Le célibat assumé, un chemin de sainteté

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par AdoramusTe » jeu. 22 août 2019, 11:12

Kerniou a écrit :
jeu. 22 août 2019, 2:23
Reconnaissez, cher Pathos, que la vie à deux, quand elle est harmonieuse, est enrichissante tant sur le plan relationnel et intellectuel que physique. La vie à deux est animée par la complicité et le partage sur tous les plans ... et puis, à deux, on rit plus facilement que tout seul ... Les échanges sont aussi, très variés ... Pour avoir vécu seule longtemps, je préfère la vie de couple ... Mais à chacun(e) sa voie ...
Il faut rappeler que le mariage est la condition naturelle de tout homme et toute femme. Cela nous l'est rappelé dès la Genèse. Ce n'est donc pas une vocation.

L'article montre qu'un célibat qui n'est pas choisi peut être fécond lorsqu'il est assumé. Le don de soit n'est plus entre époux où envers les enfants, mais envers les autres d'une autre manière.
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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Briscard » jeu. 22 août 2019, 13:46

Eh bien alors, Kerniou, pourquoi à votre avis les religieux et religieuses choisissent le célibat ?

Des timides ? Des refoulés ? Peur de la vie active avec tous ses aléas ?

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Briscard » jeu. 22 août 2019, 14:07

Et vous, Pathos, vivez-vous seul(e) ou en couple ?

Vous semblez affirmer que les personnes seules sont plus proches de Dieu car plus de temps pour s'adresser à lui.

Pourtant je connais de très nombreux couples très croyants et pratiquants, peut être même plus que des célibataires, qui sont fort proches de Dieu.

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Anne » mer. 28 août 2019, 3:56

Briscard a écrit :
jeu. 22 août 2019, 13:46
Eh bien alors, Kerniou, pourquoi à votre avis les religieux et religieuses choisissent le célibat ?

Des timides ? Des refoulés ? Peur de la vie active avec tous ses aléas ?
D'abord, le célibat est un prérequis à la vocation religieuse dans le catholicisme, je ne vous apprends rien.

Ensuite, il semble qu'il existe un truc qui se nomme "l'appel à la vie consacrée".

Voici ce qu'en dit un certain François (pape de son état), qui doit s'y connaître un peu et qui n'a pas l'air de présenter les caractéristiques que vous mentionnez plus haut :

À l’origine de toute vocation à la vie consacrée, il y a toujours une expérience forte de Dieu, une expérience qui ne s’oublie pas, on s’en souvient toute sa vie !… Et cela nous ne pouvons pas le calculer ni le programmer. Dieu nous surprend toujours ! C’est Dieu qui appelle…


Bon, on dirait que ça vole plus haut que la timidité, le refoulement ou la phobie maladive, non? Il serait assez étonnant que, de nos jours, ce genre de personnalités instables puissent se faufiler avec aisance au sein d'une communauté, compte tenu du cheminement de discernement prévu au sein de celles-ci...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Briscard » mer. 28 août 2019, 18:49

Vous avez sans doute raison mais comment expliquez-vous le nombre important de départ des séminaires ou des formations religieuses des personnes qui s'aperçoivent qu'elles se sont trompées, peu de temps après leur entrée ?

Perso, j'en connais trois, des proches, qui étaient entrés chez les dominicains. Ils se sont mariés et deux d'entre eux, homme et femme, se sont épousés. Ma tante, supérieure générale des dominicaines enseignante à cette époque, était furieuse....

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Foxy » mer. 28 août 2019, 20:05

Briscard a écrit :
mer. 28 août 2019, 18:49
Vous avez sans doute raison mais comment expliquez-vous le nombre important de départ des séminaires ou des formations religieuses des personnes qui s'aperçoivent qu'elles se sont trompées, peu de temps après leur entrée ?

Perso, j'en connais trois, des proches, qui étaient entrés chez les dominicains. Ils se sont mariés et deux d'entre eux, homme et femme, se sont épousés. Ma tante, supérieure générale des dominicaines enseignante à cette époque, était furieuse....
J'ai du mal avec votre questionnement Briscard, car que ce soit le séminaire ou le noviciat, c'est quand même une période de formation où l'on voit si l'on est ou pas appelés ? personne n'est forcé d'y rester.

tout comme l'est la période des fiançailles : pour se connaitre mieux et se marier ou pas.
La foi que j’aime le mieux,dit Dieu,c’est l’Espérance.
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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Anne » mer. 28 août 2019, 20:32

Cher Briscard, moi, j'en connais plein qui ont lâché leur formation d'enseignant(e) en cours de route.

Ici, une fois diplômés, ça sort à pleine porte au bout de seulement quelques années de travail.

Faut tout simplement croire que ce n'était pas pour eux.

Il y a peut-être un problème avec la profession et les conditions de travail, mais tout un chacun a le choix de persévérer ou de changer de carrière... Ce dont nos jeunes ne se privent pas.

Ça n'empêche pas ceux qui continuent dans le métier (ou la vocation) de l'aimer, de s'y investir et de bien faire leur travail (avec les exceptions habituelles) : on ne peut que les admirer, les encourager et les remercier, au contraire!
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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Pathos » mer. 28 août 2019, 21:23

Briscard a écrit :
jeu. 22 août 2019, 14:07
Et vous, Pathos, vivez-vous seul(e) ou en couple ?
Comme tant d'autres je vis seul depuis un divorce imposé
Ce, après 18 ans de mariage et 4 victimes innocentes qu'on ballote d'un parent à l'autre.
Par contre comme peu de gens dans cette catégorie j'essaie de rester fidèle à mon mariage et ainsi éviter l'adultère.
J'ai déjà chuté 1 fois en 4 ans mais malgré les tentations quotidiennes (putain d'été.. toujours obligé de détourner son regard..) j'ai la certitude que c'est le bon chemin...
Quelle expérience d'avoir été repêché par Lui ! je n'ai eu que peu de mérite.. Il se passe de ces choses au dessus de nos têtes..et le corps aussi est marqué par nos combats spirituels..
Toutefois je conçois que ce peut être plus compliqué pour une femme (besoin sécuritaire ?) .. quoique j'en connais une par ici qui m'a l'air d'une pointure..

Comme l'homme n'est pas fait pour rester seul (même les moines sont entre frères) il faut vraiment demander à Dieu de compenser l'absence de l'autre car dans cette situation on oscille souvent entre tristesse et orgueil.
Il faut vivre au présent. Ne pas se dire "encore 30 années environ à vivre seul avant le grand Voyage ; quel pied.."
C'est d'ailleurs plus dur que pour un prêtre puisque c'est non choisi et que les tentations sont plus nombreuses (environnement professionnel et familial "néfastes").
Je me rappellerais toujours la réponse d'un de mes collègue surpris de mon engagement : "mais enfin tu ne fais pas l'amour avec Dieu !?.."
Ou ma propre mère d'un air innocent : "Allez, trouve toi une paroisse plus jeune. !"... je ne lui ai pas répondu "arrière Satan" mais presque.
Briscard a écrit :
jeu. 22 août 2019, 14:07
Vous semblez affirmer que les personnes seules sont plus proches de Dieu car plus de temps pour s'adresser à lui.
Ca facilite les choses. Pour ma part je ne priais pas autant avant ; en partie pour des raisons pratiques (la bonne excuse) mais aussi parce que le train-train quotidien vous fait négliger Dieu.
Mon malheur aura au moins eu cet avantage. Et bien sur mon engagement fait meilleur impression auprès de mes enfants que celui de leur mère..
Briscard a écrit :
jeu. 22 août 2019, 14:07
Pourtant je connais de très nombreux couples très croyants et pratiquants,
Quelle chance ils ont... il faut toutefois que chacun ait son rapport personnel à Dieu.
Pas facile dans le couple d'avoir le même degré de vie spirituelle.. On peut s'entendre sur des tas de trucs et ne pas être assidu à la prière. Fallait il davantage s'investir dans mon couple sur ce point ? sans doute .. quand je pense aux maigres fois où nous avons prié ensemble.. toujours pour des occasions exceptionnelles : avant l'opération chirurgicale du petit, des trucs comme ça..
C'est clairement insuffisant.
Mais j'avoue que la rencontre de l'autre est pour moi un mystère.. pourquoi celà s'est fait avec elle et pas l'autre qu'il me semblait plus aimer..
Somme nous vraiment conscient que le mariage est un pari fou ?
Combien accepterait de signer s'ils fallait prononcer clairement :" je te resterai fidèle même si tu me trompes.."?
Dernière modification par Pathos le mer. 28 août 2019, 23:19, modifié 1 fois.

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par zelie » mer. 28 août 2019, 22:59

Briscard a écrit :
jeu. 22 août 2019, 14:07
Vous semblez affirmer que les personnes seules sont plus proches de Dieu car plus de temps pour s'adresser à lui.
Oui, la Bible l'affirme. Question de disponibilité. A foi et piété égales, l'homme seul peut donner absolument tout son temps libre à Dieu. L'homme marié non. L'homme seul peut avoir Dieu comme seul amour. L'homme marié non. Et dire que l'amour n'est pas une question de temps, que certains en 10 minutes font mieux que d'autres en 10 ans, c'est de l'orgueil, car c'est exceptionnellement rare, et c'est Dieu qui reconnait l'exception, pas nous.

1 Co 7 : 32-33.
Celui qui n'est pas marié s'inquiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur; 33et celui qui est marié s'inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à sa femme. 34Il y a de même une différence entre la femme et la vierge: celle qui n'est pas mariée s'inquiète des choses du Seigneur, afin d'être sainte de corps et d'esprit; et celle qui est mariée s'inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à son mari.…


Après, il est certain que tout n'est pas là, loin de là.
On ne peut pas faire de cas différents entre couples plus pratiquants, célibataire moins pratiquant parce que ça n'a rien à voir.
Comme le dit bien Pathos, la foi et la piété sont affaires personnelles, relation entre l'âme et Dieu. Une vieille femme chinoise, qui n'a jamais pu assister à une messe de sa vie, a récité un chapelet tous les jours de sa vie depuis sa conversion, quelle qu'ait été sa journée de travail, pourtant elle travaillait dans les champs, et peinait de l'aube à la nuit.
L'amour ne compte pas. Seul compte sa fatigue le tiède, que nous sommes tous, nous qui papotons au lieu de rester en prière constante.

Pathos : Pas facile dans le couple d'avoir le même degré de vie spirituelle..
C'est tellement vrai... C'est même un des soucis des couples croyants, progresser harmonieusement. C'est tellement généralisable, que de nos jours, si un homme veut devenir diacre, le prêtre formateur implique l'épouse dans la formation, pour ne pas finir à terme par fragiliser le couple en élevant l'un et en abandonnant l'autre. Car oublier une personne qu'on est censé protéger, c'est l'abandonner.
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par zelie » mer. 28 août 2019, 23:07

Foxy a écrit :
mer. 28 août 2019, 20:05
Briscard a écrit :
mer. 28 août 2019, 18:49
Vous avez sans doute raison mais comment expliquez-vous le nombre important de départ des séminaires ou des formations religieuses des personnes qui s'aperçoivent qu'elles se sont trompées, peu de temps après leur entrée ?

Perso, j'en connais trois, des proches, qui étaient entrés chez les dominicains. Ils se sont mariés et deux d'entre eux, homme et femme, se sont épousés. Ma tante, supérieure générale des dominicaines enseignante à cette époque, était furieuse....
J'ai du mal avec votre questionnement Briscard, car que ce soit le séminaire ou le noviciat, c'est quand même une période de formation où l'on voit si l'on est ou pas appelés ? personne n'est forcé d'y rester.

tout comme l'est la période des fiançailles : pour se connaitre mieux et se marier ou pas.
Oui, tout à fait, Foxy.
Briscard, c'est vraiment malheureux pour vos proches, mais est-ce que ces trois cas sont généralisables? Non, c'est clair. Et même si cela l'était, ce serait simplement une bonne chose. Comme l'a dit Foxy, la formation est aussi une période de discernement. Et il vaut mieux un jeune homme heureux de son discernement qu'un prêtre malheureux.
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Briscard » ven. 30 août 2019, 13:26

"la formation est aussi une période de discernement. Et il vaut mieux un jeune homme heureux de son discernement qu'un prêtre malheureux."

B
ien évidemment.

C'est pourquoi je ne comprends pas que certains se refusent à admettre que c'est la peur du célibat à vie qui conduisent nombre de jeunes à quitter le séminaire et le noviciat.

Bien sûr il y a aussi ceux qui constatent, finalement, que leur foi n'est pas assez solide, pas assez profonde, pour passer toute une vie dans le milieu religieux soit dans une paroisse soit dans un monastère. La crainte de la solitude aussi.

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Teano » ven. 30 août 2019, 15:21

Bonjour à toutes et à tous,

Aurions-nous eu la sublime poésie de Marie Noël sans l'amertume de son célibat et d'une solitude qui enveloppait tout son être ? C'est la première pensée qui m'est venue à l'esprit en lisant le fil.

Je viens de lire l'article proposé dans le message initial que j'ai trouvé fort intéressant et stimulant. Cela m'a donné l'occasion de lire quelques passages d'Amoris laetitia que je n'avais jamais lu. Pourquoi n'ai-je jamais lu cette exhortation apostolique ? Parce que je ne me suis pas sentie concernée par elle. J'y découvre un §162 assez hallucinant où le célibat est abordé dans un chapitre intitulé "Mariage et virginité " (!!!) :

"162. Le célibat court le risque d’être une solitude confortable, qui donne la liberté de se mouvoir avec autonomie, pour changer de lieux, de tâches et de choix, pour disposer de son argent personnel, pour fréquenter des personnes variées selon l’attrait du moment. Dans ce cas, le témoignage des personnes mariées resplendit. Ceux qui ont été appelés à la virginité peuvent trouver dans certains couples un signe clair de la généreuse et inébranlable fidélité de Dieu à son Alliance, qui invite les cœurs à une disponibilité plus concrète et oblative. Car il y a des personnes mariées qui restent fidèles quand leur conjoint est devenu physiquement désagréable ou quand il ne répond plus à leurs besoins, bien que de nombreuses offres poussent à l’infidélité ou à l’abandon. Une femme peut prendre soin de son époux malade, et là, près de la croix, continuer à dire le ”oui” de son amour jusqu’à la mort. Dans cet amour se manifeste de manière éblouissante la dignité de celui qui aime, puisque la charité consiste justement à aimer plus qu’à être aimé.[172] Nous pouvons aussi trouver en de nombreuses familles une capacité de service, tendre et oblatif, envers des enfants difficiles et même ingrats. Cela fait de ces parents un signe de l’amour libre et désintéressé de Jésus. Tout cela devient une invitation aux personnes célibataires pour qu’elles vivent leur offrande pour le Royaume avec une plus grande générosité et disponibilité. Aujourd’hui la sécularisation a brouillé la valeur d’une union pour toute la vie et a affaibli la richesse de l’offrande matrimoniale ; c’est pourquoi « il convient d’approfondir les aspects positifs de l’amour conjugal »"

Quelle chance ces célibataires sans enfants ! Ils disposent de leur temps et de leur argent à leur guise, passent du temps avec leurs merveilleux amis dont ils peuvent changer au gré de leurs envies du moment ! Non mais vous plaisantez ou quoi ?!
Il ne faut rien savoir des contraintes bien spécifiques qui pèsent sur le célibat des laïcs (à commencer par le fisc !) pour écrire une chose pareille. Il ne faut rien savoir de l'amitié et du respect pour nous prêter une telle légèreté dans nos relations humaines !
Quel manque de charité fraternelle vis-à-vis des célibataires chrétiens (quel qu'en soit la raison et le degré d'acceptation) ! Lesquels sont invités à faire preuve de générosité (le denier du culte) et de disponibilité (si vous pouviez garder les enfants du catéchisme...).

Au final, le propos de l'Eglise n'est pas différent de celui de la société. Le célibataire est soit quelqu'un qui à un problème physique ou relationnel de sorte que la vie commune lui est impossible soit quelqu'un d'instable ou indigne de confiance et qui est incapable de s'engager dans une relation de couple. Pourquoi les évangéliser dans ce cas ? Pourquoi leur proposer une voie de vie fraternelle ? Ils sont en dehors, ils sont à côté, ils ne sont pas dans la case naturelle du laïc chrétien : le mariage !

En revanche, l'Eglise a une vision complètement idéalisée de la famille et du couple et ne cesse d'en faire l'éloge, le plus souvent dans le vide : la fidélité dans le couple...la belle harmonie des familles...le témoignage rayonnant des époux...Oui, oui...à condition de n'y pas regarder de trop près : on y verrait des couples qui vont un peu comme ils peuvent (je ne leur jetterai pas la pierre), des familles qui se regardent en chien de faïence (et ça n'a rien de drôle) ou qui s'éparpillent dans l'indifférence générale et des époux épuisés à porter leur conjoint ou leur enfant à bout de bras...(et ceux-là, je les serre tout contre mon coeur, les uns après les autres parce que figurez-vous que parfois, les familles sont tellement préoccupées d'elles-mêmes qu'elles n'ont plus de place pour personne d'autre, ni pour aucune amitié alors, c'est sur l'épaule d'une célibataire inconséquente et futile que l'on vient partager une peine ou soulager un chagrin mais comme nous ne connaissons rien au coeur humain ni au réconfort donné par l'Esprit, c'est certainement peine perdue).

En 7 ans de vie paroissiale active, j'ai toujours entendu de superbes homélies sur le merveilleux témoignage chrétien des familles...qui ont résonné dans le vide : dans ma paroisse, la belle famille chrétienne n'est qu'un vague souvenir ou plutôt "une hypothèse non démontrée". Les rares familles qui fréquentent régulièrement la paroisse n'ont ni le temps ni l'envie d'y consacrer du temps pour des activités de types variés.

Ce sont donc souvent ces célibataires confortables, insouciants et plein aux as qui animent, organisent (et financent) le caté, la collecte des vêtements et la préparation des fêtes. Mais jamais, jamais, jamais, je n'ai entendu de paroles réconfortantes et respectueuses envers nous. Jamais je n'ai entendu une homélie présentant le témoignage rayonnant de la vie chrétienne des célibataires. Nous sommes les oubliés de la pastorale de l'Eglise.

Dans le Christ qui console tous les chagrins et essuie toutes les larmes,

Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Kerniou » ven. 30 août 2019, 18:20

Le mythe du bonheur d'autrui ...
le bonheur familial n'est pas acquis une fois pour toutes ...
Teano a raison: des familles se déchirent ... parfois en silence, des couples vivent au jour le jour, des célibataires vivent dans la solitude ...
Bien des gens craquent et continuent à marcher coûte que coûte, vaille que vaille ... Ainsi va la vie ...
La vie demande des efforts pour prendre en compte une réalité pas simple et pas toujours facile ...
La foi nous aide, nous apporte un soutien et donne un sens à nos difficultés et souffrances ... Que nous pouvons relativiser face aux souffrances de la crucifixion ...
Nous avons l'Espérance qui nous accompagne jusqu'à ce que les difficultés s'estompent ...
Le Seigneur ne nous abandonne pas ... Mais parfois l'épreuve nous semble insurmontable et sans fin ...
Le découragement comme le bonheur sont humains et ils jalonnent nos vies et les habitent pour le meilleur et pour le pire ...
C'est aussi la promesse de fidélité dans le mariage: dans la joie et la détresse, la richesse et la pauvreté, la santé et la maladie, nous nous unissons ainsi, pour le meilleur et pour le pire ...
Aucun statut ne garantit, hélas, le bonheur constant et la bonne entente pour toute la vie ...
Nous suivons tous notre chemin vers la sainteté ... et nous avons tous besoin les uns des autres ....
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par Briscard » sam. 31 août 2019, 17:32

Bonjour Tenao, j'ai été surpris par votre intervention -plutôt vive- dans laquelle vous semblez reprocher aux paroisses de donner nettement leur préférence aux couples mariés au détriment des célibataires un peu considéré(e)s comme des supplétifs, des gens de peu, bons aux simples tâches matérielles.

Il est possible que dans certaines paroisses cela se passe ainsi mais sûrement pas partout.

Sans doute avez-vous été l'objet de tels comportements indignes que vous n'avez, avec raison, pas digérés. Peut être aurait-il fallu en parler avec le conseil paroissial s'il existe pour remettre les choses en ordre...

C'est très délicat.

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Re: Le célibat assumé, un chemin de sainteté

Message non lu par LaudamusTe » dim. 01 sept. 2019, 23:29

Teano a écrit :
ven. 30 août 2019, 15:21
En 7 ans de vie paroissiale active, j'ai toujours entendu de superbes homélies sur le merveilleux témoignage chrétien des familles...qui ont résonné dans le vide : dans ma paroisse, la belle famille chrétienne n'est qu'un vague souvenir ou plutôt "une hypothèse non démontrée". Les rares familles qui fréquentent régulièrement la paroisse n'ont ni le temps ni l'envie d'y consacrer du temps pour des activités de types variés.

Ce sont donc souvent ces célibataires confortables, insouciants et plein aux as qui animent, organisent (et financent) le caté, la collecte des vêtements et la préparation des fêtes. Mais jamais, jamais, jamais, je n'ai entendu de paroles réconfortantes et respectueuses envers nous. Jamais je n'ai entendu une homélie présentant le témoignage rayonnant de la vie chrétienne des célibataires. Nous sommes les oubliés de la pastorale de l'Eglise.
Il faut dire que le célibataire non consacré n'est qu'un potentiel religieux / prêtre ou époux "raté", c'est difficile, je crois, de lui donner une place, et je partage en tout cas votre avis. Je ne me souviens pas avoir jamais entendu une seule homélie ou lu quoi que ce soit pour parler de "nous autres".
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