Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
Règles du forum
Forum d'échanges et de partage sur la spiritualité chrétienne
Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » jeu. 09 avr. 2020, 17:07

De 17h à 18hJésus fait ses adieux à sa Mère.

Prière préparatoire

Ô Maman céleste, l'heure de la séparation approche, et je me joins à toi. Ô Mère, communique-moi ton Amour et fais-moi partager tes Réparations. Communique-moi ta Douleur car, avec toi, je veux suivre pas à pas mon adorable Jésus.

Et voici que Jésus vient. Tu cours à sa rencontre l'âme toute débordante d'Amour. En le voyant si pâle et si triste, ton Coeur se serre, les forces te manquent et tu te sens sur le point de t'écrouler. Ô ma douce Maman, sais-tu pourquoi l'adorable Jésus est venu te rencontrer? Il est venu te faire ses adieux, te dire ses dernières Paroles et recevoir tes derniers embrassements. Ô Mère, je me serre contre toi avec toute la tendresse dont est capable mon coeur, afin que, pressée contre toi, moi aussi je puisse recevoir les embrassements de l'adorable Jésus. Me dédaigneras-tu? N'est-ce pas plutôt un réconfort pour ton Coeur d'avoir une âme unie à toi pour partager tes Afflictions et tes Réparations?

Ô Jésus, en cette heure si navrante pour ton Coeur infiniment tendre, quel Enseignement nous donnes-tu d'obéissance filiale et amoureuse à ta Maman! Quelle douce harmonie existe entre toi et elle! Quel enchantement suave d'Amour s'élève jusqu'au Trône de l'Éternel et se disperse pour le salut de toutes tes créatures!

Ô ma céleste Maman, sais-tu ce que veut de toi l'adorable Jésus? Rien d'autre que ta dernière bénédiction. Il est vrai que de toutes les parcelles de ton être ne sortent que bénédictions et louanges pour ton Créateur. Mais en te faisant ses adieux, Jésus veut entendre de ta Bouche ces douces Paroles: «Je te bénis, ô Fils!» Cette bénédiction remédiera aux offenses des créatures, et, douce et suave, descendra jusqu'à son Coeur.

Je m'unis à toi, ô douce Maman. Et sur les ailes du vent, je veux parcourir le Ciel pour demander au Père, au Saint-Esprit et à tous les anges, un «je te bénis» pour Jésus, afin que je puisse lui apporter ces bénédictions. Et ici, sur cette la terre, je veux aller chez toutes les créatures et demander que chaque bouche, chaque battement de coeur, chaque pas, chaque respiration, chaque regard, chaque pensée, disent un «je te bénis» à Jésus. Et si certaines personnes refusent, je veux le dire à leur place.

Ô douce Maman, après avoir couru partout pour demander à la Sainte-Trinité, aux anges, à toutes les créatures, à la lumière du soleil, au parfum des fleurs, aux vagues de la mer, à tout souffle du vent, à toute étincelle de feu, à toute feuille qui bouge, à tout scintillement d'étoile, à tout mouvement de la nature, un «je te bénis» pour Jésus, j'en viens à toi et à tes bénédictions, auxquelles je joins les miennes. Ma douce Maman, je vois que tu en reçois du réconfort et du soulagement, et toutes ces bénédictions, tu les offres à Jésus en réparation des blasphèmes qu'il reçoit des créatures. Mais tandis que tu présentes ces bénédictions à Jésus, j'entends ta Voix émue qui lui dit: «Fils, bénis-moi aussi!»

Ô Jésus, mon doux Amour, bénis-moi aussi avec ta Mère; bénis mes pensées, mon coeur, mes mains, mes pas, mes oeuvres, et bénis toutes les créatures.

Ô ma Mère, en admirant la Figure de ton Jésus si affligé et si triste, se réveille en toi la vue déchirante des Souffrances que bientôt il devra souffrir. Tu vois d'avance son Visage couvert de crachats, sa Tête transpercée par les épines, ses Yeux bandés, son Corps torturé par les coups de fouet, ses Mains et ses Pieds percés par les clous; et tu le bénis. À l'endroit où il est sur le point d'aller, tu l'accompagnes avec tes bénédictions. À tes côtés, je l'accompagne moi aussi. Quand Jésus sera frappé par les fouets, transpercé par les clous, giflé, couronné d'épines, partout il trouvera en même temps que les tiens, mes «je te bénis».

Ô Jésus, ô Marie, comme je compatis avec vous deux! Immense est votre Souffrance en ces derniers moments; on a l'impression que le Coeur de l'un déchire le Coeur de l'autre. Tendre Mère, arrache mon coeur à la terre et attache-le bien fort à celui de Jésus, afin que bien serré contre lui, il prenne part à tes Souffrances et aux siennes. Et tandis que vous vous embrasserez, que vous vous donnerez vos derniers Regards, vos derniers Baisers, alors, comme moi je serai entre vos deux Coeurs, que je reçoive ces derniers Baisers, ces derniers Embrassements. Ne voyez-vous pas que je ne puis être sans vous?

Jésus, Maman, tenez-moi serrée contre vous, donnez-moi votre Amour, votre Vouloir, dardez mon pauvre coeur, serrez-moi entre vos Bras, et avec toi, ô douce Mère, je veux suivre pas à pas l'adorable Jésus, avec l'intention de lui donner du réconfort, du soulagement, de l'amour et de la réparation au nom de tous.

Ô Jésus, avec ta Maman, je baise ton Pied gauche, en te priant de me pardonner et de pardonner à toutes les créatures pour toutes les fois que nous avons refusé de cheminer vers Dieu. Gloire au Père, ...

Je baise ton Pied droit; pardonne-moi et pardonne à toutes les créatures toutes les fois que nous n'avons pas poursuivi la sainteté que tu voulais pour nous. Gloire au Père, ...

Je baise ta Main gauche; communique-nous ta Pureté. Gloire au Père, ...

Je baise ta Main droite pour que tu bénisses toutes mes émotions, mes affections et mes pensées, afin que, valorisées par cette bénédiction, elles deviennent toutes saintes. Et avec moi, bénis aussi toutes les créatures et scelle le salut de leur âme. Gloire au Père, ...

Ô Jésus, avec ta Maman je t'embrasse et, baisant ton Coeur, je te prie de placer mon coeur entre les vôtres, pour qu'il s'alimente continuellement de vos Épanchements d'Amour, de vos Douleurs, de vos Affections, de vos Désirs et de vos Vies même. Amen. Gloire au Père, ...

 

Réflexions et pratiques.

Avant de commencer à subir sa Passion, Jésus va chez sa Mère pour lui demander sa bénédiction. Par cet Acte, il nous enseigne l'obéissance, non seulement extérieure, mais intérieure, qu'il nous faut avoir pour répondre aux inspirations de la Grâce. Parfois nous ne sommes pas prêts à répondre à une bonne inspiration, soit parce que nous sommes freinés par notre amour-propre joint à la tentation, soit par respect humain, soit pour éviter de nous faire violence.

Mais le refus de donner suite à une inspiration de pratiquer une vertu, de faire une bonne oeuvre, de pratiquer une dévotion, incite le Seigneur à se retirer, ce qui amène la diminution de ses bonnes inspirations. Mais la réponse prompte et prudente aux saintes inspirations nous attire plus de Lumière et de Grâces.

Dans les cas douteux, il faut recourir promptement au grand moyen de la prière et aux conseils éclairés. Ainsi le bon Dieu ne cessera d'illuminer notre âme par ses bonnes inspirations.

Nos actions, nos prières, la pratique des Heures de la Passion, nous devons les faire dans les mêmes intentions que Jésus, dans sa Divine Volonté, en nous sacrifiant comme lui pour la Gloire du Père et pour le bien des âmes.

Nous devons nous mettre dans la disposition de nous sacrifier par amour pour notre aimable Jésus, en nous conformant à son Esprit, en agissant avec ses propres Sentiments et en nous abandonnant à lui, non seulement dans les souffrances et les contrariétés extérieures, mais plus encore en toute chose qu'il pourra nous inspirer dans notre for intérieur. Et si l'occasion se présente, nous devons être prêts à accepter n'importe quelle peine. En agissant ainsi et en faisant tout dans la Divine Volonté, laquelle contient toute douceur et tout contentement, nous réconforterons notre Jésus et nous compenserons pour les outrages que lui font les créatures.

Avant de commencer une action, invoquons toujours la bénédiction de Dieu, afin que cette action ait le sceau de la Divinité et que cette bénédiction de Dieu s'étende à toutes les créatures.

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » jeu. 09 avr. 2020, 18:00

De 18h à 19h
Jésus se sépare de sa Très Sainte Mère
et se rend au Cénacle.

Prière préparatoire

Mon adorable Jésus, maintenant que j'ai pris part à tes Souffrances et à celles de ta Maman dans vos dernières Étreintes, je vois que tu te décides à partir pour aller là où t'appelle la Volonté du Père. Il est si grand l'Amour entre toi et ta Mère, ta douce Reine, qu'il vous rend inséparables: tu habites sans cesse son Coeur et elle habite sans cesse ton Coeur; autrement, il vous serait impossible de vous séparer. Alors que vous vous bénissez l'un l'autre, tu lui donnes ton dernier Baiser pour la fortifier dans les cruelles Souffrances qu'elle est sur le point de supporter, tu lui dis ton dernier adieu, et tu pars.

Mais la pâleur de ta Face, tes Lèvres tremblantes, ta Voix étouffée par les sanglots, tout me dit combien tu aimes ta Maman et combien tu souffres de la quitter. Mais pour accomplir la Volonté du Père, vos Coeurs fondus l'un dans l'autre, vous vous soumettez à tout, voulant réparer pour ceux qui, pour ne pas avoir à surmonter les tendresses et les attachements humains, même ceux qui sont licites et saints, ne se préoccupent pas d'accomplir la sainte Volonté de Dieu et de correspondre à l'état de sainteté auquel Dieu les appelle. Quelles Souffrances ne te donnent pas ces âmes qui repoussent ton Amour, se bornant à l'amour des créatures!

Mon Jésus, permets-moi de rester un peu avec ta Maman pour la consoler et la soutenir après ton départ. Par la suite, j'accélérerai le pas pour te rejoindre. Mais à ma grande souffrance, je vois que ta Maman, angoissée, tremble; elle est si grande sa Douleur que, tandis qu'elle veut te dire adieu, sa Voix s'étouffe sur ses Lèvres. Elle s'évanouit presque. Et dans son tourment d'Amour, elle dit: «Mon Fils, mon Fils, je te bénis! Quelle cruelle séparation, plus pénible que toute mort!» Mais la douleur l'empêche de parler davantage. Reine accablée, laisse-moi te soutenir, essuyer tes Larmes et compatir à ta Souffrance.

Ma douce Maman, je ne veux pas te laisser seule. Prends-moi avec toi, et en ces moments si douloureux pour toi et pour Jésus, enseigne-moi ce que je dois faire, comment je dois défendre Jésus, comment je peux réparer et le consoler. Non, je ne te quitterai pas. Et au moindre signe de ta part, je volerai vers Jésus et je lui offrirai ton Amour et tes Baisers, auxquels je joindrai les miens; et je les déposerai dans ses saintes Plaies et dans chaque goutte de son Sang versé, afin que ses Peines soient soulagées. Puis je reviendrai à toi en t'apportant ses Baisers pour soulager ton Coeur transpercé.

Maman, je veux maintenant rejoindre Jésus. Tandis que je baise tes Mains maternelles, tu me bénis comme tu as béni Jésus. Et tu me permets d'aller à lui.

Ô Jésus, mon amour me guide rapidement vers toi et je te rejoins tandis que tu parcours les rues de Jérusalem avec tes disciples. Je te vois encore tout pâle et j'entends ta douce Voix. Mais elle est si triste qu'elle brise le coeur de tes disciples. Tu leur dis: «C'est la dernière fois que je parcours librement ces rues. Demain, je les parcourrai lié, traîné et conspué de mille façons.» Montrant du doigt les endroits où tu seras particulièrement déshonoré et torturé, tu poursuis: «Ma Vie est sur le point de s'éteindre ici-bas comme le soleil est sur le point de se coucher; demain à pareille heure, je n'y serai plus! Mais en tant que Soleil, je ressusciterai le troisième jour.» À ces propos, les apôtres sont tout tristes et ne savent que répondre. Tu ajoutes: «Courage, ne vous laissez pas abattre, je serai avec vous toujours. Cependant, il est nécessaire que je meure pour le bien de tous.»

D'une Voix émue, tu continues à les instruire. Avant de rentrer dans le Cénacle, tu regardes le soleil qui se couche et qui, comme ta Vie, est sur le point de s'éteindre. Tu offres tes derniers Pas pour ceux qui sont au déclin de leur vie terrestre, et tu leur donnes la grâce de s'éteindre en toi, réparant pour ceux qui, en dépit des déboires et des désillusions de la vie, s'obstinent à ne pas se tourner vers leur Créateur.

Tu regardes Jérusalem où tu as accompli tant de prodiges et de miracles et qui est en train de préparer ta Croix, aiguisant les clous pour accomplir le déicide. Tu frémis; ton Coeur est brisé et tu pleures sa destruction prochaine. Par cela tu répares pour tant d'âmes consacrées dont, par tant de soins, tu cherches à faire des porteurs de ton Amour et qui, ne répondant pas à tes attentes, te font souffrir davantage. Je veux réparer avec toi et ainsi soulager ton Coeur brisé.

Détournant ton Regard de la ville de Jérusalem qui te fait horreur, tu entres dans le Cénacle. Mon Amour, serre-moi sur ton Coeur, afin que je partage tes Souffrances pour les offrir au Père avec toi. Bénis mon âme.

 

Réflexions et pratiques.

Bien que son Coeur infiniment tendre en soit déchiré, c'est promptement que Jésus se sépare de sa Très Sainte Mère. Et nous, sommes-nous prompts à sacrifier nos affections, mêmes les plus légitimes et les plus saintes, si la Divine Volonté nous le demande? Et aussi est-ce que, le cas échéant, nous savons accepter que la Présence divine sensible ou la dévotion sensible s'éloigne de nous?

Alors qu'il faisait ses derniers Pas dans Jérusalem, Jésus glorifiait le Père et lui demandait le salut des âmes. Dans nos pas à nous, est-ce que nous nourrissons les mêmes intentions que Jésus en sachant intercéder pour la Gloire du Père et pour le bien des âmes. Mettons nos pas dans ceux de Jésus, lui qui portait dans ses Pas tous les pas des créatures, réparant leurs mauvaises démarches et leur montrant à cheminer sur ses chemins.

Lorsque nous marchons, sommes-nous modestes et recueillis de manière à être un exemple pour les autres? Tandis que Jésus, tout affligé, cheminait dans Jérusalem, il adressait de temps à autre la parole à ses apôtres, leur parlant de sa Passion imminente. Et nous, dans nos conversations, est-ce qu'à l'occasion nous savons prendre pour thème des événements de la Vie de Jésus ou certains de ses Enseignements?

Voyant les apôtres tristes et découragés, Jésus cherchait à les réconforter. Lors de nos conversations, savons-nous manifester notre volonté de toujours nous ajuster à Jésus, cherchons-nous à infuser son Esprit dans les autres?

Jésus se rend au Cénacle. Nos pensées, nos affections, nos émotions, nos prières, nos actions, notre nourriture, notre travail, nous devons les associer à Jésus en action. Ce faisant, nos actions s'ajusteront aux manières de voir divines.

Quand l'âme fait ses actions avec Jésus, Jésus se sent tellement attiré par cette âme, qu'il change en Actes divins les actions de cette créature. Tout cela est l'effet de sa Bonté, qui tient compte de tout et récompense tout, même une petite action faite dans sa Volonté, pour qu'ainsi la créature ne soit pas dépossédée de quoi que ce soit fait dans sa Volonté.

Ô ma Vie et mon Tout, que tes Pas dirigent les miens, et pendant que je foule la terre avec mes pieds, que mes pensées soient dans ton Ciel!

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » jeu. 09 avr. 2020, 19:50

De 19h à 20hLa cène légale.

Prière préparatoire

Ô Jésus, te voilà rendu au Cénacle en compagnie de tes disciples bien-aimés, et tu te mets à table avec eux. Combien de douceur et d'affabilité ne montres-tu pas alors que tu t'apprêtes à prendre de la nourriture matérielle pour la dernière fois! Tout est Amour en toi! Ici, tu répares nos péchés de gourmandise. Et, par ta Prière, tu sanctifies la nourriture.

Jésus, ton Regard doux et pénétrant semble scruter chacun de tes apôtres. Et pendant que tu prends ta nourriture, ton Coeur est transpercé de voir tes apôtres faibles et mous, surtout le perfide Judas, qui a déjà un pied dans l'enfer. Dans le fond de ton Coeur, tu te dis avec amertume: «Quelle est l'utilité de mon Sang? Voilà qu'une âme à laquelle j'ai fait tant de bien, est perdue!» Et de tes Yeux étincelants de Lumière et d'Amour, tu le regardes, comme si tu voulais lui faire prendre conscience du grand mal qu'il est sur le point de commettre.

Mais ta Charité suprême te fait supporter cette Souffrance, et tu t'abstiens de la manifester à tes apôtres. Et tandis que tu t'affliges à cause de Judas, ton Coeur s'emplit de joie à voir à ta gauche ton disciple bien-aimé, Jean. Tellement que, ne pouvant plus contenir ton débordement d'Amour, l'attirant doucement vers toi, tu lui fais poser la tête sur ton Coeur, lui faisant éprouver d'avance le Paradis.

Et à cette heure solennelle, deux de tes disciples représentent deux mondes: celui des réprouvés et celui des élus; le monde des réprouvés, représenté par Judas, qui a déjà l'enfer au coeur, et le monde des élus, représenté par Jean, qui se repose sur ton Coeur dans la joie. Ô mon doux Bien, moi aussi je me mets tout près de toi et, avec ton disciple bien-aimé, je veux appuyer ma tête fatiguée sur ton Coeur adorable. Et je te prie de me faire sentir, même sur cette terre, les délices du Ciel; que cette terre soit ciel pour moi, enivrée par les douces harmonies de ton Coeur.

Mais en cet instant, je sens en toi de douloureux Battements de Coeur; c'est à cause des âmes perdues! Ô Jésus, de grâce, ne permets pas que de nouvelles âmes se perdent; fais que les pulsations de ton Coeur, résonnant dans ces âmes, leur fassent entendre les pulsations de la vie dans le Ciel, comme les entendit ton disciple bien-aimé Jean. Qu'attirées par la suavité et la douceur de ton Amour, elles cèdent devant toi!

Ô Jésus, tandis que ma tête est posée sur ton Coeur, donne-moi, à moi aussi, la nourriture, comme tu la donnas aux apôtres: la nourriture de l'Amour, celle de tes Paroles, celle de ta Divine Volonté. Ô mon Jésus, donne-moi toujours cette nourriture que tu désires tellement me donner, pour que ta Vie m'habite de plus en plus. Mon doux Bien, je vois que la nourriture terrestre que tu prends avec tes disciples est tirée d'un agneau. C'est l'agneau figuratif. Et comme en cet agneau il ne reste pas d'humeur vitale à cause de la force du feu, ainsi toi, l'Agneau mystique, tu vas, par la force de l'Amour, te consumer tout entier pour les créatures; tu ne garderas même pas une goutte de Sang pour toi-même: tu le verseras tout entier par Amour pour nous.

Ô Jésus, il n'y a rien de ce que tu fais qui ne rappelle ta Passion douloureuse, celle-ci étant toujours présente à ton Esprit et à ton Coeur. Par cela tu m'enseignes que si, moi aussi, j'avais toujours présente à l'esprit et au coeur ta sainte Passion, tu ne me refuserais jamais la nourriture de ton Amour.

Ô mon Jésus, à chacun de tes Actes tu me portes dans ta Pensée. Que ta Passion soit toujours présente à mon esprit et à mon coeur; qu'elle habite mes regards, mes pas et mes peines, afin que, où que je sois, je perçoive toujours ta sainte Présence en moi. Amen.

 

Réflexions et pratiques.

Avant de prendre notre nourriture, unissons nos intentions à celles de notre aimable Jésus en nous imaginant que notre bouche est la sienne. Ce faisant, non seulement la Vie de Jésus s'accroîtra en nous, mais nous donnerons au Père la gloire, la louange, l'amour, les remerciements, la réparation qui lui sont dus de la part des créatures, comme le bon Jésus savait le faire lorsqu'il prenait sa nourriture.

Imaginons-nous également être à table avec Jésus et de tantôt le regarder, tantôt le prier de partager une bouchée avec nous, tantôt donner un baiser à la frange de son manteau, tantôt contempler le mouvement de ses Lèvres, de ses Yeux célestes, tantôt noter la pâleur subite de son beau Visage quand il voit tant d'ingratitudes chez les humains.

Tout rempli d'Amour, Jésus parlait de sa Passion durant le repas. De même nous, quand nous prenons notre repas, sachons parfois arrêter notre réflexion sur la manière dont nous pratiquons les Heures de la Passion. Les anges sont suspendus à nos lèvres pour recueillir nos prières, nos réparations, et les porter devant le Père pour amoindrir sa juste indignation à cause des nombreuses offenses qu'il reçoit des créatures, tout comme ils portaient vers le Père les Prières de Jésus quand il était sur la terre.

Tandis qu'il mangeait, Jésus était bouleversé par la perte de Judas, et en lui il voyait toutes les âmes qui allaient se perdre. Comme la perte des âmes est la plus grande de ses Souffrances, il attira Jean vers lui pour en obtenir du soulagement. À l'instar de Jean, sachons être aux côtés de Jésus, le plaignant dans ses Souffrances, compatissant avec lui, lui donnant du repos dans notre coeur, nous identifiant à lui. Ainsi nous entendrons les Battements de son Coeur tourmenté par la perte des âmes. Offrons-lui nos battements de coeur pour panser les Blessures de son Coeur. Et dans ces Blessures, plaçons les âmes qui courent à leur perte, pour qu'elles y trouvent la conversion et le salut.

Chaque Battement de Coeur de Jésus est un «je t'aime» se répercutant dans tous les battements de coeur des créatures, lesquels battements il voudrait tous voir enfermés dans son Coeur comme autant de «je t'aime» lui venant des créatures. Mais beaucoup refusent de donner ces «je t'aime» à Jésus et, par suite, ses propres Battements de Coeur sont comme oppressés. Prions Jésus de ponctuer nos battements de coeur de ses «je t'aime», afin que notre vie devienne toute enflammée d'amour pour lui.

Immergeons-nous totalement en lui pour qu'il nous fasse ressentir ses «je t'aime». Ils sont tellement immenses qu'ils remplissent le Ciel et la terre, qu'ils circulent chez les saints et qu'ils descendent au purgatoire. Toutes les créatures en sont touchées; même les éléments en ressentent les effets.

La première Parole que Jésus a dite sur la Croix en fut une de pardon, pour excuser toutes les âmes devant le Père, afin que sa Justice se change en Miséricorde. À l'exemple de Jésus, excusons les pécheurs auprès du Père, afin qu'étant attendri par nos excuses, il ne permette pas qu'une seule âme se perde. Unissons-nous à Jésus pour faire la sentinelle auprès des âmes, afin qu'aucune ne pèche. Et nous le ferons s'émouvoir en acceptant et lui offrant de bon coeur tout ce qu'il dispose en nous: froids, duretés, obscurité, oppressions, tentations, distractions, calomnies, maladies et autres, afin de le dédommager des offenses que lui font les créatures.

Ce n'est pas seulement par des marques d'Amour que Jésus se manifeste aux âmes, mais souvent, quand il ressent le froid des créatures, il fait ressentir à notre âme ce froid; et si nous l'acceptons, Jésus se sent dédommagé des froideurs des créatures, et notre souffrance devient une sentinelle d'amour auprès d'elles.

D'autres fois, Jésus ressent dans son Coeur la dureté de coeur des créatures, et ne pouvant se contenir, il vient s'épancher chez nous; son Coeur touche le nôtre, lui faisant part de sa Peine. Et nous, faisant nôtre cette Peine, nous mettons notre souffrance autour du coeur du pécheur pour dissoudre sa dureté et le ramener à Dieu.

Jésus, mon Bien, tu souffres tant à cause de la perte des âmes! Alors, moi, par compassion, je mets à ta disposition tout mon être; je veux prendre sur moi tes Peines et les peines des pécheurs, et ainsi je te soulagerai, et je placerai le pécheur tout près de ton Coeur.

Ô mon Jésus, fais en sorte que tout mon être brûle d'amour pour toi et pour les créatures, afin que je puisse être un soulagement continu pour tes amertumes!

 

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » jeu. 09 avr. 2020, 20:04

De 20h à 21h
Le lavement des pieds.
La Cène Eucharistique.

Prière préparatoire

Mon doux Jésus, alors que se termine la cène légale, je vois que tu te lèves de table et, qu'avec tes apôtres, tu fais la prière de remerciements au Père, réparant ainsi nos manques de remerciements relativement aux nombreux moyens que Dieu met à notre disposition pour l'entretien de notre vie corporelle. Ô Jésus, en tout ce que tu fais ou ce que tu vois, tu as toujours aux Lèvres des Prières d'action de grâce pour le Père. Et moi, à ton exemple, je veux en toutes choses te dire: «merci, pour moi et pour tous». Par cela, je veux réparer nos manques de reconnaissance.

Ô mon Bien, ton Amour n'a pas de répit: je vois que tu fais asseoir de nouveau tes apôtres, que tu prends une bassine d'eau, que tu te ceins d'une serviette blanche et que tu te prosternes à leurs pieds dans un Acte si humble qu'il attire sur toi les regards de tout le Ciel qui deviennent extatiques; les apôtres eux-mêmes en sont abasourdis. Mais dis-moi, mon Amour, que veux-tu, qu'entends-tu montrer par cet Acte si humble?

En fait, prosterné devant tes apôtres comme un pauvre mendiant, tu leur dis en ton Coeur: «Je vous demande votre âme et je vous tends des pièges d'Amour pour vous attirer à moi; je veux, au moyen de cette eau mêlée à mes Larmes, vous purifier de toute imperfection et vous préparer à me recevoir dans le Grand Sacrement. Cet Acte de purification me tient tellement à coeur que je ne veux le confier ni aux anges, ni à ma chère Maman; je veux moi-même purifier votre âme pour la disposer à recevoir la Sainte Communion.

«Et je veux réparer les oeuvres saintes et en particulier l'administration des sacrements faites dans un esprit de vanité plutôt que dans l'humilité et le désintéressement. Ah! combien d'oeuvres bonnes m'atteignent plus pour m'attrister que pour me plaire, plus pour me donner la mort que pour accroître la vie! Voilà les offenses qui m'attristent le plus! Ô âmes, voyez toutes ces offenses qu'on me fait et réparez au moyen de mes propres Réparations pour consoler mon Coeur si abreuvé d'amertume!»

Ô Jésus affligé, inonde-moi de ta Vie pour que je puisse réparer tant d'offenses. Je veux entrer dans les cachettes les plus intimes de ton Coeur, et réparer à l'aide de ton propre Coeur les offenses que tu reçois de ceux qui te sont les plus chers. Je veux, ô mon Jésus, te suivre en toutes choses, et avec toi aller chez toutes les âmes qui vont te recevoir dans l'Eucharistie, entrer dans leur coeur et, au moyen de tes Larmes mêlées à l'eau avec laquelle tu laves les pieds de tes apôtres, laver ces âmes, purifier leur coeur, afin que quand elles te recevront, tu trouves en elles ton ravissement.

Ô doux Jésus, pendant que tu laves les pieds de tes apôtres, je vois qu'une autre Souffrance affecte ton Coeur. Ces apôtres représentent tous les futurs fils de l'Église, et n'étant pas encore parfaits, ils représentent la série de tous les maux qui existeront dans l'Église. En l'un sont symbolisées les faiblesses; en l'autre les duperies; en celui-ci les hypocrisies; en un autre l'amour démesuré pour les intérêts terrestres; en saint Pierre le manquement aux résolutions et toutes les offenses des chefs ecclésiastiques; en saint Jean (qui lui aussi s'endormit dans le Jardin, après avoir dormi sur ton Coeur, et qui s'est ensuite enfui) les fragilités de ceux qui te sont le plus fidèles; en Judas les apostats et toute la série des graves offenses commises par eux.

Tu t'arrêtes aux pieds de chaque apôtre et tu pleures, tu pries, tu répares chacune de ces offenses, tu obtiens par tes Prières force et aide pour tous. Mon Jésus, je m'unis à toi, je fais miennes tes Prières, tes Réparations. Je veux être toujours à tes côtés pour partager tes Peines et mêler mes larmes aux tiennes.

Et je te vois, ô mon Amour, aux pieds de Judas. J'entends ta Respiration haletante et je vois que non seulement tu pleures, mais que tu sanglotes. En lavant ses pieds, tu les baises, tu les serres sur ton Coeur et, suffoqué par tes Larmes, tu le regardes et lui dis dans ton Coeur: «Mon fils, de grâce, je te prie par la voix de mes Larmes, ne va pas en enfer, donne-moi ton âme; je te le demande prosterné à tes pieds! Dis-moi ce que tu veux! Qu'exiges-tu? Je te donnerai tout, pourvu que tu ne te perdes pas! De grâce, épargne-moi cette douleur, à moi, ton Dieu!» Et tu recommences à presser ses pieds sur ton Coeur. Voyant sa dureté, ton Coeur suffoque et tu es près de t'évanouir.

Ô mon Coeur et ma Vie, permets-moi de te soutenir de mes bras; je vois que tu utilises des stratagèmes amoureux avec les pécheurs obstinés. Je te prie de me permettre de parcourir avec toi toute la terre, pour donner à ces pécheurs tes Larmes pour les amollir, tes Baisers et tes Étreintes d'Amour pour les enchaîner à toi de sorte qu'ils ne puissent plus te fuir. Ainsi cela te dédommagera de la Douleur que tu souffres à cause de la perte de Judas.

Mon Jésus, ma Joie et mon Délice, je vois que ton Amour court et court vite: tu te lèves et, dans la désolation qui t'habite, anxieux, tu t'approches de la table où sont déjà préparés le pain et le vin pour la consécration. Je vois que ta Personne divine revêt un aspect tendre et affectueux jamais vu auparavant, tes Yeux sont fulgurants de Lumière plus que s'ils étaient des soleils, ton Visage est rose et resplendissant, tes Lèvres sourient et brillent d'Amour, tes Mains sont créatrices, tous tes Membres ont une attitude de Créateur.

Mon Amour, je te vois tout transformé. Ta Divinité semble déborder ton Humanité. Jésus, mon Coeur et ma Vie, ton aspect, jamais vu auparavant, attire l'attention de tous. Les apôtres sont pris par un doux enchantement et osent à peine respirer. Ta douce Maman accourt en esprit au pied de la Sainte Table, pour admirer ce miracle de ton Amour, les anges descendent du Ciel et semblent se demander entre eux: «Qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que c'est? Ce sont de vraies folies d'Amour, de vrais excès d'Amour: un Dieu qui crée, non pas le Ciel ou la terre, mais lui-même, à partir de la matière corruptible d'un peu de pain, d'un peu de vin!»

Ô Amour insatiable, tandis que tes apôtres sont tous autour de toi, je vois que tu prends le pain entre tes Mains, que tu l'offres au Père, et j'entends ta Voix remplie de douceur qui dit: «Père Saint, qu'on te rende grâce à toi qui exauces toujours ton Fils. Père Saint, coopère avec moi. Toi, un jour, tu m'envoyas du Ciel sur la terre pour que je m'incarne dans le sein d'une vierge pour sauver nos enfants; maintenant permets-moi de m'incarner dans chaque hostie pour achever le salut de ces créatures et être la Vie de chacune.

«Vois, ô Père, que peu d'heures me restent sur cette terre. Qui aura le coeur de laisser mes enfants orphelins et seuls? Ils sont nombreux leurs ennemis, elles sont épaisses les ténèbres qui les couvrent, elle est grande leur faiblesse. Qui les aidera? Que moi je reste dans chaque hostie pour être la Vie de chacun, pour être leur Lumière, leur Force, leur Aide! Autrement, où iront-ils? Qui les guidera? Nos Oeuvres sont éternelles et mon Amour est incommensurable. Je ne puis, ni ne veux, laisser mes enfants seuls.»

Le Père s'émeut à ces propos tendres et affectueux, il descend du Ciel, il est là sur la Table Sacrée, avec le Saint-Esprit; les deux sont avec toi, ô Jésus. Et toi, d'une Voix majestueuse et émouvante, tu prononces les paroles de la consécration. Et sans te laisser toi-même, tu te crées toi-même sous forme sacramentelle dans ce pain et ce vin. Et puis, après t'être communié, tu communies tes apôtres et ta céleste Maman, qui ne pouvait pas rester sans te recevoir.

Ô Jésus, les Cieux s'inclinent, tous te font un acte d'adoration dans ton nouvel état d'annihilation. Doux Jésus, ton Amour est content et satisfait, et je vois sur cet autel, dans tes Mains, toutes les hosties consacrées qui se perpétueront jusqu'à la fin des siècles. Mais dans tant et tant d'hosties, ta douloureuse Passion est déployée, car beaucoup de créatures répondront aux excès de ton Amour par des excès d'ingratitude et d'énormes délits! Et moi je veux me trouver toujours avec toi, dans chaque tabernacle, dans chaque ciboire et dans chaque hostie consacrée qui existera jusqu'à la fin du monde, pour t'offrir mes actes d'amour et mes actes de réparation pour les offenses que tu recevras.

Ô Jésus, je te contemple dans la sainte hostie, et comme si j'y voyais ton adorable Personne, je baise ton Front majestueux; mais en te donnant ce baiser, je sens les élancements des épines. Ô mon Jésus, dans cette hostie sainte, combien de créatures ne t'épargnent pas les épines: elles se rendent devant toi, et au lieu de te donner l'hommage de leurs bonnes pensées, elles te donnent leurs pensées mauvaises. Et toi, de nouveau, tu baisses la tête comme durant ta Passion et tu reçois et tolères les épines de ces pensées mauvaises. Ô mon Amour, je m'approche de toi, pour partager tes Peines; je mets toutes mes pensées dans ton Intelligence pour repousser ces épines qui t'attristent tant. Que chacune de mes pensées défile dans chacune des tiennes pour te faire réparation pour chaque pensée mauvaise, et ainsi consoler ton Intelligence affligée.

Jésus, mon Bien, je baise tes beaux Yeux. Je vois ton Regard amoureux tourné vers ceux qui vont à ta sainte Présence, et ton Regard est anxieux de recevoir leur regard d'amour. Mais combien viennent devant toi, et au lieu de te regarder et de te chercher, ils regardent des choses qui les distraient et ainsi ils te privent du plaisir que tu éprouves dans l'échange de regards d'amour! Toi, tu souffres, et moi, en te donnant des baisers, je sens mes lèvres baignées de tes Larmes. Mon Jésus, ne pleure pas, je veux mettre mes yeux dans les tiens pour partager tes Peines et pleurer avec toi. Et, voulant réparer les regards distraits des créatures, je garde mon regard toujours fixé sur toi.

Jésus, mon Amour, je baise tes Oreilles infiniment saintes. Je te vois attentif à écouter ce que veulent de toi les créatures, afin de les consoler. Mais celles-ci font parvenir à tes Oreilles des prières mal récitées, remplies de méfiance, des prières faites par habitude; et ton Ouïe, dans cette hostie sainte, est importunée plus que durant ta Passion même. Ô mon Jésus, je veux prendre toutes les harmonies du Ciel et les diriger vers tes Oreilles pour réparer. Et je veux mettre mes oreilles dans les tiennes, non seulement pour partager tes Peines, mais pour t'offrir mon acte continu de réparation et te consoler.

Jésus, ma Vie, je baise ton Visage infiniment saint; je le vois ensanglanté, livide et gonflé. Des créatures, ô Jésus, viennent devant cette sainte hostie, et par leurs positions indécentes et leurs conversations mauvaises, il semble qu'elles te giflent et te crachent dessus au lieu de te faire honneur. Et toi, c'est en toute paix et avec patience que tu les reçois et que tu supportes tout, comme durant ta Passion!

Ô Jésus, je veux mettre mon visage près du tien, non seulement pour te donner des baisers et recevoir avec toi les insultes qui te viennent des créatures, mais pour partager toutes tes Peines. Et, de mes mains, je veux te caresser, t'enlever les crachats et te presser sur mon coeur. Je veux faire de tout mon être de nombreux, extrêmement petits morceaux, et les mettre devant toi comme autant d'âmes qui t'adorent. Et je veux que tous mes mouvements soient changés en prostrations pour réparer les déshonneurs qui te viennent des créatures.

Mon Jésus, je baise ta Bouche infiniment sainte. Je vois que lorsque tu descends dans le coeur des créatures sous la forme sacramentelle, tu es obligé de te poser sur beaucoup de langues mordantes, impures, mauvaises. Oh! comme tu en es attristé! Tu te sens comme intoxiqué par ces langues, et c'est pire quand tu descends dans leurs coeurs! Ô Jésus, si c'était possible, je voudrais me retrouver dans la bouche de chaque créature, pour changer en louanges toutes les offenses que tu reçois d'elles de cette manière!

Mon Bien, je baise ta Tête infiniment sainte. Je la vois fatiguée, épuisée et toute occupée à tes Activités d'Amour. Dis-moi, que fais-tu? Et tu me réponds: «Mon enfant, dans cette hostie, je travaille du matin au soir, fabriquant des chaînes d'Amour; et quand les âmes viennent chez moi, je les enchaîne à mon Coeur. Mais sais-tu ce que plusieurs me font? Beaucoup, à coups d'efforts, se dégagent et mettent mes chaînes d'Amour en pièces; et comme ces chaînes sont liées à mon Coeur, j'en suis torturé et je tombe dans le délire. De plus, quand elles brisent mes chaînes, ces âmes réduisent à rien mon intense Activité, car elles recherchent les chaînes des créatures. Et cela, elles le font même en ma Présence, se servant de moi pour parvenir à leurs fins. Cela m'attriste tant que ça me donne une fièvre violente qui me fait m'évanouir et délirer.»

Comme je te plains, ô Jésus! Ton Amour est mis au pilori! Et moi, pour te dédommager, je te prie d'enchaîner mon coeur avec ces chaînes brisées par les créatures, pour pouvoir te donner à leur place un retour d'amour.

Mon Jésus, mon divin Archer, je baise ta Poitrine. Le feu qu'elle contient est si grand que pour donner un peu d'épanchements à tes flammes et te donner un peu de répit dans ton travail, tu te mets à jouer avec les âmes qui viennent à toi, leur décochant des flèches d'Amour qui sortent de ta Poitrine. Ton jeu consiste à fabriquer des flèches, des dards, des traits; et quand ils frappent les âmes, tu jubiles. Mais beaucoup, ô Jésus, les repoussent et t'envoient en échange des flèches de froideur, des dards de tiédeur et des traits d'ingratitude. Et tu en es tellement affligé que tu pleures amèrement! Ô Jésus, voici ma poitrine prête à recevoir non seulement les flèches qui me sont destinées, mais encore celles que repoussent les autres âmes; ainsi tu ne seras plus vaincu dans ton jeu d'Amour. Et ainsi, je réparerai les froideurs, les tiédeurs et les ingratitudes que tu reçois de ces âmes.

Ô Jésus, je baise ta Main gauche et je veux ainsi réparer pour tous les coups illicites ou blâmables donnés à ta sainte Présence; et je te prie de me tenir toujours serré sur ton Coeur! Gloire au Père, ...

Ô Jésus, je baise ta Main droite, et je veux par là réparer tous les sacrilèges, surtout les messes mal célébrées! Combien de fois, mon Amour, es-tu contraint de descendre du Ciel entre des mains et dans des poitrines indignes, et bien que tu en as la nausée, l'Amour te contraint d'y rester. Il y a même certains de tes ministres qui, par leurs énormes délits et sacrilèges, renouvellent ta Passion, renouvellent le déicide! Jésus, cela m'épouvante rien que d'y penser! Tout comme durant ta Passion tu étais entre les mains des Juifs déicides, tu es entre ces mains indignes, toi, l'agnelet paisible, attendant de nouveau la mort. Mais tu attends aussi leur conversion.

Ô Jésus, combien tu souffres! Tu voudrais bien une main pleine d'amour pour te libérer de ces mains sanguinaires. Ô Jésus, quand tu te trouveras dans de telles mains, je te prie de m'appeler près de toi et, pour réparer, je te couvrirai de la pureté des anges, je te parfumerai de tes Vertus pour calmer la nausée que tu éprouves dans ces mains, et je t'offrirai mon coeur comme abri et refuge. Tandis que tu seras en moi, je te prierai pour les prêtres, afin que tous soient tes dignes ministres. Amen. Gloire au Père, ...

Ô Jésus, je baise ton Pied gauche, et je veux ainsi réparer pour ceux qui te reçoivent par habitude et sans les dispositions requises. Gloire au Père, ...

Ô Jésus, je baise ton Pied droit et, ce faisant, je veux réparer pour ceux qui te reçoivent en t'outrageant. De grâce, je t'en prie, quand ils oseront faire cela, renouvelle le miracle que tu fis pour Longin; comme tu l'as guéri et l'as converti au toucher du Sang qui jaillit de ton Coeur transpercé par sa lance, ainsi, à ton toucher sacramentel, convertis les offenses en actes d'amour et les offenseurs en personnes repentantes! Gloire au Père, ...

Ô Jésus, je baise ton Coeur infiniment doux, dans lequel se déversent tant d'offenses; par mon geste, je veux tout réparer, te donner de l'amour pour tous, et partager toutes tes Peines. Gloire au Père, ...

Ô Archer céleste, si quelque offense échappe à ma réparation, je te prie de m'emprisonner dans ton Coeur et dans ta Volonté, afin que je répare tout. Je prierai ta douce Maman de me garder toujours avec elle, afin que je répare tout pour tous; nous t'embrasserons ensemble. Et en t'embrassant, nous éloignerons de toi les vagues d'amertume que tu reçois des créatures. Ô Jésus, rappelle-toi que moi aussi je suis une pauvre âme pécheresse. De grâce renferme-moi dans ton Coeur. Par tes chaînes d'Amour emprisonne-moi et attache une à une mes pensées, mes affections et mes désirs; enchaîne mes mains et mes pieds à ton Coeur, afin que je n'aie d'autres mains et d'autres pieds que les tiens!

Mon Amour, mon cachot sera ton Coeur, mes chaînes seront formées de ton Amour, tes Flammes seront ma nourriture, ton Souffle sera le mien, les grilles qui m'empêchent de sortir seront ta Volonté infiniment sainte; et ainsi je ne verrai que des flammes, je ne toucherai que du feu, qui, tandis qu'il me donnera la vie, me donnera aussi la mort comme celle que tu subis dans la sainte hostie. Je te donnerai ma vie, et ainsi, tandis que je serai prisonnière en toi, toi, tu seras prisonnier en moi. Ceci n'est-il pas ton dessein dans ton incarcération dans l'hostie, où tu veux être remis en liberté par les âmes qui te reçoivent, retrouvant la vie en elles? Et maintenant, bénis-moi et donne le Baiser mystique d'Amour à mon âme, tandis que moi je reste serrée contre toi en t'embrassant. Gloire au Père, ...

Mon doux Coeur, en instituant l'infiniment Saint Sacrement, tu as entrevu les énormes ingratitudes et offenses des créatures. Mais tu n'as pourtant pas reculé. Blessé et attristé, tu veux tout noyer dans l'immensité de ton Amour. Tu instruis tes apôtres et précises que ce que tu viens de faire, ils doivent le faire eux aussi, leur donnant ainsi le pouvoir de consacrer. Ainsi, tu leur confères le sacerdoce. Ô Jésus, c'est à tous que tu penses, et c'est pour tous et pour tout que tu répares.

La Cène terminée, tu prends avec toi les apôtres et tu t'achemines vers le Jardin de Gethsémani, où va commencer ta douloureuse Passion. Je te suivrai en toutes choses, ô mon Jésus, pour te tenir fidèle compagnie. Et tandis que, triste, tu avances vers le Jardin, moi, je veux réparer pour ces âmes qui sont dissipées et distraites quand elles quittent l'église, et je te prie de donner Lumière et Grâces à ces âmes qui, pendant qu'elles pratiquent les choses saintes, n'en reçoivent aucun profit. 

 

Réflexions et pratiques.

Jésus, caché dans l'hostie, embrasse tous les siècles et donne Vie et Lumière à tous. Ainsi, en nous cachant en Jésus, nous donnerons par nos prières et nos réparations vie et lumière à tous, et même aux hérétiques et aux infidèles, car Jésus n'exclut personne.

Pour nous rendre semblables à Jésus, nous devons tout cacher en lui, c'est-à-dire nos pensées, nos regards, nos paroles, nos émotions, nos affections, nos désirs, nos pas et nos oeuvres. Nos prières également; il faut les cacher dans les Prières de Jésus. Et comme, dans son Eucharistie, Jésus embrasse tous les siècles, de même nous embrasserons tous les siècles avec lui. Serrés contre lui, nous serons la pensée de toute intelligence, la parole de toute langue, le désir de tout coeur, les pas de tout pied, l'oeuvre de tout bras. Ce faisant, nous détournerons du Coeur de Jésus le mal que les créatures veulent lui faire, et nous le presserons de donner à toutes les âmes salut, sainteté et amour.

Pour correspondre à celle de Jésus, notre vie doit être en parfaite conformité avec la sienne. Notre âme doit par l'intention se tenir dans tous les tabernacles du monde pour tenir compagnie à Jésus et lui donner soulagement et réparation continuels. Elle doit faire toutes ses actions dans cette intention. Le premier tabernacle est en nous, en notre coeur. Il faut donc prêter grande attention à tout ce que le bon Jésus veut faire en nous.

Bien des fois, quand Jésus est dans notre coeur, il nous fait ressentir le besoin de prier. Ah! c'est lui qui veut prier et qui nous veut tout proches de lui, s'identifiant presque avec notre voix, nos affections et notre coeur, pour que notre prière s'unifie à la sienne! Pour faire honneur à la Prière de Jésus, soyons attentifs à lui prêter tout notre être.

Il nous faut être attentifs à tous nos mouvements intérieurs, parce que le bon Jésus tantôt nous fait souffrir, tantôt nous veut en prière, tantôt nous met dans tel état d'âme, tantôt dans tel autre, afin que toute sa Vie soit répétée en nous.

Supposons que Jésus nous met dans l'occasion de faire preuve de patience: il reçoit de la part des créatures des offenses telles et si nombreuses qu'il se sent poussé à mettre la main aux fléaux pour frapper les créatures. Et voilà qu'il nous donne l'occasion de faire preuve de patience; nous devons l'honorer en supportant tout avec paix, et notre patience arrachera de ses Mains les fléaux que les autres créatures provoquent, car par nous sera activée sa propre Patience. Comme il en va de la patience, il en va aussi de toutes les autres vertus. Jésus, dans le sacrement d'Amour, pratique toutes les vertus. Et c'est de lui que nous puiserons la force morale, l'indulgence, la patience, la tolérance, l'humilité, l'obéissance, etc.

Le bon Jésus nous donne sa Chair en nourriture, et nous, en guise d'aliment pour lui, donnons-lui notre amour, notre volonté, nos désirs, nos pensées, nos affections. Ainsi nous rivaliserons d'amour avec lui. Ne laissons entrer en nous rien qui ne soit de lui. Ainsi, en tout ce que nous ferons, tout servira d'aliment à notre bien-aimé Jésus. Notre faculté de penser doit alimenter la Pensée divine. Ainsi, si nous pensons saintement, nous alimentons la Pensée divine. De même, notre regard doit alimenter le Regard divin. Nos paroles, nos émotions, nos affections, nos désirs, nos pas, nos oeuvres, tout doit servir à alimenter Jésus. Si nous alimentons Jésus de cette manière, nous devons former l'intention d'alimenter aussi les créatures en Jésus.

Ma douce Vie, quand tu viens en moi, fais en sorte que mes émotions, mes désirs, mes affections, mes pensées, mes paroles, subissent la puissance de la consécration sacramentelle, de sorte qu'elles deviennent autant d'hosties pour te donner aux âmes.

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » jeu. 09 avr. 2020, 21:17

De 21h à 22h
Première Heure de l'Agonie dans le Jardin.

Prière préparatoire

Oraison préparatoire à l'Heure Sainte

Mon Jésus, c'est attiré par ton Amour que je viens te tenir compagnie dans le Jardin. Tu appelles mon coeur blessé, et moi j'accours en me disant: «D'où vient cette attirance d'Amour que je ressens? Ah! peut-être que mon Jésus se trouve dans un tel état d'amertume qu'il ressent le besoin de ma compagnie!» Et je vole vers toi.

Mais je tremble d'horreur en entrant dans ce jardin à cause du froid et de l'obscurité de la nuit. Le lent mouvement des feuilles, comme une voix plaintive, m'annonce la peine, la tristesse et la mort de mon Jésus! Les étoiles, par leur doux scintillement, comme des yeux qui pleurent, sont toutes attentives à regarder. Faisant écho aux Larmes de Jésus, elles me reprochent mes ingratitudes.

En tremblant et à tâtons, je cherche Jésus. Je l'appelle: «Jésus, où es-tu? Tu m'attires à toi et tu ne te laisses pas voir? Tu m'appelles et tu te caches? Tout est terreur ici, tout est épouvante et silence profond!» Je tends l'oreille et j'entends un Souffle pénible. C'est Jésus. Je viens de le trouver. Mais quel changement terrible! Ce n'est plus le doux Jésus de la Cène Eucharistique dont la Figure resplendissait d'une beauté ravissante, mais un Jésus triste, d'une tristesse si mortelle qu'elle le défigure! Il agonise. Et moi, je me sens troublée en pensant que, peut-être, je n'entendrai plus sa Voix! J'embrasse ses Pieds. Puis je me fais plus hardie, je m'approche de ses Bras, je mets ma main sur son Front pour le soutenir et, à voix basse, je lui dis: «Jésus, Jésus!» Et lui, interpellé par ma voix, me regarde et me dit:

«Âme, tu es ici? Ah! je t'attendais. Car la tristesse qui m'opprime le plus, c'est l'abandon total par tous! Je t'attendais pour te rendre spectatrice de mes Peines et te faire partager le calice d'amertume que sous peu mon Père céleste m'enverra par l'entremise d'un ange. Nous le boirons ensemble. Ce ne sera pas un calice de réconfort, mais d'intense amertume! Je ressens le besoin que quelque âme aimante en boive au moins quelques gouttes. Par conséquent, je t'ai appelée pour que tu partages mes Peines, et pour m'assurer de ne pas demeurer seul, dans un total abandon!»

-- «Ah! oui, ô mon Jésus angoissé, nous boirons ensemble le calice de tes Peines, et je ne te quitterai pas!» Rassuré par moi, Jésus entre dans une Agonie mortelle et souffre des Peines intenses, jamais vues auparavant.

«Ô mon Jésus, mon Amour, dis-moi pourquoi tu es si triste, si affligé, et seul dans ce jardin et en cette nuit? C'est la dernière nuit de ta Vie mortelle! Et peu d'heures te restent avant de commencer ta Passion! Ici, j'aurais cru trouver la céleste Maman, Marie Madeleine pleine d'amour et les fidèles apôtres; mais je te trouve seul et en proie à une tristesse qui est pour toi plus qu'une mort cruelle, mais qui ne te fait pas mourir!

«Ô mon Bien et mon Tout, tu ne me réponds pas? Parle-moi. On dirait que la tristesse qui t'opprime est si grande qu'elle t'a fait perdre la parole. Ton Regard si investigateur et plein de Lumière est triste. On dirait que tu cherches de l'aide et du réconfort. Ton Visage pâle et tes Lèvres desséchées, ta Personne divine qui tremble de la tête aux pieds, ton Coeur qui bat très fort à la recherche d'âmes, manifestent une angoisse telle qu'on dirait que d'un moment à l'autre tu vas expirer. Tout me dit que tu te sens très seul et que tu recherches ma compagnie.

«Me voici tout près de toi, ô Jésus. Et mon coeur ne supporte pas de te voir prostré sur le sol. Je te prends entre mes bras et te serre fort sur mon coeur. Une à une, je veux compter tes angoisses et, une à une, les offenses qu'on te fait, afin de te donner pour toutes du soulagement, des réparation, et de la compassion. Ô mon Jésus, tandis que je t'ai ici et que je te serre dans mes bras, je vois que tes Souffrances s'accroissent. Je sens, ô ma Vie, que circule dans tes Veines un feu; ton Sang bouille dans tes Veines, et on dirait qu'il va les déchirer et en sortir!

«Dis-moi, ô mon Amour, qu'as-tu? Je ne vois pas de fouets, d'épines, de clous, ni de croix, et pourtant, alors que j'appuie la tête sur ton Coeur, je ressens que des épines cruelles le transpercent, que des fouets impitoyables n'épargnent aucune parcelle de ta divine Personne, ni à l'intérieur ni à l'extérieur. Je vois tes Mains raidies et contorsionnées plus que par des clous. Dis-moi, ô mon doux Bien, qu'est-ce donc qui a tant de pouvoir, même dans ton for intérieur, qui te fait subir autant de tourments et de morts?»

Ah! il me semble que le doux Jésus entrouvre ses Lèvres et me dit d'une Voix éteinte: «Fille, tu veux savoir ce qui me tourmente plus que les bourreaux mêmes, et pourquoi les tourments de ceux-ci ne seront rien comparés à ce que je souffre actuellement? C'est l'Amour, l'Amour éternel qui, voulant la suprématie en tout, me fait souffrir tout ensemble et dans mes Fibres les plus profondes, ce que les bourreaux me feront souffrir peu à peu dans ma Personne. Âme, c'est l'Amour qui prédomine en moi; l'Amour est un clou pour moi, l'Amour est un fouet pour moi, l'Amour est une couronne d'épines pour moi, l'Amour est tout pour moi, l'Amour est ma Passion éternelle, alors que ce que je souffre dans mon Humanité est temporaire. Ah! mon enfant, entre dans mon Coeur, viens te perdre dans mon Amour! Seulement dans mon Amour tu comprendras combien je souffre pour toi et combien je t'aime, et ainsi tu apprendras à m'aimer et à souffrir par amour!»

-- «Mon Jésus, puisque tu m'appelles dans ton Coeur pour me faire voir ce que l'Amour te fait souffrir, alors j'y entre. Mais que vois-je? Je vois les prodiges de l'Amour: ce n'est pas avec des épines naturelles que l'Amour te couronne la Tête, mais avec des épines de feu; ce n'est pas avec des fouets de cordes qu'il tourmente ton Corps adorable, mais avec des fouets de feu; ce n'est pas avec des clous de fer qu'il te perce les Mains et les Pieds, mais avec des clous de feu. Tout ce qui te pénètre jusque dans la moelle de tes Os est feu. Transformant toute ton Humanité infiniment sainte en feu, l'Amour te donne des Peines indicibles et mortelles, certainement plus que ta Passion elle-même, et il fait de ton Sang un bain d'Amour pour toutes les âmes qui veulent se laver de quelque tache que ce soit et acquérir le droit des fils de l'Amour.

«Ô Amour infini, je me sens confuse devant ton Immensité et je vois que, pour pouvoir entrer dans l'Amour et le comprendre, je dois être tout amour! Mon Jésus, comme tu veux ma compagnie et que tu veux que j'entre en toi, je te prie de me remplir complètement d'Amour. Je te supplie, par conséquent, de couronner ma tête et chacune de mes pensées de la couronne de l'Amour. Je t'implore, ô Jésus, de me flageller avec les fouets de l'Amour. Mon âme, mon corps, mes sentiments, mes désirs, mes affections, que tout soit flagellé et scellé par l'Amour. Fais en sorte, ô Amour infini, que tout en moi ne vive que par l'Amour. Ô Jésus, centre de tout amour, je te supplie de me clouer les mains et les pieds avec les clous de l'Amour, afin que je devienne Amour, que je comprenne l'Amour. Que je sois vêtue par l'Amour, nourrie par l'Amour! Que l'Amour me tienne toute clouée à toi, et que rien, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de moi, ne me détache de l'Amour!»

 

Réflexions et pratiques.

Abandonné par son Père, Jésus souffrit durant cette heure un incendie d'Amour tel qu'il eut le pouvoir de détruire tous les péchés imaginables et possibles, d'enflammer de son Amour toutes les créatures, même de millions et de millions de mondes, tous les réprouvés de l'enfer, si seulement ils n'étaient pas éternellement obstinés dans leur iniquité. Entrons en Jésus, pénétrons dans ses Fibres les plus profondes, dans ses Pulsations enflammées, dans son Intelligence embrasée, et emparons-nous de tout cet Amour qui l'incendie.

Puis nous plongeant dans sa Volonté, nous y trouverons toutes les créatures. Touchant le coeur et l'intelligence de chacune avec l'Amour de Jésus, avec ses Désirs, ses Battements de Coeur et ses Pensées, formons Jésus en chacune. Ensuite, présentons-lui toutes les créatures qui le portent dans leur coeur et mettons-les autour de lui en lui disant: «Jésus, je te présente toutes les créatures qui te possèdent dans leur coeur, pour te donner du soulagement et du réconfort. Je ne connais pas d'autre moyen pour soulager ton Coeur!» Ce faisant, nous donnerons un vrai soulagement à Jésus, car il y a tant de flammes qui le brûlent, qu'il nous dit et nous redit: «Je suis calciné par l'Amour et il n'y a personne qui veut mon Amour. De grâce, soulagez-moi, acceptez mon Amour et donnez-moi de l'amour!»

Pour nous conformer en toute chose à Jésus, nous devons rentrer en nous-mêmes et nous poser cette question: «En tout ce que je fais, puis-je dire qu'il y a un flux continu d'Amour qui circule entre Dieu et moi?» Notre vie est habitée par un incessant flux d'Amour nous venant de Dieu. Quand nous pensons, il y a ce flux d'Amour; quand nous agissons, il y a ce flux d'Amour; la parole est Amour, les battements de notre coeur sont Amour.

Nous recevons tout de Dieu, mais nos actions courent-elles vers Dieu avec amour? Jésus trouve-t-il en nous le doux enchantement de son Amour qui, à travers nous, retourne vers lui, afin que, ravi par cet enchantement, il surabonde d'un Amour encore plus grand pour nous? Si en tout ce que nous faisons, notre amour pour Dieu n'est pas notre premier mobile d'action, entrons en nous-mêmes et demandons-lui pardon de lui avoir fait perdre le doux enchantement de notre retour d'amour.

Nous laissons-nous travailler par les Mains divines comme ce fut le cas pour l'Humanité de Jésus? Tout ce qui nous arrive, sauf le péché, nous devons le considérer comme une Activité divine intense en nous. Si telle n'est pas notre attitude, nous refusons au Père la gloire qui lui est due, nous mettons en fuite la Vie divine en nous, et nous perdons la sainteté. Tout ce que nous ressentons en nous: inspirations, tribulations, grâces, n'est rien d'autre que l'Activité intense de l'Amour en nous.

Voyons-nous les choses de cette manière? Donnons-nous à Jésus la liberté de travailler en nous? Ou bien en prenant tout ce qui nous arrive dans un sens humain, regardant tout comme indifférent, repoussons-nous l'Activité intense de Dieu en nous, le contraignant à se croiser les bras? Nous abandonnons-nous entre ses Bras comme des morts pour recevoir tous les coups de pinceau que le Seigneur nous donnera pour notre sanctification?

«Mon Amour et mon Tout, que ton Amour m'inonde de toute part et brûle en moi tout ce qui n'est pas de toi. Fais en sorte que ce qui est à moi accoure vers toi, pour que tu puisses brûler tout ce qui pourrait attrister ton Coeur.»

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » jeu. 09 avr. 2020, 22:03

De 22h à 23h
Deuxième Heure de l'Agonie dans le Jardin.

Prière préparatoire

Oraison préparatoire à l'Heure Sainte.

Ô mon Jésus, cela fait déjà une heure que tu te trouves dans le Jardin; l'Amour a pris chez toi la suprématie, te faisant souffrir en un seul coup ce que les bourreaux te feront souffrir tout au long de ton amère Passion. L'Amour parvient même à te faire souffrir ce que les bourreaux ne pourront pas te faire souffrir, jusque dans les parties les plus profondes de ta Personne divine! Mon Jésus, je vois que, même si tes pas sont vacillants, tu veux marcher. Dis-moi, ô mon Bien, où veux-tu aller? Ah! tu vas retrouver tes bien-aimés disciples. Je veux t'accompagner pour te soutenir de mes bras si tu vacilles!

Et voici une autre amertume pour ton Coeur! Tes apôtres dorment. Et toi, toujours compatissant, tu les appelles, tu les réveilles et, avec un Amour paternel, tu les réprimandes, tu leur recommandes de veiller et de prier. Puis tu retournes dans le Jardin.

Mais ton Coeur porte une autre Blessure. Dans cette Blessure, je vois, ô mon Amour, toutes les blessures des âmes qui te sont consacrées et qui, soit à cause de la tentation, soit par négligence, au lieu de se serrer contre toi en veillant et en priant, se laissent aller. Au lieu de faire des progrès dans l'amour et dans l'union avec toi, somnolentes, elles s'attiédissent et reculent! Combien je compatis avec toi ô Amoureux passionné, et je veux réparer toutes leurs ingratitudes! Voilà le genre d'offenses qui attriste le plus ton Coeur adorable. Elle est si grande, cette amertume qui t'opprime, qu'elle te mène au délire. Ô Amour infini, ton Sang, qui bouille dans tes Veines, vainc tout et oublie tout! Je te vois prosterné par terre et en prière profonde. Tu t'offres, tu répares et, au nom de tous, tu cherches à glorifier le Père.

Je me prosterne avec toi ô Jésus, et je veux faire ce que tu fais. Mais que vois-je? Je te vois chargé de tous les péchés du monde: nos misères, nos faiblesses, nos délits les plus énormes, nos ingratitudes les plus noires, nos iniquités les plus épouvantables, nos cruautés les plus atroces, nos haines, nos massacres, nos blasphèmes, nos hérésies, nos schismes, et tout l'abîme des bassesses humaines se présentent devant toi, t'oppriment, t'écrasent, te blessent. Et toi, que fais-tu? Ton Sang qui bouille dans tes Veines fait face à ces offenses, tes Veines s'ouvrent et le Sang sort à l'extérieur, il baigne tes vêtements, coule par terre: tu donnes ton Sang pour ces offenses, ta Vie pour contrer la mort.

Ô Amour, à quel état je te vois réduit! Tu expires! Ô mon Bien, ma douce Vie, de grâce, ne meurs pas! Dégage ton Visage de cette terre baignée de ton Sang. Viens dans mes bras, fais en sorte que moi, en t'embrassant, je meure à ta place. Mais j'entends ta Voix moribonde dire: «Père, si c'est possible, que s'écarte de moi ce calice; cependant, non pas ma Volonté, mais la tienne.» C'est la deuxième fois que j'entends ces mots de ta Bouche. Oh! comme les Accents de ta Voix déchirent mon coeur!

Toutes les révoltes des créatures se présentent devant toi et ce «fiat Voluntas tua» qui devrait être le principe de vie de toute créature, tu le vois rejeté par presque toutes. En conséquence, au lieu de trouver la vie, elles trouvent la mort. Et toi, voulant donner la vie à toutes et faire une Réparation solennelle au Père pour leurs révoltes, tu répètes une troisième fois: «Père, si c'est possible, que s'écarte de moi ce calice. Ce calice, pour moi, est très amer; cependant, non pas ma Volonté, mais la tienne.» Ô mon Bien, l'amertume qui t'opprime est si grande que tu en es réduit à la dernière extrémité: tu agonises, tu es sur le point de rendre le dernier soupir!

Ô Jésus, mon Amour, pendant que tu es entre mes bras, je veux m'unir à toi, réparer et compatir avec toi pour tous les manquements qui se font contre ta Volonté infiniment sainte et, en même temps, te prier pour qu'en toutes choses je fasse toujours personnellement ta Volonté! Que ta Volonté soit ma respiration, mon coeur, ma sensibilité, ma pensée, ma vie, et mon triomphe à l'heure de ma mort.

De grâce, ô Jésus, ne meurs pas; où irai-je sans toi? À qui vais-je m'adresser? Qui m'aidera? Tout sera fini pour moi! De grâce, ne me laisse pas, garde-moi toujours avec toi. Qu'il n'arrive jamais, ne fût-ce qu'un instant, que je sois séparée de toi! Laisse-moi te soulager, réparer pour toi, compatir avec toi à la place de tous, car je vois que tous les péchés, quels qu'ils soient, t'écrasent!

Mon Amour, je baise ta Tête infiniment sainte. Mais que vois-je? Je vois toutes les pensées mauvaises dont tu ressens l'horrible laideur; chacune d'elles est une épine qui pique cruellement ta Tête. Ô Jésus, les Juifs ne te mettront qu'une seule couronne d'épines; mais combien de couronnes terribles les pensées mauvaises de toutes les créatures mettent sur ta Tête adorable! Jésus, je compatis avec toi! Je voudrais te mettre autant de Couronnes de Gloire. Et pour te soulager et te donner de la compassion pour tous, je t'offre les intelligences angéliques et ta propre Intelligence.

Ô Jésus, je baise tes Yeux compatissants, et je vois en eux tous les regards méchants des créatures qui font couler sur ton Visage des Larmes de Sang. Je compatis avec toi! Je voudrais soulager ta Vue en disposant devant toi toutes les délices visuelles du Ciel et de la terre.

Jésus, mon Bien, je baise tes Oreilles infiniment saintes; mais qu'entends-je? J'entends en elles l'écho d'horribles blasphèmes, de cris de vengeance et de malédictions. Ô Amour insatiable, je compatis avec toi et je veux te consoler en faisant résonner à tes Oreilles toutes les harmonies du Ciel, la Voix exquise de ta chère Maman, les accents embrasés de Marie Madeleine et de toutes les âmes aimantes.

Jésus, ma Vie, c'est un baiser fervent que je dépose sur ton Visage, dont la beauté est sans pareille! Pourtant, ce Visage que les anges contemplent avec ravissement, les créatures le giflent et le souillent par des crachats. Mon Amour, quelle effronterie! Je voudrais crier assez fort pour mettre ces créatures en fuite! Je compatis avec toi et pour réparer ces insultes je me tourne vers la Très Sainte Trinité pour demander les Baisers du Père et du Saint-Esprit, les Caresses divines de leurs Mains créatrices. Je m'adresse aussi à ta Maman céleste, afin qu'elle me donne ses Baisers, les Caresses de ses Mains maternelles, ses Adorations profondes, et je t'offre tout cela en réparation des offenses qui sont faites à ton Visage infiniment beau et saint!

Mon doux Bien, je baise ta Bouche infiniment douce, remplie d'amertume par les horribles blasphèmes, par la nausée que te donnent les ivresses et la gourmandise, par les conversations obscènes, par les prières mal faites, par les enseignements pernicieux, par tout le mal que fait l'homme au moyen de sa langue. Jésus, je compatis avec toi et je veux enlever l'amertume de ta Bouche en t'offrant toutes les louanges angéliques et le bon usage que font de leur langue tant de saints chrétiens.

Mon Amour opprimé, je baise ton Cou. Je le vois chargé de cordes et de chaînes à cause des attachements coupables des créatures. Je compatis avec toi et pour te soulager, je t'offre l'union indissoluble des trois Personnes divines. Et moi, me fondant au milieu de cette union, je te tends les bras. Et formant de douces chaînes d'amour autour de ton Cou, j'éloigne de toi les cordes des attachements coupables qui te font suffoquer, tandis que je te serre fort contre mon coeur.

Force divine, je baise tes Épaules infiniment saintes. Je les vois lacérées, leur Chair presque arrachée par morceaux à cause des scandales et des mauvais exemples des créatures. Je compatis avec toi et pour te soulager je t'offre tes exemples infiniment saints, ceux de la Reine Maman, et ceux de tous les saints. Et moi, ô mon Jésus, faisant courir mes baisers sur chacune de tes Plaies, j'y enferme les âmes qui, à la suite de scandales, ont été arrachées à ton Coeur, pour ainsi remettre en état les Chairs de ta sainte Humanité.

Mon Jésus angoissé, je baise ta Poitrine que je vois blessée par les froideurs et les tiédeurs des créatures, leur manque de réciprocité et leurs ingratitudes. Je compatis avec toi et pour te soulager je t'offre la parfaite correspondance d'Amour des trois Personnes divines. Et moi, ô mon Jésus, en me plongeant dans ton Amour, je veux te faire un abri pour te protéger des nouveaux coups que les créatures te porteront par leurs péchés. Et je veux blesser ces créatures par ton Amour, afin qu'elles n'osent plus t'offenser. Je veux verser ton propre Amour sur ta divine Poitrine pour la soulager et la guérir.

Mon Jésus, je baise tes Mains créatrices. Je vois toutes les actions mauvaises des créatures qui, comme autant de clous, transpercent tes Mains infiniment saintes, si bien que ce n'est pas par trois clous, comme sur la Croix, que tu es transpercé, mais par autant de clous qu'il y a d'oeuvres mauvaises faites par les créatures. Je compatis avec toi et pour te soulager je t'offre toutes les oeuvres saintes des martyrs, leur courage à donner leur sang et leur vie par amour pour toi. En somme, je veux, ô mon Jésus, t'offrir toutes les bonnes oeuvres des créatures pour t'enlever les nombreux clous que constituent leurs oeuvres mauvaises.

Ô Jésus, je baise tes Pieds infiniment saints, infatigables dans la recherche des âmes. En eux, tu renfermes tous les pas des créatures. Mais tu sens que beaucoup te fuient et tu voudrais les retenir. À chacun de leurs mauvais pas, tu te sens mettre un clou. Et tu veux te servir de leurs propres clous pour les clouer à ton Amour. La Souffrance que tu ressens et l'effort que tu fais pour les clouer à ton Amour sont si grands que tu en trembles. Mon Dieu et mon Bien, je compatis avec toi et pour te consoler je t'offre les pas des bons religieux et des âmes fidèles qui risquent leur vie pour sauver les âmes.

Ô Jésus, je baise ton Coeur! Tu continues à agoniser, non pas tant à cause de ce que te feront souffrir les Juifs, mais à cause de la douleur que te donnent les offenses de toutes les créatures. Durant ces Heures, tu veux que je donne la suprématie à l'Amour; la deuxième place à tous les péchés pour lesquels tu expies, répares, glorifies le Père et apaises la Justice divine; la troisième place aux Juifs qui te feront souffrir ta Passion. Ainsi tu nous montres que la Passion que te feront souffrir les Juifs ne sera rien d'autre que le reflet de la double Passion extrêmement amère que te font souffrir l'Amour et les péchés.

Et c'est pourquoi je vois dans ton Coeur, toutes trois concentrées, la lance de l'Amour, la lance du péché, et la lance des Juifs. Et ton Coeur amoureux souffre des convulsions violentes, des impatiences d'Amour, des Désirs qui te consument, des Pulsations embrasées qui voudraient enflammer tous les coeurs. Et tu ressens dans ton Coeur la Souffrance que te procurent les créatures qui, par leurs désirs mauvais, leurs affections et leurs émotions désordonnées, cherchent d'autres amours que le tien.

Jésus, combien tu souffres! Je te vois t'évanouir, submergé par les vagues de nos iniquités! Je compatis avec toi et je veux adoucir l'amertume de ton Coeur triplement transpercé, en t'offrant les douceurs éternelles, l'Amour exquis de ta chère Maman et celui de tous ceux qui t'aiment vraiment.

Et maintenant, ô mon Jésus, fais en sorte que ce soit de ton Coeur que mon propre coeur tire sa vie, afin qu'il ne vive que de ton seul Amour. Et en toute offense que tu recevras, fais que je sois toujours prête à t'offrir soulagement, réconfort, réparation, actes d'amour, sans interruption.

 

Réflexions et pratiques.

Pendant sa deuxième Heure d'Agonie dans le Jardin, tous les péchés de tous les temps se sont présentés devant Jésus. Il a pris sur lui-même tous ces péchés pour donner au Père Gloire et Réparation complètes.

Il éprouva dans son Coeur tous nos états d'âme sans jamais cesser de prier. Et nous, dans nos divers états d'âme -- froideurs, duretés, tentations --, est-ce que nous savons prier sans cesse? Sommes-nous constants dans la prière? Savons-nous rester avec courage aux pieds de Jésus, lui donner tout ce que nous souffrons afin qu'il retrouve en nous sa propre Humanité? L'Humanité de Jésus, que faisait-elle? Elle glorifiait son Père, elle expiait, elle priait pour le salut des âmes. Et nous, en tout ce que nous faisons, portons-nous ces trois intentions?

Mon Jésus, pour compatir avec toi et pour te soulager de l'accablement total dans lequel tu te trouves, je m'élève jusqu'au Ciel et je fais mienne ta propre Divinité et, en te la présentant, je veux réparer toutes les offenses des créatures. Je t'offre ta Beauté pour te consoler de la laideur du péché, ta Sainteté pour te consoler de l'horreur de toutes ces âmes qui te font éprouver le dégoût parce qu'elles sont mortes à la Grâce, ta Paix pour te consoler des discordes et des révoltes de toutes les créatures, tes Harmonies pour dédommager ton Ouïe des propos mauvais des créatures.

Mon Jésus, je veux t'offrir autant d'Actes divins réparateurs qu'il y a d'offenses qui t'attaquent comme si elles voulaient te donner la mort. Je veux projeter ta Divinité sur toutes les créatures, afin que, à ton Contact divin, elles n'osent plus t'offenser. C'est seulement ainsi, ô Jésus, que je pourrai compatir avec toi pour toutes les offenses que tu reçois des créatures.

Ô ma douce Vie, que mes prières et mes peines s'élèvent toujours vers le Ciel pour faire pleuvoir sur toutes les créatures ta Lumière et absorber en moi ta propre Vie.

 

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » jeu. 09 avr. 2020, 22:04

Prière de remerciements.

Je te rends grâce, ô mon infiniment doux Seigneur, d'avoir daigné m'admettre en ta sainte Compagnie pendant au moins une heure de ta terrible Agonie dans le Jardin. Ce fut sans doute pour toi un réconfort médiocre, mais l'Amour infini de ton Coeur compatissant te fait trouver du soulagement même dans le plus petit acte de compassion envers toi! Ah! la vue de ton adorable Personne tremblante, abattue, humiliée, effondrée dans la poussière, toute couverte de sueur de Sang dans la sombre horreur du Jardin ne me sortira plus de l'esprit! Et j'ai éprouvé, ô Jésus, que d'être avec toi souffrant, de goûter ne serait-ce qu'une goutte de l'amertume angoissante de ton divin Coeur, est le plus grand destin qu'on puisse avoir sur cette terre!

Ô Jésus, c'est avec générosité que je renonce aux choses terrestres et trompeuses. Je ne veux que toi, mon Seigneur opprimé, souffrant, affligé! Du Jardin jusqu'au Calvaire je veux te tenir compagnie avec fidélité et douceur.

Ô Jésus, fais en sorte que je sois capturée avec toi, traînée avec toi aux tribunaux; fais que je partage les outrages, les insultes, les crachats et les gifles dont tes ennemis te couvriront; conduis-moi avec toi de Pilate à Hérode et de Hérode à Pilate; lie-moi avec toi à la colonne et fais-moi ressentir une partie de tes coups de fouet; donne-moi quelques-unes de tes épines, Jésus, pour quelles me transpercent; fais en sorte qu'avec toi je sois condamnée à mourir crucifiée, toi en tant que victime d'Amour pour moi, et moi en tant que victime expiatrice pour mes péchés!

Donne-moi le destin du Cyrénéen pour t'accompagner jusqu'au Calvaire, et là, fais en sorte qu'avec toi je sois clouée sur la Croix, que j'y agonise et y meure avec toi.

Ô Mère affligée, qui m'as aidée à compatir avec Jésus agonisant dans le Jardin, aide-moi à être crucifiée avec toi sur la Croix de Jésus, et de savoir lui offrir les réparations avec les mérites mêmes de sa Passion et de sa Mort sur la Croix. Amen.

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » ven. 10 avr. 2020, 1:27

DDe 23h à 24h
Troisième Heure de l'Agonie dans le Jardin.

Prière préparatoire

Oraison préparatoire à l'Heure Sainte

Mon doux Bien, je te regarde et je vois que tu continues à agoniser. Ton Sang s'écoule de tout ton Corps et, ne pouvant plus te tenir debout, tu tombes dans la marre de ton Sang répandu. Ô mon Amour, mon coeur se brise à te voir si faible et exténué! Ton adorable Visage et tes Mains créatrices reposent sur le sol et trempent dans ton propre Sang. Aux fleuves d'iniquités provenant des créatures, tu opposes les fleuves de ton Sang précieux pour faire en sorte que toutes nos fautes soient noyées dans ce Sang et que chacun profite de ton Pardon. Mais, de grâce, ô mon Jésus, relève-toi, c'est trop!

Et pendant que mon aimable Jésus semble mourir dans son Sang, l'Amour lui donne une nouvelle Vie. Je le vois bouger avec peine. Il se lève, et tout trempé de Sang et de boue, il semble qu'il veuille marcher. Mais, n'en ayant pas la force, c'est à peine s'il arrive à se traîner. Ma douce Vie, laisse-moi te serrer dans mes bras.

Et tu vas voir tes chers disciples? Mais quel n'est pas ta Souffrance de les trouver de nouveau endormis! D'une Voix presqu'éteinte, tu les interpelles: «Mes fils, ne dormez pas, l'heure est proche, ne voyez-vous pas à quel état je suis réduit? De grâce, aidez-moi, ne m'abandonnez pas en ces heures si terribles!»

Tu vacilles et tu es sur le point tomber, ô Jésus. Alors Jean étend les bras pour te soutenir. Tu es tellement méconnaissable que si ce n'était de ta suave Voix, tes disciples ne te reconnaîtraient pas. Puis, leur recommandant de veiller et de prier, tu retournes dans le Jardin. Mais je décèle dans ton Coeur une nouvelle Blessure. J'y vois les fautes de ces âmes que tu as comblées de tes Faveurs, Dons et Caresses, et qui, durant les nuits de l'épreuve, restent comme assoupies et endormies, perdant ainsi l'esprit de prière et de veille continuelles.

Mon Jésus, il est pourtant vrai que pour l'âme qui a goûté à tes Caresses et qui, par la suite en est privée, il lui faut une grande force, presque un miracle, pour résister à l'épreuve. Par conséquent, tandis que je compatis avec toi pour ces âmes dont les négligences, les légèretés et les offenses sont particulièrement amères à ton Coeur, je te prie, au cas où elles parviendraient à faire un seul pas qui puisse te déplaire, de les entourer de tant de Grâces qu'elles les arrêtent afin qu'elles ne perdent pas l'esprit de prière continuelle!

Mon doux Jésus, tandis que tu retournes dans le Jardin, on a l'impression que tu n'en peux plus. Tu élèves au Ciel ta Face trempée de Sang et de terre, et tu répètes pour la troisième fois: «Père, si c'est possible, que s'écarte de moi ce calice. Père Saint, aide-moi, j'ai besoin de réconfort. Il est vrai qu'à cause des fautes chargées sur mon dos, je suis répugnant, repoussant, le dernier parmi les hommes devant ta Majesté infinie, que ta Justice est indignée contre moi. Mais regarde-moi, ô Père, je suis toujours ton Fils ne faisant qu'un avec toi. De grâce, aie pitié de moi, ô Père, ne me laisse pas sans réconfort!»

Puis il me semble entendre que tu appelles à l'aide ta chère Maman: «Douce Maman, serre-moi dans tes Bras comme tu le faisais quand j'étais enfant, donne-moi ce lait que tu me donnais alors, pour me restaurer et adoucir les amertumes de mon Agonie. Donne-moi ton Coeur, qui était tout mon contentement. Maman, Marie Madeleine, chers apôtres, vous tous qui m'aimez, aidez-moi, réconfortez-moi, ne me laissez pas seul en ces derniers moments, faites cercle autour de moi, réconfortez-moi par votre compagnie et votre amour!»

Jésus, mon Amour, qui pourrait résister en te voyant à cette extrémité? Pourrait-il y avoir un coeur si dur qu'il ne se briserait pas à te voir ainsi suffoquer dans ton Sang? Qui ne fondrait pas en larmes en entendant tes Accents douloureux en quête d'aide et de réconfort? Mon Jésus, je vois le Père qui t'envoie un ange pour te réconforter et t'aider, afin que tu sortes de cet état d'agonie et que tu puisses te remettre toi-même entre les mains des Juifs.

Tandis que tu seras avec l'ange, moi je parcourrai le Ciel et la terre. Tu me permettras de prendre ce Sang que tu as versé, afin que je puisse le donner à tous les hommes comme gage de salut et t'apporter en échange et en guise de réconfort, leurs affections, leurs émotions, leurs pensées, leurs pas, leurs oeuvres.

Maman céleste, je viens à toi pour que nous allions ensemble chez toutes les âmes, leur donner le Sang de Jésus. Douce Maman, Jésus veut du réconfort, et le plus grand réconfort que nous puissions lui donner est de lui amener des âmes. Marie Madeleine, accompagne-nous. Tous les anges, venez voir à quel point Jésus est accablé. Il veut de tous du réconfort. Son accablement est si grand qu'il ne refuse personne.

Mon Jésus, tandis que tu bois le calice d'amertume que le Père céleste t'envoie, je t'entends dire: «Âmes, âmes, venez, soulagez-moi, prenez place dans mon Humanité. Je vous veux, je vous désire! De grâce, ne faites pas la sourde oreille à mes Appels! Ne rendez pas vains mes Désirs ardents, mon Sang, mon Amour, mes Peines! Venez, âmes, venez!»

Jésus, chacun de tes gémissements est une blessure à mon coeur. Je fais miens ton Sang, ton Vouloir, ton Zèle ardent, ton Amour. Et, parcourant le Ciel et la terre, je veux aller chez toutes les âmes pour leur donner ton Sang comme gage de salut, puis te les apporter pour calmer tes Désirs véhéments et adoucir les Amertumes de ton Agonie. Et pendant que je le ferai, daigne m'accompagner de ton Regard.

Maman, je viens chez toi, car Jésus veut du réconfort, il veut des âmes. Donne-moi ta Main maternelle et parcourons ensemble le monde entier à la recherche d'âmes. Renfermons dans son Sang les affections, les désirs, les pensées, les actions et les pas de toutes les créatures, et remplissons leurs âmes des Flammes de son Coeur, afin qu'elles cèdent et, qu'une fois qu'elles seront enfermées ainsi dans son Sang et transformées par ses Flammes, nous les conduisions à lui pour alléger les Peines de son Agonie. Mon ange gardien, précède-moi et va préparer les âmes qui doivent recevoir ce Sang afin qu'aucune goutte ne reste sans son effet puissant.

Maman, vite, allons-y, je vois le Regard de Jésus qui nous suit et nous pousse à activer notre tâche. Et voici, ô Maman, qu'aux premiers pas nous sommes aux portes des maisons où gisent les infirmes. Combien de membres martyrisés! Combien, à cause de l'atrocité de leurs souffrances, éclatent en blasphèmes et essaient de s'enlever la vie! D'autres sont abandonnés de tous et n'ont personne qui leur donne une parole de réconfort, les secours les plus nécessaires et, par conséquent, ils jurent et désespèrent encore plus.

Ah! Maman, j'entends les Sanglots de Jésus qui voit se changer en offenses ses plus chères marques d'Amour, qui font souffrir les âmes pour les rendre semblables à lui. De grâce, donnons-leur son Sang, afin qu'il leur fournisse l'aide nécessaire et que, par sa Lumière, il leur fasse comprendre le bien qui se trouve dans la souffrance. Et toi, Maman, mets-toi tout près d'eux et, en tant que Mère affectueuse, touche de tes Mains maternelles leurs membres endoloris, calme leurs souffrances, prends-les entre tes Bras et, de ton Coeur, verse des torrents de Grâces sur toutes leurs peines. Tiens compagnie aux abandonnés, console les affligés. Pour qui manque des moyens nécessaires, dispose des âmes généreuses pour les secourir; pour qui se trouve soumis à l'atrocité des tourments, obtiens par tes Prières un répit et du repos, afin que, fortifiés, ils puissent avec plus de patience supporter ce que Jésus dispose pour eux.

Cheminons encore et entrons dans les chambres des moribonds. Maman, quelle terreur! Combien d'âmes sont sur le point de tomber en enfer! Combien de gens, après une vie de péchés, donnent l'ultime Douleur au Coeur de Jésus en accompagnant leur dernier souffle d'un acte de désespoir. Il y a beaucoup de démons autour d'eux, jetant dans leur coeur la terreur et l'épouvante des jugements divins, menant leurs dernières attaques afin de les amener en enfer.

D'autres, liés par les liens de la terre n'arrivent pas à se résigner à faire le dernier pas. De grâce, ô Maman, ce sont leurs derniers moments, ils ont grand besoin d'aide. Ne vois-tu pas comme ils tremblent, comment ils se débattent dans les tourments de l'agonie, comment ils cherchent de l'aide et de la pitié? Déjà la terre est disparue pour eux! Sainte Maman, mets ta Main maternelle sur leur front gelé, accueille leur dernier souffle, donne à chacun le Sang de Jésus et mets ainsi en fuite les démons. Dispose-les à recevoir les derniers sacrements et à avoir une bonne et sainte mort.

En guise de réconfort, donnons-leur les Agonies de Jésus, ses Baisers, ses Larmes, ses Plaies. Rompons les liens qui les tiennent liés aux ténèbres, faisons entendre à tous la parole du pardon et mettons-leur tant de confiance dans le coeur qu'ils s'élanceront dans les Bras de Jésus. Et, quand il les jugera, Jésus les trouvera couverts de son Sang, abandonnés entre ses Mains, et il leur accordera son Pardon.

Cheminons encore, ô Maman. Vois comme la terre est pleine d'âmes qui sont sur le point de tomber dans le péché. Il faudrait un miracle pour empêcher leur chute. Par conséquent, donnons-leur le Sang de Jésus pour qu'ils trouvent en lui la force et la grâce pour ne pas tomber dans le péché.

Allons-y pour un autre pas, ô Maman. Voici des âmes déjà tombées dans la faute et qui voudraient une aide pour se relever. Jésus les aime, mais il les regarde horrifié parce qu'elles sont souillées. Donnons-leur le Sang de Jésus, pour qu'elles trouvent la main qui les relèvera. Vois, ô Maman, ce sont des âmes qui ont grand besoin de ce Sang, des âmes mortes à la Grâce. Oh! comme leur état est déplorable! Le Ciel les regarde et pleure de douleur; la terre les regarde avec dégoût; tous les éléments sont contre elles et voudraient les détruire, parce qu'elles sont les ennemis du Créateur. De grâce, ô Maman, puisque le Sang de Jésus donne la vie, donnons-le à ces âmes, afin qu'à son contact, elles ressuscitent et qu'elles ressuscitent plus belles encore, et qu'ainsi elles fassent sourire tout le Ciel et toute la terre.

Cheminons encore, ô Maman. Vois, il y a des âmes qui portent la marque de la perdition, qui pèchent et s'enfuient de Jésus, qui l'offensent et désespèrent de son Pardon. Ce sont elles les nouveaux Judas répandus sur la terre et qui percent le Coeur de Jésus. Donnons-leur le Sang de Jésus, afin qu'il annule la marque de la perdition qu'elles portent et la remplace par celle du salut; qu'il mette dans leur coeur une telle confiance et un tel amour après la faute, qu'elles accourent aux pieds de Jésus et s'attachent à ses Pieds divins pour ne plus jamais s'en détacher. Vois, ô Maman, il y a des âmes qui courent follement vers la perdition et il n'y a personne pour arrêter leur course. Mettons ce Sang sous leurs pieds, afin qu'à son contact elles reculent et se remettent sur le chemin du salut!

Poursuivons notre course, ô Maman. Vois, il y a des âmes qui sont bonnes, des âmes innocentes dans lesquelles Jésus trouve ses complaisances et son repos, mais les créatures sont autour d'elles avec beaucoup de pièges et de scandales pour leur arracher cette innocence et changer les complaisances et le repos de Jésus en amertume. Scellons l'innocence de ces âmes du Sang de Jésus comme d'un mur de protection, afin que la faute n'entre pas en elles. Que ce Sang mette en fuite quiconque voudrait les contaminer, et qu'il les conserve sans tache et pures pour la plus grande Joie de Jésus.

Mais, ô Maman, le Sang de Jésus crie et veut d'autres âmes encore. Courons ensemble, et rendons-nous dans les régions des hérétiques et des infidèles. Combien de douleurs Jésus ne ressent-il pas dans ces régions. Lui qui est la Vie de tous, n'a en retour pas même un petit acte d'amour de ces âmes. Il n'est pas connu de ses propres créatures. De grâce, ô Maman, donnons-leur ce Sang, afin qu'il mette en fuite les ténèbres de l'ignorance et de l'hérésie. Ô Marie, fais-leur comprendre qu'ils ont une âme et ouvre-leur le Ciel. Mettons-les tous dans le Sang de Jésus, conduisons-les près de lui comme autant d'enfants orphelins et exilés qui retrouvent leur père. Ainsi Jésus se sentira réconforté dans son Agonie.

Mais Jésus ne semble pas totalement content, il veut encore d'autres âmes: les âmes moribondes de ces mêmes régions. Il sent qu'elles s'arrachent de ses Bras pour se diriger vers l'enfer. Ces âmes sont sur le point d'expirer et de tomber dans l'abîme, et personne n'est près d'elles pour les aider. Et il n'y a plus de temps, ce sont les derniers moments pour elles. Pour que le Sang de Jésus ne soit pas répandu en vain pour elles, volons vers elles, versons le Sang de Jésus sur leur tête pour qu'il leur serve de baptême et infuse en elles la foi, l'espérance et l'amour.

Mets-toi, ô Maman, tout près de ces personnes, supplée à tout ce qui leur manque. Même montre-toi à elles: sur ton Visage resplendit la Beauté de Jésus; tes manières d'agir sont les siennes et donc, en te voyant, elles pourront connaître Jésus. Puis, presse-les sur ton Coeur maternel, infuse en elles la Vie de Jésus qui t'habite, dis-leur qu'en tant que leur Mère tu les veux heureuses pour toujours avec toi dans le Ciel et, pendant qu'elles expirent, prends-les dans tes Bras, puis dépose-les dans les Bras de Jésus. Et si, selon les droits de la Justice, Jésus fait montre de ne pas vouloir les recevoir, rappelle-lui l'Amour avec lequel il te les a confiées sous la Croix; réclame tes droits de Mère, de sorte qu'à ton Amour et à tes Prières, Jésus ne saura résister. Et tandis qu'il contentera ton Coeur, il contentera aussi le sien.

Ô Maman, prenons ce Sang et donnons-le à tous: aux affligés, pour qu'ils en obtiennent du réconfort; aux pauvres, pour que, résignés, ils vivent leur pauvreté; à ceux qui subissent la tentation, pour qu'ils obtiennent la victoire; aux incroyants, pour que triomphe en eux la vertu de foi; aux blasphémateurs, pour qu'ils changent leurs blasphèmes en bénédictions; aux prêtres, pour qu'ils comprennent leur mission et soient de dignes ministres de Jésus. Touche leurs lèvres avec ce Sang, afin qu'ils ne disent aucune parole qui ne rende gloire à Dieu; touche leurs pieds, afin qu'ils s'empressent d'aller à la recherche d'âmes à conduire à Jésus. Donnons ce Sang aux gouvernants des peuples, pour qu'ils soient unis entre eux et ressentent de la douceur et de l'amour envers leurs sujets.

Rendons-nous maintenant au Purgatoire. N'entends-tu pas, ô Maman, les gémissements des âmes qui s'y trouvent? Ne vois-tu pas leurs désirs véhéments d'amour, leurs tortures, leurs élans incessants vers le Bien suprême? Vois comment Jésus lui-même veut les purifier plus vite pour les avoir avec lui. Il les attire par son Amour, mais quand elles arrivent en sa divine Présence, ne pouvant encore soutenir la pureté du Regard divin, elles sont obligées de retomber dans les flammes!

Maman, descendons dans cette prison profonde et, versant sur ces âmes le Sang de Jésus, portons-leur la Lumière, apaisons leurs désirs ardents d'amour, éteignons le feu qui les brûle, purifions leurs taches. Et ainsi, une fois libérées de toute faute, elles voleront dans les Bras du Bien suprême. Donnons le Sang de Jésus aux âmes les plus abandonnées, afin qu'elles trouvent en lui tous les suffrages que les créatures leur refusent. À toutes, ô Maman, donnons ce Sang, n'en privons aucune, afin qu'elles en reçoivent soulagement et libération. Agis en Reine dans ces régions de larmes et de lamentations, étends tes Mains maternelles et, une à une, sors-les de ces flammes ardentes, afin qu'elles prennent leur envol vers le Ciel.

Et maintenant, rendons-nous au Ciel. Plaçons-nous aux portes éternelles, et permets, ô Maman, que je te donne à toi aussi ce Sang précieux pour ta plus grande Gloire. Que ce Sang t'inonde d'une nouvelle Lumière et de nouveaux Contentements.

Maman, à moi aussi donne ce Sang. Tu sais combien j'en ai besoin. De tes Mains maternelles, couvre-moi tout entière de ce Sang et purifie ainsi mes taches, guéris mes plaies, enrichis ma pauvreté. Fais en sorte que ce Sang circule dans mes veines et m'imprègne de la Vie de Jésus. Qu'il descende dans mon coeur et le transforme en son propre Coeur. Qu'il m'embellisse afin que Jésus trouve en moi tous ses Contentements.

Enfin, ô Maman, entrons dans les régions célestes et donnons ce Sang à tous les saints et à tous les anges, afin qu'ils puissent recevoir une plus grande gloire, éclater en remerciements envers Jésus et prier pour nous, pour que nous puissions tous les rejoindre.

Et après avoir donné à tous ce Sang, retournons à Jésus. Anges, saints, venez avec nous. Ah! lui qui désire tant les âmes, il veut toutes les faire entrer dans son Humanité pour donner à toutes les fruits de son Sang. Plaçons-les toutes autour de lui et il sentira la Vie revenir en lui et il se sentira récompensé de l'Agonie extrême qu'il a soufferte.

Et maintenant, sainte Maman, appelons tous les éléments à lui tenir compagnie, afin qu'eux aussi honorent Jésus. Ô lumière du soleil, viens dissiper les ténèbres de cette nuit pour réconforter Jésus. Ô étoiles, avec vos rayons scintillants, descendez du ciel et venez réconforter Jésus. Fleurs de la terre, venez avec vos parfums. Oiseaux, venez avec vos gazouillis. Tous les éléments de la terre, venez réconforter Jésus. Viens, ô mer, rafraîchir et laver Jésus. Il est notre Créateur, notre Vie, notre Tout. Venez tous le réconforter, lui rendre hommage en tant que notre souverain Seigneur. Mais, je vois que Jésus ne cherche pas tellement la lumière, les étoiles, les fleurs, les oiseaux; il veut des âmes, des âmes!

Voici, ô mon doux Bien, elle est tout près de toi, ta chère Maman, repose-toi entre ses Bras; elle sera réconfortée elle aussi en te pressant sur son Sein, parce quelle a pris grande part à ta douloureuse Agonie. Il y a également ici Marie Madeleine, Marthe, ainsi que toutes les âmes aimantes de tous les siècles. De grâce, ô Jésus, accepte-les, et dis à toutes une Parole de Pardon et d'Amour.

Mais il semble que tu me dises: «Ô mon enfant, combien d'âmes me fuient et finissent par tomber dans l'éternelle ruine! Comment pourra se calmer ma Souffrance si une seule âme se perd. J'aime chaque âme, au même titre que j'aime toutes les âmes ensemble!»

Ô Jésus agonisant, il semble que ta Vie est sur le point de s'éteindre. J'entends tes gémissements. Tes beaux Yeux sont voilés par la mort toute proche. Tous tes Membres cèdent et tu sembles ne plus respirer. Mon coeur est brisé de douleur. Je t'embrasse et je te sens gelé. Je te secoue et tu ne donnes pas signe de vie: «Jésus, es-tu mort?» Maman affligée, anges du Ciel, venez pleurer Jésus, et ne permettez pas que je continue de vivre sans lui. Je ne le peux! Je le serre plus fort contre moi et je sens qu'il fait une autre Respiration. Et puis de nouveau il ne donne plus signe de vie. Je l'appelle: «Jésus, Jésus, ma Vie, ne meurs pas! Voilà que j'entends le tapage de tes ennemis qui viennent te capturer. Qui te défendra dans l'état où tu te trouves?»

Mais voici que, te secouant comme si tu ressuscitais, tu me regardes et me dis: «Ô âme, tu es ici? Tu as donc été spectatrice des Peines et des nombreuses Morts que j'ai subies? Maintenant sache qu'en ces trois heures d'Agonie si terribles dans le Jardin, j'ai renfermé en moi la vie de toutes les créatures et j'ai souffert toutes leurs peines et leur propres morts, donnant à chacune ma Vie. Mes Agonies soutiendront la leur, mes amertumes et ma mort se changeront pour elles en douceur et en vie. Combien me coûtent les âmes! Si seulement elles me rendaient quelque chose en retour! Tu as bien vu qu'alors que je mourais, je recommençais à respirer. C'étaient les morts des créatures que je ressentais en moi.»

Mon Jésus angoissé, puisque tu as voulu porter en toi ma mort, je te prie de venir m'assister au moment de ma mort. Je t'ai donné mon coeur comme refuge et repos, mes bras pour te soutenir, j'ai mis tout mon être à ta disposition. Et combien volontiers je me mettrais entre les mains de tes ennemis pour pouvoir mourir à ta place! Viens, ô ma Vie, en ce moment, pour me donner ce que je t'ai donné: ta Compagnie, ton Coeur en guise de lit et de repos, tes Bras en guise de soutien, ta Respiration pour soulager mes angoisses. Ainsi ton Souffle me purifiera de toute tache et me disposera à entrer dans la béatitude éternelle.

Donne à mon âme ton Humanité infiniment sainte, de sorte qu'en me regardant, tu te regardes toi-même, et qu'ainsi tu ne trouves en moi rien que tu puisses réprouver. Baigne-moi dans ton Sang, revêts-moi du vêtement blanc de ta Divine Volonté, afin que je puisse ainsi prendre mon envol vers le Ciel. Et ce que je te demande pour moi, fais-le à tous les agonisants; embrase-les tous du feu de ton Amour, sauve-les tous et ne permets pas qu'un seul ne se perde!

Mon Bien, que cette Heure Sainte, faite en mémoire de ta Passion et de ta Mort, désarme la colère de Dieu méritée par nos péchés, fasse descendre d'abondantes Grâces sur la sainte Église, entraîne la conversion des pécheurs, amène la paix des peuples, se répercute sur notre sanctification, et donne un grand soulagement aux âmes du purgatoire. Amen.

 

Réflexions et pratiques.

Durant sa troisième Heure dans le Jardin, Jésus demanda l'aide du Ciel. Et ses Peines étaient si grandes qu'il demanda aussi du réconfort à ses disciples. Et nous, en toute circonstance -- revers, souffrances, mésaventures -- savons-nous demander l'aide au Ciel? Et si nous faisons appel aux créatures, le faisons-nous avec ordre, auprès de ceux qui peuvent nous réconforter saintement? Et sommes-nous résignés si nous n'avons pas les réconforts que nous espérons. Savons-nous nous servir des lacunes des créatures pour nous abandonner davantage entre les Mains de Jésus?

Jésus fut réconforté par un ange. Et nous, pouvons-nous dire que nous sommes des anges pour Jésus, en sachant rester près de lui pour le réconforter et partager ses amertumes? Mais pour pouvoir vraiment servir d'ange pour Jésus, il est nécessaire d'accepter nos peines comme nous étant envoyées par lui, donc comme des peines divines. Ce n'est qu'alors que nous pourrons réconforter notre Dieu attristé. Autrement, si nos peines, nous les prenons dans un sens humain, nous ne pourrons pas nous en servir pour réconforter l'Homme-Dieu et, par conséquent, nous ne pourrons pas lui servir d'ange consolateur.

Quand nous endurons avec amour et résignation les souffrances que Jésus nous envoie, elles se changent en un nectar exquis pour lui. Dans toute souffrance, disons-nous: «Jésus m'appelle à faire l'ange auprès de lui, il veut mon réconfort et, par conséquent, il me fait prendre part à ses Souffrances.»

Jésus, mon Amour, dans mes souffrances je cherche ton Coeur en guise de repos; et pour tes Souffrances je veux te faire un abri avec mon coeur, pour que nous partagions nos souffrances. Que je sois ton ange consolateur!

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » ven. 10 avr. 2020, 1:28

De 24h à 1h
L'arrestation de Jésus dans le Jardin des Oliviers.

Commencer avec la prière préparatoire

Mon Jésus, nous voilà rendus à minuit. Je sens que tes ennemis s'approchent. Et toi, tu t'arranges et essuies le Sang qui couvre ton Visage et, fortifié par les réconforts reçus, tu vas de nouveau voir tes disciples. Tu les appelles, les avertis, et les rassembles auprès de toi. Et tu vas à la rencontre de tes ennemis. Par ta promptitude, tu répares ma lenteur et ma nonchalance à agir et à souffrir pour toi.

Mais, ô mon doux Bien, quelle scène émouvante je vois: le premier qui se présente est le perfide Judas; il s'approche de toi et, mettant ses bras autour de ton Cou, il te salue et te donne le baiser. Et toi, Amour infini, tu ne dédaignes pas de donner un baiser à ses lèvres infernales: tu l'embrasses et même tu le serres sur ton Coeur, voulant l'arracher à l'enfer en lui donnant un nouveau signe d'Amour.

Mon Jésus, comment est-ce possible qu'il ne t'aime pas? La tendresse de ton Amour est telle qu'elle devrait amener tout coeur à t'aimer. Et pourtant tu n'es pas aimé! Par ce baiser de Judas, tu répares les trahisons et les tromperies ayant l'apparence de l'amitié et de la sainteté, surtout celles provenant des âmes consacrées. Mais, par tes Prières, tu obtiens le Pardon pour n'importe quel pécheur qui, vraiment contrit, a recours à ton Coeur infiniment saint.

Mon doux Bien, je serai à tes côtés pour te défendre, pour apprendre tes Enseignements et pour compter une à une tes Paroles. Ah! comme elle m'est douce au coeur, la Parole que tu adressas à Judas: «Mon ami, pourquoi es-tu venu ici?» On dirait que c'est à moi aussi que tu adresses cette Parole, non en m'appelant «ami», mais en m'appelant du doux nom d'«enfant»: «Mon enfant, pourquoi es-tu venue ici?» Et je veux te répondre: «Jésus, je viens pour t'aimer.» Tu me dis «Pourquoi es-tu venue ici?» quand je me réveille le matin ou quand je te prie. Tu me répètes «Pourquoi es-tu venue ici?» à travers la sainte hostie, quand je viens te recevoir dans mon coeur.

Quel beau rappel pour moi! Mais combien, à ton «Pourquoi es-tu venu ici?» répondent: «Je viens pour t'offenser!» D'autres, feignant de ne pas t'entendre, s'adonnent à toutes sortes de péchés et répondent par leur descente en enfer! Combien je compatis avec toi, ô mon Jésus! Je voudrais prendre les mêmes cordes avec lesquelles tes ennemis sont sur le point de te lier pour lier ces âmes et t'épargner cette Souffrance.

Mais j'entends ta Voix infiniment tendre qui, pendant que tu vas à la rencontre de tes ennemis, leur dit: «Qui cherchez-vous?» Et eux te répondent: «Jésus de Nazareth.» Alors tu leur dis: «Me voici!» Par ces simples paroles, tu dis tout: tu te fais connaître pour ce que tu es. Tant et si bien que tes ennemis tremblent et tombent à la renverse, comme morts. Et toi, ô Amour, c'est par un autre «Me voici!» que tu les rappelles à la vie et que, de ta propre initiative, tu te places entre leurs mains.

Et eux, perfides et ingrats, au lieu de s'humilier et de trembler à tes pieds pour te demander pardon, ils abusent de ta Bonté et, méprisant tes Grâces et tes prodiges, ils te mettent les Mains dans le dos et, avec des cordes et des chaînes, te lient, te serrent, te jettent par terre, te foulent aux pieds, te tirent par les Cheveux. Et toi, avec une patience inouïe, tu te tais, tu souffres et répares les offenses qui, malgré tes miracles, sont faites obstinément.

Par les cordes et les chaînes que tu supportes, tu brises les chaînes de nos fautes et tu nous attaches par la douce chaîne de l'Amour. Et c'est avec Amour que tu corriges Pierre qui veut te défendre en coupant l'oreille de Malchus. Ce faisant, tu répares les bonnes oeuvres qui ne sont pas faites selon la sainte prudence; tu répares aussi pour ceux qui, par excès de zèle, tombent dans la faute.

Mon Jésus infiniment patient, ces cordes et ces chaînes, on dirait qu'elles ajoutent quelque chose de plus beau à ta Personne divine: ton Front devient plus serein, tellement qu'il attire l'attention de tes ennemis; tes Yeux brillent d'une plus grande lumière; ton Visage dégage une paix et une douceur suprêmes, capables de séduire tes bourreaux.

Ô Amour enchaîné, est-il possible que tu sois lié pour moi et que moi, ta créature, je reste sans chaînes? Non, je t'en prie, lie-moi avec tes propres chaînes. Par conséquent, je t'en prie, tandis que je baise tes Mains adorables, lie mes pensées, mes yeux, mes oreilles, ma langue, mon coeur, mes affections et tout moi-même; et en même temps, lie toutes les créatures, afin qu'elles ressentent les douceurs de tes chaînes amoureuses et qu'elles ne t'offensent plus.

Mon Jésus infiniment tendre, tu t'es remis entre les mains de tes ennemis, leur accordant le pouvoir de faire de toi ce qu'ils veulent. Et moi, mon Jésus, je me remets entre tes Mains, afin que tu puisses librement faire de moi ce qu'il te plaira. Je veux suivre ta Volonté, t'accompagner dans tes Réparations, souffrir tes Peines. Je veux être toujours près de toi pour qu'il n'y ait pas d'offense que je ne répare, d'amertume que je n'adoucisse, de crachats et de gifles que tu reçoives et qui ne soient pas suivis de mes baisers et de mes caresses. Et lors de tes chutes, mes mains seront toujours prêtes à te relever.

Être toujours avec toi, c'est ce que je veux. Pas même pour un instant je ne veux te laisser seul. Et pour que cela soit plus sûr, mets-moi à l'intérieur de toi; ainsi je serai dans ton Intelligence, dans tes Regards, dans ton Coeur, dans tout toi-même. Et ce que tu feras, je le ferai aussi.

Mon doux Bien, il est déjà une heure du matin! Mon intelligence commence à s'assoupir. Je ferai ce que je pourrai pour rester éveillée, mais si le sommeil me surprend, je me déposerai en toi pour te suivre en tout ce que tu feras, et même, tu agiras toi-même pour moi. Ô mon Jésus, à partir de maintenant, je te laisse mes pensées pour te défendre de tes ennemis; mes respirations en guise de cortège et de compagnie; mes battements de coeur pour te dire sans cesse «Je t'aime!» et pour te dédommager de l'amour que les autres ne te donnent pas; les gouttes de mon sang pour réparer et te restituer les honneurs et l'estime que t'enlèveront tes ennemis par leurs insultes, leurs crachats et leurs gifles; et tout mon être en guise de garde. Mon Jésus, de grâce, embrasse-moi et bénis-moi. Et si tu veux que je sommeille, fais-moi dormir dans ton adorable Coeur, afin que par tes Battements accélérés par l'Amour et la Souffrance, je puisse être réveillée rapidement pour poursuivre mon accompagnement!

 

Réflexions et pratiques.

C'est promptement que Jésus se remit entre les mains de ses ennemis, en conformité avec la Volonté du Père.

Lors des tromperies des créatures, de leurs trahisons, sommes-nous prêts à pardonner comme Jésus a pardonné? Tout le mal que nous recevons des créatures, l'acceptons-nous comme provenant des Mains de Dieu? Sommes-nous prêts à faire tout ce que Jésus attend de nous? Quand nous subissons des croix, des excès de fatigue, est-ce que notre patience imite celle de Jésus?

Mon Jésus enchaîné, que tes chaînes lient mon coeur et le rendent ferme et prompt à souffrir tout ce que tu veux!

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » ven. 10 avr. 2020, 1:29

De 1h à 2h
Jésus précipité dans le torrent du Cédron.

Commencer avec la prière préparatoire

Mon cher Bien, alors que mon corps oscille entre l'état de veille et celui de sommeil, ma pauvre intelligence essaye de te suivre. Comment puis-je m'abandonner au sommeil alors que, comme je le vois, tous te laissent? Les apôtres t'ont abandonné aux mains de cruels ennemis, y compris le fervent Pierre qui, il n'y a pas longtemps, t'a dit qu'il voulait donner sa vie pour toi, et ton disciple bien-aimé qu'avec tant d'Amour tu as fait reposer sur ton Coeur!

Mon Jésus, tu es seul! Tes Yeux infiniment purs regardent autour pour voir s'il n'y aurait pas au moins un de tes obligés qui te suive pour te témoigner de l'amour et te défendre. Et comme personne ne t'est resté fidèle, ton Coeur se serre et pleure. Tu ressens plus de Souffrance à cause de l'abandon de tes amis les plus proches qu'à cause de ce que tes ennemis sont en train de te faire subir. Mon Jésus, ne pleure pas, ou fais en sorte que je pleure avec toi.

On dirait que l'aimable Jésus me dit: «Ah! mon enfant, pleurons ensemble le destin de tant d'âmes consacrées qui, en raison de petites épreuves ou d'incidents de la vie, ne s'occupent plus de moi et me laissent seul; pleurons pour tant d'autres âmes, timides et viles qui, par manque de courage et de confiance, m'abandonnent; pleurons aussi pour tant d'autres qui, ne trouvant pas leur compte dans les choses saintes, ne s'occupent pas de moi; pleurons pour tant de prêtres qui prêchent, célèbrent, confessent pour leur gloire personnelle: ils font montre d'être autour de moi, mais me laissent seul! Ah! mon enfant, comme il est dur pour moi cet abandon! Je t'en prie, répare ma cruelle Souffrance par la promesse de ne jamais me laisser seul.»

Oui, mon Jésus, je te promets de ne jamais te laisser seul, avec l'aide de ta Grâce et en m'identifiant à ta Divine Volonté. Mais, ô Jésus, tandis que tu pleures l'abandon de ceux qui te sont chers, tes ennemis ne t'épargnent aucun outrage. Alors que tu es lié et serré au point de ne pouvoir faire un pas par toi-même, ils te foulent aux pieds et te traînent par des voies pleines de pierres et d'épines, si bien que chacun de tes Mouvements t'amène à te heurter à des pierres ou à être piqué par des épines.

Ô mon Jésus, je vois que pendant qu'ils te traînent, tu laisses derrière toi des traces de ton Sang précieux ou quelques-uns de tes Cheveux blonds qu'ils t'arrachent de la Tête! Ma Vie et mon Tout, permets-moi de recueillir ces Cheveux, afin que je puisse en lier les pas des créatures qui, même la nuit, ne t'épargnent pas, que dis-je, qui se servent de la nuit pour t'offenser davantage, soit pour des rendez-vous, soit pour des plaisirs, soit pour accomplir des vols sacrilèges! Mon Jésus, je m'unis à toi pour réparer ces offenses.

Et nous voici rendus au torrent du Cédron où les perfides Juifs se préparent à te précipiter. Ils te font te heurter avec tant de violence contre une pierre qu'il sort de ta Bouche du Sang précieux dont reste marquée cette pierre! Puis, te poussant, ils te plongent au fond de ces eaux putrides, de sorte qu'elles entrent dans tes Oreilles, ta Bouche et tes Narines. Ô mon Amour, tu es inondé de ces eaux putrides, nauséabondes et froides. Tel est l'état lamentable des créatures quand elles commettent le péché: elles se couvrent d'un manteau de saletés répugnantes, à en dégoûter le Ciel et la terre, attirant ainsi les foudres de la Justice divine!

Oh! Vie de ma vie, pourrais-tu nous manifester un Amour plus grand? Pour nous départir de ce manteau de saletés répugnantes, tu permets que tes ennemis te jettent dans ce torrent. Et tout cela tu le souffres pour réparer les sacrilèges et les froideurs des âmes qui te reçoivent de manière sacrilège et qui t'obligent à entrer dans leur coeur où tu éprouves la nausée plus que dans ce torrent! Tu permets encore que ces eaux pénètrent jusqu'à tes viscères; à tel point que tes ennemis, craignant que tu te noies, t'en ressortent, afin de te réserver pour de plus grands tourments. Ton état est tellement répugnant, qu'eux-mêmes ont la nausée rien qu'à te toucher.

Mon tendre Jésus, te voilà hors du torrent. Mon coeur ne supporte pas de te voir ainsi recouvert de ces eaux nauséabondes. Je vois que tu trembles de la tête aux pieds à cause du froid. Tu regardes autour de toi, cherchant au moins une personne qui voudrait te sécher, te laver et te réchauffer. Mais en vain. Personne ne s'attendrit sur ta situation. Tes ennemis se moquent de toi et te raillent. Les tiens t'ont abandonné; ta douce Maman est loin, car c'est ainsi que le veut le Père!

Me voici, ô Jésus, viens dans mes bras, je veux tant pleurer que je te ferai un bain pour te nettoyer. Et je veux de mes mains replacer tes Cheveux en broussaille. Mon Amour, je veux t'enfermer dans mon coeur pour te réchauffer de la chaleur de mes affections, te parfumer de mes désirs saints, réparer toutes ces offenses que tu reçois, et joindre ma vie à la tienne pour sauver toutes les âmes. Je veux t'offrir mon coeur comme un lieu de repos pour te dédommager des Peines souffertes jusqu'ici. Puis nous reprendrons ensemble le chemin de ta Passion.

 

Réflexions et pratiques.

Durant cette Heure, Jésus se livra à ses ennemis, qui en vinrent même à le jeter dans le torrent du Cédron. Mais Jésus les regardait avec Amour, supportant tout par Amour pour eux. Et nous, savons-nous nous livrer à la Volonté de Dieu? Dans nos faiblesses et nos chutes, sommes-nous prêts à nous relever pour nous jeter dans les Bras de Jésus?

Jésus fut jeté dans le torrent du Cédron, éprouvant de la suffocation, de la nausée et du dégoût. Et nous, abhorrons-nous toute ombre de péché? Sommes-nous prêts à donner à Jésus un asile dans notre coeur, pour lui faire oublier la nausée que les âmes lui donnent par le péché et pour le dédommager de celle que nous lui avons donnée nous-mêmes?

Mon Jésus torturé, ne m'épargne en rien, et fais en sorte que je puisse être l'objet de tes Visées divines et amoureuses!

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » ven. 10 avr. 2020, 3:14

De 3h à 4h
Chez Caïphe, Jésus accusé par de faux témoins.

Commencer avec la prière préparatoire

Ô mon Bien affligé et abandonné, ma faible nature dort, cependant mon sommeil est très souvent interrompu par les serrements d'Amour et les Souffrance de ton divin Coeur. Et pendant que je suis entre l'état de veille et celui de sommeil, j'entends les coups que te portent tes ennemis. Mon pauvre Jésus, abandonné de tous, il n'y a personne qui prenne ta défense? Je t'offre ma vie pour te servir d'appui quand ils te feront heurter quelque chose. Entre temps, je m'assoupis de nouveau. Mais un autre serrement d'Amour de ton Coeur divin me réveille, et je sens mes oreilles devenir sourdes à cause des gens qui arrivent, des chuchotements, des cris et des insultes.

Mon Amour, pourquoi sont-ils tous contre toi? Qu'as-tu fait pour que, comme autant de loups affamés, ils veuillent te mettre en pièces? Je sens mon sang se geler dans mes veines à voir les préparatifs de tes ennemis. Je tremble et me sens triste pendant que je pense à la manière que j'utiliserai pour te défendre.

Et Jésus semble me dire: «Mon enfant, je n'ai pas encore tout fait! L'Amour comporte tous les sacrifices; l'Amour est d'un coût incommensurable; nous en sommes encore au début. Toi, reste dans mon Coeur: observe tout, aime-moi, tais-toi et apprends. Et que ton sang, gelé de compassion, circule dans mes Veines pour restaurer mon Sang qui est en feu. Ton tremblement, fais en sorte qu'il parcoure mes Membres, afin qu'identifiée à moi tu puisses te fortifier et te réchauffer, pour ressentir une partie de mes Peines. Tu acquerras la force en me voyant souffrir à ce point. Ce sera la plus belle défense que tu puisses m'accorder. Sois fidèle et attentive!»

Mon doux Amour, le vacarme de tes ennemis est si considérable qu'il m'empêche de prendre un peu de sommeil. Les coups deviennent plus violents. J'entends le bruit des chaînes avec lesquelles ils t'ont attaché si serré que de tes Poignets jaillit du Sang, lequel marque ces rues. Rappelle-toi que mon sang est dans le tien et, pendant que tu verses le tien, le mien t'y donne un baiser, t'adore et répare, pour que ton Sang soit Lumière pour tous ceux qui t'offensent dans la nuit. Qu'il soit un aimant pour attirer tous les coeurs à toi.

Mon Amour et mon Tout, pendant qu'ils te traînent, l'air est alourdi de cris et de sifflements. Et tu arrives chez Caïphe. Tu es paisible, modeste et humble; ta Douceur et ta Patience sont telles qu'elles terrorisent tes ennemis mêmes. Et Caïphe devient furieux; il semble vouloir te dévorer. Ah! comme l'innocence et le péché se départagent facilement!

Mon Amour, tu es devant Caïphe comme un coupable en train d'être condamné. Caïphe demande aux témoins quels sont tes délits. Ah! il aurait mieux fait d'implorer ton pardon! L'un t'accuse d'une chose, un autre d'une autre; on dit des bêtises et on se contredit. Et tandis qu'on t'accuse, des soldats te tirent les Cheveux, te giflent de manière si horrible qu'ils font résonner toute la salle. Ils te maltraitent, te battent, te piquent. Mais quand tu les regardes, la Lumière de tes Yeux leur descend dans le coeur, et comme ils ne peuvent pas le supporter, ils s'éloignent de toi.

D'autres soldats prennent la relève. Et toi, au milieu de tant d'accusations et d'outrages, tu gardes le silence; ton Coeur bat si fort qu'il semble sur le point d'éclater. Tu reçois avec beaucoup d'Amour les brutalités de tes ennemis; tu les offres pour notre salut. Ainsi, dans le plus grand calme, ton Coeur répare les calomnies, les haines, les faux témoignages, le mal fait avec préméditation aux innocents; il répare les offenses faites à l'instigation des chefs, et les fautes commises par les âmes consacrées.

Je sens qu'une Souffrance nouvelle afflige ton Coeur. Dis-moi ce que c'est, ô Jésus; fais-moi participer à tout! Et Jésus semble me dire: «Mon enfant, tu veux le savoir? J'entends la voix de Pierre qui prétend ne pas me connaître, qui le jure, et le jure encore. Ah! Pierre, tu ne me connais pas? Tu ne te souviens pas de tous les Bienfaits dont je t'ai comblé? Si les autres me font mourir de peines, toi, tu me fais mourir de douleur! Comme tu as mal fait de t'exposer aux occasions en me suivant de loin!»

Mon Bien renié, comme elles se reconnaissent vite les offenses de ceux qui te sont les plus chers! Ô Jésus, je veux faire passer les battements de mon coeur dans les tiens pour adoucir tes tortures. Et mes battements de coeur te jurent fidélité, amour, et jurent mille fois que je te connais. Mais ton Coeur ne se calme pas: tu cherches à voir Pierre. À tes Regards d'Amour, aux Larmes que tu verses à cause de son reniement, Pierre s'émeut, pleure et s'éloigne. Et toi, l'ayant placé à l'abri, tu te calmes et tu répares les offenses des âmes consacrées; tu répares pour les âmes qui se mettent volontairement dans les occasions de péché.

Mais tes ennemis continuent de t'accuser. Voyant que tu ne réponds rien à leurs accusations, Caïphe te dit: «Je te conjure par le Dieu vivant, dis-moi: es-tu vraiment le Fils de Dieu?» Alors toi, mon Amour, ayant toujours à coeur la Vérité et la Gloire de ton Père, tu réponds avec une Voix sonore et majestueuse telle que tous en restent frappés et que les démons mêmes s'enfoncent dans l'abîme: «C'est toi qui le dis; je suis le Fils de Dieu, et un jour je descendrai sur les nuées du Ciel pour juger toutes les nations.»

À ces Paroles solennelles, tous font silence et frissonnent d'épouvante. Après quelques instants de sa propre épouvante, Caïphe, furieux comme une bête féroce, dit à tous: «À quoi bon les témoins maintenant? Il vient de proférer un grand blasphème. Qu'attendons-nous de plus pour le condamner? Il est coupable de mort!»

Et pour donner plus d'emphase à ses paroles sacrilèges, il déchire ses vêtements avec tant de courroux que tous, comme s'ils ne formaient qu'une seule personne, hurlent: «Il est coupable de mort! Il est coupable de mort!» Et ils foncent sur toi et, à qui mieux mieux, te distribuent coups de poing, coups de pied, gifles et crachats au Visage. Les Tourments qu'ils te donnent, ô mon Bien, sont tels que la terre et le Ciel en sont bouleversés!

Mon Amour et ma Vie, pendant ces terribles moments, mon coeur est lacéré par la douleur! De grâce, permets-moi de rentrer dans ton Coeur affligé et d'affronter ces outrages à ta place! Ah! si cela m'était possible, je voudrais te faire t'échapper des mains de tes ennemis. Mais toi, tu ne veux pas, car cela est exigé pour le salut de tous. Et je suis obligée de me résigner!

Mais, mon doux Amour, laisse-moi te remettre en état, arranger tes Cheveux, enlever les crachats et le Sang qui couvrent ton Visage, et m'enfermer dans ton Coeur, car je vois que Caïphe veut quitter la pièce et te remettre entre les mains des soldats.

Je t'adore ô mon Jésus. Bénis-moi, donne-moi le Baiser mystique de l'Amour. Je m'enferme dans la fournaise de ton Coeur divin pour prendre un peu de sommeil. J'appuie ma tête sur ton Coeur, afin que, par mes respirations, je te donne des baisers et que, d'après la diversité des Battements de ton Coeur, je puisse me rendre compte si tu souffres ou si tu te reposes.

Ô Jésus, je t'embrasse, je me serre fort contre ton Coeur, et je m'endors.

 

Réflexions et pratiques.

Devant Caïphe, Jésus est accusé injustement et soumis à des tortures inouïes. Interrogé, il dit toujours la vérité. Et nous, quand le Seigneur permet qu'on nous calomnie ou qu'on nous accuse injustement, nous réfugions-nous uniquement en Dieu, lui qui connaît notre innocence? Ou bien mendions-nous l'estime et les honneurs des créatures? Nos lèvres disent-elles toujours la vérité? Sommes-nous ennemis de toute ruse ou de tout mensonge? Supportons-nous avec patience les dérisions et les confusions provenant des créatures? Sommes-nous prêts à donner notre vie pour le salut de ces créatures?

Ô mon doux Jésus, comme je suis différente de toi! De grâce, fais en sorte que mes lèvres disent toujours la vérité de manière à atteindre le coeur de ceux qui m'écoutent pour les conduire à toi!

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » ven. 10 avr. 2020, 3:58

De 4h à 5h
Jésus parmi les soldats.

Commencer avec la prière préparatoire

Ma douce Vie, tandis que je dors serrée contre toi, souvent je me sens piquée par les épines qui transpercent ton Coeur. Et comme tu veux une âme aimante près de toi pour qu'elle note toutes tes Peines et compatisse avec toi, je me serre plus fortement contre toi et, sentant ainsi davantage les piqûres, je me réveille. Mais, que vois-je et qu'entends-je? Je voudrais te cacher dans mon coeur pour m'exposer à ta place et recevoir tes insultes et tes humiliations! Seul un Amour comme le tien peut supporter tant d'outrages!

Ô mon Jésus infiniment patient, que peut-on espérer de gens aussi barbares? Je vois que tes ennemis se jouent de toi. Tandis que tu verses des fleuves de Larmes pour notre salut, ces gens te couvrent le Visage de crachats, tellement que la Lumière de tes beaux Yeux en est voilée. Et ne supportant pas l'éclat de tes Regards divins, ils te couvrent d'encore plus de crachats. Mais ils ne peuvent masquer ta divine Majesté; ton infinie Douceur ressort de plus en plus!

Ils ont honte d'eux-mêmes et pour se sentir plus libres, ils te bandent les Yeux avec une vile guenille, de manière à pouvoir se déchaîner plus à leur aise sur ta Personne adorable. Ils te battent sans pitié, te traînent, te foulent aux pieds, et te répètent leurs coups de poing et leurs gifles au Visage; ils t'égratignent, te tirent les Cheveux et la Barbe et te projettent d'un endroit à l'autre.

Jésus, mon Amour, mon coeur ne supporte pas de te voir ainsi maltraité! Tu veux que je note tout, mais j'ai des frissons et je voudrais me couvrir les yeux pour ne pas voir ces horreurs. Mais l'amour m'oblige à continuer de te regarder!

Et j'observe que tu ne dis pas un seul mot pour te défendre; tu es entre les mains de ces soldats comme un vulgaire chiffon dont on peut faire ce qu'on veut. On te projette par terre et on t'écrase sous les pieds avec une furie infernale. À tel point que j'ai peur que tu meures sous ces pieds impitoyables.

Mon Bien et mon Tout, ma souffrance est extrême de voir ce qu'on te fait. Et je voudrais pousser des cris si forts qu'ils parviennent là-haut, au Ciel, et appellent le Père, le Saint-Esprit et tous les anges à venir te réconforter et t'aider. Et ici, sur la terre, je veux appeler ta douce Maman et toutes les âmes aimantes à faire cercle autour de toi, afin d'empêcher ces soldats insolents de t'insulter et de te tourmenter davantage.

Avec toi, ô Jésus, je veux réparer les péchés nocturnes, surtout ceux qui sont commis par les sectaires sur ta Présence sacramentelle. Et aussi toutes les offenses des âmes qui ne te restent pas fidèles quand elles sont dans la nuit de l'épreuve.

Je vois, ô mon Bien tyrannisé, que les soldats fatigués et ivres veulent se reposer. Mais mon coeur brisé à la vue de tant de Souffrances, ne veut pas rester seul avec toi; il ressent le besoin d'une autre compagnie. Ô douce Maman, sois avec nous sans cesse. Je serre fort ta Main maternelle et je la baise. Daigne me fortifier de ta bénédiction. Embrassons ensemble Jésus et posons nos têtes sur son Coeur adorable pour le consoler. Ô Jésus, c'est avec ta Maman que je t'embrasse. Bénis-nous et, avec elle, nous prendrons le sommeil de l'Amour dans ton Coeur adorable.

 

Réflexions et pratiques.

Durant cette Heure, Jésus se trouve parmi les soldats avec un courage imperturbable, une constance de fer. En tant que Dieu, il souffre tous les outrages que lui font les soldats, et il les regarde avec tant d'Amour qu'il semble les inviter à lui donner plus de Souffrances encore. Et nous, dans nos souffrances, sommes-nous constants, ou bien nous lamentons-nous, nous ennuyons-nous, perdons-nous la paix, cette paix du coeur nécessaire pour que Jésus puisse trouver en nous une heureuse demeure?

La constance est une vertu montrant que Dieu règne vraiment en nous. Elle nous rend fermes dans l'épreuve, non pas avec des hauts et des bas. Et elle nous amène la paix. Si nous sommes inconstants, notre champ d'action est petit et l'action de Jésus en nous ne peut qu'être limitée.

Jésus regardait avec Amour ceux qui le maltraitaient. Et nous, regardons-nous avec amour ceux qui nous offensent? Et cet amour est-il assez grand pour que ces personnes soient attirées à se convertir à Jésus?

Mon Jésus, Amour sans limite, donne-moi ton Amour afin que chacune de mes peines rapproche des âmes de toi.

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » ven. 10 avr. 2020, 13:38

De 5h à 6h
L'emprisonnement de Jésus.

Commencer avec la prière préparatoire

Mon Jésus, doux Prisonnier, je me suis réveillée et je ne te trouve pas. J'ai le coeur qui bat fort. Je brûle du désir d'aimer. Dis-moi où tu es. Mon ange, amène-moi chez Caïphe... Mais je me promène partout, je fouille partout, et je ne trouve pas Jésus! Mon Amour, vite, amène-moi à toi, afin que je puisse me jeter dans tes Bras.

Et je découvre qu'ils t'ont mis en prison. Tandis que mon coeur exulte de joie de te retrouver, il est aussi blessé de douleur en voyant l'état dans lequel ils t'ont réduit: je te vois les Mains liées à une colonne, les Pieds serrés et liés, ton saint Visage gonflé et ensanglanté à cause des gifles et des coups reçus. Tes Yeux sont livides, tes Pupilles sont fatiguées et mélancoliques à cause de tout ce qu'on t'a fait subir et du manque de sommeil. Tes Cheveux sont en désordre, ta divine Personne a mal partout. Et tu ne peux pas t'aider et te nettoyer car tu es attaché. Et moi, en sanglots, je t'embrasse les Pieds et je te dis: «Comme tu es mal en point, mon Amour!» Et tu me réponds: «Viens, ô âme, sois attentive à tout ce que tu me vois faire pour le faire avec moi, afin que je puisse continuer ma Vie en toi.»

À ma stupeur, ô mon Jésus, je vois qu'au lieu de te préoccuper de tes Peines, tu penses avec un Amour indicible à glorifier le Père pour le dédommager de nos négligences envers lui, et tu appelles toutes les âmes autour de toi pour prendre tous leurs maux sur toi et leur donner tous tes Biens.

Comme nous sommes déjà au point du jour, il me semble entendre ta Voix infiniment douce dire: «Père saint, je te rends grâce pour tout ce que j'ai souffert et pour ce qu'il me reste encore à souffrir. Comme cette aube appelle le jour, que l'aube de ta Grâce se manifeste dans tous les coeurs. Que moi, le Soleil divin, je surgisse dans tous les coeurs et règne en tous. Tu vois, ô Père, toutes ces âmes; je réponds de toutes: de leurs pensées, leurs paroles, leurs oeuvres et leurs omissions, au coût de mon Sang et de ma Mort!»

Mon Jésus, Amour infini, je m'unis à ta Prière en te remerciant pour ce que tu m'as fait souffrir et pour ce qu'il me reste à souffrir à tes côtés, et je te prie de faire poindre dans tous les coeurs l'aube de ta Grâce. Mais je vois, mon doux Jésus, que tu répares pour les premières pensées, affections et paroles qui, au petit jour, ne te sont pas offertes; tu les appelles, puisqu'elles te sont dues, et tu répares pour donner au Père la Gloire qui lui est due.

Mon Jésus, Maître divin, puisqu'en cette prison nous avons une heure de libre et que nous sommes seuls, je veux faire non seulement ce que tu fais, mais je veux te nettoyer, t'arranger les Cheveux et me fondre en toi. Par conséquent, je m'approche de ta Tête infiniment sainte et, t'arrangeant les Cheveux, je veux réparer pour les intelligences dénaturées, qui n'ont pas une seule pensée pour toi. Et, me fondant dans ton Intelligence, je veux adorer toutes tes Pensées, pour en tirer assez de réparations pour toutes les pensées mauvaises des créatures, pour toutes les lumières et les inspirations qu'elles repoussent. Je voudrais que toutes les pensées des créatures ne fassent qu'un avec les tiennes, pour te donner une vraie réparation et une gloire parfaite.

Mon Jésus affligé, je baise tes Yeux mélancoliques et remplis de Larmes. Comme tes Mains sont liées à la colonne, tu ne peux ni te sécher, ni t'enlever les crachats avec lesquels t'ont souillé tes ennemis. Et comme la position dans laquelle ils t'ont lié est torturante, tu ne peux fermer tes Yeux fatigués pour prendre un peu de repos. Mon Amour, combien volontiers je voudrais te servir de lit avec mes bras pour te donner du repos! Je veux essuyer tes Yeux, te demander pardon, et réparer pour les nombreuses fois que nous n'avons pas eu l'intention de te plaire et de te regarder pour voir ce que tu voulais de nous, ce que nous devions faire, et où tu voulais que nous allions. Et je veux fondre mes yeux et ceux de toutes les créatures en les tiens, pour pouvoir réparer par tes propres Yeux tout le mal que nous avons fait au moyen de notre vue.

Mon Jésus compatissant, je baise tes Oreilles infiniment saintes, fatiguées par les insultes de toute la nuit, et plus encore par l'écho des offenses de toutes les créatures. Je te demande pardon et je veux réparer pour toutes les fois que tu nous as appelés et que nous avons été sourds à ta Voix, ou que nous avons feint de ne pas t'entendre. Et toi, mon Bien si patient, tu as répété tes Appels, mais en vain. Je veux fondre mes oreilles et celles de toutes les créatures en les tiennes, pour faire une réparation continuelle et complète, et pour que les créatures écoutent tes divines Paroles et les mettent en pratique.

Mon Jésus plein d'Amour, je baise ton Visage infiniment saint, devenu livide à cause des gifles. Je te demande pardon et je répare pour toutes les fois que tu nous as appelés à être tes victimes de réparation, alors que nous, nous unissant à tes ennemis, nous t'avons giflé et craché dessus! Mon Jésus, je veux fondre mon visage en le tien, pour te restituer ta Beauté originale et te donner réparation entière pour tous les mépris que tes ennemis ont dirigé contre ta divine Majesté.

Mon Bien si attristé, je baise ta Bouche infiniment douce, endolorie à cause des coups de poing, et brûlée par l'Amour. Je veux, au moyen de ma langue et de celle de toutes les créatures unies à ta propre Langue, réparer toutes les conversations mauvaises des créatures. Je veux, mon Jésus assoiffé, unir toutes les voix des créatures à la tienne, pour étouffer les voix du péché et les changer en voix de louange et d'amour.

Mon Jésus enchaîné, je baise ton Cou chargé de lourdes chaînes et de cordes, lesquelles, encerclant ta Poitrine, tes Épaules et tes Bras, te tiennent serré contre la colonne. Tes Mains sont gonflées et noircies à cause de ces liens serrés et elles laissent couler du Sang. De grâce, permets-moi, ô Jésus lié, de te délier, et si tu aimes être lié, permets-moi de te lier avec les chaînes de l'amour qui, étant douces, allégeront tes Peines.

Et tandis que je te délie, je veux m'unir à toi pour réparer avec toi les attachements mauvais de tous et donner à tous les chaînes de l'Amour. Ainsi, nous emplirons les poitrines des créatures de ton Feu, dont je vois qu'il a tant de force que tu ne peux le contenir. Nous réparerons toutes les froideurs, tous les plaisirs illicites et l'amour du confort, pour donner à tous l'esprit de sacrifice et l'amour de la souffrance.

Je veux me fondre en tes Mains pour réparer les oeuvres mauvaises, les miennes et celles de tous, et le bien mal fait ou fait avec présomption, pour donner à tous le parfum de tes Oeuvres. Je veux me fondre en tes Pieds et, pour réparer, y enfermer tous les pas des créatures pour qu'elles cheminent à ta suite.

Ma douce Vie, permets que, me fondant en ton Coeur, j'y renferme toutes les affections, les sentiments et les désirs des créatures, pour les réparer avec toi. Et qu'à tous je donne tes Affections, tes Sentiments et tes Désirs, afin que plus personne ne t'offense.

Et maintenant j'entends un bruit de clefs. Ce sont tes ennemis qui viennent te prendre. Jésus, je tremble, je sens mon sang se glacer. Sous peu tu seras de nouveau entre leurs mains. Qu'adviendra-t-il de toi? Ah! il me semble entendre le bruit des clefs des saints tabernacles! Parfois ce sont des mains indignes qui viennent les ouvrir, et même pour te faire descendre dans des coeurs sacrilèges! Combien de fois te conduit-on dehors dans les rues, en procession ou pour donner le saint viatique, où tu rencontres des personnes qui te méprisent et t'outragent! Mon Jésus prisonnier, je veux me trouver dans toutes tes prisons d'Amour pour être spectatrice quand tes ministres te libèrent, pour te tenir compagnie et pour réparer les offenses que tu peux y recevoir!

Mon Jésus, alors que tes ennemis sont tout près, tu es en train de saluer le soleil levant, le dernier que tu verras en tes jours mortels. Et eux, te voyant tout majestueux et le Regard rempli d'Amour tandis qu'ils te détachent, te décochent au Visage des gifles si fortes qu'elles font rougir tes divines Joues.

Mon Amour, avant que tu ne quittes la prison, je te prie de me bénir, pour que je reçoive assez de force pour te suivre durant le reste de ta Passion.

 

Réflexions et pratiques.

Jésus prisonnier, lié à une colonne et immobilisé, est souillé de crachats et de boue. Il cherche notre âme pour qu'elle lui tienne compagnie. Et nous, sommes-nous contents d'être seuls avec Jésus, ou bien préférons-nous la compagnie des créatures? Notre respiration et nos battements de coeur sont-ils toujours pour Jésus?

Pour que nous soyons semblables à lui, Jésus lie notre âme au moyen des aridités, des oppressions, des souffrances et d'autres mortifications. Et nous, sommes-nous contents de nous faire lier par Jésus dans la prison où son Amour nous place, c'est-à-dire l'obscurité, les oppressions, etc.?

Jésus est en prison. Avons-nous la force et la promptitude de nous emprisonner avec lui par amour pour lui? Jésus désire ardemment notre âme pour se sentir délié et soutenu dans la douloureuse position dans laquelle il se trouve. Et nous, désirons-nous ardemment que seul Jésus vienne nous tenir compagnie, qu'il nous délie des chaînes des passions et nous lie à son Coeur au moyen de chaînes plus fortes. Mettons-nous nos peines autour de Jésus souffrant pour éloigner de lui les crachats et la boue que les pécheurs lui envoient? Dans sa prison, Jésus prie. Notre prière est-elle constante avec lui et comme lui?

Mon Jésus enchaîné, tu t'es laissé emprisonner par Amour pour moi, je te prie d'emprisonner en toi mon intelligence, ma langue, mon coeur, tout moi-même, pour que je n'aie aucune liberté et que tu aies le contrôle absolu sur moi.

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » ven. 10 avr. 2020, 13:39

De 6h à 7h
Jésus ramené chez Caïphe, puis conduit chez Pilate.

Commencer avec la prière préparatoire

Mon Jésus affligé, on t'a maintenant sorti de prison. Tu es si exténué que tu vacilles à chacun de tes Pas. Permets que je me tienne près de toi pour te soutenir quand tu seras sur le point de tomber. Je vois que les soldats te présentent de nouveau devant Caïphe. Et toi, ô mon Jésus, tu apparais parmi eux comme un soleil. Et malgré que tu sois défiguré, tu rayonnes de Lumière. Je m'aperçois que Caïphe jubile de te voir si mal en point. Et devant ta Lumière, il devient encore plus aveugle.

Dans sa fureur il recommence à t'interroger: «Donc, tu es le Fils de Dieu?» Et toi, mon Amour, avec majesté, mais de ton Accent habituel, doux et émouvant, tu réponds: «Oui, je suis le Fils de Dieu!» Bien qu'ils ressentent en eux toute la force de ces Paroles, ces hommes iniques étouffent en eux tout bon sentiment et crient d'une voix unanime: «Il est coupable de mort! Il est coupable de mort.»

Caïphe confirme la sentence de mort et t'envoie à Pilate. Et toi, mon Jésus condamné, tu acceptes cette sentence du Pontife inique avec Amour et résignation. Tu répares ainsi les péchés commis délibérément et avec malice, les péchés de ceux qui, au lieu de s'affliger du mal, jubilent et exultent du péché même, ce qui les conduit à la cécité et au rejet de toute Lumière et de toute Grâce. Ma Vie, tes Réparations et tes Prières font écho dans mon coeur: je veux réparer et prier avec toi.

Mon doux Amour, je vois qu'en te voyant condamné à mort par Caïphe, les soldats ont perdu toute pitié: ils t'ajoutent des cordes et des chaînes et te serrent si fort qu'ils t'enlèvent presque toute possibilité de mouvement. Et ils te poussent et te traînent pour te faire sortir du palais.

Des foules t'attendent, mais il n'y a personne pour te défendre. Et toi, mon Soleil divin, tu sors parmi eux pour les éclairer de ta Lumière. En faisant ces Pas, tu veux renfermer dans les tiens tous les pas des créatures. Tu pries et tu répares pour ceux qui font leurs pas pour agir dans le mal, pour se venger, pour tuer, pour trahir, pour voler, etc. Et pour empêcher tant de mal, tu pries, tu répares et tu t'offres au Père.

Ô Jésus, je vois qu'en descendant du palais de Caïphe tu rencontres celle qui est ton soleil, Marie, ta douce Maman. Vos Regards se rencontrent et, bien que vous soyez heureux de vous voir, des Douleurs particulières transpercent vos Coeurs: c'est pour toi la Douleur de voir ta Maman affligée, pâle et accablée par le deuil; et c'est sa Douleur de te voir, toi, Soleil divin, éclipsé par tant d'opprobres et tout couvert de Sang. Vous vivez aussi la douleur de ne pouvoir échanger ne serait-ce qu'une parole. Vos Coeurs, cependant, se communiquent tout, se fondant l'un dans l'autre. Mais vous cessez rapidement de vous regarder, car les soldats te poussent, ô mon Jésus. Et ainsi bousculé et traîné, tu arrives chez le gouverneur romain Pilate. Mon Jésus, je m'unis à ta Maman affligée pour te suivre, me fondant en toi avec elle. Et toi, me jetant un Regard d'Amour, tu me bénis!

 

Réflexions et pratiques.

Jésus sort à la lumière du jour et on l'amène devant Caïphe. Là, avec fermeté, il confirme qu'il est le Fils de Dieu. Et nous, quand nous sortons, nous laissons-nous conduire par Jésus? Sommes-nous des témoins de la Vérité? Notre comportement est-il un exemple pour les autres? Nos pas conduisent-ils les âmes à Jésus?

Mon Jésus, Sainteté absolue, guide-moi, et fais en sorte que tout mon être, y compris mon comportement extérieur, manifeste en moi ta Vie divine.

Aurelie15072017
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mar. 07 avr. 2020, 14:50
Conviction : Catholique

Re: Les heures de la Sainte passion de Notre Seigneur

Message non lu par Aurelie15072017 » ven. 10 avr. 2020, 13:40

De 7h à 8h
Jésus devant Pilate, puis devant Hérode.

Commencer avec la prière préparatoire

Mon Bien enchaîné, tes ennemis unis aux prêtres te présentent à Pilate et, affectant la sainteté et la rectitude, restent à l'extérieur, dans l'atrium, pour ne pas être souillés, vu qu'ils doivent demain fêter la Pâque. Et toi, mon Amour, à travers leur malice, tu répares toutes les hypocrisies des gens d'Église. Et je veux réparer avec toi.

Mais tandis que tu te préoccupes de leur bien, eux, au contraire, commencent à t'accuser auprès du tribun, vomissant contre toi tout le venin qu'ils portent dans leur coeur. Mais, n'étant pas satisfait des accusations qu'ils portent contre toi et pour pouvoir mieux étayer son jugement, Pilate t'appelle à l'écart, et examine ta situation en privé. Il te demande: «Es-tu le roi des Juifs?» Et toi, mon vrai Roi Jésus, tu réponds: «Mon Règne n'est pas de ce monde; si mon Règne était de ce monde, mes ministres feraient tous leurs efforts pour que je ne sois pas remis au pouvoir des Juifs.»

Pilate, surpris et touché par la suavité et la dignité de tes Paroles, te dit: «Comment, tu es roi?» Et tu reprends: «Je le suis, et je suis venu dans le monde pour enseigner la Vérité.» Pilate te demande ce que c'est, la Vérité, mais il n'attend pas la réponse. Convaincu de ton innocence, il sort sur la terrasse et dit: «Moi, je ne trouve aucune faute en cet homme.» Les Juifs, enragés, t'accusent de beaucoup d'autres choses, et toi, tu te tais et ne te défends pas. Ainsi, tu répares les faiblesses des juges quand ils font face aux personnes violentes, et tu pries pour les innocents opprimés et abandonnés. Voyant la fureur de tes ennemis et pour se tirer une épine du pied, Pilate t'envoie chez Hérode.

Mon Roi divin, je veux participer à tes Prières et tes Réparations, et t'accompagner jusque chez Hérode. Je vois que, furieux, tes ennemis voudraient te dévorer. Ils te conduisent chez Hérode parmi les insultes et les moqueries. Hérode, content de te voir, te pose beaucoup de questions. Toi, tu ne réponds rien; tu ne le regardes même pas. Irrité parce que ses curiosités ne sont pas satisfaites, et en se sentant humilié par ton silence, il proclame devant tous que tu es un fou, et il ordonne que tu sois traité comme un fou. Ainsi il te fait revêtir d'un vêtement blanc et te met entre les mains des soldats, afin qu'ils te bafouent le plus possible. Mon innocent Jésus, personne ne trouve de faute en toi; seuls les Juifs en trouvent, parce que leur religiosité affectée empêche la Lumière de la Vérité de resplendir dans leur intelligence.

Mon Jésus, Sagesse infinie, quelles Souffrances t'amène le fait d'avoir été déclaré fou par Hérode! Les soldats t'abusent: ils te jettent par terre, te foulent aux pieds, te souillent de crachats, te bafouent, te battent à coups de bâton. Les peines, les humiliations et les opprobres que tu reçois sont tels et si nombreux que les anges pleurent et se couvrent le visage de leurs ailes pour ne pas te voir si brutalisé.

Moi aussi, ô mon doux Jésus, je veux t'appeler fou, mais fou d'Amour. Elle est si grande ta folie d'Amour, qu'au lieu de te froisser de tout ce qu'on te fait, tu pries et répares pour les rois qui établissent leur règne en ruinant des peuples, pour les nombreux massacres qu'ils font, pour le sang qu'ils font couler par caprice, pour leurs péchés de curiosité, pour les fautes commises dans les cours et dans les armées.

Mon Jésus, quel spectacle émouvant que de te voir prier et réparer avec mansuétude et fidélité au milieu de tant d'outrages! Tes Prières se répercutent dans mon coeur. Et maintenant, laisse-moi, ô Jésus, me tenir près de toi, prendre part à tes Peines et te consoler par mon amour. Et pour éloigner de toi tes ennemis et te réconforter, laisse-moi te prendre entre mes bras.

Ô mon Jésus, je baise ton Front infiniment saint; par toutes les Peines que tu subis, purifie mes pensées. Je baise tes Yeux étincelant de Lumière; que cette Lumière m'entoure et pénètre mes pensées, mes regards, mes paroles et mon coeur. Je baise tes Oreilles infiniment saintes; sanctifie mes oreilles.

Je baise ton doux et saint Visage; fais-moi m'éprendre de ta Beauté, moi et toutes les créatures, pour te dédommager de toutes les insultes et les moqueries que tu reçois au palais d'Hérode. Je baise ta sainte Bouche; donne-moi la Grâce de ne jamais dire des paroles qui pourraient offenser ta divine Personne; et je veux réparer toutes les offenses que te font les autres.

J'étends tes Bras divins et je te serre fort sur mon coeur, te priant de bien vouloir imprimer ton image dans mon intelligence, mon coeur, mes oeuvres, dans tout. Je baise ta Main droite; distribue tes Grâces efficaces pour la conversion des pécheurs, et donne à tous les fruits salutaires de tes Actes infiniment saints. Je baise ta Main gauche; imprime en moi tes Vertus et surtout ta Charité.

Je baise ton Pied gauche; donne-moi la connaissance de moi-même. Je baise ton Pied droit; donne-moi la Grâce d'obéir avec promptitude. Enfin, je baise ton Coeur infiniment pur; consume-moi dans les Flammes ardentes de ton Amour!

Mon doux Amour, je vois que ces sinistres individus ne te donnent aucun répit et qu'Hérode te renvoie à Pilate. Si ta première venue chez Pilate fut douloureuse, ta seconde l'est plus encore, parce que je vois que les Juifs sont plus enragés qu'avant, et que c'est à tout prix qu'ils ont résolu de te faire mourir. Par conséquent, avant que tu ne sortes du palais d'Hérode, je veux te serrer sur mon coeur pour te témoigner mon amour. Et toi, fortifie-moi par ton Baiser mystique et par ta Bénédiction; et je te suivrai jusque devant Pilate.

 

Réflexions et pratiques.

Jésus, présenté à Pilate au milieu de tant d'insultes et de mépris, reste toujours doux. Il ne dédaigne personne et chez tous il cherche à faire resplendir la Lumière de la Vérité. Et nous, cherchons-nous à vaincre notre mauvaise humeur si quelqu'un ne nous témoigne pas d'amitié? Quand nous avons affaire aux créatures, cherchons-nous toujours à faire connaître Jésus et à faire resplendir pour elles la Lumière de sa Vérité? Ô Jésus, ma douce Vie, mets sur mes lèvres tes Paroles et fais que je parle toujours avec ta Langue.

Devant Hérode, Jésus se tait quand on l'habille comme un fou; et il souffre des Peines inouïes. Et nous, quand nous sommes calomniés, bafoués, insultés, raillés, pensons-nous que le Seigneur veut nous faire ressembler à lui? Dans nos peines, ou lorsque les autres nous méprisent, ou en tout ce que notre pauvre coeur peut ressentir, pensons-nous que c'est Jésus qui, par sa Touche divine, nous donne ces souffrances et nous transforme en lui-même? Et quand la souffrance recommence pour nous, pensons-nous que Jésus, nous visitant de nouveau, nous donne une autre étreinte pour pouvoir nous faire ressembler tout à fait à lui?

À l'exemple de Jésus, avons-nous la maîtrise de nous-mêmes? Au lieu de répliquer lors des contrariétés, savons-nous nous taire? Nous laissons-nous vaincre par la curiosité?

Mon Amour et mon Tout, sois le seul à prendre la maîtrise de mon coeur, et tiens-le entre tes Mains, afin que dans mes rencontres, je puisse reproduire en moi ta grande Patience.

Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Normandt et 3 invités