Catholicisme et rites funéraires

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Suliko
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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Suliko » sam. 16 mai 2020, 16:40

Bonjour Trinité,
J'ai l'impression que vous n'avez pas conscience de l'abime qui existe entre les personnes comme vous, qui suivent la liturgie ancienne et les athées ou pour le moins non pratiquants
Je vis dans le même monde que vous et j'ai parfaitement conscience de cet abîme.
Votre rigidité liturgique, n'est certainement pas propice à une évangélisation , mais serait plutôt dissuasive.
Le problème, c'est que la liturgie n'a pas pour but premier l'évangélisation.
Vous dites également qu'autrefois, vous ne compreniez rien à la messe. Si par là vous voulez dire que vous ne compreniez pas le latin, je saisis votre propos. Mais le fait de ne pas saisir tout ce qui se dit à la messe n'empêche en rien le fidèle de comprendre quel profond mystère s'y joue. Qui plus est, il existait déjà à l'époque de nombreux missels bilingues.
En tout cas, j'ai au contraire l'impression que jadis, on ne comprenait pas forcément les paroles de la liturgie, mais qu'on comprenait ce qu'était la liturgie, tandis qu'aujourd'hui, on comprend toutes les paroles de la liturgie, mais qu'on ne sais plus bien ce qu'est la liturgie. Et c'est parce qu'on a perdu cette compréhension qu'on essaie de faire de la messe quelque chose d'attractif, d'évangélisateur, que l'on se permet de nombreuses innovations pour chercher à attirer les fidèles. Mais le fait est que la jeunesse catholique est plus attirée par la messe traditionnelle que par la messe rénovée.
Assez longtemps la foule a entendu parler de ce qu'on appelle les droits de l'homme ; qu'elle entende parler quelquefois des droits de Dieu ! (Léon XIII)

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Altior » sam. 16 mai 2020, 19:38

Suliko a écrit :
sam. 16 mai 2020, 16:40

En tout cas, j'ai au contraire l'impression que jadis, on ne comprenait pas forcément les paroles de la liturgie, mais qu'on comprenait ce qu'était la liturgie, tandis qu'aujourd'hui, on comprend toutes les paroles de la liturgie, mais qu'on ne sais plus bien ce qu'est la liturgie.
Vous savez, Suliko, depuis quand on fait d'abord la première Communion pour ne faire la Confirmation qu'ensuite ? Cet ordre de faire les choses, qui, du point de vue gréco-catholique est une anomalie, date depuis l'époque de ce grand réformateur qui fut Saint Pie X. C'est une belle histoire que je reproduis de mémoire. Il est raconté qu'un enfant de 9 ans voulait communier à tout prix. Le curé répond à ses parents que cela est impossible. Il explique que le petit a encore à pousser jusqu'à la Confirmation et que la Communion viendra ensuite. Les choses ne se sont pas arrêtées là, car la demande est arrivée à l'évêque. Les parents accompagnés de ce gosse-là sont présentés en audience à l'évêque. L'évêque, en espérant de classer ce cas, leur explique qu'il ne peut pas changer l'ordre des Sacrements. S'ils veulent une chose pareille, qu'il aillent voir le Pape. Eh bien, l'enfant écrit au Pape une lettre. Le Pape ne répond pas, car il avait en vue de visiter ce diocèse. Et voilà, la visite apostolique arrive et le Pape demande où est le gamin qui veut communier si tôt. Il lui est présenté. «Mais est-ce que tu sais, mon petit, qu'est-ce que c'est la Communion ?». «Je sais que Notre Seigneur est là-dedans. Vous, Sainteté, savez-vous davantage?» Conquis par cette réponse hardie, le Pape s'est rappelé qu'il avait eu, lui aussi, ce désir ardent lorsqu'il était enfant. Depuis lors, la première Communion est autorisée pour les enfants dès qu'ils peuvent faire la différence entre la Communion et la nourriture ordinaire.

Eh oui, à l'époque les gens acceptaient qu'il y a des mystères. Des vérités pour lesquelles nous ne comprenons pas, ni ne pouvons comprendre ni le pourquoi, ni le comment. Leurs existences, voilà tout ce que nous savons. Mais aujourd'hui, on a du mal a accepter cela. C'est cette attitude de l'enfants qui nous manque, en dépit du conseil de Notre Seigneur d'être comme eux. Cette vraie ouverture d'esprit envers le mystère, doublée de la confiance en ce que ceux d'avant nous nous ont appris, voilà la raison pour laquelle le plus nous voulons savoir, le moins nous le savons. Et nous sommes désespérés de ne pas tout savoir, cela aboutit à l'angoisse finalement.

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Trinité » sam. 16 mai 2020, 22:07

Suliko a écrit :
sam. 16 mai 2020, 16:40
Bonjour Trinité,
J'ai l'impression que vous n'avez pas conscience de l'abime qui existe entre les personnes comme vous, qui suivent la liturgie ancienne et les athées ou pour le moins non pratiquants
Je vis dans le même monde que vous et j'ai parfaitement conscience de cet abîme.
Votre rigidité liturgique, n'est certainement pas propice à une évangélisation , mais serait plutôt dissuasive.
Le problème, c'est que la liturgie n'a pas pour but premier l'évangélisation.
Vous dites également qu'autrefois, vous ne compreniez rien à la messe. Si par là vous voulez dire que vous ne compreniez pas le latin, je saisis votre propos. Mais le fait de ne pas saisir tout ce qui se dit à la messe n'empêche en rien le fidèle de comprendre quel profond mystère s'y joue. Qui plus est, il existait déjà à l'époque de nombreux missels bilingues.
En tout cas, j'ai au contraire l'impression que jadis, on ne comprenait pas forcément les paroles de la liturgie, mais qu'on comprenait ce qu'était la liturgie, tandis qu'aujourd'hui, on comprend toutes les paroles de la liturgie, mais qu'on ne sais plus bien ce qu'est la liturgie. Et c'est parce qu'on a perdu cette compréhension qu'on essaie de faire de la messe quelque chose d'attractif, d'évangélisateur, que l'on se permet de nombreuses innovations pour chercher à attirer les fidèles. Mais le fait est que la jeunesse catholique est plus attirée par la messe traditionnelle que par la messe rénovée.
Bonsoir Suliko,

Que voulez vous que je vous dise de plus!
Je ne peux vous exprimer que mon ressenti, qui peut être différent de chacun à chacun!
Bien que le latin était traduit dans le temps, dans le cadre d'un missel, que l'on devait consulter parallèlement pour comprendre ce qu'il était dit, en ce qui me concerne, je n'ai jamais été touché par cette liturgie en latin, mais Oh combien touché par la liturgie en vernaculaire!
D'autre part, pour comprendre le mystère qui se joue, j'ai besoin d'entendre des paroles dans ma langue maternelle, qui me permettent de vivre entièrement tous les moments de la messe.
J'ajouterais que:
Peu m'importe de savoir ce qu'est la liturgie, du moment que je suis la messe avec ferveur.
N'est ce pas cela le principal?
Sans doute suis- je une personne pas assez mystique...allez donc savoir.

Sachez que je ne dis pas cela dans un but de contester, votre façon de vivre et ressentir la messe.
En ce qui concerne la jeunesse catholique, plus attirée par la messe traditionnelle, que par la messe rénovée,peut - être chez vous, mais pas chez nous...
Sur un autre fil, je vous avais fait l'historique des jeunes participants à la messe, chez nous, je ne sais pas si vous vous en souvenez.
Et bien, depuis, j'ai fait une petite comptabilité, qui n'est pas exhaustive, mais qui me semble correspondre à la réalité.
Il y a bien 30 % de jeunes tranche d'âge (7 ans à couple 25 à 30 ans ) 40 % de 30 à 50 ans et 30% de 50 ans et plus...ce qui n'est déjà pas si mal pour les jeunes.

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Cinci » dim. 17 mai 2020, 12:27

La crémation: l’abandon de nos rites funéraires


L'Occident traverse actuellement une grande période de bouleversements, incluant son déclin démographique et économique ainsi que des déplacements de populations (immigration massive) du sud vers les nations de l'hémisphère nord (sans précédent dans l'histoire humaine) et comprend bien sûr un renversement complet des valeurs traditionnelles. Un autre aspect totalement ignoré par les intellectuels aujourd'hui est la transition de l'inhumation vers l'incinération en tant que rite funéraire des peuples d'origine européenne et plus spécifiquement chez les Québécois. Cette transition est d'autant plus intéressante considérant qu'elle s'effectua à la même époque que le renversement des valeurs et de l'assouplissement drastique des lois d'immigration. L'incinération généralisée en Occident est du jamais vu depuis l'abandon du paganisme au profit du christianisme.

Le texte qui suit est composé d'extraits d'un texte publié par l'Abbé de Châtelet dans la revue Le combat de la foi catholique n° 139 et bonifié de quelques sources et arguments supplémentaires de notre part.

Les chrétiens


Les chrétiens ont toujours usé de l’inhumation; cela tenait à leur foi en l’immortalité de l’âme et en la résurrection des corps. Et si la crémation fut quelques fois introduite, elle était liée à des pratiques idolâtriques: des parents faisaient brûler vifs leurs enfants en l’honneur des dieux (cf. le roi Achaz, II Rois 16, 3). Même dans les premiers siècles de l’Église, les chrétiens ont toujours choisi l’inhumation, alors qu’en raison des persécutions, elle présentait des difficultés et des dangers.

Ainsi à Rome, sous la basilique Saint-Pierre, se trouvent des mausolées païens: ces mausolées contenaient le plus souvent des urnes dans lesquelles étaient déposées les cendres des morts. Mais à côté, on trouve simultanément des tombeaux chrétiens dans lesquels les corps des chrétiens sont inhumés et ce, à proximité du corps de saint Pierre.

Or, avec le christianisation de l'Occident, la crémation, déjà limitée à certains peuples, est pratiquement disparue des coutumes occidentales mais continue d'exister chez plusieurs peuples orientaux tels que les bouddhistes et les hindous. Nous notons également que la vision purement matérialiste et utilitaire (lire marxiste) mena à la crémation obligatoire en Chine communiste pour la majorité Han, les minorités ayant droit à des exceptions.

Qui est derrière la promotion de la crémation moderne ?


La société pour promouvoir la crémation fut fondé en 1880. Ses trois premiers présidents furent des Francs-Maçons: Koechlin-Schwartz, Dr. Bourneville et Dr. Barrier. Sur les 107 membres de la société, 40 étaient des Maçons connus. D'autres propagateurs de la pratique furent également des Maçons comme E. Arago, Henri Bauer, Paul Bert, Léon Gambetta et Ferdinand deLesseps.
(Mgr Ernest Jouin, RISS Rose, numéro 9, décembre 1932)

À titre d'exemple, l'abbé du Châtelet explique que ce fut d'abord dans un esprit purement utilitaire et matérialiste que l'incinération fut promue par certains Francs-Maçons. « Je n’ai rien trouvé de plus simple que de placer les corps dans une cornue à gaz et de les distiller jusqu’à réduction en cendres, et j’ai ajouté que le gaz provenant de cette distillation pouvait servir à l’éclairage… » (Lettre de M. X. Rulder au docteur Catte); « Vu le nombre de décès dans la ville de Londres, on pourrait y recueillir à la fin de chaque année, au moyen d’appareils crématoires, 200 000 livres d’ossements humains destinés à engraisser le sol. » (H. Thompson; les deux citations sont extraites de l’article du DAFC sur la crémation).

L'abbé Nicolas Pinaud, pour sa part, nous apprend que malgré cette première société pour promouvoir la crémation en 1880, la pratique resta plutôt marginale jusqu'en 1963 où ce sera dans la ligne de « l'adaptation au progrès » du concile Vatican II que l'Église catholique, qui s'était toujours opposée à l'incinération (notamment dans le Code de 1917), atténua sa discipline sous l'influence de religieux progressistes tel le Père Riquet, également Franc-Maçon selon certains.

Une attaque directe contre les dogmes chrétiens


Que l'on soit croyant ou non, il est important de savoir que la crémation, comme expliqué plus haut, n'a pas été réintroduite dans une optique religieuse ou philosophique mais bien par des sociétés plus ou moins secrètes s'opposant de front au catholicisme et voulant l'exclure radicalement de nos sociétés. En réponse à ces attaques, l'Église a interdit la crémation sous le Pape Léon XIII le 15 décembre 1886 sous la forme d'une loi du droit canonique, ainsi qu'une deuxième fois en 1917 (canon 1203,2). Il était alors reconnu que la crémation s'opposait au credo et au dogme de l'Église catholique, plus spécialement le « Je crois à la résurrection de la chair ».

Pour l'Église catholique, le corps, après avoir reçu les sacrements, est considéré comme le temple ou la maison de l'âme et mérite donc les plus grands respect et dévotion, d'où les rituels d'enterrements et le refus de violenter le corps des défunts par la crémation. C'est pourquoi il est préférable que la destruction du corps se fasse par l'action lente et cachée de la nature et non par des mains d'amis ou de « mercenaires » indifférents à la douleur des proches, autant qu'à l'horreur de ce spectacle. Sous couvert « d'humanisme », les Francs-Maçons ont utilisé des arguments purement matérialistes pour promouvoir la crémation, comme si l'homme n'était qu'un amas de déchets biologiques qu'il faudrait éliminer après sa mort. L'idée que les cimetières prennent trop de place a également été présentée et, du même coup, le rejet d'accorder une place publique prédominante et visible aux ancêtres – une vision que même les païens pratiquant la crémation n'ont jamais eue. C'est bel et bien deux visions du monde qui s'opposent, l'une spirituelle, l'autre matérialiste.

C'est d'ailleurs pour s'opposer à la croyance d'une vie future et au dogme de la résurrection des corps que, sous la Révolution française, certains sectateurs essayèrent de faire passer un projet de loi en faveur de la crémation. (Lettre des dominicains d'Avrillé: no.50, juin 2009)


D'un point de vue sociologique, archéologique, et anthropologique…


L'abandon de l'inhumation au profit de la crémation est également inquiétant d'un point de vue scientifique et historique. L'abandon des sépultures, des ossuaires, des sarcophages ainsi que des cimetières rompt catégoriquement avec des milliers d'années de traditions funéraires. La destruction des os et des crânes humains par la crémation empêchera également aux générations futures d'étudier notre présence en tant que peuple et ethnie sur une terre donnée, et qu'en est-il de l'ADN ? Cette réalité additionnée à la disparition graduelle de nos églises et temples est d'autant plus inquiétante considérant qu'il s'agit l'un des facteurs « pilier » pour distinguer une civilisation ou une nation vis-à-vis une autre.

La crémation, dans certaines nations occidentales comme la France, est passée de 0,9% en 1994 à plus de 30% en 2010 selon l'Association française d'information funéraire, avec un taux similaire en Amérique du Nord. Au Québec 60 % des corps sont réduits en cendres après le décès. En Suisse, le taux atteint 78%, 70% en Angleterre, 78% en République Tchèque et 73% au Danemark. Il semble également avoir une corrélation avec le libéralisme d'une société donné, le taux d'athéisme et la pratique de la crémation.

Cette réalité, ajoutée à celle d'une immigration massive qui provient de populations du Tiers-Monde qui ne pratiquent pas la crémation et qui ne sont pas athées, fait en sorte que nos nations s'effacent graduellement au profit de populations étrangères. Nous pouvons donc nous demander le plus sérieusement du monde quelle trace restera-t-il de nous dans l'avenir

Tiré de :
http://quebecoisdesouche.info/la-cremat ... uneraires/


On peut lire selon cette source :

La crémation, dans certaines nations occidentales comme la France, est passée de 0,9% en 1994 à plus de 30% en 2010 selon l'Association française d'information funéraire, avec un taux similaire en Amérique du Nord. Au Québec 60 % des corps sont réduits en cendres après le décès. En Suisse, le taux atteint 78%, 70% en Angleterre, 78% en République Tchèque et 73% au Danemark. Il semble également avoir une corrélation avec le libéralisme d'une société donné, le taux d'athéisme et la pratique de la crémation.

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Kerniou » dim. 17 mai 2020, 13:40

Dans ma région, j'ai toujours connu les funérailles avec le cercueil fermé. (Je suis née en 1947).
La bénédiction du corps pouvait avoir eu lieu lors d'une veillée de prière à la maison avec le prêtre ...
Dans la chambre où reposait le mort, on plaçait une petite écuelle avec l'eau bénite et un rameau de laurier; lors de visites à domicile, les personnes qui venaient rendre hommage personnel au défunt aspergeaient le corps avec le rameau trempé dans l'eau bénite.
La mise en bière et la levée du corps ne se faisaient pas toujours le jour des funérailles, mais un ou deux jours avant et faisaient l'objet d'une petite cérémonie avec les parents présents, voisins et amis. Selon les régions, les étapes se déroulent différemment, même encore maintenant ...
Après les funérailles, encore de nos jours, la famille et les amis se retrouvent le plus souvent, chez le défunt ou au café du coin, si le domicile est trop éloigné pour prendre un café ou une boisson chaude avec une collation, ensemble, avant de repartir ...
C'est l'occasion de prolonger les retrouvailles et de renouer avec la famille éloignée, les anciens voisins, collègues et amis que l'on a perdus de vue ou que l'on voit rarement
La mort et les funérailles sont, aussi et encore, un temps de retrouvailles entre les hommes ...
Dernière modification par Kerniou le mar. 19 mai 2020, 10:01, modifié 2 fois.
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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Cinci » dim. 17 mai 2020, 13:50

Et puis ce serait bien comme le coeur du problème, là, si je cite cette partie de l'article seulement :

Pour l'Église catholique, le corps, après avoir reçu les sacrements, est considéré comme le temple ou la maison de l'âme et mérite donc les plus grands respect et dévotion, d'où les rituels d'enterrements et le refus de violenter le corps des défunts par la crémation. C'est pourquoi il est préférable que la destruction du corps se fasse par l'action lente et cachée de la nature et non par des mains d'amis ou de « mercenaires » indifférents à la douleur des proches, autant qu'à l'horreur de ce spectacle. Sous couvert « d'humanisme », les Francs-Maçons ont utilisé des arguments purement matérialistes pour promouvoir la crémation, comme si l'homme n'était qu'un amas de déchets biologiques qu'il faudrait éliminer après sa mort. L'idée que les cimetières prennent trop de place a également été présentée et, du même coup, le rejet d'accorder une place publique prédominante et visible aux ancêtres – une vision que même les païens pratiquant la crémation n'ont jamais eue. C'est bel et bien deux visions du monde qui s'opposent, l'une spirituelle, l'autre matérialiste.
On peut penser que cette promotion de la crémation des dépouilles ou volonté de réduire/effacer les cimetlères chrétiens autant que possible (si c'était possible ...) vient s'ajouter à la liste des autres symptômes du retour de la barbarie - une nouvelle forme de barbarie en croissance ? - , avec la démultiplication des avortements, le suicide assisté et lequel pourrait, d'ailleurs, être libéralisé davantage (infirmes, dépressifs), la destruction du mariage chrétien également (divorce au départ; maintenant via la doctrine juridique des droits individuels normalisant l'homosexualité).

C'est assez clair que la révolution libérale, antichrétienne d'esprit et s'appuyant pragmatiquement sur un forme de matérialisme, entraîne, comme d'une façon de plus en plus accélérée ces dernières années, dirait-on, une mutation de la perception que les hommes peuvent avoir d'eux-mêmes. Dans cette nouvelle perception : le corps n'est plus respecté en tant que tel. Le corps n'est plus sacré. Le corps n'est qu'un objet utilitaire et bon tant qu'il peut être exploité efficacement pour ceci ou cela. C'est tout. Avec un corps objet l'on fait ce qu'on veut ... on peut le tatouer intégralement, le remonter avec des implants, le dire féminin alors qu'il serait masculin au départ, on peut s'en départir quand on veut grâce aux médecins, on peut le réduire en poudre.

On pourrait aussi bien transformer des restes humains en objet d'art, un autre pourrait demander qu'une fois mort son cadavre soit préservé dans une posture bien vivante.

Mais ...

L'idée de donner une sépulture bien chrétienne à un défunt est une idée qui tient vraiment à la religion chrétienne, et indique par là que les restes de ce qui fut le corps de la personne méritent un respect sacré, de ce qu'ayant été fait à l'image de Dieu, en vue de la communion avec Dieu par le moyen de ce corps.

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Suliko » dim. 17 mai 2020, 15:44

Bonjour Cinci,
volonté de réduire/effacer les cimetlères chrétiens autant que possible
A ma connaissance, dans la plupart des pays occidentaux (tous ?), il n'y a plus vraiment de cimetières catholiques. Ces lieux ont été sécularisés. Il ne s'agit plus d'une terre bénite réservée aux catholiques (ou au protestants, le cas échéant). Il n'est à ma connaissance pas possible de refuser l'enterrement d'un non catholique dans un cimetière. Et cela aussi, c'était l'un des combats des adversaires de l'Eglise...
Assez longtemps la foule a entendu parler de ce qu'on appelle les droits de l'homme ; qu'elle entende parler quelquefois des droits de Dieu ! (Léon XIII)

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Altior » dim. 17 mai 2020, 17:44

Suliko a écrit :
dim. 17 mai 2020, 15:44
A ma connaissance, dans la plupart des pays occidentaux (tous ?), il n'y a plus vraiment de cimetières catholiques. Ces lieux ont été sécularisés.
Effectivement. Du moins en France, je ne sais pas si la franc-maçonnerie a réussi le même combat partout. Néanmoins, il existe encore des cimetière privés. À votre prochaine visite à Paris, je vous recommande de tout coeur du visiter le cimetière de la rue Picpus, où beaucoup de martyrs chrétiens de la Révolution sont enterrés.

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Gaudens » dim. 17 mai 2020, 19:55

Bonsoir Cinci,
Merci pour votre texte qui correspond tout à fait à ce que je pense,hélas.Espérons que dans ce domaine comme dans d'autres,nos sociétés ,stimulées par les chrétiens, sauront remonter la pente.
Altior,je connais également Picpus,lieu très émouvant, dont la visite est à recommander (pas d'incinérations,là ni de "jardins du souvenir").

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Altior » dim. 17 mai 2020, 20:47

Gaudens a écrit :
dim. 17 mai 2020, 19:55
Altior,je connais également Picpus,lieu très émouvant, dont la visite est à recommander (pas d'incinérations,là ni de "jardins du souvenir").
Je comprends bien, car vous avez l'air parisien. Mais pour nous, les gueux campagnards des coins les plus reculés de la France, cette oasis de tranquillité et sérénité en plein bidon de Paris n'est pas facile à connaître.

Si vous avez d'autres endroits parisiens à être dénichés par un catholique de la pire espèce: traditionaliste, monarchiste, réactionnaire et vendéen par adoption de surcroît, je suis preneur. Je vous serais reconnaissant.

Pour Dieu et pour le Roi!

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Cinci » lun. 18 mai 2020, 12:57

Bonjour Suliko,
Suliko :

A ma connaissance, dans la plupart des pays occidentaux (tous ?), il n'y a plus vraiment de cimetières catholiques. Ces lieux ont été sécularisés. Il ne s'agit plus d'une terre bénite réservée aux catholiques (ou au protestants, le cas échéant). Il n'est à ma connaissance pas possible de refuser l'enterrement d'un non catholique dans un cimetière. Et cela aussi, c'était l'un des combats des adversaires de l'Eglise...
Mais la plupart de nos cimetières chez nous appartiennent encore à des archevêchés, paroisses, fabriques, communautés religieuses, etc. On ne pourra parler dans ce cas "que" d'une terre consacrée, j'imagine bien. Ces cimetières catholiques ne refuseront pas l'inhumation dans leur enceinte de défunts non catholiques, de par une volonté de notre Église elle-même, non pas parce que cela lui serait imposé de l'extérieur.

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Cinci » lun. 18 mai 2020, 13:12

Salut Altior,
Altior :

Néanmoins, il existe encore des cimetière privés. À votre prochaine visite à Paris, je vous recommande de tout coeur du visiter le cimetière de la rue Picpus, où beaucoup de martyrs chrétiens de la Révolution sont enterrés.
Oui, mais cela relève plus de l'institution muséale, non ? On ne dirait pas qu'il devrait s'agir d'un véritable cimetière en opération et accessible à tous.


Salutation ...
Gaudens :
Merci pour votre texte qui correspond tout à fait à ce que je pense,hélas.
Je vous en prie.


Mais, répondant à Altior, vous avez évoqué ensuite un quelconque jardin du souvenir, mettant l'expression entre guillemet (pas de "jardin du souvenir" au cimetière de Picpus). Qu'entendez-vous par là ? J'ignore à quoi vous voulez faire référence. J'aurais l'impression que ce dernier concept ne vous plairait pas. Pourquoi donc ?

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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Kerygme » lun. 18 mai 2020, 14:12

Bonjour Trinité,
Trinité a écrit :
ven. 15 mai 2020, 21:38
... n'est certainement pas propice à une évangélisation , mais serait plutôt dissuasive.
C'est aussi le constat que je fais.

Une doctrine qui serait expurgée de toute pastorale n'en devient pas moins qu'une loi à suivre. Et la loi pour l'amour de la loi c'est du légalisme; et si je le rapporte à l'époque de Jésus nous savons ce qu'il en pensait.

C'est Christ qui est la fin de la loi (Romains 10), pas la loi elle-même, et c'est par Lui que Dieu jugera les actions des hommes comme le rappelle Romains 2; même les secrètes.


Mais ce n'est pas non plus un problème, selon moi, lorsqu'il ne devient pas prétexte à condamner son prochain.

J'ose même faire une comparaison avec le sacrement de la Réconciliation : l'amour de la loi (le légalisme) serait comme une contrition par crainte de Dieu, la loi de l'Amour serait comme une contrition par Amour de Dieu. Les deux sont saintes mais l'une est plus parfaite que l'autre.

Ce qui ne donne pas plus de mérite à l'un qu'à l'autre, mais toucherait plus facilement le cœur de Dieu.
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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Fée Violine » lun. 18 mai 2020, 15:14

Mais, répondant à Altior, vous avez évoqué ensuite un quelconque jardin du souvenir, mettant l'expression entre guillemet (pas de "jardin du souvenir" au cimetière de Picpus). Qu'entendez-vous par là ? J'ignore à quoi vous voulez faire référence. J'aurais l'impression que ce dernier concept ne vous plairait pas. Pourquoi donc ?
Bonjour Cinci,

on appelle ainsi l'espace, dans un cimetière, où on disperse les cendres des défunts incinérés. Ou peut-être aussi y a-t-il des niches pour mettre les urnes contenant les cendres.
Apparemment au Canada ça n'existe pas, ou ça porte un autre nom.

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Kerygme
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Re: Catholicisme et rites funéraires

Message non lu par Kerygme » lun. 18 mai 2020, 15:27

Ce sont des cinéraires, il en existe de 3 sortes.

- la tombe cinéraire : ensevelissement en pleine terre, individuel ou familial.
L’urne est enfouie dans la terre et une plaque tombale vient marquer l’emplacement, cette dernière est relativement petite et légère. Quant à l’urne, le seul critère de choix est qu’elle soit en matériaux non dégradables pour pouvoir être exhumée en fin de droits.

- le cavurne : sépulture individuelle ou familiale
Plus petit qu'un caveau classique, il se présente comme une case d’environ 50 cm sur 50 cm, généralement enterrée et placée sur une concession cinéraire qu’il faut obtenir auprès de la mairie.

- le columbarium : un monument cinéraire collectif, dans un espace précis du cimetière désigné par le maire de la commune.
Hors sol, ce monument est composé de cases, disposées en rang dans une longue paroi, ou placées dans un monument à l’architecture plus complexe, (spirale, colonne, pyramide etc…).

Ils ont des éléments communs : statuts, durée, fin de droits, permis d'inhumation.
« N’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. » (1Jean 3,18)

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