Apprendre à me modérer

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apatride
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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar apatride » jeu. 19 oct. 2017, 22:45

Pour ce qui est des méthodes de psychothérapie, elles ont chacune leur efficacité mais celle-ci reste limitée.
Ce que je critique n'est ni la méthode ni la compétence mais le corpus d'idées implicitement contenu chez les psys en général :
1 cette idée que famille, parents, passé, seraient les seuls responsables de vos maux.
Je suis sceptique...car le monde moderne à lui seul crée des souffrances ( solitude, banalisation de la sexualité contraceptive, nécessité pour chacun de gagner sa vie et pour cela de se battre, culpabilisation de ceux qui ne vont pas bien, surestimation de la beauté physique....) et nous incite à pécher.
Pour ce qui est de la famille, je pense qu'elle est un soutien lorsqu'elle conserve les valeurs, les comportements et la morale classiques. Ce sera alors un refuge, un autre son de cloche qui permettra de relativiser les caractéristiques du monde moderne libéral.
Mais les familles "libérées" font bien des dégâts car elles ne sont pas un refuge mais abondent au contraire dans le sens du monde moderne.
2 La modernité , plutôt le "modernisme" des psys veut que leur foi soit dans l'individu supposé maitre de son destin.
Là encore je suis sceptique.
La créature humaine est faible et elle est bien peu de choses. L'humilité chrétienne est à l'opposée de l'"amour de soi" exigé par les psys. ces derniers essaieront de vous adapter aux normes modernistes. Or un Chrétien devrait les interroger tout d'abord car nombre d'entre elles sont en contradiction avec notre foi.

L'âme humaine ne peut se réduire au psychisme. Bien des souffrances diagnostiquées par les psys ont en réalité des souffrances spirituelles pour origine ( éloignement d'avec Dieu, perte de foi, compromission avec les normes modernes, etc.)
C'est une vision je trouve réductrice de corpus théorique qui sous-tend ces méthodes. Jamais il n'est question de rejeter l'entière responsabilité de nos maux sur notre famille. Evidemment, il y a un rapport profond au Père et à la Mère (réels comme archétypaux) qui s'ancrent profondément en nous dès la petite enfance, de manière archaïque et non verbalisée, et qui vient teinter toute notre relation au monde. Mais il y a aussi un accord tacite puisque nous acceptons, plus ou moins malgré nous, de souscrire à ces rapports. Il s'agit donc de détricoter tout cela pour mieux comprendre quels sont les assentiments que nous avons posés, pour mieux nous positionner vis-à-vis d'eux.

D'après mes lecture et dans mon expérience personnelle en tous cas, il s'agit de cela. Je ne pense d'ailleurs pas qu'on puisse réellement "réussir" une thérapie si celle-ci se réduit à se victimiser et se décharger de toute responsabilité personnelle. J'ai en tous cas l'expérience personnelle du contraire.

Idem avec l'individu maître de son destin, il suffit d'ailleurs de lire les grands maîtres à penser de la psychologie pour constater qu'ils réservent une grande place au tout Autre, quelle que soit leur confession et le nom qu'Il lui donne.

Mais bref ; encore une fois il ne s'agissait que de proposer une piste, sans caractère obligatoire, qui a été pour moi féconde et m'a (paradoxalement à vous lire) rapproché de Dieu.

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Philon » ven. 20 oct. 2017, 10:33

Pour moi cela a été le contraire. Suite à un nombre impressionnant de diverses thérapies ratées, je me suis (enfin) tournée vers Dieu.
Jadis les psychothérapies n'existaient pas. Elle apparaissent à la fin du XIX ème siècle dans un contexte de dé christianisation , d'industrialisation déjà mondialisée et d'une "foi" illimitée dans la Science.

Comment faisaient les gens autrefois ? Ils se concevaient autrement. Ils souffraient mais pas des mêmes maux. Mais ils avaient aussi un contexte sociétal plus proche de leur réalité, moins déconnecté de leur nature (surtout en ce qui concerne la famille), plus stable.
Entourés de contraintes et confrontés à des conditions matériellement dures, ils ne cherchaient pas en eux-mêmes la cause de toutes les souffrances car il était évident qu'ils n'avaient pas le choix.

Ce qui paradoxalement était un grand soulagement ! L'angoisse de l'homme moderne soucieux de "se réaliser" et se croyant son propre créateur leur était probablement inconnue...Aujourd'hui on se sent carrément coupable de souffrir, c'est aberrant ! Autrefois, ce n'était pas le cas, on partait d'un postulat : ben oui sur cette Terre on a des souffrances et souviens-toi de celles de Notre Seigneur Jésus-Christ. Donc on "portait sa croix" bon gré, mal gré, mais souffrir n'était ni une faute morale ( comme c'est le cas pour les modernes) ni une maladie.
Ce qui est quand même une sorte de consolation : se dire qu'on ne l'a pas mérité !

On se définissait par rapport aux appartenances sociales, à la famille, à un village, à une paroisse. Les liens étaient très serrés, de sorte qu'il y avait toujours au moins une personne avec qui on trouvait plus ou moins compassion et compréhension. C'est loin d'être le cas aujourd'hui et les psys sont loin d'être dans de telles dispositions...

Une femme trompée par exemple allait voir le confesseur et l'opinion publique, si la chose était sue (effectivement les voisines causaient trop), donnait tort à celui qui commettait le péché, les actes mauvais étaient clairement appelés péchés. Cela aussi est très rassurant au fond. Plus en tous cas que la "neutralité" soi-disant "bienveillante" (??????) des psys...

Je pense que nombre de souffrances actuelles sont "iatrogènes", créées par la modernité et la mondialisation libérale : solitude, précarité des relations, déracinement, inculture, athéisme....l'orgueil de l'homme moderne se retourne contre lui ! Le remède n'est pas de chercher dans son inadaptation à ce monde moderne la cause des souffrances, puis de s'y adapter et/ou d'avaler des médocs.. En me convertissant j'ai retrouvé ce que la modernité a perdu. Nous n'avons pas que des parents terrestres mais aussi des parents célestes, ne l'oublions pas .
Quand les gens se "victimisent" c'est parce qu'ils ont oublié qu'on peut offrir les souffrances à Dieu. Et que les souffrances peuvent purifier, voire racheter ! Oui mais cela les psys ne vous le diront pas, ce n'est pas ça leur boulot.

L'homme croyant, bien que souffrant beaucoup parfois, aura un comportement de prière, il pensera qu'on a tous une croix à porter et il déposera les souffrances aux pieds de la Croix. Il se dira "je fais mon chapelet quand même" ou encore "il me restera toujours un ami : Jésus". Mais il ne se dira pas, pour certaines de ses souffrances, qu'il en est "responsable" ( exemple : sa femme part alors qu'il a été un bon mari, on le licencie non parce qu'il a fait une faute mais parce que les actionnaires de la boite demandent des licenciements et qu'il a plus de 45 ans..etc, etc.) L'homme moderne est déclaré "responsable" de tous ses maux ( ce qui va à l'encontre de la réalité , de la charité et de la justice) et en même temps il est "privé de Dieu". Supposé s'autocréer, il se sent donc coupable de toutes les beignes d e l'existence. On est en plein surréalisme, là !

Les psys sont les ardents agents (très médiatisés, se demande -t-on pourquoi ?) de ce nouveau système qui part de l'individu et revient à lui et le croit son propre créateur. Qui ajoute parfois un peu de religion superficielle par-dessus "si ça vous convient"... C'est pourquoi désormais je les évite. J'ai gouté tant de consolation dans les veillées d'adoration que maintenant les psys me paraissent tous petits petits petits...

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Philon » ven. 20 oct. 2017, 17:26

J'ajoute ceci :
très logiquement lorsque vous dites, Apatride, que les sujets même lorsqu'ils sont blessé dans l'enfance par leurs parents ce qui peut "expliquer" certaines choses, auraient , selon les psys, consenti plus ou moins volontairement à ces blessures ou bien encore n'auraient pas pu se défendre psychiquement contre ces violences et porteraient donc une responsabilité dans leur état actuel ou leur mal être....très logiquement il faut en conclure que les petites victimes d'actes pédocriminels, pédophiles, incestuels ou outrageant la pudeur auraient donc plus ou moins volontairement été d'accord pour subir ces choses. C'est révoltant !

Cette inversion des valeurs est en cours en Occident hélas. J'ai vécu et travaillé 14 ans dans un pays qui est plus en "avance" dans ce domaine que la France, plus moderne dans ses mentalités. C'est révoltant d' y entendre les gens au quotidien régurgiter la "morale des psys" qui fait porter précisément la responsabilité non pas sur l'auteur de l'acte OBJECTIVEMENT MAUVAIS ( ceci supposerait une vision de l'homme basée sur l'existence d'une autorité qui le précède, le crée, l'institue et à qui il doit obéissance) mais sur la prétendue responsabilité de la victime et/ou sur son ressenti subjectif. En gros si tu as mal parce qu'on te frappe c'est ta subjectivité qui est en cause, avec un peu de training autogène tu pourrait complètement t'anesthésier tout seul. Ou encore s'il y a dans le voisinage une femme battue les adeptes des psys ne vont pas dire que le responsable est celui-là :boxe: ,( "faut pas porter de jugement", "s'il est heureux comme cela"...) mais que c'est la personne qui "se laisse battre".

Si les psys prennent le pouvoir sur l'opinion publique, jusque dans les moindres actes du quotidiens, jusque dans nos intimités, je vous assure, Apatride, que nous n'aurons plus besoin NI DE POLICE, NI D'EDUCATION, NI DE SYSTEME JUDICIAIRE. Mais de psys, de psys, de psys......pour donner à tout le monde des cours d'autodéfense, des cours d'assertivité, des cours de pensée positive...et pour distribuer des bons points à l'aune d'une morale inverse de celle qui était là notre jusqu'ici. J'ai vu dans ce pays étranger avec 20 ans d'avance ce qui arriverait en France, c'était bel et bien la morale libérale qui vient nous envahir mais grossie à la loupe. Je n'ai pas envie de cela pour les générations futures.

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Philon » ven. 20 oct. 2017, 17:43

Mais nous dévions du sujet.
Les troubles alimentaires avec des compulsions ont souvent comme origine , physiquement parlant, le fait que la personne a essayé de mincir ou n'a pas eu une alimentation suffisante parce qu'elle a voulu se restreindre. Le Dr Zermatti ( dont je recommande les livres) observe que le corps se "venge" en quelques sortes. Plus vous faites de régimes en contrôlant volontairement votre alimentation, plus vous risquez de créer des manques de substances vitales pour le corps et plus celui-ci va "profiter" des moindres choses. Il y aura, c'est une loi naturelle, un "re bond" dans les années suivantes. A long terme, en habituant l'organisme à manger trop peu, la restriction alimentaire crée du surpoids alors qu'à court terme son objectif est l'inverse. De plus vous risquez de mettre en marche une logique de crises boulimiques suivies de vomissements ou de périodes de restrictions sévères. Plus vous allez supprimer des aliments et plus dans une crise de fringale vous allez les consommer en excès.

Le Dr Zermatti recommande donc de laisser tomber un contrôle externe, un contrôle dicté par une méthode amaigrissante. Et de se laisser orienter par ce que vous sentez, quitte à manger "trop" durant un temps. On commence par se laisser guider par sa faim, choisissant ce qui vous fait envie, ce dont vous sentez que vous avez besoin. Le but est de "sentir" que le corps sait se réguler de lui-même, il est équipé pour ce faire. ( exemple si vous avez envie de manger des produits laitiers c'est que vous avez besoin de calcium). Là je pense aussi que la prière, l'eucharistie, la confession, vont aider la personne. Cela demande du temps.

La personne peut accepter son corps et ne plus lui faire de "guerre" lorsqu'elle sent l'amour de Dieu. Dieu vous l'a créé, votre corps, Il vous l'a donné, et tel qu'est votre corps, c'est une partie du Plan de Dieu. Nos société ,hélas éloignées de Dieu ,fabriquent des critères de beauté et des méthodes d'amaigrissement contre-nature. Ce n'est pas l'homme qui choisit sa taille, son sexe, son poids, l'heure de sa mort.

En s'en remettant au bon Dieu, nous allons mieux car nous acceptons mieux notre sort.

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Quejana » sam. 21 oct. 2017, 16:23

Bonjour,
Merci à tous les deux pour vos messages, je vis une expérience complètement étrange. Il me semble qu'en jeûnant, ce n'est pas à mon propre corps que je faisais la guerre, pas seulement, mais à ma volonté, à mon égoïsme. Depuis que j'ai cassé mon jeûne, le 12 octobre, je passe des journées terribles ; je ne peux pas les décrire tellement elles sont affreuses par rapport à ce que je connaissais avant...
Je ne fais que penser à manger, je mange toute la journée et je ne dors quasiment plus. Le pire, c'est que je le fais avec une sorte non pas de plaisir, mais d'enthousiasme furieux qui n'a rien de bon, vraiment, qui s'adresse même directement à Dieu : "J'en ai marre de faire le bien, j'en ai marre de me priver, j'en ai marre de Toi et de T'obéir, je ne veux plus de Toi"
Je ne mange pas pour me faire plaisir, mais pour faire un pied-de-nez à l'image de la sainte que je voulais être. Je m'isole, je ne supporte plus d'être sollicitée par les autres et je n'ai plus envie d'être gentille. J'ai de l'argent sur mon compte en banque, qu'avant j'aurais aimé donner et on dirait que cette boulimie ne s'est provoquée que pour m'aider à dilapider le plus piteusement possible mon argent.
Chaque fois que des remords me viennent, mon cœur s'endurcit et je pense à manger quelque chose. Pire encore, j'en viens à avoir des mauvaises pensées contre les gens, des choses que je n'avais jamais éprouvées jusqu'à présent ; à mon travail, je fais semblant d'être aimable mais dès que je suis toute seule, je me mets à grimacer ou à sourire cyniquement en pensant à ce que je vais manger après. J'ai un sentiment de révolte, qui n'est pas seulement lié à la nourriture mais qui me pousse à me détourner de Dieu. Le bien me semble tellement inaccessible que je ne veux plus le voir... Il y a quelques jours, j'ai pris à la médiathèque un livre de Charles de Foucault et chose hideuse, en plein milieu de ma lecture, j'ai été tellement tourmentée que j'ai jeté le livre et me suis précipitée sur un morceau de pain.
J'ai prié Dieu, j'ai voulu faire un nouveau jeûne pour me repentir et faire pénitence en lui disant : "Si je ne le respecte pas, que je sois damnée pour l'éternité", et je ne l'ai pas respecté. Ce n'était pas poussée par la faim que je ne l'ai pas respecté mais par pure désobéissance ; ce n'est pas qu'avec la nourriture en ce moment que je désobéis à Dieu, mais en tout, je ne fais plus rien de ce que je faisais avant. Les pénitences alimentaires me servaient à contrôler ma volonté et depuis que je n'ai plus ce recours, je suis esclave de mes passions et je me laisse emporter.
Je viens de faire un nouveau vœu de jeûne, il faut que je le respecte. Tant que je ne ferai pas pénitence, je ne pourrai pas être triste de m'être éloignée de Dieu et viendra un moment où je ne regretterai même plus de m'être détournée de Lui... Quel cauchemar ! En plus de cela, le chemin du retour devient de plus en plus compliqué car le mal que j'ai fait me fait souffrir chaque fois que j'essaye de me rapprocher du bien.
Que faire ? que faire ? y a-t-il encore de l'espérance à avoir ou suis-je définitivement perdue ? Si j'ai exercé un tel contrôle sur ma vie et sur mon alimentation depuis que je suis devenue chrétienne, c'est précisément parce que je me connais et parce que je sais que je suis loin, loin d'être quelqu'un de bien. Il m'a suffi d'une faille et je retrouve mon vrai visage, le visage égoïste, mesquin, cynique, grimaçant de la véritable fille que je suis.
Je ne sais plus quoi devenir. Je sais que ce que je décris est assez horrible et je m'excuse de vous en faire part.

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Kerniou » dim. 22 oct. 2017, 1:35

Ce n'est pas parce qu'on est chrétien que l'on doit contrôler tout ce que l'on mange. Entre manger à sa faim et se "goinfrer, excusez l'expression , il existe une marge.
A se priver de nourriture, on finit par ne plus penser qu'à cela ... ce n'est pas sain. Mieux vaut se priver moins et penser à autre chose. La diminution de nourriture est faite pour que l'on puisse se consacrer à la prière te/ou à la méditation. Si la privation de nourriture conduit à ne penser qu' à cela, on obtient l'inverse du but recherché; mieux vaut manger normalement et envisager une autre forme de pénitence ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Kerniou » dim. 22 oct. 2017, 2:18

La psychanalyse n'est pas un mode de vie ni une philosophie de la vie , c'est une démarche curative, une démarche de soin destinée à aller mieux quand on va mal.
Nous avons à prendre conscience de notre fonctionnement et de ce qui génère souffrance et déséquilibre pour modifier nos perceptions et nos comportements pour affronter la vie sereinement: sortir de la toute puissante comme de la victimisation, sans culpabilisation pour devenir des adultes responsables de leurs actes, de leurs paroles et de leurs décisions pouvant dire oui ou non et en accepter et en assumer les conséquences.
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Tomate joviale » dim. 22 oct. 2017, 18:59

Bonjour Quejana,

"Je suis coupable de quelque chose de terrible, c'est que je fuis l'amour de Dieu", dites-vous. Réjouissez-vous : si vous fuyez, Dieu vous poursuivra ! Et il court vite ! Nous avons eu tous des périodes noires où on se sent trop indignes de venir "sous l'aile de Dieu", où on a peur de voir la lumière, où on a peur aussi de ce que ça implique (changement radical de vie ?). Et finalement, on se fait rattraper...Et le simple fait de se sentir coupable de ça signifie qu'on n'est pas complètement fourvoyé !

Vous évoquez très souvent la notion de pénitence comme la condition sine qua non d'un retour vers Dieu. Mais se réjouit-Il de vous voir vous faire du mal, en abîmant votre corps (trop de nourriture, puis jeûnes répétés...) et votre esprit (culpabilisation exacerbée qui vous empêche d'être heureuse) ? Moi je suis sûre qu'Il est triste avec vous et veut vous voir éprouver de la joie.

Peut-être que la pénitence, c'est simplement d'aller se confesser et puis de faire ce que vous faites déjà si bien, puisque dans vos écrits transparaissent une réelle empathie pour le prochain et une réelle volonté de l'aider (par la prière ou par l’aumône - c'est bien de se dire qu'on ne donne jamais assez, mais ça ne doit pas nous ronger et nous détruire). Ça me fait penser à sainte Thérèse de Lisieux : à un moment, elle voulait faire des mortifications supplémentaires et sa supérieure a mis le holà : elle risquait de mettre en péril sa santé (si je me souviens bien de sa biographie...).

Quant à l'alimentation, outre la prière l'aide d'un médecin ou d'un diététicien sera très utile, ce dont vous souffrez est une maladie (Je ne sais pas si vous connaissez l'histoire de cet homme qui ne cesse de prier pour gagner au loto et qui ne gagne jamais...au bout d'un certain temps, Dieu lui apparait en songe pour le gronder : "je veux bien faire quelque chose mais tu n'as pas pris la peine d'acheter un ticket !")

Enfin ne vous excusez pas de vous confier autant : ça permet au lecteur de mieux vous comprendre et ça vous permet sûrement de mieux vous comprendre vous aussi.

A très bientôt :ciao:
"De même que le soleil éclaire en même temps les cèdres et chaque petite fleur comme si elle était seule sur la terre, de même Notre-Seigneur s'occupe aussi particulièrement de chaque âme que si elle n'avait pas de semblables ; et comme dans la nature les saisons sont arrangées de manière à faire éclore au jour marqué la plus humble pâquerette, de même tout correspond au bien de chaque âme."
Sainte Thérèse de Lisieux

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Charbel » dim. 22 oct. 2017, 19:07

Bonjour Quejana,
Le pire, c'est que je le fais avec une sorte non pas de plaisir, mais d'enthousiasme furieux qui n'a rien de bon, vraiment, qui s'adresse même directement à Dieu : "J'en ai marre de faire le bien, j'en ai marre de me priver, j'en ai marre de Toi et de T'obéir, je ne veux plus de Toi"
Ce n'est pas Dieu Qui vous a imposé ces jeûnes mais vous, et de fait, bien que vos intentions soient bonnes, ils semblent contre-productifs dans votre cas.
Je ne mange pas pour me faire plaisir, mais pour faire un pied-de-nez à l'image de la sainte que je voulais être.
Oui, bien que l'intention soit noble, vous avez voulu aller trop haut trop vite.
Et il y a 1000 autres façons de vous sanctifier sans vous infliger cette épreuve, notamment le don de soi aux autres par les œuvres de charité.
Il y a quelques jours, j'ai pris à la médiathèque un livre de Charles de Foucault et chose hideuse, en plein milieu de ma lecture, j'ai été tellement tourmentée que j'ai jeté le livre et me suis précipitée sur un morceau de pain.
Pour ne pas pécher la 1ère chose à faire est de s'éloigner de la tentation : si vous ne voulez pas pécher par gourmandise éloignez-vous de la nourriture, en allant vous ressourcer dans la nature par exemple.
J'ai prié Dieu, j'ai voulu faire un nouveau jeûne pour me repentir et faire pénitence en lui disant : "Si je ne le respecte pas, que je sois damnée pour l'éternité", et je ne l'ai pas respecté. Ce n'était pas poussée par la faim que je ne l'ai pas respecté mais par pure désobéissance ; ce n'est pas qu'avec la nourriture en ce moment que je désobéis à Dieu, mais en tout, je ne fais plus rien de ce que je faisais avant.
Une fois de plus cela démontre que vous n'avez pas conscience des engagements que vous prenez, car si c'était le cas la perspective de la damnation éternelle aurait été un frein considérable.
Les pénitences alimentaires me servaient à contrôler ma volonté et depuis que je n'ai plus ce recours, je suis esclave de mes passions et je me laisse emporter.
Je viens de faire un nouveau vœu de jeûne, il faut que je le respecte. Tant que je ne ferai pas pénitence, je ne pourrai pas être triste de m'être éloignée de Dieu et viendra un moment où je ne regretterai même plus de m'être détournée de Lui... Quel cauchemar ! En plus de cela, le chemin du retour devient de plus en plus compliqué car le mal que j'ai fait me fait souffrir chaque fois que j'essaye de me rapprocher du bien.
Je souhaite que vous arriviez à maintenir ce vœu, mais si ce n'est pas le cas ne vous culpabilisez pas trop, arrêtez simplement de chemnier sur ce chemin qui me semble une impasse.
Que faire ? que faire ? y a-t-il encore de l'espérance à avoir ou suis-je définitivement perdue ? Si j'ai exercé un tel contrôle sur ma vie et sur mon alimentation depuis que je suis devenue chrétienne, c'est précisément parce que je me connais et parce que je sais que je suis loin, loin d'être quelqu'un de bien. Il m'a suffi d'une faille et je retrouve mon vrai visage, le visage égoïste, mesquin, cynique, grimaçant de la véritable fille que je suis.
Je ne sais plus quoi devenir. Je sais que ce que je décris est assez horrible et je m'excuse de vous en faire part.
Bien sûr qu'il y a de l'espérance, s'il y en a pour le génocidaire, bien sûr qu'il y en a pour vous, et à mon avis vous vous tourmentez pour peu de choses.
Mais ce peu de choses est un train d'altérer votre relation à Dieu, donc il me semble opportun de ne plus vous focaliser sur le jeûne comme voie d'élévation, du moins pour le moment.

C'est un peu comme si un homme, pour se démontrer à lui-même sa force, s'attelait à soulever une barre de 100 kg sans avoir jamais fait de musculation avant.
Cela n'engendrera qu'échec et frustration, le faisant complètement se détourner de son objectif.
Il lui faut d'abord accepter sa faiblesse actuelle et affermir son corps avec des exercices plus modestes, et avec la volonté il pourra à terme, dans des mois ou des années, soulever les 100 kg.
Et votre objectif est autrement plus noble et ambitieux que cet exemple mondain. :)

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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar axou » lun. 23 oct. 2017, 15:53

Bonjour Quejana,

puisque nous évoquons les thérapies an ce fil, je me permets de recommander l'hypnose héricksonienne.

La thérapie par l'hypnose donne parfois de grands résultats concernant les troubles alimentaires. Elle a le mérite d'être une thérapie courte, de plusieurs semaines à plusieurs mois.

Bien à vous,

Axou

Lauretta
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Re: Apprendre à me modérer

Message non lupar Lauretta » lun. 23 oct. 2017, 21:57

Bonjour

Pour être honnête je n'ai pas tout lu mais je connais bien la problématique des troubles alimentaires et voila ce qui me vient à l'esprit en vous lisant :

Ça me fait penser à des TOCs et vous semblez avoir du mal avec le plaisir. On a l'impression que vous vous sentez coupable d'être heureuse, d’éprouver des sensations agréables et que vous cherchez automatiquement à vous saborder... pourquoi?

Je pense que si le problème dure trop, n'hésitez pas à aller voir quelqu'un. Je vous le conseille. Avant de rencontrer Dieu j'avais eu un vécu assez difficile et des troubles alimentaires. Quand je l'ai rencontré tout a disparu pendant des années. Sauf que j'ai rencontré un homme qui a fait tout resurgir... prenez garde à vous, je vous conseille d'analyser complètement votre vécu et vos failles car le démon cherchera à vous attaquer un jour ou l'autre par vos faiblesses. Ça ma rattrapée des années après ma conversion et ça a été difficile.

A vous lire (excusez-moi ma franchise) je me demande quels ont été vos expériences dans le domaine de la sexualité et s'il n'y a pas eu quelque chose de difficile à vivre dans ce domaine.

Courage à vous en tout cas! Et ne vous découragez pas, le Seigneur est extrêmement patient. Je vous comprends dans votre manière de voir les choses car j'ai connu l'enfer des troubles alimentaires...


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