Abstinence sexuelle

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Abstinence sexuelle

Message non lupar Ayla » jeu. 17 juin 2010, 22:21

Bonjour à tous,

Je suis nouvelle sur ce forum et une question me taraude...Peux t-on avoir des relations intimes le dimanche..jour du Seigneur?

Qu'en pensez-vous?

Merci de m'éclaircir,

Bien à vous,

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OlivierT
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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar OlivierT » ven. 18 juin 2010, 10:01

Et pourquoi n'en auriez-vous pas si l'union intime avec votre partenaire est une rencontre d'amour sincère et véritable, qui n'est pas juste le fait d'une recherche du plaisir?

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Laurent L.
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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar Laurent L. » ven. 18 juin 2010, 14:35

Bien sûr !

Jadis, on s'abstenait de relations sexuelles pendant le carême.

gerardh
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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar gerardh » ven. 18 juin 2010, 15:05

________

Bonjour,

Je vous citerais 1 Corinthiens 7, 3-5 :

Que le mari rende à la femme ce qui lui est dû, et pareillement aussi la femme au mari. La femme ne dispose pas de son propre corps, mais le mari ; et pareillement aussi le mari ne dispose pas de son propre corps, mais la femme. Ne vous privez pas l’un l’autre, à moins que ce ne soit d’un consentement mutuel, pour un temps, afin que vous vaquiez à la prière, et que vous vous trouviez de nouveau ensemble, afin que Satan ne vous tente pas à cause de votre incontinence.


___________

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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar Ayla » ven. 18 juin 2010, 21:42

Bonsoir,

Merci beaucoup pour vos réponses. Me voici renseignée et éclairée!

Je vous souhaite à tous une bonne soirée,

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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar Fée Violine » sam. 19 juin 2010, 13:01

J'ai entendu dire qu'autrefois, les prêtres déconseillaient aux couples d'avoir des relations le dimanche, ce qui était assez gênant car dans la semaine ils n'avaient guère le temps. Heureusement, ça ne se fait plus!
Par contre chez les juifs, c'est recommandé le jour du shabbat, et c'est bien normal puisque (demême que le dimanche pour nous) c'est un jour consacré à la famille et au bonheur.

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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar Christophe » sam. 19 juin 2010, 13:08

Voici ce qu'on peut trouver dans l'encyclopédie libre, à considérer bien évidemment avec les réserves d'usage :
Au Haut Moyen Âge, toute une série d’interdictions sont formulées par l’Église catholique, à l’égard des laïcs : les rapports sexuels sont interdits le jour, mais aussi de très nombreuses nuits, par pénitence, afin de se garder pur : la nuit qui précède les dimanches et jours de fêtes, celle qui précède les mercredis et vendredis, pendant les trois carêmes (quarante jours avant Pâques, Noël et la Sainte-Croix de septembre), ni pendant les menstruations, ni pendant les trois derniers mois de grossesse, ni quarante jours après l’accouchement. Il est également conseillé aux jeunes époux de ne pas avoir de rapports les trois premières nuits du mariage, l’idéal étant l’abstinence totale, même entre époux[3].

[3] Georges Duby. Le chevalier, la femme et le prêtre, chapitre Morale des prêtres, morale des chevaliers, in Féodalité. Gallimard, 1996. Collection Quarto. p 1181. Première publication : 1981.
« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. » (Matthieu 25, 40)

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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar papillon » sam. 19 juin 2010, 16:18

Voici ce qu'on peut trouver dans l'encyclopédie libre, à considérer bien évidemment avec les réserves d'usage :
Au Haut Moyen Âge, toute une série d’interdictions sont formulées par l’Église catholique, à l’égard des laïcs : les rapports sexuels sont interdits le jour, mais aussi de très nombreuses nuits, par pénitence, afin de se garder pur : la nuit qui précède les dimanches et jours de fêtes, celle qui précède les mercredis et vendredis, pendant les trois carêmes (quarante jours avant Pâques, Noël et la Sainte-Croix de septembre), ni pendant les menstruations, ni pendant les trois derniers mois de grossesse, ni quarante jours après l’accouchement. Il est également conseillé aux jeunes époux de ne pas avoir de rapports les trois premières nuits du mariage, l’idéal étant l’abstinence totale, même entre époux[3].

[3] Georges Duby. Le chevalier, la femme et le prêtre, chapitre Morale des prêtres, morale des chevaliers, in Féodalité. Gallimard, 1996. Collection Quarto. p 1181. Première publication : 1981.
<: Ben oui! "L'impureté" du sexe, évidemment, encore, encore et encore...

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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar Théophane » sam. 19 juin 2010, 20:16

Il semble que cela dénotait une vision très réductrice de la personne humaine. Il est sans doute préférable aujourd'hui de se référer aux enseignements de Jean-Paul II sur la sexualité.
Quant à l'abstinence totale entre époux, n'est-elle pas cause de nullité ?
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
Bienheureux Álvaro del Portillo (1914-1994)

zélie
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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar zélie » sam. 19 juin 2010, 22:36

Je vais dénoter mais tant pis. Je trouve que si on se pose la question de l'abstinence le dimanche, c'est l'occasion, (ou l'appel fugace de Dieu) de la pratiquer. Tout ce que l'on peut faire pour sanctifier le jour du Seigneur est bon à prendre, et rester serein, en prière, toute un journée, (ce qui n'empêche pas de se consacrer à sa famille) ce peut être une exprérience merveilleuse, même et surtout si cela demande un petit effort, qui peut aussi être vu comme un jeûne. Mais bon, ce n'est qu'un avis, chacun voit midi à sa porte.

La continence totale entre époux ne me semble pas non plus, en aucun cas, un motif valable pour invoquer une nullité. La continence totale peut être une grande preuve d'amour conjugal et de foi. Sincèrement, s'il y a amour et partage, il n'y a aucune raison de nullité. Maintenant on peut toujours me dire que la loi ne dit pas cela. Pas grave.

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Griffon
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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar Griffon » dim. 20 juin 2010, 13:06

Voici ce qu'on peut trouver dans l'encyclopédie libre, à considérer bien évidemment avec les réserves d'usage :
<: Ben oui! "L'impureté" du sexe, évidemment, encore, encore et encore...
Une chose est l'assistance aux femmes qui vivent difficilement et l'appétit sexuel de leur conjoint et la multiplication des grossesses, autre chose est la manière de justifier la mesure préconisée.

Il faut se rendre compte de l'impulsion qu'a donné l'Eglise (à la suite du Christ), à la libération de la femme de l'emprise masculine, et au fait de la considérer comme une enfant de Dieu à part entière en respectant sa liberté.

On voit la même influence libératrice de l'Eglise sur le plan social. Elle multiplie les fêtes d'obligation en offrant ainsi des jours de congé obligatoire qui permet au peuple le repos et un espace pour leur vie spirituelle.

Chère Papillon,

A l'heure actuelle, cette justification peut vous heurter, mais je pense que vos consoeurs d'alors étaient bien soulagées de ces "jours de congé".

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.

zélie
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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar zélie » dim. 20 juin 2010, 15:18

Il faut se rendre compte de l'impulsion qu'a donné l'Eglise (à la suite du Christ), à la libération de la femme de l'emprise masculine, et au fait de la considérer comme une enfant de Dieu à part entière en respectant sa liberté.
Oui, tout à fait, je trouve que c'est exactement dans la ligne évangélique: la femme et l'homme ont comme premier devoir d'être attaché à Dieu plus qu'à tout autre "personne", fut-ce leurs enfants. C'est à dire qu'ils sont créés pour aimer à l'image de Dieu, et pour être imprégnés en acte et en pensée dans une recherche spirituelle permanente, au plus près de Dieu. En placant la femme hors de portée de l'homme, deux buts sont poursuivis:
-la femme est l'égale de l'homme, créature libre créée pour honorer Dieu d'abord, à l'image de Marie vis à vis de son mari, qui d'un saint en a fait un ange,
-par la réflexion que cela peut déclencher chez un homme, l'homme peut se rendre compte qu'il vaut bien mieux et et capable de bien plus que de n'être qu'actes sur actes dictés par des habitudes; la position de la compagne au yeux de la religion peut lui servir de tremplin vers sa propre sainteté.
ET vice-versa, car il existe aussi des tas d'hommes plus saints que leur compagne.

Je trouve cet extrait issu du moyen-âge très beau et très à propos pour son époque, et même, je trouve aussi qu'il ne devrait pas ête démodé de nos jours!

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Griffon
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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar Griffon » dim. 20 juin 2010, 15:28

Pas grave si personne est d'accord.
Je vous prends au mot, Zélie.

En fait, je suis d'accord avec tout votre propos, sauf en ce qui concerne l'abstinence sexuelle du dimanche.
Il y a tant de jours dans la semaine... Et pour une abstinence sexuelle, le vendredi me semble bien plus approprié.

Le dimanche est le jour de Dieu, le jour de l'Amour.
Il me semble que ce jour-là précisément, une relation sexuelle, ordonnée dans le plan de Dieu, est une excellente manière de louer le Seigneur et de le glorifier, surtout en cas de conception. Mais même sans cela.

Mais, je suis tout à fait d'accord que vous ne soyez pas d'accord avec moi ! ;)

Mes hommages,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
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O Jésus, pour Te suivre.

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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar papillon » dim. 20 juin 2010, 16:32

Une chose est l'assistance aux femmes qui vivent difficilement et l'appétit sexuel de leur conjoint et la multiplication des grossesses, autre chose est la manière de justifier la mesure préconisée.

Il faut se rendre compte de l'impulsion qu'a donné l'Eglise (à la suite du Christ), à la libération de la femme de l'emprise masculine, et au fait de la considérer comme une enfant de Dieu à part entière en respectant sa liberté.

Cordialement,

Griffon.
Bonjour Griffon,
je ne peux juger de ce qui se passait vraiment au Haut Moyen Age, évidemment, et si l'intention de l'Église était alors vraiment d'aider les femmes, grand bien leur fasse. Je lève mon verre au repos des femmes!
Mais c'est à n'y rien comprendre. Dites-moi, combien y a-t-il de "catholicismes"? Parce que celui que j'ai connu ne correspond en rien à ce que vous me décrivez de celui du Haut Moyen Age et même vous et moi, qui sommes à peu près du même âge, ne semblons pas avoir vécu dans le même monde.

Ce que j'ai connu du catholicisme et du sexe, c'est ceci:
(je ne dis pas que c'est la position de l'Eglise actuellement, mais c'est le catholicisme dans lequel j'ai 'baigné' et grandi)

-le corps est impur et source de péché et de souillure. La chair est faible et il faut s'en méfier en tout temps.
Ne jamais être totalement nu, sauf pour prendre son bain évidemment, mais fallait faire ça vite.
Pour s'habiller et se déshabiller, on procédait par 'étapes' : on enlève le chemisier, puis on enfile le haut du pyjama.
Ensuite seulement, on enlève les vêtements du 'bas' pour vite enfiler le pantalon du pyjama.
Le truc était de ne jamais être totalement dénudé et surtout ne pas se regarder, ça c'était terriblement "pas bien", à tel point qu'on en arrivait à se demander pourquoi le Seigneur, qui est en principe bonté et amour, nous avait donné ce corps qu'il détestait.

-le sexe et la procréation. La jouissance du sexe (dans le mariage) n'était pas condamné puisque, n'en déplaise, c'est évidemment ça qui nous pousse à faire des "petits" mais en fait on n'en parlait tout simplement pas, comme si ça n'existait pas, car cet aspect le l'amour était tabou. Et bien des femmes l'ont payé très cher en mettant au monde, hors du mariage, le fruit du péché, dans la honte, qu'elles ont dû abandonner pour préserver l'honneur familial.
Lisette se souvient.
Lisette a rencontré son homme il y a 57 ans. Ils se sont aimés et promis de s'unir dans le mariage. Lisette s'est trouvée enceinte. Catastrophe! La honte du plaisir! Un mariage précipité aurait éveillé les soupçons. Pas question non plus de se marier avec un gros ventre. Le très catholique papa de Lisette (et en fait toute la société très catholique qu'était le Québec à cette époque) avait un sérieux problème avec ce bébé. Fallait le mettre au monde dans le secret, le cacher, et se marier plus tard comme si de rien n'était. Ainsi fut fait. Lisette, le coeur brisé, a laissé son fils aux religieuses de la Miséricorde comme il était coutume à l'époque. A moins de fuir au loin, une femme ne pouvait s'opposer à cette pression de la famille, de la société, de la bonne morale religieuse.
Lisette avait dit naïvement aux religieuses: "Nous nous marions bientôt et nous viendrons le chercher!"
A trois reprises, après leur mariage, Lisette et Laurent sont descendus des Hautes Laurentides jusqu'à Montréal avec quelques dollars en poches pour retrouver leur fils (c'était tout un voyage à l'époque..). On leur a dit qu'il était décédé. Lisette n'en a rien crû. Elle avait mis au monde au gros garçon en parfaite santé. Mais après s'être obstinés, ils ont finalement dû renoncer.
Lisette et Laurent se sont aimés pendant plus de 50 ans et ont eu cinq autres enfants. Elle n'a jamais oublié son aîné.
Que voulez-vous, m'a-t-elle dit, la religion c'était comme ça dans ce temps-là...

Ce printemps, il y a quelques semaines, Lisette a reçu un appel d'une organisation qui retrace les parents biologiques à la demande d'enfants adoptés ou vice-versa. Quelqu'un les cherchait, son mari et elle, depuis si longtemps.
Lisette a retrouvé son fils. Joie et souffrance! Joie de retrouver ce fils qui ressemble tant à son Laurent, joie d'apprendre qu'il a eu de bons parents, souffrance de prendre dans ses bras ce fils et de ressentir qu'il n'est pas tout à fait le sien , car il a été éduqué et aimé par une autre maman. Souffrance que Laurent ait raté les retrouvailles. Laurent est décédé ce printemps, un peu avant le retour de son fils. J'ai déjà parlé de Laurent sur ce forum, dans la section 'prières' je crois. J'avais titré mon envoi "Le respect de la vie...et de la mort".

Voilà pour le péché de la chair et le sexe "sale".
Beaucoup de femmes d'une époque pas si lointaine peuvent vous raconter ce genre d'histoire.


Pour ce qui est maintenant du sexe respectable, à l'intérieur des liens sacrés du mariage, ce que j'en ai connu de ma mère, mes tantes, des témoignages d'autres femmes de ces générations diffère aussi beaucoup de ce que vous écrivez, Griffon.
Il était impératif, ici au Québec, de faire des enfants et d'en faire beaucoup. Était-ce à cause de notre situation minoritaire, à l'intérieur du Canada, en tant que francophones catholiques (la revanche des berceaux) ? Etait-ce pour donner des enfants catholiques à l'Eglise? Je ne ne sais pas exactement mais nos vies baignaient dans la religion (je ne sais pas si vous réalisez à quel point, si c'était pareil chez vous) et Monsieur le curé nous le rappelait constamment: il ne fallait en aucun cas "empêcher la famille". De sorte que les familles de douze, quinze et même 20 enfants n'étaient pas rares.
Il y a bien eu Réjane, petite femme délicate, comme on dit chez nous "bâtie sur un frame de chat" qui en a eu cinq de peine et de misère, et dont le dernier a failli la tuer.
Après ce dernier accouchement, le médecin lui a dit: "vous avez fait votre part, madame, ça suffit maintenant."
Réjane et A. , son mari, sont allés bras dessus bras dessous voir le curé pou lui demander une "dispense" <:
"Pardon, m'sieur le curé, ma femme est bien fatiguée, est-ce qu'on peut arrêter de faire des enfants?" <: <:
Après un moment solennel de réflexion, où il a probablement demandé l'aide de l'Esprit-Saint, le curé leur a répondu qu'il leur accordait cette dispense mais pour un an ou deux seulement. <: <: <:
Réjane et A. sont retournés à la maison, accablés par le poids de la vie que "Dieu" leur imposait.
Ils se sont regardés, ont décidé de réfléchir par eux-mêmes. A. ne voulait pas perdre sa femme. Réjane ne voulait pas priver de leur mère les cinq enfants qu'elle avait déjà mis au monde. Ils ont envoyé paître monsieur le curé et la famille s'est arrêtée là, au prix d'une inévitable culpabilité.
Cette histoire, je ne l'invente pas. Réjane , une vieille dame de 80 ans à l'allure très digne me l'a racontée avec encore une trace de colère dans les yeux. Colère contre elle-même aussi, sans doute, d'avoir laissé si longtemps des hommes de Dieu diriger sa vie jusque dans son lit.
Il y a aussi eu ma tante Claire, qui a réussi à mettre au monde 4 enfants au travers de nombreuses fausses couches.
Le prêtre de la paroisse lui a un jour demandé de se justifier de n'être pas de nouveau enceinte alors que son p'tit dernier allait sur ses 3 ans. Je ne sais si cela lui a été demandé dans le cadre d'une confession ou lors d'une visite paroissiale. Ma mère en a un jour parlé avec indignation, puis, en bonne catholique, elle a baissé les yeux sur son ouvrage et s'est tue.
Les a-t-on baissé, les yeux! Devant monsieur l'abbé, monsieur le curé, mère supérieure. Je ne sais si vous avez déjà réussi à voir un entretien qui vaille avec qui que ce soit en regardant vos souliers. Moi pas, mais c'est une autre histoire.

Des expériences de vie comme celles que je viens de relater ne sont pas des exceptions chez les générations qui nous ont précédés. On peut en sortir à la tonne.
Je vous invite cordialement, Griffon, à aller expliquer à Lisette, Réjane, Claire et toutes les autres que l'Eglise a donné l'impulsion à la libération de la femme de l'emprise masculine[...] en respectant sa liberté.
Elles en seront fort aise, mais je suis pas sûre que vous serez bien reçu. C'est un peu tard pour elles.
Plusieurs s'expliquent mal la désaffection des Québecois à l'égard de la religion.
C'est sans doute que la devise du Québec est "Je me souviens" .

zélie
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Re: Abstinence sexuelle

Message non lupar zélie » dim. 20 juin 2010, 17:13

J'ai l'impression qu'on a ici deux histoires qui ne font qu'être en parallèle: celle du message de l'Eglise, de son apport à la société au travers des siècles, et celle d'un cas particulier, un pays en butte à des impératifs (le Québec, de par sa taille, son climat et son histoire, ce n'est pas n'importe quel pays), des traditions, des problèmes, et une recherche de solutions qui ont fini par donner une image de l'Eglise assez rétrograde; et je ne nie pas que son clergé n'y soit pour rien. Je comprends tout à fait votre indignation Papillon, mais même si vous parlez d'une date contemporaine, ce que vous décrivez est-il toujours de fait aujourd'hui? Je veux dire, le clergé réagirait-il toujours ainsi aujourd'hui devant la santé d'une femme ou le sort d'un enfant ? Exige-t-on encore des femmes des maternités au risque de tout le reste? (J'ai l'impression que vous parlez de la France d'il y a plus de 100 ans, encore que pour les enfants hors mariage, la culpabilité a perduré jusque dans les années 60.)

Ceci dit, je comprends tout à fait qu'étant témoin de souffrances, -et quelles souffrances!-, vous en ayez gardé des sentiments indignés, et que cela influe, comme pour tout un chacun, sur votre position sur un problème qui se voulait au départ bien plus général. Chaque point de vue compte dans un débat.

Eh bien ce soir je penserai à ces familles dont vous nous avez retracé le parcours. Qu'outre leurs déchirements, qu'ils puissent en arriver à distinguer la perfection d'un message de l'imperfection des hommes chargés de ce message, et d'une société toute entière, et que forts de leur réflexion, ils se jettent dans les bras si aimants de Marie.


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