Crise des vocations

« Dieu nous a sauvés, et il nous a donné une vocation sainte » (2Tm 1.9)
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jean_droit
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Congrès pour les vocations à Varsovie

Message non lu par jean_droit » mar. 08 juil. 2014, 9:47

De radio Vatican

Remarques personnelles : Excusez moi mais je suis saturé de ces congrès qui coûtent de l'argent et aboutissent sur si peu de résultats. Ce qui n'empêche que nous devons nous sentir vivement interpelés par l'Evangile du jour :
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,32-38.

On présenta à Jésus un possédé qui était muet.
Lorsque le démon eut été expulsé, le muet se mit à parler. La foule fut dans l'admiration, et elle disait : « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! »
Mais les pharisiens disaient : « C'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. »
Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger.
Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
»
Parole du Seigneur.

Donc prions .... et agissons.

http://fr.radiovaticana.va/articolo.asp?c=811847
Congrès européen des vocations : remettre Jésus au centre

(RV) Varsovie, la capitale polonaise, a accueilli le Congrès européen des vocations du 3 au 6 juillet dernier. Ce rendez-vous annuel a été organisé par la Commission CCEE pour les Vocations, le Service Européen des Vocations (EVS) et présidé par Mgr Oscar Cantoni, évêque de Crema (Italie).

Les évêques et les responsables pour la pastorale vocationnelle étaient présents, ainsi que les délégués des Conférences épiscopales en Europe et des Congrégations religieuses provenant de 18 pays européens, ainsi qu’un délégué venu des Etats-Unis. Au programme des discussions : l’éducation christocentrée au service des vocations aujourd’hui, en référence à l’exhortation de Saint Paul « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ » (Phil 2,5).

Laisser résonner la voix de Jésus

« C’est à nous que revient la tâche audacieuse d’aider les jeunes à trouver cette ambiance d'écoute dans laquelle la voix du Seigneur puisse ‘résonner’, sans être étouffée par les nombreuses autres voix », a déclaré Mgr Cantoni au cours de la prière d’ouverture du Congrès.

Le coordinateur du Congrès, Mgr Nico Dal Molin, a quant à lui rappelé que la surprise, la gratitude et la contemplation doivent être les dimensions essentielles d'une « pédagogie vocationnelle de la sainteté », qui tende vers le charme de la rencontre avec Jésus-Christ.

Remettre Jésus au centre

Pour Mgr Jorge Carlos Patron Wong, secrétaire pour les séminaires auprès de la Congrégation pour le Clergé, « nous perdons quotidiennement Jésus-Christ, dans la multitude de choses que nous faisons. Cela nous rappelle l'importance de récupérer continuellement sa centralité ».

Les participants au congrès ont par ailleurs présenté les initiatives vocationnelles réalisées dans leurs pays respectifs. Ils proposé un certain nombre d'expériences de pastorale vocationnelle, comme la nouvelle évangélisation adressée aux jeunes.

Hommage au père Popiełuszko

Le programme du Congrès prévoyait aussi un pèlerinage auprès du tombeau du bienheureux père Jerzy Popiełuszko, prêtre de Varsovie, mort dans la proclamation de la foi, comme aumônier pour le mouvement Solidarnosć à l'époque du communisme en Pologne. Le pèlerinage s'est achevé par une célébration eucharistique auprès de la cathédrale de Varsovie-Prague.

Le prochain Congrès européen des vocations aura lieu à Prague (République Tchèque) du 6 au 9 juillet 2015.

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Re: Prier pour les vocations

Message non lu par jean_droit » ven. 11 juil. 2014, 12:47

De Riposte catholique :

L'article de Riposte Catholique pas très élogieux pour monseigneur Dagens, c'est le moins que l'on puisse dire ...
Les inventions de Mgr Dagens pour cacher la pénurie de vocations dans son diocèse

Mgr Dagens, l’évêque qui accusait le Patriarche melkite de désinformation sur la nature de la rébellion syrienne, et qui se glorifie de ce que son diocèse a vu naître François Mitterrand, a publié dans La Croix une tribune dans laquelle il s’en prend à la « pastorale des vocations », critiquant à mots couverts les évêques qui cherchent activement à remplir leurs séminaires et y parviennent.

Tombant pour ce faire dans le fidéisme le plus complet, qui consiste à considérer qu’il ne faut rien faire parce que l’Esprit Saint pourvoira, l’évêque académicien ne parvient pas à cacher une chose : les séminaires qui attirent les futurs prêtres sont ceux qui utilisent à nouveau les méthodes traditionnelles tant honnies par Mgr Dagens.

Au lieu de se mettre à la remorque d’une machine qui semble enfin fonctionner dans l’Église de France, l’évêque d’Angoulême préfère regarder ses vieux prêtres soixante-huitards mourir sans remplacement suffisant. Mieux, même : en se félicitant de ce qu’il ne fait rien pour permettre aux appelés de répondre à cette vocation, considérant que ceux qui le font agissent en managers zélés.
Et l'article de la Croix de monseigneur Dagens :

http://mgrclaudedagens.over-blog.com/20 ... -2014.html
LA PASTORALE DES VOCATIONS N'EST PAS UNE STRATÉGIE. Publié dans "La Croix" du 8 juillet 2014
9 Juillet 2014 Publié dans #Articles

L’Église du Christ n’est pas une entreprise qui serait plus ou moins livrée aux aléas du marché mondial. Elle a sa source permanente dans le cœur de Dieu, dans le mystère pascal du Christ et dans la force de l’Esprit Saint qui est toujours le Maître de l’impossible.

Peut-être l’avais-je plus ou moins oublié, comme d’autres. En tout cas, je vérifie en ce moment même cette identité fondamentale de l’Église, dont nous ne sommes jamais les maîtres. Voici en effet ce qui m’arrive. Je savais bien que depuis quelques années, il n’y avait plus aucun séminariste pour notre diocèse d’Angoulême. J’en souffrais et je souffrais encore plus quand certaines personnes toujours promptes à la critique m’en faisaient le reproche. Mais ces dernières semaines, je viens d’apprendre que trois hommes jeunes, que j’ai rencontrés, sont prêts à entrer en formation au séminaire de Bordeaux, pour le diocèse d’Angoulême. Je ne les ai pas rencontrés comme un chef d’entreprise qui embaucherait des employés pour des contrats à durée plus ou moins déterminée. Je les ai rencontrés pour discerner en eux le travail de Dieu et pour envisager avec eux la meilleure façon de poursuivre leur route de baptisés, de chrétiens, d’hommes désireux d’aller de l’avant dans la connaissance d’eux-mêmes et du Corps du Christ.

En les rencontrant, j’ai compris encore davantage à quel point nous ne sommes pas les maîtres de l’Église. Nous, les évêques, nous n’exerçons pas des pouvoirs en gérant des institutions complexes. Nous ne cédons pas à l’illusion de combler des vides et de recruter du personnel, en affrontant des temps de pénurie et de crise. Soyons clairs : la raison chrétienne n’est pas une raison calculatrice, avec laquelle nous ferions des plans ou même des projets pastoraux. Elle est une raison spirituelle : elle est sans cesse appelée à s’ouvrir à l’Esprit Saint qui passe au-delà ou en deçà de nos calculs.

Que serait la « pastorale des vocations » si elle était une technique de recrutement, avec des agents recruteurs et des réseaux d’influence ? Que deviendraient les hommes qui auraient été pris par ces réseaux et qui s’apercevraient un jour que l’on s’est servi d’eux, en les brandissant comme des signes de performance spirituelle, avec des propositions pieuses qui recouvrent des pratiques moins avouables ? Ces formes de management spirituel sont dangereuses à terme, même si elles obtiennent dans l’immédiat des résultats positifs.

Soyons plus clairs, au risque d’être quelque peu simplistes ! Il y a là deux conceptions de l’Église, et peut-être deux formes de représentation de Dieu. Ou bien l’Église est un système de pouvoirs dont il faut assurer l’efficacité, et l’on mettra l’Esprit Saint, sans le dire, au service de ces projets de rentabilité spirituelle et pastorale, en se satisfaisant des résultats obtenus et des chiffres encourageants, en comparant les riches et les pauvres, et alors malheur aux pauvres, aux diocèses sans séminaristes ! Et Dieu, dans cet ensemble très construit, devient un principe d’ordre supérieur, le promoteur suprême d'un système qui marche et qui s’impose par ses réussites visibles.

Ou bien l’Église est le Corps du Christ, toujours blessé, mais vivant, et vivant de la charité du Christ qu’elle reçoit comme un don et qu’elle manifeste en paroles et en gestes ! Et, dans ce Corps du Christ, nous, les évêques, nous apprenons à être non pas des chefs triomphants, mais des veilleurs et aussi des lutteurs, oui, des lutteurs pour que rien n’empêche la charité du Christ d’être l’âme de l’Église, dans toutes ses activités et ses missions. Et le Dieu dont nous sommes les témoins désarmés et passionnés est Celui qui ne cesse pas de se donner et d’envoyer son Fils Jésus dans le monde « non pas pour le juger, mais pour le sauver » (Jean 3,16). Au risque d’aggraver notre cas, faut-il redire alors que nous nous référons à Jésus Christ non pas comme à une valeur à défendre, comme on défend des produits financiers, mais comme à une personne que nous n’en finissons jamais de connaître et d’aimer ? Alors « la joie de l’Évangile » n’est pas un vain mot. C’est une belle expérience et je souhaite que des hommes qui veulent aujourd’hui suivre le Christ en fondant leur vie sur Lui connaissent dès maintenant cette joie, que personne ne peut nous enlever.

Le 30 juin 2014
Remarque personnelle :

Vous vous doutez bien que je suis totalement contre la théorie de monseigneur Dagens.

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Re: Prier pour les vocations

Message non lu par Peccator » ven. 11 juil. 2014, 19:50

Et bien pour ma part, je suis plutôt d'accord avec Mgr Dagens.

Plutôt, et pas totalement, car il y a une chose que sa tribune passe sous silence : c'est que s'il ne faut pas "envoyer des agents recruteurs" susciter des vocations, il faut par contre veiller à créer un climat dans lequel chacun ait une réelle liberté de répondre à sa vocation.

Il ne suffit pas de sentir un appel au sacerdoce ou à la vie consacrée. Il faut déjà avoir une vie spirituelle suffisante pour l'entendre, cet appel. Et ensuite, il faut avoir la capacité à y répondre "oui", quand tout autour de soi pousse à répondre "non".

Il ne s'agit donc pas d'aller "faire du chiffre", mais de créer un climat qui donne envie, de donner à ceux qui y songent un accueil positif, accueil qui n'épargnera pas le difficile travail de discernement pour leur permettre de mûrir leur choix, mais accueil qui soit suffisant pour que répondre "oui" soit aussi facile que répondre "non".

Ceci étant, Mgr Dagens a entièrement raison : il serait fort mauvais de prendre l'Esprit en otage en Lui demandant de faire des prêtres à partir de jeunes hommes que l'on a poussé à cela comme on en pousse tant d'autres à être médecins, avocats ou ingénieurs, parce qu'on pense que c'est ce qui sera bon pour eux (et en fait, surtout pour nous).



Sur ce forum, on critique assez souvent les évêques qui se comportent trop en "manager". N'allons pas reprocher à Mgr Dagens de vouloir ne surtout pas entrer dans cette logique.

Le Seigneur reprochait à David d'avoir fait un recensement : sans doute devrions-nous méditer cela plus souvent. Il ne serait pas bon de commencer à nous faire les comptables de l'oeuvre de l'Esprit.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36

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Re: Prier pour les vocations

Message non lu par jean_droit » dim. 13 juil. 2014, 7:23

L'Evangile du jour me semble tout à fait convenir au problème des vocations.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord du lac.
Une foule immense se rassembla auprès de lui, si bien qu'il monta dans une barque où il s'assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.

Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur est sorti pour semer.
Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.
D'autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt parce que la terre était peu profonde.
Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché.
D'autres grains sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés.
D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.

Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! »
Parole du Seigneur !

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Le Saint Père : Nous manquons de vocations

Message non lu par jean_droit » sam. 04 oct. 2014, 9:18

De Belgicatho

La remarque faite sur le site belgicatho me semble intéressante. Ma remarque personnelle est que pour avoir des vocations il faut les susciter par la prière et l'action. Voir le Synode de la famille : Créer un environnement favorable à la vocation.

Enfin j'applaudis la remarque du Saint Père : "Un même objectif : l’évangélisation"

http://belgicatho.hautetfort.com/archiv ... 60675.html
Le pape : "nous avons besoin de prêtres, nous manquons de vocations"

2014-10-03 Radio Vatican

« Nous avons besoin de prêtres, nous manquons de vocations » : c’est l’alarme lancée par le Pape François lors de sa rencontre ce vendredi matin avec les membres de l’assemblée plénière de la Congrégation pour le clergé, dirigée par le cardinal Beniamino Stella.

Le Pape a reproché aux évêques d’avoir « la tentation de prendre sans discernement les jeunes qui se présentent », considérant qu’il s’agissait là d’un « mal pour l’Eglise ». « Etudiez bien le parcours d’une vocation ! Examinez bien si elle vient du Seigneur, si cet homme est sain, équilibré et capable de donner sa vie, d’évangéliser, si cet homme est capable de fonder une famille et d’y renoncer pour suivre Jésus » a exhorté le Pape. Et de constater que les problèmes dans les diocèses sont nombreux à cause de ces mauvais choix effectués par les évêques.

Car la prêtrise est « vraiment un trésor de Dieu » qui « n’est pas fait pour enrichir seulement quelqu’un » a expliqué le Pape. Ce don est également conservé par l’ensemble de la communauté chrétienne à qui est destiné ce service, car la prêtrise est un service.

La formation, dans cette perspective, « n’est pas un acte unilatéral avec lequel on transmet des notions théologiques ou spirituelles ».

En plus de cette formation initiale, vient la formation continue.

Toutes deux poursuivent un même objectif : l’évangélisation.

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Le problème des vocations en France

Message non lu par jean_droit » mar. 11 nov. 2014, 19:12

Très, très intéressante étude sur l'évolution des vocations en France et sur l'état actuel des vocations. L'article est assez long .... en trois parties :

http://www.lerougeetlenoir.org/les-opin ... e-partie-i

http://www.lerougeetlenoir.org/les-opin ... -partie-ii

http://www.lerougeetlenoir.org/les-opin ... partie-iii

ou, est-ce aussi complet ? :

http://tradinews.blogspot.fr/2014/11/al ... TradiNews)

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Re: Les problèmes des vocations en France

Message non lu par Héraclius » mar. 11 nov. 2014, 20:18

C'est assez juste. Notamment sur le sujet de l'identité des séminariste et la question des générations.

Par contre, je n'aime pas tellement leur confusion des "formes traditionnelles" avec les franges tradis. Mais c'est assez personnel. Je suis persuadé que le salut viendra justemment d'un renouveau traditionnel (et non traditionnaiste, je ne saurais trop insister sur ce point). Dépassons enfin ce clivage sinistre tradi/moderniste qui remonte au 19ème...

J'aime bien l'assimilation de la pensée ecclésiale "soixanthuito-progressiste" à une forme de conservatisme. C'est osé, mais cela sonne vrai. :-D

Refuser le dernier concile est aberrant, oublier les vingt précédents l'est plus encore. Bref, bouhhh tout le monde. Il est temps de déconstruire les stéréotypes. :p

La communauté St Martin est admirable dans son approche de cette question en évitant le dualisme qui empoisonne la pensée de l'Eglise de France.

Cela arrive en France que l'on choissise les évêques hors du clergé diocésain ?
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Re: Les problèmes des vocations en France

Message non lu par jean_droit » mer. 12 nov. 2014, 10:59

Dans cet article j'ai trouvé deux ou trois indications qui m'ont vraiment intéressé. La première concerne les vocations dans les campagnes.
Il est dit que, encore, vers 1960 les campagnes étaient une source de vocations et que cette source s'était, depuis, en grande partie tarie.
C'est, sans doute, pour cela que les petits diocèses ruraux n'ont quasiment plus de vocations et dépérissent à vue d'oeil.

Petit témoignage : Hier je suis allé dans ma paroisse pour la messe du 11 novembre. Mon curé l'avait annoncée dimanche en précisant que c'était une messe pour les défunts de 1914-1918 et que, d'autre part, c'était la Saint Martin, patron de notre paroisse. Ajoutons, en plus, que c'était le jour du marché et que la journée était fériée. Il y avait en tout et pour tout 27 fidèles pratiquement tous retraités. Pour une paroisse de 6.500 habitants. Tant qu'à la messe elle a duré 40 mn. J'en suis sorti vraiment triste. Comment voulez vous que des vocations naissent dans un tel environnement si peu priant ? Déjà que la paroisse est très largement athée ou anticatholique. Cette année il y a 25 enfants au catéchisme pour trois niveaux dont 12 en première année. Nous savons bien que seulement quelques uns feront leur confirmation.

Alors penser à devenir prêtre c'est presque mission impossible. Et ce doit être comme cela dans pratiquement toutes les paroisses de ce diocèse. Provoquer des vocations dans notre diocèse en créant les conditions d'éclosion de ces vocations devrait être la première préoccupation de notre nouvel évêque. On ne peut pas, quand même, laisser ce diocèse mourir à petit feu. Mais le dire ce n'est pas le faire.

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Du Saint Père : Les prêtres dont l'Eglise a besoin

Message non lu par jean_droit » mer. 12 nov. 2014, 11:22

De Zenit via belgicatho

http://belgicatho.hautetfort.com/archiv ... 88148.html

et texte intégral :

http://www.zenit.org/fr/articles/eveque ... tionnaires
Les prêtres dont l'Eglise a besoin

(zenit.org) Ni "cléricaux" ni "fonctionnaires", mais des pasteurs qui « s’abaissent sans rien garder pour soi » et qui découvrent que « la vraie joie se savoure dans la fraternité, une fraternité vécue »: voilà le portrait robot des prêtres du IIIe millénaire brossé par le pape François.

Le pape a en effet adressé, le 8 novembre, un message aux évêques de la Conférence épiscopale italienne à l'occasion de leur 67e assemblée, sur le thème de la vie et du ministère des prêtres.

(...) "Parmi les grandes responsabilités que vous confie le ministère épiscopal figure celui de confirmer, soutenir et fortifier vos premiers collaborateurs, par lesquels passe la maternité de l’Eglise pour atteindre tout le peuple de Dieu. Combien en avons-nous connus ! Combien par leur témoignage ont contribué à nous attirer vers une vie de consécration! Combien d’entre eux nous ont appris et nous ont façonnés !

Que chacun de nous, dans la mémoire reconnaissante du cœur, conserve leurs noms et visages.

Nous les avons vus dépenser leur vie parmi les gens de nos paroisses, éduquer les enfants, accompagner les familles, rendre visite aux malades à domicile et dans les hôpitaux, prendre en charge les pauvres, conscients que « se séparer des autres pour ne pas se salir est la plus grande des saletés » (L. Tolstoï). Libérés de toute chose et d’eux-mêmes, ils rappellent à tous que s’abaisser sans rien garder pour soi est le chemin qui conduit à cette hauteur que l’Evangile appelle « charité »; et que la vraie joie se savoure dans la fraternité, une fraternité vécue.

Les saints prêtres sont des pécheurs pardonnés et des instruments du pardon. Leur existence parle la langue de la patience et de la persévérance ; ils ne sont pas restés des touristes de l’esprit, des éternels indécis et insatisfaits, car ils se savent dans les mains de Quelqu’un qui ne manque pas à ses promesses et dont la Providence fait en sorte que rien ne puisse jamais les séparer de cette appartenance. Cette conscience grandit en même temps que la charité par laquelle ils entourent d’attention et de tendresse les personnes qui leur sont confiées, jusqu’à les connaître une à une.

Oui, on trouve encore aujourd’hui des prêtres de cette envergure, des « ponts » pour la rencontre de Dieu et du monde, des sentinelles capables de laisser deviner une richesse autrement perdue.

Des prêtres comme ça, cela ne s’improvise pas : c’est le précieux travail de formation du Séminaire qui les forge, avant de les ordonner et de les consacrer à jamais des hommes de Dieu et serviteurs de son peuple. Mais il peut arriver que le temps refroidissent le généreux dévouement des débuts et coudre des pièces neuves sur un vieil habit ne servirait à rien: l’identité du prêtre, justement parce qu’elle vient d’en haut, exige de lui un cheminement quotidien de réappropriation à partir de ce qui a fait de lui un ministre de Jésus Christ.

La formation dont nous parlons c’est l’expérience permanente d’être « disciple », qui rapproche du Christ et permet de lui ressembler de plus en plus. C’est pourquoi elle ne connaît pas de fin, car les prêtres ne cessent jamais d’être des disciples de Jésus, de le suivre. Donc, la formation en tant que « disciple » accompagne toute la vie du ministre ordonné et touche toute sa personne et son ministère. Formation initiale et formation permanente sont deux moments d’une seule réalité: la marche du disciple prêtre, épris de son Seigneur et constamment sur ses pas (cf. Discours à l’assemblée plénière de la Congrégation pour le clergé, 3 octobre 2014).

Du reste, mes frères, vous savez qu’on n’a pas besoin de prêtres cléricaux, dont le comportement risque d’éloigner les gens du Seigneur, ni de prêtres fonctionnaires qui, tout en exerçant leur rôle, cherchent loin de Lui sa propre consolation.

Seuls ceux qui ont le regard fixé sur ce qui est vraiment essentiel peuvent renouveler leur « oui » au don reçu et, à chaque saison de la vie, ne jamais cesser de faire le don de leur vie ; seuls ceux qui se laissent conformer au Bon Pasteur trouvent unité, paix et force dans l’obéissance du service ; seuls ceux qui respirent sur l’horizon de la fraternité presbytérale sortent de la contrefaçon d’une conscience qui se prétend l’épicentre de tout, la seule mesure valable de ce qu’ils ressentent et font." (...)

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Re: Les problèmes des vocations en France

Message non lu par ChristianK » mer. 12 nov. 2014, 15:42

Oui en certains cas on peut. La mort à petit feu du diocèse de la Gatineau, Canada, me parait très utile pour des prises de conscience. D'ailleurs il est déjà mort qualitativement, ne restent que des vestiges quantitatifs âgés, les "jeunes"" de 1970...

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Re: Les problèmes des vocations en France

Message non lu par Héraclius » mer. 12 nov. 2014, 16:00

Si cela peut vous "rassurer", jean-droit, il faut voir que vos retraités n'allaient probablement pas toujours à la messe dans leur jeunesse. La vieillesse a tendance à faire revenir les gens à la pratique. Le fait qu'il ait 4 personnes de moins de 60 ans pour assister au culte ne signifie pas qu'ils seront 4 en tout dans 20 ans.

Mais effectivemment, les célébrations à la campagne sont souvent peuplées à 90% de têtes blanches ou grises. :(
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Diminution drastique du nombre de prêtres en France

Message non lu par jean_droit » jeu. 13 nov. 2014, 8:36

De Riposte catholique :

http://www.riposte-catholique.fr/ripost ... -de-65-ans
Sur 15000 prêtres, 10000 ont plus de 65 ans
12 NOVEMBRE 2014

Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la CEF, a rappellé que l’Église compte, en France, environ 15.000 prêtres, dont 10.000 de plus de 65 ans.

« Si on continue au rythme actuel, dans dix ans, on peut prévoir un total de 10.000 prêtres, dont 5.000 auront plus de 75 ans. »

Le pèlerinage des séminaristes à Lourdes rassembla 850 candidats, dont 645 diocésains et 203 membres d’instituts ou communautés. 136 séminaristes sont entrés en première année

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Re: Diminution drastique du nombre de prêtres en France

Message non lu par jean_droit » jeu. 13 nov. 2014, 10:21

1- Il est heureux que les évêques français se soient réveillés depuis quelques années sur le sujet de la chute des vocations.

Ce problème me semble infiniment plus important et plus dramatique pour l'Eglise que la communion des divorcés remariés et l'accueil des homosexuels.

Il ne saurait être ignoré dans le Synode de la Famille car c'est à travers la famille que se créent les vocations.

2- Ce qui est assez inquiétant c'est le relativement faible attrait des séminaires interdiocésains.
Il ne faudrait pas qu'ils soient de plus en plus délaissés ou par le manque de vocations ou par l'attractivité des séminaires des diverses communautés. Je ne sais si les évêques ont un plan pour rétablir la situation. Peut être que les évêques et les presbyterium devraient plus être attentifs aux vocations en devenir.

3- Riposte catholique a, lui aussi, reproduit le texte de l'étude concernant les vocations en France. Bravo !

jean_droit
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Re: Les problèmes des vocations en France

Message non lu par jean_droit » jeu. 13 nov. 2014, 11:47

J'ai fait une autre constatation en lisant cet article si intéressant. Il est plus ou moins dit que les communautés nouvelles recrutent un peu moins actuellement. De même pour le séminaire de la Castille à Toulon. Est-ce vrai ? Est-ce un méforme passagère ? Ce serait vraiment dommage pour les communautés nouvelles mais, encore plus, pour l'Eglise. Nous avons besoin de tous et c'est la diversité dans l'unité qui devrait être notre force.

Pour ce qui est du séminaire de La Castille il faut voir qu'il a de plus en plus de concurence. D'une certaine façon, seulement d'une certaine façon, le séminaire de la Communauté Saint Martin et le séminaire de Bayonne s'adressent à des vocations assez semblables. Alors si La Castille voit ses effectifs se réduire ce n'est pas un grand malheur si d'autres séminaires équivalents prennent le relais.

Enfin les séminaires doivent toujours se remettre en cause pour s'adapter aux nouvelles générations de vocations sans, bien sûr, perdre leur âme. Sauf erreur de ma part le séminaire de Paris était en méforme il y a quelques années et il me semble mieux se porter maintenant.

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Re: Les problèmes des vocations en France

Message non lu par ChristianK » jeu. 13 nov. 2014, 16:24

Hypothèse: pour qu'un séminaire soit adapté en Occident, une fermeture au monde est nécessaire mais non suffisante. Une fermeture au monde est aussi nécessaire en amont lors de la caté des jeunes; cette caté doit éviter le biblisme, elle doit être en large part doctrinale et dogmatique, avec apologétique. Les tradis semblent connaitre la stabilité grâce au continuum caté-séminaire, souvent grâce à leur écoles ou écoles-maison. La clef semble être une fermeture au monde plus stable donc une meilleure adaptation.

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