Crise des vocations

« Dieu nous a sauvés, et il nous a donné une vocation sainte » (2Tm 1.9)
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Briscard
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Crise des vocations

Message non lu par Briscard » dim. 30 juin 2019, 17:25

D'accord, il y a 130 ordinations mais seulement à peine plus de la moitié (78 soit environ une septantaine) seulement ira dans les paroisses où il y a un manque désespérant de prêtres sachant que la moitié d'entre eux ont plus de 70 ans. C'est là où le bat blesse car les évêchés sont contraints de faire venir des prêtres d'Afrique ou de l'Europe centrale [...]

Les évêques sont inquiets et en parlent à chacune de leurs conférences à Lourdes. Ils ne voient pas la solution...Y en a-t-il une d'ailleurs ?

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Foxy
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Foxy » dim. 30 juin 2019, 21:44

Briscard a écrit :
dim. 30 juin 2019, 17:25
D'accord, il y a 130 ordinations mais seulement à peine plus de la moitié (78 soit environ une septantaine) seulement ira dans les paroisses où il y a un manque désespérant de prêtres sachant que la moitié d'entre eux ont plus de 70 ans. C'est là où le bat blesse car les évêchés sont contraints de faire venir des prêtres d'Afrique ou de l'Europe centrale [...]

Les évêques sont inquiets et en parlent à chacune de leurs conférences à Lourdes. Ils ne voient pas la solution...Y en a-t-il une d'ailleurs ?
Il y a de plus en plus de religieux qui sont détachés pour les paroisses.

Quant aux prêtres africains, c'est vrai mais certains font aussi leurs études en France et ce n'est pas d'aujourd'hui, déjà dans les années 60, c'était déjà ainsi.
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nano
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Re: Crise des vocations

Message non lu par nano » dim. 30 juin 2019, 23:05

Briscard a écrit :
dim. 30 juin 2019, 17:25
D'accord, il y a 130 ordinations mais seulement à peine plus de la moitié (78 soit environ une septantaine) seulement ira dans les paroisses
Non c'est plus. Les prêtres de l'Emmanuel ou de la communauté St Martin, par exemple, iront dans les paroisses aussi. Une partie des 30 religieux ira également dans des communautés plus ou moins investies dans les diocèses qui les accueillent (je pense aux St Jean, qui sont en charge de paroisses aussi). De même dans les communautés traditionalistes d'ailleurs.

Ce qui ne doit pas cacher que le chiffre est bas.

Le calcul est vite fait : il faut 6 ans pour former un prêtre, en supposant une pyramide des âges homogène (optimiste), une durée de service de l'ordre de 40 ans, il faudrait une ordination par an pour maintenir un effectif d'une quarantaine de prêtres. Notre diocèse compte environ 180 prêtres, ce qui n'est déjà pas pléthorique, il faudrait donc 4 à 5 ordinations par an. L'an dernier c'était trois, cette année pas de nouveau prêtre , uniquement deux diacres qui, si Dieu le veut, devraient être ordonnés prêtres l'an prochain et l'an prochain. Soit 5, mais en trois ans ... J'en entends se rassurer en disant que le nombre de prêtres suit le nombre de fidèles, et que le ratio prêtres/fidèles est meilleur qu'avant le Concile, je ne crois pas que ce soit une bonne nouvelle.
Briscard a écrit :
dim. 30 juin 2019, 17:25
Les évêques sont inquiets et en parlent à chacune de leurs conférences à Lourdes. Ils ne voient pas la solution...Y en a-t-il une d'ailleurs ?
Oui bien sûr. D'aucuns vous diront "donner plus de mission aux laïcs, pour que le manque de prêtres se sente de moins en moins" ou "élargir les conditions d'accès à la prêtrise (jusqu'aux femmes homosexuelles divorcées-remariées)"
Cà et là, on entendra "mais pourquoi s'enquiquiner, les Africains et les Polonais vont venir en nombre nous ré-évangéliser, attendons sans rien faire"
D'autres vous diront "faire encore plus de langues de buis, de semaines de prières, de réunions, de commissions, de groupes de travail autour des vocations"
D'autres encore "mieux entourer les jeunes hommes pour qu'ils soient disposés à entendre l'appel que le Seigneur leur fait", à commencer par une solide transmission de la Foi, un réel accompagnement, un questionnement qui confinerait à l'interpellation
Et notre cher ChristianK ne devrait pas tarder à rappliquer en criant "feeeermetuuuuure" ;)

Des aînés, dans l'âge et dans la foi, m'ont confié qu"à l'époque", à Vêpres le dimanche, on disait
Seigneur, donnez-nous des prêtres
Seigneur, donnez-nous de saints prêtres
Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres

et ça marchait ... depuis, je le rajoute à la fin de chacun de mes -trop peux nombreux, sans doute- temps de prière.

En plus de ça, j'ai dans le cœur que chaque paroisse, chaque communauté, chaque fidèle même, doit faire son introspection : combien de prêtres notre merveilleux doyenné s'est-il donné, ces 15, 20, 30 dernières années ? Qu'a fait notre si belle communauté paroissiale pour ça ? De tous les enfants que j'ai vu passer en 20 ans de catéchisme / liturgie / scoutisme / aumônerie / groupes divers et variés / etc. , combien on donné leur vie pour Dieu au service de son peuple ? Ne me suis-je pas, moi même, un peu bouché les oreilles quand le Seigneur m'appelait, préférant la voie apparemment plus facile du mariage ? Dans beaucoup de cas, pas besoin de réfléchir longtemps, la réponse, est "heuuuu.......".

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Kerygme
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Kerygme » lun. 01 juil. 2019, 9:00

Bonjour à toutes et à tous,
Briscard a écrit :
dim. 30 juin 2019, 17:25
Les évêques sont inquiets et en parlent à chacune de leurs conférences à Lourdes. Ils ne voient pas la solution...Y en a-t-il une d'ailleurs ?
Posons nous la question autrement : "Et nous, combien de fils ou de filles avons nous donnés à l'Eglise ?"
N'y a t'il pas un côté assez égoïste de penser que ce sont les autres qui doivent donner leurs enfants ?

Il est souvent facile de se tourner vers les autres en se lamentant sur l'état des vocations, d'attendre des évêques ces solutions. Mais ils pourront en trouver dix par jour si nous n'avons pas su faire naître de vocation(s) dans nos familles alors personne ne sonnera aux portes des séminaires.
Alors comment avons nous transmis notre foi ? Qu'en est-il au sein des premières Eglises que sont nos cellules familiales ?

Il me suffit de regarder le comportement des croyants au sein de ma propre paroisse pour comprendre que si une vocation naissait dans le coeur de quelqu'un, elle pourrait être étouffée rapidement (lutte de pouvoir, identification des personnes à la mission plutôt qu'au service, remise en question des clercs par les laïcs tant sur la liturgie que dans les choses banales du quotidien, ingratitude ...).
J'ai conscience que je fais un constat terrible, mais la plus grande source d'étouffement des vocations sont les paroissiens.

L'année dernière, au cours de ma propre vocation, je me suis maintes fois interrogé sur ce point là. S'il n'y avait pas un amour fort pour le Christ, et un appel puissant de Sa part, je pense que j'aurais jeté l'éponge. Et aucune personne n'aurait jamais su à quel point son attitude aurait participé à ce désengagement (obligation de discrétion en période de discernement).

En bref, des croyants mais avec des attitudes et des exigences de consommateurs à l'égard de l'Eglise locale.
Je pense que le coeur du problème est là !

Avant même d'accuser le laïcisme de la société tournons notre regard vers nous, sinon nous n'identifierons pas la source du problème.

J'invite d'ailleurs à (re)lire "Evangeli Gaudium" et tout particulièrement le chapitre 2,II sur les tentations des agents pastoraux. Il m'a été d'un grand secours et je trouve que le pape François est très clairvoyant sur les problèmes dont nous parlons.

Concernant les chiffres, ils sont affligeants. pour mon diocèse, 1 ordination sacerdotale ce week-end et pour la première fois dans son histoire, aucune l'année dernière ! Les gens semblent comblés par cette ordination alors qu'ils ne regardent pas la réalité : la perte de 250 prêtres (25% des effectifs pour le second diocèse de France) dans les 4 prochaines années ... pour 8 séminaristes.
Et quelle chance d'être une région concordataire, où les prêtres sont salariés par l'Etat, avec une université de théologie dont les équivalences sont reconnues et qui attirent des vagues de prêtres étrangers qui renforcent nos paroisses.
je n'ose imaginer les régions moins bien dotées.

Ce n'est que mon avis très personnel, mais il se pourrait qu'on risque de revenir à l'époque païenne. Les prêtres seront sur les grandes villes et les diacres permanents seront envoyés aux périphéries pour offrir les hosties consacrées et assurer la liturgie de la Parole. Voir les laïcs eux-mêmes qu'on forme déjà car les vocations diaconales ne sont pas si nombreuses que cela (8 ordinations en moyenne tous les deux ans en Alsace).


Cordialement.
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Re: Crise des vocations

Message non lu par LaudamusTe » mar. 02 juil. 2019, 22:05

Bonsoir à tous,

Kerygme, il me semble que nous sommes déjà largement de nouveau en terre de mission, païenne, où même le christianisme de culture, au demeurant déplorable pour un catholique sincère, s'estompe lui aussi radicalement. La pratique dominicale, loin d'ailleurs d'être un gage d'une vie un tant soi peu chrétienne (j'entends par là, où la prière est quotidienne, les lois de Dieu et de l'Église prisent au sérieux), s'effondre chaque année un peu plus. Dans les années 60, si je me souviens de ce très intéressant livre Comment notre monde a cessé d'être chrétien, on tournait encore à environ 25% de la population adulte à la messe chaque dimanche, aujourd'hui, c'est plutôt 2-3%.

La crise des vocations est somme toute simple à comprendre : elle est principalement le fruit de la crise de l'Église, et du rapport des Occidentaux avec le domaine spirituel, leur histoire et leurs Églises. En effet, les protestants traditionnels, malgré leurs tentatives "d'ouverture", "femmes ordonnées" et autres mensonges au sujet de l'homosexualité, constatent eux aussi une désertion de masse.

Il est certain que l'Église, et nous autres fidèles, par notre tiédeur, notre lâcheté, n'arrangeons certainement rien. Que faire ? Sursum corda ! mais je crains que le relèvement ne puisse se passer d'une liturgie édifiante, noble, où le silence a sa place, pour rencontrer le Très-Haut, et non pas ces autocélébrations vulgaires, bruyantes, inutilement festives et conviviales, qui ne font qu'occulter la réalité du Sacrifice non-sanglant et dérangent la prière plus qu'elles ne l'élèvent. Lex orandi, lex credendi.
Je te salue, ô Croix, seul espoir des vivants !
En ces jours douloureux de larmes s’abreuvant,
Augmente aux cœurs des bons l’immortelle justice,
Et pardonne aux pécheurs leur mortelle malice. - Vexilla Regis

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Re: Crise des vocations

Message non lu par Kerygme » mer. 03 juil. 2019, 9:45

Bonjour Laudamuste,


Je suis assez d'accord sur le constat général mais je ne crois pas que cela change sur l'origine de la crise des vocations.
Il y a certes crise de l'Eglise, car il y a avant tout crise des Eglises familiales ... les premières cellules d'Eglise. Et ce sont celles-ci qui vont offrir non seulement les vocations (sacerdotales, religieuses, laïques) mais aussi les croyants de demain.

Je vous rejoints donc sur le fruit de la crise mais qui ne se situerait pas qu'au niveau institutionnel. Selon mon avis propre, ce serait faire abstraction des bases du problème et donc ne pas le jauger dans son ensemble.

Je ne vais pas parler chiffres car je ne connais que ceux de mon diocèse et que nous avons cette spécificité à l'Alsace-Moselle qu'est le Concordat. Il n'est donc pas forcément représentatif car dans une certaine mesure assez privilégié.

Le seul constat que je peux faire c'est que les vocations sacerdotales semblent plus nombreuses chez certains catholiques. Je citerai l'IBP car en communion avec le Saint Siège, mais c'est aussi valable pour des communautés charismatiques telles que la communauté de l'Emmanuel. Par contre un vrai problème pour le clergé séculier diocésain.

Habitant en Alsace je fais le même constat que vous concernant nos voisins protestants, tout particulièrement les luthériens. Ils me semblent à l'agonie alors que les évangéliques semblent se porter particulièrement bien.

Et en effet, la France est redevenue une terre de mission. Une (re)évangélisation qui semble notamment nous revenir des terres sur lesquelles la France a envoyé des missionnaires pendant des siècles.
Si je veux faire une analogie, je prendrai celle de la fonte des glaces jusqu'en 2014. On a pleuré pendant 40 ans sur la fonte de la banquise arctique et on en a oublié l'augmentation de la banquise antarctique.

Christ veille sur Son Eglise.


Cordialement.
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