Frère gay, que faire ?

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étincelle
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Frère gay, que faire ?

Message non lupar étincelle » lun. 09 avr. 2018, 16:54

Bonjour à tous,

Aujourd'hui on vient de me confirmer que mon frère aime les hommes ... :( . En fait, ça fait déjà des mois que je m'en doutais et les gens nous ont déjà fait des remarques par rapport à ses gestes, sa façon de marcher, etc... mais nous (moi et ma famille) ne voulions pas savoir.
Maintenant, je suis perdue, dans ma famille je pense que je suis la plus proche de lui.

On ne lui a pas encore avoué que nous sommes au courant, on ne sait pas comment faire, ni comment dire.
Mon frère a vraiment été actif dans les activités à l’église (maintenant il est en pause), et on pense qu'il faisait tout ça surtout pour contrer et lutter de cette horrible péché.

J'aime mon frère, beaucoup, il ne sera jamais autre que mon frère, mais à chaque fois que j'y pense, il me dégoûte, je ne veux pas qu'il me touche, et je suis si fâchée contre lui que je n'arrive pas à parler normalement avec lui, ... cette situation me mène direct dans le péché aussi.

J'avoue, si ça ne dépend que de moi, j'ignore tout simplement, mais mon beau-frère m'a dit qu'il faut l'aider à le surmonter. Quand ma sœur m'a annoncé ça ce matin, je n'étais plus surprise et je n'ai pas eu de grande réaction alors qu'elle pleurait.

Alors, s'il-vous-plaît, si vous avez une idée de comment on doit lui dire que nous sommes au courant, qu'on veux l'aider... Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui?

Dans l'attente de vous lire,

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar zelie » mar. 10 avr. 2018, 17:31

J'espère de tout coeur que ce n'est pas votre frère qui vous dégoûte, que c'est votre main qui a fourché. J'espère que vous aimez votre frère, et que l'aimant, vous l'acceptez tel qu'il est, avec tout ce qu'il est, et que d'accord ou pas, vous respectez assez ses choix pour l'accepter tout entier tel qu'il est.
1 Corinthiens 13:4-8
4L'amour est patient, il est plein de bonté; l'amour n'est pas envieux; l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, 5il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, 6il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité; 7il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. 8L'amour ne meurt jamais.


Voilà, tout ce que votre frère attend de vous est là. Méditez bien ce passage et surtout méditez-le en mettant votre frère en premier dans votre préoccupation et en faisant taire en vous votre inquiétude et tout pathos.
Vous dites que vous ne savez pas comment lui dire que vous savez? Peut-être que le respecter, c'est simplement ne rien dire ni ne rien changer, attendre que lui vous le dise un jour, à sa façon et à son heure; il n'y a pas pire violence psychique et affective que de faire quelque chose à marche forcée, c'est violent comme une mort subite, un deuil qu'il faudrait digérer avec le sourire.
Soyez simple.
Soyez là pour lui.
Ne changez rien à votre amour fraternel, votre joie de le revoir, et de grâce, ne lui faites pas le coup de pleurer sur vous-même et du dégoût de bon ton; tout cela n'est inspiré que par l'orgueil, l'apitoiement sur SOI et la crainte du qu'en dira-t-on!
Ses choix (et est-ce un choix, vraiment?) sont ses choix, et cela regarde d'abord lui et Dieu, pas vous.
Rien ne vous empêche de prier pour lui, mais prier, c'est s'unir à Dieu dans un élan d'amour et demander que Sa Volonté soit faite dans notre vie et dans celle de nos proches, ce n'est pas dicter un souhait à Jésus. Abandonnez-vous à la Miséricorde Divine, déposez ce qui vous parait trop lourd à Ses Pieds, demandez à Jésus de prendre ce poids et de le porter dans Son Coeur, mais ensuite, vous, soyez simple et vraie avec votre frère.
Allez courage! Vous allez y arriver, le choc émotionnel va retomber et toute votre situation va se calmer un jour, il ne tient qu'à votre famille d'apaiser la situation au mieux et au plus vite.
Pensez que s'il était mort dans un accident de voiture, là il y aurait matière à être effondrée, et vous n'en n'êtes pas là, n'est-ce pas?

Que Dieu vous console, vous bénisse, vous garde, vous relève, dans Son Amour et vous donne un grand courage!
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar étincelle » mer. 11 avr. 2018, 11:07

Merci beaucoup zelie d'avoir pris le temps de me répondre, c'est très gentille de votre part.

Pour ce qui me dégoûte, je ne sais pas.
J’espère que vous aimez votre frère, et que l'aimant, vous l'acceptez tel qu'il est, avec tout ce qu'il est, et que d'accord ou pas, vous respectez assez ses choix pour l'accepter tout entier tel qu'il est.
Oui, c'est mon frère et je l'aime, mais franchement je ne saurai accepter ça. Je sais, il est comme ça et personne ne peut le changer, mais je pense qu'il n'y a pas de choix à faire pour ça, (c'est comme les cancéreux), qu'il lutte et c'est tout.

Merci aussi pour le verset et les conseils, j'essaierai de faire comme vous dites, même si ça va être très difficile pour moi. Comme je vous le disais à mon premier message, je le savais (accidentellement) déjà il y a pas mal de temps, mais je n'ai rien dit à personne, j'ai tout simplement ignoré et chassé cette vérité tout simplement de ma tête. Mais là, que d'autres personnes dans ma famille le sachent aussi, c'est plus difficile. En tout cas, je vais proposer votre conseil à ma famille, j'espère qu'ils m'écouteront.
soyez simple et vraie avec votre frère.
Là, c'est changé pour toujours, ce ne sera plus jamais le cas, c'est au-dessus de mes forces (bien sûr, pas tout le temps mais quand mes pensées se rappellent de cette "malédiction").
Pensez que s'il était mort dans un accident de voiture, là il y aurait matière à être effondrée, et vous n'en n'êtes pas là, n'est-ce pas?
Oui, mais je vois ça plutôt comme un remède ou échappatoire, pour lui et pour nous. La mort est pour tout le monde, jeune ou vieux, et ce chagrin est insupportable mais ça passe avec le temps (je le connais), je ne le souhaite pas pour lui, je l'aime beaucoup, mais j'aurai préféré ça. Je sais que c'est dur pour lui aussi, mais ça lui aurait épargné cette bataille.

Mais on n'est pas Dieu, si mon frère ne s'est pas tué dans l'accident de voiture qu'il a eu il y a environ 3 ans, c'est qu'on doit le supporter. Vous me trouvez certainement égoïste, mais cette vérité me perturbe beaucoup et me fait mal.

Encore merci zelie, vous êtes gentille.

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar Fleur de Lys » mer. 11 avr. 2018, 19:15

Etincelle,

Je comprends ce que vous voulez dire lorsque vous écrivez que votre frère vous dégoûte.

Vous êtes sous le choc de la nouvelle, vous regardez votre frère différement.

Mais il n'en reste pas moins votre frère, celui que vous aimez et qui vous aime. Il faut séparer le dégoût que vous inspire la pratique homosexuelle de la personne, qui elle, est respectable et aimable.

L'homosexualité n'est pas un choix (la chasteté si, mais ce n'est pas toujours facile à tenir). Et il en souffre sûrement plus que vous. Quel malheur s'il perdait votre estime!

Je n'ai pas de réponse s'il faut lui dire que vous savez ou attendre qu'il en parle. Mais il va percevoir votre changement d'attitude à son égard. Mais non, ce n'est pas nécessairement pour toujours que vous serez distante avec lui. La relation fraternelle a changé, certes, mais elle peut renaître.

Vous dites préférer la mort à ce combat, vous êtes en colère mais il s'agit de sa vie, son combat, son jugement divin...

Tout comme le chagrin du deuil s'estompe avec le temps, votre chagrin et votre colère contre l'homosexualité révélée de votre frère s'amenuiseront. D'autant si lui de son côté respecte aussi votre point de vue (un frère militant gaypride et cie, serait peut-être plus compliqué à fréquenter au quotidien j'en conviens).

La citation de Zelie sur l'Amour est magnifique. Que Dieu vous apaise.

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar zelie » mer. 11 avr. 2018, 22:10

Ma chère Etincelle,

laissez tomber le "gentille", je ne vous ai répondu que parce que j'ai tremblé pour la souffrance qui s'amoncelle au-dessus de la tête de votre frère. Je connais la souffrance de la famille inquiète persuadée d'être elle et uniquement elle dans le bon droit, le bon chemin et qui pense qu'elle se doit, par amour, de tout faire pour ramener la "brebis divergente" dans le bon chemin. Quand cette famille-là s'abat sur vous, elle vous tue. Même avec les meilleures intentions du monde.

De la même façon qu'on peut tuer la réputation de quelqu'un de mille manières différentes, on peut tuer un membre de sa famille socialement, affectivement, filialement. Si, à cause de votre façon de voir les choses, de votre apitoiement sur vous-même, de votre confort familial et affectif à conserver à tout prix sans remise en question, vous blessez irrémédiablement quelque chose de sensible dans votre frère, et que cette blessure ne peut plus vraiment guérir, vous aurez tué quelque chose en lui, et il portera cette chose morte en lui pour toujours. Par "chose", j'entends une part de sensibilité, cette part suave de l'enfant qui se sent inconditionnellement aimé, porté, choyé, RELIÉ, quoi qu'il arrive, quoi qu'il fasse, à sa famille, son unité psychique pour la vie.

En réagissant à chaud, vous cherchez à vous rassurer vous-mêmes, famille bien intentionnée mais potentiellement ineffablement maladroite, et vous le condamnez lui à porter une blessure à perpétuité. C'est dans ce piège-là qu'il ne faut absolument pas tomber, QUOI QU IL VOUS EN COÛTE!! Parce que les conséquences, ensuite, sont difficilement maîtrisables, et peuvent resurgir des décennies plus tard.

Je vois que vous êtes dans une famille très croyante, très pratiquante, et c'est très bien, cela va être un tremplin, une ressource pour votre croissance spirituelle.

Mais pour amorcer cette croissance, réalisez vite deux choses :
la première, que c'est Dieu qui vous amène devant une croisée des chemins, et c'est vous qui selon le chemin que vous allez choisir et les conséquences que cela comportera, transformerez votre choix en épreuve incertaine ou en acceptation humble et souple. C'est le moment de se rappeler les épîtres :
Colossiens 3:12
Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience.
Galates 6:2
Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ.
Matthieu 11:28-30
28Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. 29Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. 30Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.
et bien sûr les béatitudes :
Matthieu 5 : 3-12
3. Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.
4. Heureux les affligés, car ils seront consolés.
5. Heureux les doux, car ils posséderont la terre.

6. Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
7. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
8. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
9. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
10. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.
11. Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi.
12. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers
et on pourrait y ajouter beaucoup d'autres textes.

La résignation à porter dans l'obéissance à l'amour ce que la vie vous présente, et ce que le devoir d'état impose (pour vos parents) est la voie de la sainteté que le Seigneur vous réserve, elle est là et pas ailleurs. La sainte résignation est la voie royale de la tempérance et du dépassement de soi. C'est ce défi qui est le vôtre, collectivement, pour votre famille, aujourd'hui.

La deuxième chose à réaliser, c'est que Dieu vous a confié une âme magnifique qu'il aime éperdument, l'âme de votre frère. Vous savez aussi qu'un jour, celui de votre mort ou de votre jugement, vous aurez à rendre compte à Dieu de tous ceux qu'Il vous aura confiés, vos enfants, mais aussi tous ceux qu'Il a confiés à votre affection, votre frère, votre famille et vos parents.

Imaginez que votre frère soit irrémédiablement blessé, meurtri, par une réaction familiale empreinte de pathos, et qu'il meure ainsi, avec son âme endommagée par la souffrance. Voudriez-vous devant Dieu avoir à justifier que le jour où vous avez appris sa souffrance homosexuelle, au lieu de prendre les choses avec recul, discernement et anticipation, avec maturité et réflexion, vous avez préféré les prendre avec larmes, rejet et dégoût, protégeant ainsi votre confort psychologique au détriment du sien, en vous mettant à la première place, pour vous rassurer ou que sais-je d'autre, même si le prix à payer pour lui fut de se sentir anéanti par vos réactions ?

Attention, je ne dis pas pour autant qu'il faille tomber dans le "qui ne dit mot consent"...

Il y a aussi une chose qui transparaît en filigrane des Evangiles : avant de juger (condamner par des mots), Jésus, qui connaît parfaitement l'homme, nous encourage à attendre un retour au calme et à ne juger d'une chose qu'avec beaucoup de recul, de réflexion profonde et de discernement, et après avoir prié longtemps, longtemps, longtemps. De cette prière qui est union à Jésus, abandon de notre souffrance à Ses pieds, en confiant notre souci à notre douce mère Marie Très Sainte, et dans une union sincère qui essaie vraiment de tout abandonner au Christ, surtout notre jugement, nos préjugés et notre façon de penser, on sent jour après jour que Jésus nous transforme, nous parle au coeur, et nous encourage dans la voie qu'Il souhaite pour nous. Ne vous privez pas de prier, constamment, de parler de tout ce qui vous tourmente et vous inonde de larmes et de dégoût, dans une confiance filiale, à Jésus, à notre Père Aimant à qui nous pouvons tout dire, sans retenue d'usage, sans honte malvenue, car Il sait déjà tout de la nature humaine et de chacune des âmes et des faits qui arrivent dans nos vies. "Elevons notre coeur et tournons-le vers le Seigneur".

Il est aussi évident que pour vous et votre famille, la situation actuelle est un noeud, quelque chose qui met en conflit en vous plusieurs représentations sociales antagonistes. Dans une situation pareille, outre toutes les réserves que je vous propose pour vous pousser à différer vos réactions jusqu'à ce qu'un véritable apaisement revienne entre tous les membres de votre famille, et pour vous aider à construire un changement de regard de ce que vit votre frère, vous avez peut-être envie/besoin de recevoir des conseils autrement plus fouillés et sages que ceux d'un forum. C'est peut-être le moment d'envisager d'aller voir, à plusieurs si nécessaire, un professionnel de santé qui saura poser les mots pour mieux cerner cette situation douloureuse et du coup dénouer les tensions, poser un baume sur toute cette souffrance qui vous tourmente. Peut-être aussi pourriez-vous vous faire recommander auprès un prêtre engagé auprès des personnes à profil particulier, qui saura poser/construire de la paix sur une situation qui en manque pour l'instant. Ne restez pas seuls à tourner à vide sur une histoire qui vous tourmente, car tant que le coeur n'est pas en paix, tant que quelqu'un peut être blessé par la maladresse d'un proche, le diable lui rit et se frotte les mains. Ne lui laissez pas la victoire, jamais! Faites vous aider par une personne de confiance, très sage et très sainte, très aimante surtout de la nature humaine; beaucoup de prêtres sont ainsi.

Code : Tout sélectionner

[i]soyez simple et vraie avec votre frère.[/i] Là, c'est changer pour toujours, ce ne sera plus jamais le cas, c'est au-dessus de mes forces (bien sûr, pas tout le temps mais quand mes pensées se rappellent de cette "malédiction").
Comprenez que pour le moment, là où on vous montre la lune, vous ne voyez que le doigt... Vous n'êtes en rien l'imbécile suggérée par ce proverbe, vous êtes juste en grande souffrance, aussi ne jugez pas, surtout maintenant. La vie ne va pas s'arrêter, elle va continuer et vous vous allez reprendre une évolution positive et calmée, et une évaluation plus décentrée des événements. Ne décrétez rien maintenant, donnez -vous du temps, offrez-vous de la patience et de la tendresse, et pourquoi pas écrivez votre douleur, des fois ça la calme... C'est un truc de psy; on écrit sa souffrance et après on jette la feuille, il y a des tas d'exercices de ce type.

Priez... n'essayez pas d'accepter ce que vous ne pouvez accepter pour le moment, juste offrez (je me répète!) votre fardeau, vos larmes, votre esprit perturbé, votre coeur dégoûté à Jésus, et vous verrez bien ce qu'il en fait... c'est dans cet abandon que vous vous décentrerez, que vous lâcherez prise à votre insu de tout ce qui vous tourmente trop aujourd'hui. Ne craignez pas de choquer Jésus, parlez-lui avec respect, mais avec tout l'abandon, la sincérité et l'exactitude avec laquelle vous parleriez à votre soeur. On peut tout lui dire, je vous assure. Et on peut tout lui demander. Demandez avec persévérance et patience que sa Volonté soit faite dans vote vie et ne vous occupez plus de rien. Lisez Sainte Thérèse (Martin), c'est la spécialiste de ce genre d'attitude.

Rien en vous n'est changé pour toujours, surtout si vous ne le voulez pas, parce que vous avez conscience que dans toute division, c'est le Diviseur qui se rengorge et que rien que pour ça, vous ne lui laisserez jamais prendre le moindre champ.

Calmez-vous, apaisez-vous, reposez votre âme, réfugiez-vous dans l'explosion d'Amour du Sacré-Coeur de Jésus, dans la lecture, le chant, la louange, la prière, la Sainte Messe. Prenez un week-end de rando, d'équitation ou de ce qui vous plaît, ne restez pas entre vous et vous, réagissez de façon à ramener la Paix, la Lumière et l'Amour dans votre vie intérieure, et laissez Dieu gérer votre vie extérieure. Abandonnez ces combats biaisés perdus d'avance qui vous emprisonnement dans le chagrin, le dégoût, le rejet, les préjugés et l'agitation; ces combats, si vous les confiez à Dieu, deviendront les Siens et vous en serez soulagée.

Réalisez que les choix de votre frère ne sont pas les vôtres, et que s'il est de votre devoir de prier pour votre famille, on ne vous demandera jamais de tenter d'imposer votre façon de voir à qui que ce soit. Acceptez que vos proches n'aient pas les mêmes vues que vous, et lâchez prise sur ces sources mauvaises de soucis et de larmes, pour les laisser aller se tarir loin de vous; ce n'est pas votre part. Votre part, c'est d'être un havre de paix en accord avec soi-même qui accueille tout le monde sans aucune préférence.

Allez, haut les coeurs et en avant! Courage, courage, courage!

Que Dieu vous console au creux de Ses Bras Paternels, vous tienne serrée sur Son Coeur Doux et Humble tout le temps qu'il faudra, vous bénisse et vous guide! Réfugiez-vous dans Son Amour Incandescent.

Vous n'êtes pas seule dans votre douleur!

Je prierai avec vous et je pense que beaucoup ici s'uniront à vos prières.

Zélie
Dernière édition par zelie le jeu. 12 avr. 2018, 12:17, édité 1 fois.
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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar katolik » jeu. 12 avr. 2018, 11:25

Bonjour à tous,

Aujourd'hui on vient de me confirmer que mon frère aime les hommes ... :( . En fait, ça fait déjà des mois que je m'en doutais et les gens nous ont déjà fait des remarques par rapport à ses gestes, sa façon de marcher, etc... mais nous (moi et ma famille) ne voulions pas savoir.
Maintenant, je suis perdue, dans ma famille je pense que je suis la plus proche de lui.
Bonjour étincelle,

Vers l'age de 14 ans, une de mes filles, en larmes, a annoncé "être attirée" par les filles : avec mon épouse, nous lui avons dit que c’était peut-être un peu tôt de se déclarer homosexuelle...mais surtout nous lui avons dit que nous l’aimions...

2 ans plus tard, elle nous a confirmé son homosexualité : nous lui avons redit que nous l'aimions ...

Aujourd’hui, elle se rapproche de ses 24 ans et sachez, chère étincelle, qu'elle nous a souvent remercié de l'avoir acceptée comme elle était...
Beaucoup de ses ami(e)s homos l'envient car, eux, ont souvent soufferts de la réaction de leurs parents...

J'aime discuter avec elle....sur certains sujets (avortement, mariage gay, etc...) nous avons des idées opposées, mais je l'aime comme un papa doit aimer ses enfants, avec nos differences...

étincelle, accompagnez votre frère...sans jugement ....avec amour, patience et empathie ...vous l'aiderez à avancer....

Et si vous en sentez le besoin, n'hésitez pas à correspondre avec moi en message privé ....

Courage,
que le Seigneur vous accompagne...

katolik, votre frère en Christ
« Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire » (Sainte Bernadette Soubirous)

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar étincelle » ven. 13 avr. 2018, 21:25

Bonsoir,

Tout d'abord, je tiens remercier chacun(e) de vous pour votre aide, c'est difficile d'aborder le sujet dans la famille, on n'arrive pas a en parler calmement.

J'ai lu chacun de vos posts juste après chaque publication mais je ne voulais pas répondre tout de suite, j'ai toujours le coeur lourd et j'ai peur de dire des bêtises. Je les ai donc relus plusieurs fois avant de vous répondre maintenant.

Donc si je comprends bien, si je résume tout ce que vous me conseillez, je dois accepter, et lui permettre de bien vivre en aimant les hommes? J'avoue que ce n'est vraiment pas ce que j'attendais. Ça me semble l'encourager, et c'est justement pour ça que ce fléau se multiplie de plus en plus dans le monde. Vous ne pensez pas que si chaque famille tolère ça, notamment les catholiques, tôt ou tard, l'église va finir par l'accepter aussi, et ça je ne peux pas l'imaginer.

Je suis désolée mais jusque là je ne suis pas convaincue à accepter. Comme dit Fleur de Lys :
L'homosexualité n'est pas un choix (la chasteté si, mais ce n'est pas toujours facile à tenir).
Mais il doit lutter! Chacun a son fardeau, et pour l'aider à résister je veux bien.
S'il n'arrive pas ou ne veut pas tout simplement, que ça reste sa vie privée et à lui seul, mais ne nous concerne pas, et je ne souhaite rien savoir.

Merci zelie, je vais prendre en compte tout ce que vous dites ainsi que les Saintes Ecritures; il est comme il est, et je l'aime, je ferai de mon mieux pour bien me conduire devant lui. Mais encore une fois, je ne peux accepter cette pratique.

Merci à vous aussi cher katolik, je suis ravie de savoir que vous savez vivre avec, je comprends, c'est votre fille et on dit qu'il n'y a rien de plus cher que ses enfants, et on ne peut être heureux que s'ils sont heureux. Mais je me connais et j'ai bien peur que je n'y arriverai jamais a
à m'y faire. Comme j'ai dit en haut, s'il n'y a vraiment pas de solution, que ça reste sa vie privée à lui.

Pour l'instant, mes parents ne savent pas encore et ça ne va pas être facile. Si mon père découvre ça, ça va l'affecter beaucoup plus que moi, il ne supportera pas cette image de son fils disons "préféré". Il espérait beaucoup sur mon frère, c'était le plus sérieux d'entre nous (mais qui a été un peu efféminé depuis son enfance).

Ci-dessous deux versets que j'ai trouvés récemment, qui sont encrés dans ma tête et qui m'empêchent de l'accepter aussi.
Lévitiques 18,22
"Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme: c'est un abomination."
Lévitiques 20,13
"Si un homme couche avec un homme comme on fait avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable, ils seront punis de mort: leur sang est sur eux."
Je pensais l'envoyer par message anonyme, est-ce que vous trouvez que c'est une bonne idée ?
Je veux que mon frère soit sauvé. zelie, je préfère être punie pour le reste de son âme endommagée par la souffrance mais qui arrivera quand même au paradis, plutôt que de penser son âme intacte perdue dans la souffrance pour l'éternité.

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar zelie » sam. 14 avr. 2018, 11:40

Chère Etincelle,

surtout ne prenez pas de décision précipitée, car une décision précipitée est toujours prise sous le coup du conflit psychologique et sera ensuite difficilement maîtrisable, voire irréparable.

Pour vos parents: dites-moi, si c'était à vous de leur dire quelque chose de tel, apprécierez-vous que ce soit une de vos soeurs qui aille le leur dire ou considéreriez-vous cela comme une trahison, a fortiori si c'était fait sans que vous le sachiez à l'avance? Réalisez que c'est à votre frère, lui seul et personne d'autre, à le leur dire, à sa façon et à son heure. Ne vous mêlez pas de ça!

Pour le SMS oubliez l'idée. Un SMS se trace facilement de nos jours, et votre frère y verra une acte d'hostilité qui pourrait bien affecter gravement vos liens durablement.

Etincelle, mon petit feu qui a un peu de mal à rayonner ces jours-ci, comprenez ce que vivent les homosexuels de nos jours.
J'ai trouvé un jeune, mineur, sous un pont, où il dormait et mendiait en plein hiver parce que son père l'avait mis dehors. J'en connais un autre qui s'est jeté corps et âme dans les études pour pouvoir aller vivre à 7000 km de chez ses parents, qu'il ne revient voir qu'une fois par décennie, sans jamais avoir pu leur dire. Ou une autre jeune fille, qui vit à 1000 km de chez ses parents pour que EUX puissent cacher leur honte... Et tout à l'avenant.

On a beau dire que les gays sont acceptés depuis le mariage pour tous, il n'en est rien. Cela, et la façon dont ça a été fait, a brusqué et crispé tout le monde. Les catholiques se sont sentis trahis et désignés comme des fous homophobes qu'ils ne sont pas, mais au-delà, toute une frange véritablement homophobe s'est aussi sentie trahie, et s'est réveillée, et tape, torture, massacre, tue les homosexuels; la violence remplace toujours les mots chez ceux qui n'ont plus le droit aux mots. Et ces homophobes ne sont pas catholiques, ils sortent de franges sociales autrement plus endoctrinées et endoctrinables que les catholiques pratiquants. On ne désigne les catholiques à la vindicte cathophobe que parce nous sommes organisés autour de principes éternels facilement repérables, et parce qu'on a eu le courage de vouloir entrer dans l'arène du débat. Mais un catholique ne frappe jamais son frère. Il apprend à le connaître, il sollicite son amitié, (il le nourrit, le lave, l'habille), il l'édifie par sa sagesse et son altruisme, par la paix qu'il porte en lui, et ce n'est q'une fois que l'amour, l'amitié, la gratitude, l'admiration discrète, l'attachement sincère qui accueille sans juger ont fait leur oeuvre, que le pauvre se découvre convertit en son coeur.

Relisez Sainte Mère Thérésa de Calcuttta, qui ne faisait que cela! Elle écrivait que dans le pays (pas top au niveau libertés) où elle vivait, il ne lui fallait surtout jamais rien dire de Jésus ou qui en ait le moindre relent, alors elle confiait tous ses actes à Jésus dans la prière, pour qu'il en guide jusqu'au moindre, et ainsi elle a fait des merveilles de conversion! est votre chemin de chrétienne envers l'âme de votre frère!

Sinon vous prenez le risque de ce que je décris plus haut, du rejet, de la crispation, de la peur, de la perte de confiance, de la part de votre frère.

Votre frère, qui sait déjà qu'il est confronté à cette pression, qui est celle de tous les gays, les différents: n'importe qui peut s'en prendre à lui, n'importe où, n'importe quand, et ces actes affreux sont de plus en plus présents, qui vivra d'aveux en coming-out sur ce qu'il a de plus intime, qui sera moqué tant de fois par tant de monde, par certains médecins, par quelques policiers, et que sais-je encore!
Vous vous rendez compte de ce qui l'attend? Et qui sera là pour lui, océan d'amour qui accueille et relève sans juger, si ce n'est vous? Et si ce n'est vous, vers qui va-t-il se tourner pour avoir cette affection sensible à laquelle tout être humain aspire, et vers qui cela va-t-il le pousser encore plus selon vous? Réfléchissez bien à ce qu'engagent vos actes... même sur du long terme.

Etincelle, à aucun moment on ne dit qu'il serait souhaitable que l'Eglise se plie à l'homosexualité. Au contraire, je vous dis "attention, je ne dis pas "qui ne dit mot consent"! Mais ne pas ouvrir la bouche n'est pas forcément abandonner ou ne rien dire; il y a des silences assourdissants, et des attitudes très parlantes: votre rôle de famille, c'est de l'aimer, de l'accepter, de le protéger, et dans tout cela de rester vous-mêmes, en donnant le meilleur de vous-mêmes. Les fruits découlant d'une attitude courageuse se verront peut-être que dans 50 ans. N'importe, le tout c'est de gagner un combat spirituel, de ne jamais laisser la victoire au Méchant, et pour cela il faut parfois avoir un sens aigu du combat et de la stratégie, et savoir durer. Mais c'est comme beaucoup de combats dans la vie: le tout, c'est de s'y mettre, après ça vient tout seul.

Etincelle, il y a un autre point. Je vous sens crispée, et un peu perdue, parce que vous êtes surement en état de choc émotionnel. A celui de savoir qui a peut-être été difficile en son temps, s'ajoute le fait de voir votre soeur savoir et souffrir. La souffrance en vous du coup en est réactivée d'autant plus que vous vous voyez devant une situation que vous ne maîtrisez pas, et tout cela est anxiogène. Comprenez alors que ce n'est pas à vos parents qu'il faut en parler, parce que sinon la souffrance et l'anxiété pourraient en être encore majorée, mais vous pouvez en parler à deux sortes de personnes: un médecin (celui de la famille) ou un psychologue. Les rendez-vous avec un psychologue s'obtiennent assez vite. Le tout pour vous actuellement, c'est de ne pas rester dans une situation qui vous broie, il vous faut une porte de sortie, à part qu'il ne faut pas que cette porte de sortie soit catastrophique. A la lumière de quelques séances chez un.une psychologue, vous y verrez plus clair pour aller (ou pas) vers vos parents ou votre frère. Entendez vous-même le niveau réel de votre appel à l'aide à travers votre démarche vers nous, simples forumeurs.

Et bien sûr, j'y reviens, allez voir un prêtre, ou même deux si vous avez besoin d'un avis plus globalisant. Parlez à coeur ouvert avec lui, allez y comme en confession, et déposez aux pieds de Jésus toute votre souffrance et vos larmes. Il vous aidera à vous relever, il vous aider à relativiser ce qui peut l'être, il vous consolera. Allez vers toutes ces personnes avec votre soeur par exemple.

Il y a aussi quelque chose qui pourrait vous donner de l'air en ce moment où vous semblez avoir besoin de soupapes: c'est d'aller, ne serait-ce qu'un WE, dans un endroit de retraite, ou à un lieu de pèlerinage tout près de chez vous. La France en est criblée, n'y aurait-il pas autour de chez vous un lieu de culte, une abbaye, un couvent, engagé dans des moments de ressourcement spirituel qui vous permettrait de rompre le quotidien, de vous faire changer d'endroit le temps que l'angoisse, la souffrance quitte les lieux où vous habitez? (j'espère que vous conduisez? Si vous nous donnez la région qui vous intéresse, je suis sûre qu'ici tout le monde est disposé à vous aider à chercher).
Chacun-e doit comprendre que pour résoudre son angoisse, la première chose à faire est de se confronter à la nouveauté, au vide. Il est absolument nécessaire de rompre avec ses habitudes : c’est la seule manière de commencer à faire de l’espace dans la pièce mentale bondée. L'angoisse, épidémie silencieuse
Ma chère Etincelle, il y a un tout dernier point, mais des fois, recourir à la science permet de relancer sa réflexion spirituelle. Je vous donne deux liens dont je vous souhaite bonne lecture:
Homosexuels: une différence cérébrale
Homo-hétéro-bi, cela se voit dans votre cerveau

Après cette lecture, vous pourriez vous questionner sur pourquoi il en est ainsi? Pourquoi Dieu a-t-il permis cette différence-là? Et comment l'accueille-t-il, Lui? N'oubliez jamais qu'il a créé votre frère dans une illumination d'amour, comme toute âme, qu'Il l'aime d'un amour particulier, et qu'Il vous a fait un immense cadeau en vous confiant cette âme si particulière, à vous famille qu'Il a jugée digne d'une telle mission. Réfléchissez autour de cela et autour de tous les arguments que sauront vous donner professionnels de santé et âmes consacrées.

A votre citation sur le péché, je vous en propose une autre, un lien : (c'est un peu extrême, mais l'idée est là, il faut juste la dé-exalter)
Il a voulu faire l'expérience de la fatigue et de l'épuisement.

Courage belle Etincelle, âme plus courageuse qu'il n'y paraît, qui a la valeur de se laisser travailler par l'amour pour sa famille! Dieu est là, près de vous et pour vous!

Que Maman Marie vous console vous éclaire, elle qui a su, dans un moment où se déroulait devant elle la Passion de son futur bébé, dire avec confiance "je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon Sa Parole". Que dans son Amour Maternel elle soit votre étoile et votre refuge, elle qui sait aimer toute âme et la prendre là où elle en est.

Que Jésus soit votre force, vous relève et vous réconforte!

Quant à nous, nous sommes avec vous!
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar Kerniou » sam. 14 avr. 2018, 11:57

On peut parler avec l'autre pour le convaincre, prier, prier pour lui mais on ne peut pas agir à sa place. On ne peut le changer malgré lui ! ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar Fleur de Lys » sam. 14 avr. 2018, 15:47

Etincelle,

Je ne pense pas qu'on vous ai dit d'accepter l'homosexualité et d'aider votre frère à bien vivre en aimant des hommes.
J'ai compris des réponses de Zelie et de Katolik qu'on vous conseillait surtout de ne pas rejeter votre frère tout entier (sa personne- dans tout ce que "personne" peut avoir de sacré- ne se résume pas à son homosexualité).

Il est homosexuel, il est effeminé et attiré par les hommes. Ça, on n'y peut rien, les tentatives pour "guérir" les homosexuels semblent peu concluantes (article que je ne saurais cité à propos de centres, de "réeduction" aux usa). Je ne trouve pas cela normal non plus mais ça existe dans la nature humaine, de tout temps. Bug, maladie, peut importe.
Alors certes il pourrait rester abstinant, mais dans notre société qui depuis peu marie les homosexuels, lutter contre ce désir là doit être encore plus difficile. Que celui qui n'a jamais pêché lui jete la première pierre....

Ne pas lui jeter de pierres ne signifie pas accepter ce qui pour vous est un péché (mais est-ce que ça l'est toujours pour lui?) Seulement il ne vous appartient pas de le condamner.
De plus, éloigné de sa famille qui le rejette, que deviendrait-il? Il rejetterait peut-être famille, éducation, Eglise d'un seul bloc, car trop blessé.
Lui envoyer un message anonyme avec les condamnations à mort du Lévitique me semble être une grosse pierre lancée dans sa face. Ca va le blesser. Vous ne sauverez pas plus son âme de cette façon (mieux vaut peut-être un croyant pécheur qu'un athée pécheur?! Imaginez, qu'il renie Dieu, influencé par ses nouvelles fréquentations?). Et ce n'est pas fraternel d'agir ainsi anonymement...

Il y a sûrement des témoignages de catholiques homosexuels abstinants, peut être ça pourrait le motiver à vivre sa vie autrement, dans la chasteté, dans l'Eglise? En parler avec le prêtre de votre paroisse qui connaît peut-être ce sujet douloureux?
Votre frère est-il toujours croyant? (Vous dites qu'il est en pause dans ses activités d'église, il doit se sentir perdu, ou il semble en rejet?)

N'oubliez jamais que c'est votre frère, que vous l'aimez (n'oubliez pas non plus de le lui dire, vous vous inquietez de son âme, c'est très touchant) même si vous êtes amené à prendre un peu de distance pour le moment. Mais si vous espérez de lui droiture et chasteté, il me semblerait plus judicieux d'agir de même, en étant franche avec lui (pas de message anonyme ou trop moralisateur: vous avez peur pour lui, vous pouvez le lui dire) (pardon pour les répétitions peu littéraires)

Comment réagissent avec un peu de recul les autres membres de la famille?

étincelle
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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar étincelle » sam. 14 avr. 2018, 19:15

:( Donc aucune autre solution que d'accepter ?

Vous avez raison Kerniou, mais je pense que je vais plutôt attendre qu'il le dise lui-même, comme zelie le conseille tout en haut, en tout cas pour l'instant, et prier.

Mais mon problème, ce que je n'arrive pas à maîtriser mes gestes dès que je pense à ça, je deviens tout de suite distante, froide et je lui parle juste par hypocrisie, jusqu'à ce que j'oublie....

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar invitée2 » sam. 14 avr. 2018, 20:09


Ci-dessous deux versets que j'ai trouvés récemment, qui sont encrés dans ma tête et qui m'empêchent de l'accepter aussi.
Lévitiques 18,22
"Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme: c'est un abomination."
Lévitiques 20,13
"Si un homme couche avec un homme comme on fait avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable, ils seront punis de mort: leur sang est sur eux."
Si vous lisez le Lévitique dans son entier, vous lirez également que "la femme adultère doit être punie de mort".
Si vous lisez l'Ancien Testament de manière littérale sans contextualisation, Etincelle, vous tombez dans une manière 'intégriste d'être croyant. Vous êtes catholique ? Si vous écoutiez un peu votre pape ?

Le Pape François a dit : "Si une une personne est homosexuelle, cherche Dieu et est de bonne volonté , qui suis-je pour la juger?"

« Je redis ce que j’ai déjà dit et ce que le catéchisme de l’Église catholique enseigne : les homosexuels ne sont pas discriminés, ils doivent être accompagnés sur le plan pastoral "

« l’Église doit présenter ses excuses aux personnes homosexuelles qu’elle a offensées comme l’a dit récemment le cardinal Marx (un des proches conseillers du pape qui a dénoncé la marginalisation de l’homosexualité par l’Église, ndlr) » et que « nous, les chrétiens, devons présenter nos excuses de ne pas avoir accompagné tant de déchirures » et « de familles ». À ce titre, il a déclaré que ces excuses s’adressaient également « aux pauvres, aux femmes délaissées, aux jeunes sans travail » et pour « avoir béni tant d’armes », car « l’Église est sainte » et parce que « les pécheurs, c’est nous ! ».

Déjà en 2013 le souverain pontife avait reconnu aux homosexuels des « dons et des qualités à offrir aux chrétiens », bien qu’il s’oppose à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe.
(interviews diverses)

Tout est dit.

En Christ,

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar Anne » sam. 14 avr. 2018, 20:48

Etincelle a écrit:
:( Donc aucune autre solution que d'accepter ?
Accepter et prier!

C'est un grand soutien, prier pour demander au Seigneur de nous épauler dans les épreuves.

Je pense à vous, à votre famille et à votre frère...

:sign:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar étincelle » sam. 14 avr. 2018, 21:31

.....Je ne sais pas, je ne sais plus :(

Merci Anne. C'est effectivement la seule chose que je puisse faire, je ne sais même pas comment me conduire avec lui. Enfin je sais maintenant suite à votre aide à tous, mais je doute fort de ne pas y arriver.

Invitée2, je suis triste de savoir tout ça.
Je sais que la majorité des homosexuels n'a pas une vie facile à cause de cela, et ce n'est pas de leur choix, mais voilà c'est trop difficile à accepter.

Vous savez quoi, mon frère, il est serviable, sérieux, aimable, bon chrétien et tout, mais voilà qu'il a le pire défaut aussi. :cry: :cry: :cry:

Voilà, je vous remercie tous pour votre aide. Je vais réfléchir à tout ce que vous avez dit.

Et je promets de faire un effort....

Étincelle

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Re: Frère gay, que faire ?

Message non lupar pierre_ » dim. 15 avr. 2018, 23:35

Bonjour,

J'espère que les réponses à la suite de votre message vous ont permis d'y voir plus clair. J'aime particulièrement celle de "katolik" qui évoque le non-jugement comme un point central de l'éducation qu'il donne à sa fille.

Néanmoins, je ne peux m'empêcher d'être choqué par votre premier message dans lequel vous exprimez le dégoût que vous ressentez pour votre frère. Ce dégoût est exprimé aussi dans vos autres interventions et se ressent particulièrement dans votre dernier message dans lequel vous opposez ses qualités "serviable, sérieux, aimable..." à son "pire défaut" (l'homosexualité n'étant pas un choix comme le rappelle Fleur de Lys, le terme de "défaut" ne me semble pas approprié ici).

Par ailleurs puis-je me permettre de creuser un peu en vous demandant ce qui vous dégoûte réellement? Votre frère lui-même? La pratique homosexuelle? Est-ce le fait d'imaginer ce qu'il ressent...?

Bien à vous,

Pierre_


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