Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Retour sur le dimanche des Rameaux

Message non lupar etienne lorant » jeu. 13 avr. 2017, 8:46

Evangile selon saint Mathieu 21 / 1 - 9
Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : " Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l'attache, une ânesse avec son ânon près d'elle ; détachez-la et amenez-les-moi. Et si quelqu'un vous dit quelque chose, vous direz : "Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra". " 
Ceci advint pour que s'accomplît l'oracle du prophète :Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d'une bête de somme.
Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, ils amenèrent l'ânesse et l'ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s'assit dessus. Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d'autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient : " Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! "



Le Roi des Cieux n'est pas comme les rois de la terre. Un roi de la terre vient monté sur un cheval fougueux, de pure race, ou bien sur un éléphant - comme en Asie les maharadjah. Notre Roi vient sur le dos d'un anôn, un animal qui est une "bête de somme", doué non pour la course pour le labeur. C'est dans cet équipage que Jésus entre à Jérusalem. Mais n'est-il pas habitué à monter un âne ? L'âne était présent dès la crèche, il était là pour le départ à Béthléem, pour la fuite en Egypte et le retour. Le texte nous dit que cette entrée dans Jérusalem est un triomphe. Sans doute pour quelques-uns, qui ont saisi, au fond même de la confusion du coeur, que quelque chose de très important est en train de se passer; quelque chose qui a du sens au-delà de l'apparence, mais dont nul ne saurait présager l'issue.

Jésus ne dit rien. Il se laisse acclamer mais, tout à la fin (et le texte que j'ai trouvé n'en parle pas) les Pharisiens veulent interdire aux disciples de célébrer l'événement. Alors Il ouvre la bouche et déclare: "Si ceux-ci doivent se taire, alors les pierres crieront !" Jésus n'a rien perdu de la promptitude de son esprit. Pourquoi les pierres, me suis-je demandé ? Parce que, reprenant les Juifs dans leur certitude d'être tous justes car fils d'Abraham, Il les avait au contraire appelés au repentir: "Ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham !"

Cet épisode m'a réaffirmé dans la conscience que je puis désormais employés les talents que le Seigneur m'a donné pour le service de son Nom, mais pourvu que ce soit du point de vue de l'homme juché sur une bête de somme, qui ne peut être reconnu par les autres hommes, ses semblables, mais qui portera le fardeau de beaucoup. Puisque "le Fils de l'homme est venu non pour être servi mais pour servir - et qu'il n'y  de grandeur devant Dieu que dans l'humilité, l'acceptation, le don de soi.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar etienne lorant » jeu. 13 avr. 2017, 16:29

PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES




Lorsqu'il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : " Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles."
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.

Francis Jammes
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Message non lupar etienne lorant » ven. 14 avr. 2017, 16:54

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.

Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.

Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu,

Jésus lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l'eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, . . . mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il disait : « Vous n'êtes pas tous purs. » Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous.
 



Le premier paragraphe de cet Évangile rassemble de données qui nous sont exposées afin que nous ayons une meilleure compréhension de l'événement:
- C'était avant la fête de Pâques
- Jésus savait que l'heure était venue
- Jésus a aimé les siens qui étaient dans le monde et il les aima jusqu'au bout
- Judas l'iscariote est déjà sous l'emprise du démon
- Jésus a la pleine conscience de qui Il est, que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est est venu de Dieu et qu'Il retourne à Dieu.

En fonction de tout cela, le Seigneur va s'abaisser encore un peu plus bas, lui le Maître et le Seigneur, et se placer dans la position de l'esclave; il va laver les pieds de ses disciples. En agissant ainsi, il manifeste que l'Amour qui est dans le Père est encore au-delà de ce que les disciples et tous les autres témoins ont pu se le représenter. 

Il a déjà déclaré qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Mais ici, il montre que le fait de donner sa vie, cela n'implique pas seulement de mourir en faveur de ceux que l'on aime. Car la mort est un événement ponctuel, tandis que l'Amour se perpétue sans fin. Pour aimer les siens jusqu'au bout, Jésus montre par le lavement des pieds qu'il n'y a pas non plus d'exception, de limite dans le geste de l'affection véritable, et ceci au cœur du quotidien.

Telle est la gloire du Fils de l'homme, une gloire qui doit être comprise dans le sens de valeur véritable, qui n'a rien à voir avec ce que le monde comprend, qui se situe constamment à un autre niveau et qui prend, à chaque fois le contre pied du sens que l'homme attribue au mot. La gloire, ici, c'est aussi l'humilité portée à son sommet par l'abaissement même. C'est assez paradoxal pour inspirer la crainte de Dieu. 

C'est je crois, ce constat du renversement de toutes les valeurs dites "acquises" qui a fait jaillir de la bouche du centurion romain: "Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu !" La gloire de Dieu se dévoile dans l'étonnement de l'homme. Loué sois-tu, mon Seigneur et mon Dieu !

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Abaissement, relèvement : pédagogie divine

Message non lupar etienne lorant » mer. 19 avr. 2017, 18:01

Le mercredi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 3,1-10.
En ces jours-là, Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure. On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient. Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l’aumône.Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui, et il dit : « Regarde-nous ! » L’homme les observait, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part. Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Alors, le prenant par la main droite, il le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent. D’un bond, il fut debout et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait, et louait Dieu. Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c’est bien lui qui était assis à la « Belle-Porte » du Temple pour demander l’aumône. Et les gens étaient frappés de stupeur et désorientés devant ce qui lui était arrivé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,13-35.
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.  Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : «Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse.» Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.



Lorsque l'on contemple un tant soit peu les lectures de ce jour, ce que l'on découvre, c'est que les disciples d'Emmaüs sont tout autant paralysés que l'infirme déposé chaque jour à la porte du temple. Sa maladie l'empêche de se nourrir et de vivre normalement. Quant aux disciples en chemin, ils ont l'esprit comme pétrifié par l'événement de Jésus crucifié, mort et mis au tombeau: tout est achevé, tout est perdu, comment vivre, comment retourner à l'existence en sacrifiant de nouveau aux simples nécessités du quotidien ?

Ainsi, certaines personnes, hommes ou femmes, bien qu'en bonne santé, se traînent de jour en jour sans autre but que de manger, boire, dormir et gagner de quoi recommencer demain ?  Si l'on y regarde bien, au malheur de l'homme obligé de tout mendier de sa vie, correspond bien le malheur des disciples privés désormais de l'immense espérance que la parole du Christ leur apportait.  

Cette image donne beaucoup à penser car, nous le savons, très nombreuses sont les situations similaires que vivent hommes et femmes de notre temps aussi. Sans même songer aux nombreux jeunes sans travail et sans domicile, je pourrais citer que les hommes et les femmes qui se dopent à leur travail afin de tenir la norme de rentabilité qui leur est attribuée !  Que reste-t-il de l'espérance de bonheur dans de telles conditions ?

Il nous faut, tous autant que nous sommes laisser refleurir et s'épanouir notre conscience de baptisés et nous relever à l'image de l'homme relevé de sa paralysie à la porte du Temple !


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Manifestations de Jésus-Christ

Message non lupar etienne lorant » jeu. 20 avr. 2017, 11:16

Livre des Actes des Apôtres 3,11-26.
Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez; oui, la foi qui vient par Jésus l’a rétabli dans son intégrité physique, en votre présence à tous. D’ailleurs, frères, je sais que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs. Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait  annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie, souffrirait. Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés. Ainsi viendront les temps de la fraîcheur de la part du Seigneur, et il enverra le Christ Jésus qui vous est destiné. Il faut en effet que le ciel l’accueille jusqu’à l’époque où tout sera rétabli, comme Dieu l’avait dit par la bouche des saints, ceux d’autrefois, ses prophètes. Moïse a déclaré : ‘Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous, du milieu de vos frères, un prophète comme moi : vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira. Quiconque n’écoutera pas ce prophète sera retranché du peuple.’ Ensuite, tous les prophètes qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, aussi nombreux furent-ils, ont annoncé les jours où nous sommes. C’est vous qui êtes les fils des prophètes et de l’Alliance que Dieu a conclue avec vos pères, quand il disait à Abraham : ‘En ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.’ C’est pour vous d’abord que Dieu a suscité son Serviteur, et il l’a envoyé vous bénir, pourvu que chacun de vous se détourne de sa méchanceté. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,35-48.
En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai.»  Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »


Les textes de la Liturgie, avec raison, ne s'attardent pas sur le caractère fantastique de la résurrection. Tout au contraire, ils nous montrent comment la vie religieuse à la suite de Jésus, ainsi que l'oeuvre de la rédemption, se continuent en toute liberté, sans plus faire de distinction entre les hommes.

Il n'y a pas eu de caractère fantastique dans la rencontre de Jésus ressuscité et des disciples en chemin vers Emmaüs. Ce n'est pas au son de sa voix qu'ils ont reconnu Jésus, ce n'est pas non plus son rappel des textes de l'Ecriture qui le concernaient directement. Mais c'est à la fraction du pain !

Cet absence de "caractères fantastiques" nous indique d'emblée que nous n'avons pas à rechercher une vie de foi qui ne serait fondée que sur des apparitions, des miracles, des signes, des prophéties à caractère "apocalyptique"... qui n'ont jamais cessé d'exciter la crainte plutôt que d'encourager la charité et à la miséricorde.

Qu'il en soit donc pour nous comme pour Pierre qui s'attarde non pas sur la guérison miraculeuse, mais bien sur le nom et la personne de Jésus-Christ. Il nous faut donc rechercher le Seigneur dans les bienfaits qu'Il nous donnera d'accomplir - beaucoup plus dans une identification à telle ou telle pratiques. Pour conclure, notre prêtre nous a conviés, aujourd'hui même et sans tarder, d'accomplir un geste de miséricorde dans la plus grande discrétion - puisse ce geste être accompli sans que rien ne puisse nous identifier. C'est ainsi, le plus sûrement que nous manifesterons le Seigneur à l'oeuvre parmi nous.


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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar Trinité » ven. 21 avr. 2017, 0:24

Je suis toujours étonné de constater qu'après la résurrection, les disciples ont du mal à reconnaître physiquement Jésus dans son corps glorieux!
André Rebré dit en commentaire de ce jour:
Mais, dans le même temps,Jésus s'emploie à montrer que ce corps n'est plus semblable à celui qu'il avait"quant il était encore avec eux"(verset 44) ;c'est désormais un corps glorieux,car le messie est entré dans sa gloire.

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Reconnaître Jésus dans les plus humbles tâches

Message non lupar etienne lorant » ven. 21 avr. 2017, 11:00

Le vendredi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 4,1-12.
Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur déclara: : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,1-14.
En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent: «Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : «Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger? » Ils lui répondirent : « Non.» Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : «Qui es-tu ?» Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche; il prend le pain et le leur donne; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.


Les lectures de ce jour nous apprennent à reconnaître la présence du Seigneur en partie dans les œuvres accomplies par les successeurs de Pierre, mais aussi par les prêtres, les religieux, sans faire exception de la multitude des "simples fidèles" reconnus comme saintes et saints - et dont la vie nous inspire chacun en particulier.

Les rôles sont  tous différents mais il n'existe pas de tâches assumées qui empêchent de se sanctifier.  Il est dit du diacre, le tout premier martyr, que sa fonction principale était d'assurer le service des tables au sein de la première communauté. De même, sainte Bernadette qui déclarait avec un humour désarmant: "Ma profession, c'est malade !..."   (Ce dernier "bon mot" m'a personnellement soutenu plus d'une fois !)

Le message principal des lectures de ce jour, c'est bien de pouvoir rencontrer le Seigneur et bénéficier de la grâce divine dans toutes les circonstances  de nos vies... Réjouissons-nous !

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De quelle qualité est notre foi ?

Message non lupar etienne lorant » sam. 22 avr. 2017, 10:18

Le samedi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 4,13-21.
En ces jours-là, les chefs du peuple, les Anciens et les scribes constataient l’assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte que c’était des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris; d’autre part, ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus. Mais comme ils voyaient, debout avec eux, l’homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à redire.
Après leur avoir ordonné de quitter la salle du Conseil suprême, ils se mirent à discuter entre eux. Ils disaient : « Qu’allons-nous faire de ces gens-là ? Il est notoire, en effet, qu’ils ont opéré un miracle ; cela fut manifeste pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier. Mais pour en limiter la diffusion dans le peuple, nous allons les menacer afin qu’ils ne parlent plus à personne en ce nom-là. » Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus. Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. »
Après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, faute d’avoir trouvé le moyen de les punir : c’était à cause du peuple, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,9-15.
Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »


Les chefs du peuple, les Anciens et les scribes du temple de Jérusalem ont, comme tous les autres, assisté à la guérison soudaine du paralytique. Mais ils refusent l'évidence. Comment peut-on en arriver à déclarer illusion ce que les yeux attestent ? Telle est la liberté humaine: elle permet de déclarer faux ce qui est vrai, et illusion tout ce qui gêne la conscience et obligerait de changer d'attitude.

C'est évidemment une des fautes parmi les plus graves qu'une conscience ait à supporter... Elle est équivalente à celle qui consisterait à déclarer bon en soi ce qui est mauvais et vice-versa.. Ce type d'attitude ne peut conduire qu'à une forme de folie qui dégrade la conscience.

Autre est le manque de foi. Du manque de foi, chacune et chacun d'entre nous a souffert un jour ou l'autre. Comme il est est courant l'expression d'un dépit qui pousse à s'exclamer : "Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu !..." Or, le fait est que certains échecs nous rendent service lorsqu'ils nous obligent à reconsidérer nos idées, nos projets, nos habitudes et nos penchants.

Toutes sortes de points de vue peuvent donc entraver notre démarche de foi. Mais la solution à toutes ces difficultés repose dans dans la prière et l'attitude de confiance, car Dieu ne saurait "ni se tromper ni nous tromper". C'est d'ailleurs la conclusion de Jésus lui-même : Il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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