Une citation douteuse de Mgr Camara

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ChristianK
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Une citation douteuse de Mgr Camara

Message non lu par ChristianK » mar. 19 mars 2019, 16:56

Ephraim a écrit :
mar. 19 mars 2019, 12:52
« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »
Dom Helder Camara évêque brésilien, en cours de béatification....
Ma critique, à part l'authenticité (ce texte circule beaucoup, et sans référence précise)

Sophisme de langage évident.
Le mot violence n'a pas le même sens au fil des paragraphes.
-si je juge mon salaire trop bas ma volonté est contrariée et je peux dire que je souffre violence psychologique
-si je tue mon patron et bombarde mon entreprise, il s'agit d'une violence armée, physique, criminelle et directement mortelle.
-si la police me tue c'est en légitime défense de la société

Ensuite la violence révolutionnaire en est une d'escalade et de guerre civile et il y a des conditions très précises pour déclencher moralement une guerre. Les niveaux de salaires et allocations chomages n'en font pas partie sauf en cas trés extrêmes.
Avant de légitimer la guerre civile il faut préciser que les dominations oppressions sont déjà pires, qu'elles font autant de morts par jour à main armée etc. Il ne faut pas que ces mots restent dans le vague, ce qui justifie n'importe quoi. Bref il faut utiliser le terme tyrannie, et s'assurer que cette violence est pire que la vraie guerre civile

Camara, s'il a vraiment dit ca, pointe vers les maladies mentales postconciliaires locales. Il raisonne comme la pauvre ulrike meinhof.

Ps. La violence institutionnelle légalise et avalise la violence contre la mafia, les violsm les escroqueries, bref les comportements criminels de droit commun. La prison est une violence. Ce serait ca la cause de toutes les violences?
La domination et l'oppression contre le crime sont nécessairement de très excellentes domination oppressions.

--------------

Pour l'authenticité:

Ps. La citation ci haut, telle quelle, ne semble pas exister. Elle est une simplification - même pas collage il semble - du texte suivant de 1971:

http://www.alastairmcintosh.com/general ... olence.htm

Dans ce texte il est davantage précisé la signification de domination-oppression. Rien à voir avec simples problèmes d'inégalités économiques ou taux d'intérêts ou matérialisme ouvrier ou syndicaliste intéressé, ou capitalisme à impots sociodémocrates, etc.
Et le texte de camara lui même ne semble pas dire que la pauvreté est une violence. Il est plus intelligent qu'on pense, car effectivement une foule de pauvretés relèvent de la nature (rareté des biens qu'il faut produire) et sont involontaires. Si pauvreté est appelée violence, c'est parfois comme la maladie peut être appelée violence, et ca n'a pas le méme sens que dans la violence armée, c'est conceptuellement autre chose.

Cinci
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Re: Une citation douteuse de Mgr Camara

Message non lu par Cinci » mer. 20 mars 2019, 18:17

ChristianK,

Vous écrivez :
Christiank :

Sophisme de langage évident.
Désolé mais je ne vois rien de "sophistique" dans ce que rapporte un participant avec sa citation (originale ou pas) de feu Don Helder Camara. A supposé même que ce pourrait être un sophisme, il n'y a rien là d'évident en tout cas.
Le mot violence n'a pas le même sens au fil des paragraphes.
-si je juge mon salaire trop bas ma volonté est contrariée et je peux dire que je souffre violence psychologique
-si je tue mon patron et bombarde mon entreprise, il s'agit d'une violence armée, physique, criminelle et directement mortelle.
-si la police me tue c'est en légitime défense de la société
C'est un peu normal qu'un terme comme celui de "violence" puisse recouvrir des réalités un peu différentes. Mais la violence ça reste de la violence. Et il est possible d'être très violent sans pour autant devoir revêtir un costume de casseur révolutionnaire, pour ensuite s'attaquer soi-même à des bâtiments et son mobilier ou à des personnes de manière physique.

Il n'y a rien de mensonger a priori dans le fait de dire que la violence peut être institutionnelle.

Le système esclavagiste aux États-Unis avec ensuite les lois ségrégationnistes représentait bien ce genre de violence qu'on dirait être institutionnelle. Les lois de Nuremberg en Allemagne qui envoient au chômage forcé des travailleurs, des professionnels, des professeurs d'université au seul motif de l'appartenance raciale pareillement. Et le capitalisme dit "sauvage" s'enracine lui aussi dans une sorte de violence que l'on dirait être institutionnelle ou structurelle ("Normal !", "Les affaires sont les affaires !", "En affaire, il n'y a pas d'amis.", "Tout le monde le fait mais fais le donc !", "Faut se conformer", etc.


Votre conclusion :
Ps. La violence institutionnelle légalise et avalise la violence contre la mafia, les viols, les escroqueries, bref les comportements criminels de droit commun. La prison est une violence. Ce serait ca la cause de toutes les violences? La domination et l'oppression contre le crime sont nécessairement de très excellentes domination oppressions.
Vous oubliez juste de signaler que la notion de "crime" est assez variable. Que ce n'est pas vrai que les gouvernants se contentent toujours de criminaliser uniquement ce qui serait de l'ordre du vrai banditisme. Ce serait trop beau si c'était vrai !

Non, il arrive que le pouvoir criminalise la grève, les manifestations sur la place publique, l'expression de certaines idées (*), la tenue d'une élection ou d'un référendum, les croyances religieuses, le militantisme en faveur du changement de ceci ou cela (... la volonté de sortir de l'Union européenne, d'une certaine structure fédérale d'Espagne ou d,ailleurs ou je ne sais quoi).

Quand on associe mentalement, par exemple, le fait de prendre part à une marche de gilets jaunes au fait d'une complicité avec le pire ( Oradour, racialisme nazi, la valise ou le cercueil pour les immigrants, etc.) on a déjà sombré soi-même dans la violence, c'est à dire dans le fait de supprimer la dignité des autres, dans le fait de vouloir juste les considérer comme des nuisibles, des importuns à mâter, des bêtas à rééduquer ou telle une pâte qui devrait se contenter d'obéir à ce que "ceux qui savent" peuvent lui dire de faire et de penser.


__

(*) Un certain Pierre Elliott Trudeau au Canada (père de Justin) aura déjà associé mentalement à un crime contre l'humanité (sic.) le fait d'aspirer ou de travailler soi-même en vue de faire de la province de Québec un État souverain. Il était allé se fendre d'une telle saillie devant un parterre de politiciens américains et quelques agents économiques à New-York. C'était du macronisme avant l'heure. Et c'était bien de la violence.

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