Ma vie, c'est tricher

« Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie ! » (Lc 6.21)
Règles du forum
Besoin d'écoute ou de conseil ? Vous pouvez, dans ce forum, partager votre fardeau avec nos lecteurs...

NB : les messages de ce forum sont modérés a priori ; les interventions jugées inopportunes ne seront pas publiées
Joris300
Barbarus
Barbarus

Ma vie, c'est tricher

Message non lupar Joris300 » jeu. 28 déc. 2017, 13:03

Bonjour tout le monde,

J'ai 35 ans, je suis parent d'une fille de 7 ans et marié depuis 10 ans. Mes parents sont fiers de moi, la vie de couple et le fait d'avoir des enfants ne m'avaient jamais attiré avant, pourtant j'ai fait tout ce qu'ils ont rêvé pour moi.

Toute ma vie est contrôlée, je sais exactement ou je vais : je me lève le matin tôt, je prie Dieu, je pars courir, je reviens, je me lave, m'habille, déjeune, et je prie encore. Je pars au travail, j'assiste à des réunions, je fais des blagues, je rigole, on mange entre collègues, dans la bonne humeur. Ensuite le soir, je rentre en bus, je regarde les paysages, toujours les mêmes et je rentre chez moi. Je fais la cuisine, je prépare des bons plats, j'impose à ma famille une prière avant de manger. Et le soir, a 10 heures pile, je vais me coucher mais pas avant ma prière a la Sainte Vierge.

J'ai toujours fait les choses d'une façon mécanique, je me suis toujours senti en sécurité, tout se passe exactement de la façon dont je pense que les choses vont se passer. Aucun faux pas, la vie est tracée, mon quotidien est paisible, je n'ai aucune raison d'être inquiet, ou d'avoir peur du futur.

Et pourtant je suis complètement perdu. Je prie Dieu parce qu'on m'a enseigné à le faire, je connais toutes les prières, mais je ne ressens rien. Je fais un travail que je n'aime pas particulièrement, pourtant ca me semble normal d'y aller tous les jours, je fais semblant d'avoir des qualités d'aisance ce qui plait lors des réunions, pourtant bien souvent je ne maîtrise pas les sujets et les tâches qui me sont confiées je prétend juste que je connais tout. Je participe à une association bénévole qui aide les plus démunis, quand je le dis, ça me donne l'image de quelqu'un de devoué pourtant au fond de moi je n'ai aucune tendresse ni pitié vis à vis de ces gens. J'écoute parfois leurs problèmes, je leur dis que je suis passé par la que c'est dur mais qu'ils vont s'en sortir mais tout cela est faux j'ai tout eu sans rien demander, je ne me suis jamais battu, les choses arrivent toutes cuites. Je n'apprécie rien..

Je dis a tout le monde que ma fille est le plus beau cadeau qui m'est été donné par Dieu. Ces mots touchent les gens, mais ce n'est absolument pas la vérité. Je ne sais pas si j'aime ma fille, je suis son père, et elle est ma fille, les choses sont comme ca, je ne ressens pas d'amour pour elle (c'est horrible de penser ca). Je triche tout le temps est sur tout, même quand je fais l'amour avec ma femme, je n'ai pas le plaisir, je le fais parce qu'il faut le faire ou qu'elle le réclame. C'est tout. J'ai l'impression de faire le bien depuis des années mais CE N'EST PAS MOI. Je ne ressens pas les choses comme ca. J'aime pas ma vie, je la deteste même. Je me sens si vide.

A la télé la dernière fois, j'ai vu une émission et j'ai eu un déclic. C'était un jeune homme il s'appelait jeremstar je crois, il disait qu'il voulait être le premier sologame de France, qu'il avait envie de se marier avec lui même. Il a aussi rappelé qu'il était homosexuel et qu'il vivait son homosexualité de manière libre et décomplexée. J'ai dit à ma femme que c'était n'importe quoi, qu'il vivait dans le péché et qu'il s'en vantait. C'est un discours que je tiens et qui est approuve. Mais au fond de moi, je n'y crois pas une seconde. J'admire ce jeune même si tout nous oppose, je le vois comme quelqu'un qui n'a pas suivi les règles qui lui sont imposées par le monde et la société et qui a suivi son propre chemin. Ainsi même si tout nous oppose, j'ai l'impression que malgré ma vie conventionnelle, je suis beaucoup moins heureux que lui et c'est valable avec tout le monde d'ailleurs.

Aujourd'hui je ressens le mal être. Je ne veux plus tricher, je suis fatigué de ma routine, de ces moments de joie prévus, de cette solitude mentale. Je veux autre chose. J'ai l'impression que ma vie est en dehors de Dieu.

Vous allez me dire de m'accrocher, de garder la foi, que Dieu m'aime. Et je vais vous remercier. Seulement, ce sera de nouveau un mensonge. Je ne vais pas m'accrocher je vais juste continuer à faire les choses de façon mécanique, jouer ce personnage que tout le monde aime sauf moi.

Quand vous priez, que ressentez-vous? Quand vous consolez une personne esseulée ou endeuillée, ressentez-vous vraiment sa douleur même si vous ne la vivez pas ?

C'est si dur d'être soi même, de ne pas tricher. De dire toujours ce qu'on ressent, pas ce que les gens veulent entendre. J'ai triché toute ma vie. Aujourd'hui, je veux être libre mais je ne sais pas par ou commencer, aidez moi s'il vous plait.

Joris

gerardh
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 4562
Inscription : ven. 26 déc. 2008, 20:02
Conviction : chrétien non catholique
Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar gerardh » jeu. 28 déc. 2017, 17:38

_________

Bonjour, il y a un cantique :

Es-tu lassé, rempli de tristesse
Dis tout à Jésus
Dis tout à Jésus
Son cœur est ouvert
A ta voix sans cesse
Dis tout à Jésus
Dis tout à Jésus

________

Avatar de l’utilisateur
Cendrine
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 327
Inscription : mar. 04 avr. 2017, 19:50
Conviction : Catholique de rite romain
Contact :

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Cendrine » ven. 29 déc. 2017, 12:02

Bonjour Joris,

Vous lire m'a glacé le sang, et je comprends que vous vous sentiez si malheureux de ressentir ce vide alors qu'autour de vous tout semble normal et rempli. Je ressens aussi une grande admiration vis à vis de vous car vous réussisez à vous donner intensément malgré l'aridité que vous ressentez : à votre femme et à votre fille, à la prière, aux personnes démunies, à votre travail... De nos jours où il semble que seules la jouissance et l'émotion soient les moteurs d'une vie ramollie, je vous trouve d'un grand courage et grande virilité.

Vous dites que vous priez chaque jour. C'est d'une façon mécanique certes, mais la prière est là et c'est déjà quelque chose, mais c'est comme si le Christ en était absent. J'imagine que vous allez aussi à la messe les dimanches ? Votre pratique de prière me semble bien solitaire. Votre femme est-elle croyante et prie-t-elle, aussi avec vous ? Vous confessez-vous ?

Vous dites ceci :
la vie est tracée, mon quotidien est paisible, je n'ai aucune raison d'être inquiet, ou d'avoir peur du futur.
J'ai l'impression que c'est toujours une erreur de penser que rien ne peut jamais nous arriver. On peut ne pas en avoir si peur parce que de toutes façons on sait que, quoi qu'il arrive, le Christ sera avec nous, mais à 35 ans penser que rien ne peut arriver est une erreur. Et finalement une chose vous est bel est bien arrivée : votre vide intérieur. Vous voici devant une épreuve qui vous arrive non pas de l'extérieur mais de l'intérieur et c'est très difficile d'en parler aux proches. Avez-vous déjà parlé de votre désarroi à votre épouse (sans bien sûr mentionner le manque de sensation d'amour) ? Vous vivez une épreuve de nature spirituelle et je pense que c'est là une des pires épreuves au monde. L'amour, c'est ceci qui vous manque. Non pas que vous ne le receviez pas, car il sort pour vous en permanence du cœur de Jésus et de celui des êtres qui vous entourent, mais une fois arrivé dans le vôtre, c'est comme s'il s'engouffrait dans un abîme sans fond.

Vous êtes dans un état de pauvreté intérieure qui me donne envie de pleurer. Et ce garçon amoureux de lui-même que vous avez vu à la télé (piètre idée la télé... :) ) est dans un état encore plus pitoyable même si extérieurement il paraît heureux, car lui ne se rend même pas compte de sa pauvreté.

Si vous êtes venu sur un forum catholique crier à l'aide, c'est que vous reconnaissez cette pauvreté en esprit dont vous souffrez affreusement. En quelque sorte c'est cette misère intérieure qui peut servir au Christ pour vous retrouver. Les Béatitudes parlent de ce dont vous souffrez. Il vous faudrait passer de longs moments devant le tabernacle ou le Saint Sacrement exposé pour mendier... Faire une retraite dans un monastère, envisager une reconversion professionnelle aussi pourquoi pas ; mais tout de suite je crois que votre première tâche est de devenir un mendiant (de Dieu), et nous devrions tous prendre modèle sur vous.

Vous serez dans mes prières cher frère.

Joris300
Barbarus
Barbarus

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Joris300 » ven. 29 déc. 2017, 18:47

Bonjour Cendrine,

Merci, merci pour votre réponse remplie d'amour. Je vous trouve juste du début a la fin, vous avez parfaitement traduit en mots la souffrance que j'ai partagée ici et que j'ai pourtant du mal a exprimer.

Les premières phrases de votre message me plaisent énormément. Vous m'admirez suite à mon post dans lequel je decris ma vie banale et le vide qu'elle me procure de la même façon qu'on pourrait admirer les personnes en situation d'extrême souffrance ou qui accomplissent des actions héroïques. J'aimerais avoir votre perception de l'espèce humaine.

Pour vous répondre, je ne pense pas que rien ne peut m'arriver ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Quand je regarde ma vie, je remercie Dieu pour toutes les choses qu'Il m'offre. Je gagne de l'argent, j'ai une famille, c'est une richesse infinie ! Je ne veux rien, je ne désire rien d'autre. Il est ici mon problème, ce manque de désir me ronge.

J'aimerais être comme vous, me dire que peu importe ce qui m'arrive le Christ est avec moi. Je me le répète en ce moment que je vous écris. Mais je n'y crois pas. Je sais qu'Il existe, mais je ne Le ressens pas à l'intérieur de moi. Personne n'est au courant de cela. Je n'ai pas envie de faire du mal a mon épouse. Je ne veux pas lui admettre que je ne l'aime pas, que le coup de foudre qu'elle a ressenti pour moi n'etait pas reciproque, que je n'ai rien ressenti quand notre enfant est né, quand elle l'a porté... Ce serait trop dur a entendre et je n'arriverais pas à lui dire. C'est plus facile sur un forum qui plus est catholique.

De l'amour j'en reçois tous les jours, de la part de mes parents, de mon épouse, de mes amis.. J'aimerais les aimer autant qu'ils m'aiment mais je n'y arrive pas. Je me force à les aimer, mais je ne ressens pas l'amour. J'aimerais considérer comme vous qu'il s'agit d'une épreuve, mais depuis que je suis enfant, j'ai les mêmes sensations et la même vision de la vie. Certainement que quand j'étais petit, je vivais au présent et dans l'innocence, mais quand j'étais adolescent, je me souviens qu'il m'arrivait fréquemment de me mutiler ou de bruler volontairement les doigts pour ressentir des émotions et la douleur a des moments ou je souffrais de ne pas pouvoir pleurer la mort de ma grand mère par exemple. Je ne pense pas que de telles choses peuvent disparaître. Ma nature me veut ainsi et j'ai d'autre choix que de l'accepter mais Mon Dieu que c'est dur..

Pour faire une retraite je pense qu'il faut vraiment en ressentir le besoin, ma souffrance ne me conduit pas a prendre cette decision. D'un côté j'ai envie de ressentir Dieu en moi et de l'autre, j'ai peur de Le rencontrer. Pour être tout a fait honnête, ça me fait peur de m'abandonner complètement à Lui. J'ai comme une force qui me retiens, au moment ou je pourrais ressentir Dieu, je me braque, j'ai peur. Je ne veux pas me perdre.

En tout cas votre message me redonne confiance et me fait sourire, c'est déjà un bon point. Merci de votre temps.

Joris

Avatar de l’utilisateur
Valentin
Censor
Censor
Messages : 77
Inscription : sam. 16 déc. 2017, 2:12
Conviction : Orthodoxe
Localisation : Languedoc

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Valentin » ven. 29 déc. 2017, 22:13

Joris,

après la douceur féminine de Cendrine, peut-être avez-vous besoin d'une parole différente.

Ce que vous nous décrivez ressemble beaucoup au syndrome de l'enfant gâté. Ce syndrome serait caractérisé par un « comportement immodéré, narcissique et immature ». (Wikipédia)

Ces termes ne sont guère flatteurs. Ne le prenez pas mal je vous prie, j'essaie sincèrement de vous aider. Pour cela il faut essayer de trouver les causes de votre détresse.

Je ne suis nullement psychiatre mais je crois que vous vous préoccupez beaucoup de vous-même. Un peu trop sans doute. Essayez de vous intéresser à d'autres personnes. Si votre vie est aussi vide que vous le dites, la vie d'une autre personne vous semblera certainement passionnante en comparaison. Vous pouvez commencer par vous intéresser à votre femme. Quelles sont ses émotions, ses désirs ? À quoi rêve-t-elle ? Essayez de deviner ses pensées tout au long de la journée, par exemple.

Vous savez, vous me donnez vaguement l'impression de quelqu'un dont le véhicule est en panne le long d'une route, au milieu d'une forêt, et qui, au lieu de chercher à réparer le véhicule, s'est assis sur une vieille souche d'arbre pour se lamenter sur son sort. Ce n'est pas la bonne attitude. Soyez plus sévère envers vous-même.

Surtout, cessez de subir le monde, de subir vos émotions et vos pensées. Vous êtes quelqu'un d'intelligent, cela se sent dans votre style. C'est un don de Dieu, mais c'est aussi une arme à double tranchant que le diable peut retourner contre vous. Il s'emploie manifestement à détourner vos pensées vers l'abîme. Cessez immédiatement de l'écouter : votre volonté est libre, c'est vous qui tenez le gouvernail. À vous de choisir où vous voulez aller.

Donc prenez les devants. Vous êtes un homme adulte, un père de famille : votre attitude se doit d'être digne et virile. Vous ne pouvez pas guérir tant que vous vous permettrez toutes les pensées, même les plus odieuses. Lorsqu'une pensée mauvaise envahit votre esprit, chassez-la, écrasez-la sous votre semelle comme s'il s'agissait d'un insecte répugnant.

Cessez de fuir devant la vie.

Cessez de fuir devant le diable. Vous voyez bien qu'il connaît toutes les portes secrètes de votre cœur et qu'il y a élu domicile. Levez-vous et combattez-le comme un homme.
Il dit à Thomas : «Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ;
approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant.»
Thomas lui répondit : «Mon Seigneur et mon Dieu !»
Jésus lui dit : «Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru.»

Jn XX, 27-29

Avatar de l’utilisateur
Kerniou
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 3695
Inscription : mer. 21 oct. 2009, 11:14
Localisation : Bretagne

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Kerniou » sam. 30 déc. 2017, 3:43

Je comprends que vous soyez inquiet de ne pas éprouver d'émotions ni de ne rien ressentir dans votre relation aux autres ...
Vous avez raison, la triche n'est pas la vie.
L'amour et les émotions sont le propre de notre humanité; ne pas éprouver de sentiments ni d'affection est, en effet, une frustration, une souffrance que, quelque part, vous ressentez. L'amour de Dieu passe par l'amour de l'autre, des autres; c'est pourquoi, à mon avis, le problème est d'abord humain; il faudrait commencer par l'amour humain pour accéder à l'amour de Dieu ...
Avez-vous songé à rencontrer un psy pour travailler l'aspect humain de votre situation ? Le plan spirituel se ferait par la suite et pourquoi pas avec l'aide d'un prêtre ... Vous pouvez, aussi, rencontrer un psy catholique qui vous conseillerait sur la répartition de votre double démarche ...
Bon courage à vous
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

Joris300
Barbarus
Barbarus

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Joris300 » sam. 30 déc. 2017, 13:18

Je comprends que vous soyez inquiet de ne pas éprouver d'émotions ni de ne rien ressentir dans votre relation aux autres ...
Vous avez raison, la triche n'est pas la vie.
L'amour et les émotions sont le propre de notre humanité; ne pas éprouver de sentiments ni d'affection est, en effet, une frustration, une souffrance que, quelque part, vous ressentez. L'amour de Dieu passe par l'amour de l'autre, des autres; c'est pourquoi, à mon avis, le problème est d'abord humain; il faudrait commencer par l'amour humain pour accéder à l'amour de Dieu ...
Avez-vous songé à rencontrer un psy pour travailler l'aspect humain de votre situation ? Le plan spirituel se ferait par la suite et pourquoi pas avec l'aide d'un prêtre ... Vous pouvez, aussi, rencontrer un psy catholique qui vous conseillerait sur la répartition de votre double démarche ...
Bon courage à vous
Merci pour votre aide Kerniou

Que Dieu vous garde

Joris
Joris,

après la douceur féminine de Cendrine, peut-être avez-vous besoin d'une parole différente.

Ce que vous nous décrivez ressemble beaucoup au syndrome de l'enfant gâté. Ce syndrome serait caractérisé par un « comportement immodéré, narcissique et immature ». (Wikipédia)

Ces termes ne sont guère flatteurs. Ne le prenez pas mal je vous prie, j'essaie sincèrement de vous aider. Pour cela il faut essayer de trouver les causes de votre détresse.

Je ne suis nullement psychiatre mais je crois que vous vous préoccupez beaucoup de vous-même. Un peu trop sans doute. Essayez de vous intéresser à d'autres personnes. Si votre vie est aussi vide que vous le dites, la vie d'une autre personne vous semblera certainement passionnante en comparaison. Vous pouvez commencer par vous intéresser à votre femme. Quelles sont ses émotions, ses désirs ? À quoi rêve-t-elle ? Essayez de deviner ses pensées tout au long de la journée, par exemple.

Vous savez, vous me donnez vaguement l'impression de quelqu'un dont le véhicule est en panne le long d'une route, au milieu d'une forêt, et qui, au lieu de chercher à réparer le véhicule, s'est assis sur une vieille souche d'arbre pour se lamenter sur son sort. Ce n'est pas la bonne attitude. Soyez plus sévère envers vous-même.

Surtout, cessez de subir le monde, de subir vos émotions et vos pensées. Vous êtes quelqu'un d'intelligent, cela se sent dans votre style. C'est un don de Dieu, mais c'est aussi une arme à double tranchant que le diable peut retourner contre vous. Il s'emploie manifestement à détourner vos pensées vers l'abîme. Cessez immédiatement de l'écouter : votre volonté est libre, c'est vous qui tenez le gouvernail. À vous de choisir où vous voulez aller.

Donc prenez les devants. Vous êtes un homme adulte, un père de famille : votre attitude se doit d'être digne et virile. Vous ne pouvez pas guérir tant que vous vous permettrez toutes les pensées, même les plus odieuses. Lorsqu'une pensée mauvaise envahit votre esprit, chassez-la, écrasez-la sous votre semelle comme s'il s'agissait d'un insecte répugnant.

Cessez de fuir devant la vie.

Cessez de fuir devant le diable. Vous voyez bien qu'il connaît toutes les portes secrètes de votre cœur et qu'il y a élu domicile. Levez-vous et combattez-le comme un homme.
Bonjour Valentin,

Merci pour votre réponse.
Tout d'abord, je ne prends pas mal le terme d'enfant "gâté" que vous m'attribuez mais je pense qu'il n'est pas juste dans ma situation. Je vous témoigne ici de mon monde intérieur, cela implique évidemment que je parle de moi puisque je me raconte, je parle de la souffrance. Et je demande après vos conseils. Mais cela ne se traduit pas dans mon monde extérieur : mon rapport aux autres, l'attitude que j'ai vis à vis de ma femme, de ma fille...
Si vous voulez, je pense avoir l'attitude virile que vous décrivez en ce sens que je ne montre pas mes sentiments, que je suis fort en apparence. C'est à l'intérieur de moi que les choses se compliquent, que je m'interroge sur le sens de mes actes, et que j'essaie de savoir si je suis vrai ou si je triche.
Je donne beaucoup de mon temps aux autres en participant à des actions humanitaires, en passant du temps avec ma famille etc.. mais j'aimerais le faire plus spontanément, comme Jésus le faisait, vous comprenez. Et j'aimerais aimer vraiment, pas le faire parce qu'il faut le faire.

Quand vous dîtes, "cessez de subir le monde", vous mettez l'accent sur le coeur du problème. Je ne peux pas m'en empêcher, c'est une forme de détachement que j'ai par rapport au monde. Si j'avais le secret pour vivre et ressentir les choses comme vous, je n'hésiterais pas une seconde, seulement c'est dur pour moi. D'ailleurs quand vous dîtes qu'il faut corriger ses pensées pour guérir, la aussi je vous demande comment. C'est pas si simple, une pensée arrive, s'installe dans mon esprit et souvent me submerge. C'est difficile de s'en éloigner, même si je pense à autre chose sur le moment, elle resurgit a un autre.
Le diable me fait penser des choses horribles, me fait remettre en question les choses les plus évidentes comme l'amour qui existe entre ma femme/ma fille et moi. Je ressens ces pensées qui m'envahissent. Mais je ne ressens pas celles de Dieu pour contrebalancer les autres. Quand je l'implore, Dieu n'est pas là, le diable, lui, ne me quitte jamais.

Merci a vous,

Joris.

TREBLA
Barbarus
Barbarus

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar TREBLA » sam. 30 déc. 2017, 14:27

Cher Joris300,

Quelle sincérité ! Votre message me fait penser à un psaume de David :
Je t'ai fait connaître mon péché je n'ai point caché mon iniquité; j'ai dit " Je veux confesser à Yahweh mes transgressions " et toi, tu as remis l'iniquité de mon péché. - Séla. (Psaume 32, 5)

Je prie pour vous et votre famille.

Que le Seigneur vous bénisse.

Avatar de l’utilisateur
Cendrine
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 327
Inscription : mar. 04 avr. 2017, 19:50
Conviction : Catholique de rite romain
Contact :

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Cendrine » sam. 30 déc. 2017, 14:48

Cher Joris,

Le fait que vous souffriez de ne pas ressentir d'émotion particulièrement aimante à l'égard des personnes de votre entourage est sans doute devenu comme une obsession. Un psy (mon mari est psychologue, mais depuis sa conversion il se méfie des penchants de son métier) vous dirait que vous avez probablement vécu étant enfant une grosse frayeur (pas forcément de nature psychodramatique) qui vous aurait forcé, par instinct de survie psychique, à prendre de drastiques distances avec les émotions. C'est peut-être là une voie qu'utilise le démon, vous et Valentin avez raison, car d'une situation inconfortable mais pas infranchissable il fait un piège.

Mais peu importent les causes humaines je crois, mieux vaux s'affronter avec ce qui vous occupe aujourd'hui. Le fait que vous vous exprimiez comme vous le faites montre au contraire une blessure à vif et une soif spirituelle qui ne demande qu'à s'étancher à la source du Christ, c'est tout sauf de l'indifférence, mais votre peur de ne rien ressentir de profond pour votre femme fait écran entre la beauté de votre don (la vocation qui est la vôtre est précieuse au Seigneur et vous y collaborez si bellement) et votre cœur. C'est le démon qui bouche la déferlante de tout cet amour que vous vivez d'une façon si digne mais sans en ressentir la beauté par les sens et l'émotion).

Dans une vidéo conseillée par notre ami Cinci (viewtopic.php?f=92&t=43335&p=373901&hil ... te#p373901), il y a quelques mots que j'ai pris l'habitude de dire lorsque je me trouve devant une tentation ou dans une situation qui me met face au malin : "Que tout esprit loue le Seigneur". Peut-être cela peut vous être utile aussi. Et puis il y a Marie, n'oubliez pas de lui demander son aide pour vous guider vers son Fils, et aussi à votre ange gardien ; on le laisse souvent bien trop de côté alors qu'il est là en permanence au plus près de nous tout en voyant aussi Dieu face à face...

A moi aussi il m'arrive d'avoir de soudaine horribles pensées qui me traversent, parfois même au beau milieu de l'oraison. Quand alors je pense à Marie, je me retrouve devant le ridicule de cette pensée, de son grotesque ordurier, et ça me donne envie de m'esclaffer, alors la pensée s'évanoui et je peux reprendre mon oraison. Il faut à la fois être vigilant contre le malin, mais indifférent avec lui car il n'aime rien davantage que de nous proposer des obsessions ou des dépendances qui nous rendent plus accessibles à ses griffes.

Notre religion fait de nous à la fois des êtres virils et guerriers pour ce qui touche à ce qui nous incombe, mais enfants démunis et nécessairement transparents recevant la grâce divine des plaies de Notre Seigneur. :)

Christophe B
Censor
Censor
Messages : 125
Inscription : sam. 03 oct. 2015, 17:24
Conviction : Catholique
Localisation : Ile de France

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Christophe B » sam. 30 déc. 2017, 16:59

"Moins tu as de sentiment et plus ta foi est grande, plus ta foi est louable, plus elle est appréciée et louée, car une foi intègre vaut bien plus qu'un sentiment humain"
Maître Eckhart

Dieu vous aime.

Pour aimé quelqu'un il faut le connaître!
Pensez-vous connaître suffisamment vos proches ?
Pensez-vous vous connaître suffisamment vous même ?
Pensez-vous connaître suffisamment Dieu ?

Avatar de l’utilisateur
Valentin
Censor
Censor
Messages : 77
Inscription : sam. 16 déc. 2017, 2:12
Conviction : Orthodoxe
Localisation : Languedoc

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Valentin » sam. 30 déc. 2017, 17:21

D'ailleurs quand vous dîtes qu'il faut corriger ses pensées pour guérir, la aussi je vous demande comment. C'est pas si simple, une pensée arrive, s'installe dans mon esprit et souvent me submerge.
Il vous faut changer d'« idéologie ».

Notre esprit est divisé en plusieurs parties, certaines échappent à notre contrôle, d'autres non. Nous pouvons influencer les secondes : cela se répercutera forcément sur les premières.

Faites votre examen intérieur. Quelle est votre emprise sur votre propre Volonté ? Si cette emprise est faible, il vous faut l'augmenter. Comment ? En se mettant à agir, en devenant acteur de votre univers mental.

Jusqu'à présent, ce sont les pensées mauvaises inspirées par le diable qui y mènent la danse, pendant que vous restez assis à ne rien faire. Levez-vous : ça va les effrayer. Résistez-leur de toutes vos forces.

N'ayez pas peur d'être très durs envers vous-même : faites constamment en votre cœur l'apologie de la Force, de l'Honneur. Laissez-vous guider par l'idéal guerrier de nos ancêtres.

Lorsqu'un ennemi se présentait devant un chevalier, avait-il le droit de fuir ? De se cacher ? C'était impensable. Il en allait de son Honneur.

Il faut que vous adoptiez cette mentalité du chevalier. Vous êtes catholique, un guerrier de l'âme, un soldat du Christ. Il n'y a pas de place pour la faiblesse dans votre vie.

Je vous souhaite du courage et le soutien des anges.
Il dit à Thomas : «Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ;
approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant.»
Thomas lui répondit : «Mon Seigneur et mon Dieu !»
Jésus lui dit : «Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru.»

Jn XX, 27-29

axou
Barbarus
Barbarus

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar axou » mar. 02 janv. 2018, 15:36


(...)
Pour vous répondre, je ne pense pas que rien ne peut m'arriver ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Quand je regarde ma vie, je remercie Dieu pour toutes les choses qu'Il m'offre. Je gagne de l'argent, j'ai une famille, c'est une richesse infinie ! Je ne veux rien, je ne désire rien d'autre. Il est ici mon problème, ce manque de désir me ronge.
Je ne pense pas que de telles choses peuvent disparaître. Ma nature me veut ainsi et j'ai d'autre choix que de l'accepter mais Mon Dieu que c'est dur..
(...)
Pour faire une retraite je pense qu'il faut vraiment en ressentir le besoin, ma souffrance ne me conduit pas a prendre cette decision. D'un côté j'ai envie de ressentir Dieu en moi et de l'autre, j'ai peur de Le rencontrer. Pour être tout a fait honnête, ça me fait peur de m'abandonner complètement à Lui. J'ai comme une force qui me retiens, au moment ou je pourrais ressentir Dieu, je me braque, j'ai peur. Je ne veux pas me perdre.

Joris
Cher Joris !

Moi, j'ai eu du plaisir et de la joie à vous lire car cela me réjouit toujours de voir une personne tomber le masque. En nous écrivant, vous entérinez votre décision de ne plus tricher et de découvrir votre propre vérité.

Vous vous décrivez comme grandement blindé, blindé d'une belle armure dorée, jolie aux yeux des autres, redoutablement efficace : vous l'avez mise en place il y a fort longtemps pour vous protéger et cela a très bien marché : vous avez ainsi évité nombre de blessures et humiliations qui atteignent le commun des mortels. Vous avez ainsi masqué à vos yeux une blessure sans doute ancienne et profonde qui a enclenché la mise en place de cette armure. Mais aujourd'hui vous ouvrez les yeux sur le prix terrible à payer : vous êtes mal dans votre peau parce que votre peau trop protégée n'est plus en contact avec le réel, réel physique ou émotionnel. On ne peut pas vous toucher, vous émouvoir. La caresse du vent sur votre peau, la caresse d'une main aimante, le regard bouleversant d'une personne en difficulté que vous écoutez ne vous atteignent pas, ils ne touchent que le métal, pas la chair.

Et aujourd'hui vous en avez ras le bol et c'est vraiment une très bonne nouvelle. Vous êtes coupé de vos racines profondes comme un arbre dont les racines n'atteignent pas la nappe phréatique qui lui donneraient l'eau à boire. Aujourd'hui vos racines profondes, tout votre être intérieur se révolte et quelle belle chose ! Vous avez soif ! Et Dieu a soif de votre soif ! Vraiment je me réjouis de votre révolte car elle est sainte.

Contrairement à ce que vous pensez, vous êtes déja dans l'amour. Vous êtes très attentionné avec votre femme, vous veillez à ne pas lui faite de peine, vous pensez aux autres, vous n'êtes pas dans l'égoisme ni la négligence. Vous avez le souci d'autrui. Votre armure ne vous a pas enfermé dans l'égoisme, elle vous a enfermé dans l'absence de sensation et de ressenti et vous a coupé d'une part importante de l'accès à vous même.

Allons droit au but, vous êtes appelé à la nudité. Le guerrier est en armure mais le saint est nu. Votre âme réclame son du et vous êtes arrivé au terme : l'obsolescence de votre armure et la découverte de la joie d'être irrigué de vos racines intérieures, habitées par le Souffle reçu à votre baptème.
Vous avez peur, très peur et c'est bien naturel ! Et le seigneur dans son immense délicatesse, Lui qui veut la vraie vie pour vous ne veut pas vous enlever brutalement vos protections, il veut vous apprivoiser peu à peu dans la confiance.
On parle beaucoup aujourd'hui de "lâcher-prise". Mais lâcher sa protection pour...pour tenir quoi ? On va tomber !!!
C'est pourquoi en christianisme, on parle davantage d'abandon ! On lâche, et on tombe...dans les bras du Seigneur !
"Si Dieu est pour nous, qui est contre nous ?"

Le courage du guerrier dont parle valentin, je le vois ici : le courage de faire des pas vers vous même et vers Dieu, pour vous abandonnner, non pas contre vos peurs, mais avec vos peurs. le Seigneur vous prend dans ses bras avec vos peurs et "Confiez Lui tous vos soucis car Il prend soin de vous".

Et comment faire ? Quels petits pas d'abandon pouvez vous faire pour aller vers votre Terre promise ? Vers vous même ?

Quelques idées qui me viennent : d'abord aller vous dire en vérité à une personne en chair et en os, sans la protection et la distance de l'écran, par exemple dans le sacrement de la réconciliation.

Puis aller dire votre vérité devant le "JE SUIS", le Christ dans sa Chair et dans son Sang devant le Saint-Sacrement. Supplier, supplier, demander Sa vie, Votre vie, vos sensations, vos émotions, vos vraies pensées et vos vrais désirs car l'intelligence émotionnelle et corporelle nous donne accès aussi à nos pensées. Demandez au Seigneur : quel est mon nom ? Le nom avec lequel Il vous appelle ?

Vous n'êtes as à l'abri d'un effondrement salutaire ! :)

Puis le corps. Rentrer en contact avec le corps. L'automutilation, cela m'est arrivé, je sais que c'est une démarche désespérée pour rentrer en contact avec soi même par le corps.
La Méditation En pleine Conscience est une belle voie, on peut s'inscrire à un groupe pendant deux mois lors desquels on vous apprend à goûter chaque sensation dans l'instant présent. le Père pascal Ide en dit les bienfaits dans "Puissance de la gratitude". Par la respiration et l'attention, on réapprivoise son corps et son esprit toujours occupé en folles pensées..
La méthode Vittoz peut être indiquée également.

Sur le plan thérapeutique, toute thérapie qui implique le corps et le ressenti : l'hypnose éricksonienne, la gestalt ,
la thérapie de groupe en piscine d'eau chaude (l'artillerie lourde !)...Une approche thérapeuthique qui vous amène à la fois par la parole vraie et par le corps à votre vérité, peu à peu.

Je pense aussi au pélerinage de Compostelle : ampoules et tendinites remplacent de manière avantageuse et plus ajustée l'automutilation :) et par les belles rencontres, la marche au long cours, la décantation, la vie exclusive au contact de la nature , l'objectif qui est le tombeau du saint, tout cela est un chemin vers soi, de manière organique et naturelle.

Le chemin vers soi nous mène à notre blessure originelle, celle là même que nous avons voulu fuir et enfermer à double tour. Mais la bonne nouvelle, c'est "que la pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire, merveille devant nos yeux..."
C'est pas cette blessure ouverte, enfin ouverte et offerte au seigneur que la vie de Dieu peut passer, c'est pas cette faille qu'Il peut rentrer et nous combler de grâces. Et ce que nous croyions indigne devient en fait le meilleur de nous mêmes : c'est pas la vulnérabilité que nous communions, en vérité.

Cher Joris,
je vous souhaite une belle année 2018, je vous souhaite une belle rencontre au puits de Jessé, comme la Samaritaine qui a soif et qui vient puiser de l'eau.

Bien à vous, Axou

Avatar de l’utilisateur
Marc Oh
Quæstor
Quæstor
Messages : 274
Inscription : ven. 01 avr. 2016, 16:05
Conviction : chrétien catholique
Localisation : Région centre

Re: Ma vie c'est tricher

Message non lupar Marc Oh » mer. 03 janv. 2018, 18:30

Bonjour je me demande si c'est pas l'ennui qui vous travail, les anciens dirai l'acédie.
Je dirai que si vous marchez sur un chemin droit il est normal que le malin se déchaine contre vous! Il a bien des solutions à vous proposer. Moi c'est dans les actions "saintes" que les plus horribles tentations surgissent! Cela surprend puis on se dit que c'est plutôt une bonne chose que de recevoir de tel sollicitation.
Une vie amoureuse avec le seigneur vous ferai le plus grand bien: un cache cache comme des jeunes marié (coucou, je te voie tu ne me voie pas, je suis là...). Je ne puis que vous conseiller d'enrichir votre vie spirituelle et d'en jouir, bref vous laisser caresser l’âme.
Un accompagnement spirituel s'impose il me semble. Pas pour apprendre des prières en plus, pour prendre plaisir à vous laisser embrasser. Bref démarrer une relation.
Autre possibilité, vous êtes dans l'illusion d'une vie droite mais vous êtes éloigné de Dieu et ne bénéficier pas de son secoure. Si c'est ça un prêtre s'impose en faisant un peu d'effort pour en trouver un emplis d'inspiration.
J'ai beaucoup de problème concret dans ma vie, mais je supporte il semblerai énormément car j'ai par jour plusieurs petit rendez-vous secrets avec le très haut. Je pense que l'on peu trouver une vie relationnelle intense avec le Seigneur sans les problèmes.

je prierai pour vous

à bientôt

marc
Marc Oh!
"... sans l'amour je ne suis rien..."

Joris300
Barbarus
Barbarus

Re: Ma vie, c'est tricher

Message non lupar Joris300 » jeu. 04 janv. 2018, 23:33

Bonjour à tous,

Tout d'abord je vous souhaite une très bonne et heureuse année 2018.

J'aime l'idée de l'abandon que véhicule Axou, je trouve ça si beau de se donner entièrement à Dieu. J'ai d'ailleurs essayé de réciter les prières qu'une personne avaient dites ici. J'ai essayé d'en parler à la femme, sans évoquer avec elle toutes les pensées qui me hantent mais par bribes. Elle m'a dit qu'elle avait pu vivre des situations similaires. Cela ne m'étonne pas, je pense que finalement, c'est rare d'être soi-même toujours et toute une vie. Bref, je fais du chemin. J'essaie de m'éloigner des choses évidentes pour me recentrer sur ce qui l'est moins.

Néanmoins, les choses se passent de nouveau pas comme ça. Demander de l'aide sur un site, en parler à ma femme, se rendre compte du problème... Et tout s'arrange comme ça ? D'un claquement de doigt ?

En résumé à vous lire j'ai l'impression qu'une amélioration peut se faire à la suite d'un travail. Comme si l'on pouvait rencontrer Dieu après l'avoir prié plus fort encore, après avoir fait des thérapies...

Bien sur que cela peut aider, disons aider à nous disposer pour l'accueillir en notre âme. Mais ne croyez-vous pas que le fait de ressentir Dieu est le résultat d'une rencontre ? Et que cette rencontre se fait comme ça ?

J'ai l'impression, d’après ce que je vis, qu'un jour le Christ entre en nous, et c'est merveilleux mais qu'on peut rien faire pour provoquer cela. Cela me rend triste si c'est le cas. Quand j'étais à la fac, je révisais pour mes partiels et je les obtenais avec de bons résultats, c'était compliqué, mais juste.

Or, rencontrer Dieu, j'ai l'impression que peu de personnes ont cette chance.

Moi j'ai envie de ressentir Sa présence, j'aimerais bien m'abandonner à Lui. Mais l'abandon n'est pas possible si on cherche "à tout prix" à s'abandonner à Lui.

Ai-je raison d’après vous? Voyez-vous les choses comme ça ?

axou
Barbarus
Barbarus

Re: Ma vie, c'est tricher

Message non lupar axou » lun. 08 janv. 2018, 20:49


Néanmoins, les choses se passent de nouveau pas comme ça. Demander de l'aide sur un site, en parler à ma femme, se rendre compte du problème... Et tout s'arrange comme ça ? D'un claquement de doigt ?

En résumé à vous lire j'ai l'impression qu'une amélioration peut se faire à la suite d'un travail. Comme si l'on pouvait rencontrer Dieu après l'avoir prié plus fort encore, après avoir fait des thérapies...

Bien sur que cela peut aider, disons aider à nous disposer pour l'accueillir en notre âme. Mais ne croyez-vous pas que le fait de ressentir Dieu est le résultat d'une rencontre ? Et que cette rencontre se fait comme ça ?

J'ai l'impression, d’après ce que je vis, qu'un jour le Christ entre en nous, et c'est merveilleux mais qu'on peut rien faire pour provoquer cela. Cela me rend triste si c'est le cas. Quand j'étais à la fac, je révisais pour mes partiels et je les obtenais avec de bons résultats, c'était compliqué, mais juste.

Or, rencontrer Dieu, j'ai l'impression que peu de personnes ont cette chance.

Moi j'ai envie de ressentir Sa présence, j'aimerais bien m'abandonner à Lui. Mais l'abandon n'est pas possible si on cherche "à tout prix" à s'abandonner à Lui.

Ai-je raison d’après vous? Voyez-vous les choses comme ça ?
Cher joris,

j'aime vraiment vos interventions, vous nous challengez, nous mettez vraiment en face de la réalité de ce que c'est que l'intimité avec le Seigneur, vous nous obligez au questionnement et au regard sur notre vie intérieure.

Les thérapies, le travail sur soi, se mettre à l'écoute de son corps, cela a un impact sur l'ensemble de notre vie, dans nos relations avec les autres et avec nous mêmes car cela est un chemin de vérité vers soi, vers son propre coeur. et ce chemin là ouvre aussi des portes à la vie intérieure en Dieu puisque Dieu est au fond de notre coeur, derrière la porte, frappant à la porte et attendant qu'on lui ouvre.

Concernant le ressenti de la Présence du Seigneur, le ressenti de cette relation, vous avez raison : les démarches pour se rendre disponible sont notre part et prédisposent à la rencontre et le ressenti, le fait d'être inondée par la Présence de Dieu, c'est la part de Dieu et c'est un cadeau, gratuit, inatendu, et qui peut être à demander mais pas à rechercher : c'est la part de Dieu et notre foi et la profondeur de notre relation à Dieu ne se mesure pas au ressenti.
De nombreux saints témoignent d'une absence totale ou partielle de ressenti selon les périodes de leur vie et mettent en garde d'ailleurs contre le danger de se trouver dans l'illusion de la relation ou dans l'orgueil de la relation à travers ces ressentis qui sont des bouleversements émotionnels. Si ça arrive, tant mieux. Si ça n'arrive pas tout de suite, amen.

Vous pouvez demander cette grâce, le demander humblement comme une prière d'enfant. Une réponse viendra en un temps et d'une manière inattendue.

Pour le moment, dans l'instant présent, il s'agit de cultiver l'intimité avec le Seigneur, tel que vous êtes, en prenant du temps avec Lui tous les jours, simplement en lui consacrant votre attention, votre respiration, votre coeur, vos désirs profonds.Lire la Parole, faire simple, sans jugement intempestif sur vous même, sans vous formaliser des pensées folles que vous laissez passer comme des nuages dans le ciel.
Simplement croire que vous êtes aimé et appelé à une Alliance et offrir une réponse, un oui d'amour en une volonté d'amour, juste un effort d'attention amoureuse, et puis en même temps un appel à l'aide du fond de notre pauvreté et en même temps, si possible, un élan de reconnaissance pour ce qui est donné.


Le Christ est déja en vous, vous l'exprimez dans votre manière de nous parler. Je vous confie une confidence, une confidence de Noel. je viens de passer une semaine en ermitage et on m'a mis de manière imprévue le Saint Sacrement dans ma cahute ! j'avais le Saint Sacrement dans ma chambre !
C'était l'occasion de prier dans le beau silence de la nuit. le soir, j'étais fatiguée, je me couchais et j'ai dit au Seigneur :" si tu veux que je vienne te retrouver cette nuit, tu n'as qu'à me réveiller, je ne mets pas de réveil." un petit défi d'enfant capricieux, sachant que j'ai un très bon sommeil. Toutes les nuits, Il m'a réveillée à 2 h du matin : une fois, un volet a claqué, une autre fois mon chien a rêvé bruyamment dans son sommeil, chaque nuit un truc, et un RV précis !

Voyez, le Seigneur a soif, il a soif d'une intimité avec nous, Il a besoin de nous. C'est le cri à Sainte Marguerite-Marie : "voici ce coeur qui a tant aimé le monde et qui est si peu aimé en retour". Et c'est l'explosion de joie qu'Il éprouve après sa rencontre avec la Samaritaine au point qu'Il refuse de venir manger avec ses disciples et s'exclame :

« Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.
Ne dites-vous pas : “Encore quatre mois et ce sera la moisson” ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur...."

Si vous étanchez un peu de sa soif, si vous même vous levez les yeux et regardez les champs déja dorés pour la moisson, croyez vous qu'Il va vous laisser dans une forme de marasme et désolation ? Non.

Il va vous faire un don : "Si tu savais le Don de Dieu".
Lancez vous, faîtes éventuellement une cure d'intimité en méharée au sahara, en retraite au fonds des bois, en randonnée solitaire, ou dans une visite fréquente dans une petite chapelle discrète... Ayez confiance.

Merci Joris pour votre intervention. pour moi qui ai peur de l'intimité avec le Seigneur, vous m'encouragez à poursuivre cette relation renouvelée avec Lui pendant mon temps d'ermitage.

En Christ,

Axou


Revenir vers « Soutien dans l'épreuve »



Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 5 invités