Conseils pour le pénitent

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
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Cinci
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Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » lun. 09 janv. 2017, 20:17

Bonjour,

En ce début d'année, je me suis dit qu'un fil pouvant regrouper quelques conseils, bons trucs, encouragements, témoignages et tout, pourrait être bienvenue. Libre à chacun d'y ajouter les trouvailles pertinentes que l'on veut.

Tout d'abord, je suis tombé sur un petit vidéo d'introduction du père Boulad qui est fort encourageant.

https://www.youtube.com/watch?v=qoGUfHLl-KA

Le passé peut être dépassé.



Questionnaire


Ensuite, j'ai ici un petit catalogue des points à examiner afin de parvenir à réaliser un bon examen de conscience. C'est toujours important de ne pas négliger l'étape de la préparation avant de recevoir le sacrement.

La lâcheté

Je suis lâche pour la défense de la vérité ou de la justice.
Je suis capable de trahir pour être considéré, pour de l'argent, pour monter en grade.
Je m'efface devant les riches et les puissants
Je peux mentir par crainte des hommes
J'ai honte de témoigner de ma foi et de mon expérience chrétienne

Le désordre et l'incohérence

J'ai mal usé des biens donnés par Dieu
Je n'ai pas su bien faire mon travail habituellement
Je me suis parfois engagé à la légère
Je n'ai pas pensé aux conséquences de ma négligence ou de mon manque de formation intellectuelle ou technique dans ma vie professionnelle ou familiale
Par mon incompétence, j'ai pu être ou risquer d'être la cause d'accidents graves
Je n'ai pas été toujours ferme dans ma décision
J'ai manqué de continuité dans l'exécution
J'ai profité d'une erreur commise à mon avantage et j'ai refusé de la signaler
J'ai gardé parfois des objets trouvés
Je n'ai pas su prévoir
Je me suis découragé devant les difficultés et les échecs répétés
J'ai manqué à mon équilibre spirituel en ne prenant pas tous les jours des moments de prière et de recueillement
Je n'ai pas rendu ce que j'ai pris injustement
Je n'ai pas réparer les torts que j'ai fait à mon prochain

Le mépris de son corps

Je n'ai pas su avoir une bonne hygiène de vie naturelle pour être en meilleure santé
J'ai refusé de me soigner correctement ou de tenir compte de l'avis du médecin
J'ai adulé mon corps au point d'y avoir perdu beaucoup de temps par coquetterie
J'ai abusé de la nourriture, de l'alcool et même d'autres produits toxiques
J'ai fumé ou me suis drogué sans respect pour ma personne et pour ma famille ou mes amis
J'ai pris du plaisir dans des réjouissances grossières pouvant me conduire à la luxure
J'ai recherché un excès de raffinement dans les plaisirs de la table au point d'y perdre beaucoup de temps
J'ai accepté l'esprit du monde en matière de sexualité et j'ai refusé de reconnaître la notion de péché en ce domaine
J'ai cru par faiblesse qu'on ne pouvait pas faire autrement et j'ai renié mes responsabilités pour m'élever dans la vertu
J'ai blessé mon âme d'images érotiques ou pornographiques m'inclinant à pécher sexuellement par désir ou par action

Blesser le coeur d'autrui (agir contre la charité, la vérité, la justice)

J'ai aimé mon prochain égoïstement, d'une manière intéressée
Je ne désir par le bien d'autrui, ni la montée universelle des hommes
Je reste inerte pour contribuer au bien commun
Je n'ai pas de compassion face à la misère du prochain
J'ai méprisé des gens de culture différente ou de condition sociale inférieure à la mienne
Je n'ai pas toujours été ponctuel
J'ai manqué d'écoute face à mon interlocuteur
Je n'ai pas su être assez disponible et accessible à mon prochain
Je n'ai pas cherché à comprendre autrui par un dialogue franc et objectif
J'ai méprisé consciemment ou inconsciemment mon prochain en étouffant sa personnalité
Je me suis mis parfois violemment en colère
J'ai refusé d'aider autrui par égoïsme ou par faux respect humain
J'ai été paresseux pour aller au devant des autres et les servir
J'ai lâché mes amis alors qu'ils étaient dans des difficultés
J'ai critiqué mes opposants dans un manque de charité totale

Cinci
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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » lun. 09 janv. 2017, 21:03

Parmi les conseils :

Faire fi du sacrement de réconciliation est une erreur grave parce que c'est refuser la main tendue de Dieu pour nous élever au-dessus des miasmes de notre misère ou souffrance humaine due à notre enlisement dans le péché. Ce péché répété devient un vice qui peut nous entraîner vers la mort éternelle parce qu'il est une habitude à pécher et à offenser Dieu sans réaction de notre part. Le sacrement du pardon est un don de Dieu pour nous ramener à notre sainteté primitive et faire de nous d'ardents témoins de sa vérité et son amour. En recevant le pardon divin, je saurai pardonner à mes frères dans la foi et aimer selon la volonté de Dieu.

Une bonne confession doit être bien préparée par un sérieux examen de conscience portant sur les commandements de Dieu, de l'Église, les sept péchés capitaux et sur les principaux devoirs d'état.

Bon à savoir (je l'ignorais moi-même!)

La réparation volontaire est celle que nous nous imposons à nous-mêmes comme surcroît ou comme supplément à la satisfaction sacramentelle toujours insuffisante en proportion de nos fautes. On est toujours obligé de réparer le mal fait à Dieu par une pénitence imposée par le prêtre. Même si Jésus Christ par ses prières, ses souffrances et sa mort a déjà réparé pour nous et quoique la peine éternelle nous soit remise par l'absolution. Nous devons payer à la justice de Dieu une peine temporelle et personnelle en cette vie ou dans l'autre. C'est pourquoi on impose au pécheur des oeuvres de pénitence qui expient les peines temporelles.

Il convient d'ajouter à la pénitence imposée par le prêtre d'autres pénitences à savoir : la prière, le jeûne, l'aumône ou la charité envers les plus pauvres, le travail ou les peines de la vie acceptées avec courage et confiance et enfin les indulgences qui sont des remises de peines temporelles octroyées par l'Église au nom des mérites de Jésus Christ, de la sainte Vierge et de toute la charité des fidèles et des saints.

Il est nécessaire de réparer le mal fait au prochain car si on refuse la réparation, le pardon n'existe pas. La satisfaction ou la réparation doit être conforme à la nature du tort causé au prochain.
  • Si on a blessé une personne, il faut lui demandé pardon
    Si on lui a causé un préjudice, il faut lui restituer le dommage de ses biens
    Si on lui a enlevé son honneur ou sa réputation, il faut travailler à la lui rendre
    Si on a scandalisé l'âme de quelqu'un, il faut la ramener vers le bien par de meilleurs conseils et de bons exemples
Les peines temporelles sont aussi des remèdes. Le pécheur ressemble au soldat blessé; on n'enlève pas seulement la balle qui a pénétré les chairs, mais on prescrit encore des remèdes pour fermer la blessure. Dans ce but, l'on choisit des oeuvres réparatrices opposées aux mauvais penchants du pécheur. A l'avare, on ordonnera l'aumône, à l'intempérant le jeûne, à l'égoïste la générosité gratuite; à l'orgueilleux des actes d'humilité et l'acceptation des humiliations.

(note : Je tire ces conseils d'un petit manuel intitulé Le Pardon - mode d'emploi et que j'ai déniché à l'Oratoire Saint-Joseph du Mont -Royal)

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » mar. 10 janv. 2017, 3:44

Une remarque intéressante ici :

  • La confession régulière faite avec droiture est une certitude d'aller au ciel parce que d'une part, elle nous préserve de mourir impénitent et d'autre part ce sacrement nous remet en état de grâce et nous aide à y demeurer parce qu'il nous fait comprendre combien le péché répugne à Dieu et combien il nous aliène dans notre vie spirituelle et notre montée vers Dieu.

    Le sacrement de miséricorde accordé par le Christ à tout pécheur venant se réconcilier avec lui par son Église est aussi un appel divin à tout homme pardonné de ses péchés à faire de même avec ses offenseurs ou ceux qui l'ont meurtri dans sa dignité ou ont sali sa réputation.


Je me souviens d'un fameux argument que j'ai déjà entendu souvent. Je songe au commentaire à l'effet que les catholiques ne seraient jamais sûr d'être sauvés. - "Es-tu sauvé?"... Oui? Non? ... Peut-être, peut-être pas?

  • Arrgh... Pas sûr, je n'ai pas le sentiment ... je ne suis même plus capable de prier, je suis tendu comme une corde de violon ...
[/i]
Voici donc la vraie réponse mais en traduction libre.

Il faut être sûr de se trouver en état de grâce pour commencer. Or, avec le baptême de l'Église, le sacrement de réconciliation donné par les prêtres représenterait donc cette véritable police d'assurance. Tadam! :)


La conséquence d'une pyramide de péchés véniels accumulés jusqu'au ciel (ou presque) et non pardonnés :

  • Le mal accompli régulièrement ne peut apaiser l'être humain. Se mettre en désaccord avec Dieu même si on est incroyant, fini par peser sur la conscience et créer en l'homme un mal-être chronique qui a une incidence évidente sur son physique. Le maladies psycho-somatiques sont là pour le prouver. En effet, vivre dans le bien apaise le coeur et maintient l'équilibre et le silence organique. Le corps fonctionne bien quand les nerfs et les glandes fonctionnent en harmonie avec une conscience droite et généreuse. Bien des angoisses chroniques, des névroses, des psychoses, des peurs quotidiennes sont dues à un refus d'aimer Dieu et de vivre dans la confiance et la paix de sa Providence.

    Mais quand les nerfs sont atteints et que le métabolisme glandulaire se dystrophie, alors les hommes sont souvent atteint d'asthénies, de dérèglements digestifs, de perturbations cardio-vasculaires, de troubles du sommeil avec toutes les répercussions que cela entraîne dans la vie quotidienne. Un corps malade dû à un esprit tourmenté et une conscience pervertie le demeure longtemps. Il est donc capital de savoir reconnaître ses torts et de pardonner les offenses pour se pacifier et recouvrer un équilibre mental et affectif.


C'est le genre de détails que l'on n'enseigne plus aux jeunes dans les écoles. En tout cas, moi, personne ne m'a jamais parlé de ce genre de bienfaits. La confession ne coûte rien. C'est ça qui est le pire. C'est gratuit, personne n'en veut! Les gens sont tous les mêmes.

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » mar. 10 janv. 2017, 4:30

Retour sur les indulgences


La peine temporelle due au péché pardonné peut être remise par Dieu à cause des réparations accomplies par le pécheur, soit par l'Église au moyen des indulgences. Celles-ci ne s'appliquent qu'aux péchés déjà pardonnés par Dieu. Les indulgences s'appliquent aux peines temporelles et non à la peine éternelle. Et toute indulgence est appliquée par l'Église.

Comme nos péchés constituent une dette à l'égard de la justice divine, les mérites infinis du Christ , les mérites surabondants de la Sainte Vierge et de tous les saints constituent un vaste trésor inépuisable plus que suffisant pour payer toutes nos dettes. Si dans la vie ordinaire, les trésors des uns ne servent pas à rembourser les dettes des autres, il n'en va pas ainsi dans l'Église catholique en vertu de la communion des saints qui met en communion entre tous les fidèles les biens spirituels de l'Église.

Pour acquitter notre dette, il suffit que l'Église puise dans le trésor des mérites de Jésus, de Marie et des saints pour payer notre dette personnelle. L'Église le fait par l'indulgence partielle ou plénière qu'elle accorde aux pécheurs. Elle en a le droit en vertu du pouvoir que lui accorde le Christ en ces termes : "Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel" (Mt 18,18) L'Église accorde des indulgences qui remettent toute la peine due aux péchés pardonnés.

Le fonctionnement

L'Église en nous accordant une indulgence ne substitue pas à nos mérites ceux de Jésus-Christ, mais elle multiplie nos mérites par ceux de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et des saints. Si nous n'avons aucun mérite parce que vivant dans le péché mortel, alors l'indulgence n'agira pas parce que zéro multiplié par l'infini ne donne rien; mais si petits que soient nos mérites, multipliés par ceux de la communion des saints, cela donne un gain capable de payer de très grosses dettes.

Dans la communion des saints, on peut appliquer également des indulgences aux âmes du Purgatoire. Les âmes expiant leurs péchés ne peuvent rien pour elles, mais nous pouvons par nos prières, nos offrandes de messes dites à leur intention et notre charité envers nos frères, abréger leur temps de purification. Le pape accorde des prières avec des indulgences destinées aux âmes du Purgatoire . Nous pouvons en récitant ces prières et en accomplissant l'oeuvre prescrite gagner l'indulgence et en appliquer le fruit soit ¸a une âme désignée par nous, soit à plusieurs, soit à toutes les âmes du Purgatoire.

Quand les âmes arrivent au ciel, elles connaissent leurs bienfaiteurs ou bienfaitrices et agissent à leur tour durant notre vie terrestre pour que nous recevions toutes les grâces nécessaires à notre salut et participions avec elles à la vision béatifique dans la gloire de Dieu. Tel est l'amour dans la communion des saints entre le ciel et la terre.

(Note : c'est la première fois que je réussis à trouver une explication claire du fonctionnement de ces indulgences)

Bref, on voit toute l'importance du sacrement de pénitence. Les indulgences de l'Église s'appliquent seulement aux péchés déjà pardonnés par l'Église essentiellement. C'est uniquement dans l'Église catholique que le chrétien a la certitude d'être pardonné de ses péchés car il sait dans la foi en la parole de Jésus qu'en recevant l'absolution du prêtre, il reçoit effectivement le pardon de Dieu qui lui dit en Jésus-Christ : "Va, tes péchés sont remis, lève-toi et marche." (Mc 2,9)

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » mar. 10 janv. 2017, 16:27

Une comparaison

Tribunal humain versus divin

Le coupable est puni, le coupable est absous
Le coupable se défend, le coupable s'accuse
Les aveux sont une charge, ils sont sa justification
La procédure est publique, la procédure est secrète
Les sentences prononcées déshonorent, elles réhabilitent
On veut le châtiment des coupables, le Christ veut leur correction et espère leur sanctification
Les sentences engendrent des peines, des dissensions, des plaintes, des rébellions et des haines,
elles procurent la joie, la docilité, l'amour, la paix et le désir de mieux faire

C'est très encourageant de penser qu'en s'accusant soi-même dans le cadre du sacrement de la réconciliation devant le prêtre, l'on se réhabilite.


Ici comme une bonne vieille prédication du temps du père Lacordaire :

"Plus vous retarderez la pénitence, plus Dieu vous jugera sévèrement", dit saint Augustin. A ceux qui diffèrent volontairement leur pénitence jusqu'au lit de mort, Dieu enlève ordinairement la possibilité de se réconcilier avec lui. "Par une juste punition du péché, celui qui n'a pas voulu faire le bien quand il le pouvait ne pourra le faire quand il voudra", ajoute saint Augustin. En effet, quand la grâce est passée et a été refusée par l'homme, Dieu n'est pas obligé de nous la redonner. C'est ce que signifie Grégoire de Nysse : "Le temps de la grâce est passé, il est inutile de vouloir faire ses achats après le jour du marché."

Il en est de ceux qui retardent leur pénitence comme du figuier sur lequel Jésus ne trouve pas de fruit et qu'il maudit immédiatement en ces termes : "Jamais plus tu ne porteras de fruit." (Mt 21, 19) Celui qui diffère sa conversion au fil des ans s'expose à mourir impénitent et à perdre son âme. "Ne vous fiez pas au lendemain, vous qui ne savez pas si vous vivrez encore une heure", dit saint Augustin.

Le sacrement de la réconciliation est nécessaire à tous les hommes parce que d'une part, tous sont plus ou moins malades (conscience dévoyée ou pervertie par le vice) et d'autre part, la plupart des hommes sont velléitaires et incapables de se fidéliser dans le bien. Comme nous ne remettons pas la visite chez le médecin pour une maladie qui peut devenir mortelle, ne laissons pas mourir notre âme par une suite de péchés qui nous entraînent au vice, puis à la révolte, à l'angoisse de vivre et au désespoir de ne pas pouvoir aimer vraiment, pardonner sincèrement et faire le bien, libérateur de tout remords.

Joseph de Maistre raconte cette histoire sur le démon :"Un saint dont le nom m'échappe eut une vision dans laquelle il vit Satan debout près du trône de Dieu; et, ayant prêté l'oreille, il entendit l'esprit malin qui disait : "Pourquoi m's-tu damné, moi qui ne t'ai offensé qu'une fois, tandis que tu sauves des milliers qui t'ont offensé tant de fois?" Et Dieu répondit : "M'as-tu demandé pardon une fois?"

Depuis la chute de l'homme et sa révolte contre Dieu, le péché s'est emparé de son coeur et depuis des siècles, il a fait de lui un prisonnier et un esclave de ses passions. C'est pourquoi, enchaîné à l'orgueil et à l'égoïsme, ces deux vices capitaux, l'homme veut dominer et réaliser son bonheur sur la captation de l'homme et non sur le don de sa vie à l'exemple du Christ pour faire vivre autrui et connaître le vrai bonheur découlant du don de soi gratuit.
:girl_angel: :nonne:
Dernière édition par Cinci le mer. 11 janv. 2017, 15:54, édité 1 fois.

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » mer. 11 janv. 2017, 15:48

Questionnaire (suite)

Blesser le coeur de l'Église

Agir contre l'Église par la pensée, par les paroles, par action et par omission.

Par la pensée ...

J'ai conçu l'Église parfois comme une secte ou un parti et non comme le Corps mystique du Christ.
Je me suis limité à l'Église visible sans prendre conscience de l'Église invisible et souffrante en m'unissant à elle dans mes prières.
J'ai critiqué les enseignements de l'Église en me référant aux médias sans les avoir lus.
Je suis plus sensible aux défaillances des chrétiens qu'à la puissance mystique de l'Église dans le Christ.
Je ne me sens pas responsable pour ma part de la faiblesse des chrétiens.
J'ai regardé les chrétiens non catholiques comme des ennemis et non comme des frères séparés.
Je n'ai accepté dans le Magistère de l'Église que ce qui correspond à mes idées ou ce qui flatte ma sensibilité ou encore ce qui favorise les positions que j'ai déjà prises.
Je ne souffre pas des faiblesses des chrétiens et je ne cherche pas à y remédier.

Par la parole ...

J'ai critiqué l'Église en l'assimilant au seul clergé en oubliant que comme chrétien je suis aussi responsable de ses actes.
J'ai parfois parlé au nom de l'Église sans être mandaté par elle.
J'ai critiqué les décisions du Magistère de l'Église en oubliant que le pape parle au monde entier et pour le bien de tous les hommes et pas seulement pour mes intérêts personnels.
J'ai parfois calomnié les prêtres ou médit sur eux au lieu de prier pour leur sanctification.

Par les actions

Pour mieux m'adapter à l'esprit du monde et à la mode, j'ai été infidèle à la morale de l'Église et aux valeurs réellement chrétiennes.
Je me suis montré scandalisé par certaines exactions de chrétiens alors que moi-même je suis pécheur sur bien des points analogues.
J'ai cherché à porter un témoignage personnel plutôt que de me fondre dans le témoignage de l'Église catholique.

Par omission ...

Je n'ai jamais voulu contribuer aux oeuvres caritatives ou missionnaires de l'Église.
Je ne me suis pas rendu compte des conséquences de mes actes sur la vie de l'Église.
J'ai refusé de participer par principe, par négligence, par indifférence ou par snobisme à la vie ecclésiale et à ses manifestations liturgiques, spirituelles et caritatives.
Je ne prie jamais pour le pape et le clergé.
Je n'agis pas suffisamment pour que l'Église soit plus évangélisatrice.
J'ai caché sciemment certaines fautes lors de mes confessions.
Je n'ai pas jeûné, ni fait abstinence aux jours prescrits par l'Église
J'ai communié sciemment en état de péché mortel.
« Un nouveau mot avait été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie. Critiquer la violence militante de cette religion dans son incarnation contemporaine était considéré comme du fanatisme. »

— Salman Rushdie

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » mer. 11 janv. 2017, 16:25

Blesser le coeur d'autrui

Agir contre la justice

J'ai été la cause directe ou indirecte d'un homicide, d'un suicide, d'un avortement, d'un acte d'euthanasie par mes allusions, mes conseils ou mes actes.
Je me suis réfugié derrière les lois pour ne pas agir avec ma foi ou la justice chrétienne.
J'ai ridiculisé ceux qui s'emploient à faire le bien et à vivre de la justice alors que j'en suis bien souvent incapable.
J'ai profité de l'indigence des gens pour les exploiter.
J'ai conservé longtemps, par négligence, des choses qu'on m'a prêtées ou même, j'ai oublié de les rendre.
J'ai refusé à mon prochain son dû.
Je n'ai pas su témoigner de ma foi et m'exprimer avec courage pour faire triompher la justice sociale et j'ai laissé les intérêts égoïstes triompher.
J'ai fait fructifier mes biens en sachant que j'appauvrissais des hommes et que je condamnais certains au chômage ou à la faillite.
J'ai "gagner" de l'argent sans travailler mais plutôt en agissant par des moyens pas très honnêtes.
Je me suis tu par timidité ou par peur alors que la vérité était impérative.
Je me suis affiché chrétien ou chrétienne sans témoigner d'une vie vraiment évangélique.
J'ai préféré ignorer la vérité pour satisfaire mon égoïsme sensuel plutôt que de la rechercher pour vivre dans la vertu.
J'ai préféré sciemment l'erreur à la vérité par souci de gloire, d'orgueil ou d'égoïsme.

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » mer. 11 janv. 2017, 17:04

Les qualités d'une bonne confession

Une bonne confession est indispensable pour progresser dans la vertu et grandir dans l'amour de l'autre. Elle repose sur trois critères. Elle se doit d'être humble, sincère et entière.

Humble

Une confession humble signifie que celle-ci n'est pas un récit qu'on fait au prêtre, c'est une accusation de ses fautes, une reconnaissance humble d'avoir offensé le Christ, suivi d'aveux mêlés de regret et de peine.

Sincère

Il faut accuser ses fautes avec franchise et simplicité sans exagération et sans diminution des faits. Cacher volontairement un péché mortel ou cru tel serait faire une confession sacrilège et rendre nulle l'absolution reçue. Dans ce cas, il faudrait refaire la confession mal faite et celles qui ont suivi la confession sacrilège.

Entière

La confession doit être entière c'est à dire qu'il faut déclarer tous les péchés mortels dont on se souvient après un examen sérieux.

Pour l'examen sérieux, il faut connaître la nature du péché c'est à dire contre quel commandement, quel devoir il a été commis ou quel péché capital.

Il faut déclarer :

Le nombre exact de péchés mortels; plus les fautes se sont multipliées, plus on est coupable.

Déclarer les circonstances qui changent l'espèce et la gravité de la faute ou qui font qu'un acte est en opposition à plusieurs devoirs ou plusieurs vertus. Mentir après avoir promis de dire la vérité ou frapper ses parentsou une personne consacrée à Dieu, voler un objet sacré ou un article au supermarché sont des péchés de gravité différente.

Déclarer les circonstances qui augmentent notablement la malice dans une même espèce. C'est ce qui arrive en matière de vol (voler dix euros ou cent euros est un vol de même espèce mais plus coupable dans le second cas que le premier) Il n'est pas nécessaire de s'accuser des péchés véniels, mais il est toujours bon d'en faire l'accusation car c'est le moyen le plus facile d'en obtenir le pardon et découvrir ses faiblesses qui conduisent notre être à pécher plus gravement.

La préparation exige un sérieux examen portant sur les commandements de Dieu, de l'Église, les sept péchés capitaux et les devoirs d'état.

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » sam. 14 janv. 2017, 18:25

Psaume 118

Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ;
à les garder, j’aurai ma récompense.
Montre-moi comment garder ta loi,
que je l’observe de tout cœur.
Guide-moi sur la voie de tes volontés,
là, je me plais.
Incline mon cœur vers tes exigences,
non pas vers le profit.
Détourne mes yeux des idoles :
que tes chemins me fassent vivre.
Pour ton serviteur accomplis ta promesse
qui nous fera t’adorer.
Détourne l’insulte qui m’effraie ;
tes décisions sont bienfaisantes.
Vois, j’ai désiré tes préceptes :
par ta justice fais-moi vivre.

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » mar. 17 janv. 2017, 6:42

Inquisitio

- Aïe! Ça va faire mal!

L'amour extérieur du prochain

- Est-ce que je montre à mon prochain que je l'aime? Ai-je une manière aimable et cordiale de traiter avec lui?
-Suis-je accueillant? Est-ce que je ne rebute pas ceux qui viennent à moi?
- Ne suis-je pas trop froid? trop distant?hautain?
- Est-ce que j'évite tout air maussade? Est-ce que je me garde de bouder les autres?
- Ai-je le souci de plaire aux autres? est-ce que je leur témoigne attention et délicatesse?
- Est-ce que je rends volontier service?
- Est-ce que je m'intéresse à ce que disent les autres? et est-ce que je sais écouter avec sympathie leur conversation?
- Est-ce que je sais encourager les autres par un mot d'apaisement, de réconfort et de consolation?
- Dans une discussion, est-ce que je sais exposer mon avis posément, sans vivacité? Est-ce que je supporte d'être contredit?
-Ai-je l'esprit large, ou est-ce que je m'accroche à de petits manques d'égards, à des futilités ou mesquineries?
- Est-ce que je domine les sursauts de ma sensibilité, et est-ce que j'oublie aussitôt les indélicatesses des autres?
- Est-ce que j'aime vraiment chacun de mes frères (chacune de mes soeurs) ? N'y en a-t-il aucun que je délaisse ou que j'évite systématiquement?
- Ne suis-je pas porté à me replier sur moi-même?
-Est-ce que je comprends que les autres aient un tempérament différent du mien, des goûts différents, des avis différents et une vie spirituelle différente?

L'amour intérieur du prochain

- Après un accroc à la charité, est-ce que je me dispose à faire le premier pas pour rétablir la bonne entente?
-Est-ce que je me réjouis de la joie et du succès d'autrui?
- Suis-je heureux de voir qu'en certaines occasions les autres me sont préférés? Ou y a-t-il eu du dépit?
- N'ai-je cherché à supplanter personne, ni à dénigrer personne par envie?
- Est-ce que je parviens à surmonter des antipathies naturelles par un amour surnaturel?
- Ai-je confiance dans autrui, dans ses bonnes dispositions? Ou suis-je porté à la méfiance?
- Suis-je animé d'une grande bonté à l'égard du prochain?
- Si j'ai eu de la difficulté avec quelqu'un, ne m'est-il resté dans le coeur aucun sentiment défavorable à son égard?
- N'y a-t-il pas eu des désirs de vengeance?
- Est-ce que je sais oublier les blessures infligées à mon amour-propre, ou est-ce que j'y reviens souvent par la pensée?

- Est-ce que je m'efforce d'interpréter favorablement ce que je vois?
- ai-je pris l'habitude d'excuser autrui, lorsque je remarque une chose répréhensible?
- Est-ce que je cherche à fermer les yeux sur les défauts du prochain? ou y aurait-il de ma part quelque malice à les repérer, et à les souligner?
- Mon estime du prochain est-il fondé sur la valeur que le Christ a donné à chaque personne humaine en offrant sa vie pour elle?
- Est-ce que je sais louer mon prochain quand l'occasion se présente? le défendre?

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » mar. 17 janv. 2017, 7:14

Remarque :

"Le sacrement de réconciliation oeuvre à refaire progressivement cette unité perdue par l'homme lors du péché originel. Chaque confession précédée d'un bon examen de conscience permet une excellente connaissance de sa médiocrité et garantit une certaine progression dans la vertu et l'amour du Christ et du prochain.

Il est évident que l'introspection régulière de son âme permet une élévation progressive vers Dieu parce que l'on connaît ses faiblesses et ses tendances à pécher et que l'on peut plus facilement y remédier avec l'aide de la grâce sacramentelle que l'on reçoit à chaque absolution. Ce sacrement réconforte en permanence le chrétien parce qu'il l'assure d'être pardonné de ses fautes par Dieu et d'avancer plus rapidement dans sa montée spirituelle. C'est aussi un moyen de prendre conscience que la victoire sur le mal n'est jamais gagnée d'avance et qu'elle réclame de notre part une vigilance toute spéciale à nos défauts majeurs qui nous font succomber aux tentations et retomber dans les mêmes péchés.

Le sacrement de pénitence est une richesse pour celui qui sait humblement en user pour grandir dans sa vie spirituelle. C'est une reconnaissance constante de l'homme qui se sait et s'accepte pécheur, mais avec la ferme conviction qu'il peut devenir un saint, non pas en péchant moins, mais en aimant plus le Seigneur. C'est dans l'amour nourri par la prière et la Sainte Eucharistie que le chrétien puise sa force pour moins succomber à la tentation et ne plus offenser le Seigneur.

Le sacrement de la miséricorde divine est un apaisement pour le chrétien qui sait qu'il peut compter sur le pardon divin pour se relever et avancer sur le chemin escarpé de la sainteté.

Le pardon divin accorde un bienfait immense à l'âme humaine. Tout pécheur qui vient de recevoir ce sacrement retrouve une joie profonde parce que sa conscience étant déchargée de ses fautes il repart purifié et pacifié. Il devient donc à son tour pacifiant pour le prochain et permet au monde vivant à son contact de connaître la douceur de la charité par une âme comblée de la miséricorde de Dieu et de sa paix. L'homme est toujours prêt à être plus aimable, plus accueillant, plus patient, plus compréhensif et charitable quand il est libéré du poids de ses péchés et rempli de la grâce sanctifiante amplifiée par la tendresse et la bonté de Dieu." (Père François Zannini)

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » jeu. 19 janv. 2017, 7:06

Un commentaire de Hans urs von Balthasar :

Aussi longtemps que quelqu'un ne se confesse pas, il se sent libre de dire ou de taire ce qu'il veut. Et ce qui lui fait détester la confession, ce n'est pas l'humiliation de se dévoilé ni le fait d'être un pécheur - car cela d'une certaine façon il le sait - mais c'est de devoir capituler dans un aveu total, de renoncer à la liberté du choix et qu'il ne lui reste que l'alternative de tout découvrir ou rien. C'est l'homme tout entier qui est malade et qui doit être guéri en entier, et cela non seulement de manière éclectique. C'est là la première humiliation. La deuxième, c'est de n'être qu'un parmi beaucoup d'autres et de devoir se plier aux mêmes modalités que tout le monde, jusque dans les formalités extérieures, comme celle d'entrer au confessionnal à une heure fixée. C'est cette manière d'être marqué, la suppression de toutes les différences extérieures. Les propriétaires d'usines et le concierge, la dame et sa cuisinière, tous sont sur le même pied.

Et à l'instant même où l'on avoue ce qu'il y a de plus intime en soi, on a plus ni choix ni alternative, on est sur le même rang que tous les pécheurs, quelqu'un qui se confesse au milieu d'eux. Il ne s'agit plus du tout des particularités de mon cas qui me semblaient le rendre si intéressant et que j'aurais tellement voulu expliquer à celui qui écoute. Dans la confession on n'entend pas uniquement l'aveu de mes péchés, mais Dieu professer ses préceptes et ses institutions, et même son Église, avec ses faiblesses et ses nombreux côtés scandaleux et équivoques.

Si je raconte à un tiers que je m'entretiens avec quelqu'un de mes affaires personnelles, en général il m'approuvera : tu fais tout à fait bien, je suis content que tu aies quelqu'un qui t'aide. Je serai en quelque sorte rehaussé à ses yeux. Mais si je lui dis que je vais me confesser, que la confession me procure le pardon de mes fautes, je vais être diminué à ses yeux, car tous ceux qui ne se confessent pas eux-mêmes auront toujours beaucoup à redire à son sujet. Elle blesse la liberté de l'Homme, sa fierté légitime, elle est quelque chose de dépassé, de moyenâgeux, parce que tant de formalités extérieures s'y rattachent. Tous ceux qui ne se confessent pas dédaignent la confession, et en me confessant je me fais compter parmi les gens de classe inférieure.

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » jeu. 26 janv. 2017, 0:58

"Si vous faites un bon et fréquent usage de ce sacrement, vous connaîtrez la paix du coeur, la conscience pure et l'union intime avec le Christ dans son amour du Père et des hommes et des femmes de la terre. La grâce du sacrement vous rendra semblable à Jésus, Notre Seigneur, en tout ce que vous dites et ce que vous ferez. Il fera de vous un membre plus fort et plus engagé de Son Église."

- Père Frederick L. Miller

"A ceux qui se sont éloignés du sacrement de réconciliation et de l'amour miséricordieux, je lance cet appel de revenir à cette source de grâce; n'ayez pas peur. Le Christ lui-même vous attend. Il vous guérira et vous vivrez en paix avec Dieu."

- Jean Paul II




La paix du coeur

Est-il un bien que les hommes désirent plus que la paix mais dont ils ignorent la nature? Comment expliquer que toutes choses aspirant à ce bien du plus profond de leur être, rares sont les hommes qui arrivent ¸à en jouir? C'est que dans leur quête de la paix, les hommes s'écartent le plus souvent des voies de Dieu, qui seules y mènent. Pourquoi donc s'entêtent-ils à suivre les leurs, qui s'en éloignent? Les chemins de lpaix sont pourtant nettement tracés dans la loi divine et bien connus des sages qui les ont parcourus; si nous voulons accéder à la paix, c'est sagesse de s'y engager. D'autant plus que la paix est de précepte, comme le rappelle opportunément saint Thomas d'Aquin.

Comment prétendre que vouloir s'en passer ou s'exposer à la perdre soit de peu de conséquence? Teilhard avait raison d'écrire : au fond de ton âme, place avant tout, immuable, comme base de tout ton activité, comme critère de valeur et de la vérité des pensées qui t'envahissent, la Paix de Dieu. Tout ce qui te rétrécit et t'agite est faux - au nom des lois de la Vie, au nom des promesses de Dieu. (Genèse d'une pensée, lettre, 7 novembre 1915)

Saint Augustin, déjà, comprenait la paix comme la "tranquilité de l'ordre". Commentant cette définition, saint Thomas reconnaîtra que la paix est la tranquillité "dans l'ordre". Et Pie XII expliquera qu'elle est la tranquillité "qui vient de l'ordre". La paix a quelque chose à voir avec la tranquillité et avec l'ordre; en fait, la tranquillité qu'elle apporte est le fruit de l'ordre. Nulle paix à espérer du désordre, triste produit de l'ignorance ou du mépris de l'ordre qu'a mis et veut mettre en tout l'Ordonnateur suprême.

Il faut reconnaître que tant la paix extérieure que la paix intérieure passent inévitablement par l'ordre, celui de la nature comme celui de la grâce, et cela dans tous les domaines : économique ou politique, familial ou social, psychologique ou spirituel, biologique ou moral. Mais que de désordres dans les attitudes et les comportements des hommes! Est-il étonnant que la paix fuie la terre et les coeurs?

Que la paix soit un bien inestimable ressort clairement de la place que lui accorde la Bible, où la paix est tout à tour associé au bien-être, au bonheur, au salut, à la justice. Plus précis que l'Ancien Testament, le Nouveau nous présente la paix comme un don proprement spirituel qui culmine en Jésus-Christ. Aussi n'est-il pas étonnant que le missel romain, dans la liturgie de la messe, mentionne si souvent la paix, par exemple dans la Salutation, le Gloria, diverses oraisons, la Préface du Christ-Roi, trois prières eucharistiques, la prière qui suit le Notre Père, celle qui précède la Communion, le souhait ainsi que l'échange de la paix, l'Agnus Dei, le renvoi de l'assemblée.

(à suivre)

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » jeu. 26 janv. 2017, 1:32

(suite)

Mais qu'est-ce que la paix? A tous ceux dont la recherche lui apparaît vraie, le Christ répond de façon claire. Si nous tenons réellement à la paix, il nous dira qu'elle est avant tout un don qui vient de lui.

De la paix vraiment unique du Seigneur personne ne jouira vraiment qui n'est pas prêt à y mettre le prix. N'est-elle pas la perle précieuse? et le trésor caché dont l'acquisition exige que l'on donne tout? La paix du Christ, nul ne l'aura qui entretient en soi des désordres, qu'il s'agisse d'attaches au péché ou d'attitudes génératrices d'inquiétudes, tels des désirs immodérés ou des affections déréglées , tout manque de détachement, d'abandon ou de résignation, la peur du qu'en-dira-t-on, du sacrifice ou de l'effort, l'entretien de pensées ou de sentiments propres à générer le trouble.

La paix du Seigneur qui surpasse toute intelligence n'en est pas moins compatible avec de rudes épreuves, telles la maladie, la souffrance et la mort. Elle peut accompagner la pauvreté, mais non la convoitise, la jalousie ou l'envie. Elle peut subsister dans l'emprisonnement ou l'esclavage, mais pas dans la désobéissance ou l'insoumission. Elle peut survivre dans la plus grande solitude, mais non dans l'amour possessif, sinon désordonné. Il lui est possible de demeurer intacte au sein des contrariétés et jusque dans l'insécurité, mais elle ne peut cohabiter avec la rancune ou la rancoeur.

La paix serait-elle une vertu comme par exemple la prudence ou la force? Non, explique saint Thomas, pour la raison que toute vertu se situe dans l'ordre des moyens, alors que la paix est à classer dans celui de la fin, voire de la fin dernière. La paix n'est pas la vertu, mais plutôt sa récompense ou encore le fruit et le signe de la justice. En fait, elle est le fruit du Saint Esprit et se place parmi les béatitudes.

La paix est plus que la simple tranquillité extérieure, le seul apaisement de la conscience ou la simple concorde avec autrui.

La vraie paix implique l'harmonie avec Dieu même, principe de l'ordre, et comporte par le fait même une plénitude s'accompagnant de joie ou de bonheur. Il va sans dire que cet avant-goût du paradis - qui est déjà la vie éternelle anticipée - ne sera parfait et inamissible que dans l'Au-delà, toute paix ici-bas pouvant toujours s'accroître ou se perdre. Même une sérénité d'apparence inaltérable n'est vraiment la paix de Dieu que dans la mesure où elle émane de la vertu de charité, qui seule la rend méritoire.

Source : Ludger Brien, S.,J., Les fruits de l'Esprit. Critères de discernement, Centre Leunis, Monréal

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Re: Conseils pour le pénitent

Message non lupar Cinci » jeu. 26 janv. 2017, 1:43

La paix est de précepte comme le rappelle saint Thomas. (bis)

- J'ignorais totalement cela. Un précepte de l'Église ... pas un voeu pieux. En somme, les membres de l'Église doivent s'organiser pour se tenir dans la paix, pour être en paix, doivent la rechercher, employer les moyens que l'Église met elle-même à la disposition des fidèles, etc.


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