La misère humaine des sans-abri ici comme ailleurs

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etienne lorant
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La misère humaine des sans-abri à Rome comme ailleurs

Message non lupar etienne lorant » dim. 18 févr. 2018, 23:39

Un étudiant en échange à Rome s’était senti profondément affecté, durant une messe du pape, par le nombre de SDF présents sous les colonnades de la place Saint-Pierre. Il a décidé d’envoyer une lettre au Saint-Siège.

Matthieu Cichon s’est senti investi d’une mission divine. Cet étudiant rennais de 25 ans, actuellement en échange universitaire pour terminer sa licence d’histoire à l’université Rome III, a sorti sa plume pour interpeller le pape sur la condition des sans-abri aux portes de la cité du Vatican. S’il n’a reçu qu’une réponse «administrative» de la part de l’institution séculaire, Matthieu se dit satisfait s’il a pu «faire réagir».

Des SDF aux portes du Vatican.
Un dimanche de septembre 2017, dans la douceur romaine, Matthieu décide de se rendre sur la place Saint-Pierre, au cœur du Vatican, pour assister à une messe du Saint-Père. Ce néo-Romain - il vient alors d’arriver dans la cité éternelle pour un échange d’un an avec l’université d’Angers - se positionne «par curiosité» au milieu de la foule et tend l’oreille pour entendre l’homélie du pape François. «Si chacun d’entre vous faisait un petit geste quotidien pour les autres, on pourrait créer une révolution sociale» dit alors celui qui est aussi monarque de l’État du Vatican. Une phrase qui interpelle Matthieu. «Juste derrière moi, sous les arcades de la place, des gens vivaient dans la misère et l’indigence, sous l’indifférence de tous les croyants qui avaient les yeux rivés vers le pape.» explique le jeune homme.

«Gens entassés sous les colonnades»
Quelques heures plus tard, dans la nuit, Matthieu décide de retourner autour de la place Saint-Pierre. «Je voulais vérifier ce que j’avais pu constater dans la journée, précise-t-il encore. Et là, j’ai vu une réalité plus crue encore. Des gens entassés sous les colonnades dans des matelas autour de quelques chalumeaux.» Mais cette nuit-là, une «maraude» bat son plein et des volontaires offrent une soupe aux plus démunis. Pourtant, «il ne s’agissait pas de fidèles mandatés par le Vatican, note le jeune homme. C’était simplement un groupe d’étudiants indépendants du Saint-Siège et ne revendiquant aucune religion.» Après quelques investigations, il se rend compte que les aides provenant du Vatican existent, mais qu’elles restent assez marginales sous ses propres fenêtres.

Fils de parents chrétiens mais laïque lui-même, Matthieu s’interroge alors sur le contraste entre un corpus idéologique catholique «qui encourage les fidèles à aller vers les plus pauvres» et la réalité telle qu’il l’a vécue sur place. «Ne serait-ce que pour l’image du Vatican, ce fut un choc pour moi: imaginez un pèlerin qui arrive ici, il peut se dire que même en son cœur, l’Église ne peut rien face à la plus grande des misères.»

Quelques jours plus tard, Matthieu décide donc d’envoyer une longue missive au pape. «J’ai l’habitude de tout mettre sur papier lorsqu’il m’arrive ce genre d’expériences, pour ne pas oublier. Je n’avais donc pas prévu de l’envoyer au Saint-Siège mais une fois rédigée, je me suis dit ‘pourquoi pas?’». Dans sa lettre, on peut notamment lire: «J’ai vu aux pieds même des murailles du Vatican une vieille femme laver son linge dans une fontaine, le sécher en le tordant comme nous le faisions au début du siècle dernier, pour le laisser pendre sur une barrière de sécurité, à deux pas du matelas qui à même le sol devait lui servir de couchage.»


Misère noire au Vatican

Très Saint Père,

Me voilà devant Saint-Pierre, cœur de la chrétienté, point de ralliement de plusieurs milliards de croyants. Comment ne pas être subjugué par cette imposante construction témoignant de la foi qui habitait les personnes de cette époque…ou de la vanité des puissants d’alors ? ...
«Dans la lettre, j’explique que j’arrive avec un regard innocent d’étudiant français laïque, détaille Matthieu. Je constate la beauté de St Pierre, le faste de la religion et cette misère qui vient faire contraste.» Le jeune homme voit plutôt d’un bon œil l’apport que la communauté chrétienne pourrait avoir sur cette situation: «Dans cette société, la religion, dans sa dimension sociale, pourrait avoir un rôle à jouer en encourageant les croyants à tendre la main.»

En guise de réponse, quatre jours plus tard, le Vatican a renvoyé une lettre «administrative»,

La réponse du Vatican à Matthieu.

l’assesseur du pape, reprenant à bon compte un certain nombre de citations du pape au sujet de l’extrême pauvreté. Et notamment un passage de la lettre apostolique du 20 novembre écrite par le Saint-Père qui encourage le développement d’«une culture dans laquelle personne ne regarde l’autre avec indifférence ni ne détourne le regard quand il voit la souffrance des frères.»

Une réponse qui a satisfait Matthieu. «Déjà, c’est assez incroyable qu’ils prennent le temps de répondre à tout le monde. Mais en plus, ils doivent faire des tris de lettres en fonction des sujets abordés pour pouvoir renvoyer une réponse adaptée, bien que standardisée, à chacun.» Finalement, le jeune homme, qui n’est pas engagé dans une association à ce jour, dit avoir «profondément changé de regard» sur la condition des SDF, à qui il apporte fréquemment de quoi manger lorsqu’il achète pour lui-même.

http://etudiant.lefigaro.fr/article/en- ... 0cf164a1c/
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

Cepora
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Re: La misère humaine des sans-abri ici comme ailleurs

Message non lupar Cepora » mar. 20 févr. 2018, 12:40

En ce temps de Carême, peut-être serait-il bon de méditer un passage du livre d'Isaïe :

Isaïe 58, 5-7 :

Est-ce là le jeûne qui me plaît, un jour où l’homme se rabaisse ? S’agit-il de courber la tête comme un roseau, de coucher sur le sac et la cendre ? Appelles-tu cela un jeûne, un jour agréable au Seigneur ?
Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?

Source : traduction officielle liturgique française


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