Je suis une femme et j'aime les poitrines

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Marguerite S
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Je suis une femme et j'aime les poitrines

Message non lupar Marguerite S » lun. 25 juin 2018, 5:30

Bonjour,

Je vous écris car j'ai un problème vis-à-vis de la pornographie. Je suis une femme et je ne pense pas en être dépendante. Cependant, je chute régulièrement, quasiment toutes les semaines. Ce que j'aime par dessus tout, c'est de visionner les poitrines des femmes, surtout lorsqu'elles sont voluptueuses. C'est la seule chose que j'apprécie. En effet, en règle général, je n'aime pas regarder les corps nus, surtout ceux des hommes. Je ne pense pas non plus être homosexuelle car j'avoue ne pas être attirée par les femmes dans la vraie vie. Je songe également me marier un jour. J'ai réellement la foi et connaît la beauté de la sexualité vue par la religion catholique, sans pour autant l'avoir réellement expérimentée.
J'ai contracté cette fâcheuse habitude il y a de cela quelques années et j'essaie réellement d'arrêter depuis que je suis revenue à la foi mais je n'y arrive pas. Je suis catholique non pratiquante mais je souhaite retourner à l'église. Cependant, je me dis après chaque chute que je pourrais toujours me confesser plus tard.
J'ai installé un contrôle parental mais il n'est pas nécessaire d'introduire un mot de passe pour le désactiver.
En définitive, tous les éléments sont là pour que j'arrête mais la volonté n'y est pas.
Pouvez-vous m'aider dans cette lutte contre moi-même ?
Merci par avance.

Carolus
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Re: Je suis une femme et j'aime les poitrines

Message non lupar Carolus » lun. 25 juin 2018, 13:15

Je prie pour vous, chère Marguerite.

zelie
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Re: Je suis une femme et j'aime les poitrines

Message non lupar zelie » lun. 25 juin 2018, 16:00

Bonjour Marguerite,

vous soulevez, avec beaucoup de sincérité et d'humilité, le problème de la rechute incontrôlable dans un travers plus ou moins addictif qu'on a pourtant plus envie de refaire. Peu importe l'anecdote, même si je trouve cela très courageux et très humble de votre part de se livrer autant, surtout que l'addiction, quelle qu'elle soit, c'est toujours très déroutant, et pas vraiment glorieux.

Vous savez, l'humilité est un immense pas de délivrance de beaucoup de travers, et je suis sincèrement admirative d'autant d'humilité et de courage en vous; je ne saurais trop vous encourager à continuer sur cette voie.
Et dans cette ligne, la confession, vraiment sincère, humble et authentique, est immensément libératoire. Je comprends qu'à me lire vous ne pensiez que ce ne sont que des mots, mais il est des libérations et des soulagements insoupçonnables avant qui sont ressentis comme de véritables guérisons après.

J'ai expérimenté cela par la confession; j'avais commencé une prière suivie (qui s'appelle la dévotion au Sacré-Coeur ou les neuf premiers vendredis du mois), juste par amour pour Jésus, sans vraiment savoir à quoi m'attendre. Touchée par des lectures sur le Sacré-Coeur, j'avais juste ressenti l'envie de prier par cette dévotion. Et du coup je suis allée me confesser, là aussi sans vraiment me préparer; mais en confession j'ai reconnu mes péchés, difficilement, mais quand même sincèrement énoncés, et j'avais bien sûr honte de moi; ce fut un moment un pénible, mais finalement pas autant que je l'aurais imaginé. Ce fut deux jours plus tard que j'ai commencé à comprendre que j'étais délivrée de mes travers; je m'aperçus que j'étais capable de vivre chaque jour sans y retomber, sans désirer malgré moi y retomber, sans baisser les bras pour y retomber, sans trouver des excuses bidons pour y retomber, sans y retomber par inadvertance lors de stress ou de fatigue, même intenses. Après, devant une telle grâce qui donne un coup d'envoi, il faut savoir vouloir durer ; dès que je retombe dans la (rare) moindre pensée néfaste, j'ai pris l'habitude de me mettre immédiatement en prière, ne serait-ce qu'en répétant le nom de Jésus si je suis au fond d'un gouffre de fatigue ou de sommeil qui ne me permettent pas plus.

Si avant que cela m'arrive personnellement, on m'avait dit "la confession sincère peut te délivrer même de ton addiction à toi, si envahissante, même issue d'un traumatisme aussi ancien" jamais je ne l'aurais cru. Pendant des décennies j'ai prié pour essayer de m'en délivrer, et plus je me démenais, plus je retombais dans mes pensées. Aussi, quand on me reparlait de confession, je me suis toujours dit "non, pas pour moi, pas dans mon cas", "jamais je n'arriverais à m'en délivrer", etc. Je n'y croyais pas. Je croyais en Dieu, Il était tout pour moi, je l'aimais sincèrement et je travaillais sur moi, mais je ne croyais pas un instant que je puisse être délivrée de tant de choses en moi. Je partais battue. Et pourtant cela m'est arrivé; ça c'est fait très simplement, silencieusement, tranquillement.

Je pense que c’est dû à deux choses :

- J'en étais arrivée à tout abandonner à Dieu… A me dire que s'Il me voulait avec des « épines de Saint Paul » (2 Corinthiens 12 :7- 12:10)*, eh bien soit ! Du coup je faisais un effort pour m’accepter avec mes faiblesses, que bien sûr je trouvais trop nombreuses, trop envahissantes.
Avec le temps, désespérée de mon envahissement intérieur, j’ai commencé à vouloir comprendre le pourquoi, par la science, puisque la religion ne m’aidait pas à mes yeux ; je n’y ai rien compris, je me suis crispée, et j’y suis retombée. Jusqu’à ce jour de ma confession, où enfin, j’ai eu le courage d’en parler juste parce que j’avais fait tomber une prévention en moi ; ne plus essayer de faire et faire et faire encore contre ma nature, mais accepter que je ne sois que faible, et oser dire que quelles que soient mes belles apparences, je n’étais que faiblesse et chute. Je reste persuadée aujourd’hui que c’est parce que j’ai été sincère et humble que je suis arrivée à ce décentrage, à cette délivrance qui est pour moi une grâce. Il y a eu un avant et un après à cette confession-là, alors que pour les autres confessions ça n'était pas le cas.

-Je suis aussi allée en parler à un psy, ayant enfin admis qu’un traumatisme violent enfoui dans mes pans d’amnésie me faisait un appel du pied ; et ainsi, avec une aide que j’ai dû accepter humblement, je commence aujourd’hui seulement à regarder les choses tout autrement, et avec un détachement vraiment émancipateur. Nos petites rédemptions sont faites de ces chemins détournés dans l’humilité et la sincérité envers nous-mêmes.


Vous avez fait une grande part du chemin et identifiant votre souci et en le reconnaissant aussi courageusement. C'est ça, exactement ça, être un combattant pour sa santé affective: bravo à vous!
Sachez vous tourner aussi vers une aide psy au lieu d’attendre en croyant que certaines choses peuvent s’arranger seules. Il se peut simplement que l’image que vous dites être déclenchante soit tout simplement l’avertissement de votre inconscient qu’il a besoin d’être écouté, et qu’il vous envoie un signal à prendre en compte ; nous sommes tous forgés de nos bons mais aussi mauvais épisodes de notre vie, et parfois s’impriment en nous des choses dont nous n’avons pas la moindre idée qui ensuite nous poussent dans des comportements où nous ne nous reconnaissons pas. J’ai lu récemment un bouquin où un médecin addict au lait et autres substances, en recherche constante de risque vital et victime d’attaques de panique a fini par comprendre, grâce à son psy, que cela résultait d’une douleur psychologique de sa mère lorsqu’il avait deux ans ! C'est pas évident de faire le lien symptôme tardif-véritable cause!

Que Maman Marie vous prenne par la main et vous emmène loin dans la délivrance, bien plus loin que vous ne pourriez l'imaginer!
Bien à vous,
Zélie


*2 Corinthiens 12:7-10:
7 Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, à cause de l'excellence de ces révélations, il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m'empêcher de m'enorgueillir. 8 Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi, 9 et il m'a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. 10 C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c'est alors que je suis fort.
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre

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Re: Je suis une femme et j'aime les poitrines

Message non lupar Relief » lun. 25 juin 2018, 19:53

Ce que j'aime par dessus tout, c'est de visionner les poitrines des femmes, surtout lorsqu'elles sont voluptueuses. C'est la seule chose que j'apprécie. En effet, en règle général, je n'aime pas regarder les corps nus, surtout ceux des hommes. Je ne pense pas non plus être homosexuelle car j'avoue ne pas être attirée par les femmes dans la vraie vie.
Bonjour Maguerite,

Peut-être êtes-vous attirée par les poitrines voluptueuses par pur idéal esthétique. Un peu comme ces garçons qui ont des posters de Stalone, Schwarzennegger ou de bodybuildeurs aux torses nus dans leur chambre parce qu'ils aimeraient avoir les mêmes pectoraux.

Marguerite S
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Re: Je suis une femme et j'aime les poitrines

Message non lupar Marguerite S » lun. 25 juin 2018, 23:56

Bonjour à vous,

Merci beaucoup pour votre compréhension, votre soutien, vos prières, vos encouragements et de ne pas m'avoir jugé comme je l'aurai peut être été sur un autre forum. Votre témoignage Zélie m'a beaucoup touché, vous vous êtes livrée à nous avec vos qualités mais aussi vos faiblesses et vos limites. Bravo pour votre persévérance sur le chemin de la sainteté !
Il se trouve que Relief a mis le doigt sur quelque chose de vrai. N'ayant pas une poitrine généreuse, j'ai projeté mon désir d'en avoir une en regardant celles des autres femmes. En fait, c'est un peu plus compliqué que ça, car en réalité ce désir est venu de l'extérieur, mais pour préserver les êtres qui me sont chers, je n'irai pas plus loin dans les détails.
Pour vous prouver ma bonne foi, je tiens à a vous dire que j'ai déjà tenu plusieurs mois sans toucher une seule fois aux vidéos ou images pornographiques ! C'est que c'est possible. Mais la tentation vient par les pensées, et pour tremper l'ennui, parfois il m'arrive de chuter.
Grâce à Jésus, j'ai réussi à accepter mon corps comme il est et à ne plus être complexée. Je sais que les femmes ne se limitent pas qu'à leur simple appareil, qu'elles sont un tout, un corps et une âme, et qu'elles ont chacune leur propre dignité.
Je note les jours où je chute pour savoir si je fais des progrès ou non et si je peux aller plus loin dans ma volonté de rester chaste.

Que Dieu vous garde dans son infinie miséricorde.


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