Sexualité hors mariage

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Alizee
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Re: Sexualité hors mariage

Message non lupar Alizee » mer. 18 juil. 2018, 10:36

Bonjour cher Kolbe,

Quand on se convertit, il y a peut-être un point de départ clairement identifiable, mais il y a surtout un chemin ensuite, et parfois on fait des petits pas en avant, parce qu'on ne peut pas faire autrement. Les situations relationnelles hors mariage en sont un bon exemple : on ne se marie pas seul, il faut le consentement de l'autre. Imaginez votre situation si vous aviez en plus des enfants ! L'essentiel est d'avancer et de faire confiance à Dieu.
Je ne sais pas comment vous faites, mais si ce n'est pas déjà le cas, peut-être qu'un premier pas pourrait être d'utiliser les méthodes naturelles de régulation des naissances. Cela aurait deux bienfaits : un pas vers plus de sainteté dans vos relations (plus conformes à l'enseignement de l'Eglise et apprentissage de la maîtrise de ces pulsions, même si la situation qualifiée de peccamineuse persiste), et surtout un dialogue autour de la sexualité, un moyen de mieux se connaître mutuellement. De là peuvent naître de grandes discussions et découvertes.
Ensuite, votre projet de mariage, cela prouve que vous êtes sur le bon chemin. On ne se marie pas du jour au lendemain, il faut une préparation. Vous ne refusez pas le mariage en tant que tel.

Un dernier point qui m'interpelle : N'enfermez pas Nancy dans une case dont elle aurait du mal à sortir. C'est là où vous manquez de confiance en Dieu peut-être. Pourquoi ne se convertirait-elle pas ? Qu'est-ce qui vous laisse penser que ce qui était possible pour vous, ne le serait pas pour elle ? Elle n'a pas bien vécu votre conversion, soit, et on la comprend, une conversion d'un proche ne laisse jamais indifférent. Soyez dans la joie, témoignez positivement. C'est assez logique qu'elle scrute les signes du changement, et pour le moment, elle ne voit que les signes négatifs à ses yeux.

Et puis un tout dernier point : je comprends très bien le sentiment de culpabilité, d'absence de paix après les rapports, je l'ai vécu et le vis encore parfois (je suis mariée civilement depuis 9 ans, mais le mariage religieux n'aura lieu que l'année prochaine et c'est la prochaine étape après ma conversion), j'ai été très bien accompagnée par un prêtre et j'ai dialogué avec l'évêque dont parle invitée 2. Ce n'est pas facile de s'en ouvrir à quelqu'un en chair et en os, mais ça vaut le coup.

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Sam D.
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Re: Sexualité hors mariage

Message non lupar Sam D. » mer. 18 juil. 2018, 12:47

Bien qu'inscrit depuis quelques temps, je ne me suis pas encore présenté, mais le désarroi de Kolbe me pousse à vouloir participer à cette discussion sans plus attendre et je m'en remets donc à la bienveillance de la modération.

Voilà une personne qui (re)découvre la foi, foi qui est pour lui la source d'un bonheur sans mélange, qui le fait se voir comme bon grain et qui, sur le chemin de l'intelligence de la foi, tombe "un beau jour" sur la taxation comme péché de tout ou presque de ce qui a trait à la sexualité. Consternation, le bon grain supposé se découvre plus ivraie qu'il ne le pensait !

Prenant son salut très au sérieux, Kolbe se met en conformité avec les règles abondamment et pertinemment rappelées par Toto, mais cela aura pour effet d'amener le départ de Nancy et sa conséquence :
[...]une souffrance extrême pour nous deux car nous nous aimons plus que tout et que nous pouvions pas imaginer vivre l'un sans l'autre.
Depuis que j'ai la foi, après chaque rapport, je n'ai pas la paix du coeur, et je ne me sens plus digne de communier, ce qui tend à m'éloigner de la foi. Le péché éloigne de Dieu.
Mais perdre Nancy m'empêche d'être en paix également, d'où l'ambiguïté de la situation.
Nous voilà au cœur du problème, et toute la bienveillance dont sont empreintes les interventions qui ont tenté d'adoucir les souffrances de Kolbe, ne sont pas près d'évacuer son dilemme (que je partage quoiqu'à un degré moindre de gravité car n'impliquant pas la déroute d'un futur mariage ) entre deux choses tout aussi inenvisageables l'une que l'autre :

-ou se détourner de Dieu en s'affranchissant de ses règles ;
-ou respecter ses règles, mais au prix d'une douleur, d'une amertume et d'un chagrin tels qu'ils en viennent à constituer un motif de mise en doute de sa foi et de l'amour de Dieu.

Le voici sous nos yeux, le drame lié à la notion du péché de chair : aucune option du carrefour n'est satisfaisante, sauf à partir sur la voie d'une sainteté radicale, telle celle de Nicolas de Flüe, lequel abandonna femme et enfants pour une ascèse stricte (durant des années, il se sustentera de la seule communion) et placée sous le signe d'une prière commençant par : "Seigneur, ôte-moi de moi..."

Or, si tout chrétien est appelé à la sainteté, tout le monde n'en a pas forcément les ressources, et ce qu'il y a de particulièrement "rageant" et qui m'apitoie le plus au sujet des gens comme Kolbe, c'est que c'est précisément la petite frange de ceux qui s'inquiètent de bien faire qui se trouvent en proie aux pires affres...

Pour ma part et pour tenter de venir modestement en aide à Kolbe, je tente de prendre à mon propre compte la parole de Jésus à Jaïr, "Ne crains pas, crois seulement" et, bien conscient de mes limitations et voulant croire qu'Il veut effectivement la Miséricorde, non le sacrifice, me présente autant que possible en "mendiant de la foi" devant Notre Seigneur, investissant pleinement les paroles "Domine, non dignus sum ut intras sub tectum meum, sed dic tantum verbo et sanabitur anima mea".

Quant au reste, j'appelle "bien évidemment" de mes prières la venue d'un nouveau Saint Ambroise, lequel, à rebours de l'énoncé pourtant clair et net nous intimant de tendre l'autre joue, établit comme "pleine de justice la force qui, à la guerre, protège la patrie contre les barbares". Et si le plus frugal des repas est digne d'un "Benedic Domine nos et haec tua dona quae de tua largitate sumus sumpturi", espérons le jour céleste où nous pourrons , à bon droit, dire ces mêmes paroles au sujet des plaisirs du corps !

Miserere nobis...
"Ne crains pas, crois seulement"
"Je veux la miséricorde, non le sacrifice"

Carolus
Barbarus
Barbarus

Re: Sexualité hors mariage

Message non lupar Carolus » mer. 18 juil. 2018, 19:37

Kerniou :
On ne peut pas dire qu'avoir des relations sexuelles avant le mariage ne soit "rien de mal " puisque l'Eglise l'interdit,
Merci, chère Kerniou.

Donc il faut “ dire qu'avoir des relations sexuelles avant le mariage “ est quelque chose “ de mal puisque l'Eglise l'interdit”.

En fait, c’est Dieu qui l’interdit.


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