Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

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petite fleur
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Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar petite fleur » mer. 08 juil. 2009, 23:25

Je suis nouvelle sur le Forum et sur ce site.
J'ai besoin de vos prières et de vos conseils.
J'ai 35 ans et je suis mariée et mère de trois enfants.
La seule ombre au tableau est que je suis sous l'emprise de ma pauvre mère manipulatrice et destructrice.
Mon père est terrifié par elle (elle le frappe régulièrement) et a perdu toute sa personnalité.
Hélas, elle me désole, tout n'est que mensonges, jalousies, séductions, attrait pour l'argent, égocentrisme,calomnies faire passer le mal pour le bien...Mais le pire, c'est qu'elle me terrifie et je suis sous son emprise et lui dit tout ce qu'elle veut entendre: qu'elle est formidale, que j'ai besoin d'elle et je la plainds sans arrêt.
C'est pire que la prison. Je n'ose pas partir vivre à plus de quelques kms d'elle avec ma famille, car elle me dit qu'elle en mourrait, je ne peux pas passer des vacances sans elle, et ne peux répondre à ses sms tous les jours sous peine d'être harcelée et culpabilisée avec violence.
Elle croit que nous sommes très proches, mais je suis sous sa coupe.
Elle va à la messe et fait partie des END mais ne prie pas. Quand elle se plaint et que je lui dis de prier, elle rentre très en colère et me dis que je l'ennuie avec mes prières.
Le pire de tout, c'est que ses parents lui avaient présenté un jeune prêtre il y a 35 ans, pour la soutenir. Mais elle a réussit à le manipuler et ont commencé à entretenir des relations malseines: le voir chez lui tous les jeudi toute la journée, partir en vacances avec lui, il lui massait la tête et le ventre (car elle est hypocondriaque), et lui offrait tous les cadeaux qu'elle demandait. Sous le regard vide de mon père.
Son frère et sa soeur se sont mis à la haïr de façon terrifiante, et s'en sont rendus malades (son frère en est mort).
Mon mari ne la supporte pas et ne comprends pas que je sois sous son emprise.
J'aime ma mère mais je prie le Seigneur de m'aider à retrouver ma liberté. Cette situation m'opresse et risque de nuire à ma famille.Je souffre déjà de Boulimie, qui m'affaiblit physiquement.
Ce fardeau est trôp lourd pour moi.
Aidez-moi par vos conseils et vos prières.
"Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie."
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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar zélie » jeu. 09 juil. 2009, 12:52

Oui, prier, beaucoup, tranquillement, en paix avec soi-même, c'est la première chose à faire...
Anne-Cha, vous me faites penser à une mystique non encore reconnue (si j'en crois ce que je lis sur ce forum), Maria Valtorta (MV), qui avait une mère qui n'avait de mère que le nom tellement elle était encombrée de problèmes de personnalité. Jésus a toujours, systématiquement et avant toute chose, encouragé la fille, Maria, à prier et à souffrir pour sa mère, en lui expliquant qu'il s'agissait d'une âme extrêmement fruste, indigente, très infantile en fait, peu avancée spirituellement pourrait-on dire. Et que ces âmes-là, il n'y avait que la prière pour les tirer vers le haut. Maria a tout souffert sous la houlette de sa mère... Ceci juste pour vous faire comprendre l'état de l'âme éventuel de votre maman, surtout pas pour vous inciter à souffrir ce que MV a souffert, parce que pour MV, on est bien d'accord que la demande venait de Jésus, que cela en faisait un cas très particulier, que Jésus n'aime pas voir ses créatures souffrir, et que les saints et les mystiques sont des cas très particuliers, soumis à une souffrance rédemptrice dont on ne peut comprendre tous les aboutissants.
Comme vous dites prier pour que la situation s'arrange, je crois que c'est une excellente chose, d'abord, avant toute chose. Cela vous relie à Dieu et vous aide, vous arme, ne serait-ce que pour arriver à dépasser les sentiments de colère, de chagrin, de sidération, d'étouffement et même parfois de haine qui pourraient vous effleurer. Grâce à la prière vous arriverez à jeter sur votre mère un regard spirituel et à la voir comme une âme bien malade et bien malheureuse, et à lever la tête au-dessus d'une vision horizontale de votre situation. Voyez-vous, les mots de Saint Joseph, -élevons notre coeur et tournons-le vers le Seigneur- sont des mots d'une grande aide dans les moments d'épreuve, et c'est au coeur des épreuves justement qu'on réalise combien ils sont profonds et vrais.

A coté de la part spirituelle de votre analyse de la situation, vous avez compris que vous ne pouvez pas continuer à tenir comme ça sinon vous courez le risque de vous faire détruire, vous, mais aussi votre couple, voire vos enfants dès qu’ils sauront parler. Vous avez la chance d’avoir un mari qui semble voir clair dans le jeu malsain de votre maman ; certes j’imagine bien que vous avez déjà discuté du « cas » ensemble, mais il serait peut-être intéressant d’écouter son avis sur la question ? Il a peut-être son idée sur comment atténuer le problème en limitant la casse ? Déménager à quelques kilomètres de plus par exemple, et profiter du déménagement pour changer d’opérateur et faire durer les délais pour la remise en route du téléphone « officiel » ? Avoir deux téléphones, un « officiel », où les messages s’accumulent et saturent le répondeur, ce qui fait qu’on ne peut plus en laisser, et un pour les vrais amis ?
Vous avez peut-être aussi la chance d’avoir encore des frères et sœurs ? Comment s’en sortent-ils ? Peut-être à en discuter ensemble, pourriez-vous trouver, plutôt construire, une barrière à votre problème (ou avec votre tante)? Parce que je crois que vous avez déjà compris que devant ce genre de personne, il n’y a pas de solution toute faite, mais un équilibre à restaurer, et que cet équilibre est fait de contre-attaques, de parades, de choses qui peuvent paraître insignifiantes ou insurmontables mais qui une fois mises en place, se révèlent simples, efficaces, et moindres maux, même si le résultat n’est jamais idyllique, parfait, définitif, inébranlable. Il peut quand même cumuler solidité et efficacité.

Dans l’optique de la construction mentale qui vous permettrait de substituer votre famille à une influence trop prégnante de votre pauvre maman, si j’étais vous, j’irais voir un psychiatre. Je sais que ce conseil est toujours sujet à rejet parce que teinté péjorativement, mais ayant affaire au boulot à un monstre déshumanisé, je suis allée en voir un, et bien m’en a pris. Cela ne fait pas de moi une folle ou une personne faible, mais au contraire, cela me permet, séance après séance, de voir clairement dans le jeu de manipulation ; cela me rend plus forte parce que je mets une cadre et un nom sur les actes de la personne manipulatrice, et de ce fait j’apprends à réagir en conséquence ; l’expertise du médecin pour détecter, analyser, dénouer les actes de votre maman vous armerait fortement pour pouvoir ensuite agir en conséquence de façon nettement moins culpabilisante. Déménager par exemple, je comprends qu’au jour d’aujourd’hui vous avez peur des conséquences d’une tel acte, et que vous culpabiliseriez trop à le faire ; il se peut que le psychiatre vous fasse voir les choses autrement, ou vous propose d’autres portes de sorties. Les métiers, même psychiatre, font partie du plan de miséricorde de Dieu, pour que les hommes puissent s’entraider, et rejeter cela serait de l’orgueil.

Il y a aussi une chose, et si je tombe à coté, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop. Vous semblez bien réaliser à quel point votre pauvre maman, prisonnière comme elle l’est de sa personnalité, est construite sur la jouissance ; c’est un être de jouissance, de tout plaisir, et de tout caprice, de toute tyrannie. (Alors que les êtres plus dans la norme, comme vous et moi, sont habituellement des êtres de désir, et c’est cela qui nous pousse à agir, et in fine nous procure du plaisir). Et on peut agir sur cela, surtout à partir du moment où on comprend comment ça marche.
Ce qu’il faut réaliser chez les êtres tyranniques, manipulateurs, c’est qu’ils n’ont que la puissance manipulatrice qu’on leur donne, et que parfois, le temps aidant, la vieillesse et la dépendance venant, ces êtres inébranlables dans leur despotisme se calment, et s’éduquent enfin, et d’autant mieux qu’on les oublie, et d’autant mieux aussi, que sous couvert de travail et de priorité aux enfants, on leur oppose des « non » répétés, fermes, polis et indiscutables, même si pour eux cela signifie une rupture. Cette « rupture » dont ils vous font un chantage affectif, c’est du bluff, ça ne durera pas. Pourquoi ? Parce que le manipulateur joue un jeu où il n’y a aucune règle, ou plutôt où les règles changent sans cesse, au gré de son humeur et de son besoin. A coté de ce point fondamental, il y a les incompressibles points d’orgueil qui participent de la vitrine bien lisse que ces personnes composent pour la galerie ; pour certains ce sera l’honneur de la famille et les valeurs familiales, le bien des petits-enfants, ce genre de choses. Il faut le repérer et ensuite jouer dessus, gentiment, doucement, en leur en faisant voir l’intérêt supérieur ; « non, je ne peux pas venir, Théo a son entrainement de danse ou de musique et à la fin de l’année il passera son niveau ».

A coté de tout cela, ne jamais s’enfoncer dans une discussion : on ne discute jamais avec le diable, et d’autant plus qu’on n’a pas l’esprit de répartie, ou l’esprit lent. Ne donnez jamais votre parole, « non, je ne sais pas » est préférable à tout autre réponse, en attendant d’en avoir sainement discuté avec votre mari, même si pour une telle indécision vous vous faites traiter de « bonne à rien ». J’ai grandi en croyant que je portais le nom d’une casserole tellement ma mère m’en a fait voir, et finalement ça va, j’ai fini par comprendre que Jésus m’a donné un nom très beau ! Ca m’a permis d’exploiter à fond les ressorts de la résistance passive, vous savez, quand on ne dit rien ou très peu, et qu’ensuite, on n’en fait qu’à sa tête, et encore, que ce que l’on veut bien faire… Et le truc amusant, c’est que la résistance passive, pour faire tourner chèvre quelqu’un, il n’y a pas mieux, même ses propres ados quand ils cherchent l’affrontement !

Sinon, votre oncle ne serait-il pas mort d’un cancer par hasard ? Et que signifie END ? J’espère de tout cœur que le curé en question est parti fissa se faire muter ailleurs, mais la personne qui me serre le plus le cœur à vous lire , c’est votre pauvre papa ; sans humour aucun, il est vraiment en train de gagner son auréole et sa place au Ciel… Que dire devant une telle souffrance qui ne peut espérer d’autre délivrance que la mort ? N’y a-t-il pas des choses que vous pourriez faire pour lui ? Lui apprendre la prière et la résistance passive par exemple…

En union de prières, pour votre famille, et que Dieu Notre Père vous protège,

Zélie

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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar coeurderoy » jeu. 09 juil. 2009, 14:35

Bonjour Anne !
essayez vraiment de vous éloigner : ce cas ressemble comme deux gouttes d'eau à celui... de ma belle-mère. Ces personnalités perverses (au sens médical du terme) vampirisent tout, détruisent, calomnient, manipulent. Ne cédez pas au chantage affectif : protégez-vous, ainsi que votre famille, sachez la remettre à sa place, être franche, voire cassante : c'est un service à lui rendre. Ma belle mère a détruit son époux, s'est acharnée sur moi, s'est coupée de ses frères et soeurs qu'elle a gravement blessés, s'ingénie à culpabiliser et inquiéter mon épouse. Votre mari doit comprendre où sont les priorités pour vous. Ne soyez pas faible : l'aimer vraiment c'est la mettre face à ses responsabilités : on ne peut accorder le pardon qu'à ceux qui, reconnaissant leurs fautes le demandent...Mais lorsque le trouble est vraiment pathologique et que la personne est terriblement "nocive" pour son environnement familial, il faut savoir couper les ponts et trouver des aides et relais extérieurs à la famille.
Bon courage et..toute ma compassion !
Gilles
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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar Cgs » jeu. 09 juil. 2009, 17:55

Bonjour Anne,

En union de prières avec vous, ayant connu parmi mes proches une situation similaire. Votre mère est dans un schéma destructeur, fondé sur la manipulation, le mensonge et le chantage. C'est toujours facile à dire, mais faites vous aider au maximum pour briser ce cercle dans lequel votre mère vous enferme. ce sera très douloureux, mais à terme, cela peut payer.

Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.

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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar Zvjezdana62 » jeu. 09 juil. 2009, 19:57

Bonjour Anne!

Vous devrait vous sortir d'une situation pareille parce que ça vous mine vous-même, peut nuire au votre mariage et aussi un jour aux vos enfants. Ayant seulement 35 ans je suppose que vos enfants sont encore petits mais un jour, étant donné que votre mère ne s'arrête seulement avec vous mais le fait aussi avec toute sa famille, et même avec des personnes qui ne font pas part de famille (ce prêtre par exemple) un jour elle commencera à faire les mêmes choses à eux aussi.

En union de prières avec vous.
"Invoque-moi, je te répondrai, je te révélerai de grandes choses, des choses inaccessibles que tu ne connais pas."

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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar coeurderoy » jeu. 09 juil. 2009, 20:26

Un mot : ce type de situation est déchirant (il s'agit de la famille !). Comme le démon, un être pervers (malade) utilise la parole de Dieu pour nous perturber "tu honoreras ton père et ta mère" par ex. Or votre devoir d'état, votre priorité c'est votre mari, vos enfants. Un ex. : ma belle -mère refuse de considérer que je fais partie de la famille j'ai "volé" sa fille qui aurait dû rester célibataire (pour soigner son frère schizophrène). Nous avons été dupes plus de quinze ans, tentant de mettre beaucoup de bonne volonté, arrondissant les angles, aidant comme nous l'avons pu mon beau-frère : échecs sur tous les plans. Un être qui ne sait pas aimer dans le don est tragique, dangereux, inquiétant. Dans le cas que j'évoque il y a des pathologies (familiales) aggravées par la crise de l'Eglise : ma belle-mère, par ex. nous considère schismatiques et hérétiques (elle ne reconnaît pas Benoît XVI comme pape...) mais bien avant la crise de l'Eglise, jeune fille, elle était tout aussi dure, intolérante (et orgueilleuse d'après le témoignage de ses frères et soeurs). Mes enfants ont été très perturbés à chaque fois qu'ils sont allés passer des vacances chez leurs grands-parents (critiques de leurs parents, scènes violentes, délires sur l'Eglise...). Nous avons jugé l'arbre aux fruits qu'il donnait, pris du large, réduit les rapports au minimum (c'est douloureux mais parfois nécessaire), ce qui ne nous empêche pas de prier pour tous les membres de notre famille et de présenter notre souffrance lors de l'offertoire de la Messe par ex.
Ne soyez pas lâche, rebiffez vous : on m'a dit, par ex. que je n'étais pas le père de mes enfants mais un simple géniteur : vous voyez où cela va, rapport à l'argent : idem que dans votre cas (égoïsme, obsession) : cela est maladif et vous devez vous aimer assez pour fréquenter des gens qui vous aiment en vérité, de façon désinteressée, oblative et non captative !
Bien cordialement !
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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar zélie » jeu. 09 juil. 2009, 21:08

Autant CoeurdeRoy a raison, il faut savoir couper les ponts pour préserver sa famille, autant je comprends que cela soit difficile voire inenvisageable pour certains; c'est toujours infiniment dur de ne plus revoir sa maman, même -et surtout- si on la sait mentalement dérangée. Je sais que pour moi ça aurait été trop dur (mais ma maman n'était qu'un tantinet pénible, pas vraiment ni garce ni peste, parce qu'elle est passée par de la maltraitance et qu'elle en est restée blessée, encore plus dans son orgueil que dans tout le reste), et je comprends tout à fait que pour Anne-Cha, se soit si dur d'avoir à faire ce genre de choix...

Mais CoeurdeRoy ce que vous dites de votre belle-maman m'intéresse, parce que cela corrobore certaines de mes observations; pourriez-vous, simplement, décrire le caractère initial de la personne de votre famille qui est destructrice, et expliquer quels sont les avatars qui l'ont encore plus poussée à être d'une pénibilité hors normes?
MAis ce n'est bien sûr pas une obligation...


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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar petite fleur » ven. 10 juil. 2009, 9:17

Me revoilà, j'ai eu un problème de connection.

Zélie, savez-vous si la mère de Maria Valtorta a été convertie ? Je ne suis certes pas une mystique mais cette histoire est pleine d'espérance.
Enfant, j'avais une Foi très grande, et il m'est arrivé à plusieurs reprises des choses incroyables.Je pensais très fort à cette parole du christ qui nous a dit qu'avec la Foi nous pouvions soulever des montagnes, et je lui disais " je sais que tu vas le faire pour moi", alors j'étais éxaucée.
Petite, ma mère m'ignorait, et bizzarement, je n'en ai pas souffert.
A l'arrivée de l'adolescence où j'ai vu le mal qu'elle faisait et quand elle a commencé à avoir cette emprise sur moi, le doute s'est installé en moi et ma Foi en a été ébranlée.
Mais j'ai cette immense espérance que je serai délivrée, renforcée par l'Esprit Saint.
Mon mari, ne comprends pas cette peur que j'ai de ma Mère, et pense que couper les ponts, ce serait une fuite, que je dois arriver à poser des limites.
J'ai une soeur, qui a réussi à mettre des distances entre elle et ma mère. Mais ma mère, pour se venger, lui a clairement affirmé que j'étais sa préférée, et ma soeur est hélas, jalouse de moi, donc les contacts ne sont pas simples.
Mon oncle certes avait eu une leucémie, dont il a guéri et était fragile. Mais il avait été isolé par ma Mère et était très seul. Je le voyais une fois par an en cachette.
Ma tante ne crois plus en rien et dès que je la vois, elle me dis que je devrais avoir honte d'avoir un monstre comme mère.

Votre conseil de voir un thérapeute est très bon, et ne me pose aucun problème, je suis infirmière moi-même.
Mais la seule fois que j'ai vu quelqun, il voulait exiger de moi que j'aie des sentiments de haine contre ma mère et qu'ensuite je l'efface de mon coeur et m'affirmait qu'elle ne méritait aucun amour de ma part.Il n'était pas croyant. Hors, comment parler de ce problème sans la dimension spirituelle?
Je n'y suis jamais retourné. Car si je veux être libérée de l'emprise de ma mère, c'est aussi pour pouvoir l'aimer en vérité et prier de tout mon coeur pour elle. Comment pourrais-je haïr un être humain qui a été voulu par Dieu et est aimé de Dieu?
Je ne sais pas où trouver un psychiatre chrétien.

Actuellement, je suis sous son emprise oui et non, je dirais.Oui, car j'en ai peur et je lui dis tout ce qu'elle veut entendre. Non, car je suis consciente de ce qu'elle est, je ne crois à aucun mensonge et aucune calomnies de sa part.
Les END: ce sont les équipes Notre Dame.Mes parents doivent faire parfois des commentaires de l'évangile ou écrire des prières pour leur groupe. C'est mon père qui les écrit et ma mère qui les lit, et fait croire, que c'est elle qui les a écrits.
La seule fois où j'ai réussi à avoir mon père seul au téléphone car ma mère était sortie,je lui ai conseillé de vivre séparé physiquement de ma mère, biensur dans l'amour et la fidelité. Mais le fait même que je lui parle de ce sujet le terrifiait.

Gilles, je sais que je dois me protéger et prendre de la distance, mais je n'en ai pas le courage et là est mon problème.
Seul l'Esprit Saint peut me donner cette force nécessaire.
Je rends gloire au Seigneur pour son soutien dans cette épreuve et pour les choses merveilleuses qu'il va accomplir pour nous.

Je le remercie de m'avoir fait trouver ce forum catholique alors que je priais dans mes recherches sur internet.
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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar Invité » sam. 11 juil. 2009, 1:10

Zélie, savez-vous si la mère de Maria Valtorta a été convertie ? Je ne suis certes pas une mystique mais cette histoire est pleine d'espérance.
Non, elle n'a pas été convertie de son vivant. Mais après sa mort, elle est apparue au moins deux fois à sa fille et s'est montrée contente et soulagée que sa fille ait compris malgré la maltraitance qu'elle lui avait infligée sans répit l'indigence de son âme, et que même après sa mort et sans espoir d'un seul regard d'amour, Maria ait continué à prier pour l'âme maternelle. Tout en en étant marquée, MV a réussi à passer au-dessus d'une telle épreuve, parce que cette épreuve lui avait été prophétisée par Jésus. La maman signalait en outre que l'abnégation de sa fille avait aidé à sa rédemption.
Je tiens quand même par honnêteté envers vous à vous signaler ce que j'ai appris sur le forum: à savoir que les écrits de MV, étant récents (50 ans d'existence), leur approbation officielle par l'église n'est pas établie, bien que certains papes y aient été favorables (j'ai cru comprendre que la tendance actuelle était au contraire à la réserve); donc il se peut que dans un siècle la mystique soit reconnue, comme pas du tout!
Mais si c'est vrai que l'histoire est porteuse d'une grande espérance, je réïtère la réserve que c'était sûrement une épreuve spéciale, destinée à une sainte spéciale. Dans le cas normal comme vous et moi, Jésus ne nous demande pas de supporter une épreuve au-delà de nos forces et de nous complaire dans un dolorisme inopportun, ce serait une identification malheureuse et fondée sur l'orgueil.
Par contre, d'une façon plus certaine, Dieu Notre Père le premier souffre doublement votre peine; Il souffre avec vous vos déceptions et votre amour ainsi sans réponse, défiguré sous les caprices sans amour de votre maman, mais il souffre aussi pour l'âme de votre maman, en la voyant si peu disposée à la grâce et aux vertus. En priant pour votre soulagement, vous priez aussi pour l'âme de votre maman, et grâces vous en soient rendues, car ainsi vous consolez Dieu Notre Papa de sa peine sûrement aussi infinie que l'Amour qu'il a pour toutes les deux. Vous avez bien raison quand vous dites penser aussi que votre maman est aimée et voulue par Dieu autant que toute autre âme, c'est très courageux de votre part, surtout sachant ce que vous subissez.
Je ne sais pas où trouver un psychiatre chrétien.
Oui, effectivement, ce genre de chose arrive. Pour ma part, je me suis fiée à mon médecin traitant, même si j’étais persuadée de tout savoir mieux que lui, et bien m’en a pris, il m’a donné deux adresses et je suis bien tombée. La prière est dans ce cas une aide puissante pour favoriser l’intervention divine et nous guider sur la bonne personne. Au premier rendez-vous, j’ai bien précisé que j’étais très croyante et que j’entendais que cela soit respecté, et que j’étais là aussi pour comprendre la personne retorse que j’avais en face de moi, pas pour qu’on me change et qu’on me fasse culpabiliser, ma construction mentale, même bancale, me va très bien -manquerait plus que ça, que ce soit moi qui change alors que c’est la personne en face qui est tordue !- . Ce fut entendu, et du coup, ça marche.
Mon mari, ne comprends pas cette peur que j'ai de ma Mère, et pense que couper les ponts, ce serait une fuite, que je dois arriver à poser des limites.
J'ai une soeur, qui a réussi à mettre des distances entre elle et ma mère. Mais ma mère, pour se venger, lui a clairement affirmé que j'étais sa préférée, et ma soeur est hélas, jalouse de moi, donc les contacts ne sont pas simples.

Votre mari a un rôle de protection à jouer, et il se peut qu’il ait plus d’idées si vous lui laissez la parole ; le discours général c’est bien, mais la petite astuce au quotidien pour vous aiguiller hors du champ de votre maman, c’est cela le secret de l’efficacité. Laissez-le répondre à votre place de temps en temps, laissez-le lui dire au téléphone que vous n’êtes pas là, ou occupée, et faire reculer gentiment mais fermement votre maman.
Quant à votre sœur, elle souffre parce que votre maman divise pour mieux régner, et cela durera tant que vous ne reformerez pas avec elle une complicité forte ; en face d’un manipulateur, il faut que tout le monde soit d’accord et parle d’une seule voix, disant toujours la même chose et s’y tenant.
Mais son courage est remarquable, parce qu’il n’y a rien de plus chagrinant pour une fille habituée à se résigner à l’autoritarisme de sa mère que de rompre ce lien mère-fille, pathologique ici, certes, mais néanmoins aussi vital et fusionnel que tout autre lien mère-fille ; et c’est un lien très très fort, un de ces liens qui font cruellement sentir leur absence sur l’enthousiasme à vivre d’une fille quand sa maman la boude. J’ai connu cela, et si maintenant j’ai la chance d’avoir retourné la situation parce qu’avec la vieillesse mon colonel de mère est devenue de force moins chameau, ce n’en reste pas moins une personnalité égocentrée et bien coquine (mais la mienne a bon fond, et elle a quand même fait de beaux efforts sur elle-même) ! En même temps, si ce lien doit se distendre pour vous protéger, c’est juste d’y penser, mais je conçois aisément que le rompre vous soit inenvisageable pour vous et votre sœur. D’autant que tant qu’elle est en vie, votre devoir chrétien est de lui prêter écoute, respect et assistance, au moins un minimum.
La seule fois où j'ai réussi à avoir mon père seul au téléphone car ma mère était sortie, je lui ai conseillé de vivre séparé physiquement de ma mère, bien sûr dans l'amour et la fidélité. Mais le fait même que je lui parle de ce sujet le terrifiait.
Pauvre papa… Le mien, comme mon grand-père et d’autres avant lui, est un champion de la résistance passive, et en plus, il a su développer des activités obligatoires hors de la maison et de la présence de ma mère. Le vôtre ne peut-il pas envisager quelque échappatoire que ce soit ? Est-il à la retraite ?
Seul l'Esprit Saint peut me donner cette force nécessaire.
Je rends gloire au Seigneur pour son soutien dans cette épreuve et pour les choses merveilleuses qu'il va accomplir pour nous.

Que votre foi vous revienne au centuple, et que Dieu bénisse votre famille. Pensez que rien n’est perdu, pas une larme, pas un seul soupir, pas une seule insomnie, pas une seule lèvre mordue d’hésitation, pas un seul sentiment de sidération ou d’angoisse, et que tout est déposé par votre ange aux pieds de Jésus et tout, absolument tout sert à l’édification de l’âme de votre maman. Vous avez raison d’avoir une grande foi, car l’histoire n’est pas encore finie, et parfois c’est quand on pense que tout est joué, que plus rien n’arrivera sauf la mort sans repentir, qu’une cascade d’événements ont lieu, ou que quelque chose se passe, ne serait-ce qu’une maladie, qu’un panaris, mais que ce soit justement cela qui déclenche une prise de conscience bénéfique de la personne autoritaire.

En union de prières aux pieds de Notre Seigneur Jésus,
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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar coeurderoy » sam. 11 juil. 2009, 7:44

Autant CoeurdeRoy a raison, il faut savoir couper les ponts pour préserver sa famille, autant je comprends que cela soit difficile voire inenvisageable pour certains; c'est toujours infiniment dur de ne plus revoir sa maman, même -et surtout- si on la sait mentalement dérangée. Je sais que pour moi ça aurait été trop dur (mais ma maman n'était qu'un tantinet pénible, pas vraiment ni garce ni peste, parce qu'elle est passée par de la maltraitance et qu'elle en est restée blessée, encore plus dans son orgueil que dans tout le reste), et je comprends tout à fait que pour Anne-Cha, se soit si dur d'avoir à faire ce genre de choix...

Mais CoeurdeRoy ce que vous dites de votre belle-maman m'intéresse, parce que cela corrobore certaines de mes observations; pourriez-vous, simplement, décrire le caractère initial de la personne de votre famille qui est destructrice, et expliquer quels sont les avatars qui l'ont encore plus poussée à être d'une pénibilité hors normes?
MAis ce n'est bien sûr pas une obligation...


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Bonjour Zélie,
Je sais que, dans une vision chrétienne de la vie, nous avons tous à faire face à des croix plus ou moins lourdes, qu'il faut exercer la patience, supporter et tenter d'édifier nos persécuteurs...
Concernant "Bonne Maman" (elle désire qu'on la nomme ainsi...et j'avoue que ce "bonne"...) je sais que je peux "comprendre" ses troubles, vu son histoire familiale, mais ne puis admettre qu'elle tente délibérément de nuire et surtout ne reconnaisse jamais ses torts et n'ai jamais eu la volonté de demander pardon...
Ma belle-mère déteste "les hommes" en général (son père, que j'ai connu, un chrétien mort presque centenaire), ses frères (qui ont "réussi", alors qu'elle a épousé un divorcé remarié et a peut-être été mal vue des siens à cause de cela), les prêtres et évêques (tous schismatiques...) et moi-même bien sûr.
Une exception (notable), son fils (41 ans), né deux ans après mon épouse. Petit garçon intelligent, sensible sur lequel elle a exercé toute son emprise àpartir de l'adolescence...Mon beau-père est un être doux, effacé (trop), blessé par un premier mariage malheureux (dont il a eu une fille qu'il ne voit jamais...). Très dépressif, sans doute un peu veule, il a laissé son épouse exercer l'autorité, prendre toutes les décisions familiales, etc. A 15-16 ans, le frère de ma femme a commencé à montrer des troubles psychiatriques (incohérence, inadaptation au monde réel, violence, logghorée permanente) : les soins psychiatriques n'ont pas donné grand chose, ma belle-mère se méfiant par ailleurs de "la médecine officielle". La crise de l'Eglise "aidant" la famille a recherché des solutions d'ordre uniquement spirituel, vivant ce problème comme une épreuve , le jeune homme devenant, dans l'esprit de sa mère "une âme souffrante" expiant le péché des mauvais ( ce qui d'ailleurs est parfois le cas mais ici elle n'a fait qu'encourager sa pathologie, sa paresse et son orgueil, qui sont réels..).

Lorsque j'ai rencontré ma future femme, ce fut catastrophique : je dérangeais tous les projets : mon épouse est l'ainée et aurait dû servir "d'infirmière psy" à son frère Elle l'avait beaucoup aidé, l'hébergeant, lui trouvant divers emplois dans sa branche (qu'il laissa tomber n'étant pas soigné).
Mes beaux-parents refusèrent d'assister au mariage (le grand-père était présent en revanche).

Avec le premier enfant tout sembla s'apaiser : nous étions heureux de renouer des liens familiaux (mon épouse aime ses parents, son frère, et sa soeur, petite dernière âgée de 32 ans aujourd'hui).
Mais là encore le déséquilibre de deux personnes (ma belle-mère et son fils) nous causa bien des désagréments (euphémismes). Nous aurions dû le prendre chez nous (mes beaux-parents se sentant débordés...)... or nous connaissons sa violence, son désordre mental, invivables au bout de deux jours...

L'été, notre fiston a pu passer des vacances chez ses grands-parents (en bord de mer), mais j'ai mis du temps à comprendre qu'insidieusement on tentait de m'éliminer du paysage : récupérer "ses petits enfants" (un second étant né plus tard) en poussant mon épouse à divorcer était le but de la gentille bonne-maman..
De mauvais procédés (gendarmerie prévenue si nous n'allions pas les voir, "descente" à l'école où était scolarisé l'ainé - nous vivions à 350 kms !") nous ont ont poussés à couper, puis... à renouer (attitude relevant pour nous du pardon chrétien, de la compassion..). Et toujours le grain de sable qui gâchait tout, la parole blessante, le refus de voir nos efforts, et surtout le manque de respect vis-à-vis de nos enfants..
J'ai compris que cette dame était "croqueuse d'enfants" avait besoin de leur présence mais les "prenait" sans rien savoir donner, sans savoir aimer vraiment ! Sa personnalité est forte, tyrannique,passionnée. Je suis (je crois) un des seuls hommes de sa connaissance à savoir lui dire ses 4 vérités, la remettre à sa place, tenter de la secouer mais pour elle je suis...l'incarnation du démon !

Lors de son dernier séjour en Bretagne,mon fils (16 ans alors) a été agressé par son oncle violemment il s'est défendu en lui lançant une boule de bois que l'autre a reçue à la tête : petite bosse. A Noël mon fils est convoqué au tribunal pour enfants pour s'expliquer des faits, plainte ayant été déposée. Ma belle-mère avait trouvé ce procédé pour le revoir au moment des fêtes !
J'y suis allé, et la personne qui nous a reçus a conseillé à mon fils d'éviter de se retrouver dans ce type de situation qui risquerait à terme de lui nuire... Mais actuellement c'est moi "qui empêche mes enfants de voir leurs grands-parents"...

Au sein d'une famille de culture chrétienne ces relations sont, je dois dire, crucifiantes, désolantes : mon épouse (douce, naïve, de bonne volonté) a eu énormément de problèmes à construire sa féminité : enfant elle n'entendait que du mal des hommes en général...et vivait dans l'attente de la Fin des Temps ! Je reconnais en ce qui me concerne avoir été envahi de flots de haine, de dégoût envers la personne qui a tenté de me salir, de détruire notre famille de reconstituer "sa tribu", son clan.
Quant à ma belle-soeur,petite dernière choyée, "bâton de vieillesse" de sa mère, elle vit et pense comme elle, a raté ses études à cause d'elle, fait bourse commune avec maman, bref n'aura (?) jamais à connaître les affres de la masculine engeance...

On m'a fait comprendre que je n'étais que...l'étalon (géniteur) nécessaire (comme mon beau-père) : un mal obligé si on veut avoir la chance d'avoir des enfants : allez raisonner chrétiennement avec de tels arguments...
Bien cordialement !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar petite fleur » sam. 11 juil. 2009, 20:34

C'est drôle, ma mère aussi se fait appeller "Bonne Maman".

Parfois, je me demande si elle n'est pas possédée par un démon ou autre.

Ce qui est effrayant, c'est son attrait pour l'argent: après avoir manipulé 3 vieilles tantes célibataires pour avoir leur héritage(qu'elle a eu), elle a forcé mon père à faire un testament à son seul avantage au détriment de ses enfants.Peu m'importe l'argent, c'est le principe.
Enfant, je la voyais voler la nuit dans le portefeuille de mon père (bizzare, car il lui donnait ce qu'elle demandait).
A la mort de ma grand-Mère, elle a tout fait pour vendre la propriété de famille, dans la famille de puis 500 ans, pour laquelle mes grands parents avaient fait tant de sacrifices,et vendre tout ce qui était à l'intérieur (sans nous avoir proposé ne srait-ce qu'un livre).
Tout cela pour de l'argent.

Elle n'a pas de remords et fait passer le "mal" pour le "bien" constamment.

Parfois, je souhaite qu'elle aie un gros choc, maladie ou accident, non pour lui souhaiter du mal, mais parceque j'ai assez Foi en la Providence, pour qu'elle puisse mieux se reconstruire par la suite, dans le Pardon de Dieu.


En union dans la prière
Anne-Charlotte
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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar coeurderoy » sam. 11 juil. 2009, 22:22

Bonsoir Anne Cha,

oui, que de similitudes (y compris sur ce que vous m'apprenez), et nous aussi nous disons parfois que seul un choc (qui serait grâce !) permettrait que les écailles tombent de ses yeux, qu'elle pleure, comme, lors d'une confession, on verse enfin des larmes libératrices...Il me semble que ces personnalités (angoissées, profondément seules, ayant besoin de maîtriser, dominer, régir...) sont finalement vraiment à plaindre : croient-elles vraiment en ce que "l'autre" peut apporter ?
Défiance, surveillance, vision très pessimiste du monde...Cela produit des enfants angoissés, fermés aux autres, dénigrant la société, ayant des tendances jansénistes en matière de foi...La peur de manquer, l'obsession de l'argent, la captation en disent long : l'avoir est préféré à l'être...
Je suis convaincu que l'aspect pathologique (ils ne se rendent pas vraiment compte jusqu'où va le mal qu'ils font...) excuse (en partie) de tels comportements : c'est très difficile de rester bon, juste, fort : ma belle-mère sait d'instinct blesser "là où ça fait mal"...plus jeune j'entrais en conflit, répliquais : elle n'attendait que cela, ravie de m'engager sur un terrain qu'elle adore. Il me semble qu'il faut plutôt rester très calme, avoir une grande maîtrise de soi, mais c'est difficile de ne pas afficher mépris, dégoût...Comment vraiment aider les familles qui se sont enlisées dans de tels marécages ? Elle refuse toute médiation extérieure... Reste la confiance en la miséricorde divine, ce que nous pouvons offrir, lors de la Messe notamment, la prière...

Je vous recommande surtout de ne pas prendre pour argent comptant ce qu'elle peut dire de vous : croyez en vos qualités, votre valeur, votre bonne volonté et "clouez le bec" à l'accusateur, au père du mensonge (nous aussi nous sommes demandés si, malgré ses pratiques pieuses affichées et données en exemple (!) elle n'était pas possédée !) Triste d'en arriver là non ?

Pour un couple qui veut tenir, il est important en tout cas d'être d'accord sur l'essentiel, ne pas se laisser phagocyter, bien comprendre les priorités, protéger les enfants...

Bien cordialement, en union de prières !
Dernière édition par coeurderoy le dim. 12 juil. 2009, 10:10, édité 1 fois.
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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar zélie » sam. 11 juil. 2009, 23:14

Je suis tout à fait d'accord encore une fois avec les conseils de CoeurdeRoy, et je vous trouve tous deux, Gilles et Anne-Cha, bien sains et bien forts de voir en vos belles-mères des personnes avant tout malades, avant tout inconscientes, et donc avant tout à plaindre.

Lorsque j'ai posé ma question, et quand j'ai lu vos réponses, ce qui me saute aux yeux dans ce genre de personnalité manipulatrice c'est leur orgueil et leur psychorigidité; qu'elles aient souffert, manqué, oui, bien sûr, mais je ne peux m'empêcher de voir dans ces personnes la rencontre d'une souffrance et d'un terrain psychologique particulier.
Par exemple, en termes de souffrances dans l'enfance, si je parlais de mon père, orphelin/enfant presque "sauvage" pendant la guerre pour survivre, je ferais pleurer la France entière; mais malgré des choses inouïes, il est aujourd'hui un homme d'une rare valeur, et jamais l'ombre de la moindre vapeur de méchanceté ne pourrait l'effleurer; alors que ma maman, éprouvée certes aussi dans l'enfance mais bien moins, aurait pu avoir tendance à devenir comme vos belles-mamans, et on sent bien que son caractère n'aurait pas eu lourd à supporter pour devenir vraiment invivable... et cela m'interroge, pour arriver à comprendre ce que je vis au boulot.

Je comprends qu'on ne peut juger la souffrance de l'autre, parce que ce qui semble une montagne à celui qui souffre peut ne paraître que vent à celui qui n'en souffre pas, et il se pourrait bien qu'un jour nous soyons à notre tour terrassé par un rien à notre plus grande surprise, mais je ne peux me départir de l'orgueil comme base de la construction de la personnalité si particulière de nos proches qui nous font souffrir.


Je vous remercie tous deux de vos réponses à mes questions, elles auront eu l'avantage de réorienter ma réflexion de manière plus dépassionnée, et j'en avais bien besoin.


Je voudrais cependant vous renouveler encore tous mes encouragements Anne-Charlotte, quand j'ai lu la vente par votre maman d'un si beau patrimoine, qui a coûté tant d'efforts à tant de générations dans votre famille, ça m'a fait mal pour vous, parce que je suis sensible à tout ce qui est racines et transmission; cela a dû être un arrachement pour les générations après votre maman...

En union de prières, avec vous, j'espère vraiment de tout coeur qu'un chemin d'équilibre familial, qui vous protège sans aller jusqu'à diviser la famille, se dessinera pour vous.


Que Dieu vous protège et circonscrive votre maman dans ses bras puissants et aimants,

Zélie

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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar coeurderoy » dim. 12 juil. 2009, 8:29

Merci, zélie,
oui, à la réflexion, en comparant les enfances, les événements difficiles de la vie, ma belle-mère a eu "plus de chances" que mon père par exemple, ou ma grand-mère maternelle qui ont connu (suite à la guerre) une vie marquée de souffrances, la pauvreté à certains moments (voire la faim pendant l'"occupation...). C'étaient deux êtres profondéments bons, altruistes, blessés mais humbles...
Ma belle-mère "posait problème" déjà enfant à ses parents et n'en faisait qu'à sa tête...Il y a une part d'orgueil (à combattre évidemment) car lorsqu'une personnalité tyrannique ne rencontre plus personne capable de dire "Stop ! ça suffit", tout l'entourage est perturbé, se pliant à ses caprices et desiderata. Pour ma belle-mère par exemple, les "autres" sont au service de ses desseins personnels, ses plans, etc...Mon beau-père a aussi une part de responsabilité : faiblesse, manque de courage...
Il me semble (je pense à mon beau-frère, collé à maman et "pétant les plombs" depuis bientôt..30 ans), qu'outre le suivi "psy" une bonne direction spirituelle, la pratique constante des sacrements serait tout bénéfice pour ces êtres très blessés (et souvent dangereux hélas). Le hic est que l'orgueil leur cache totalement leur..nocivité !
Bon dimanche à vous !

pervers narcissiques : http://hirigoyen.free.fr/index2.htm
Dernière édition par coeurderoy le dim. 12 juil. 2009, 10:24, édité 1 fois.
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Re: Etre libérée d'une mère manipulatrice et destructrice

Message non lupar zélie » dim. 12 juil. 2009, 9:41

Oui, Coeurderoy, vous avez tellement raison pour ce qui est de la direction spirituelle... elle est éminemment bénéfique à des personnes ainsi faites.

Une fois que je demandais à ma maman d'où lui venait son si fort caractère (mais la mienne est une mère poule un peu chipie, pas plus, et ça a l'avantage qu'elle défend admirablement les siens), elle m'a expliqué que dans sa famille, ce genre de caractère à l'emporte-pièce se répétait de générations en générations. Sidérée devant cette révélation, où je voyais déjà dans ma petite tête de gaminette des générations familiales souffrir sous le joug colérique et autoritaire de certains, et où je me disais "oh la la, pourvu que mes enfants ne soient pas ainsi", je m'appliquais à étudier comment changer, atténuer un tel caractère, (pour le cas où je ferais des enfants semblables!)... je m'y suis largement cassée les dents, et rien n'y a fait. Mais deux choses ont fini par se faire jour:

d'abord, ma maman était femme de principes fermes, religieuse d'une certaine façon, et savait exactement pour quel camp elle jouait. Je me suis aperçue au fur et à mesure que petite elle avait été en avance sur les enfants de son âge, et qu'elle avait été très cabotine, rigolote, acrobate, autoritaire, têtue, orgueilleuse; en fait, mes grands-parents l'avait traitée un peu à la dure, la mettant sans détour devant les réalités de la vie, de la guerre, et exigeant d'elle une participation à toutes les manifestations religieuses; laudes, vêpres, prières à genoux, procession, et j'en passe des mots dont je ne connais même plus le sens; la soumission, l’obéissance à tout ce que disait le curé devait être absolue, et le cadrage à l'adolescence a été sacrément raide, mais la demoiselle, si elle en est sortie un peu rigide, en est sortie moulée d'honnêteté, de sérieux, et a fini par devenir un être responsable, maternel, protecteur, totalement acquis à la valeur infinie de la famille, fidèle, enfin, quelqu'un de pas mal du tout malgré ses travers. J’ai constamment l’impression d’être devant « un moindre mal », face à ce qu’elle aurait pu devenir s’il n’en avait pas été ainsi !

Ensuite, la vie lui a donné des belles occasions de s'améliorer; après une période de toute-puissance lorsque nous étions plus jeunes, la vieillesse, la maladie, le deuil inattendu, mais aussi ses enfants ne l'ont pas épargnée ; un de nous, son chouchou lui a échappé en beauté ; il est allé vivre à l’autre bout du monde, marié à une femme de nationalité et de religion différente, dont personne n’a intérêt à trop s’approcher… Ces occasions ont été chacune à leur tour un petit chemin de Damas, une prise de conscience de son incapacité à maintenir le monde à ses pieds, et c’est cela plus que tout le reste qui l’a éduquée, polie…



Ces deux aspects mis côte à côte, éducation très ferme et vie aléatoire, reflètent exactement ce qui est de nature à influencer de tels êtres, si têtus, si orgueilleux ; je ne peux m’empêcher de penser que si ma maman n’avait pas été aussi bien éduquée, aussi vissée sur les chapitres de l’honnêteté, de la charité, de l’obéissance, elle n’aurait peut être pas été en mesure ensuite de faire « feu de tout bois » pour continuer à s’améliorer dans sa vie d’adulte ; or, son éducation l’a ouverte à des valeurs, a allumé en elle un feu qui n’a plus voulu s’éteindre, et qui aujourd’hui encore lui sert de cadre, de limite à ne pas dépasser, et la limite, c’est justement ce qui semble manquer à beaucoup d’êtres orgueilleux. Je me dis aussi que mes grands-parents ont dû reconnaître en leur fille certaines personnes de leur famille, et agir tout de suite pour éviter ensuite d’avoir à supporter une vie entière le même tyran que celui qu’ils avaient enfin enterré, et que là a été leur talent, même si sur la forme ce n’était pas parfait.



D’un point de vue général, cela m’interroge sur les valeurs éducatives courantes de nos jours : les enfants cabotins, rigolos, acrobates, autoritaires, têtus, orgueilleux sont légion dans les cours de nos écoles, pas tant parce que leur caractère intrinsèque les y pousseraient, mais simplement parce que la mode pédagogique les y pousse, parce que leur éducation laissée à vau-l’eau les y prédispose, parce que la télé, les médias imposent ce modèle, squizzant le fait que ce type de modèle comportemental ne peut être bénéfique qu’à un adulte dans le monde des affaires, mais qu’il ne faut surtout pas en faire une généralité à toute une population, encore moins au monde de l’enfance. L’enfance est un moment de construction de cadre, ce qui ne veut jamais dire de prison, mais au contraire de repères fiables, fermes, durables, valides sur toute une vie. Ne pas vouloir le comprendre c’est renoncer à sa responsabilité parentale, mais c’est surtout interdire un horizon socialisé sécurisant à l’adulte en devenir qu’est l’enfant.

Cela m’interroge beaucoup pour l’avenir des jeunes générations, où la proportion d’êtres inadaptés à une communication valorisante pour tous risque d’être accrue. Cela pose aussi le problème de la croissance spirituelle des âmes des êtres ainsi non cadrés, et c’est mes yeux le principal enjeu… on peut toujours dire « mais Dieu veille », oui, heureusement, mais ne rien faire à coté pour favoriser son action c’est aussi de l’orgueil, de la paresse… et c’est pas bon. Le « que ton règne vienne » peut aussi commencer dans notre rôle de parents.

Je dois partir,

Zélie


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