Conversion des Maritain à la lecture de saint Paul

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etienne lorant
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Conversion des Maritain à la lecture de saint Paul

Message non lupar etienne lorant » ven. 22 juil. 2016, 10:16

"LE SALUT PAR LES JUIFS" Romains IX, 5

Nous lûmes ce livre à la campagne au mois d'août 1905. Il nous découvrit saint Paul , et ces extraordinaires chapitres IX, X et XI de l'Epître aux Romains où Léon Bloy a pris l'épigraphe et le point d'appui de l’exégèse du Salut par les Juifs.

"Je dis la vérité dans le Christ... J'éprouve une grande tristesse et j'ai au cœur une douleur incessante. Car je souhaiterais d'être moi-même anathème, loin du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le cule, et les promesses et les patriarches de qui est issu le Christ selon la chaire.

Mais la première ligne de ce grand poème lyrique et scripturaire qu'est le salut par les Juifs porte une référence plus haute encore "Salus ex Judaeis".

(...) J'ai perdu quelques heures précieuses de ma vie - écrit Léon Bloy aussitôt après avoir cité ce verset - à lire, comme tant d'infortunés - les élucubrations anti-juives de M. Drumont et je ne me souviens pas qu'il ait cité cette parole simple et formidable de Notre Seigneur Jésus-Christ, rapportée par saint Jean

"C'est quelque chose, pourtant, ce témoignage du Fils de Dieu !"

Ce témoignage fut d'abord pour moi la révélation de l'union des deux Testaments. On passe de l'un à l'autre par le Christ. C'est lui-même qui le dit : lui, le salut, il vient des Juifs". L'Ancien Testament, par Lui, se déverse dans le nouveau, qui ne lui est pas opposé, qui est son accomplissement, sa perfection.

L'exégèse scripturaire de Léon Bloy est, dans le salut, par les Juifs, un tourbillon de textes splendides : saint Paul, Jérémie, Ézéchiel et la Liturgie catholique parlent d'Israël en termes bouleversants, de sa vocation, de sa destinée mystérieuse entre toute, de ses souffrances perpétuelles, de son présent d'ignominie, de son avenir de gloire. L'exégèse de Léon Bloy est une fournaise ardente de similitudes et de symboles qui prolonge à l'infini le sens des réalités divines. Le peuple juif, est, par Léon Bloy, tantôt abaissé au niveau de la plus répugnante vermine, tantôt exalté jusqu'à à la ressemblance et la représentation du Paraclet.

"Israël est donc investi, par le privilège de la représentation et d'on ne sait quelle occulte protection de ce Paraclet errant dont il fut l'habitacle et recéleur".

"Pour qui n'est pas dénué de la faculté de contemplation, les séparer semble impossible, et plus l'extase est profonde, plus étroitement soudés l'un à l'autre ils apparaissent...

Léon Bloy était persuadé, et à juste titre que son livre est , à part l'inspiration surnaturelle... le témoignage chrétien le plus énergique et le plus pressant en faveur de la Race Aînée, depuis le onzième chapitre de saint Paul aux Romains".

"Si leur faute, dit cet Apôtre, est la richesse du monde et leur diminution la richesse des nations, que sera-ce leur plénitude ? "

"Si leur perte est est la réconciliation du monde, que sera leur assomption, sinon la vie d'entre les morts ? "

"Le Salut par les Juifs", qu'on croirait une paraphrase de ce chapitre de saint Paul, fait observer dès la première ligne, que le sang qui fut versé sur la Croix pour la rédemption du genre humain, de même que celui qui est versé invisiblement, chaque jour, dans le calice du sacrement de l'Autel, est naturellement et surnaturellement du sang juif - l'immense fleuve du sang hébreu dont la source est en Abraham et l'embouchure aux cinq plaies du Christ.

Trente ans plus tard, le Pape Pie XI devait donner à cette vue surnaturelle son expression achevée en disant :

"Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance spirituelle d'Abraham. Non, il n'est pas possible aux chrétiens d'avoir aucune part à antisémitisme ... Nous sommes spirituellement des Sémites.
,
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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