Vie paroissiale

« Quant à vous, menez une vie digne de l’Évangile du Christ. » (Ph 1.27)
Règles du forum
Forum d'échange entre chrétiens sur la façon de vivre l'Évangile au quotidien, dans chacun des domaines de l'existence
Avatar de l’utilisateur
AdoramusTe
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 2591
Inscription : sam. 23 févr. 2008, 17:40
Conviction : Catholique romain

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar AdoramusTe » mer. 25 janv. 2012, 0:59


à l'origine, la paroisse désignait à la fois le territoire et la communauté qui se situait à l'extérieur du territoire que pouvait administrer directement l'Evêque et pour lequel il était contraint d'utiliser les services d'un prêtre mandaté pour agir en son nom. Les deux - territoire et communauté ont toujours été lié. Aujourd'hui, on insiste davantage sur l'aspect communautaire, c'est un fait. d'autant qu'il y a des paroisses personnelles qui ne correspondent plus toujours à un territoire donné.

L'Eglise contraint en la matière: comme le fait remarquer Salésienne, il faut normalement une autorisation pour recevoir certains sacrements - notamment tous ceux liés à l'initiation chrétienne - en dehors de sa paroisse. Pour le baptème en particulier, il faut une autorisation écrite du curé pour qu'il ait lieu en dehors de l'Eglise paroissiale et une dérogation pour qu'il puisse être administré par un prêtre extérieur à la paroisse. Hier comme aujourd'hui.

D'autre part, tout catholique est inscrit sur le registre de la communauté paroissiale à laquelle il appartient -inscription qui possède un caractère d'obligation - et qu'il peut être amené à quitter en raison des circonstances pour rejoindre une autre communauté. Pour autant, l'Eglise ne transfert pas son "dossier" ailleurs... il y a une raison.

Cette raison, c'est que la paroisse n'est pas une entité véritablement autonome ou autocéphale mais une simple circonscription de la grande communauté diocésaine, à laquelle chaque fidèle appartient depuis son baptême. Et ce qui tient pour la paroisse tiendra pour le diocèse: de telle manière qu'un séminariste ordonné prêtre dans le diocèse de X. par Mgr A. devra demander à son Evêque - c'està dire Mgr B., Evêque du diocèse de Y., où il est né - l'autorisation d'être ordonné ailleurs que dans son diocèse d'origine (même si ce séminariste n'a par ailleurs jamais habité dans le diocèse de sa naissance après son baptême...).
C'est purement administratif, merci de cette confirmation. C'est comme le registre d'état civil, il faut bien qu'il existe quelque part.
L'expression "abandonner sa paroisse c'est un peu abandonner l'Eglise" est sans doute un peu excessive - elle dit seulement ce qu'elle veut dire - et en dehors du cas du rattachement à une paroisse personnelle, pour un fidèle catholique, une communauté religieuse, un tiers-ordre, un groupe de prière, etc. ne peuvent pas être considérés comme des "paroisses" au sens légitime du terme.
Pourtant ce type de fonctionnement préexistait à l'existence des paroisses.
Les premières communauté chrétiennes se sont groupées autour de personnes charismatiques, c'est tout humain.
Tout cela indique surtout à quel point nous avons perdu le sens de l'appartenance à une communauté qui nous est donné - que nous n'avons pas à choisir - pas plus que nous ne choisissons nos prêtres ou nos Evêques.
L'Eglise nous laisse une grande latitude en la matière, comme sur d'autres sujets.
Par conséquent, pas la peine d'être plus papiste que le Pape.

Pour ma part, j'ai reçu à ce sujet des réponses de personnes d'Eglise fiables, qui vous contredisent.
Je n'ai donc pas besoin de poursuivre le débat et je vous laisse le dernier mot si vous le voulez.
Ignoratio enim Scripturarum ignoratio Christi est

Virgile
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1133
Inscription : mer. 14 janv. 2009, 10:33

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar Virgile » mer. 25 janv. 2012, 2:32

Mais non, le dernier mot est comme toujours à la réalité, et puis aussi au bon sens : dans l'Eglise catholique répandue à travers le monde, la paroisse est le cadre normal et habituelle de la vie de foi de l'écrasante majorité des catholiques. Tout le reste relève, bien évidemment, de l'exception, de la particularité, de spécificité qui doivent d'ailleurs être reconnues comme telles... par l'Eglise. Gens fiables ou pas.

Virgile
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1133
Inscription : mer. 14 janv. 2009, 10:33

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar Virgile » mer. 25 janv. 2012, 3:13

Pourtant ce type de fonctionnement préexistait à l'existence des paroisses.
Les premières communauté chrétiennes se sont groupées autour de personnes charismatiques, c'est tout humain.
Et bien non.
Et la meilleure preuve du contraire, c'est qu'il n'y a pas de communauté de "Paul", pas plus qu'il n'y a une communauté de "Pierre", ou de "Jacques" ou encore de "Thomas" ou de "Georges et Albert". Dès l'origine, la répartition des premières communautés chrétienne est territoriale, géographique - Eglise de telle ville ou de telle autre ville - et les rapports entre les Eglises s'établissent sous la forme de débats entre des personnes qui disposent d'une autorité légitime sur telle communauté établie sur tel territoire donné.

C'est tellement vrai que dans l'Eglise catholique, il y a, dès l'origine, les Apôtres (dont la mission s'inscrit dans un cadre territorial, géographique), puis des Evêques à qui sont transmis par le sacrement de l'ordre une autorité spirituelle et juridictionnelle sur un territoire donné (et pour une part sur ce territoire seulement), et qui se réunissent parfois en Concile... et plus tard nommerons des prêtres et des diacres dont le mandat spirituel et juridictionnel possède lui aussi une extension territoriale précise: la paroisse, cadre normal et habituel de la vie des communautés catholiques dans le monde entier.

V.

Virgile
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1133
Inscription : mer. 14 janv. 2009, 10:33

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar Virgile » mer. 25 janv. 2012, 4:31

L'Eglise nous laisse une grande latitude en la matière, comme sur d'autres sujets.
Par conséquent, pas la peine d'être plus papiste que le Pape.
sans doute. Mais à la condition d'admettre aussi que rien ne se fait dans un diocèse sans le consentement de l'Evêque: c'est la limite précise que l'Eglise laisse à la grande latitude en la matière dont vous parlez. Et même dans le cas des paroisses personnelles, qui ne correspondent pas à un territoire géographique précis, mais qui n'en sont pas moins dépendante d'une entité juridique territoriale puisqu'elles ne peuvent exister qu'au sein d'un diocèse (qui est bien un territoire géographique): les curés des paroisses personnelles qu'ils soient prêtres diocésains ou non dépendent en dernier lieu de l'autorité spirituelle et juridique épiscopale. La paroisse qui leur est confiée a beau ne pas avoir de délimitation géographique, elle n'en reste pas moins entièrement dépendante d'une entité qui en possède une et pour laquelle la paroisse personnelle est une réponse exceptionnelle a une difficulté pastorale spécifique. Jamais la norme.

De plus, si l'on affirme que l'appartenance à tel ou tel mouvement, association, groupe, etc. est entièrement libre - à la condition bien entendu d'une démarche effective de reconnaissance canonique par l'Eglise quand ils n'en ont pas - il faut aussi préciser que cette appartenance n'a de sens que par rapport au cadre territorial donnée dans lequel elle s'inscrira nécessairement - le diocèse, et par rapport à celui qui a la charge des âmes dans cette entité territoriale - l'Evêque.

Même dans le cas des monastères, des couvents de religieux, et jusqu'à celui des prélatures personnelles, la règle est incontournable et unanime, for des limites prévues par le droit canonique - en dernier lieu, c'est l'Evêque qui possède, et lui-seul, l'intégralité de l'autorité spirituelle et de gouvernement sur le territoire où sont implantés ces institutions religieuses.

Par ailleurs, un Evêque diocésain sans titulature territoriale, cela n'existe tout simplement pas - alors qu'il existe des Evêques qui peuvent très bien disposer d'une juriction spirituelle et de gouvernement sur un territoire où il n'existe pourtant pas de communauté chrétienne. L'inverse n'est jamais vrai que d'exceptions comme celle de l'Evêque aux armées, mais seulement dans une certaine mesure, et probablement de certains prélats qui ont rang d'Evêque (comme celui de l'Opus Dei?). De sorte que tous les évêques résidentiels, à commencer par l’évêque de Rome, et tous les évêques des Eglises d’origine apostolique, ou fondées dans la suite des temps par ces mêmes Eglises, sont liés par institution, comme leur titulature l’indique, à telle ville, à tel territoire donné : évêque de Rome, évêque d’Ephèse, évêque de Moscou, évêque d’Oslo, etc... et qu'il est donc de règle pour les fidèles d'obéir à l'évêque non parce qu'ils appartiennent à une communauté uniquement spirituelle mais à une communauté territoriale.

Il faudrait surtout examiner avec attention ce qu'invoquent un très grand nombres de catholiques pour ne pas participer activement à la vie de leur paroisse et aller "ailleurs", échapper au "territoire" et à la "communauté de l'Eglise locale".

Alors que la paroisse est une réalité fixe, définie et qui constitue la norme...

Au fond, c'est surtout cela qui serait intéressant. En France, l'abandon de la communauté paroissiale et la "ruée" d'une certaine "élite" catholique - en particulier dans ce que l'on appelle le mouvement "traditionaliste", vers d'autres structures communautaires ne peuvent être présentées comme une innovation bénéfique pour l'Eglise qu'à la seule condition qu'on insiste sur leur insertion dans le cadre local diocésain, paroissial, et qu'on établisse clairement et honnêtement les raisons profondes et les motifs réels de ce déplacement et que l'on explique aussi et surtout pourquoi et comment de telles innovations ont-elles pu apparaître à certains comme l'unique solution à certaines difficultés qu'ils rencontraient au sein de leur paroisse...

V.

Virgile
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1133
Inscription : mer. 14 janv. 2009, 10:33

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar Virgile » mer. 25 janv. 2012, 7:37

Bonjour,

tout cela pour en venir au fait que depuis les origines apostoliques étaient sous-entendu dans la titulature épiscopale non seulement le nom du siège épiscopal (une territorialité) mais encore la communauté administrée (dans cette territorialité). Cette tradition immémoriale s'observe par exemple lorsque le Pape lui-même se qualifie d’"Evêque de Rome" dans les bulles émanant de sa chancellerie. Le Pape est l'Evêque de Rome - parce qu'il n'existe qu'un seul Evêque par ville et que l'Evêque est titulaire d’une communauté bien précise et géographiquement située: le Pape est Pape précisément parce qu'il est l'Evêque d'un territoire déterminé appelé "Rome"...

Il en est ainsi depuis les apôtres, par institution. Cette simple précision de ma part ne vient pas ici dans le seul but de faire comprendre une partie de la signification théologique de l’épiscopat: ce qui est d'institution, c'est la communauté et la territorialité. L’Eglise locale est réalité tangible et spirituelle. L’Eglise est à la fois communauté et présence sur un territoire déterminé: c’est justement pour y être ouverte à tous et accueillante à tous.

Dans cette perspective, la paroisse d'un diocèse est également une réalité tangible et spirituelle, et ce qu'elle préfigure c'est tout simplement, parce qu'elle une fraction de la communauté diocésaine et une circonscription territoriale du diocèse, ce que préfigure le diocèse lui-même : la Jérusalem céleste dont elle est l’anticipation sur cette terre.

Dans cette perspective également, et il ne s'agit pas pour moi de nier qu'il existe des exceptions à cet état de fait, la vie humaine de l'écrasante majorité des catholiques, du baptème aux funérailles (mais pas toujours aujourd'hui), s'inscrit bien naturellement dans le cadre de la communauté et du territoire paroissial, dans l'obéissance et la fidélité à l'évêque diocésain et au prêtre mandaté pour le représenter dans cette communauté et sur ce territoire paroissial.

En faisant exception de motifs dérisoires et superficiels, la question est donc de connaître les raisons pour lesquelles et à partir de quand cela n'a plus semblé raisonnable, évident, possible ou envisageable pour un certain nombre de catholiques - pas seulement "traditionnels" - que l'on ne voit jamais dans leur paroisse et qui sont la plupart du temps "ailleurs"... que là où il serait justement très utile et important qu'ils soient. Et la question s'adresse tout aussi bien aux Evêques et aux curés de paroisse qu'à ceux pour qui la paroisse n'est plus le cadre de leur vie chrétienne.

V.

salésienne05
Senator
Senator
Messages : 681
Inscription : lun. 06 juin 2011, 19:51
Localisation : Alpes-Maritimes/Hautes-Alpes

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar salésienne05 » mer. 25 janv. 2012, 11:24

Cher Virgile, j'apprécie beaucoup ce que vous dites.

La "ruée des élites" vers d'autres lieux de culte que leur paroisse propre n'est pas le fait des traditionnalistes exclusivement. Chez les charismatiques, ou chez les férus de monastères, vous trouverez les mêmes velléités de fuite. Mais dans les paroisses d'un même diocèse, les catholiques dits "paroissiaux" aiment parfois choisir leur messe en fonction du prêtre qui officie :roule:

La paroisse, comme entité géographique, est pour moi le lieu du Corps du Christ à petite échelle. Nous sommes bien d'accord, la Tête, c'est le Christ. Mais nous, les membres du Corps, l'Eglise, nous sommes Un, malgré nos diversités (cultuelles, culturelles, sociales). S'extraire volontairement de la communauté paroissiale par orgueil, par mépris ou par "sentimentalisme" est donc une faute spirituelle. Mais certains convertis, ou recommençants ont besoin de ce sentiment d'appartenance, ou de la beauté liturgique particulière pour mieux prier.

Je me souviens qu'au début de ma conversion, je me rendais tous les dimanche à 50 km de mon domicile. Les raisons semblaient valables : j'avais été convertie dans ce monastère, j'aimais profondément leur liturgie cistercienne dépouillée, j'avais surtout le sentiment que les personnes qui composaient l'assemblée étaient de "vrais croyants, eux". Je ris désormais de mon grand orgueil !

Une ou deux années plus tard, j'ai espacé mes messes monastiques pour m'investir dans ma paroisse, avec humilité, auprès de ceux qui y étaient fidèles depuis plus longtemps que moi. Certes, tous ne pratiquaient pas comme je pensais qu'il était bon de pratiquer, mais j'y voyais le lieu d'exercice de la charité fraternelle, de l'ouverture à autrui, d'exercice des charismes. Je me garde bien désormais de m'interroger sur la qualité de la foi des autres catholiques : la paroisse est une école d'humilité et d'obéïssance, sans oublier des liens spirituels improbables (de prime abord) qui peuvent se tisser.

Merci Virgile pour vos éclaircissements, et sur le fil sur l'obéïssance que je suis avec attention :)

Fraternellement.

Cécile

Avatar de l’utilisateur
Géraldine
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 2113
Inscription : lun. 21 nov. 2011, 15:08
Localisation : Province du Hainaut Occidental Belgique.

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar Géraldine » mer. 25 janv. 2012, 12:43

Bonjour Salésienne, je vous suis tout-à-fait quant à la charité confraternelle et au reste.
Il m'est arrivé aussi d'aller plusieurs fois dans un monastère et c'est vrai qu'il y a un
recueillement non pas différent mais presqu'indicible( je m'exprime mal ) et chaque église, paroisse a ses richesses, contacts avec nos frères dans le besoin, et là, toute proportion de personnalité propre disparaît
pour faire place au service de l'autre comme le Christ à Qui nous avons donné notre vie, nous
l'a enseigné.
Dirigátur, Domine, orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo.

Avatar de l’utilisateur
archi
Prætor
Prætor
Messages : 1662
Inscription : jeu. 22 mai 2008, 14:57

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar archi » mer. 25 janv. 2012, 21:02

Intéressante discussion sur la paroisse.

Je ne peux suivre Adoramus Te quand il pense que les premiers chrétiens s'assemblaient autour de leaders charismatiques: au contraire, il semble que leur priorité était d'éviter les divisions, et d'éviter qu'un individu s'élève de lui-même au-dessus des autres par "charisme" ou quoi que ce soit. Il y avait effectivement l'Eglise de telle ou telle ville, et il ne devait y avoir qu'un seul Evêque par ville - successeur des Apôtres qui, eux, avaient un ministère itinérant. C'est ainsi, par exemple, qu'après quelques années passées à Rome, St Pierre a laissé la direction de l'Eglise romaine à Lin pour partir visiter d'autres Eglises, comme nous l'apprend St Irénée.

L'Eglise locale (plus tard nommée diocèse, ou éparchie en Orient) groupée autour de l'évêque est donc constitutive du dépôt apostolique, on ne peut donc pas en faire une simple division juridique. On note d'ailleurs au début de l'Apocalypse que St Jean écrits aux "Anges" des Eglises. Certains Pères considéraient que ces Anges étaient simplement les évêques, puisque les reproches et encouragements qui leur étaient faits correspondaient à un interlocuteur humain, mais d'autres comme Origène y voyaient l'Ange gardien préposé à l'Eglise. Je n'écarterais donc pas l'idée d'une entité spirituelle particulière régie par un ange, au-delà de la personne de l'évêque. A cela, on peut rattacher le fait que l'évêque est installée par l'Eglise sur un siège (ce qui requiert traditionnellement 3 co-consécrateurs attestant pour l'Eglise de cette installation... mais il y eut aussi des chorévêques sans siège, validement ordonnés par seulement 2 co-consécrateurs, même si cette façon de faire a toujours été vue de travers - à ne pas confondre avec les évêques auxiliaires en Occident). Il serait intéressant d'approfondir la portée de la notion de "siège" épiscopal, avec toutes ses implications (la cathédrale, le Siège apostolique, etc...).

Maintenant, peut-on étendre le même concept à la notion de paroisse - entité apparue vers le IIIe Siècle d'après les historiens- où l'évêque envoie un prêtre célébrer pour une portion de la communauté qui ne peut pas se réunir directement dans la liturgie présidée par l'évêque à la cathédrale, mais qui se rattache toujours à celle-ci par divers signes de communion: évêque du lieu nommé à la prière eucharistique, rite du "fermentum" (portion d'hostie consacrée par l'évêque et mélangée aux espèces consacrées localement...).

D'un côté, on pourrait dire que la communauté réunie dans l'Eucharistie autour d'un prêtre est à elle seule l'Eglise locale. Mais d'un autre côté, je ne vois rien dans toute la Tradition de l'Eglise qui permette d'attribuer à cette portion du diocèse une nature équivalente à celle de l'"Eglise qui est à tel endroit", au contraire la dépendance de cette Eucharistie envers celle de l'évêque a toujours été affirmée.

Donc je dirais que si la paroisse représente bel et bien un lieu de vie spirituelle, avec une communauté de ceux qui la fréquentent... l'important est de fréquenter l'Eglise qui est à l'endroit où on se trouve, sous l'autorité de l'évêque, mais qu'il n'y a rien de choquant (et c'est sans doute même souhaitable dans certains cas) de choisir, s'il y a plusieurs possibilités, la paroisse où sa propre vie spirituelle se portera le mieux. Sachant que quel que soit le cas, on fréquente l'Eucharistie de l'Evêque, de la même Eglise locale (et donc de l'Eglise universelle).

Enfin, c'est comme cela que je comprends les choses.

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.

Virgile
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1133
Inscription : mer. 14 janv. 2009, 10:33

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar Virgile » jeu. 26 janv. 2012, 2:07

D'un côté, on pourrait dire que la communauté réunie dans l'Eucharistie autour d'un prêtre est à elle seule l'Eglise locale. Mais d'un autre côté, je ne vois rien dans toute la Tradition de l'Eglise qui permette d'attribuer à cette portion du diocèse une nature équivalente à celle de l'"Eglise qui est à tel endroit", au contraire la dépendance de cette Eucharistie envers celle de l'évêque a toujours été affirmée.
Bonjour,

les choses me semblent pourtant très claires : dans la tradition immémoriale de l'Eglise la titulature de l'Evêque diocésain a toujours sous-entendue le territoire et la communauté. Ou alors il faudrait prouver le contraire (et chacun est parfaitement libre de s'amuser à des choses pareilles...) - et ensuite nous expliquer d'où peut bien provenir la théologie de l'épiscopat maintenue dans l'Eglise catholique des origines jusqu'à nos jours...

- la paroisse diocésaine n'a bien entendu de pertinence que dans son rapport avec un diocèse: territoire et communauté. Les deux ensemble, en dehors de certaines exceptions.

En dehors de ces exceptions - qui ne sont pas si nombreuses - il est impossible de réduire la paroisse à la seule dimension communautaire (ce qui s'inscrit explicitement et depuis les origines par la titulature épiscopale) et encore moins de la réduire à la seule dimension territoriale (ce qu'a bien souligné le Concile Vatican II et tous les documents de l'Eglise relatifs à cette question depuis lors).

Ensuite, il n'est pas question ici de revenir sur la liberté que prennent certains de ne pas aller dans leur paroisse: ce n'est pas ce qui est discuté. Ce qui fait l'objet d'un questionnement, c'est la raison pour laquelle un certains nombre de catholiques français préfèrent ne pas aller dans leur paroisse (situation normale de l'écrasante majorité des chrétiens dans le monde) et se rendre "ailleurs": où vont-ils? que font-ils? dans quels cadre? avec quelles méthodes? dans quel esprit? etc.

En gros: pourquoi une telle situation, qui n'est sans doute pas nouvelle dans l'Eglise mais qui s'est développée de façon tout à fait surprenante depuis un certain nombres d'années?

Et surtout que devient la paroisse, communauté et territoire, dans tout cela? Et le diocèse? Et si l'on considère que la nouvelle évangélisation a pour cadre normal, naturel et idéal la paroisse, il faudrait tout de même essayer de répondre à ces questions à la lumière des textes de l'Eglise et en vue des objectifs qu'elle se propose d'atteindre. L'année de la Foi qui s'ouvrira prochainement devrait être l'occasion de réfléchir sérieusement à toutes ces questions. Mais on peut aussi bien commencer maintenant...

V.

Avatar de l’utilisateur
Théophane
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 2000
Inscription : sam. 22 janv. 2005, 14:18
Conviction : Catholique
Localisation : France

Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lupar Théophane » sam. 28 janv. 2012, 1:02

En France, l'abandon de la communauté paroissiale et la "ruée" d'une certaine "élite" catholique - en particulier dans ce que l'on appelle le mouvement "traditionaliste", vers d'autres structures communautaires ne peuvent être présentées comme une innovation bénéfique pour l'Eglise qu'à la seule condition qu'on insiste sur leur insertion dans le cadre local diocésain, paroissial, et qu'on établisse clairement et honnêtement les raisons profondes et les motifs réels de ce déplacement et que l'on explique aussi et surtout pourquoi et comment de telles innovations ont-elles pu apparaître à certains comme l'unique solution à certaines difficultés qu'ils rencontraient au sein de leur paroisse...
Il me semble que l'Opus Dei correspond aux exigences que vous évoquez. Cependant, je ne crois pas qu'il soit pertinent de chercher un quelconque problème dans la paroisse auquel l'on ne pourrait remédier qu'en se tournant vers d'autres réalités ecclésiales. Il me semble plutôt que si la paroisse est le lieu normal où tout fidèle est amené à assister au culte liturgique, les mouvements ont leur raison d'être de par leur rôle qui consiste à former les personnes souhaitant vivre leur foi de façon plus concrète. Il me semble que c'est le cas d'autres mouvements, comme le Néo-catéchuménat, l'Emmanuel ou les divers groupes issus du Renouveau charismatique.
Pour ma part, en tout cas, je n'ai aucun problème dans ma paroisse, mais il m'est impossible de trouver ailleurs que dans l'Opus Dei l'assistance spirituelle et la formation dont j'ai besoin.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
Bienheureux Álvaro del Portillo (1914-1994)

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 12645
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Message non lupar etienne lorant » mer. 26 oct. 2016, 15:04

Vatican le 24 octobre 2016

(RV) Dans l’Évangile du jour, Jésus guérit une femme le jour du sabbat, provoquant l’indignation du chef de la Synagogue parce que, dit-il, la Loi du Seigneur a été violée. «Il n’est pas facile, a commenté le Pape, de cheminer dans la Loi du Seigneur», c’est «une grâce que nous devons demander».

Jésus l’accuse d’être hypocrite, une parole qu’il répète «tant de fois aux rigides, à ceux qui ont une attitude de rigidité dans l’accomplissement de la loi», qui n’ont pas la liberté des enfants, qui sont «esclaves de la Loi».
Pourtant, «la Loi n’a pas été faite pour nous rendre esclaves, mais pour nous rendre libres, pour nous rendre enfants». «Derrière la rigidité il y a une autre chose, toujours ! C’est pour cela que Jésus dit : hypocrites !».

«Derrière la rigidité, il y a quelque chose de caché dans la vie d’une personne. La rigidité n’est pas un don de Dieu. La douceur, oui, la bonté, oui, la bienveillance, oui, le pardon, oui. Mais la rigidité, non !
Derrière la rigidité il y a toujours quelque chose de caché, dans de nombreux cas une double vie, mais il y a aussi quelque chose d’une maladie. Combien souffrent les rigides : quand ils sont sincères et se rendent compte de cela, ils souffrent !
Parce qu’ils ne réussissent pas à avoir la liberté des enfants de Dieu, il ne savent pas comment on chemine dans la Loi du Seigneur, et ne sont pas bienheureux. Et ils souffrent tellement !
Ils semblent bons, parce qu’ils suivent la Loi. Mais derrière, il y a quelque chose qui ne les rend pas bons : ils sont mauvais, hypocrites, ou ils sont malades. Ils souffrent !»

Le Pape François a rappelé la parabole de l’Enfant prodigue, dans laquelle le fils aîné, qui s’était toujours bien comporté, s’indigne avec le père parce qu’il accueille avec joie le fils cadet, dissolu, mais revenu à la maison en s’étant repenti. Cette attitude, a expliqué le Pape, fait voir ce qu’il y a derrière une certaine bonté : «la superbe de se croire juste».

«Derrière cette façon de faire le bien, il y a de la superbe». Le fils cadet «savait qu’il avait un père, et dans le moment le plus sombre de sa vie il est allé vers le père».
Le fils aîné «comprenait seulement du père qu’il était le patron, mais ne l’avait jamais ressenti comme un père.
Il était un rigide : il cheminait dans la Loi avec rigidité.
L’autre a laissé la Loi à part, il s’en est allé sans la Loi, contre la Loi, mais à un certain point il a pensé au père et il est revenu. Et il a eu le pardon. Il n’est pas facile de cheminer dans la Loi du Seigneur sans tomber dans la rigidité.»

Et le Pape a conclu l’homélie avec cette prière : «Prions le Seigneur, prions pour nos frères et pour nos sœurs qui croient que cheminer dans la Loi du Seigneur, c’est devenir rigides. Que le Seigneur leur fasse sentir que Lui est Père, et que ce qui lui plait, c’est la miséricorde, la tendresse, la bonté, la douceur, l’humilité. Et qu’à tous il nous enseigne à cheminer dans la Loi du Seigneur, avec cette attitude.»

(CV)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


Revenir vers « Vie chrétienne »



Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 11 invités