Le chemin de pauvreté

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
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Le chemin de pauvreté

Message non lupar Voyageur » sam. 28 janv. 2017, 14:40

Le chemin proposé par Dieu est bien loin du chemin de gloire proposé par notre société. Il ne rapporte ni reconnaissance, ni possession, ni pouvoir, ni autorité. C'est le chemin de l'amour. Un chemin bien misérable à côté des promesses de jouissance éternelle que nous fait miroiter le monde moderne. C'est pourtant le véritable chemin des hauteurs de la vie.

Les jalons de ce chemin sont énumérés dans le Sermon sur la montagne du Christ. On y lit : "Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux." Qui sont donc ces "pauvres de cœur" pour posséder le Royaume ?

Cette expression apparaît également dans les rouleaux de Qumrân, où elle constitue la définition des membres par eux-mêmes. En se qualifiant ainsi, la communauté de Qumrân se reconnait comme les humbles devant Dieu ; à l'inverse des riches, qui, dans leur orgeuil, ne comptent que sur eux-mêmes.

Face aux abus du pouvoir économique, face aux actes de cruauté d'un capitalisme qui ravale les hommes au rang de marchandise, nos yeux se sont ouverts sur les dangers que recèle la richesse. Cependant, la pauvreté dont il est question ici n'est pas d'ordre strictement matériel. Le cœur de ceux qui ne possèdent rien peut aussi être endurci, vicié, mauvais, intérieurement possédé par l'envie de posséder, oublieux de Dieu et avide de s'approprier le bien d'autrui. D'autre part, elle n'est pas non plus une attitude purement spirituelle.

Dans la Bible, le cœur est l'organe qui permet à l'homme de voir Dieu. Mais le cœur, ainsi que l'homme dans sa totalité, doit être pur, intérieurement ouvert et libre, pour pouvoir voir Dieu. La purification du cœur se réalise lorsqu'on suit le Christ, que l'on ne fait plus qu'un avec lui. "Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi." (Ga 2, 20)

C'est à ce cœur dépouillé que fait référence l'expression "pauvre de cœur". En Jésus Christ, Dieu lui-même s'est révélé en s'abaissant : il se dépouille en prenant la condition de serviteur. "Devenu semblable aux hommes [...], il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout" (Ph 2, 6-9). La montée vers Dieu a lieu précisément lorsqu'on s'abaisse à servir humblement, qu'on s'abaisse par amour.

Le monde grec avait déjà pris conscience que le danger majeur qui menace l'homme, c'est l'hybris, cet orgueil démesuré et présomptueux par lequel l'homme s'élève lui-même au rang de divinité, veut être son propre dieu, afin de posséder pleinement la vie et de jouir jusqu'à épuisement de tout ce qu'elle peut bien offrir.

Oui, les Béatitudes s'opposent à notre appétit spontané pour la vie, à notre faim et à notre soif de vie. Elles exigent une "conversion", elles nécessitent que l'on tourne le dos à la direction que l'on voudrait spontanément suivre. Mais ce retournement fait apparaître un univers plus pur et plus élevé ; notre existence se met alors en bon ordre.

De Paul à François d'Assise, jusqu'à mère Teresa, les saints ont vécu cette option, nous montrant ainsi quelle était la juste image de l'homme et de son bonheur. Ce chemin semble au premier abord misérable, quasiment impossible à suivre. Mais il est le véritable chemin qui, seul, accompli la grandeur de la vocation humaine.


Citations librement réorganisées de Benoît XVI, dans Jésus de Nazareth, du baptême dans le Jourdain à la Transfiguration, Flammarion, 2007.
Dernière édition par Voyageur le jeu. 02 févr. 2017, 18:59, édité 1 fois.
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Re: Le chemin misérable

Message non lupar gerardh » sam. 28 janv. 2017, 23:58

_______

Bonjour,

Ne s'agit-il pas plus exactement des pauvres en esprit, c'est à dire ceux qui ont l'esprit du pauvre ?


______

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Cinci » dim. 29 janv. 2017, 1:34

Bonjour

J'aurais plutôt intitulé votre fil "Le chemin du bonheur". Je ne suis vraiment pas d'accord avec l'idée d'évoquer du misérabilisme quand on parle des béatitudes de Jésus. Tout de même!

:)

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Fée Violine » dim. 29 janv. 2017, 1:57

Bonjour
J'aurais plutôt intitulé votre fil "Le chemin du bonheur". Je ne suis vraiment pas d'accord avec l'idée d'évoquer du misérabilisme quand on parle des béatitudes de Jésus. Tout de même!
:)
Ah oui ! Les Béatitudes, c'est créer du bonheur à partir de pas grand chose, c'est l'art d'embellir la vie. C'est ce qu'on appelle aussi la sobriété heureuse ! :) :fleur:

La misère, c'est quand on manque du nécessaire, et c'est triste.
Le bonheur selon les Béatitudes, l'esprit de pauvreté, ça consiste à se débarrasser de ce qui nous encombre, et à être disponible pour recevoir ce que Dieu veut nous donner.
Ce matin j'en ai fait une démonstration aux enfants du caté avec deux verres, un plein d'eau, un vide, et je leur ai demandé lequel on pouvait remplir. Nous avons aussi préparé la messe de demain, où ils vont mimer quelques béatitudes, seulement 3 car certaines sont difficiles à rendre visuellement, surtout pour des enfants de 7-8 ans. Nous nous sommes bien amusés, et j'espère que le message leur restera !

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Cinci » dim. 29 janv. 2017, 6:50

Mais c'est vrai que ce n'est pas toujours évident à recevoir pour les jeunes et les moins jeunes, à lire ou à entendre et à expliquer ensuite! Heureux ceux qui pleurent ... Comment?

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Voyageur » dim. 29 janv. 2017, 11:25

Heureux ceux qui pleurent...
Il existe deux sortes de tristesses : une tristesse qui a perdu l'espérance, celle de la perte de confiance dans l'amour comme dans la vérité qui mine l'homme de l'intérieur et le détruit, mais aussi la tristesse qui procède du bouleversement provoqué par la vérité et qui amène l'homme à la conversion, à la résistance au mal. Cette tristesse est salutaire parce qu'elle enseigne à l'homme à espérer et à aimer à nouveau. [...] Celui qui n'endurcit pas son cœur devant la souffrance, devant la détresse de l'autre, celui qui, au lieu d'ouvrir son âme au mal, souffre de son pouvoir, donnant par là même raison à la vérité et à Dieu, celui-là ouvre les fenêtres du monde et fait entrer la lumière.

Benoît XVI, dans Jésus de Nazareth, du baptême dans le Jourdain à la Transfiguration, Flammarion, 2007, pp.107-109.
Je comprends vos réticences et vos remarques concernant le titre du fil.

Les béatitudes sont un chemin d'amour, il est certain. Mais n'est-il pas pour ses plus farouches opposants, qui entrent dans la lignée de Nietzsche, un chemin de misère ? Cela peut nous paraitre choquant et contradictoire avec la richesse de notre foi. Le monde nous voit faible et misérable en apparences. Nous nous savons forts d'échapper à son emprise et riches de l'amour du Christ au fond de notre cœur.

Mais, je n'avais pas envie de parler du monde et de sa propension à tout ramener à la jouissance immédiate. Je trouve que l'expression contient quelque chose de vrai : ne sommes-nous pas misérables à la Face de DIEU ?

Je partage avec Lui une part de son Amour et, pourtant, combien est grand l'amour que je n'accueille pas ?
J'entends sa Parole bienfaisante et, pourtant, combien est dur mon cœur à la garder et à la mettre en pratique ?
Je participe à son Eucharistie et, pourtant, qu'elle place est-ce que je laisse au Christ dans ma vie ?

Il est vrai, oui, que je suis misérable devant mon Seigneur. C'est la reconnaissance de cet état qui me pousse à chercher sa Présence et à désirer l'accueillir dans sa plénitude. Mes frères et mes sœurs, rappelez-vous la crèche, la persécution, l'opprobre, la trahison, la croix. Bien loin du chemin de gloire que nous propose le monde, n'est-ce pas un chemin de misère qu'a emprunté notre Christ ? Un chemin étroit et exigent que peu d'entre-nous accepte de parcourir.
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Re: Le chemin misérable

Message non lupar prodigal » dim. 29 janv. 2017, 18:19

Mais c'est vrai que ce n'est pas toujours évident à recevoir pour les jeunes et les moins jeunes, à lire ou à entendre et à expliquer ensuite! Heureux ceux qui pleurent ... Comment?
Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés.
Comment en effet voulez-vous être consolés si vous n'êtes pas dans la tristesse?
Et si vous n'êtes pas consolés comment voulez-vous être heureux?
C'est limpide comme une eau pure, et qui lave.
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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Cinci » dim. 29 janv. 2017, 21:26

Bonjour Voyageur,
[...]
Magnifique texte de Benoit XVI. Oui, vous avez raison. Nous sommes tous dans une certaine misère. Merci pour l'ouverture du fil.



Prodigal,

Vous dites?
C'est limpide comme une eau pure, et qui lave.
Limpide? Alors vous êtes chanceux. Je vais vous expliquer rapidement.

Dans mon parcours personnel, si je me reporte en arrière : le texte des Béatitude m'a toujours fait problème. Je trouvais que ce texte était de la dernière des insignifiances. Pensez à une platitude à dormir debout, l''opium du peuple, le pieux racontar pour vieille dévote démissionnaire et résignée.

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar prodigal » lun. 30 janv. 2017, 11:41

Cher Cinci,
sans doute êtes-vous influencé par la lecture marxiste des béatitudes.
Marx dit, en quelque sorte : "Malheureux les pauvres, car ils n'auront que les consolations religieuses, c'est-à-dire du pipeau!" et donc "bienheureux les riches, car ces salopards ont tout sans l'avoir mérité".
C'est tout le contraire des béatitudes. "Malheureux les riches, car ils ne seront pas consolés" car ayant choisi l'esclavage et l'illusion de l'argent, ce qui revient à refuser toute consolation.
Et "heureux les pauvres", car, comme dans la petite allégorie des deux verres racontée par Fée Violine, par la pauvreté ils sont disponibles pour l'amour divin, et celui-ci est consolateur, car il atténue la distance entre l'âme et Dieu. La consolation est ce à quoi le petit enfant peut s'abandonner dans les bras de sa maman. Elle est évidemment réservée à ceux qui pleurent.
Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Cinci » lun. 30 janv. 2017, 14:52

Bonjour,

Je ne dirais pas que je suis sous l'influence d'une lecture marxisante des béatitudes en 2017. Non, je raconte une perception ancienne que j'ai déjà pu avoir de ces textes. Sans le savoir, il est possible qu'une influence indirecte des amateurs du marxisme aura pu m'influencer à mon tour, peut-être à une certaine époque. Peut-être? Je ne sais pas.

Mais, de toute manière, marxisme ou pas, jusqu'à récemment, une phrase comme "Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés" n'est pas le genre de phrase qui pouvait m'inspirer quelque chose de bon ou m'enthousiasmer. Au mieux, je repassais sur la phrase comme je l'aurais fait sur une chose banale, une platitude, une formule toute faite de politicien, "Ne perdez pas courage ô vous les gueux qui pleurez car le Père va vous consoler dans une autre vie

- Mmm? Ah ouais? ... ouais, ouais ... évidemment ... Dieu est bien bon, mais je vais continuer à galérer dans la peine en attendant ... et puis ... Zzzzzzzzz ...

[...]

- Finalement la drogue apporte quand même plus de soulagement aux souffrants dans l'immédiat qu'un Dieu qui tarde à venir.

Je veux dire que pendant longtemps ce passage du Nouveau Testament me laissait assez froid. J'étais bloqué, je pense, par l'usage incongru du mot "Heureux" par les traducteurs, alors le contraste entre ce concept de bonheur plus ou moins exalté et une énumération de situations peu intéressantes. J'étais interdit par le fait que le texte semblait véhiculer l'idée que la joie serait pour plus tard. "... ils seront consolés" Futur. La consolation c'est pour plus tard. Comment peut-on me demander à moi d'être heureux actuellement ou dans la joie si la joie c'est pour plus tard? C'est ce que je ne comprenais pas en réalité.

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Voyageur » lun. 30 janv. 2017, 20:32

Il est vrai que le sermon sur la montagne se décline au futur.
Mais je pense qu'il faut y voir un futur en voie d'accomplissement.
D'ailleurs, le Royaume n'est pas "pour plus tard", il est déjà disponible.

De la même manière, on se rappelle la lecture du livre d'Isaïe par Jésus :
"L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint.
Il m'a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux pauvres,
proclamer aux captifs la liberté et aux aveugles le retour à la vue,
renvoyer en liberté les opprimés,
proclamer une année que le Seigneur agrée."
Au terme de cette lecture, Jésus affirme :
"Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles cette Écriture".

Je relève que vous employez souvent les mots "joie" et "bonheur".
Or dans ces béatitudes, je lis surtout une promesse de soulagement.
Comme en Matthieu 11, 29 :
Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Voyageur » mar. 31 janv. 2017, 17:57

Jacques Philippe, Si tu savais le don de Dieu, Éditions des Béatitudes, p.112

Il existe un lien étroit entre la pauvreté et l'espérance. On ne peut vraiment "entrer dans l'espérance", selon l'invitation de Jean-Paul II, que si l'on est pauvre de cœur. Tant que nous avons des richesses auxquelles nous nous accrochons, des sécurités et des appuis humains dans lesquels nous mettons notre confiance, nous ne pouvons pas vraiment pratiquer l'espérance, qui consiste à ne compter que sur Dieu seul.

C'est pourquoi, dans sa pédagogie, Dieu permet parfois que nous passions par des appauvrissements, la perte de certaines sécurités, voire des chutes lamentables, pour apprendre finalement à ne compter que sur Lui et sa miséricorde. Pierre en est un bon exemple : il aura fallu son reniement lors de la Passion pour qu'il apprenne à s'appuyer non plus sur ses vertus, son propre courage, ses élans d'enthousiasme humain, mais sur le seul amour de Jésus.
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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Cinci » mar. 31 janv. 2017, 19:37

Bon commentaire. Merci, Voyageur.

;)

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Cinci » mer. 01 févr. 2017, 2:13

En reprenant les Béatitudes toujours ...

Je me suis trouvé à participer à un groupe de partage samedi dernier. Alors j'ai pris des notes (sourire). Faut rien manquer! Alors, je livre une partie de mes notes. C'est du fait main, non pas emprunté à un livre

(je recompose)

- Quel est la signification du mot bienheureux?

On a consulté le bibliste juif, André Chouraqui, grand spécialiste de la traduction de l'hébreu et du du grec. La signification de ce mot est la marche et le sens second est le bonheur. Il y aurait un lien entre le bonheur et le fait de marcher dans la voie tracée par Dieu. On pourrait traduire : bienheureux l'artisan de paix, car : celui qui se fait artisan de paix est en marche vers le bonheur. Autrement dit, Jésus affirme : vous allez connaître la joie, soyez-en sûr, je vous le promets.

Si on veut résumer le message de Jésus, on pourrait dire : Chanceux est celui qui marche vers ce bonheur d'une communion avec Dieu et d'une fraternité entre les humains. Il a fait un bon choix.

- Trouvez-vous que la chose a du goût?

D'ailleurs n'est-ce pas ce qui est écrit dans les psaumes?

Jésus modèle son action sur celle de Dieu et comme les psaumes la décrivent. "Quand un pauvre crie, le Seigneur entend, Le Seigneur est près des coeurs brisés et il sauve les esprits abattus" (psaume 33, 18-19) Jésus ne s'adresse pas à l'élite intellectuelle de son peuple. Ceux-là savent beaucoup de choses sur Dieu et sur la Torah; ils sont riches de connaissances et alors ils finissent par croire que le savoir va leur obtenir le salut. Jésus pense plutôt que ce qui compte devant Dieu ce n'est pas tant le savoir que l'accueil de son amour. Et les pauvres et les petits sont disposés à accueillir l'amour dans leur vie.

- Quelle sorte de bonheur Jésus promet-il? Est-ce un bonheur après leur mort?

Il s'agit d'un bonheur pour dès maintenant et aussi dans l'éternité. Ce n'est pas seulement un bonheur promis pour plus tard dans l'au-delà. Jésus dit que les malheureux de ce monde peuvent être effectivement heureux au moment même où Jésus le leur dit. L'espérance d'être heureux dans l'éternité transfigure déjà le présent. Ce bonheur est devenu une réalité présente dans la personne et l'amitié de Jésus. Et cela vient mettre un baume sur la situation de souffrance. Dieu se préoccupe de rendre heureux mystérieusement ceux et celles qui sont privés de bonheur humain.


Maintenant, pour la question de ceux qui pleurent, il est intéressant de voir le psaume 118, 129-136

PSAUME : 118

Quelle merveille, tes exigences,
aussi mon âme les garde !
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.
La bouche grande ouverte, j’aspire,
assoiffé de tes volontés.
Aie pitié de moi, regarde-moi :
tu le fais pour qui aime ton nom.
Que ta promesse assure mes pas :
qu’aucun mal ne triomphe de moi !
Rachète-moi de l’oppression des hommes,
que j’observe tes préceptes.
Pour ton serviteur que ton visage s’illumine :
apprends-moi tes commandements.
Mes yeux ruissellent de larmes
car on n’observe pas ta loi.

Mes yeux ruissellent de larmes car on n'observe pas ta loi ...

Faut voir aussi le commentaire d'Hilaire de Poitiers
http://www.aelf.org/2017-01-30/romain/l ... atristique

Qu'il est bon, qu'il est joyeux pour des frères d'habiter ensemble ! Il est bon et joyeux pour des frères d'habiter ensemble parce qu'en habitant le même lieu, ils forment un groupement d'Église ; on les appelle frères, parce qu'ils sont d'accord par la charité qui leur donne un seul vouloir. [...]

Car cette onction n'est pas terrestre, elle n'emploie pas de l'huile contenue dans une corne, comme pour l'onction des rois, mais de l'huile d'allégresse. Après cette onction, Aaron fut appelé selon la loi « Christ », c'est-à-dire « oint ».

De l'huile d'allégresse ...

Rachètes-moi de l'oppression des hommes (psaume 118) ou ... ou libères-moi de l'opinion publique, du qu'en-dira-t-on, des idées toutes faites véhiculées dans les journaux, du baratinage des familiers, la peur de déplaire, la crainte de passer pour fou, l'aliénation, le comportement de mouton ... La libération quoi! La joie!

En tout cas, pour moi c'est une petite révolution de découvrir que cette joie (ou libération) se vit maintenant. Avant, je ne comprenais pas qu'il pouvait y avoir de la joie intense, et au présent, dans le simple fait d'observer la loi, suivre les commandements de Dieu. Que la Joie provenait elle-même du fait de s'accorder avec Dieu. Le "Demeurez dans mon amour" de saint Jean = la joie. Mon joug est léger = la joie. Va et ne pêche plus = la joie. La même joie des miraculés de l'Évangile ou presque ...

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Re: Le chemin misérable

Message non lupar Voyageur » mer. 01 févr. 2017, 7:44

Quel texte lumineux, empli de vérité.
Nul doute que l'Esprit s'y déploie.
Je vous rend grâce pour ce précieux cadeau.

Humblement, votre frère.
Tu m'as montré les chemins de la vie,
Tu me rempliras de joie par ta présence.


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