La Sauvegarde de la Paix - Constitution Gaudium et Spes

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Christophe
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La Sauvegarde de la Paix - Constitution Gaudium et Spes

Message non lu par Christophe » dim. 10 juil. 2005, 21:33

CHAPITRE V DE LA DEUXIÈME PARTIE
- LA SAUVEGARDE DE LA PAIX ET LA CONSTRUCTION -
DE LA COMMUNAUTÉ DES NATIONS

Introduction

77. 1. En ces années mêmes, où les douleurs et les angoisses de guerres tantôt dévastatrices et tantôt menaçantes pèsent encore si lourdement sur nous, la famille humaine tout entière parvient à un moment décisif de son évolution. Peu à peu rassemblée, partout déjà plus consciente de son unité, elle doit entreprendre une oeuvre qui ne peut être menée à bien que par la conversion renouvelée de tous à une paix véritable: édifier un monde qui soit vraiment plus humain pour tous et en tout lieu. Alors, le message de l'Evangile, rejoignant les aspirations et l'idéal le plus élevé de l'humanité, s'illuminera de nos jours d'une clarté nouvelle, lui qui proclame bienheureux les artisans de la paix, " car ils seront appelés fils de Dieu " (Mt. 5, 9).

2. C'est pourquoi le Concile, après avoir mis en lumière la conception authentique et très noble de la paix et condamné la barbarie de la guerre, se propose de lancer un appel ardent aux chrétiens pour qu'avec l'aide du Christ, auteur de la paix, ils travaillent avec tous les hommes à consolider cette paix entre eux. dans la justice et l'amour, et à en préparer les moyens.

La nature de la paix

78. 1. La paix n'est pas une pure absence de guerre et elle ne se borne pas seulement à assurer l'équilibre de forces adverses; elle ne provient pas non plus d'une domination despotique, mais c'est en toute vérité qu'on la définit " oeuvre de justice " (Is. 32, 17). Elle est le fruit d'un ordre inscrit dans la société humaine par son divin Fondateur, et qui doit être réalisé par des hommes qui ne cessent d'aspirer à une justice plus parfaite. En effet, encore que le bien commun du genre humain soit assurément régi dans sa réalité fondamentale par la loi éternelle, dans ses exigences concrètes il est pourtant soumis à d'incessants changements avec la marche du temps: la paix n'est jamais chose acquise une fois pour toutes, mais sans cesse à construire. Comme de plus la volonté humaine est fragile et qu'elle est blessée par le péché, l'avènement de la paix exige de chacun le constant contrôle de ses passions et la vigilance de l'autorité légitime.

2. Mais ceci est encore insuffisant. La paix dont nous parlons ne peut s'obtenir sur terre sans la sauvegarde du bien des personnes ni sans la libre et confiante communication entre les hommes des richesses de leur esprit et de leurs facultés créatrices. La ferme volonté de respecter les autres hommes et les autres peuples ainsi que leur dignité, la pratique assidue de la fraternité sont absolument indispensables à la construction de la paix. Ainsi la paix est-elle aussi le fruit de l'amour qui va bien au-delà de ce que la justice peut apporter.

3. La paix terrestre qui naît de l'amour du prochain est elle-même image et effet de la paix du Christ qui vient de Dieu le Père. Car le Fils incarné en personne, prince de la paix, a réconcilié tous les hommes avec Dieu par sa croix, rétablissant l'unité de tous en un seul peuple et un seul corps. Il a tué la haine dans sa propre chair(1) et, après le triomphe de sa Résurrection, il a répandu l'Esprit de charité dans le coeur des hommes.

4. C'est pourquoi, accomplissant la vérité dans la charité, tous les chrétiens sont appelés avec insistance à se joindre aux hommes véritablement pacifiques pour implorer et instaurer la paix.

5. Poussés par le même esprit, nous ne pouvons pas ne pas louer ceux qui, renonçant à l'action violente pour la sauvegarde des droits, recourent à des moyens de défense qui, par ailleurs, sont à la portée même des plus faibles, pourvu que cela puisse se faire sans nuire aux droits et aux devoirs des autres ou de la communauté.

6. Dans la mesure où les hommes sont pécheurs, le danger de guerre menace, et il en sera ainsi jusqu'au retour du Christ. Mais dans la mesure où, unis dans l'amour, les hommes surmontent le péché, ils surmontent aussi la violence, jusqu'à l'accomplissement de cette parole: " De leurs épées ils forgeront des socs et de leurs lances des faucilles. Les nations ne tireront plus l'épée l'une contre l'autre et ne s'exerceront plus au combat " (Is. 2, 4).


SECTION I: ÉVITER LA GUERRE

Mettre un frein à l'inhumanité des guerres

79. 1. Bien que les dernières guerres aient apporté à notre monde de terribles maux d'ordre matériel comme d'ordre moral, chaque jour encore la guerre poursuit ses ravages en quelque point du globe. Bien plus, étant donné qu'on emploie des armes scientifiques de tout genre pour faire la guerre, sa sauvagerie menace d'amener les combattants à une barbarie bien pire que celle d'autrefois. En outre, la complexité de la situation actuelle et l'enchevêtrement des relations internationales permettent que, par de nouvelles méthodes insidieuses et subversives, des guerres larvées traînent en longueur. Dans bien des cas, le recours aux procédés du terrorisme est regardé comme une nouvelle forme de guerre.

2. Considérant cet état lamentable de l'humanité, le Concile, avant tout, entend rappeler la valeur permanente du droit dés gens et de ses principes universels. Ces principes, la conscience même du genre humain les proclame fermement et avec une vigueur croissante. Les actions qui leur sont délibérément contraires sont donc des crimes, comme les ordres qui commandent de telles actions; et !'obéissance aveugle ne suffit pas à excuser ceux qui s'y soumettent. Parmi ces actions, il faut compter en tout premier lieu celles par lesquelles, pour quelque motif et par quelque moyen que ce soit, on extermine tout un peuple, une nation ou une minorité ethnique: ces actions doivent être condamnées comme des crimes affreux, et avec la dernière énergie. Et l'on ne saurait trop louer le courage de ceux qui ne craignent point de résister ouvertement aux individus qui ordonnent de tels forfaits.

3. Il existe, pour tout ce qui concerne la guerre, diverses conventions internationales, qu'un assez grand nombre de pays ont signées en vue de rendre moins inhumaines les actions militaires et leurs conséquences. Tels sont les conventions relatives au sort des soldats blessés, à celui des prisonniers, et divers engagements de ce genre. Ces accords doivent être observés; bien plus, tous, particulièrement les autorités publiques ainsi que les personnalités compétentes, doivent s'efforcer autant qu'ils le peuvent de les améliorer, et de leur permettre ainsi de mieux contenir, et de façon plus efficace, l'inhumanité des guerres. Il semble en outre équitable que des lois pourvoient avec humanité au cas de ceux qui, pour des motifs de conscience, refusent l'emploi des armes, pourvu qu'ils acceptent cependant de servir sous une autre forme la communauté humaine.

4. La guerre, assurément, n'a pas disparu de l'horizon humain. Et, aussi longtemps que le risque de guerre subsistera, qu'il n'y aura pas d'autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifique, le droit de légitime défense. Les chefs d'État et ceux qui partagent les responsabilités des affaires publiques ont donc le devoir d'assurer la sauvegarde des peuples dont ils ont la charge, en ne traitant pas à la légère des questions aussi sérieuses. Mais faire la guerre pour la juste défense des peuples est une chose, vouloir imposer son empire à d'autres nations en est une autre. La puissance des armes ne légitime pas tout usage de cette force à des fins politiques ou militaires. Et ce n'est pas parce que la guerre est malheureusement engagée que tout devient, par le fait même, licite entre parties adverses.

5. Quant à ceux qui se vouent au service de la patrie dans la vie militaire, qu'ils se considèrent eux aussi comme les serviteurs de la sécurité et de la liberté des peuples; s'ils s'acquittent correctement de cette tâche, ils concourent vraiment au maintien de la paix.

La guerre totale

80. 1. Le progrès de l'armement scientifique accroît démesurément l'horreur et la perversion de la guerre. Les actes belliqueux, lorsqu'on emploie de telles armes, peuvent en effet causer d'énormes destructions, faites sans discrimination, qui du coup vont très au-delà des limites d'une légitime défense. Qui plus est, si l'on utilisait complètement les moyens déjà stockés dans les arsenaux des grandes puissances, il n'en résulterait rien moins que l'extermination presque totale et parfaitement réciproque de chacun des adversaires par l'autre, sans parler des nombreuses dévastations qui s'ensuivraient dans le monde et des effets funestes découlant de l'usage de ces armes.

2. Tout cela nous force à reconsidérer la guerre dans un esprit entièrement nouveau(2). Que les hommes d'aujourd'hui sachent qu'ils auront de lourds comptes à rendre de leurs actes de guerre. Car le cours des âges à venir dépendra pour beaucoup de leurs décisions d'aujourd'hui.

3. Dans une telle conjoncture, faisant siennes les condamnations de la guerre totale déjà prononcées par les derniers papes(3), ce Saint Synode déclare:

4. Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l'homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation.

5. Le risque particulier de la guerre moderne consiste en ce qu'elle fournit pour ainsi dire l'occasion à ceux qui possèdent des armes scientifiques plus récentes de commettre de tels crimes; et, par un enchaînement en quelque sorte inexorable, elle peut pousser la volonté humaine aux plus atroces décisions. Pour que jamais plus ceci ne se produise, les évêques du monde entier, rassemblés et ne faisant qu'un, adjurent tous les hommes, tout particulièrement les chefs d'Etat et les autorités militaires, de peser à tout instant une responsabilité aussi immense devant Dieu et devant toute l'humanité.

La course aux armements

81. 1. Les armes scientifiques, il est vrai, n'ont pas été accumulées dans la seule intention d'être employées en temps de guerre. En effet, comme on estime que la puissance défensive de chaque camp dépend de la capacité foudroyante d'exercer des représailles, cette accumulation d'armes, qui s'aggrave d'année en année, sert d'une manière paradoxale à détourner des adversaires éventuels. Beaucoup pensent que c'est là le plus efficace des moyens susceptibles d'assurer aujourd'hui une certaine paix entre les nations.

2. Quoi qu'il en soit de ce procédé de dissuasion, on doit néanmoins se convaincre que la course aux armements, à laquelle d'assez nombreuses nations s'en remettent, ne constitue pas une voie sûre pour le ferme maintien de la paix et que le soi-disant équilibre qui en résulte n'est ni une paix stable, ni une paix véritable. Bien loin d'éliminer ainsi les causes de guerre, on risque au contraire de les aggraver peu à peu. Tandis qu'on dépense des richesses fabuleuses dans la préparation d'armes toujours nouvelles, il devient impossible de porter suffisamment remède à tant de misères présentes de l'univers. Au lieu d'apaiser véritablement et radicalement les conflits entre nations, on en répand plutôt la contagion à d'autres parties du monde. Il faudra choisir des voies nouvelles en partant de la réforme des esprits pour en finir avec ce scandale et pour pouvoir ainsi libérer le monde de l'anxiété qui !'opprime et lui rendre une paix véritable.

3. C'est pourquoi, il faut derechef déclarer: la course aux armements est une plaie extrêmement grave de l'humanité et lèse les pauvres d'une manière intolérable. Et il est bien à craindre que, si elle persiste, elle n'enfante un jour les désastres mortels dont elle prépare déjà les moyens.

4. Avertis des catastrophes que le genre humain a rendues possibles, mettons à profit le délai dont nous jouissons et qui nous est concédé d'en haut pour que, plus conscients de nos responsabilités personnelles, nous trouvions les méthodes qui nous permettront de régler nos différends d'une manière plus digue de l'homme. La Providence divine requiert instamment de nous que nous nous libérions de l'antique servitude de la guerre. Où nous conduit la voie funeste sur laquelle nous nous sommes engagés si nous nous refusons à faire cet effort. nous l'ignorons

Vers l'absolue proscription de la guerre.
L'action internationale pour éviter la guerre


82. 1. Il est donc clair que nous devons tendre à préparer de toutes nos forces ce moment où, de l'assentiment général des nations, toute guerre pourra être absolument interdite. Ce qui, assurément, requiert l'institution d'une autorité publique universelle, reconnue par tous, qui jouisse d'une puissance efficace, susceptible d'assurer à tous la sécurité, le respect de la justice et la garantie des droits. Mais, avant que cette autorité souhaitable puisse se constituer, il faut que les instances internationales suprêmes d'aujourd'hui s'appliquent avec énergie à l'étude des moyens les plus capables de procurer la sécurité commune. Comme la paix doit naître de la confiance mutuelle entre peuples au lieu d'être imposée aux nations par la teneur des armes, tous doivent travailler à mettre enfin un terme à la course aux armements. Pour que la réduction des armements commence à devenir une réalité, elle ne doit certes pas se faire d'une manière unilatérale, mais à la même cadence, en vertu d'accords, et être assortie de garanties véritables et efficaces(4).

2. En attendant, il ne faut pas sous-estimer les efforts qui ont été déjà faits et qui continuent de !'être en vue d'écarter le danger de la guerre. Il faut plutôt soutenir la bonne volonté de ceux qui, très nombreux, accablés par les soucis considérables de leurs très hautes charges, mais poussés par la conscience de leurs très lourdes responsabilités, s'efforcent d'éliminer la guerre dont ils ont horreur, tout en ne pouvant cependant pas faire abstraction de la complexité des choses telles qu'elles sont. D'autre part, il faut instamment prier Dieu de leur donner l'énergie d'entreprendre avec persévérance et de poursuivre avec force cette oeuvre d'immense amour des hommes qu'est la construction virile de la paix. De nos jours, ceci exige très certainement d'eux qu'ils ouvrent leur intelligence et leur coeur au-delà des frontières de leur propre pays, qu'ils renoncent à l'égoïsme national et au désir de dominer les autres nations, et qu'ils entretiennent un profond respect envers toute l'humanité, qui s'avance avec tant de difficultés vers une plus grande unité.

3. En ce qui regarde les problèmes de la paix et du désarmement, il faut tenir compte des études approfondies, courageuses et inlassables, déjà effectuées et des congrès internationaux qui ont traité de ce sujet, et les regarder comme un premier pas vers la solution de si graves questions; à l'avenir, il faut les poursuivre de façon encore plus vigoureuse si l'on veut obtenir des résultats pratiques. Que l'on prenne garde cependant de ne point s'en remettre aux seuls efforts de quelques-uns, sans se soucier de son état d'esprit personnel. Car les chefs d'Etat, qui sont les répondants du bien commun de leur propre nation et en même temps les promoteurs du bien universel, sont très dépendants des opinions et des sentiments de la multitude. Il leur est inutile de chercher à faire la paix tant que les sentiments d'hostilité, de mépris et de défiance, tant que les haines raciales et les partis pris idéologiques divisent les hommes et les opposent. D'où l'urgence et l'extrême nécessité d'un renouveau dans la formation des mentalités et d'un changement de ton dans l'opinion publique. Que ceux qui se consacrent à une oeuvre d'éducation, en particulier auprès des jeunes, ou qui forment l'opinion publique, considèrent comme leur plus grave devoir celui d'inculquer à tous tes esprits de nouveaux sentiments générateurs de paix. Nous avons tous assurément à changer notre coeur et à ouvrir les yeux sur le monde, comme sur les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour le progrès du genre humain.

4. Ne nous leurrons pas de fausses espérances. En effet si, inimitiés et haines écartées, nous ne concluons pas des pactes solides et honnêtes assurant pour l'avenir une paix universelle, l'humanité déjà en grand péril, risque d'en venir, malgré la possession d'une science admirable, à cette heure funeste où elle ne pourra plus connaître d'autre paix que la paix redoutable de la mort. Mais au moment même où l'Eglise du Christ, partageant les angoisses de ce temps, prononce de telles paroles, elle n'abandonne pas pour autant une très ferme espérance. Ce qu'elle veut, c'est encore et encore, à temps et à contretemps, présenter à notre époque le message qui lui vient des apôtres: " Le voici maintenant le temps favorable " de la conversion des coeurs; " le voici maintenant le jour du salut "(5).


SECTION 2: LA CONSTRUCTION DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

Les causes de discordes et leurs remèdes

83. Pour bâtir la paix, la toute première condition est l'élimination des causes de discordes entre les hommes: elles nourrissent les guerres, à commencer par les injustices. Nombre de celles-ci proviennent d'excessives inégalités d'ordre économique, ainsi que du retard à y apporter les remèdes nécessaires. D'autres naissent de l'esprit de domination, du mépris des personnes et, si nous allons aux causes plus profondes, de l'envie, de la méfiance, de l'orgueil et des autres passions égoïstes. Comme l'homme ne peut supporter tant de désordres, il s'ensuit que le monde, même lorsqu'il ne connaît pas les atrocités de la guerre, n'en est pas moins continuellement agité par des rivalités et des actes de violence. En outre, comme ces maux se retrouvent dans les rapports entre les nations elles-mêmes, il est absolument indispensable que, pour les vaincre ou les prévenir, et pour réprimer le déchaînement des violences, les institutions internationales développent et affermissent leur coopération et leur coordination; et que l'on provoque sans se lasser la création d'organismes promoteurs de paix.

La communauté des nations et les institutions internationales

84. 1. Au moment où se développent les liens d'une étroite dépendance entre tous !es citoyens et tous les peuples de la terre, une recherche adéquate et une réalisation plus efficace du bien commun universel exigent dès maintenant que la communauté des nations s'organise selon un ordre qui corresponde aux tâches actuelles – principalement en ce qui concerne ces nombreuses régions souffrant encore d'une disette intolérable.

2. Pour atteindre ces fins, les institutions de la communauté internationale doivent, chacune pour sa part, prévoir aux divers besoins des hommes aussi bien dans le domaine de la vie sociale (alimentation, santé, éducation, travail s'y rapportent), que pour faire face à maintes circonstances particulières qui peuvent surgir ici ou là: par exemple, la nécessité d'aider la croissance générale des nations en voie de développement, celle de subvenir aux misères des réfugiés dispersés dans le monde entier, celle encore de fournir assistance aux émigrants et à leurs familles.

3. Les institutions internationales déjà existantes, tant mondiales que régionales, ont certes bien mérité du genre humain. Elles apparaissent comme les premières esquisses des bases internationales de la communauté humaine tout entière pour résoudre les questions les plus importantes de notre époque: promouvoir le progrès en tout lieu de la terre et prévenir la guerre sous toutes ses formes. Dans tous ces domaines, l'Eglise se réjouit de l'esprit de fraternité véritable qui est en train de s'épanouir entre chrétiens et non-chrétiens et tend à intensifier sans cesse leurs efforts en vue de soulager l'immense misère.

La coopération internationale dans le domaine économique

85. 1. La solidarité actuelle du genre humain impose aussi l'établissement d'une coopération internationale plus poussée dans le domaine économique. En effet, bien que presque tous les peuples aient acquis leur indépendance politique, il s'en faut de beaucoup qu'ils soient déjà libérés d'excessives inégalités et de toute forme de dépendance abusive, et à l'abri de tout danger de graves difficultés intérieures.

2. La croissance d'un pays dépend de ses ressources en hommes et en argent. L'éducation et la formation professionnelle doivent préparer les citoyens de chaque nation à faire face aux diverses tâches de la vie économique et sociale. Ceci demande l'aide d'experts étrangers: ceux qui l'apportent ne doivent pas se conduire en maîtres, mais en assistants et en collaborateurs. Quant à l'aide matérielle aux nations en voie de développement, on ne pourra la fournir sans de profondes modifications dans les coutumes actuelles du commerce mondial. D'autres ressources doivent en outre leur venir des nations évoluées, sous forme de dons, de prêts ou d'investissements financiers; ces services doivent être rendus généreusement et sans cupidité d'un côté, reçus en toute honnêteté de l'autre.

3. Pour édifier un véritable ordre économique mondial, il faut en finir avec l'appétit de bénéfices excessifs, avec les ambitions nationales et !es volontés de domination politique, avec les calculs des stratégies militaristes ainsi qu'avec les manoeuvres dont le but est de propager ou d'imposer une idéologie. Une grande diversité de systèmes économiques et sociaux se présentent: il est à souhaiter que les hommes compétents puissent y trouver des bases communes pour un sain commerce mondial, ce qui sera bien facilité si chacun renonce à ses propres préjugés et se prête sans retard à un dialogue sincère.

Quelques règles opportunes

86. 1. En vue de cette coopération, les règles suivantes paraissent opportunes:

2. a) Les nations en voie de développement auront très à coeur d'assigner pour fin au progrès le plein épanouissement humain de leurs propres citoyens, et cela d'une manière explicite et non équivoque. Elles se souviendront que le progrès prend sa source et son dynamisme avant tout dans le travail et le savoir-faire des pays eux-mêmes; car il doit s'appuyer non pas sur les seuls secours étrangers, mais en tout premier lieu sur la pleine mise en oeuvre des ressources de ces pays ainsi que sur leur culture et leurs traditions propres. En cette matière, ceux qui exercent la plus grande influence sur les autres doivent donner l'exemple.

3. b) les nations développées ont le très pressant devoir d'aider les nations en voie de développement à accomplir ces tâches. Qu'elles procèdent donc aux révisions internes, spirituelles et matérielles requises pour l'établissement de cette coopération universelle.

4. Ainsi, dans les négociations avec les nations plus faibles et plus pauvres, elles devront scrupuleusement tenir compte du bien de celles-ci: en effet, les revenus qu'elles tirent de la vente de leurs produits sont nécessaires à leur propre subsistance.

5. c) C'est le rôle de la communauté internationale de coordonner et de stimuler le développement, en veillant cependant à distribuer les ressources prévues avec le maximum d'efficacité et d'équité. En tenant compte, assurément, du principe de subsidiarité, il lui revient aussi d'ordonner les rapports économiques mondiaux pour qu'ils s'effectuent selon les normes de la justice.

6. Que l'on fonde des institutions capables de promouvoir et de régler le commerce international – en particulier avec les nations moins développées – en vue de compenser les inconvénients qui découlent d'une excessive inégalité de puissance entre les nations. Une telle normalisation accompagnée d'une aide technique, culturelle et financière, doit mettre à la disposition des nations en voie de développement les moyens nécessaires pour poursuivre l'essor harmonieux de leur économie.

7. d) Dans bien des cas il est urgent de procéder à une refonte des structures économiques et sociales. Mais il faut se garder des solutions techniques insuffisamment mûries, tout particulièrement de celles qui, tout en offrant à l'homme des avantages matériels, s'opposent à son caractère spirituel et à son épanouissement. Car "l'homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de toute parole qui vient de la bouche de Dieu " (Mt. 4, 4). Et tout élément de la famille humaine porte, en lui-même et dans ses meilleures traditions, quelque élément de ce trésor spirituel que Dieu a confié à l'humanité, même si beaucoup en ignorent.

La coopération internationale et la croissance démographique

87. 1. La coopération internationale devient tout à fait indispensable lorsqu'il s'agit des peuples qui, assez souvent aujourd'hui, en plus de tant d'autres difficultés, souffrent particulièrement de celles qui proviennent de la croissance rapide de la population. Il est urgent de rechercher comment, grâce à la collaboration entière et assidue de tous, surtout des nations riches, on peut préparer ce qui est nécessaire à la subsistance et à l'instruction convenable des hommes, et en faire bénéficier l'ensemble de la communauté humaine. Bon nombre de peuples pourraient sérieusement améliorer leur niveau de vie si, instruits comme il convient, ils passaient de méthodes archaïques d'exploitation agricole à des techniques modernes et les appliquaient avec la prudence nécessaire à leur situation, tout en instaurant aussi un meilleur ordre social et en procédant à un partage plus équitable de la propriété terrienne.

2. En ce qui concerne les problèmes de la population dans chaque nation, les gouvernements, dans les limites de leurs compétences propres, ont assurément des droits et des devoirs: par exemple pour tout ce qui regarde la législation sociale et familiale, l'exode des populations rurales vers les villes, l'information relative à la situation et aux besoins du pays. Comme aujourd'hui les esprits se préoccupent si fort de ce problème, il faut aussi souhaiter que des catholiques compétents en toutes ces matières, dans les universités en particulier, poursuivent assidûment les études entreprises et leur donnent encore plus d'ampleur.

3. Puisque beaucoup affirment que l'accroissement démographique mondial, en tout cas celui de certaines nations, doit être freiné d'une manière radicale par tous les moyens et par n'importe quelle mesure de l'autorité publique, le Concile exhorte tous les hommes à se garder de solutions, préconisées en public ou en privé, et parfois imposées, qui sont en contradiction avec la loi morale. Car, en vertu du droit inaliénable de l'homme au mariage et à la procréation, la décision relative au nombre d'enfants à mettre au monde dépend du jugement droit des parents et ne peut en aucune façon être laissée à la discrétion de l'autorité publique. Mais, comme le jugement des parents suppose une conscience bien formée, il est très important de permettre à tous d'accéder à un niveau de responsabilité conforme à la morale et vraiment humain qui, sans négliger l'ensemble des circonstances, tienne compte de la loi divine. Cela suppose, un peu partout, une amélioration des moyens pédagogiques et des conditions sociales et, en tout premier lieu, la possibilité d'une formation religieuse ou, à tout le moins, d'une éducation morale sans faille. Il faut, en outre, que les populations soient judicieusement informées des progrès scientifiques réalisés dans la recherche de méthodes qui peuvent aider les époux en matière de régulation des naissances, lorsque la valeur de ces méthodes est bien établie et leur accord avec la morale chose certaine.

Le rôle des chrétiens dans l'entraide internationale

88. 1. Les chrétiens collaboreront de bon gré et de grand coeur à la construction de l'ordre international qui doit se faire dans un respect sincère des libertés légitimes et dans l'amicale fraternité de tous. Ils le feront d'autant plus volontiers que la plus grande partie du globe souffre encore d'une telle misère que le Christ Lui-même, dans la personne des pauvres, réclame comme à haute voix la charité de ses disciples. Qu'on évite donc ce scandale: alors que certaines nations, dont assez souvent la majeure partie des habitants se parent du nom de chrétiens, jouissent d'une grande abondance de biens, d'autres sont privées du nécessaire et sont tourmentées par la faim, la maladie et toutes sortes de misères. L'esprit de pauvreté et de charité est, en effet, la gloire et le signe de l'Eglise du Christ.

2. Il faut donc louer et encourager ces chrétiens, les jeunes en particulier, qui s'offrent spontanément à secourir d'autres hommes et d'autres peuples. Bien plus, il appartient à tout le peuple de Dieu, entraîné par la parole et l'exemple des évêques, de soulager, dans la mesure de ses moyens, les misères de ce temps; et cela, comme c'était l'antique usage de l'Eglise, en prenant non seulement sur ce qui est superflu, mais aussi sur ce qui est nécessaire.

3. Sans être organisée d'une manière rigide et uniforme, la manière de collecter et de distribuer les secours doit être cependant bien conduite dans les diocèses, dans les nations et au plan mondial. Partout où la chose semble opportune, on conjuguera l'action des catholiques avec celle des autres frères chrétiens. En effet, l'esprit de charité, loin d'empêcher un exercice prévoyant et ordonné de l'action sociale et de l'action caritative, l'exige plutôt. C'est pourquoi il est nécessaire que ceux qui veulent s'engager au service des nations en voie de développement reçoivent une formation adéquate, et dans des instituts spécialisés.

Présence active de l'Eglise dans la communauté internationale

89. 1. Lorsque l'Eglise, en vertu de sa mission divine, prêche l'Evangile à tous les hommes et leur dispense les trésors de la grâce, c'est partout qu'elle contribue à affermir la paix et à établir entre les hommes et les peuples le fondement solide d'une communauté fraternelle: à savoir la connaissance de la loi divine et naturelle. Pour encourager et stimuler la coopération entre tous, il est donc tout à fait nécessaire que l'Eglise soit présente dans la communauté des nations; et cela tant par ses organes officiels que par l'entière et loyale collaboration de tous les chrétiens – collaboration inspirée par le seul désir d'être utile à tous.

2. Ce résultat sera plus sûrement atteint si, déjà dans leur propre milieu, les fidèles eux-mêmes, conscients de leur responsabilité humaine et chrétienne, travaillent à susciter le désir d'une généreuse coopération avec la communauté internationale. A cet égard, tant dans l'éducation religieuse que dans l'éducation civique, on sera particulièrement attentif à la formation des jeunes

Rôle des chrétiens dans les institutions internationales

90. 1. Pour les chrétiens, une excellente forme d'activité internationale est assurément le concours qu'ils apportent, individuellement ou en groupe, aux institutions qui visent à étendre la collaboration internationale, que ces institutions existent ou qu'elles soient à créer. Les diverses associations catholiques internationales peuvent, en outre, rendre de multiples services pour l'édification d'une communauté mondiale pacifique et fraternelle. Il faut les consolider, en les dotant d'un personnel plus nombreux et bien formé, en augmentant les moyens matériels dont elles ont besoin, et en coordonnant harmonieusement leurs forces. De nos jours, en effet, l'efficacité de l'action et les nécessités du dialogue réclament des initiatives collectives. De plus, de telles associations contribuent largement à accroître le sens de l'universel, qui convient sans nul doute aux catholiques, et à donner naissance à la conscience d'une solidarité et d'une responsabilité vraiment mondiales.

2. Enfin, il faut souhaiter que les catholiques, pour bien remplir leur rôle dans la communauté internationale, recherchent une collaboration active et positive, soit avec leurs frères séparés qui, unis à eux, professent l'amour évangélique, soit avec tous les hommes en quête d'une paix véritable.

3. Considérant l'immense misère qui accable, aujourd'hui encore, la majeure partie du genre humain, pour favoriser partout la justice et en même temps pour allumer en tout lieu l'amour du Christ à l'endroit des pauvres, le Concile, pour sa part, estime très souhaitable la création d'un organisme de l'Eglise universelle, chargé d'inciter la communauté catholique à promouvoir l'essor des régions pauvres et la justice sociale entre les nations.

:arrow: Concile de Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et spes, "Sur l'Eglise dans le monde de ce temps" ( 1965 )
_____________________
(1) Cf. Eph. 2, 16; Col. 1, 20-22.
(2) Cf. Jean XXIII, Enc. Pacem in terris, 11 avril 1963: AAS 55 (1963), p. 291: "C'est pourquoi, en cette époque, la nôtre, qui se glorifie de la force atomique, il est déraisonnable de penser que la guerre est encore un moyen adapté pour obtenir justice de la violation des droits ".
(3) Cf. Pie XII, Allocution du 30 septembre 1954: AAS 46 (1954), p. 589; Message radioph., 24 déc. 1954: AAS 47 (1955), pp. 15 et ss.; Jean XXIII, Enc. Pacem in terris: AAS 55 (1963), pp. 286-291; Paul VI, Discours à l'Assemblée des Nations unies. le 4 octobre 1965: AAS 57 (1965). pp. 877-885 [pp. 618-626].
(4) Cf. Jean XXIII, Enc. Pacem in terris, où il est question du désarmement: AAS 55 (1963), p. 287.
(5) Cf. II Cor. 6. 2.

Renaud
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Message non lu par Renaud » sam. 22 juil. 2006, 14:33

Ave Maria,

S'agissant de la nouvelle(?) crise(?) ou guerre au Liban, le tout dans le "grabuge" du Moyen-Orient, plus la
crise nucléaire iranienne, voici quelque chose qui laisse pensif:

Une prédiction (lue en 1962) pour les 25 prochaines années (donc pour 1987), par David Ben-Gourion (Premier Ministre d'Israël). Reproduction partielle extraite de la revue Look-Magazine; Etats-Unis; janvier 1962; page 16.

"L'Europe Occidentale et Orientale constitueront une fédération d'Etats autonomes dans un système socialiste et un régime démocratique.
À l'exception de l'URSS, en tant qu'Etat Fédéré Euro-Asiatique, tous les autres continents s'uniront dans une alliance mondiale, à la disposition de laquelle se trouvera une force de police internationale. Toutes les armées seront abolies et il n'y aura plus de guerre. À Jérusalem, les Nations-Unies (de vraies: Nations-Unies) construiront un Sanctuaire des Prophètes pour servir à l'union fédérée de tous les continents; celle-ci sera le siège de la Suprême Cours de l'Humanité, pour résoudre tous les différends entre les continents fédérés, ainsi que ce fut prophétisé par Isaïe".

Cette "visée" hégémonique mondiale exprimée ici, semble bien se rapporter à un "projet" sous-jacent sur le long terme, concocté dans des "cénacles" inconnus de nous, ou toujours détournés, ou déguisé à notre attention de "petites gens", mais récurrents, et que l'actualité nous rappelle ponctuellement, parfois dramatiquement. À la longue, il apparaît un peu plus clairement que le "bras exécutif" semblent bien être les Etats-Unis et Israël. Mais jusqu'où? Et dans quel but? Je tremble quand-même à l'idée de ce qui aurait pu être conclu, du vivant de jean-Paul II très peu avant la guerre en Irak en mars 2003 , entre le Vatican, les Etats-Unis dirigés par la coterie de Bush, tout sauf catholique !?, etc, et Israël...

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Message non lu par Renaud » ven. 28 juil. 2006, 18:28

En réalité, je ne sais pas si j'ai déjà fait le coup du "complot américano-sioniste". Simplement, je cherche à mieux comprendre quelque chose de l'actualité. Parfois des citations, des déclarations, des textes, etc, anciens comme nouveau, résonnent entre eux et balisent en quelque sorte l'histoire comme l'actualité. Je ne sais pas beaucoup ce que veut dire la "théorie du complot" qui est sans doute la traduction, par certains commentateurs, de telle et telle attitude face à l'histoire et à l'actualité. La meilleure des recherches est de considérer ce que disent les uns et les autres, et à travers ces propos et ces écrits, vérifier leur meilleure conformité possible avec l'actualité.

Ici ces propos, anciens, de David Ben Gourion, révèlent bien le messianisme israëlite et son penchant pour les grandes organisations mondiales. Ce sont bien, en effet, de "grandes organisations mondiales" qui interragissent dans l'actualité. Force est de constater qu'elles ne mènent pas vraiment à la paix, je souhaite me tromper. On s'aperçoit bien, à la longue, qu'au contraire, elles sont édifiées par des intérêts à "discours humanistes", mais dont la conduite et les actes finissent par écraser les peuples.

Combien de fois ai-je entendu autour de moi: "De toutes façon, tant qu'il n'y aura pas un gouvernement mondial, l'histoire tragique de l'humanité ne s'arrêtera pas". Voilà un petit échantillon de ce qu'il y a, d'une génération à l'autre, au fond de beaucoup de nos cerveaux. C'est à peu près comme si l'on commençait la construction d'un édifice, ici par exemple la Tour de Babel dont le monde contemporain semble être un reflet à peu près exact (1) en voulant commencer par le toit: grande organisations mondiales, entre autres ruineuses, au lieu de commencer à balayer chacun (individus et pays) devant sa porte pour plus de justice, au moins sur les plans économiques et sociaux.

Quant à moi, je croirai peut-être à un "gouvernement mondial" seulement le jour où on aura la certitude d'être en contact prouvé avec des extra-terrestres.

En attendant voici un lien assez "parlant", mais il y en a d'autres:

http://www.syti.net/GulfWarTwo.html

(1) je trouve cet épisode de la Tour de Babel impressionant de vérité au regard du monde contemporain. Le monde contemporain, c'est vraiment la Tour de Babel ! Avec un zest de réalité symbolique et géographique car la Tour de Babel (alias Babylone) se trouvait dans l'actuel Irak... non loin, je crois de Bagdad. À méditer !

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Message non lu par Renaud » ven. 28 juil. 2006, 23:16

Karol a écrit:
Vous noterez que cet épisode de la Tour de Babel est consigné dans la Genèse. Ce qui signifie que le "messianisme israëlite" n'est certainement pas exempt d'un certain réalisme.
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Oui, c'est son réalisme à lui en tant que messianisme israëlite, et en tant que chrétiens nous y participons par les strates judaïques du christianisme.



Effectivement, les organisations internationales ont certainement fait en sorte que des Etats abandonèrent leur politique d'épuration, et ceci dans de nombreux cas, c'est très bien. Mais leur bilan de bienfaits n'est pas certain. Là aussi, il y a des bons et des mauvais organismes et organisations. Dit rapidement, le FMI (j'y reviens tout de suite ci-dessous) mais aussi les nombreux "pools" bancaires transnationaux ont étranglé et vampirisé trop de pays pauvres et dautres, ce qui fait que la pauvreté qu'ils ont occasionné, ou seulement maintenu, génère à son tour les pires toxines que les organismes internationaux prétendent éteindre ensuite. Ils sont pompiers- pyromanes. Ainsi, les statistiques se recoupent (je vous donne les calculs si vous me le demandez), il y a environ (en étant très prudent et plutôt "optimiste") 30 000 personnes dans le monde qui périssent PAR JOUR par mauvais traitement économique (ou manque de traitement), parmis elles environ 20 000 enfants. Sans commentaire.



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Karol a écrit:
citation
Renaud a écrit:
Avec un zest de réalité symbolique et géographique car la Tour de Babel (alias Babylone) se trouvait dans l'actuel Irak... non loin, je crois de Bagdad. À méditer !

Oui, cela GW Bush l'a déjà médité puisque comme justification de la guerre en Irak il a cité l'Apocalypse d'où il en a tiré: il faut attaquer Babylone (l'Irak) avant que Gog et Magog ne s'en échappent pour exterminer l'humanité! Il est triste que parti d'une vision plutôt anti-américaine, vous en arriviez à tirer les mêmes conclusions que Bush.
----------------------
Alors-là, vous ne pouvez pas mieux dire! Car rien n'indique que Gog et Magog ne sont pas, précisément Bush et ses affidés, qui, devenus "détonateurs" en Irak seraient eux-mêmes Gog et Magog, ou auraient provoqués Gog et Magog exterminateurs de l'humanité, avec point de "départ" Bagdad (alias Babylone). Ce Bush aurait su de quoi il parlait vraiment?... Tout le monde a peur, à juste titre, d'une extension du conflit irakien et plus généralement moyen-oriental. Avec la récente extension au Liban, faut-il faire un dessin?


_____________________________________________________________
Karol a écrit:
Je crois en des organes de régulation (ce que sont le FMI ou l'Organisme de Règlement de Différend de l'OMC,
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Cher ami, revoyez vos "classiques" si j'ose dire ainsi: " Je crois en des organes de régulation (ce que sont le FMI.... gloup...
S'il y a eu un organisme que a causé l'aggravation de la disette et de la misère chez un nombre invraisemblable de peuples pauvres, littéralement vampirisés ! C'est bien le FMI ! Plusieurs ouvrages ne suffiraient pas pour condamner les méfaits de cet organisme. Quand j'entends parfois des entretiens de Michel Camdessus qui fut directeur du FMI de 1987 à 2000 (et même quand je l'entendais quand il était en fonction, j'ai toujours une vidéo d'un de ses entretiens à Washington) je souffre beaucoup, et c'est une épreuve. Ce cher Monsieur, maintenant en service d'un organisme du Vatican je crois, aura cautionné les directives bancaires pour "venir en aide" aux pays pauvres avec les souffrances que l'on sait... Je sais qu'il y a toute une frange de chrétiens, catholiques, vrais bénis-oui-ouis qui acquiescent, sans recule, n'importe quels propos et décisions à peu près uniquement parce que: untel-est-un-grand-cadre-chrétien-et-compétent-au-service-de-l'Eglise et que les médias lui sont toujours ouverts... Quelle tromperie!, ce n'est pas pensable.

Cordialement toujours

Renaud

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Message non lu par Renaud » mer. 24 janv. 2007, 13:14

Je ne sais si c'est le bon fil, en principe oui. Egalement, j'ai tout à fait conscience que l'Eglise et son Chef le Pape Benoît XVI n'attendent pas après le sujet insignifiant que je suis. Ceci bien compris, il est difficile, (insondable?) de connaître toutes les arcannes des orientations vaticanes...

Voir:

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=256117

J'ai eu il y a très peu de jours cette information par des amis Latino-Américains, par une sources à eux, qui recoupe exactement ce contact (qui ne serait pas la première d'ailleurs, sous chaque Pape depuis Jean XXIII)

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Message non lu par Geronimo » mer. 24 janv. 2007, 16:32

Oui le Bnaï Brith est une organisation qui fait un peu peur.

Mais la diplomatie vaticane reçoit tout le monde dans le souci d'apaiser les tensions et d'éviter les guerres.

;-)

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