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Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : dim. 27 oct. 2019, 12:08
par Quejana
Pour ma part, j'ai une attente de la part de la religion : c'est qu'elle me rende meilleure vis-à-vis de mon prochain.
Est-ce que le catholicisme a ce but ? et selon vous, est-ce qu'il y parvient ?
Je reformulerais la question de cette manière : devient-on meilleur moralement en devenant catholique ? (et non pas "Les catholiques sont-ils sympas ?")
1) Le message de Jésus est un message d'amour. Mais à force d'avoir les yeux rivés sur ce message, de le mâcher et de le remâcher, de le ruminer, n'en vient-on pas imperceptiblement à s'en éloigner ? Simone Weil parle d'un athéisme purificateur ; j'ai souvent remarqué que les athées avaient une meilleure vision théorique de l'amour évangélique que les chrétiens eux-mêmes... Attention ! je ne dis pas qu'ils le pratiquent mieux, je dis simplement qu'ils le saisissent théoriquement mieux. Le fait d'avoir à le pratiquer justement, quotidiennement, ne nous pousse-t-il pas à édulcorer ce message ? à le faire converger vers nos propres intérêts ? Le fait de nous habituer à la parole de Jésus n'abîme-t-il pas cette dernière ?
2) La religion peut parfois se fonder sur le ressentiment ou sur la peur. Dans ce cas-là, n'empire-t-elle pas une personne au lieu de l'améliorer ?

Selon vous, votre expérience personnelle, les gens que vous avez rencontrés, le catholicisme rend-il meilleur concrètement ?

Merci d'avance pour vos réponses.

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : lun. 28 oct. 2019, 0:37
par Trinité
Bonsoir Quéjana,

Toujours en ce qui me concerne!

Je ne suis revenu vers l'Eglise Catholique que depuis 4 ou 5 ans.

Oui, pour moi le faite d'écouter le message d'Amour de Jésus, m'a permis de prendre conscience des gestes ou actes d'Amour que je pouvais faire à son image envers les autres.
En ce sens, le message est beaucoup plus présent maintenant...
Autrefois, il pouvait m'arriver de faire des bonnes actions , mais celles-ci étaient spontanées certes, mais sans références... et bien souvent, comme je vous l'ai dit autre part...ces actions n'étaient pas prioritaires par rapport à mon petit confort ou égo personnel !

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : lun. 28 oct. 2019, 9:34
par Carhaix
Quejana a écrit :
dim. 27 oct. 2019, 12:08
Pour ma part, j'ai une attente de la part de la religion : c'est qu'elle me rende meilleure vis-à-vis de mon prochain.
Est-ce que le catholicisme a ce but ? et selon vous, est-ce qu'il y parvient ?
Je reformulerais la question de cette manière : devient-on meilleur moralement en devenant catholique ? (et non pas "Les catholiques sont-ils sympas ?")
1) Le message de Jésus est un message d'amour. Mais à force d'avoir les yeux rivés sur ce message, de le mâcher et de le remâcher, de le ruminer, n'en vient-on pas imperceptiblement à s'en éloigner ? Simone Weil parle d'un athéisme purificateur ; j'ai souvent remarqué que les athées avaient une meilleure vision théorique de l'amour évangélique que les chrétiens eux-mêmes... Attention ! je ne dis pas qu'ils le pratiquent mieux, je dis simplement qu'ils le saisissent théoriquement mieux. Le fait d'avoir à le pratiquer justement, quotidiennement, ne nous pousse-t-il pas à édulcorer ce message ? à le faire converger vers nos propres intérêts ? Le fait de nous habituer à la parole de Jésus n'abîme-t-il pas cette dernière ?
2) La religion peut parfois se fonder sur le ressentiment ou sur la peur. Dans ce cas-là, n'empire-t-elle pas une personne au lieu de l'améliorer ?

Selon vous, votre expérience personnelle, les gens que vous avez rencontrés, le catholicisme rend-il meilleur concrètement ?

Merci d'avance pour vos réponses.
Personne ne peut savoir s'il serait meilleur ou pire s'il était athée, musulman, bouddhiste, etc.

Mais vous vous trompez en croyant que tel serait le but du christianisme. Le but du christianisme n'est pas non plus de rendre le monde meilleur, même si cela peut être une conséquence indirecte.

Le but n'est autre que de se rapprocher de Dieu.

On pourrait être parfait, et vivre dans un monde parfait, tout en étant très loin de Dieu.

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : lun. 28 oct. 2019, 10:46
par Quejana
Merci pour ce beau témoignage Trinité !
Carhaix a écrit :
lun. 28 oct. 2019, 9:34

On pourrait être parfait, et vivre dans un monde parfait, tout en étant très loin de Dieu.
J'en doute...
Voulez-vous parler d'un monde humanitariste par exemple, tel que celui décrit par Benson dans son livre Le maître de la terre ? c'est-à-dire un monde où on porterait l'amour de l'homme au plus haut point sans se soucier de Dieu ?
Je ne pense pas qu'un tel monde soit possible. Il reposerait sur du sable. L'Occident n'a connu des progrès en matière d'humanisme que parce qu'il est de culture chrétienne (je pense).
Je cite un passage du livre :
[...] ce qu'il avait laissé derrière lui, à Londres, dix heures auparavant, lui apparaissait comme un bon échantillon de ce que devaient être les cercles supérieurs de l'enfer. C'était un monde d'où Dieu s'était retiré, mais en le laissant dans un état de profonde satisfaction de soi-même, dans un état dépourvu d'espoir comme de crainte, mais admirablement pourvu de toutes les conditions du bien-être.

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : lun. 28 oct. 2019, 11:46
par Carhaix
Quejana a écrit :
lun. 28 oct. 2019, 10:46
Merci pour ce beau témoignage Trinité !
Carhaix a écrit :
lun. 28 oct. 2019, 9:34

On pourrait être parfait, et vivre dans un monde parfait, tout en étant très loin de Dieu.
J'en doute...
Voulez-vous parler d'un monde humanitariste par exemple, tel que celui décrit par Benson dans son livre Le maître de la terre ? c'est-à-dire un monde où on porterait l'amour de l'homme au plus haut point sans se soucier de Dieu ?
Je ne pense pas qu'un tel monde soit possible. Il reposerait sur du sable. L'Occident n'a connu des progrès en matière d'humanisme que parce qu'il est de culture chrétienne (je pense).
Je cite un passage du livre :
[...] ce qu'il avait laissé derrière lui, à Londres, dix heures auparavant, lui apparaissait comme un bon échantillon de ce que devaient être les cercles supérieurs de l'enfer. C'était un monde d'où Dieu s'était retiré, mais en le laissant dans un état de profonde satisfaction de soi-même, dans un état dépourvu d'espoir comme de crainte, mais admirablement pourvu de toutes les conditions du bien-être.
C'est le monde prophétisé par saint Jean dans l'Apocalypse. Et nous tendons aujourd'hui vers cet accomplissement. Toutes les lois sociétales envisagées aujourd'hui tendent vers ce but. Que cet humanisme soit d'inspiration chrétienne - ce dont je ne doute pas un instant moi aussi - n'y change rien. Rousseau et les Lumières étaient inspirés du socle chrétien, malgré eux, dont ils étaient issus : la recherche du bonheur, dont l'Évangile est porteur. Mais sans Dieu.

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : lun. 28 oct. 2019, 13:54
par Sam D.
Bonjour Quejana,

Je peux reprendre à mon compte la réponse donnée par Trinité.
Mais à force d'avoir les yeux rivés sur ce message, de le mâcher et de le remâcher, de le ruminer, n'en vient-on pas imperceptiblement à s'en éloigner ?
Le risque existe en effet, et si tout le monde (du moins tous les chrétiens, je l'espère...) aspire à pratiquer la vertu, encore faut-il, me semble-t-il, une pédagogie adéquate. J'en ai trouvé une très utile chez La Rochefoucauld (Maximes et réflexions morales), qui prend le parti original de débusquer des situations dans lesquelles elle est absente, ou du moins pas si présente que cela, en dépit de l'impression que l'on peut avoir. Il observe ainsi que bien souvent, notre amour-propre s'indemnise en fait largement des sacrifices auxquels il consent, lesquels, sans être mauvais par eux-mêmes, relèvent très peu d'une authentique ascèse- la question étant ainsi posée de savoir si cette dernière voie est si pertinente.

Comment toujours mieux fonder notre charité sur la foi ? Je dirais, en se référant aux différents passages de la Bible ou d'autres écrits qui en traitent, p.ex. "Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique" (Lc 8:21), "Aide-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d'après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l'âme de mon prochain et que je lui vienne en aide." (Exercice général de sainte Faustine).

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : lun. 28 oct. 2019, 13:58
par Quejana
Carhaix a écrit :
lun. 28 oct. 2019, 11:46
Quejana a écrit :
lun. 28 oct. 2019, 10:46
Merci pour ce beau témoignage Trinité !



J'en doute...
Voulez-vous parler d'un monde humanitariste par exemple, tel que celui décrit par Benson dans son livre Le maître de la terre ? c'est-à-dire un monde où on porterait l'amour de l'homme au plus haut point sans se soucier de Dieu ?
Je ne pense pas qu'un tel monde soit possible. Il reposerait sur du sable. L'Occident n'a connu des progrès en matière d'humanisme que parce qu'il est de culture chrétienne (je pense).
Je cite un passage du livre :
C'est le monde prophétisé par saint Jean dans l'Apocalypse. Et nous tendons aujourd'hui vers cet accomplissement. Toutes les lois sociétales envisagées aujourd'hui tendent vers ce but. Que cet humanisme soit d'inspiration chrétienne - ce dont je ne doute pas un instant moi aussi - n'y change rien. Rousseau et les Lumières étaient inspirés du socle chrétien, malgré eux, dont ils étaient issus : la recherche du bonheur, dont l'Évangile est porteur. Mais sans Dieu.
Hmmm... Je vais aller emprunter "Le drame de l'humanisme athée" de Lubac aujourd'hui à la bibliothèque pour comprendre les problèmes que cela soulève. Il me semble que ce livre en parle.
En tout cas, je ne pense pas que cet humanisme puisse durer longtemps. Il va se mordre la queue à un moment donné ou à un autre.
Peut-être que les catholiques ne sont pas considérés comme "sympas" selon les critères de notre société très laïcisée. Aujourd'hui, on insiste sur d'autres qualités que sur celles prescrites par le christianisme.

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : mer. 30 oct. 2019, 14:51
par Quejana
Sam D. a écrit :
lun. 28 oct. 2019, 13:54
Bonjour Quejana,

Je peux reprendre à mon compte la réponse donnée par Trinité.
Mais à force d'avoir les yeux rivés sur ce message, de le mâcher et de le remâcher, de le ruminer, n'en vient-on pas imperceptiblement à s'en éloigner ?
Le risque existe en effet, et si tout le monde (du moins tous les chrétiens, je l'espère...) aspire à pratiquer la vertu, encore faut-il, me semble-t-il, une pédagogie adéquate. J'en ai trouvé une très utile chez La Rochefoucauld (Maximes et réflexions morales), qui prend le parti original de débusquer des situations dans lesquelles elle est absente, ou du moins pas si présente que cela, en dépit de l'impression que l'on peut avoir. Il observe ainsi que bien souvent, notre amour-propre s'indemnise en fait largement des sacrifices auxquels il consent, lesquels, sans être mauvais par eux-mêmes, relèvent très peu d'une authentique ascèse- la question étant ainsi posée de savoir si cette dernière voie est si pertinente.

Comment toujours mieux fonder notre charité sur la foi ? Je dirais, en se référant aux différents passages de la Bible ou d'autres écrits qui en traitent, p.ex. "Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique" (Lc 8:21), "Aide-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d'après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l'âme de mon prochain et que je lui vienne en aide." (Exercice général de sainte Faustine).
Désolée Sam D., je n'avais pas vu votre message avant de poster le mien.
C'est une manière de découvrir ce qu'est le bien par la découverte de ce qu'est le mal, de connaître les vices pour mieux connaître les vertus qui leur sont opposés, si je vous comprends bien. Je crois que cela porte un nom mais je serais incapable de me souvenir duquel il s'agit.
Mais à lire trop d'auteurs qui versent dans la satire, on risque aussi de s'abaisser à juger les autres et de se complaire dans notre misère. Pascal recommande bien de ne pas consacrer tout son temps à regarder sa misère mais aussi à regarder ce qui nous rapproche de Dieu ; il préconise un équilibre entre ces deux extrêmes.

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : mer. 30 oct. 2019, 21:22
par Sam D.
Bonsoir,

Aucun souci !

Je n'ai jamais trouvé La Rochefoucauld satirique à l'excès ; un La Bruyère recherche par moments franchement la satire.

Je l'ai découvert à une époque où ma foi était bien plus balbutiante qu'aujourd'hui, une relecture avec des yeux davantage chrétiens ne serait certainement pas dépourvue d'intérêt.

Prenons "La vertu n'irait pas si loin si la vanité ne lui tenait compagnie", on voit qu'il s'agit d'une mise en garde contre un risque possible, celui de s'illusionner sur les motivations profondes des actes, les nôtres comme ceux des autres. Mais même lorsqu'elles sont fortement mélangées d'arrière-pensées, les vertus trouvent grâce aux yeux de l'auteur, qui les compare à une monnaie de cuir destinée à servir dans une place assiégée à court de métaux précieux : bien que tout le monde la sache "fausse", elle n'en rend pas moins les mêmes services que la vraie sous l'angle de son utilité dans les échanges.

Je préconise cette lecture non par un goût morbide pour la contemplation de sa propre misère, mais parce qu'elle permet d'aller dans la vie en étant un peu moins dupe de bien des choses ; en somme, quelques centimètres de faits en direction de la sortie de la grotte de Platon... Le stoïcisme prend un bon coup dans l'aile et ce n'est pas pour me déplaire !

Re: Les catholiques sont-ils sympas ?

Publié : mar. 14 avr. 2020, 17:23
par Alexis Durant
Bonjour,

Je viens de trouver ce sujet, qui date un peu, en explorant le forum, je suis en chômage partiel et je n'ai pas grand-chose à faire.

Mon métier m'oblige à beaucoup voyager et donc d'aller à la messe à l'Église d'un autre département ou région. Dernièrement, j'étais dans le Rhône et je suis allé à la messe dans la commune ou je logeais et j'ai été très bien accueilli par les fidèles et le Prêtre célébrant. Je vais à l'Église "progressiste", pour reprendre vos propos, quand je ne trouve pas d'Église traditionaliste et j'ai toujours eu un bon accueil des fidèles comme du Prêtre, et ce quel que soit l'orientation du l'Église. Personnellement, je vais à 99% du temps à la messe traditionnelle, car j'ai un peu de mal avec le "progressisme". Je suis allé en Alsace, dans le Rhône, Bouche du Rhône, le Nord et bien d'autres régions de France et je n'ai jamais été mal reçu que ce soit par le Prêtre ou les fidèles. Même les bénévoles des accueils me renseignent très bien et avec gentillesse sur les horaires de messes.

Pourriez-vous nous éclairer sur votre orientation chrétienne ? Vous êtes Catholique ou protestant ?

Dans la paroisse du Christ Sauveur à Pau, ma Paroisse, nous faisons, après la messe, un petit déjeuner Café, Thé ou chocolat et même du jus de fruits pour les enfants et les adultes. Après la messe en la Chapelle Saint Louis de Gonzague de Pau, de la Fraternité Saint-Pierre et qui fait partie de la Paroisse, nous le faisons de temps en temps.

Personnellement, quand je vais à la messe Concile Vatican II je ne serre pas la main des gens non plus quand le Prêtre demande de nous donner la Paix du Christ et jamais personne ne m'a fait un quelconque reproche ou avoir un regard de reproche à mon encontre.

Après la messe, j'ai toujours un moment de convivialité avec les fidèles et je discute avec le Prêtre et c'est toujours des moments agréables d'échanges. Quand je suis en déplacement, je parle de ma région avec les fidèles locaux. Si vous faisiez un pas vers les gens vous sériiez agréablement surpris. Je vous en parle en connaissance de cause, car c'est ce que je fais après la messe, je vais à la rencontre des gens et je discute autour d'un café servi par les bénévoles de l'Église.

Vous dites, je vous cite. (Les mêmes qui viennent de vous serrer la main quittent leur banc à la fin de la messe sans vous dire au revoir ou vous adresser au moins un petit sourire en guise d'au revoir). Il ne vous est pas venu à l'esprit que de votre côté vous pourriez faire un petit geste envers eux en faisant un petit signe de tête en souriant ? Croyez-moi les gens sont très agréables quand on ne porte pas de jugement de valeur sur eux.

Je trouve que vous portez beaucoup de jugement sur votre prochain. Il faut savoir se remettre en question de temps en temps. Je termine ma prose sur ces quelques mots.

Que Dieu vous bénisse et vous garde dans la paix et la confiance !