Nos frères Juifs

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
Règles du forum
Forum d'échanges et de partage sur la spiritualité chrétienne
Epsilon
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1191
Inscription : ven. 02 juil. 2010, 19:27

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par Epsilon » jeu. 01 nov. 2012, 20:09

Teano a écrit :C'est possible : en écrivant cela, je songeais à ce que la tradition juive a conservé à propos d'évènements ou de personnages bibliques, de façon spécifique comme par exemple l'histoire d'Abraham brisant les idoles de son père (qu'on retrouve dans le Coran),ou l'identité de Ketoura-Agar.
Je ne crois pas "beaucoup" à toutes ces grandes figures de l'AT ... ce sont des "ombres/images" pour introduire/définir un "langage" mais dont la réalité "historique" est très éloignée de la réalité.


Cordialement, Epsilon

Avatar de l’utilisateur
Teano
Prætor
Prætor
Messages : 2302
Inscription : sam. 30 avr. 2011, 18:07
Conviction : Catholique romaine

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par Teano » jeu. 01 nov. 2012, 20:30

Le terme d'historique que j'ai employé, dans ce cas, n'était peut-être pas le plus approprié : je ne faisais pas référence à la méthode historico-critique.

2 aspects m'intéressent dans ce que la tradition juive comprend de ces grandes figures : d'une part la connaissance du coeur humain avec ses hauts et ses bas (et très souvent ses bas); d'autre part, faire un lien ou une opposition avec le Christ qui n'a pu ignorer un certain nombre de ces traditions.
L'exemple de Lot ou celui de Tamar est édifiant par exemple.

Je garde toujours à l'esprit que le judaïsme rabbinique a soigneusement veillé à rejeter de son corpus toute interprétation jugée proche du christianisme.

In Christo

Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum

Avatar de l’utilisateur
OlivierT
Censor
Censor
Messages : 83
Inscription : lun. 24 août 2009, 14:27
Localisation : Bassenge (Liège-Belgique)

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par OlivierT » jeu. 01 nov. 2012, 23:21

Epsilon a écrit :
Teano a écrit :C'est possible : en écrivant cela, je songeais à ce que la tradition juive a conservé à propos d'évènements ou de personnages bibliques, de façon spécifique comme par exemple l'histoire d'Abraham brisant les idoles de son père (qu'on retrouve dans le Coran),ou l'identité de Ketoura-Agar.
Je ne crois pas "beaucoup" à toutes ces grandes figures de l'AT ... ce sont des "ombres/images" pour introduire/définir un "langage" mais dont la réalité "historique" est très éloignée de la réalité.


Cordialement, Epsilon
Bonsoir et merci pour la richesse de vos échanges sur ce post.
Si je peux me permettre d'intervenir avec mes balbutiements devant tant d'érudition, je ne crois pas non plus à l'historicité des grands personnages de l'AT, mais leurs noms en hébreu signifie déjà quelque chose qui nous concerne tous.
Abram = l'homme capable de désir devient Abraham = l'homme de la multitude (après sa rencontre avec Dieu. Sa femme Saraï devient Sarah, qui signifie encore je ne sais quoi. C'est cette richesse de la linguistique hébreu qui m'intrigue.

Avatar de l’utilisateur
Teano
Prætor
Prætor
Messages : 2302
Inscription : sam. 30 avr. 2011, 18:07
Conviction : Catholique romaine

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par Teano » ven. 02 nov. 2012, 10:02

Bonjour Olivier T,

J'avais lu une très intéressante exégèse de l'histoire de Juda et Tamar à partir du sens du nom de Juda, "reconnaissance" : tout le texte est articulé autour de cette notion (Juda qui commence par ne pas reconnaître son droit à Tamar puis qui est lui-même reconnu - et confondu - par son sceau comme le père de l'enfant qu'elle attend : il finit par reconnaître sa faute pour s'en repentir et sa paternité).

In Christo

Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum

Avatar de l’utilisateur
Suliko
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 2437
Inscription : ven. 07 janv. 2011, 22:02

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par Suliko » sam. 03 nov. 2012, 22:32

Ma question n'est pas directement en lien avec ce fil, mais puisque le thème est abordé ici, j'en profite:

Est-il vraiment sans conséquence de nier l'existence historique des grandes figures de l'Ancien testament?
Beaucoup d'entre vous le font sans problème et j'avoue que cela m'interpelle...Cela ne revient-il pas finalement à tout relativiser? N'est-ce pas en rupture avec toute la tradition chrétienne?

Merci d'avance pour vos réponses.

Suliko
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

Avatar de l’utilisateur
Suliko
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 2437
Inscription : ven. 07 janv. 2011, 22:02

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par Suliko » mer. 28 nov. 2012, 21:17

Je fais remonter ce fil, car personne n'a répondu à ma question et j'aimerais vraiment des réponses, ou du moins des références bibliographiques pour mieux comprendre...
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

gerardh
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 4816
Inscription : ven. 26 déc. 2008, 20:02
Conviction : chrétien non catholique
Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par gerardh » mer. 28 nov. 2012, 23:44

______

Bonjour Suliko,

Le Christ lui-même a cité diverses figures de l'AT.

Le NT contient environ 200 citations de l'AT.

Cela relativise la critique moderne, du moins une certaine critique moderne.


__________

Avatar de l’utilisateur
Suliko
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 2437
Inscription : ven. 07 janv. 2011, 22:02

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par Suliko » jeu. 06 déc. 2012, 16:26

Pourtant, plusieurs intervenants ne croient pas en leur existence. Cela me laisse perplexe. Peut-être devrais-je écrire dans la partie intitulée "Le christianisme pour les nuls"?
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

Epsilon
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1191
Inscription : ven. 02 juil. 2010, 19:27

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par Epsilon » jeu. 06 déc. 2012, 16:49

Suliko a écrit :Pourtant, plusieurs intervenants ne croient pas en leur existence. Cela me laisse perplexe. Peut-être devrais-je écrire dans la partie intitulée "Le christianisme pour les nuls"?
Moi par exemple ... et/ou quand bien même ils aient existé les faits qui leur sont attribués n'ont strictement rien à voir avec une qcqconque réalité ... c'est de "l'histoire" ré-écrite/sublimée.

Mais je ne comprends pas très bien votre question sous-jacente ... notamment "relativiser" quoi exactement ???


Cordialement, Epsilon

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13225
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par etienne lorant » jeu. 06 déc. 2012, 17:08

Suliko a écrit :Ma question n'est pas directement en lien avec ce fil, mais puisque le thème est abordé ici, j'en profite:

Est-il vraiment sans conséquence de nier l'existence historique des grandes figures de l'Ancien testament?
Beaucoup d'entre vous le font sans problème et j'avoue que cela m'interpelle...Cela ne revient-il pas finalement à tout relativiser? N'est-ce pas en rupture avec toute la tradition chrétienne?

Merci d'avance pour vos réponses.

Suliko
Je réponds pour ma part : Non, il n'est pas sans conséquence de nier l'existence historique des grandes figures de l'Ancien testament. La transmission orale, systématique, génération en génération, est souvent corroborée par des faits historiques. Mais je ne suis pas dans ma "spécialité"... Si l'on commence à nier l'existence d'un David, il devient difficile de reconnaître pleinement un "Fils de David"... et du coup, l'on dira (comme je l'ai entendu) que le Christ est une "figure" de la divinité...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

Avatar de l’utilisateur
Fée Violine
Consul
Consul
Messages : 10513
Inscription : mer. 24 sept. 2008, 14:13
Conviction : Catholique ordinaire. Laïque dominicaine
Localisation : France
Contact :

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par Fée Violine » jeu. 06 déc. 2012, 17:19

Suliko a écrit :Est-il vraiment sans conséquence de nier l'existence historique des grandes figures de l'Ancien testament?
Beaucoup d'entre vous le font sans problème et j'avoue que cela m'interpelle...Cela ne revient-il pas finalement à tout relativiser? N'est-ce pas en rupture avec toute la tradition chrétienne?
Ça dépend de quels personnages il s'agit.
Ceux des époques très anciennes, on peut en effet avoir des doutes sur leur historicité, ou du moins sur l'exactitude de tous les détails.
David a vécu 1000 ans avant JC, c'est relativement proche de nous. Pour cette époque et même avant, on a des documents très précis sur l'Egypte par exemple, donc la Bible peut être exacte aussi, d'autant plus que l'archéologie confirme beaucoup de données bibliques (ce que dit Epsilon est une simple théorie).

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13225
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par etienne lorant » jeu. 06 déc. 2012, 22:18

A propos ... ou en lien ... il semble que le livre du Pape soit très bien accueilli du côté de nos frères juifs et religieux - je viens de faire cette trouvaille :

UNE LECTURE JUIVE DU NOUVEAU LIVRE DU PAPE PAR LE RABBIN ALAN BRILL.
ARTICLE PUBLIE DANS LE "NATIONAL CATHOLIC REPORTER", LE 21 SEPTEMBRE 2007.




Traduction francaise :

Quand le Cardinal Joseph Ratzinger devint le pape Benoît XVI, les optimistes déclarèrent que ce choix dénotait un engagement à poursuivre l’important travail consistant à établir un pont avec le peuple juif. D'un autre côté, les pessimistes soulignèrent ses origines allemandes, sa ligne dure sur les autres religions et sa préférence pour une Église plus dogmatique et plus conservatrice. Or, le nouveau livre du pape Benoît XVI, Jésus de Nazareth, a prouvé que les optimistes avaient raison.

Jésus de Nazareth offre une interprétation du Nouveau Testament - et donc du Christianisme - qui est étonnamment favorable au judaïsme : "le peuple juif et sa foi sont les véritables racines du christianisme”. Dans des termes sans équivoques, Jésus est présenté comme un Juif, un disciple des véritables traditions bibliques et rabbiniques. Les enseignements de Jésus sont perçus comme une excroissance et un accomplissement de la Loi du Sinaï et de ritualisme juif.

Selon les approches chrétiennes traditionnelles, l'interprétation juive de la Bible était assimilée à une tradition rabbinique fausse, à une perversion de la Bible, et les Juifs, aveugles à la vérité, ne faisaient pas la volonté de Dieu. Comment le Pape Benoît a-t-il accompli cette réconciliation en forme d’exploit ? Que fait-il du rejet du judaïsme dans le Nouveau Testament et chez les Pères de l'Église ?

Benoît XVI a une vision de Jésus qui part du Deutéronome et de l'importance de Moïse, le législateur, en tant que prophète. Le Deutéronome enseigne que le but de la loi est de proclamer la royauté de Dieu. Par exemple, Benoît XVI déclare que la récitation juive de la Shema est un moyen d'affirmer la royauté de Dieu. Aux yeux de Benoît XVI, la connaissance biblique de Dieu passe par le rituel juif dans ses formes légales, et non par la description chrétienne ordinaire du rejet du légalisme par les prophètes.

Le judaïsme n'est pas exclu, révoqué ou abrogé, contrairement à ce qu’on toujours expliqué les penseurs chrétiens. Jésus prit le message de Moïse et le révéla au monde - pas seulement le message éthique des prophètes, mais aussi la royauté, le rituel, l'obéissance et la dévotion du Deutéronome. "Pour un croyant chrétien, les commandements de la Torah restent une référence décisive". Benoît XVI accepte, savoure presque, l'influence de la pratique juive sur la liturgie chrétienne, car elle dénote une continuité entre la fois juive et la foi chrétienne.

En conséquence, Benoît XVI déclare avec confiance que tous les Juifs pieux qui récitent quotidiennement la Shema affirment la royauté de Dieu. Sans le dire aussi explicitement, il semble sous-entendre que les Juifs connaissent Dieu et son royaume parce qu'ils connaissent Moïse, les prophètes, la Torah et son interprétation rabbinique. Qu'en est-il des critiques dirigées contre les Pharisiens ?

Le pape prend au pied de la lettre la déclaration de Jésus "Je ne suis pas venu les abolir, mais les réaliser" [les commandements de la Loi] et promet de démontrer que cela ne contredit pas saint Paul. Dans ce livre, la promesse n’est gardée qu’en partie. L’auteur n'explique pas les passages difficiles. Dans la lecture que Benoît XVI fait du Nouveau-Testament, toutes les déclarations sur ceux qui sont aveugles, mus par le démon ou trop obstinés pour voir la vérité visent les ricaneurs, les incroyants et même nos contemporains relativistes, n'importe qui sauf les juifs. À moins qu’elles ne dénotent seulement « un effort délicat de Dieu pour persuader les Israélites », qui restent néan-moins des fils obéissants du Père.

Benoît XVI présente quelques exemples de paraboles apparemment anti-juives. L'histoire des serviteurs déloyaux (Matthieu XXI, 33-46) sert habituellement à prouver que les Juifs ont été punis et remplacés. Benoît XVI se borne à offrir ses observations personnelles, en limitant de façon créative cette parabole à ceux qui niaient Dieu au temps de Jésus ou qui le nient aujourd’hui encore. De ce point de vue, il rejette ouvertement les Pères de l'Église qui condamnent les Juifs en s’appuyant sur les paraboles et souligne que le Nouveau Testament ne va pas dans leur sens.

En plusieurs endroits, le Pape Benoît XVI cite favorablement des documents rabbiniques, ce qui constitue en soi un acte de réconciliation important. Le Talmud n'est plus une source pernicieuse de fausses interprétations de la Bible, c’est une continuation du vrai message de la Bible. Le Pape respecte et accepte l'explication de l'historien américain du judaïsme, Jacob Neusner, concernant le motif pour lequel les Juifs rejettent le christianisme. Les religions ne débattent pas sur le fait que Jésus soit ou non le Messie - Les Juifs pensent que non -, mais sur le fait que Jésus peut ou non être vu comme divin.

Selon Benoît XVI, le judaïsme et le christianisme partagent les visions de la royauté de Dieu, comme la Bible la décrit du Deutéronome jusqu'à Daniel. Contrairement aux Juifs, les chrétiens supposent que la royauté du Dieu biblique passe par Jésus. Mais les uns et les autres partagent une même vision de la royauté.
[+] Texte masqué
http://www.nostra-aetate.org/ratzinger/brill.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13225
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par etienne lorant » ven. 07 déc. 2012, 12:44

OlivierT a écrit :Devant une certaine opacité du Premier Testament, je me suis mis en tête de l'approcher avec l'aide des commentaires de nos frères Juifs.
Je dois avouer que cela dépasse totalement ce à quoi je m'attendais.
Une première approche semble compliquée, une seconde passionnante.
J'étais à mille lieues d'imaginer le caractère existentiel de ce que renferme les récits bibliques de "la Torah". L'hébreu lui-même est d'une richesse immense, le symbolisme de ses caractères, la construction des mots, tout nous renvoie au plus profond de nous-mêmes.
Amis, pourquoi l'étude du Premier Testament est-elle si ignorée en nos rangs de Chrétiens?
Je vous invite vraiment à vous pencher sérieusement sur les commentaires de quelques rabbins, même contemporains.
Voilà, c'était juste une petite expérience que je tenais à partager avec vous.
Je suis d'accord avec vous, Olivier, certaines lectures de l'Ancien Testament, m'apportent énormément. Il faut lire lentement.
Je me souviens des batailles livrées par les Israëlites, batailles inutiles et qui leur a coûté de nombreuses pertes. Plus particulièrement, le moyen employé par Dieu pour vaincre les Philistins suit une débâcle inutile dans laquelle même l'arche de l'alliance avait été capturée. Mais il a suffi d'une fronde et d'un caillou rond pour mettre fin aux tueries. Conclusion: les juifs voulaient que Dieu agisse à la manière des hommes, ils ne Lui faisaient confiance qu'à leur façon. Or, et moi ? Combien de fois n'ai-je pas considéré qu'avec ma foi, Dieu ne pourrait faire autrement que d'exaucer toutes mes prières !

Oui, découvertes enrichissantes, et j'applaudis :clap: :clap: :clap:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13225
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par etienne lorant » ven. 07 déc. 2012, 15:27

Je reviens sur cette intéressante lecture:

Extrait du Premier livre de Samuel, chapitre 4
02 Les Philistins se déployèrent contre Israël, et le combat s'engagea. Dans cette bataille rangée en rase campagne, Israël fut battu par les Philistins, qui leur tuèrent environ quatre mille hommes,
03 et le peuple revint au camp.Les anciens d'Israël dirent alors :
« Pourquoi le Seigneur nous a-t-il fait battre aujourd'hui par les Philistins ? Faisons venir de Silo l'arche de l'Alliance du Seigneur ; qu'elle vienne au milieu de nous, et qu'elle nous sauve de la main de nos ennemis. »
04 Le peuple envoya chercher au sanctuaire de Silo l'arche de l'Alliance du Seigneur des armées, qui siège sur les Kéroubim. Les deux fils du prêtre Éli, Ophni et Phinéès, étaient auprès de l'arche de Dieu.
05 Quand elle arriva au camp, tout Israël poussa une grande acclamation, qui fit résonner la terre.
06 Les Philistins entendirent le bruit et dirent : « Que signifie cette grande acclamation dans le camp des Hébreux ? » Ils comprirent alors que l'arche du Seigneur était arrivée dans le camp.
07 Alors ils eurent peur, car ils se disaient : « Dieu est venu au camp des Hébreux. » Puis ils dirent : « Malheur à nous ! Les choses ont bien changé depuis hier.
08 Malheur à nous ! Qui nous délivrera de la main de ce Dieu puissant ? C'est lui qui a frappé l'Égypte de toutes sortes de calamités.
09 Prenez courage, Philistins, soyez des hommes, pour ne pas être asservis aux Hébreux comme ils vous ont été asservis : soyez des hommes et combattez ! »
10 Les Philistins livrèrent bataille, Israël fut battu et chacun s'enfuit dans sa tente. Ce fut un très grand désastre : en Israël trente mille soldats tombèrent.
11 L'arche de Dieu fut prise, et les deux fils d'Éli furent tués.

La première défaite d'Israël provient du seul fait que les juifs n'ont pas fait confiance à la promesse de Dieu. Ils se sont appuyés sur leurs propres forces et perdent quatre mille hommes. Mais plutôt que de se repentir, de changer de mode de réflexion, ils cherchent à "instrumentaliser" Dieu en plaçant l'Arche d'Alliance au milieu d'eux. Mais la foi, ce n'est pas cela non plus et le résultat est presque dix fois pire : trente mille hommes se font tuer et l'Arche d'Alliance - perte encore plus épouvantable - est désormais entre les mains des ennemis. (Mais la suite montrera qu'elle sera restituée sans combat).
Au total, le défaut de confiance des juifs leur coûte trente-quatre mille hommes - que de lamentations dans les foyers !

Ensuite, les juifs demandent à Samuel un roi afin d'être comme les autres peuples (pour "faire comme tout le monde", en somme). Le Seigneur fait exposer au peuple, par Samuel, ce qu'il leur en coûterait en privations - car les rois se servent sur leur propre peuple pour établir leur renommée, mais les juifs persistent. Et Dieu cède encore: il envoie chercher David. Or, David est le dernier garçon de toute une série de frères plus grands et plus forts que lui - en plus, on le moque parce qu'il est roux. Mais c'est bien lui, le petit David qu'on a envoyé paître les moutons pour mieux l'éloigner - c'est bien lui que Dieu choisit. (Ici encore rien que des leçons à tirer !)

Enfin, vient le temps où Dieu accomplit la promesse qu'il avait faite de livrer à Israël tous les peuples qu'ils rencontreraient dans leur chemin vers la terre promise. La défaite finale des Philistins sera obtenue par UNE mort d'homme obtenue à l'aide d'un seul petit caillou - c'est le récit bien connu

40 David prit son bâton, il choisit dans le torrent cinq cailloux bien ronds et les mit dans une poche de son sac de berger ; puis, la fronde à la main, il marcha vers le Philistin.
41 Le Philistin s'avança, précédé de son porte-bouclier, et arriva près de David.
42 Lorsqu'il le vit, il le regarda avec mépris car c'était un jeune garçon ; il était roux et de belle apparence.
43 Le Philistin lui dit : « Suis-je donc un chien, pour que tu viennes contre moi avec un bâton ? » Et il lui lança une malédiction en invoquant ses dieux.
44 Il dit à David : « Viens ici, que je te donne en pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! »
45 David lui répondit : « Tu marches contre moi avec l'épée, la lance et le javelot, mais moi, je marche contre toi au nom du Seigneur des armées, le Dieu des troupes d'Israël que tu as insulté.
46 Aujourd'hui le Seigneur va te livrer en mon pouvoir, je vais te tuer, te trancher la tête, donner aujourd'hui même les cadavres de l'armée philistine aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages. Toute la terre saura qu'il y a un Dieu pour Israël,
47 et tous ces gens rassemblés sauront que le Seigneur ne donne la victoire ni par l'épée ni par la lance, mais que le Seigneur combat lui-même, et qu'il vous livre entre nos mains. »
48 Goliath s'était avancé et venait à la rencontre de David. Celui-ci s'élança et courut vers les rangs des ennemis au-devant du Philistin.
49 Il plongea la main dans son sac, et en retira un caillou qu'il lança avec sa fronde. Il atteignit le Philistin au front, le caillou s'y enfonça, et Goliath tomba la face contre terre.
50 Ainsi David triompha avec une fronde et un caillou : quand il frappa le Philistin à mort, il n'avait pas d'épée à la main.
51 David se précipita, et arrivé près du Philistin, il lui prit son épée, qu'il tira du fourreau, et le tua en lui tranchant la tête. Quand les Philistins virent que leur champion était mort, ils prirent la fuite.


Ce que j'ai retenu - personnellement - de cette lecture, c'est que le Seigneur, pour me faire vivre et me donner la Vie, n'attend pas de moi que j'accomplisse de grandes choses. Mais la seule chose qu'Il attend de moi, c'est ma confiance. Cependant, comme je suis toujours un homme pressé, il faudrait que tout m'arrive d'un coup. Et il m'arrive comme aux juifs : je tire des plans sur la comète, je rabâche dans mes prières, je me plains et me lamente... mais cela ne change rien du point de vue de Dieu, qui attend de moi ma confiance. Et le jour où, lassé de subir des revers, je m'abandonne comme un vaincu (c'est-à-dire le jour où je redeviens humble), j'obtiens ce que j'avais demandé et même plus encore. Tant de fois, j'ai pu le vérifier dans ma vie !

Bref, il est VRAIMENT intéressant de lire la Bible !

Note: Tous les textes cités sont de Cy Aelf, Paris la Bible de la Liturgie
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13225
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Nos frères Juifs

Message non lu par etienne lorant » ven. 07 déc. 2012, 22:19

A propos de réalité historique, une conférence est en cours au sujet des sept plaies d'Egypte:

ROME, vendredi 7 décembre 2012 (ZENIT.org) – Des événements extrêmes, dont de terribles tempêtes, que sont les « plaies » de l’Egypte, ont fait l’objet , les 3 et 4 décembre, d’un congrès international au Centre national italien des recherches (CNR) et à l’université « La Sapienza » de Rome.
Deux journées de discussions réuniront égyptologues, historiens et spécialistes de l’Antiquité, physiciens, chimistes, géologues et géographes, sur le thème : « Lecture de catastrophes : approches méthodologiques et interprétation historique. Séismes, famines, épidémies, inondations, entre l’Egypte et la Palestine (3000-100 av. J.-C.) » [ « Reading catastrophes: Methodological Approaches and Historical Interpretation. Earthquakes, Famines, Epidemics, Floods between Egypt and Palestine - 3rd - 1st millennium BC »], pour parler des événements destructeurs survenus dans l’Antiquité en Egypte et au Proche-Orient.

« Les anciens peuples de la Méditerranée nous ont laissé de nombreux témoignages sur les catastrophes naturelles, dont les récits bibliques, en particulier ceux de l’Exode, qui décrivent des événements géophysiques survenus entre l’Egypte et la Palestine », a expliqué Giuseppina Capriotti, égyptologue à l’institut d’Etudes sur les civilisations italiques et méditerranéennes du Conseil national des recherches italien (Iscima-Cnr), coordinatrice de l’unité de recherche du CNR « les plaies de l’Egypte ».

Tout le secteur du Sinaï, a-t-elle ajouté, « a toujours été très actif d’un point de vue géophysique, et il a dû profondément marquer l’imaginaire et la tradition orale des peuples anciens ».
Le plus ancien des séismes, dont il reste des traces archéologiques en Egypte, est celui de Tell Farkha (3200-3000 av.J-C.), site du Delta égyptien, fouillé par une mission polonaise. L’historienne italienne a fait savoir à ce sujet qu’un groupe de jeunes chercheurs est en train de rassembler toutes les données officielles de nature archéologique et écrite. L’analyse des textes hiéroglyphés et hiératiques est coordonnée par le prof. Vincent Laisney, égyptologue à l’Institut biblique pontifical de Rome.

Suis curieux d'en savoir plus et j'essaierai :
[+] Texte masqué
http://www.zenit.org/article-32776?l=french
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités