Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

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Milla
Ædilis
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Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Message non lupar Milla » Hier, 15:02

J'ai relu La trilogie cosmique de C.S. Lewis, une trilogie de science-fiction. Elle se compose de Au-delà de la planète silencieuse, Perelandra et Cette hideuse puissance.

Dans Au-delà de la planète silencieuse, Ransom, un philologue, est kidnappé par deux compatriotes : Devine, un ancien camarade d'école dont il ne garde pas de bons souvenirs, et Weston, un physicien. Durant leur voyage vers Malacandra, il comprend que les deux hommes ont l'intention de le livrer aux sorns, qui sont avec les hrossa et les pfifltriggs un des trois peuples de cette planète. Il réussit à s'enfuir, fait la connaissance d'un hross, et découvre peu à peu ce monde inconnu et ses habitants.
Dans Orthodoxie, Chesterton écrit que "c'est le ciel que M. Wells et son école ont rendu maléfique : nous devrions lever les yeux vers les étoiles d'où viendra notre ruine [...] Ces gens-là semblaient trouver particulièrement enthousiasmant de répéter que cette prison était très vaste". Et dans le roman de Lewis, Ransom découvre que "pendant des années, tout au fond de sa pensée, s'était cachée l'image lugubre du vide noir et glacé". Ce n'est sans doute pas un hasard de retrouver cette idée chez ces deux auteurs chrétiens, mais les raisons m'échappent.
J'ai aimé le fait qu'ici les extraterrestres ne sont ni des monstres hostiles, ni des naïfs à instruire.
Ce n'est pas mon volume préféré, mais le chapitre où Ransom "traduit" de l'anglais au malacandrien ce que dit Weston est savoureux. Par exemple "la vie est au-dessus de tous les systèmes de morale, ses droits sont absolus" devient "il dit [...] que les créatures vivantes sont plus fortes que la question de savoir si un acte est pervers ou bon - non, ça n'est pas ça - il dit qu'il vaut mieux être vivant et pervers plutôt que mort - non - il dit, il dit... je ne peux pas dire dans votre langue ce qu'il dit".

Perelandra
est, en gros, un remake de l'histoire d'Adam et Eve, centré sur Eve. Ransom voyage de nouveau, volontairement cette fois, vers Vénus. Il y fait la connaissance de la Dame verte. Séparée accidentellement du Roi son époux, la dame vit dans une profonde communion avec Maleldil (Dieu). Élément perturbateur : Weston s'invite dans la partie pour jouer le rôle du serpent. En effet, tous les commandements de Maleldil sont objectivement bons et universels, sauf un : l'interdiction de résider sur une terre fixe (Perelandra est un monde essentiellement mouvant, avec vagues et îles flottantes). Weston tente alors de lui démontrer que sa désobéissance serait une bonne chose.
Il y a beaucoup, beaucoup de dialogues dans ce roman, et relativement peu d'action. Comme d'habitude, quelques pépites, comme ce passage : "L'ennemi, avec une ardeur inhabituelle, avait cherché à faire admettre à la Dale la noblesse du sacrifice de soi et du dévouement [...] [Ransom] essaya de lui dire qu'il avait déjà vu en action ce genre de "désintéressement", de lui parler de femmes se rendant malades de faim plutôt que de commencer à cuisiner avant que leur mari ne soit rentré à la maison alors qu'elles savaient pertinemment que rien ne lui déplaisait plus, de lui parler de mères s'épuisant à monter des affaires embrouillées pour marier une fille à un homme que celle-ci détestait, de lui présenter Agrippine ou Lady Macbeth." "L'enfer est pavé de bonnes intentions" illustré.
Du bon et du moins bon.

Cette hideuse puissance est d'un style très différent : l'action se passe sur terre et les personnes principaux (même si Ransom et Devine sont toujours présents, et bien présents) sont Jane Studdock et son mari Mark. Jane fait des rêves étranges et effrayants qui s'avèrent être en rapport avec les activités de l'I.N.C.E., l'institut national de coordination expérimentale. Mark, sociologue au Collège de Bracton, s'y voit proposer un poste.
Un roman dense et des réflexions sur le couple, la religion, le fonctionnement d'une organisation totalitaire, l'effet de groupe, les mythes... C'est, des trois, mon préféré.
Mais il n'avait rien éprouvé, rien du tout ; c'était comme déambuler dans un nouveau magasin, où son argent n'avait pas cours, où son coeur était resté froid, même quand il avait touché le bois, le plâtre et l'argile.


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