagne, sur toute colline élevée couleront des ruisseaux, au jour du grand massacre, quand tomberont les tours de défense. La lune brillera comme le soleil, le soleil brillera sept fois plus, – autant que sept jours de lumière – le jour où le Seigneur pansera les plaies de son peuple et guérira ses meurtrissures.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,35-38.10,1.5a.6-8.
En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples: La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.  Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »


Dans la première comme la seconde lecture, Dieu fait grâce à son peuple. Cependant, on trouve bien, ici, ce que le Nouveau Testament apporte de plus à l'ancien. Les juifs de l'ancienne alliance attendaient tout de Dieu, au point de tenter, d'une manière ou l'autre, de "d'instrumentaliser"Dieu. Ainsi se figuraient-ils que si rites au temple était parfaitement accompli, Dieu   ne pourrait faire autrement que de satisfaire toutes leurs demandes. Et il existait, comme encore aujourd'hui, des fidèles pour considérer, plus ou moins, que la grâce divine leur sera d'autant plus facilement octroyée, que leur pratique des rites aura été parfaite, impeccable.

Cette tentation existe toujours. Tel pénitent aura bien pris note de ses fautes afin de n'en pas oublier une seule en confession.Tel autre accorde sa préférence aux anciens rites en latin car il lui semble que le sens du sacré
y est mieux à l'honneur. Un autre préférera les "grandes orgues", l'agenouillement et la communion sur la langue, ou bien scrutera les mouvements du prêtre et des acolytes, etc. Et comme je l'ai vu faire maintes fois, il y aura, à la sortie de l'église... comme un commentaire de la qualité de l'office auquel on a participé.

Mais c'est bien autre chose que veut le Seigneur. D'où la lecture de l’Évangile, par lequel Jésus, en quelques mots envoie ses disciples avec le pouvoir de faire des guérisons.  Autrement dit: c'est à la sortie de la messe que commence le véritable exercice de la religion: manifester par ses paroles et ses actes que le Seigneur est véritablement présent parmi nous et nous conforte dans la grâce.  Une bonne Eucharistie se reconnaît d'abord à la joie intérieure qui pénètre nos âmes et nous fait repartir empli de forces nouvelles...


.


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 12645
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le temps passe mais l'Amour demeure

Message non lupar etienne lorant » mar. 12 déc. 2017, 16:22

Le mardi de la 2e semaine de l'Avent

Livre d'Isaïe 40,1-11.
Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu –
parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes. Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. » Une voix dit : « Proclame  ! » Et je dis : « Que vais-je proclamer ? » Toute chair est comme l’herbe, toute sa grâce, comme la fleur des champs : l’herbe se dessèche et la fleur se fane quand passe sur elle le souffle du Seigneur. Oui, le peuple est comme l’herbe : l’herbe se dessèche et la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours. Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,12-14.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quel est votre avis ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ?  Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

Le temps de Dieu, c'est toujours celui de la miséricorde.  Il  n'est pas comme le temps des hommes, car notre façon de considérer les époques de la vie change selon les saisons.  Nos amitiés brûlent d'impatience dans nos cœurs mais nos cœurs sont distraits, changeants, avides de nouveautés... Avec l'âge, les cœurs  se mettent à juger, à trancher et juger de tout et de rien. Nous aimons, bien sûr,  mais nos cœurs se serrent plus rapidement, la crainte de l'avenir occupe nos pensées, nous sommes moins prompts à nous réjouir et plus vifs à juger le prochains selon des critères qui changent selon nos émotions.  Ainsi, selon les événements, selon nos envies et aussi selon nos frustrations... Bien sûr, nous aurons toujours de bonnes "raisons "pour nous justifier. Mais ce qui devrait compter en tout temps, c'est de prendre régulièrement "la tension" (et l'attention)
de nos âmes...

Et dans ce débat entre conscience et raison, entre envie et amour, justice ou bien revanche, entre malice ou vertu... nos cœurs se mettent à calculer beaucoup plus qu'à aimer ! Ce danger, le Seigneur ne le connaît pas. Il prend chacun de nous à témoin: "Si vous aimez vraiment, vous n’hésiterez jamais à voler au secours de votre prochain, quelles que soient les difficultés !"

Ainsi, la parabole de la brebis égarée, devient comme le "prototype" de la miséricorde divine, c'est-à-dire: un amour qui ne renonce jamais.  Et de manière paradoxale, ce qui fait souffrir indéfiniment les âmes damnées, c'est de considérer que l'amour de Dieu demeure envers eux. Elles ont fait le choix de ne pas aimer, mais jusque dans l'éternité, elles contempleront l'Amour qui leur a permis de choisir entre d'aimer ou de ne pas aimer !  Ne renonçons jamais !

.





.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 12645
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Joug simple et fardeau léger

Message non lupar etienne lorant » mer. 13 déc. 2017, 16:33

Le mercredi de la 2e semaine de l'Avent

Livre d'Isaïe 40,25-31.
À qui pourriez-vous me comparer, qui pourrait être mon égal ? – dit le Dieu Saint. Levez les yeux et regardez : qui a créé tout cela ? Celui qui déploie toute l’armée des étoiles, et les appelle chacune par son nom. Si grande est sa force, et telle est sa puissance que pas une seule ne manque. Jacob, pourquoi dis-tu, Israël, pourquoi affirmes-tu : « Mon chemin est caché au Seigneur, mon droit échappe à mon Dieu » ?  Tu ne le sais donc pas, tu ne l’as pas entendu ? Le Seigneur est le Dieu éternel, il crée jusqu’aux extrémités de la terre, il ne se fatigue pas, ne se lasse pas. Son intelligence est insondable. Il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible. Les garçons se fatiguent, se lassent, et les jeunes gens ne cessent de trébucher, mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles  ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30.
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »



Le joug est un moyen de guider un animal, assez ferme pour qu'il sente la direction à prendre, mais assez souple également afin de ne pas le blesser. Si les rennes d'un cheval de course sont plus légères, c'est que l'animal bien entraîné saisit très facilement - à force d’exercices - ce que le cavalier lui indique de faire. Le lien entre la première lecture et l’Évangile est donc tout simple à établir. Le Seigneur cherche des disciples qui soient assez humbles pour admettre de devenir des serviteurs, mais également assez assez vifs pour saisir ce que l'Esprit Saint attend d'eux selon la situation qui se présente.

De même que ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer. Ainsi, ce qui fait briller les messagers de la Parole, ce ne sont pas des pouvoirs reçus de Dieu mais leur adhésion absolue,  quelles que soient les circonstances rencontrées. Dans un premier temps, le joug sert à diriger fermement celui qui le porte, mais une fois cette étape franchie, le véritable disciple saisira en lui-même ce que le Seigneur attend de lui, en paroles et en actions. Il n'aura guère besoin d'y réfléchir.

Si donc le joug est facile à porter et fardeau léger, c'est bien du fait d'une adhésion profonde de l’être tout entier à l'oeuvre de Dieu qui se déploie pas après pas, jour après jour. C'est très simple à saisir, mais encore faut-il que le disciple demeure dans une très grande profonde humilité...,


.


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 12645
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Multiples témoins de Jésus-Christ

Message non lupar etienne lorant » jeu. 14 déc. 2017, 18:42

Le jeudi de la 2e semaine de l'Avent

Livre d'Isaïe 41,13-20.
C’est moi, le Seigneur ton Dieu, qui saisis ta main droite et qui te dis: «Ne crains pas, moi, je viens à ton aide. Ne crains pas, Jacob, pauvre vermisseau, Israël, pauvre mortel. Je viens à ton aide – oracle du Seigneur ; ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël. J’ai fait de toi un traîneau à battre le grain, tout neuf, à double rang de pointes: tu vas briser les montagnes, les broyer; tu réduiras les collines en menue paille; tu les vanneras, un souffle les emportera, un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu mettras ta joie dans le Seigneur; dans le Saint d’Israël, tu trouveras ta louange. Les pauvres et les malheureux cherchent de l’eau, et il n’y en a pas; leur langue est desséchée par la soif. Moi, le Seigneur, je les exaucerai, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. Sur les hauteurs dénudées je ferai jaillir des fleuves, et des sources au creux des vallées. Je changerai le désert en lac, et la terre aride en fontaines. Je planterai dans le désert le cèdre et l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai ensemble dans les terres incultes le cyprès, l’orme et le mélèze, afin que tous regardent et reconnaissent, afin qu’ils considèrent et comprennent que la main du Seigneur a fait cela, que le Saint d’Israël en est le créateur.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,11-15.
En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules: « Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

C'est Jean le Baptiste qui, par son annonce et par le baptême dans l'eau du Jourdain, prépare le peuple à ce bouleversement profond qui marquera la venue du Seigneur. C'est en lui que sera close la première Alliance et aussitôt inaugurera la nouvelle Alliance. Mais cette mutation profonde commencera sans les grands signes prophétisés par Isaïe - il convient de les contempler comme le bouleversement intérieur des  âmes qui se convertissent. En effet, lors d'une conversion profonde, l'âme se retrouve comme suspendue dans la stupeur de la grâce obtenue.  

Telle est la puissance de l'expérience de conversion: elle fait vibrer tout l'être de celles et ceux qui en font l'expérience, elle les pousse à témoigner - car un tel bonheur porte une irrésistiblement  inévitablement au témoignage.  Les voici qu'ils deviennent "comme le Maître"au moins en ceci, qu'ils désirent communiquer à tous ce qui leur est advenu... et se rendent compte que très peu de gens acceptent de l'entendre, même parmi  leurs plus proches parents...

On pourrait citer ici nombre de convertis. Je cite :  Charles de Foucault, André Frossard, la philosophe juive  Simone Veil décédée en 1943 en Angleterre... sortis de tous les "milieux" du monde, ils manifestent que "rien n'est impossible à Dieu !


.


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


Revenir vers « Méditations »



Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 5 invités