Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

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Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Quejana » ven. 25 janv. 2019, 18:46

Bonjour,

Je me suis faite baptiser chrétienne il y a maintenant deux ans. Fervente dans ma foi tout d'abord, j'ai rompu brusquement avec elle ; depuis je vais et viens en sa direction, sans toutefois me décider à l'embrasser pleinement. Depuis cette rupture, je suis souvent attirée par le christianisme mais il me répugne également, comme s'il devait me conduire à un malheur indicible ; il m'arrive d'éprouver de vives angoisses en lisant les Évangiles ou un sentiment de dégoût et d'incompréhension, alors que j'y adhérais de tout mon cœur et de toute mon âme au début de ma conversion, du moins me semblait-il. Ce sentiment d'aversion me vient de la lecture que j'ai faite de certains livres de Nietzsche quelques mois après ma conversion - la Généalogie de la morale, le Crépuscule des Idoles et l'Antéchrist.
Depuis ces lectures et mon adhésion - qui n'a certes duré que quelques jours - à ce que j'ai lu, je sens une culpabilité infinie à l'intérieur de moi, que je ne peux pas chasser. Lorsque je sens l'amour de Dieu posé sur moi, au lieu d'y répondre, une partie de moi-même ou peut-être mon être tout entier refuse cet amour ; je me sens tourner en boucle sur moi-même, entourée de l'amour de Dieu mais ne voulant pas y répondre... Cela ressemble un peu à ce que l'on décrit de l'enfer - dont j'ai d'ailleurs rêvé pas plus tard qu'aujourd'hui. De plus, je ne parviens pas à revenir à la vie chrétienne que j'avais car j'y ai poussé à de telles extrémités certaines pénitences que je me fais le raisonnement suivant : "Si j'y retourne, je vais endurer encore pire ou au moins la même chose. Maintenant que je suis embarquée, je ne peux plus revenir en arrière : je devrai recommencer les mêmes pénitences que celles que je m'infligeais." Cette impossibilité catégorique de revenir vers Dieu et cette répulsion que j'ai désormais pour le christianisme m'ont conduite à penser que j'avais péché contre l'Esprit saint en rejetant l'amour de Dieu. Seulement cette pensée m'horrifie à tel point que je ne peux pas y fixer longtemps mon esprit. Et de plus, je ne suis pas certaine d'avoir véritablement connu l'Esprit saint, n'ayant pas connu une partie essentielle des Evangiles.
En effet, un épisode des Evangiles particulièrement me questionne et ce depuis le début de ma conversion ; même quand je croyais fermement en Dieu, je ne parvenais pas à le comprendre. C'est celui de la Croix. J'y mets une majuscule car je sais la vénération qu'ont la plupart des chrétiens pour celle-ci mais je ne la comprends pas. Après ma conversion, je comprenais avec le cœur les paraboles de Jésus et tâchais de les appliquer ; je vénérais Dieu le Père comme Jésus nous demande de le faire mais sans presque jamais implorer le secours de Jésus lui-même - ou si je le faisais, je n'éprouvais rien, aucun amour particulier pour lui ni aucune sensation de sa présence en moi. Cet épisode de la Passion semble être le plus important des Evangiles pour beaucoup de chrétiens et pourtant je le regarde comme non-essentiel ; il me semble que l'on peut trouver une grande vérité dans les paroles de Jésus et l'admirer sans la Croix ; autrement dit, même sans l'épisode la Croix, sa vie aurait été parfaite. J'emploie le mot "admirer" plutôt qu' "aimer" car comme je le répète, je n'ai jamais véritablement éprouvé d'amour pour Jésus ; je l'admirais simplement comme un être parfait, qu'il faut s'efforcer de suivre.

Alors, je vous pose la question suivante : qu'éprouvez-vous sincèrement, au fond de vous-même quand vous pensez à la Croix ?
[Absente du 30 août au 7 septembre]

Par une nuit profonde,
Étant pleine d'angoisse et enflammée d'amour,
Oh ! l'heureux sort !
Je sortis sans être vue,
Tandis que ma demeure était déjà en paix.

Saint Jean de la Croix

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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Hantouane » ven. 25 janv. 2019, 20:47

Ce que j'éprouve c'est la rédemption, le rachat de tous les hommes.

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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Quejana » ven. 25 janv. 2019, 21:57

Merci Hantouane. Votre message m'a fait du bien.
[Absente du 30 août au 7 septembre]

Par une nuit profonde,
Étant pleine d'angoisse et enflammée d'amour,
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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Foxy » ven. 25 janv. 2019, 22:25

S'il n'y avait pas eu la Croix, la mort de Jésus, il n'y aurait pas eu la Résurrection.
La foi que j’aime le mieux,dit Dieu,c’est l’Espérance.
Charles Péguy

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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Trinité » ven. 25 janv. 2019, 22:41

Je pense que Dieu fait homme par jésus, a trouvé la façon la plus extraordinaire de nous racheter du péché!
Lui, innocent mourir par Amour, de la façon la plus atroce qui pouvait exister, afin de faire passer son message de manière indéfectible!

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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par ancolie » sam. 26 janv. 2019, 5:21

Quejana a écrit :
ven. 25 janv. 2019, 18:46

Alors, je vous pose la question suivante : qu'éprouvez-vous sincèrement, au fond de vous-même quand vous pensez à la Croix ?
Ce que j'éprouve est de la compassion. Pour Jésus lui-même, pour ceux qui l'aimaient, pour ceux qui l'ont crucifié et pour toute la misère humaine.
J'éprouve de la compassion pour les souffrances que les hommes s'infligent à eux-mêmes, qu'ils s'infligent les uns les autres et pour tous les crucifiés de ce monde.

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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Kerniou » sam. 26 janv. 2019, 10:51

La Croix me fait penser à l'amour infini qui va jusqu'au sacrifice de sa vie et suscite en moi la reconnaissance infinie.
Accepter la souffrance, la cruauté et l'opprobre pour le pardon de nos péchés ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Alexandre-Invité » dim. 27 janv. 2019, 1:43

Bonsoir Quejana,

C'est un véritable chamboulement intérieur que vous vivez et qui se ressent dans votre écrit, avec ses multiples contradictions. Quelques commentaires et questions :
Quejana a écrit :
ven. 25 janv. 2019, 18:46
Depuis cette rupture, je suis souvent attirée par le christianisme mais il me répugne également, comme s'il devait me conduire à un malheur indicible ; il m'arrive d'éprouver de vives angoisses en lisant les Évangiles ou un sentiment de dégoût et d'incompréhension, alors que j'y adhérais de tout mon cœur et de toute mon âme au début de ma conversion, du moins me semblait-il.
J'apprécierais que vous puissiez détailler votre pensée car il serait intéressant de comprendre ce qui vous répugne dans le christianisme, quel frein vous empêche de grandir dans votre foi et ce qui vous dégoûte dans les Évangiles (à part la Croix).
Quejana a écrit :
ven. 25 janv. 2019, 18:46
De plus, je ne parviens pas à revenir à la vie chrétienne que j'avais car j'y ai poussé à de telles extrémités certaines pénitences que je me fais le raisonnement suivant : "Si j'y retourne, je vais endurer encore pire ou au moins la même chose. Maintenant que je suis embarquée, je ne peux plus revenir en arrière : je devrai recommencer les mêmes pénitences que celles que je m'infligeais."
Ce passage me laisse plus que perplexe. Le christianisme est une religion de la joie, de la paix, de l'amour et de la liberté. L'utilisation du mot "pénitence" me paraît à contre-courant de l'enseignement de Jésus et de toute vie chrétienne. Comment cela se traduit-il concrètement ?
Quejana a écrit :
ven. 25 janv. 2019, 18:46
Cette impossibilité catégorique de revenir vers Dieu et cette répulsion que j'ai désormais pour le christianisme m'ont conduite à penser que j'avais péché contre l'Esprit saint en rejetant l'amour de Dieu.
Dieu est amour et miséricorde. L'origine et la raison de votre blocage, c'est vous-même.
Quejana a écrit :
ven. 25 janv. 2019, 18:46
En effet, un épisode des Evangiles particulièrement me questionne et ce depuis le début de ma conversion ; même quand je croyais fermement en Dieu, je ne parvenais pas à le comprendre. C'est celui de la Croix.
Je suis assez surpris que vous n'ayez pas évoqué ce sujet (qui est pourtant central) avec votre accompagnateur lors de votre longue période de catéchumenat ou directement avec un prêtre. Il me semble impératif d'éclaircir tout ce qui peut nuire dans notre foi. Je parle en connaissance de cause puisque je commence mon chemin vers le baptême et me suis enfin libéré du malaise que me provoquait la lecture de l'Ancien Testament, que je lisais mal. Merci au curé de ma paroisse et à KTO.
Quejana a écrit :
ven. 25 janv. 2019, 18:46
J'y mets une majuscule car je sais la vénération qu'ont la plupart des chrétiens pour celle-ci mais je ne la comprends pas. Après ma conversion, je comprenais avec le cœur les paraboles de Jésus et tâchais de les appliquer ; je vénérais Dieu le Père comme Jésus nous demande de le faire mais sans presque jamais implorer le secours de Jésus lui-même - ou si je le faisais, je n'éprouvais rien, aucun amour particulier pour lui ni aucune sensation de sa présence en moi.
Je suis l'inverse de vous car les paroles de Jésus sont à l'origine de ma conversion et il est le coeur de ma foi, même s'il ne me parle pas autrement que dans ma lecture des Évangiles. Quand je vous lis, je n'ai pas le sentiment que vous ayez vécu votre religion avec le coeur mais plutôt comme une contrainte : "je tâchais de", "je vénérais (...) comme Jésus nous demande". Me trompe-je?
Quejana a écrit :
ven. 25 janv. 2019, 18:46
Cet épisode de la Passion semble être le plus important des Evangiles pour beaucoup de chrétiens et pourtant je le regarde comme non-essentiel ; il me semble que l'on peut trouver une grande vérité dans les paroles de Jésus et l'admirer sans la Croix ; autrement dit, même sans l'épisode la Croix, sa vie aurait été parfaite. J'emploie le mot "admirer" plutôt qu' "aimer" car comme je le répète, je n'ai jamais véritablement éprouvé d'amour pour Jésus ; je l'admirais simplement comme un être parfait, qu'il faut s'efforcer de suivre.
Le sacrifice de la Croix est la plus belle preuve de l'amour de Dieu envers l'humanité. Pour nous sauver de nos péchés et nous permettre d'accéder à la vie éternelle, le Père a envoyé son Fils dans le monde. Ce dernier a choisi jusqu'au bout de nous manifester son amour inconditionnel en allant jusqu'à sacrifier sa propre vie. Comment être insensible à un tel acte d'amour entièrement gratuit ? Je ressens une profonde reconnaissance à l'égard du Fils et du Père ainsi qu'une certaine honte car je ne me sens pas du tout digne de cet amour et de ce sacrifice.

Je vois aussi en la Croix un passage obligé pour Jésus qui a accompli la prophétie d'Isaïe au chapitre 53. Par sa mort, et ensuite sa résurrection, il nous a racheté et ouvert l'accès à la vie éternelle. Savoir qu'une autre vie nous attend dans l'au-delà est un bonheur sans fin (reste à se persuader soi-même que cela se produira effectivement).

Enfin, c'est par l'épisode de la Croix que nous comprenons pleinement que Jésus est le Christ-Roi. Il n'est pas seulement le messie que les Juifs attendaient pour régner sur Israël mais apparaît avant tout comme le rédempteur de l'humanité toute entière (les inscriptions sur la croix en grec, latin et hébreu en sont le symbole). Sa mort et sa résurrection lui permettront ensuite d'établir son Royaume où il règne sur les croyants de tous temps qui placent leur foi en lui. Quelle merveille !

A noter que je ne pense pas qu'il soit pertinent de désolidariser le récit de la Croix de celui de la Résurrection. Les deux son intimement liés.

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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Quejana » dim. 27 janv. 2019, 20:11

Bonjour,
Merci à vous Foxy : votre réponse me fait penser à ce que m'avait dit un prêtre que j'avais rencontré et qui s'étonnait que je vive ma religion sans éprouver une véritable joie intérieure mais seulement dans les pénitences et ce qu'elle a de plus mortifère. Il m'avait dit : "Après la Croix, vient la Résurrection."
Merci Trinité : il est vrai que l'on m'a souvent rapporté que le plan de Dieu en choisissant de sacrifier son Fils sur la Croix était quelque chose d'extraordinaire, le seul moyen possible pour racheter l'homme du péché. Mais je reste perplexe devant une telle solution quand on pense que Dieu est Tout-Puissant : n'avait-il pas d'autre solution que de permettre ainsi la souffrance d'un homme, qui plus est de son Fils Bien-Aimé ?
Ancolie, votre message est très beau. Merci à vous.
Kerniou, je retiens le mot que vous employez : "reconnaissance". C'est un pas vers l'amour. Il me semble que c'est ce dont mon cœur devrait se remplir pour aimer Jésus sur la Croix.

Alexandre-Invité, merci pour votre long message. Puisque vous me le demandez, je vais en dire un peu plus sur mon compte. Je me suis faite baptiser dans un temple protestant libéral et je me qualifierai en ce moment de chrétienne seulement (ni entièrement protestante ni entièrement catholique) ou plus précisément de chrétienne en recherche. Le baptême que j'ai reçu ne nécessitait pas de préparation. Il est reconnu par les protestants mais aussi par les catholiques.
Vous m'avez bien cerné, je suis empêtrée dans de terribles contradictions. Et vous m'avez bien cernée également quand dites que j'ai davantage œuvré par contrainte que par amour lorsque je m'étais en application ma foi.
Pour vous dire à quel point je suis enfoncée dans le doute, je peux prendre quasiment n'importe quel passage des Évangiles et sentir une partie de moi-même qui la réfute violemment.
Prenons par exemple : "Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche." Une partie de moi-même dit : "Non, si je cache mes aumônes, c'est que j'en ai honte et non pas parce que je la fais pour Dieu. Si j'en ai honte, c'est parce que je ne fais que soulager ma conscience lâchement en me déchargeant de mon poids rapidement, ma pièce d'un euro, ni vu ni connu auprès d'une personne dont le destin m'importe peu. Je ne veux pas que les autres sachent que j'ai fait ce geste parce que je ne serais pas capable de l'assumer jusqu'au bout : je veux bien donner un euro à cette personne mais je ne veux pas faire plus. Je ne veux pas qu'on exige de moi plus. C'est pour cela que je la fais en cachant mon visage et en marchant le plus vite possible. Ou si je souris à la personne à qui je tends la monnaie, je ne veux du moins pas que mes amis ou mon entourage sache que j'ai fait cela. C'est par faiblesse que je fais cette aumône et je serais bien ridicule que mes proches me voient faire cela. D'ailleurs, si on apprenait que je fais ce genre de choses, on attendrait de moi que je fasse plus."
Prenons la phrase : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" Voilà ce que je me dis : "Si j'aime tout le monde comme moi-même, mon amour ne vaut plus grand-chose. Est-ce que Jacques, le sans domicile fixe à qui je parle tous les jours aimerait que je l'aime comme j'aime tout le monde ? Ne préférerait-il pas que je l'aime lui plus particulièrement ? Et n'est-ce pas pareil pour mes amis ?"
Prenons encore la phrase : "Heureux ceux qui souffrent car ils seront consolés" Je me dis la chose suivante : "Le verbe "consoler" est à la forme passive. Faut-il attendre d'être consolé ? ne faut-il pas plutôt vouloir cesser de souffrir ? Ne faut-il pas vouloir soi-même plutôt qu'être ceci ou cela par Dieu ? y a-t-il bien quelqu'un qui va venir essuyer mes larmes ? ne dois-je pas essayer de me débrouiller toute seule au loin d'attendre une consolation ? Quand bien même existerait-elle, ai-je envie d'être consolée ? Si je veux sortir de l'état de malheur dans lequel je suis, je ne dois pas être heureuse de souffrir. Je ne dois pas me complaire dans cette souffrance si je veux en sortir."
Voici quelques exemples. Je ne vous demande pas d'y répondre un par un car je les ai choisis au hasard : ce ne sont peut-être pas ceux qui me tiennent le plus à cœur, en tout cas le premier - les deux derniers sont assez importants. C'est seulement pour vous donner un aperçu du champ de bataille qui a lieu dans ma tête. Y a-t-il d'autres personnes confrontées à de pareils doutes ? Ce ne sont pas des doutes sur l'existence de Dieu - je ne doute pratiquement jamais là-dessus - mais plus grave, sur le bien-fondé de la morale chrétienne...
Bonne soirée à vous et merci encore,
Quejana
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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par gerardh » dim. 27 janv. 2019, 21:38

_______

Bonjour,

La croix est indispensable pour le salut des humains. La vie parfaite de Jésus n'aurait pas suffi pour ôter les péchés des hommes.


________

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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Trinité » dim. 27 janv. 2019, 22:06

Quejana a écrit :
dim. 27 janv. 2019, 20:11

Merci Trinité : il est vrai que l'on m'a souvent rapporté que le plan de Dieu en choisissant de sacrifier son Fils sur la Croix était quelque chose d'extraordinaire, le seul moyen possible pour racheter l'homme du péché. Mais je reste perplexe devant une telle solution quand on pense que Dieu est Tout-Puissant : n'avait-il pas d'autre solution que de permettre ainsi la souffrance d'un homme, qui plus est de son Fils Bien-Aimé
Bonsoir Quejana,

Je pense que c'était le plus grand geste d'Amour qu'il pouvait faire, et ainsi que ce geste nous serve d'exemple en lui associant toute la souffrance qui règne sur cette terre , nous montrant en quelque sorte que l'Amour à la fin en sort toujours vainqueur, du fait de la résurrection de Jésus!

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Carhaix
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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Carhaix » lun. 28 janv. 2019, 3:01

Quejana a écrit :
dim. 27 janv. 2019, 20:11
Bonjour,
Merci à vous Foxy : votre réponse me fait penser à ce que m'avait dit un prêtre que j'avais rencontré et qui s'étonnait que je vive ma religion sans éprouver une véritable joie intérieure mais seulement dans les pénitences et ce qu'elle a de plus mortifère. Il m'avait dit : "Après la Croix, vient la Résurrection."
Merci Trinité : il est vrai que l'on m'a souvent rapporté que le plan de Dieu en choisissant de sacrifier son Fils sur la Croix était quelque chose d'extraordinaire, le seul moyen possible pour racheter l'homme du péché. Mais je reste perplexe devant une telle solution quand on pense que Dieu est Tout-Puissant : n'avait-il pas d'autre solution que de permettre ainsi la souffrance d'un homme, qui plus est de son Fils Bien-Aimé ?
Ancolie, votre message est très beau. Merci à vous.
Kerniou, je retiens le mot que vous employez : "reconnaissance". C'est un pas vers l'amour. Il me semble que c'est ce dont mon cœur devrait se remplir pour aimer Jésus sur la Croix.

Alexandre-Invité, merci pour votre long message. Puisque vous me le demandez, je vais en dire un peu plus sur mon compte. Je me suis faite baptiser dans un temple protestant libéral et je me qualifierai en ce moment de chrétienne seulement (ni entièrement protestante ni entièrement catholique) ou plus précisément de chrétienne en recherche. Le baptême que j'ai reçu ne nécessitait pas de préparation. Il est reconnu par les protestants mais aussi par les catholiques.
Vous m'avez bien cerné, je suis empêtrée dans de terribles contradictions. Et vous m'avez bien cernée également quand dites que j'ai davantage œuvré par contrainte que par amour lorsque je m'étais en application ma foi.
Pour vous dire à quel point je suis enfoncée dans le doute, je peux prendre quasiment n'importe quel passage des Évangiles et sentir une partie de moi-même qui la réfute violemment.
Prenons par exemple : "Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche." Une partie de moi-même dit : "Non, si je cache mes aumônes, c'est que j'en ai honte et non pas parce que je la fais pour Dieu. Si j'en ai honte, c'est parce que je ne fais que soulager ma conscience lâchement en me déchargeant de mon poids rapidement, ma pièce d'un euro, ni vu ni connu auprès d'une personne dont le destin m'importe peu. Je ne veux pas que les autres sachent que j'ai fait ce geste parce que je ne serais pas capable de l'assumer jusqu'au bout : je veux bien donner un euro à cette personne mais je ne veux pas faire plus. Je ne veux pas qu'on exige de moi plus. C'est pour cela que je la fais en cachant mon visage et en marchant le plus vite possible. Ou si je souris à la personne à qui je tends la monnaie, je ne veux du moins pas que mes amis ou mon entourage sache que j'ai fait cela. C'est par faiblesse que je fais cette aumône et je serais bien ridicule que mes proches me voient faire cela. D'ailleurs, si on apprenait que je fais ce genre de choses, on attendrait de moi que je fasse plus."
Prenons la phrase : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" Voilà ce que je me dis : "Si j'aime tout le monde comme moi-même, mon amour ne vaut plus grand-chose. Est-ce que Jacques, le sans domicile fixe à qui je parle tous les jours aimerait que je l'aime comme j'aime tout le monde ? Ne préférerait-il pas que je l'aime lui plus particulièrement ? Et n'est-ce pas pareil pour mes amis ?"
Prenons encore la phrase : "Heureux ceux qui souffrent car ils seront consolés" Je me dis la chose suivante : "Le verbe "consoler" est à la forme passive. Faut-il attendre d'être consolé ? ne faut-il pas plutôt vouloir cesser de souffrir ? Ne faut-il pas vouloir soi-même plutôt qu'être ceci ou cela par Dieu ? y a-t-il bien quelqu'un qui va venir essuyer mes larmes ? ne dois-je pas essayer de me débrouiller toute seule au loin d'attendre une consolation ? Quand bien même existerait-elle, ai-je envie d'être consolée ? Si je veux sortir de l'état de malheur dans lequel je suis, je ne dois pas être heureuse de souffrir. Je ne dois pas me complaire dans cette souffrance si je veux en sortir."
Voici quelques exemples. Je ne vous demande pas d'y répondre un par un car je les ai choisis au hasard : ce ne sont peut-être pas ceux qui me tiennent le plus à cœur, en tout cas le premier - les deux derniers sont assez importants. C'est seulement pour vous donner un aperçu du champ de bataille qui a lieu dans ma tête. Y a-t-il d'autres personnes confrontées à de pareils doutes ? Ce ne sont pas des doutes sur l'existence de Dieu - je ne doute pratiquement jamais là-dessus - mais plus grave, sur le bien-fondé de la morale chrétienne...
Bonne soirée à vous et merci encore,
Quejana
Juste deux remarques.

Tu aimeras ton prochain comme toi-même, ce n'est pas dans le sens de l'amour attendu en soi par le prochain, ce qui est évidemment impossible à satisfaire, mais plutôt dans le sens du bien, du soulagement, de la bienveillance, du secours, etc., que vous pouvez accorder au prochain, comme vous aimeriez qu'il en use pour vous en semblable circonstance. Mais même cela, ce n'est pas toujours facile à appliquer. L'exemple typique est celui du samaritain.

Je fais la supposition que votre aversion pour la Croix vienne de la peur que vous ressentez que Dieu vous demande un renoncement et des épreuves trop grandes. Vous demandez ce que nous ressentons. Hé bien, dans mon cas personnel, c'est cela que je ressens. En tout cas, c'est ce que je ressentais surtout lorsque j'étais plus jeune. Je me disais, très concrètement : si je me livre totalement à la Croix, est-ce que Dieu va m'envoyer des épreuves telles que perdre mon emploi, devenir infirme, SDF, subir d'énormes souffrances et privations ? Et à cause de cette peur, je restais sur la réserve. À présent que je suis plus âgé, et que mes espérances terrestres ont diminué, que j'ai moins de prétentions à satisfaire dans ce monde, ces réserves que j'avais ont un peu reculé. Je redoute moins la Croix.

Et ce que je peux vous dire à ce sujet, c'est que la peur de la Croix découle surtout d'un manque de confiance en Dieu. Comme si Dieu était un sadique qui se plaisait à nous voir souffrir. Et c'est là qu'est l'offense à Dieu, finalement. C'est ne pas croire en sa Bonté. Voilà ce que j'ai fini par comprendre. Il faut donc à un moment changer son fusil d'épaule, arrêter de s'occuper de la Croix, et regarder plutôt vers la Bonté que Dieu a envers nous.

Troisième chose : je ne crois pas du tout que vous ayez commis le péché contre l'Esprit. Sinon vous ne seriez pas là.

La lecture de L'imitation de Jésus-Christ pourrait vous faire beaucoup de bien.

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Alexandre-Invité
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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Alexandre-Invité » lun. 28 janv. 2019, 12:41

Bonjour Quejana,
Quejana a écrit :
dim. 27 janv. 2019, 20:11
Merci Trinité : il est vrai que l'on m'a souvent rapporté que le plan de Dieu en choisissant de sacrifier son Fils sur la Croix était quelque chose d'extraordinaire, le seul moyen possible pour racheter l'homme du péché. Mais je reste perplexe devant une telle solution quand on pense que Dieu est Tout-Puissant : n'avait-il pas d'autre solution que de permettre ainsi la souffrance d'un homme, qui plus est de son Fils Bien-Aimé ?

Cette interprétation ne me semble pas convaincante. Le salut de l'humanité était possible par la mort et la résurrection du Christ. Ainsi, une mort naturelle, de vieillesse par exemple, suffisait à nous sauver. Mais où serait alors la place de l'amour si Jésus avait simplement attendu passivement le moment de sa mort ? La beauté de la Croix, aussi cruelle est-elle, réside dans l'amour du Christ envers nous. Il est à noter également que Jésus étant venu accomplir les Prophètes, il ne pouvait mourir autrement que par sa Passion.
Quejana a écrit :
dim. 27 janv. 2019, 20:11
je me qualifierai en ce moment de chrétienne seulement (ni entièrement protestante ni entièrement catholique) ou plus précisément de chrétienne en recherche. Le baptême que j'ai reçu ne nécessitait pas de préparation. Il est reconnu par les protestants mais aussi par les catholiques.

Je peux tout à fait comprendre que vous ne ressentiez pas d'attachement à un courant chrétien particulier, je suis également dans votre cas. Je déplore que l'humanité n'ait pas été capable d'édifier une Église universelle comme l'avait pourtant exprimé Jésus et que le catholicisme ait souhaité développer tardivement certains dogmes qui n'ont pas de fondement biblique. Par tradition, c'est tout de même vers ce courant que je chemine même s'il est clair que je me définis avant tout comme chrétien. Et accessoirement "catholibre".

Je trouve regrettable que vous n'ayez pas eu un accompagnement minimum dans votre chemin vers le baptême car vous n'avez finalement pas eu de réponse aux questions que vous vous posiez déjà.
Quejana a écrit :
dim. 27 janv. 2019, 20:11
Prenons par exemple : "Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche." Une partie de moi-même dit : "Non, si je cache mes aumônes, c'est que j'en ai honte et non pas parce que je la fais pour Dieu. Si j'en ai honte, c'est parce que je ne fais que soulager ma conscience lâchement en me déchargeant de mon poids rapidement, ma pièce d'un euro, ni vu ni connu auprès d'une personne dont le destin m'importe peu. Je ne veux pas que les autres sachent que j'ai fait ce geste parce que je ne serais pas capable de l'assumer jusqu'au bout : je veux bien donner un euro à cette personne mais je ne veux pas faire plus. Je ne veux pas qu'on exige de moi plus. C'est pour cela que je la fais en cachant mon visage et en marchant le plus vite possible. Ou si je souris à la personne à qui je tends la monnaie, je ne veux du moins pas que mes amis ou mon entourage sache que j'ai fait cela. C'est par faiblesse que je fais cette aumône et je serais bien ridicule que mes proches me voient faire cela. D'ailleurs, si on apprenait que je fais ce genre de choses, on attendrait de moi que je fasse plus."

Vous vous posez trop de questions me semble-t-il. Selon moi, Jésus veut simplement dire que lorsqu'on fait l'aumône, cela doit venir du cœur et être fait avec sincérité. Il ne s'agit pas de donner de l'argent pour briller devant les hommes, pour rechercher sa propre gloire.
Quejana a écrit :
dim. 27 janv. 2019, 20:11
Prenons la phrase : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" Voilà ce que je me dis : "Si j'aime tout le monde comme moi-même, mon amour ne vaut plus grand-chose. Est-ce que Jacques, le sans domicile fixe à qui je parle tous les jours aimerait que je l'aime comme j'aime tout le monde ? Ne préférerait-il pas que je l'aime lui plus particulièrement ? Et n'est-ce pas pareil pour mes amis ?"

Il ne me semble pas non plus pertinent de faire une lecture littérale de ce commandement qu'on retrouve déjà dans le livre du Lévitique. A la fin de son sermon sur la montagne, Jésus nous dit de faire aux autres tout ce qu'on voudrait qu'ils nous fassent. Je pense que c'est ainsi qu'il faut comprendre ce commandement. Aimer les autres, c'est ne pas être indifférent à leur malheur.
Quejana a écrit :
dim. 27 janv. 2019, 20:11
Prenons encore la phrase : "Heureux ceux qui souffrent car ils seront consolés" Je me dis la chose suivante : "Le verbe "consoler" est à la forme passive. Faut-il attendre d'être consolé ? ne faut-il pas plutôt vouloir cesser de souffrir ? Ne faut-il pas vouloir soi-même plutôt qu'être ceci ou cela par Dieu ? y a-t-il bien quelqu'un qui va venir essuyer mes larmes ? ne dois-je pas essayer de me débrouiller toute seule au loin d'attendre une consolation ? Quand bien même existerait-elle, ai-je envie d'être consolée ? Si je veux sortir de l'état de malheur dans lequel je suis, je ne dois pas être heureuse de souffrir. Je ne dois pas me complaire dans cette souffrance si je veux en sortir."

Je l'interprète pour ma part comme la promesse du Royaume à l'issue de notre vie terrestre qui nous apportera la consolation, après tous les maux que nous aurons subi ici-bas. Je pense que la parabole du riche et du pauvre Lazare au chapitre 16 de chez Luc en est une illustration.
Quejana a écrit :
dim. 27 janv. 2019, 20:11
Voici quelques exemples. Je ne vous demande pas d'y répondre un par un car je les ai choisis au hasard : ce ne sont peut-être pas ceux qui me tiennent le plus à cœur, en tout cas le premier - les deux derniers sont assez importants. C'est seulement pour vous donner un aperçu du champ de bataille qui a lieu dans ma tête. Y a-t-il d'autres personnes confrontées à de pareils doutes ? Ce ne sont pas des doutes sur l'existence de Dieu - je ne doute pratiquement jamais là-dessus - mais plus grave, sur le bien-fondé de la morale chrétienne...
Cela n'engage que moi mais j'ai le sentiment que vous faites une lecture très littérale des Évangiles. Cela explique votre désarroi bien compréhensible vu sous cet angle. J'espère que vous ne vous êtes pas arraché un œil ou un bras pour ne pas tomber dans l'adultère (cf. Matthieu chapitre 5). Je plaisante bien sûr car ici encore Jésus veut nous dire que nous devons nous prémunir des risques de chute et nous fixer des garde-fous pour ne pas céder au mal.

Les exigences de Jésus sont très élevées et je pense pouvoir dire qu'aucun homme n'est capable de les appliquer comme il le faudrait. Alors, au lieu de désespérer de ne pas être à la hauteur et de finalement vaciller dans notre foi, faisons de bonnes œuvres dans la limite de nos capacités et sans prise de tête. Car nos actions doivent venir du cœur !

Vous devriez parler à un prêtre ou à un pasteur. Ça vous ferait du bien.

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Hantouane
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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par Hantouane » lun. 28 janv. 2019, 14:56

J'ai fait une réponse rapide au début de cette discussion, pourtant je suis parfois un peu comme une éponge et je peux m identifier au Christ sur la croix quand je le regarde, je m identifie donc à ce supplice qu'est la croix... Donc mes sentiments peuvent être une sorte de souffrance comme si j étais crucifié d où une sorte de rejet de la croix parfois :( Est-ce courant de ressentir ça ?

gerardh
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Re: Qu'éprouvez-vous en pensant à la Croix ?

Message non lu par gerardh » lun. 28 janv. 2019, 16:30

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Bonjour,

Une question vive a été posée :
Dieu est Tout-Puissant : n'avait-il pas d'autre solution que de permettre ainsi la souffrance d'un homme, qui plus est de son Fils Bien-Aimé ?
La réponse est non. Dieu est amour et en tant que tel il veut le bonheur et le salut de tous les hommes. Mais Dieu est lumière, et en tant que tel il ne peut pas passer sur le péché sans le punir.

Pour concilier ces deux attributs divins, la seule solution a été de donner son Fils unique à la croix du calvaire.


___________

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