Peut-on être catholique et socialiste ?

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Kerniou
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Kerniou » mer. 21 oct. 2009, 14:46

Je ne pensais pas que mon message serait repris au mot à mot; c'est la première fois que j'interviens sur le forum.
Merci d'avoir prêté autant d'attention à mon propos.
Je tiens à préciser que si politiquement, je me situe à gauche, je ne suis pas prendre du recul par rapport aux régimes et gouvernements socialistes. Il est évident que le chistianisme a joué et joue encore un rôle dans les sociétés occidentales.L'Europe est culturellement chrétienne avec tous les aspects ositifs de la mise en oeuvre du contenu du message évangélique: la démocratie, les politiques sociales, les droits de l'homme. mais reconnaissez que ces évolutions se sont faites avec à contre courrant de l'Eglise institutionnelle et non de l'Eglise des hommes de bonne volonté. Dans notre société, au delà de son rôle de guide des conscience, l'Eglise est une référence pour croyants et non croyants dans les poditions sociétales qu'elle prend; et cela sans faire d'anticléricalisme.
Je voulais dire que des progressistes le plus souvent anticléricaux avaient fait avancer la pensée en proposant des idées imprégnées du message évangélique pour faire évoluer les politiques sociales.
Par ailleurs, choisir de voter pour un programme politique qui d'emblée enonce qu'il favorisera les privilégiés ne me parait pas correspondre à la que je fais de l'Evangile.
Ce qui ne veut pas dire qu'un gouvernement socialiste répondra "évangéliquement" aux problèmes des pauvres. La politique ases règles et les gouvernement n'ont qu'une marge de manoeuvre trop réduite.Jen'instrumentalise pas l'Evangile comme programme économique mais que les catholiques de ma paroisse choisissent un modéle de société qui prône le pouvoir de l'argent, le maintien des privlèges, le rejet des étrangers et le travailler plus y compris le dimanche pour gagner moins m'interroge.
detoute évidence nous ne faisons pas la même lecture de l'Evangile:on ne peut, selon moi, prier pour les pauvres le dimanche et soutenir une idéologie économique qui les opprime...
Je ne me permet pas de jger les bons et les mauvais chrétiens, j'essaie d'être cohérente entre ma Foi, l'Evangile et la vie de tous les jours conditionnée, il est vrai, par le système socio-économique.
Merci de votre réponse
Dernière modification par Christophe le mer. 21 oct. 2009, 16:27, modifié 1 fois.
Raison : Message validé, mais merci de vous relire pour éviter les nombreuses coquilles.
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Yves54 » jeu. 22 oct. 2009, 9:33

Un gouvernement socialiste ne répondra pas évangéliquement aux pauvres parce qu'il ne leur annoncera pas l'Evangile en même temps.

A quoi cela sert il de nourrir matériellement un homme si on ne le nourrit pas aussi spirituellement ? A rien.
Dernière modification par Yves54 le jeu. 22 oct. 2009, 13:38, modifié 1 fois.
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Raistlin » jeu. 22 oct. 2009, 12:58

[+] Texte masqué
Kerniou a écrit :Je ne pensais pas que mon message serait repris au mot à mot; c'est la première fois que j'interviens sur le forum.
Merci d'avoir prêté autant d'attention à mon propos.
Je tiens à préciser que si politiquement, je me situe à gauche, je ne suis pas prendre du recul par rapport aux régimes et gouvernements socialistes. Il est évident que le chistianisme a joué et joue encore un rôle dans les sociétés occidentales.L'Europe est culturellement chrétienne avec tous les aspects ositifs de la mise en oeuvre du contenu du message évangélique: la démocratie, les politiques sociales, les droits de l'homme. mais reconnaissez que ces évolutions se sont faites avec à contre courrant de l'Eglise institutionnelle et non de l'Eglise des hommes de bonne volonté. Dans notre société, au delà de son rôle de guide des conscience, l'Eglise est une référence pour croyants et non croyants dans les poditions sociétales qu'elle prend; et cela sans faire d'anticléricalisme.
Je voulais dire que des progressistes le plus souvent anticléricaux avaient fait avancer la pensée en proposant des idées imprégnées du message évangélique pour faire évoluer les politiques sociales.
Par ailleurs, choisir de voter pour un programme politique qui d'emblée enonce qu'il favorisera les privilégiés ne me parait pas correspondre à la que je fais de l'Evangile.
Ce qui ne veut pas dire qu'un gouvernement socialiste répondra "évangéliquement" aux problèmes des pauvres. La politique ases règles et les gouvernement n'ont qu'une marge de manoeuvre trop réduite.Jen'instrumentalise pas l'Evangile comme programme économique mais que les catholiques de ma paroisse choisissent un modéle de société qui prône le pouvoir de l'argent, le maintien des privlèges, le rejet des étrangers et le travailler plus y compris le dimanche pour gagner moins m'interroge.
detoute évidence nous ne faisons pas la même lecture de l'Evangile:on ne peut, selon moi, prier pour les pauvres le dimanche et soutenir une idéologie économique qui les opprime...
Je ne me permet pas de jger les bons et les mauvais chrétiens, j'essaie d'être cohérente entre ma Foi, l'Evangile et la vie de tous les jours conditionnée, il est vrai, par le système socio-économique.
Merci de votre réponse
Bon, je reconnais que ma réponse fut "sèche".

Mais ce qui me met hors de moi, c'est cette lecture politique des évangiles : Jésus serait une sorte de Coluche avant l'heure. C'est oublier que dans les évangiles, Jésus reprend vertement les apôtres qui veulent vendre le parfum qui est versé sur sa tête pour donner l'argent aux pauvres (car nous devons avant tout aimer Dieu et ne pas préférer la créature au Créateur).
Donc non, Jésus n'est pas socialiste. Mais il n'est pas capitaliste non plus.

Au passage, ce que vous dites sur le fait qu'un chrétien ne peut soutenir un capitalisme amoral est entièrement juste. Mais c'est aussi vrai pour la communisme athée. Ainsi, Paul VI, dans sa lettre apostolique Octogesima Adveniens au cardinal Roy :
Paul VI a écrit :"...Aussi le chrétien [...] ne peut-il, sans se contredire, adhérer à des systèmes idéologiques qui s’opposent radicalement, ou sur des points substantiels, à sa foi et à sa conception de l’homme :

- ni à l’idéologie marxiste, à son matérialisme athée, à sa dialectique de violence et à la manière dont elle résorbe la liberté individuelle dans la collectivité, en niant en même temps toute transcendance à l’homme et à son histoire, personnelle et collective;

- ni à l’idéologie libérale, qui croit exalter la liberté individuelle en la soustrayant à toute limitation, en la stimulant par la recherche exclusive de l’intérêt et de la puissance, et en considérant les solidarités sociales comme des conséquences plus ou moins automatiques des initiatives individuelles et non pas comme un but et un critère majeur de la valeur de l’organisation sociale..."
Quant à l'Eglise, il est dommage que vous en ayez une vision entièrement modelée sur la propagande marxiste et anti-cléricale. Savez-vous seulement que l'Eglise s'est battue contre l'esclavage ? Que la condition féminine s'est améliorée grâce à elle ? Qu'elle fut la seule, pendant de nombreux siècles, à s'occuper des pauvres, des malades et de l'éducation ? L'Eglise est l'épouse du Christ. Elle est belle et sainte, malgré les péchés de ses enfants. Mais pour s'en rendre compte, encore faut-il aller au delà de la propagande anti-cléricale qui a sévi (et sévit encore) en France.
Et si c'est vrai qu'elle s'est opposée à une forme de modernité, c'est parce que cette modernité prétendait rendre l'Homme heureux sans Dieu. Tout comme elle a eu raison de s'opposer à la Révolution française qui était avant tout antichrétienne. Ce qu'aucun chrétien ne saurait accepter.

Car n'oubliez pas : aussi "noble" que puisse paraître une idéologie (comme le communisme dit se battre pour plus de "justice" et d'"égalité"), elle peut être immonde et inacceptable pour tout chrétien si elle renie Dieu.

Cordialement,
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Souricette » jeu. 22 oct. 2009, 13:05

Aussi le chrétien [...] ne peut-il, sans se contredire, adhérer à des systèmes idéologiques qui s’opposent radicalement, ou sur des points substantiels, à sa foi et à sa conception de l’homme :

- ni à l’idéologie marxiste, à son matérialisme athée, à sa dialectique de violence et à la manière dont elle résorbe la liberté individuelle dans la collectivité, en niant en même temps toute transcendance à l’homme et à son histoire, personnelle et collective;

- ni à l’idéologie libérale qui croit exalter la liberté individuelle en la soustrayant à toute limitation, en la stimulant par la recherche exclusive de l’intérêt et de la puissance, et en considérant les solidarités sociales comme des conséquences plus ou moins automatiques des initiatives individuelles et non pas comme un but et un critère majeur de la valeur de l’organisation sociale.


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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Kerniou » jeu. 22 oct. 2009, 16:46

Je ne pense pas que Jésus soit venu sur terre pour des raisons politiques: telle n'était pas sa mission. Cependant quand on pense à son action à l'égard des hommes et surtout des femmes qu'il a rencontrés et qu'on les resitue dans le contexte social et historique de l'époque, il était précurseur dans la considération qu'il avait pour ses contemporains pauvres, vulnérables et exclus; de plus, il s'est montré sans concession avec les marchands du temple.
Que l'Eglise soit très ouverte à l'égard des femmes ... les propos de Mgr Vingt-Trois auraient tendance à prouver le contraire ... au XXI ème siècle. Au: Porter un jupe ne suffit pas encore faut-il avoir qqchose dans la tête, je répondrais que porter la calotte épiscopale n'est pas une preuve d'intelligence et encore moins d'esprit de charité ...
Je trouve personellement scandaleux que le Cardinal archevêque de Paris tienne de tels propos; c'est une offense à toutes les femmes et à toutes les mères et les catéchistes qui transmettent la Parole Evangélique aux enfants ... Sans elles que deviendrait l'Eglise des fidèles ?
Cependant, le christianisme donne une place à tous les humains sans distinction: c'est pourquoi l'Eglise a pris en charge l'éducation, les soins , l'accueil des malades et des miséreux. Des 3 religions monothéistes, seul le christianisme accorde le bâptème et le même accès aux sacrements , sauf l'ordination, aux hommes comme aux femmes alors que le judaïsme et l'islam ne prévoient de cérémonie de reconnaissaance qu'aux hommes avec la circoncision.
Si l'Eglise a condamné, à juste titre le système communiste qui ne prenait pas en considération l'individualité de la personne et prônait le matérialisme, à ma connaissance, l'Eglise d'Espagne a soutenu le régime franquiste qui n'était guère soucieux de la justice sociale ni respectueux de la dignité des pauvres comme de ceux qui ne le cautionnaient pas. Je n'ai pas connaissance que le Vatican l'ait désavouée
Là où la dignité de l'homme n'est pas respectée, disait Jean-Paul II, Dieu n'est pas présent.
Alors, oui, aucun régime politique n'apporte l'Evangile.
Cependant les populations aux prises avec les difficultés économiques sont absorbées par les problèmes matériels et parfois de survie ne sont pas dans des conditions de vie digne et elles peuvent ne pas être receptives au message de L'Evangile:
" Ventre affamé n'a pas d'oreilles " dit le curé de ma paroisse; je ne connaissais pas cette expression qui dit, pourtant bien ce qu'elle veut dire.
Dire à des populations en détresse que Dieu les aime, c'est bien mais cela ne les empêchera pas de mourir de faim si on ne leur donne pas à manger.
Si elles ne sont plus préoccupées par leur survie, au jour le jour, elles pourront envisager leur existence autrement qu'en pensant à la nourriture qui leur fait défaut. Leur esprit sera disponible pour entendre, recevoir la Bonne Nouvelle.
C'est en cela qu'une vision économique du partage des richesses et de plus grande justice me parait plus plus proche du message chrétien. D'ailleurs les premières communautés chrétiennes ne partageaient-elles pas les biens matériels en même temps que la Parole et l'Amour ?
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par jeanbaptiste » jeu. 22 oct. 2009, 19:41

Ne réactivez pas cette polémique stupide autour de André XXIII. À l'entendre il est facilement compréhensible qu'il critiquait la logique de la discrimination positive. Cette logique n'a pas lieu d'être dans l'Église, point. Il ne s'agissait aucunement de misogynie.

Quand à vos propos sur l'amour de Dieu et la pauvreté matérielle, je ne vois pas le rapport avec la choucroute. L'Église est la première ONG du monde, elle fait déjà ce que vous dites. Alors pourquoi utiliser cet argument pour justifier tout et n'importe quoi en matière de militantisme politique ?

Dans les deux cas, il s'agit de faux arguments.

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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Raistlin » ven. 23 oct. 2009, 10:57

Kerniou a écrit :Si l'Eglise a condamné, à juste titre le système communiste qui ne prenait pas en considération l'individualité de la personne et prônait le matérialisme, à ma connaissance, l'Eglise d'Espagne a soutenu le régime franquiste qui n'était guère soucieux de la justice sociale ni respectueux de la dignité des pauvres comme de ceux qui ne le cautionnaient pas.
Savez-vous pourquoi ? Parce que les militants communistes détruisaient les églises et massacraient les prêtres et religieux. Je ne pense pas que l'Eglise d'Espagne se rengorge d'avoir soutenu un dictateur. Mais on peut dire que les extrêmistes communistes ne lui ont guère laissé le choix.

Kerniou a écrit :Cependant les populations aux prises avec les difficultés économiques sont absorbées par les problèmes matériels et parfois de survie ne sont pas dans des conditions de vie digne et elles peuvent ne pas être receptives au message de L'Evangile:
" Ventre affamé n'a pas d'oreilles " dit le curé de ma paroisse; je ne connaissais pas cette expression qui dit, pourtant bien ce qu'elle veut dire.
Et c'est pourquoi la doctrine sociale de l'Eglise existe. L'Eglise n'a pas attendu le socialisme pour se soucier des plus démunis. Lisez la dernière encyclique du Saint Père pour vous faire une idée.

Seulement, l'Eglise condamne les deux erreurs que sont le capitalisme amoral et le communisme athée. Et le communisme n'est pas condamné qu'en raison de son athéisme militant, il est aussi condamné en raison de cette idée diabolique selon laquelle la communauté, le groupe, doit effacer l'individu.

Kerniou a écrit :C'est en cela qu'une vision économique du partage des richesses et de plus grande justice me parait plus plus proche du message chrétien. D'ailleurs les premières communautés chrétiennes ne partageaient-elles pas les biens matériels en même temps que la Parole et l'Amour ?
Vous avez raison, le chrétien doit partager et doit venir au secours de son prochain. Mais quel rapport avec le socialisme ? Un homme de droite ne pourrait donc pas être bénévole pendant son temps libre et donner de son argent ? La liberté d'entreprendre peut tout à fait être mise au service de son prochain, pour peu que celui qui entreprenne ait une certaine moralité.

Le problème en France, c'est qu'on a une sorte de terrorisme intellectuel qui dit : la gauche, c'est les gentils, la droite, c'est les méchants. Voyez les extrêmes : l'extrême gauche semble presque sympathique alors que l'extrême droite est le loup à abattre. Faut-il donc rappeler tous les crimes commis au nom de l'idéologie communiste (qui se comptent en dizaines de millions de morts) ?

Au demeurant, et pour revenir un peu au sujet, l'idéologie socialiste me semble avoir toujours eu comme principe de réaliser sur Terre une sorte de "Paradis" humain. Réussir à supprimer la souffrance et le malheur, sans Dieu bien évidemment, grâce aux simples forces humaines. Et, de fait, depuis que l'idéologie socialiste sévit en France, on observe des agressions répétées contre la foi (ainsi, la fin du XIXième siècle fut résolument anti-catholique, avec persécutions de religieux, etc.) et un effacement progressif des repères moraux et spirituels. Voilà qui est inacceptable pour un chrétien.

Si pour vous être socialiste, c'est penser à son prochain alors vous vous trompez : vous pouvez tout à fait penser à votre prochain et en prendre soin en étant de droite et patron de votre entreprise. Vous pouvez tout à fait gagner beaucoup d'argent et en faire profiter les autres. Vous pouvez tout à fait défendre la liberté d'entreprendre tout en sachant qu'une vie humaine est infiniment plus précieuse que tous les dollars du monde.

En outre, et je m'arrêterai là, l'idéologie socialiste prétend en quelque sorte réparer les injustices par la "force". En gros, elle semble vouloir dire aux Hommes : "vous partagerez, de gré ou de force". Comment un chrétien pourrait être d'accord avec ce totalitarisme déguisé en oeuvre charitable ? La charité est d'abord affaire de conversion personnelle, elle ne s'obtient pas par la force. A quoi cela servirait qu'une société semble juste en apparence alors que les Hommes qui la composent n'ont pas changé dans leur for intérieur ? Ce serait, à mon sens, singer le Royaume de Dieu.
Le christianisme veut tout autre chose : il veut la conversion de chacun, et le salut qui en découle.

Cordialement,
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Fée Violine » ven. 23 oct. 2009, 18:14

Raistlin a écrit :
Kerniou a écrit :Si l'Eglise a condamné, à juste titre le système communiste qui ne prenait pas en considération l'individualité de la personne et prônait le matérialisme, à ma connaissance, l'Eglise d'Espagne a soutenu le régime franquiste qui n'était guère soucieux de la justice sociale ni respectueux de la dignité des pauvres comme de ceux qui ne le cautionnaient pas.
Savez-vous pourquoi ? Parce que les militants communistes détruisaient les églises et massacraient les prêtres et religieux. Je ne pense pas que l'Eglise d'Espagne se rengorge d'avoir soutenu un dictateur. Mais on peut dire que les extrêmistes communistes ne lui ont guère laissé le choix.
Ce n'est pas tout à fait exact, Raistlin. Certes, les communistes espagnols ont massacré des chrétiens. Mais le gouvernement républicain espagnol n'était pas composé seulement de communistes ou d'extrémistes. Il y avait une majorité de républicains qui voulaient seulement la paix et la liberté mais qui ont été massacrés comme les autres. Je ne pense pas que les franquistes se souciaient beaucoup de l'Eglise.
Je ne connais pas bien l'histoire de la guerre d'Espagne, mais il me semble que les premiers massacres ont été faits par les franquistes (ils ont commencé par tuer les instituteurs, comme toutes les dictatures).

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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Virgile » sam. 24 oct. 2009, 6:10

Fée Violine a écrit :Ce n'est pas tout à fait exact, Raistlin. Certes, les communistes espagnols ont massacré des chrétiens.
Bonjour,

il s'agit des massacres anticléricaux qui ont eu lieu en 1936.
Plus de 7000 prêtres ont été massacrés pendant ce génocide anticatholique. Ce chiffre n'incluant pas le nombre de moines, des religieuses ou de simples fidèles qui furent "exterminés" par les communistes et les républicains. On voit mal l'Eglise catholique soutenir le camp de ces derniers dans telles conditions...

Au reste, pour qui s'intéresse aux chiffres:

Pour les nationalistes: 71500 militaires morts en opération, 4000 civils morts au combat, 72 500 homicides et exécutions. Total: 148 000 morts.
Pour les républicains: 74 000 militaires, 11000 civils, 35500 homicides et exécutions et 23000 exécutions après la guerre. Total: 143 500.

En y ajoutant les morts de la Seconde Guerre mondiale (4500 pour les Nationalistes et 6500 pour les républicains) et les morts des maquis et guérillas en 1944/45 (1 500 pour les nationaux et 2500 pour les républicains) on obtient en tout :pour les Nationalistes : 154 000 morts. Pour les républicains : 152 500. Soit un total définitif de 306 500 morts.

L'égalité du nombre des victimes entre les deux camps ne se rompt que si l'on tient compte de la surmortalité (maladie et malnutrition) qui touche davantage les républicains (385 000 morts) que les Nationalistes (245 000 morts).
Il ne faut pas non plus oublier les exilés, la dénatalité.

En résumé, ce conflit a entraîné une diminution "théorique" de la population nettement supérieure à 1 million. Mais comme on n'a pas pour habitude de comptabiliser les pertes occasionnées par les maladies ni surtout celles, "théoriques" imputables à la baisse de la natalité, il convient de retenir que le nombre total des morts fut 306 500 personnes "environ".

Des horreurs, il y en eu dans les deux camps. L'un de ces deux camps a persécuté l'Eglise. L'autre pas.
Mais les choses ne sont bien entendu pas aussi simple que cela.

Amicalement.
Virgile.

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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Kerniou » sam. 24 oct. 2009, 12:34

Je trouve vos commentaires intéressants et enrichissants; cependant, j'ai l'impression de ne pas bien ma faire comprendre. Je ne soutien en aucun cas les régimes communistes à aucun moment je n'ai dit cela; tout comme je ne parle pas de restreindre le droit d'entreprendre; je parle de respect de la personne et de droits individuels.
Pour la guerre d'Espagne, que je ne connais pas bien, il est vrai, je ne situe pas dans le comptage des morts qui, hélas, sont toujours trop nombreux; ce ne sont pas que des nombres mais des vies brisées et des drames pour l'entourage. Que l'église catholique espagnole ait souffert de massacres et se tourne vers le camp opposé peut se comprendre: c'est humain. Mais est-ce une raison pour cautionner l'oppression, l'injustice sociale organisée ... ? Peut-être le Vatican aurait-il pu émettre des mises en garde sur le contenu de la politique menée et sur la caution apportée par le clergé espagnol ? Et quand on a dit tout cela, on ne s'est pas posé la question du pourquoi de la révolte des républicains espagnols qui n'étaient pas que des brutes sanguinaires, mais aussi des populations désireuses de vivre dignement, jouir d'une plus grande liberté, accéder au respect auquel tout être humain peut prétendre.
Je voudrais revenir sur la charité et les oeuvres caritatives ( au sein desquelles je suis engagée ) qui compensent les injustices. Pourquoi ne pas envisager des lois plus justes qui garantissent, aussi, une meilleure reconnaissance du travail fourni par les pauvres. Aucun "système" n'est parfait et ne peut répondre totalement aux attentes multiples et diverses des individus, c'est évident; seuls les régimes totalitaires veulent y prétendre. Ce qui ne nous empêche pas en tant que citoyens chrétiens d'imaginer d'autres fonctionnements sociaux et règles plus justes.
Le bénévolat et la charité ont leur limites en ce sens qu'ils dépendent du " bon vouloir " d'autrui, aux sens éthimologique et factuel du terme.
Dans notre société les déficits budjétaires sont évalués, quant au déficit en humanité ...
Tous les hommes sont égaux au yeux de Dieu, c'est la particularité message chrétien
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Pneumatis » jeu. 10 déc. 2009, 13:45

Bonjour,

Un petit partage pour aujourd'hui... je travaille un peu à rechercher quelles modalités d'action sur le plan politique on peut mettre en oeuvre pour limiter le nombre d'avortements en France (dans l'objectif évident de l'interdire totalement), et je me documente sur l'histoire de la loi française relative à l'avortement.

J'ai du mal à ne pas avoir des haut-le-coeur quand je pense à ce parti politique dont beaucoup se réclament, le parti socialiste, qui a à sa tête une Martine Aubry, auteur en 2000 du projet de loi (qui est passé en 2001) relatif à l'interruption volontaire de grossesse et la contraception. Je lis ce projet de loi et JE SUIS ECOEURE ! :arrow: http://www.assemblee-nationale.fr/11/projets/pl2605.asp

Grâce à la première secrétaire actuelle du parti socialiste, nous avons un avortement légal qui est passé d'une limite de 10 semaines de grossesse à 12 semaines, la suppression de clauses de conscience, l'autorisation de faire de la publicité pour l'avortement et la contraception, la garantie du secret pour les mineures, etc... C'est une véritable campagne meurtrière qui a été organisée par cette femme.

Voyez ici la synthèse de ce qu'elle a entrainé comme évolution de la loi sur l'avortement : http://www.avortementivg.com/article-22488396.html

Bref, ce n'est pas le débat de ce fil et j'en suis conscient. Mais attention quand on prétend qu'on pourrait être catholique et socialiste : aujourd'hui, pour la plupart, être socialiste en France c'est être au parti socialiste. C'est marcher dans les pas de Martine Aubry, et de tous ceux qui font la promotion de l'avortement, ou plus récemment de l'euthanasie. Alors voilà, juste, il me semblait bon de le rappeler une fois de plus.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013

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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Luis » jeu. 10 déc. 2009, 13:58

On peut noter aussi, au passage, les rebondissements des conceptions qui prévalent dans le socialisme à propos de l'avortement, sur le débat actuel de l'euthanasie. Ainsi de cette sortie des députés socialistes :
Jean Leonetti : Cette proposition est en rupture avec une pratique médicale. Vous pourriez me répondre que c’est une vision archaïque des choses et que la médecine doit s’adapter. Mais la médecine est faite pour soigner, guérir, soulager, consoler, accompagner : elle n’est pas faite pour tuer.

M. Jacques Desallangre (gauche) : Et l’avortement ? [...]

Mme Marie-Odile Bouillé (socialiste) : Je suis frappée de voir combien les arguments avancés aujourd’hui par certains contre l’aide à mourir ressemblent à s’y méprendre aux arguments donnés par d’autres, en leur temps, contre la loi sur l’avortement (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et sur plusieurs bancs du groupe GDR) : la sacralité de la vie, l’interdit du meurtre, la dignité humain [...] Pas plus que la loi sur l’avortement, cette proposition de loi ne remet en cause les fondements républicains de notre démocratie. Bien au contraire, elle vise à donner un cadre légal à des pratiques que de nombreux soignants avouent connaître et que les tribunaux jugent parfois avec bienveillance."
Source : http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr ... 100059.asp

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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Kerniou » jeu. 10 déc. 2009, 15:29

Eh oui, que voulez-vous, il n'y a pas de solution parfaite !
Mes sympathies à gauche prévalent davantage pour les politiques sociales,( bien que ce ne soit parfait, loin s'en faut) que pour les lois concernant le respect de la vie. Les partis de droite sont moins enclins à voter des lois relatives au non -respect de la vie mais peuvent en voter qui vous l'empoisonnent et la dégradent au quotidien.
J'ajouterais que l'on est pas obligé d'avorter ni de pratiquer l'euthanasie parceque la loi l'autorise. J'ai, à cet égard, témoigné sur le forum de l'importance des services de soins palliatifs dont j'ai pu, par expérience, apprécier le bien fondé.
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Luis
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Luis » jeu. 10 déc. 2009, 15:33

Kerniou a écrit :Mes sympathies à gauche prévalent davantage pour les politiques sociales,( bien que ce ne soit parfait, loin s'en faut) que pour les lois concernant le respect de la vie. Les partis de droite sont moins enclins à voter des lois relatives au non -respect de la vie mais peuvent en voter qui vous l'empoisonnent et la dégradent au quotidien.
C'est tout de même très gênant de mettre les deux choses sur le même plan.
Kerniou a écrit :J'ajouterais que l'on est pas obligé d'avorter ni de pratiquer l'euthanasie parceque la loi l'autorise.
Pourtant, dans les faits, c'est bien ce qui se traduit pour certaines femmes, que leurs maris ou familles obligent à avorter. J'ai pu lire des témoignages de femmes terrorisées à l'idée d'annoncer qu'elles étaient enceintes, car elles avaient peur que leurs "hommes" ou leurs familles leur demandent d'avorter ("On n'a pas la place à la maison..."). Certaines pourraient peut-être refuser, mais il faudrait qu'elles en aient l'idée, et puis à quel prix ? Alors qu'en fait, il est injuste de mettre quelqu'un devant ce choix. Il est injuste de rendre ce choix possible.

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Kerniou
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Re: Peut-on être catholique et socialiste ?

Message non lu par Kerniou » jeu. 10 déc. 2009, 17:04

On ne peut nier l'incidence des conditions économiques sur la place que l'on peut donner ou non à un nouvel enfant. Les statistiques tendraient à prouver que les couples souhaiteraient plus d'enfants qu'ils n'en ont et invoquent les conditions économiques.
Que l'on force des femmes à avorter n'est pas acceptable surtout pour des questions de convenance et que l'on considère l'avortement comme un dû ou comme un moyen de contraception l'est encore plus. La banalisation est dangereuse. Cette loi avait été conçue pour répondre à des situations de détresse.
Le recours à l'avortement ne devrait rester que tout à fait exceptionnel et ça n'est plus le cas, vous avez raison.
Chacun doit se sentir et reste responsable du respect de sa vie et de celle qu'il donne,
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