Guérir ma thanatophobie

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Guérir ma thanatophobie

Message non lupar Minmi » sam. 17 oct. 2015, 15:03

Bonjour,

Alors voilà, comme je le disais dans ma présentation, je suis en détresse et j'ai besoin de soutien.

En fait je souffre d'une thanatophobie sévère. La thanatophobie est la peur de mourir. Il y en a plusieurs types mais dans mon cas, il s'agit de la peur de ne plus être, la peur qu'il n'y ait rien après la mort. Pour les anglophones, la page anglaise de wikipedia propose une description très complète de cette phobie:
https://en.wikipedia.org/wiki/Death_anx ... sychology)
Malheureusement le wikipedia français n'a qu'une seule ligne pour décrire cette pathologie.

Les premières fois que cela m'était arrivé, c'était lorsque j'étais enfant. Malgré mon très jeune âge j'avais déjà pris conscience du fait que j'allais mourir et la possibilité que l'esprit disparaisse lorsque le corps meurt m'effrayait fortement, me donnant un puissant sentiment d'anxiété et des crises de paniques. Cela m'avait ensuite lâché pendant le reste de mon enfance et mon adolescence, mais voilà presque un an que ma phobie est revenue et en force.

Ce n'est pas une simple peur, mais bien une maladie qui a des répercutions néfastes sur mon corps et mon esprit. Quand je pense à la mort, j'ai des crises de panique qui se manifestent par un très fort sentiment d’anxiété et une combinaison de plusieurs des symptômes physiques suivants: un froid dans la nuque ou dans tout le corps, des tremblements, les dents qui claquent, des maux au niveau du thorax ou de l'abdomen et une envie de vomir.

Cela m'arrive généralement le soir ou la nuit avant de dormir. Quand je suis au calme et que mon cerveau a le temps de réfléchir le sujet de la mort ne met généralement pas longtemps à me venir en tête.

Pourquoi ai-je si peur de la mort? Tout simplement parce que je ne peux m'empêcher d'admettre que la possibilité que l'esprit ne puisse exister qu'avec un corps et en particulier un cerveau vivants est très réaliste et probable. Je ne suis pas athée, je ne suis pas du tout d'accord avec la plupart des principes athéistes, mais une partie de moi pense qu'il s'agit de la vérité (ce qui n'est pas étonnant quand la plupart des gens dans notre milieu de vie sont athées et que même l'éducation scolaire va dans ce sens).
Quand bien même je crois en Dieu, ce n'est pas parce qu'il existe que la vie après la mort est forcement une réalité. Il y a certaines choses dans la Bible qui ne correspondent pas exactement à la réalité, par exemple les récits de la Genèse sur les origines ont de nombreuses incompatibilités avec les réalités scientifiques et les preuves qui sont à nos dispositions (par exemple l’existence de fossiles d'animaux ayant vécu il y a plusieurs millions d'années). Et si la vie éternelle faisait partie de ces éléments de la Bible qui ne sont pas à prendre au pied de la lettre? Et si ce ne serait qu'un moyen pour l'humanité de se rassurer quand à la mort? On ne peux pas être sûrs de ce qu'il se passe après la mort.
Les religions ont toutes des avis différents sur la question et sont basées sur la foi. La science ne peut pas prouver l'existence d'une vie après la mort, elle irait même plutôt dans le sens contraire. Même lorsque des personnes ayant été cliniquement mortes sont revenues à la vie et ont raconté avoir vu des choses, le cerveau serait capable de secréter des substances chimiques plusieurs minutes après la mort d'après des recherches.

Personne ne peut être sûr de la vérité, c'est pourquoi je n'attends pas de vous que vous me donniez une réponse définitive, d'ailleurs je pense que même si quelqu'un me dit "oui, il y a une vie après la mort, c'est sûr" sans preuves, son avis ne parviendra pas à supprimer le doute qui réside en moi. J'essaie moi-même de m'auto-persuader mais la réponse ne peut venir qu'après la mort. En revanche, même si je ne peux pas savoir la vérité, je peux au moins vivre en croyant à la vie éternelle. Même si ce n'est pas vrai, je sais qu'objectivement, ce serait mieux pour moi d'y croire, ne serait-ce que pour ne pas vivre dans la crainte. Le problème c'est que je n'y arrive pas même si je fais mon maximum pour y croire. Je prie beaucoup, je suis allé à la messe, j'en ai parlé à mes proches qui prient pour moi, je fais tout pour me convaincre de l'existence de la vie après la mort, mais rien n'y fait, mon doute persiste, ma phobie persiste, et la vie éternelle m’apparaît toujours comme étant une issue moins réaliste que l'arrêt de l'existence. Au contraire, le fait que tous mes efforts n'amènent pas de changements me conduisent encore plus à penser que la mort est la fin de l'existence et accentue ma peur.

Je n'ai pas d'échappatoires, malgré mes efforts et ceux des personnes qui me soutiennent je n'arrive pas à m'en sortir, alors tout ce que je peux faire c'est tendre la main et demander plus d'aide.
Merci à ceux qui m'ont lu, j'aurais bien écrit d'avantage, mais je penses avoir dit l'essentiel. Si vous avez des questions j'y répondrais.
Que Dieu soit avec nous.

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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar Héraclius » sam. 17 oct. 2015, 15:51

Bonjour Minmi,


Sans prétendre apporter une réponse définitive, ce qui est bien entendu impossible, j'aimerais souligner quelques points de votre texte et vous donner des pistes de réfléxion.

Quand bien même je crois en Dieu, ce n'est pas parce qu'il existe que la vie après la mort est forcement une réalité.
C'est effectivemment le cas, mais pas si Dieu est le Dieu Chrétien, de cela soyez certain.
Il y a certaines choses dans la Bible qui ne correspondent pas exactement à la réalité, par exemple les récits de la Genèse sur les origines ont de nombreuses incompatibilités avec les réalités scientifiques et les preuves qui sont à nos dispositions (par exemple l’existence de fossiles d'animaux ayant vécu il y a plusieurs millions d'années). Et si la vie éternelle faisait partie de ces éléments de la Bible qui ne sont pas à prendre au pied de la lettre?
Les catholiques considèrent que Dieu n'a pas seulement laissé aux hommes la Bible, mais aussi une autorité pour l'interpréter. Sinon, effectivemment, nous n'avons aucun moyen de savoir quels passages doivent être pris à la lettre ou sous forme d'allégorie.

Cette autorité, c'est l'Eglise. Et si l'Eglise fait depuis des milliers d'années une lecture allégorique de la Gensèse, elle a toujours considérée la réssurection des morts comme une réalité de la foi. Le Credo, qui contient le coeur de la foi chrétienne, ne dit pas que le monde a été créé en 7 jours de 24 heures ou que le monde a 7000 ans. Par contre, il place le salut de l'homme et la vie éternelle au coeur du message de Dieu.

L'Eglise catholique, lorsque la science a contestée l'interprétation littérale de certains parties de la Bible, n'a eu aucun problème à considérer que cela n'avait pas d'importance, parce qu'elle avait l'habitude de ne pas se limiter à une lecture basique de ces textes. Ce qui importe, ce sont les vérités de la foi présentes dans l'écriture. La vie éternelle, elle, est justemmen l'une des plus importantes vérités de la foi. Ce n'est pas une allégorie. Et puis franchement, de quoi la ressurection serait-elle le symbole ?
Les religions ont toutes des avis différents sur la question et sont basées sur la foie.
Ce n'est pas tout à fait vrai. La religion catholique n'est pas une religion de la pure foi ; il ne s'agit pas d'exiger à tous de croire sans avoir vu. L'Eglise a toujours défendue la raison comme étant une pierre fondatrice de la croyance en Dieu et à la vérité de l'évangile. Saint Jean-Paul II a eu cette phrase admirable : "La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité." (C'est la première phrase de son encyclique Fides et Ratio qui traite justemment des rapports de la raison et de la foi).

L'existence de Dieu peut être approchée par la raison, et je crois que la croyance chrétienne est éminemment rationnelle.


Je vous invite donc à vous pencher sur l'enseignement de la Sainte Eglise avec le regard de la raison. Ce qu'elle vous propose n'est pas un simple moyen d'éviter la peur de la mort en la fuyant dans une foi irrationnelle, mais bien une Doctrine systématique et raisonnable qui place l'Amour comme le pivot central de l'existence toute entière.


Une dernière chose. Vous savez, la science ne dit pas qu'il n'y a pas de vie après la mort. La science ne dit pas qu'il y a ou qu'il n'y a pas quelque chose au-delà de la matière. Elle se contente d'étudier cette matière. La question de l'existence du spirituel, ou de l'existence de Dieu, n'est tout simplement pas du domaine de la science. Poser une question sur le transcendant à un scientifique, qui est un spécialiste de l'immanent, c'est un peu comme si on s'adressait à un agriculteur pour lui demander ce qu'il pense de l'importance du tournant technologique liés aux innovations comme l'assolement triénnal et le moulin à vent au moyen-âge. Ca, c'est une question pour un historien de l'agriculture, pas pour quelqu'un qui pratique l'agriculture aujourd'hui !

Ces questions là, vous devriez plutôt la poser à des philosophes. Certains philosophes sont matérialistes, d'autres des spiritualistes. Les premiers, ont, je le crois, tort.



Dieu vous garde en Son étreinte d'Amour,



Héraclius -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar katolik » sam. 17 oct. 2015, 17:51

Et si la vie éternelle faisait partie de ces éléments de la Bible qui ne sont pas à prendre au pied de la lettre? Et si ce ne serait qu'un moyen pour l'humanité de se rassurer quand à la mort? On ne peux pas être sûrs de ce qu'il se passe après la mort.
.
Cher Minmi, la Foi , ou plutôt ma Foi en jésus-Christ, me permettent aujourd'hui de vivre dans la conviction d'une vie après notre mort...

Vous parlez de "croire comme un moyen de se rassurer"...moi je vous parle de mon vécu...

Ma foi a débuté durant mon adolescence ou, à cause d'un match de foot sous le soleil, je me suis développé une méningite : le lendemain, je partais aux urgence à l’hôpital avec 41 de fièvre...
Je me suis réveillé 8 jours plus tard , après 1 semaine de coma ....j'ai dû faire face à de nombreuses difficultés de mémorisation les semaines suivantes, mais je me suis surtout réveillé avec quelque chose de nouveaux en moi : la Foi et l'arrivée d'un ami, jésus ....

De mon adolescence à aujourd’hui, plus de 40 ans se sont passés et ma foi m'accompagne encore à ce jour...

En 40 ans j'ai rencontré de nombreuses personnes, et surtout des jeunes puisque j'ai participé à des camps d'ados, j'ai été aumônier d'étudiants durant 4 ans, j'ai animé des préparations au mariage, etc.... Vous ne pouvez pas savoir le nombre de jeunes, ou de moins jeunes qui, à un jour précis de leur vie, ont rencontré Dieu grâce à un événement précis, une rencontre précise, ou même grâce à une "pulsion" (j'en ai connu un qui, ne croyant pas en Dieu , a eu une envie pressente d'entrée dans une Église, un soir, poussé par "quelque-chose- ou plutôt on devrait dire "par quelqu'un") ...

Comme moi, toutes ces personnes croient, et surtout, pratiquent la même chose : la prière ....Alors, cher Minmi, faites comme nous-tous, priez ! Et je ne doute pas que le Seigneur vous donnera un signe pour vous convaincre que, un jour, nous serons tous appelés à le retrouver, pour l'éternité ....

Courage mon ami .....
« Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire » (Sainte Bernadette Soubirous)

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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar Minmi » sam. 17 oct. 2015, 19:54

Merci pour vos messages.

Héraclius merci de m'éclairer de vos connaissances. Mes connaissances chrétiennes se limitent au catéchisme qui date de mon enfance et à mes visites à la messe. En effet, la science ne dit pas qu'il n'y a pas de vie après la mort, il s'agit plutôt des athées. Lors de mes recherches sur la thanatophobie, j'ai vu pas mal de personnes dans le même cas que moi demander de l'aide dans des forums non religieux et toutes les personnes qui répondaient affirmaient avec certitude qu'il n'y avait effectivement rien après la mort et qu'il fallait vivre avec. Je l'ai vu et entendu tellement de fois, et à chaque fois cela était affirmé avec une telle certitude que ça m'est rentré dans la tête et a altéré mon jugement.
Pensez- vous que je devrais approfondir mes connaissances sur la religion chrétienne et effectuer moi même des recherches pour guérir de ma phobie?

katolik merci de m'avoir partagé votre expérience. Je prie déjà et je n'ai pas l'intention d'arrêter mais cela n'a pas encore suffit à ôter les doutes de mon esprit, et ce malgré ma volonté de ne pas en avoir.

axou
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar axou » dim. 18 oct. 2015, 14:29

Bonjour cher Minmi !

vous souffrez d'une phobie qui vous handicape dans votre vie de manière importante. A l'âge ou vous pourriez profiter de votre jeunesse, vous êtes habité par des angoisses de mort majeure.

la bonne nouvelle, c'est que les phobies, ça se soigne ! et il y a aujourd'hui des méthodes révolutionnaires à ce sujet. Monseigneur Pascal Ide décrit ces méthodes dans son livre "'Des ressources pour guérir", en faisant le lien avec la philosophie et l'anthropologie chrétienne. Il a lui-même testé toutes ces méthodes.

De mémoire, il décrit la méthode de l'EMDR, la méthode TIPI, l'Hypnose éricksonnienne, l'EFT et la méthode Kaizen.
Personnellement, dans votre cas, je vous recommande la méthode TIPI (http://tipi.pro/accueil/) que j'ai vécue. Il s'agit de vivre 3 séances d'une heure avec un thérapeute TIPI, vous pouvez trouver des professionnels sur le site. Ces méthodes ne fonctionnent pas de manière intellectuelle mais utilisent avant tout l'intelligence du corps et l'intelligence émotionnelle.

La phobie est ancrée dans le corps, dans le système nerveux. Derrière la pensée ou la croyance, il y a un blocage physique et émotionnel, c'est dans ce domaine là qu'interviennent ces méthodes.

Mes prières vous accompagnent,

Axou

Minmi
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar Minmi » lun. 19 oct. 2015, 18:43

Merci beaucoup de me proposer ces méthodes de guérison, Axou. Je n'ai pas encore tout lu mais je me renseignerais et essaierais pour sûr!
Je vous tiendrais au courant si mon état s'améliore.

Paix à vous.

xTheo
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar xTheo » mer. 28 oct. 2015, 9:49

Bonjour,

Pourquoi ai-je si peur de la mort? Tout simplement parce que je ne peux m'empêcher d'admettre que la possibilité que l'esprit ne puisse exister qu'avec un corps et en particulier un cerveau vivants est très réaliste et probable.
Quand bien même je crois en Dieu, ce n'est pas parce qu'il existe que la vie après la mort est forcement une réalité.
Bonjour,

Si vous croyez en Dieu, vous êtes forcée de croire à la résurrection des morts et donc à la vie après la mort.
Pour la simple raison que Un Dieu qui est Juste ne donnera pas la même fin à une créature douée de raison et de jugement (hommes) qu'à créature brute et sans raisonnement (animaux). Ce serait une Injustice de la part de Dieu que l'homme et l'animal aient la même fin. D'un coté vous avez l'homme qui est composé d'un corps et d'une âme et de l'autre coté vous avez l'animal qui n'est composé uniquement que du corps. S'il n'y a pas de vie après la mort, alors l'homme a la même fin que l'animal et l’âme de l'homme ne lui sert de rien. La vie animale serait donc meilleur parce que l'animal n'a pas une conscience qui le juge. Pourquoi l’âme aurait-elle été associée aux douleurs et aux misères du corps?
Ce serait donc une injustice de la part de Dieu de leur donner une même finalité. Mais Dieu n’a pas fait l’homme en vain, car il est sage, et rien de ce qu’il fait n’est inutile.

Si vous croyez en Dieu, vous êtes forcée de croire à la résurrection des morts et donc à la vie après la mort.

Je vous conseille de lire le traité d'Athénagore sur la résurrection des morts cela vous fera changer d'avis j'en suis sur. Ci-dessous un extrait :
Vous ne ferez jamais entrer la vérité dans un esprit prévenu d’une erreur qui le met en garde contre cette vérité. Aussi, dans l’intérêt de ceux qui m’écoutaient, j’ai toujours commencé par dissiper leur prévention contre la vérité avant de leur donner les preuves qui l’établissent.

Procédons de la même manière dans ce discours sur la résurrection ; c’est l’ordre qui convient le mieux, je crois, à mes auditeurs. En effet, sur ce point comme sur tant d’autres, plusieurs sont incrédules, d’autres doutent ; ceux mêmes qui admettent les premiers principes ne paraissent pas plus fermes que les autres : mais ce qu’il y a de plus déraisonnable, c’est qu’ici le doute ou l’incrédulité ne reposent sur rien, et ne peuvent pas même s’appuyer sur la plus légère probabilité.

II. Voici donc comment il faut envisager la question : il est certain que l’incrédulité n’est pas toujours le résultat de la légèreté et de la précipitation, qu’elle peut se trouver dans une personne qui cherche sérieusement la vérité et qui désire la connaître (et l’on peut dire qu’elle est fondée lorsqu’elle se refuse à croire des choses évidemment incroyables ; mais il n’est qu’un esprit faux qui puisse traiter de chimère ce qui n’est pas invraisemblable). Je demande maintenant à ceux qui doutent de la résurrection, ou qui la nient, si leur doute ou leur incrédulité n’ont pas leur source dans les passions ou les préjugés, et si leur opinion ne se serait point formée sous l’impression des unes ou des autres ? Il faut qu’ils disent que l’homme ne doit son existence qu’au hasard (sur ce terrain il est facile de les battre), ou bien s’ils reconnaissent une divinité d’où émanent tous les êtres, il leur faut remonter à ce premier principe, et prouver que, même en l’admettant, la résurrection est encore incroyable, impossible ; dès lors il leur faudrait démontrer que le pouvoir ou la volonté manquent à ce Dieu pour ranimer nos corps, rassembler leurs membres épars, et recomposer les hommes tels qu’ils étaient autrefois. Mais comment pourraient-ils le prouver ? S’ils ne le peuvent, qu’ils renoncent à leur incrédulité.
https://fr.wikisource.org/wiki/Les_P%C3 ... 9nagore%29

xTheo


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poche
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar poche » jeu. 29 oct. 2015, 11:57

Je ne veux pas mourir non plus. Je ne pense pas qu'il soit anormal de ne pas vouloir mourir.

Minmi
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar Minmi » jeu. 29 oct. 2015, 18:34

Merci de votre réponse poche mais vous devriez peut-être relire plus attentivement mon premier post pour mieux comprendre ma situation. Il y a une différence entre ne pas vouloir mourir et y penser constamment en ayant toujours un sentiment de peur accompagné parfois par des crises d'angoisses.
Qui plus est ce n'est pas la mort en elle-même qui me fait peur mais plutôt le néant, la non-existence, la possibilité que notre mort pourrait signifier la fin de notre existence, de notre conscience, de notre âme. Si j'étais sûr que cette possibilité n'en serait pas une je n'aurais pas peur de le mort.


xTheo, je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait que ce serait une injustice. C'est une des nombreuses raisons pour lesquelles je trouve cette fin si effrayante. Ton message rejoint le début de celui d'Héraclius et vous avez absolument raison sur ce point, si notre Dieu existe alors la vie éternelle existe forcement. Au final il se trouve que la raison est plutôt rassurante ici.
Je ne suis pas encore guéri mais cette piste de réflexion m'aide déjà à m'en sortir dans les pires moments.


Sinon, j'en parlais en message privé avec un membre et je me suis dit que ce serait mieux de partager un morceau de ce que j'avais écrit ici. Ça en dit un peu plus sur moi et ma situation et il y a aussi ce que j'ai appris de ma peur, et que je trouvais important de partager.

Quoiqu'il en soit je suis déterminé à me soigner de cette phobie alors je suis prêt à essayer autant de moyens que possible. D'ailleurs j'ai pris un rendez-vous pour avoir un entretient avec un prêtre pour en parler.

Vous savez, cette phobie est une vraie maladie qui me gâche la vie sous bien des aspects et dont je dois absolument me débarrasser mais d'un autre côté elle m'a aussi changé relativement positivement. Beaucoup de gens vivent en étant prisonniers de leur quotidien, ils vivent un peu en spectateur plutôt qu'en acteur et souvent ils ne font pas ce qu'ils aimeraient faire à cause de ça. Je penses que, comme beaucoup de gens, j'ai déjà été comme cela, d'ailleurs c'est un peu dans ma nature d'être timide et prudent. Mais quand on a constamment la mort (ou plutôt le néant, la non-existence puisque je n'aurais pas peur de mourir si j'étais sûr d'être toujours conscient après) en face dans notre conscience alors les choses tels que le quotidien ou la timidité paraissent être de bien petits obstacles à côté. L'expression "Vivre chaque jour comme si c'était le dernier" prend un tout nouveau sens quand on est tanatophobe. Depuis que ma phobie m'a frappé à nouveau, je suis nettement plus actif dans ma vie que je ne l'étais avant. Au niveau professionnel je fais des démarches pour créer mon entreprise et j'ai déjà commencé à travailler sur mon projet, qui est la création d'un jeu vidéo car c'est ce que j'ai envie de faire et de léguer au monde. Au niveau affectif, je n'hésites pas à faire savoir à ma famille et à mes amis à quel point je les aimes, et je suis à la recherche d'un club ou d'une activité pour rencontrer de nouvelles personnes. En d'autres termes on peut dire que ma tanaphobie m'a secoué et m'a fait prendre ma vie en main.

Voilà j'avais envie de vous confier cela, car ma phobie me donne un point de vue différent qui m'a permis de constater à quel point les gens laissent couler leurs vies et se laissent bloquer par des choses insignifiantes comparées à la mort. C'est un message que ma phobie m'a fait comprendre et que je tâcherais de ne jamais oublier. Maintenant comme je le disais au début, je considères tout de même que je dois absolument me débarrasser de cette phobie, car même si elle m'a permis de reprendre ma vie en main, elle me fait aussi beaucoup de mal. Même mes efforts ne peuvent pas porter leurs fruits si j'ai toujours cette phobie car pour l'instant ils ne me rendent pas heureux mais prennent plutôt l’apparence d'une lutte désespérée contre l'inévitable. Je crée un jeu vidéo parce que j'en ai envie mais c'est aussi pour laisser ma trace dans le cœur des personnes qui voudront bien y jouer, comme je le disais c'est ce que je voudrais léguer au monde au cas où je viendrais à disparaître. Je fais savoir à ma famille et à mes amis que je les aimes parce que je veux qu'ils le sachent avant que je meurs. J'essais de vivre aussi pleinement que possible car je ne veux pas disparaître sans avoir fait le maximum. Comme vous pouvez le voir dès qu'on ajoute la tanaphobie dans l'équation, même les choses positives deviennent tristes et malheureuses. La peur de ne plus être est toujours plus ou moins présente dans ma tête et me fait vivre même les moments qui sont censés être heureux comme des moment tristes car ça se terminerait par la disparition, la non-existence, la mort permanente et définitive.

Merci à tous pour votre soutien.

Que Dieu vous garde tous.

xTheo
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar xTheo » lun. 02 nov. 2015, 8:57

xTheo, je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait que ce serait une injustice. C'est une des nombreuses raisons pour lesquelles je trouve cette fin si effrayante. Votre message rejoint le début de celui d'Héraclius et vous avez absolument raison sur ce point, si notre Dieu existe alors la vie éternelle existe forcement. Au final il se trouve que la raison est plutôt rassurante ici.
Je ne suis pas encore guéri mais cette piste de réflexion m'aide déjà à m'en sortir dans les pires moments.
Minmi
Un début de guérison est d'abord de vous accrochez à cette raison qui vous rassure tout en continuant de prier et surtout pour de tels cas n’hésitez pas à faire des prières ou neuvaines à la Sainte Vierge Marie en lui confiant clairement vos intentions.
Si vous le pouvez, faites un pèlerinage à St Jacques de Compostelle ou à Lourdes

--
xTheo

djodie
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar djodie » mer. 18 nov. 2015, 1:09

Bonjour, je pense pour ma part que vous n'avez pas peur de la mort. Vous fixez vos angoisses sur ce sujet. Vous décrivez des signes de crise d'angoisse ou de tétanie. Symptômes plus que désagréables. Vous devez vous faire aider. Je crois comprendre que vous êtes seul(e). Il est important de pouvoir parler de vos problèmes et de pouvoir repérer les circonstances d'apparition de ce malaise. Vous devriez en parler à un médecin. Bon courage.

helios
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar helios » mer. 16 déc. 2015, 12:51

Bonjour Minmi
Je vous ai précédemment rencontré dans votre questionnement sur le monde animal ce qui m'a permis d'avoir un aperçu des grandes qualités dont vous êtes doué. Intelligence et sensibilité donc clairvoyance et hauteur d'âme. Elles sont ici confirmées.
Elevé dans un environnement athée, j'ai eu moi aussi dans mon enfance les crises d'angoisse que vous décrivez et qui me contraignaient, la nuit venue, à me dresser dans mon lit le souffle coupé par la peur de la mort. Plus précisément par la perspective d' "être mort à tout jamais". J' incline encore à penser, malgré votre témoignage, que l'enseignement du catéchisme m'aurait épargné ces terreurs nocturnes. Je n'ai pas le souvenir de l'intrusion de ces idées noires durant la journée si ce n'est leur éclosion à la vue d'un dessin représentant un squelette de vache. Tout à commencé en cette fin d'après-midi alors que je feuilletais un illustré.
Aujourd'hui, l'idée de la mort ne me laisse pas indifférent mais elle a cessé de me tourmenter.
Le devoir m'appelle. Je vous ferai part tout à l'heure de mon expérience, en espérant qu'elle vous apportera, tout au moins un lèger apaisement.

helios
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar helios » mer. 16 déc. 2015, 23:56

Bonsoir Menmi
J'ai tenté,cet après-midi, de rédiger à votre intention cette "chronique - annoncée- d'une thanatophobie désamorcée".
J'avoue, à mon grand regret et pour ma plus grande honte, devoir y renoncer pour plusieurs raisons.
Force m'est de reconnaître,en tout premier lieu, que je ne possédais pas, à votre âge, au point où vous les portez, ces qualités dont j'ai fait état précédemment et qui vous mettent de plain-pied avec une réflexion de haute teneur morale.
Ensuite et alors que vous avez été élevé dans une famille catholique, c'est seulement au détour de mes seize ans que, happé par la lecture des "Pensées de Pascal" je me suis pris d'intérêt pour cette religion.
L'année du bac me fait rencontrer l'immense Henri Bergson dont je possède l' "OEuvre Complète" assortie de quelques ouvrages de ses détracteurs.
Le pli est pris.
Je lis Saint-Augustin, les Penseurs du Moyen-Age où la philosophie était, à quelques rares exceptions près, la servante de la Foi.
Les rencontres suivirent; Thomas Merton me vient en mémoire et avec lui Saint-Jean-de-la-Croix...

Seulement voila...JE NE SAIS ni comment, ni quand la peur panique de la mort cessa de me hanter.
J'appelle à la rescousse la dernière phrase de "Les Misérables": "... il mourut quand il n'eut plus son ange. La chose simplement d'elle-même arriva, comme le jour se fait lorsque la nuit s'en va."
Veuillez me pardonner.

Minmi
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar Minmi » lun. 21 déc. 2015, 9:00

Bonjour Helios,
Je viens de lire votre réponse et je vous remercie pour votre aide et vos compliments. Je ne sais pas trop quoi vous répondre mais je voulais vous confirmer que j'ai bien lu votre message. En ce moment, j'arrive à être un peu plus positif, la peur est toujours là mais elle est un peu moins importante. Cela parce que je fais beaucoup de recherches et je constates que la vie après la mort est loin d'être une impossibilité.
Comme je le disais, je vous ferais savoir quand ma situation aura évoluée.

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Philoup
Ædilis
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Re: Guérir ma thanatophobie

Message non lupar Philoup » mer. 06 janv. 2016, 2:09

Bonjour Minmi,

Je vais essayer d'apporter ma pierre à votre édifice. J'espère que ma réponse pourra vous aider. C'est plus une réponse "philosophique" qu'autre chose... Souffrant de la même thanatophobie que vous depuis mes 5 ans suite à la perte d'un ami d'enfance, je comprends ce que vous ressentez.

A mon avis, et je rejoins poche sur ce point, la thanatophobie n'est pas anormale; bien au contraire.

Je ne pense pas que la croyance en Dieu puisse vous "sortir" de là, par contre. En effet, si l'angoisse a une prise sur vous, il est difficile de trouver la possibilité de faire confiance ou de penser qu'il soit possible de se tromper sur l'idée de Néant : dans mon cas, ma thanatophobie fut une des raisons qui m'empêchait de voir la foi sous sa véritable gratuité. Je me persuadais de croire pour me rassurer, pour ne pas avoir peur,... et il est très difficile d'être honnête avec soi-même dans ces conditions. Je vous comprends tout à fait.

Ma réponse sera plus d'ordre philosophique (ou pseudo philosophique, je ne prétends pas avoir réponse infuse). :) Lorsque j'ai été confronté à ma crise de foi, l'idée de m'appuyer sur Dieu est devenu impossible, et je pense que ce fut pour le mieux pour progresser. Pourquoi? A mon sens, la thanatophobie est plus une réaction d'incompréhension que d'angoisse, plus une panique d'injustice que de crainte pure, un cri d'inéluctabilité et de révolte qu'une peur. Je vous prie de croire, je ne rabaisse pas votre état : je pense cependant que, lorsque vous mentionnez l'idée de mort et de disparition, vous vous dites "c'est horrible, c'est injuste, je ne peux rien y faire, pourquoi?".

Voyez mon message comme un "cheminement" vers un catholicisme "non thanatophobe"!

C'est pour cela que je pense que la « peur de la mort » est issu d'une mauvaise compréhension. Et je pense que la réponse que vous donnent certains soi-disant athéistes, matérialistes, nihilistes et anihilationnistes augmentent cette incompréhension et embrument la vision que l'on peut en avoir.

En gros, pour moi, dire « il y a rien après la mort » ou « il y a un néant infini et éternel » ou « une fois que c'est fini, c'est fini », sont des mascarades sémantiques sans véritables sens, mais aident un peu mieux à saisir le problème.

Voici quelques-unes des pistes que je vous propose qui vous permettront peut-être d'avancer.
1. Remarquez d'abord l'impossibilité de la construction « il y a rien après la mort ». « rien » est un concept purement négatif, et dire « il y a » donne une vision positive de la chose. On bute alors en attribuant quelque chose de positif au néant qui n'en est plus vraiment un !
2. Dans le même ordre d'idée, « un néant infini et éternel » : par définition, le néant ce n'est rien, et certainement pas quelque chose d'infini ou d'éternel. Une telle phrase donne la nausée lorsqu'on essaie de se représenter le concept en tête, et, en situation d'angoisse, on « chosifie » le néant comme une espèce d'un espace sombre (ou assimilé) dans lequel on flotte pour un temps infini ou quoi que ce soit, ce qui ajoute à l'angoisse.
3. De même, il y a toujours ce « retour au néant ». Le néant étant ce qui n'est pas, et l'être étant ce qui est, posez-vous la question : si un objet est, il ne peut pas ne pas être. Ou alors, c'est quelque chose qui existe : mais dans ce cas, il n'est ni étant, ni non-étant. (Je ne sais pas si je suis clair…) Et il est forcément mû par quelque être, qui lui permet d'exister. Quelle est donc cet être ? (si vous paniquez trop et que l'idée vous semble trop « théiste », dites-vous que ce n'est pas forcément Dieu). On vous criera souvent au « Hasard », mais qui est tellement étrange qu'il tient lieu d'une divinité consciente curieuse. :P
4. Le concept de « Néant » s'oppose au concept d' « Être ». Qu'est-ce que le Néant, si ce n'est l'absence d'Être ? Respirez : l'absence de votre propre être n'est pas l'absence du tout. Et si votre panique vous empêche de voir le catholicisme comme rien de plus qu'un faux espoir, demandez-vous ce qui fait que vous êtes maintenant… Était-il obligatoire que vous existiez ? Si oui, par quoi ? Et sinon, qu'est-ce qui vous fait exister ? Ne vous réfugiez pas trop dans l'idée du « hasard » : le hasard étant l'absence de toute organisation, il n'a aucune essence en tant que tel, à moins de le déifier… ;)
5. Ceux qui sont partisans de l'idée du ««««néant post-mortem»»»» nient souvent toute existence d'un principe indépendant de la matière qui meut notre personne. Il est curieux que ces derniers parlent alors d'« anéantissement », vu que les processus de mort et de vie ne sont alors que des processus matériels, donc uniquement des processus de changement… On criera souvent que je ne comprends pas leur vision ou quoi que ce soit, mais personne n'arrive à lever l'ambiguïté. Dans certains cas, on vous parlera d'auto-organisation ou d'organisation, mais leur réponse finit alors en termes vagues !
6. La question du temps se pose : s'il y a pour votre angoisse une idée de « néant éternel », demandez-vous : qu'est-ce que le temps lorsqu'on n'en a pas conscience ? Selon l'Aquinate, Aristote indiquait que le temps est mesure du mouvement. Certains physiciens modernes crient à la relativité du temps. Ici aussi, est-ce qu'un « néant éternel » fait vraiment sens ?
7. Toujours en raisonnant dans le pire cas : pour ceux qui hurlent à l'idée d'absence d'esprit, que veulent-ils dire ? Dans leur vision, si je prends mon corps il y a dix ans et mon corps d'aujourd'hui, je vois deux personnes différentes. Dois-je en conclure, selon eux, que je suis mort et revivifié un nombre incalculable de fois entre ces deux instants ?! ;) Qu'ils deviennent orientaux, alors : l'impermanence leur sied bien mieux! La conséquence logique voudrait que l'on nie l'existence d'un "moi" permanent et indépendant de tout (et donc possible d'exister ou de non-exister)... un certain Bouddha avait déjà mis le doigt sur ce problème!
8. Vous mentionnez les EMI, avec la thèse du cerveau mourant (sécrétions de substances qui font halluciner, etc.). C'est une thèse qui me semble intéressante et qui me passionne énormément, parce qu'elle tient la route… mais je ne vois pas en quoi cela répond au problème de la vie après la mort. Et à mon avis, cela soulève des questions bien plus intéressantes : s'il sécrète des substance après la mort, est-ce vraiment la mort ? Et si oui, pourquoi "je" ressens quelque chose? Quel est ce "je" qui vieillit et vit toujours? Comment est construite mon expérience subjective?
9. Réfléchissez au concept d'éternité. Que quelqu'un me corrige si je me trompe, mais Saint Thomas d'Aquin le voit comme un état où les instants ne sont pas séparés, ce qui amène à se poser la question du temps. Le temps est-il absolu ? S'il y a Néant après ma mort, le temps dépend de moi ? Donc il n'est pas absolu ?… etc.
10. Êtes-vous comblé dans votre vie ? Je prends la position d'un matérialiste franc, à savoir Épicure. Il indique que le bonheur ne se trouve pas dans la durée des plaisirs. La crainte de la mort vient souvent avec le besoin de « faire sens » en un espoir futur, qui correspond à une recherche impossible : on repousse le bonheur jusqu'à le voir non présent dans la vie. En ce sens, il permet de rendre compte d'un enseignement de l'Église. En effet, Dieu est déjà présent dès maintenant : si le monde est absurde, si je ne peux pas y trouver sens, ce n'est pas dans le futur que Dieu sera, vu que si sens objectif je trouve, c'est une manifestation de Dieu.
11. Vous pouvez choisir la position « absurde ». En effet, si le monde est « absurde », rien ne vous force à penser de façon rationnelle. Et si le monde est véritablement TOTALEMENT absurde, alors il n'y a pas de différence entre l'Être et le Néant. Curieusement, beaucoup de ceux qui crient au néant insensé changent brusquement de ton face à ce point!
12. "Avant de vivre ou après la vie, c'est la même chose" dit-on souvent. Curieusement, peu de ceux qui pensent cela poussent le raisonnement jusqu'au bout en affirmant que leur vie est sans but. Mystérieusement, des raisons étranges s'y greffent : besoin d'aider autrui, de faire "pour les générations suivantes", etc. Pour un néant, il est bien rempli!
13. Enfin, une dernière piste, c'est la piste de l'identité. La mort met l'homme face à la question vitale de : « si un jour je ne suis plus, alors que suis-je vraiment, maintenant ? ». Question que nombreux de nos contemporains évitent… mais qui vous touche, vous. Une question très sage !

J'espère que mon long discours vous sera profitable. Je me suis efforcé de parler le plus fidèlement possible, et en essayant de vous donner ce qui m'a permis de me poser plus calmement et de comprendre que le catholicisme donne une véritable réponse à ce « problème de la mort ». Il y a d'autres réponses possibles, en effet, mais l'enseignement de l'Église me semble être celle qui y répond le mieux. J'ai vu ma longue thanatophobie comme un moyen de me poser les bonnes questions et d'accepter l'enseignement de Jésus comme autre chose que d'une couverture chaude pour ceux qui ont peur de la mort : nous n'avons pas peur de la mort parce que nous avons confiance; et non l'inverse.

Beaucoup ne souhaitent pas voir de problème derrière cette peur, et préfèrent se tenir à une conception irréfléchie. De nombreuses réponses tiennent plus lieu d'un questionnement avorté et d'une croyance que l'on s'impose que d'une conclusion réfléchie : « je n'y pense pas et tout va bien », « il y a rien après la mort puisque je ne peux pas m'imaginer et que je n'ai pas réfléchi à la question ! »… tiennent plus lieu de faux-semblants que de véritable sagesse.

Si l'un des participants de ce forum remarque une position bancale ou une erreur dans mon raisonnement, n'hésitez pas à me le faire remarquer. J'ai écrit avec le cœur, mon discours peut sembler confus à certains points.

Merci de votre écoute, tout mon soutien à vous !

Au plaisir.


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