La Vierge Marie

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Cinci
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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » ven. 08 mai 2015, 17:27

L'enthousiasme de Paul Claudel ...

La Femme revêtue de soleil

«... elle a revêtu le soleil. Elle est exposée à tout l'univers dans le soleil. Non point sous tel aspect particulier, mais dans la plénitude à jamais de sa fonction, qui est d'enfanter son fils. Qui est d'engendrer au Père par le Fils tout ce qui lui est capable d'être fils et de lui expliquer à sa manière, de lui raconter, verbe du Verbe, qui Il est.

Cette force d'unification, Marie ne l'a pas perdue en entrant dans la Gloire, la Mère de Dieu continue à être intérieure et animatrice à tout ce qui sur la terre essaye de se réaliser à l'image du Verbe. [...] Elle est le modèle par rapport à Dieu qui explique et qui illustre tous les aspects, tous les ressorts et tous les effets de l'amour, et sans la ressemblance de qui, la coopération de qui, Dieu n'a rien obtenu de sa créature sollicitée. [...] elle est l'individu adulte. Rien ne se passe entre l'âme et Dieu, entre l'assemblée, entre le corps des âmes et Dieu, à quoi elle n'ait été constituée en tant que référence. Elle est le coeur qui pourvoit sur toute l'étendue du corps [...] elle est le devoir avec idée, insinué à toute créature qui, par elle-même ou par contribution à un ensemble, travaille à se rendre acceptable à Dieu. Elle n'est étrangère à rien de ce qui au ciel et sur la terre exhale le fiat mihi secundum verbum tuum! Et quand l'Esprit Saint, dans le Cantique des cantiques, s'adresse pour l'obséder, pour faire appel à tout ce qui dans l'âme humaine est capable de désir, d'ascension, d'expression et de ressemblance, c'est elle qui se joue continuellement sous les traits de la fiancée individuelle, comme sous ceux de l'Église aux différentes phases de sa recherche et de son développement.

[...]

Elle est la fille de la profondeur et cependant d'une certaine manière on peut dire aussi qu'elle en est la mère. Car c'est sur elle, à jamais fixée devant son regard, que l'Eternel a pris mesure de tout, et c'est en elle qu'il a édifié ce tabernacle où il avait résolu de faire habitation. Et de même que les païens représentaient la Nature sous la forme d'une Femme et d'une Mère, Gaïa, Cybèle, Prakriti, c'est ainsi que dès les premiers temps du christianisme, dont le Pasteur d'Hermas et l'inscription d'Aberkios sont les témoins, les fidèles héritiers eux-mêmes de la vision des prophètes, n'ont cessé de voir en l'Église, qui à l'origine a battu tout entière sous le seul coeur de Marie, la chaste fiancée du Tout-Puissant.» (P. Claudel, p.24)


Et qui décode le début du Cantique des cantiques ...

Osculetur me osculo oris sui
Qui meliora sunt ubera tua vino
Fragrantia unguentis optimis
Oleum effusum nomen tuum
Ideo adolescentulae dilexerunt te


Qu'il me baise des baisers de sa bouche,
car tes mamelles sont meilleures que le vin,
dégageant les parfums les plus exquis.
Ton Nom est une huile répandue,
c'est pourquoi les jeunes filles t'ont aimée. (Cantique 1,2)


Ton Nom est une huile répandue. Claudel expliquera ailleurs dans son ouvrage comment les mamelles représentent en fait les Écritures (le lait de la parole, etc.)
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Ton nom est huile, s'écrie l'âme extasiée! Ton nom est huile, ton nom est une huile qui se répand! Medulla olei! la graisse de la Grâce. Elle ne se répand pas au-dehors comme la génération de l'olive, elle se répand au dedans pour tout apaiser. Et facta est tranquilitas magna. Silence, coeur inquiet! Je suis comme quelqu'un, dit-il, qui a trouvé la paix. Il ne s'agit pas de cette plénitude qu'apporte le parfum. Absorbe cette lente propagation de la Grâce, la réduction fibre à fibre du vieux homme, de la dureté et de la sécheresse intérieure. Quelqu'un s'est chargé d'orner ta lampe, non point ce vaisseau d'argile que tiennent à la main les Vierges sages ou folles, c'est toi qui est la lampe! Il faut de l'huile pour la charger, pour alimenter la flamme : olivam uberem, dit Jérémie (11,16), vocavit Dominus nomen tuum. C'est ton Nom en moi permanent, pénétré jusqu'au plus profond de mes tissus, qui est cette huile, apportant avec elle cette componction qui sera le privilège de notre dernière heure. Que votre Nom soit sanctifié! dit la première demande du Pater. Son Nom est la personne même, celle que nous aimons, en tant que totalement prononcée par nous, en tant qu'empruntant le timbre de notre propre sonorité. Il repose au fond de notre mémoire, investi d'un pouvoir continuel d'exhalaison, de suggestion et d'appel. (P. Claudel, p. 33)

Nous retrouvons ici la lampe (l'huile) et l'olivier, avec Paul Claudel. Ces signes que l'on trouve dans l'Apocalypse. Jérémie 11, 16 :«Olivier verdoyant à la belle stature», c'est le nom que t'avait donné Yavhé.

Source : Paul Claudel, Le Cantique des cantiques, 1947 (note dans la préface :«Nous avons lu l'ouvrage intitulé Le Cantique des cantiques, donné non comme une explication théologique ou exégétique, mais comme un poème. Sous des accommodements, sans doute licites, mais dont il garde la responsabilité, l'auteur y rejoint l'interprétation commune, qui lit le texte biblique en pensant à l'âme fidèle, à la Vierge, à l'Église. Rien par conséquent ne s'oppose à cette publication. Signé : Charles Journet. Fribourg, 26 décembre 1947)

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar mandonnaud paul » lun. 31 août 2015, 12:44

Merci, que Marie, médiatrice des grâces, fête ce jour et vous bénisse!
Paul de Limoges

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » mer. 09 déc. 2015, 3:21

Marie mère des chrétiens

Selon Honorius d'Autun, «tout ce qui est écrit de l'Église peut aussi se lire en pensant à Marie» et, complète le Père de Lubac, «ce qui est écrit de Marie peut aussi, pour l'essentiel, se lire en pensant à l'Église».

Nous allons nous laisser guider en ce sens en retenant quelques uns des passages les plus remarquables et en soulignant d'abord l'idée que le Père de Lubac désigne comme plus courante dans la doctrine traditionnelle, celle de Marie figurant l'Église de par sa maternité virginale.

La liturgie baptismale elle-même fournit la base sur laquelle va s'appuyer la réflexion des Pères : une inscription du baptistère de Saint-Jean de Latran par exemple dit «qu'à cette source, l'Église, notre mère, enfante de son sein virginal les fils qu'elle a conçus sous le souffle de Dieu». Saint Ambroise va détailler quelque peu l'idée en expliquant que «comme la mère de Jésus l'Église est mariée mais intacte; elle nous a conçu, vierge, de l'Esprit; elle nous enfante, vierge, sans gémir». Augustin accentuera le rapprochement en désignant comme la «Mère des vivants» cette Église qui, selon lui, fait de tous ses enfants, rassemblés de partout, les membres d'un corps unique; et de la sorte, comme la Vierge Marie, en enfantant l'un, se trouve être la mère de la multitude, être mère de l'unité. (Augustin, Sermon 192)

Les textes qui ont repris cette doctrine sont, nous dit le Père de Lubac, innombrables. Citons ce long passage d'une homélie pascale du début du VIe siècle :
  • Qu'elle se réjouisse en ce jour, l'Église du Christ, qui, à la ressemblance de la bienheureuse Marie, se trouve enrichie par l'opération de l'Esprit Saint et devient mère d'une progéniture divine [...] L'Esprit couvrit Marie de son ombre, et sa bénédiction fait de même avec l'Église à la fontaine baptismale. Marie a conçu sans péché, et l'Église détruit tout péché dans ceux qu'elle regénère. Par Marie est né celui qui était au commencement, par l'Église renaît ce qui au commencement avait péri. La première a enfanté pour des peuples nombreux, la seconde enfante ces peuples.
De même, Isaac de l'Étoile, passant de la similitude à la complémentarité, précise que :
  • ... l'une et l'autre donnent au Dieu Père une postérité : Marie, sans aucun péché, fournit au corps sa tête; l'Église, dans la rémission de tous les péchés, donne à cette tête son corps. L'un et l'autre est donc mère du Christ : mais aucune des deux ne l'enfante tout entier sans l'autre.

La gardienne de la croissance du Christ

Cette maternité dans le cas de l'Église s'exerce manifestement de manière continue. Là où Marie demeurant vierge nous a donné son Fils, l'Église, par ce Fils, qui est son Époux vierge, ne cesse d'enfanter. Comme l'exprime Yves de Chartres :«La naissance qui fut celle du Christ dans le temps me diffère pas de la naissance spirituelle qui est celle des chrétiens». Le Père de Lubac y insiste : maintenant encore, et chaque jour, usque hodie, l'Église met au monde celui que Marie jadis enfanta. Le Christ naît de nouveau chaque fois qu'un homme devient chrétien.

[...]

Il y a plus. Non seulement l'Église, en apportant le Seigneur à chaque chrétien, participe dans son acte eucharistique à l'enfantement et à l'épanouissement du Christ, mais, réciproquement, la maternité de Marie à l'égard du Christ entraîne chez elle une maternité spirituelle à l'égard de chaque chrétien. Ce que saint Bonaventure exprime ainsi :
  • «Elle en a enfanté un seul dans la chair; cependant c'est le genre humain tout entier qu'elle a enfanté spirituellement». De même que l'Église est la mère de chaque membre du Corps, de même Marie continue d'exercer à l'égard de tous et de chacun son rôle de sollicitude maternelle. Car, dans l'Esprit, les chrétiens sont d'une certaine manière la chair de sa chair :«tant que dans ce monde il y a des fidèles, membres du Christ, Marie les contient en quelque sorte et les porte dans ses entrailles.»

... par le titre de «Mère de l'Église» que Paul VI a explicitement décerné à la Vierge Marie, déjà le pape avait encouragé le concile à proclamer cette maternité. A l'audience du 18 novembre 1964, il pourra dire :

  • Marie occupe une position d'une nature unique. Elle est un membre de l'Église, elle aussi fut rachetée par le Christ; elle est notre soeur. Mais justement à cause de son élection comme mère du Rédempteur ... et parce qu'elle représente parfaitement et d'une manière unique le genre humain, elle peut à bon droit être appelée en un sens moral et typique la mère de tous les humains, et particulièrement la nôtre, la mère des rachetés et des croyants, la mère de l'Église, la mère des fidèles.
Bérengaud au VIIIe siècle :« Marie est mère de l'Église, parce qu'elle a enfanté celui qui en est la Tête; elle est fille de l'Église, parce qu'elle en est membre, le membre le plus auguste»

Saint Augustin :«Marie n'est pas mère spirituelle de notre chef; spirituellement, elle est bien plutôt née de lui; mais elle est vraiment la mère de ses membres que nous sommes.»

Manuscrit syriaque du Ve siècle :«Tu es le Plérôme, je t'ai engendré en premier et tous ceux qui espèrent en toi.» (Marie s'adresse au Christ total)

Source : Denis Dupont-Fauville, L'Église Mère chez Henri de Lubac, 2009, (chap.3 «Marie, figure et mère de l'Église), 238 p.

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Christophe67 » jeu. 10 déc. 2015, 1:44

Bonsoir,


Je profite de la remontée de ce fil pour pousser un petit coup de gueule.
Hier 8 décembre, fête de l'immaculée conception (Solennité) et 15 personnes à la messe ! :sonne:

J'espère que dans vos paroisses vous étiez plus nombreux.


Cordialement.
"Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables... (2Timothée 4:3-4)

"Celui qui recherche sincèrement la vérité, une seule preuve lui suffit et celui qui suit ses passions, même 1000 preuves ne lui suffiront pas." (inconnu)

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar mandonnaud paul » jeu. 10 déc. 2015, 9:31

A Panasol, Haute-Vienne, à la messe de 18 h 30, au lieu de 10 nous étions 23. Or, à la cathédrale, elle était pleine à 19 h pour l'ouverture de la porte de la Miséricorde.
Paul de Limoges

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » jeu. 10 déc. 2015, 19:16

Bonjour,

Pour vous répondre, il faut dire que je me suis rendu à l'Oratoire saint Joseph. Il y a plusieurs messes durant la journée. Et il y aura toujours des pélerins sur place. C'est un sanctuaire assez important, alors on ne peut comparer avec une paroisse.

Dans la crypte, on peut compter une «moyenne assistance» peu importe le jour ou l'heure. A la messe de 10 : 00 a.m, je vous dirais qu' il s'y trouvait bien une centaine de personnes présentes en même temps que moi.

Habituellement, le nombre de personnes est plus élevé encore durant la soirée. Car la messe de 19 h 30 est très fréquentée aussi par des gens de différentes communautés ethniques (haïtiens, asiatiques, sud-américains, etc.)

:)

p.s. : dans ma paroisse, je me doute que le compte eût été plus près de la vingtaine personnes.

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Christophe67 » ven. 11 déc. 2015, 10:51

A Panasol, Haute-Vienne, à la messe de 18 h 30, au lieu de 10 nous étions 23. Or, à la cathédrale, elle était pleine à 19 h pour l'ouverture de la porte de la Miséricorde.
Paul de Limoges
J'avais pensé à cela, mais l'ouverture des portes de la miséricorde par notre archevêque aura lieu dimanche matin à la cathédrale.
Je fais un constat similaire le premier vendredi de chaque mois pour l'adoration du Saint Sacrement.

Comment ne pas prendre part à cette solennité de notre mère au ciel, qui a souffert cette double peine de voir sacrifier son Dieu et son enfant ?

Notre-Dame de la fidélité,
Toi qui sans cesse "recherchais le visage du Seigneur",
Toi qui as accepté le mystère
et qui l'as médité dans ton coeur,
Toi qui as vécu en accord avec ce que tu croyais,
Toi qui fus l'exemple même de la constance
dans l'épreuve comme dans l'exaltation,
aide-nous à tenir nos engagements,
en bons et fidèles serviteurs,
jusqu'au dernier jour de notre vie sur la terre.
(extrait de Notre-Dame de la Transparence - saint Jean Paul II)
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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » sam. 19 déc. 2015, 20:57

Chemin de croix
  • Jésus rencontre sa mère

    Un glaive te transperce l'âme, Marie. Il t'a fait mal au plus profond de toi, alors que le destin de ton fils se déroule devant toi, sans que tu saches l'expliquer. C'est d'ailleurs dans l'ordre des choses, car l'incarnation dépasse tout entendement. Et puis, quelle valeur aurait eu ton acceptation de la parole de Dieu si tu l'avais comprise? C'est pourquoi la morsure de ta douleur et la douceur de ton amour plongent leurs racines au plus intime de toi-même, au-delà de toi-même, cet au-delà qui n'est autre que Dieu lui-même.

    Lucide, ton fils ploie sous la souffrance et l'injustice, mais c'est toi qui offres la caisse de résonance qui révèle la profondeur de l'horreur. Comme c'est toi qui, dans quelques heures, quand le projet messianique se sera effondré, assureras la continuité de la foi. Toujours dans le silence. Et tout cela t'es aussi naturel que mystérieux!

    Deux mille ans plus tard, tu ressens toujours ce glaive qu'on ne cesse de te planter dans l'âme avec les meilleures intentions, au nom du Bien. Le chemin de croix sera partout recommencé et tu retrouveras partout ton fils humilié.

    Source : La profondeur divine de l'existence, p,152

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » mar. 22 déc. 2015, 19:58

J'aimais bien le petit texte édité juste au-dessus. Je voulais partager ça.

[...]



Les noces de Cana

  • Et le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à la noce, ainsi que ses disciples. Et le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit:«Ils n'ont pas de vin.» Et Jésus lui dit: «Que me veux-tu, femme? Mon heure n'est pas encore arrivée.» Sa mère dit aux servantes: «Faites tout ce qu'il vous dira.»

    - Jean 2,1
10 Or Ephrôn était assis au milieu des Hittites. Ephrôn, le Hittite, répondit à Abraham, en présence des Hittites, de tous ceux qui entraient par la porte de sa ville : 11Non, mon seigneur, écoute-moi ! Je te donne le champ et je te donne la grotte qui s'y trouve. Je te la donne, sous les yeux des gens de mon peuple : ensevelis le corps de ta femme. 12 Abraham se prosterna devant le peuple du pays. 13 Il dit à Ephrôn, en présence du peuple du pays : Si tu le veux bien, écoute-moi plutôt. Je donne le prix du champ : accepte-le de ma part, et j'y ensevelirai le corps de ma femme. 14Mais Ephrôn répondit à Abraham : 15Mon seigneur, écoute-moi ! Une terre de quatre cents sicles d'argent, qu'est-ce que cela entre toi et moi ? Ensevelis le corps de ta femme ! 16Abraham entendit Ephrôn ; Abraham pesa pour Ephrôn la somme d'argent qu'il avait dite, en présence des Hittites : quatre cents sicles d'argent ayant cours chez le marchand.

- Genèse 23 ,15


19 Il partit de là et trouva Elisée, fils de Shafath, qui labourait ; il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Elie passa près de lui et jeta son manteau sur lui. 20 Elisée abandonna les bœufs, courut après Elie et dit : « Permets que j’embrasse mon père et ma mère et je te suivrai. » Elie lui dit : « Va ! retourne ! Que t’ai-je donc fait ? » 21Elisée s’en retourna sans le suivre, prit la paire de bœufs qu’il offrit en sacrifice ; avec l’attelage des bœufs, il fit cuire leur viande qu’il donna à manger aux siens. Puis il se leva, suivit Elie et fut à son service. 

- 1 Rois 19,20


28 Comme il était arrivé de l’autre côté, au pays des Gadaréniens, vinrent à sa rencontre deux démoniaques sortant des tombeaux, si dangereux que personne ne pouvait passer par ce chemin-là.29 Et les voilà qui se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? » 

- Matthieu 8,29



31Il descendit à Capharnaüm, ville de la Galilée ; il enseignait le jour du sabbat. 32Ils étaient ébahis de son enseignement, car sa parole avait de l'autorité. 33 Il se trouvait dans la synagogue un homme qui avait un esprit de démon impur, et qui cria : 34 Hé ! Pourquoi te mêles-tu de nos affaires, Jésus le Nazaréen ? Es-tu venu pour notre perte ? Je sais bien qui tu es : le Saint de Dieu ! 35 Jésus le rabroua, en disant : Tais-toi et sors de cet homme. Le démon jeta l'homme à terre au milieu de l'assemblée et sortit de lui sans lui faire aucun mal. 36 Tous furent saisis d'effroi ; ils se disaient les uns aux autres : Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! 37 Et la rumeur à son sujet se répandait en tout lieu dans la région.

- Luc 4,31


26 Ils abordèrent au pays des Gergéséniens qui est en face de la Galilée. 27 Comme il descendait à terre, vint à sa rencontre un homme de la ville qui avait des démons. Depuis longtemps il ne portait plus de vêtement et ne demeurait pas dans une maison, mais dans les tombeaux. 28A la vue de Jésus, il se jeta à ses pieds en poussant des cris et dit d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? Je t’en prie, ne me tourmente pas. » 29 Jésus ordonnait en effet à l’esprit impur de sortir de cet homme. Car bien des fois il s’était emparé de lui ; on le liait, pour le garder, avec des chaînes et des entraves ; mais il brisait ses liens et il était poussé par le démon vers les lieux déserts. 30Jésus l’interrogea : « Quel est ton nom ? » – « Légion », répondit-il, car de nombreux démons étaient entrés en lui. 31Et ils le suppliaient de ne pas leur ordonner de s’en aller dans l’abîme.

-Luc 8,28
Scott Hahn justement écrit :

«... l'argument décisif contredisant l'Interprétation d'une rebuffade tient à la formulation même de ce supposé reproche. «Que me veux-tu, femme?» (littéralement :«Quoi à moi et à toi?») était une expression assez courante à l'époque de Jésus, en hébreu comme en grec. On la trouve dans plusieurs autres passages de l'Ancien et du Nouveau Testament, comme dans d'autres sources que la Bible, Dans toutes ces occurrences, elle n'exprime certainement pas un reproche ou une indélicatesse. Au contraire, elle évoque une marque de respect et de déférence. Ainsi en Luc 8,28, alors que la réplique est utilisée mot pour mot par un homme possédé du démon. C'est le démon qui met, dans la bouche du possédé, ces mots par lesquels il reconnaît l'autorité de Jésus sur l'homme et sur lui : «Je t'en prie, ne me tourmente pas», poursuit-il, concédant par ces mots qu'il devra exécuter tout ce que Jésus lui commandera. »

A Cana, Jésus s'incline devant sa mère, même si elle ne lui commande rien. Elle, en retour, dit simplement aux serviteurs : «Faites tout ce qu'il vous dira.» (Jean 2,5)

Source : Marie reine couronnée d'étoiles, p. 45

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » jeu. 24 déc. 2015, 2:11

Mère de l'Église ...

«... terminons la lecture du chapitre 22 de la Genèse : «L'Ange du Seigneur appela du ciel Abraham une seconde fois et lui dit :
  • « Je le jure par moi-même - oracle de Yavhé - parce que tu as fait cette chose-là, que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, et je multiplierai ta race comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au rivage de la mer, Ta descendance possédera la Porte de ses ennemis, et par ta race seront bénies toutes les familles du sol, en récompense de ce que tu as obéi à ma voix!»
Pour un chrétien c'est sur le Calvaire et en Marie que s'est réalisée et concrétisée pleinement et en surabondance la bénédiction promise à Abraham et qui, par elle, s'étend à toutes les familles du sol. Entre toutes les femmes, elle est par excellence la Bénie, canal de toute bénédiction pour toutes les familles du sol.

C'est là que la plénitude de la grâce, dont Dieu avait comblé au départ cette fille d'Israël, est devenue si féconde. Marie est la mère de tous les saints de la Nouvelle Alliance, elle les enfante à la grâce et à la vie éternelle, elle habite et anime la sainteté de chacun. Marie est la mère des saints comme Abraham est le père des croyants. Le sablier s'est renversé, et tout le sable fin de la vie éternelle passe par l'étroit canal de cette femme sept fois sainte. Plus encore qu'Abraham, elle est exemplaire de la foi et de l'obéissance sacrificielles.

[...]

Le chapitre 22 de la Genèse raconte en termes simples ce qu'on a appelé le sacrifice d'Abraham et qui ne fut achevé que sur un mouton. Et pourtant, rien n'avait été plus irrévocable que la volonté d'Abraham d'immoler son fils à Dieu, Ce même chapitre de la Genèse est sans doute, de toute la Bible, le texte qui fait le mieux comprendre en particulier le comportement de Marie durant le temps de la Passion de Jésus-Christ. Aussi cruel que l'événement concernant Abraham ait été, la Prophétie n'était qu'un brouillon inachevé. Il faudrait ne rien connaître aux artistes pour imaginer qu'une telle esquisse ne serait pas un jour reprise et achevée.

Le récit de la Genèse est prophétique de ce qui se passe au Calvaire : mais alors la prophétie crève sous le poids de l'histoire cruelle et consommée. Ici, on va jusqu'au bout du chemin, ici s'accomplit la Prophétie et s'achève la parabole, ici la volonté de Dieu est faite à la lettre, l'acte achève l'intention. Ici le sang de l'homme est versé comme sur un champ de bataille. Ici, c'est la chair d'un homme qui est immolée. Ici, on ne dit que des paroles dernières, la mort ne se trompe pas de victime, les actes sont suprêmes et couronnent les dernières volontés.

Sortez sur le chemin, filles de Sion, allez voir le roi Salomon au beau jour de ses noces : il a sur la tête le diadème dont sa mère l'a couronné, car c'est vrai : jamais il n'eût pu souffrir ce qu'il souffre sans ce corps que sa mère a fourni. Regardez! Taisez-vous! Pleurez! Le plus beau des enfants des hommes porte un diadème d'épines.

[...]

Entre ce vendredi où Jésus fut crucifié et ce dimanche matin où il est ressuscité des morts, il s'est passé un événement énorme et silencieux : Marie a gardé intacte dans son coeur la foi en la totalité du mystère chrétien. Ce mystère s'était inauguré en elle, un peu plus de trente ans plus tôt, au moment de l'Annonciation : de son propre consentement, elle était devenue la mère de Dieu; en ses entrailles de femme avait germé cet homme qu'on venait de crucifier et qui était le Saint des Saints. En vérité, en ce premier Samedi-Saint du monde eut lieu une nouvelle et secrète Annonciation : c'est là que Marie est devenue mère des croyants de la Nouvelle Alliance, mère de l'Église. Mais cela se fit dans le total dénuement de la foi, dans le double silence du Grand Sabbat et du grand deuil : aucun ange n'apparaît. Dieu se tait. Jamais Marie n'a été plus seule, plus silencieuse, plus résolue à la volonté de Dieu, qui veut ce qui est.

Muette de douleur, muette de stupeur, muette de chagrin, accueillie dans une maison qui n'est pas la sienne, Marie garde la foi. La foi chrétienne, muette elle aussi comme l'enfant encore dans le sein de sa mère, est tout entière sous sa garde, tout entière réfugiée, reléguée, thésaurisée, vivante, au coeur de cette femme en grand deuil.

La foi chrétienne n'est pas du tout un sentiment, mais alors pas du tout : je veux dire qu'elle ne se sent pas et ne se mesure pas avec la sensibilité.

Si on exige une analogie, j'évoquerai la situation du croyant chrétien comme celle d'un soldat sous la ligne de feu, qui traverse un moment difficile, un de ces moments où on se demande s'il faut tenir ou ficher le camp. Le soldat décide de tenir le coup. Il ne s'émeut pas outre mesure de la situation critique où il est. Pourquoi? Le chef suprême en personne s'est engagé à le soutenir. Il lui a garanti que la victoire est au bout de l'effort. Le chef suprême a donné sa parole, et le soldat sait que cette parole sera tenue. Quand? Comment? Le temps et la manière, il ne le connait pas, Mais il sait que la parole sera tenue. Il considérerait comme une forfaiture de sa part d'en douter seulement. Voilà ce que j'appelle «avoir la foi». Je crois qu'un homme qui n'a pas le sens de l'honneur est incapable de percevoir ce qu'est la foi chrétienne. Par contre, on comprend beaucoup de choses au christianisme, quand on a compris que cette religion n'est absolument pas sentimentale, qu'elle ne se paie ni d'émotions. ni de mots.

A ce point de vue, Marie est incomparable. Dieu lui a donné sa Parole, au sens littéral et génétique - elle est la mère de la Parole créatrice et rédemptrice -, elle a donné à Dieu sa parole de femme : Parole de Dieu contre parole de fille d'Israël, poids égal, Voilà qui est fait. Voilà qui est acquis. Aucune des deux parties ne reviendra jamais sur ce Pacte et sur les exigences qui en découlent, Comme la religion d'Abraham, la religion de Marie , la religion chrétienne, est essentiellement une affaire d'honneur.

[...]

Nos écrivains sacrés n'ont pas parlé d'une apparition de Jésus ressuscité à sa mère. Ils n'ont pas fait mention de la présence de Marie à l'Ascension de son fils dans le ciel, parce qu'elle n'y était pas. [...] les apparitions de Jésus ressuscité ont pour but de confirmer la mission apostolique, de véhiculer le témoignage en chaîne, et on ne voit pas que Marie soit chargée de cette mission. Est-ce à dire que Marie a ignoré la Résurrection de son fils et son ascensipn dans le ciel? Loin de moi une telle pensée!

Mais sur ces faits essentiels, miraculeux, énormes, qui constituent les fondations de la foi chrétienne, Marie s'est trouvée exactement dans la même situation que nous, chrétiens de l'an 2000, qui y croyons. De tout l'élan de son être, elle y a cru aussi sur le témoignage de ceux qui l'avaient vu de nouveau vivant et qui l'ont vu monter au ciel. Elle y a cru, comme aujourd'hui tous les chrétiens y croient : sur le témoignage apostolique.

[...]

Le parcours de Marie du Vendredi-Saint jusqu'à sa mort à elle, fut une sorte de traversée du Désert comme l'est, ici-bas, le parcours des croyants. La foi et la foi seule, animée de tout son amour et de son espérance, l'a tenue debout et en marche. Elle a inauguré superbement l'attitude qui est le lot commun des chrétiens depuis la mort du dernier témoin de la Résurrection de Jésus-Christ [...] Je ne dis pas que Marie n'eût pas éprouvé du plaisir à revoir et touché son fils ressuscité. J'affirme que la foi chrétienne ne nous est pas donnée pour «nous faire plaisir», mais pour que nous en vivions [...]

Je ne crois pas du tout que ce soit par hasard que la dernière des Béatitudes, énoncées dans l'Évangile, ait un rapport essentiel avec la foi, qui semble décidément la vertu constitutive de la vie chrétienne, nous dirions aujourd'hui son ADN. Cette dernière Béatitude a été prononcée par Jésus au cours de la seconde apparition à ses Apôtres, et en présence de Thomas qui, étant absent lors de la première apparition, en avait contesté la véracité. [...] Et voici la dernière des Béatitudes énoncées dans l'Évangile. Jésus dit :
  • «Parce que tu as vu, Thomas, tu as cru. Bienheureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru!»
Quand Jésus a prononcé cette dernière Béatitude, je me demande s'il ne pensait pas d'abord à sa mère, tant cette Béatitude s'accommode à Marie comme gant à la main et comme chaussure au pied.

Source : R.L. Bruckberger, Marie mère de Jésus-Christ, p. 154

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » lun. 28 déc. 2015, 7:50

Une autre réflexion assez inattendue cette fois et pourtant d'actualité :

«... il me semble que dans l'environnement de cette fin de millénaire, la foi chrétienne est plus en danger qu'il y a un siècle, où elle était ouvertement attaquée, diffamée, tournée en dérision : il y a deux manières de s'attaquer à la vie d'un arbre, la première est de le couper à la racine, la seconde est de stériliser complètement le sol autour de lui. C'est cette dernière manière qui est utilisée aujourd'hui contre la foi chrétienne. Le signe qui me paraît le plus révélateur de l'apostasie des temps modernes, c'est notre comportement à l'égard de la mort humaine et naturelle : elle est peu à peu devenue une ennemie, puis une souillure, puis une honte intolérable au point que ce soit la seule chose qui est prise en détestation. Je suis profondément scandalisé de la solitude dans laquelle on laisse mourir un chrétien aujourd'hui, et je trouve des plus cruels le silence dont on entoure le mourant quant à sa mort prochaine.

Les chrétiens ont pratiquement perdu ce qui devrait faire la différence entre un baptisé et un non-baptisé. Pour un chrétien la mort est une nouvelle, suprême, communion solennelle aux mystères salvateurs de Jésus crucifié, mort pour notre salut et ressuscité des morts. Pour un chrétien, ce devrait être le plus beau jour de sa vie! Qu'en est-il en fait? La mort prochaine est un événement dont on ne parle jamais au mourant, dont on essaie de le distraire : l'idéal est qu'il y tombe par surprise comme dans une trappe, sans s'en apercevoir. Entre chrétiens, que voilà une attitude indigne, déshonorante, renégate des promesses de notre baptême et de l'espérance que nous devons à Jésus-Christ.

Qu'est-ce que le christianisme en son essence? C'est l'assurance qu'une autre vie prolonge celle-ci bien au-delà de la mort; que nous devons vivre pour nous préparer à cette vie de l'au-delà, que nous appelons la «vie éternelle», celle de Dieu même à laquelle Jésus nous fait la faveur de nous initier. Pour chacun de nous, la mort est l'acte de notre accouchement à la vie éternelle. Un mourant est comme une fille enceinte grosse de neuf mois, à laquelle il va arriver un événement énorme et définitif. Et nous faisons semblant de ne pas le voir, et nous parlons à cette pauvre fille comme si elle avait un rhume de cerveau, qu'elle prenne cette tisane et demain il n'y paraîtra plus. Nous mentons! Nous mentons! C'est effroyable, en face de la mort, la capacité que nous avons de mentir!

Notre comportement actuel vis-à-vis de la mort, tel qu'il s'exprime inconsciemment et dans une impudeur consternante, dans la presse, à la télévision, dans les hôpitaux, au chevet des membres de notre famille qui meurent, ce comportement est d'une stupéfiante cruauté, et en tous les cas profondément antichrétien. Et à quoi bon professer encore des lèvres une religion dont nous avons si profondément perdu l'esprit? Nous ne sommes même pas dignes d'être des idolâtres et des animistes. Pour nous, Jésus-Christ est mort et ressuscité en vain, puisqu'en fait nous considérons comme nulle et non avenue la promesse qu'il a faite à chacun de nous de la vie éternelle et que nous en sommes venus à considérer la mort temporelle comme le mal absolu et définitif, la seule damnation.

[...]

Dans ce revirement et rebroussement des consciences, la responsabilité des médecins actuels est écrasante : ils se sont mis à haïr la mort et ils inoculent cette haine absurde à leurs patients. Il est particulièrement honteux pour des chrétiens d'entrer dans cette panique collective. C'est au contraire pour eux le moment d'affirmer haut et fort la singularité de leur foi chrétienne : la mort temporelle n'est pas la fin de tout, elle est la porte ouverte vers la communion à Jésus-Christ, qui a affirmé devant le tombeau de Lazare : «Je suis la résurrection et la vie». La résurrection d'abord : nous aussi nous ressusciterons de la mort, corps et âmes, oui! même le corps sera transfiguré. Si nous adhérons à Jésus-Christ, nous goûterons à la vie éternelle, nous la boirons à longs traits.

C'est à toutes ces vérités fondamentales, si menacées de nos jours, que la proclamation du dogme de l'Assomption de Marie, nous rendait attentifs et vigilants. On a toujours grand tort de ne pas écouter attentivement ce que l'Esprit dit et dicte à l'Église.

Ce faisant, l'Église se défendait elle-même, elle défendait sa mission et son sacerdoce, sa médiation nécessaire. A quoi servirait-elle, a quoi serviraient ses prêtres, s'ils n'étaient pas là pour acheminer les hommes et toutes les générations à la vie éternelle, à ce banquet d'épousailles dont parle l'Évangile, auquel nous sommes conviés?

Aujourd'hui, mon coeur déborde de gratitude envers l'Église pour la proclamation, et au moment où elle eut lieu, du dogme de l'Assomption de Marie dans le ciel.»

Source : idem, p. 195

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » jeu. 02 févr. 2017, 3:30

Up



( Je remonte le fil pour le bénéfice de Paxetbonum en premier mais tous peuvent y puiser bien sûr )

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » sam. 04 févr. 2017, 4:44

Le pasteur pentecôtiste et son expérience mystique "mariale" inattendue ...
https://www.youtube.com/watch?v=BgfjN_q9PQA

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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » sam. 04 févr. 2017, 14:12

Un texte de Stan Rougier sur Marie de Nazareth …

Pendant plusieurs siècles, Dieu redira sa déclaration d'Amour et refera sa demande en mariage : D'un amour éternel je t'ai aimée, c'est pourquoi je t'ai attirée (Jr 21) Par un seul de tes regards, tu m'as fait perdre le sens (Cant 4,9) Tu seras pour moi l'objet d'une éternelle fierté. Les montagnes peuvent fondre mais mon amour pour toi ne s'en ira pas … Ton Époux sera ton Créateur (Isaïe 54, 5-10) Dieu a très mal parce que sa bien-aimée Israël fait la sourde-oreille. Elle n'écoute ni ne garde cette Parole. Mais rien ne peut refroidir ou décourager l'élan de Dieu … Je parlerai à ton coeur. Je te fiancerai à moi (Osée).

Or voilà qu'en un jour de notre temps, en un moment de notre Histoire, un "oui" plus amoureux que tout autre fut prononcé. La bien-aimée du Cantique a dit oui. Une petite fille d'Israël, Myriam de Nazareth, a dit oui en son nom et au nom de toute l'humanité. Portée par des siècles de désir, elle résumait l'attente de la première Alliance.

Comme elle a la Parole de Dieu dans le sang, c'est la prière d'Anne, mère de Samuel, qui lui monte spontanément aux lèvres : Mon âme exalte le Seigneur, exulte de joie en Dieu mon Sauveur. Il a regardé sa petite fille ...Marie a compris que l'être humain ne peut naître et grandir que s'il est porté par un regard de tendresse : Tu as du prix à mes yeux et moi je t'aime (Isaïe) Dieu est heureux si sa créature bien-aimée lui répond : "A mesure que tu parles, j'existe". Mieux que le prophète Jérémie, Marie pourrait dire : Quand tes paroles se présentaient devant moi , je les dévorais. Ta parole était mon ravissement; la joie de mon coeur (Jérémie 15,16)

Le Père est don. Elle sera accueil. C'est Lui qui l'intéresse, C'est pour Lui qu'elle veut vivre. Il a fait pour moi des merveilles … Il a déployé … Il a dispersé … Il a rassasié … Il a porté secours … Il se souvient de sa miséricorde.

Je te salue, Marie, le plus haut chef-d'oeuvre de Dieu. Je te salue, Marie, expression incomparable de la condition humaine. Comme toi, notre vocation est d'offrir à Dieu un point d'ancrage, une incarnation, une occasion de traduire Sa gloire. Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent. Entendre cette parole qui réclame : Délivrance pour celui qui a faim, qui est nu, qui est malade, en prison … Entendre cette parole et la garder c'est à dire en vivre.

Qu'est-ce donc vivre sinon traduire dans le temps la Passion éternelle de Dieu pour l'être humain, avec un faible pour le plus blessé, le plus avili, le plus rejeté? Je ne suis pas venu pour les justes mais pour les pécheurs. Marie, ce n'est pas parce que tu as tenu l'Absolu sur tes genoux que tu me touche le plus, mais parce que tu nous révèles le sens ultime de nos vies. Comme ton fils, tu pourrais dire : « Père, j'ai révélé ton nom ».

Dieu n'est pas le Dieu terrible de notre enfance qui nous guettait dans nos cauchemars pour nous punir d'exister si mal. Dieu, c'est ce petit enfant faible et démuni qui nous demande de Le reconnaître en chacun de ses frères. Dieu, c'est ce courant d'Amour issu d'une Source éternelle et qui veut nous entraîner dans son élan jaillissant. Amoureux du Cantique des cantiques, rien ne le découragera de nous attendre. Dieu n'est pas le Tout Puissant que l'on croyait. C'est grâce à toi, Marie, que nous l'avons appris, toi à qui il a demandé la permission de révéler Son Visage adorable dans ta chair.

Marie, toi qui a couru vers Élisabeth pour la seconder dans sa vieillesse, toi qui a aimé ton enfant dans la distance, le respect et le détachement, toi qui n'a pas lâché ton fils au moment crucial de son arrestation, aide-nous à devenir « capacité » pour que Dieu en nous se fasse torrent.

Ô Marie
Entraîne-moi à ta suite
J'ai recours à toi et j'ai confiance en toi
à cause de ton titre de mère.
Je suis ton enfant et j'aime l'être.
Visite notre Église, ce grand adolescent
qui cherche son équilibre dans un
monde assoiffé de matérialisme et de
consommation.
Pourvois à ses besoins de pasteurs
et de fidèles de plus en plus ressemblant
à ton Fils.
Bénis les familles et aide-les à vivre
unies dans l'amour en se rappelant
que tout amour semé tôt ou tard,¸
fleurira

Cinci
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Re: La Vierge Marie

Message non lupar Cinci » sam. 04 févr. 2017, 14:24

Tiré de la revue Panorama, dans le numéro de décembre 2007 :

Il y a dans l'amour maternel quelque chose de merveilleux.
Mais l'amour maternel de la Très Sainte Vierge,
qui est incomparable, qui est unique, qui nous enveloppe tous
personnellement, nous appelant chacun par notre nom,
cet amour révèle l'Amour maternel de Dieu,
puisqu'il en procède.

Tout ce qu'il y a de maternité dans le coeur de Marie jaillit
du coeur de Dieu, qui est encore infiniment plus maternel
qu'elle-même, et justement pour que nous apprenions
que Dieu est notre Mère, que nous le connaissions au féminin,
pas seulement au masculin; car Dieu est aussi féminin
qu'il est masculin, comprenant dans son éminence
tous les aspects de l'Être!

Marie nous révèle Dieu au féminin.
Elle nous révèle la Maternité de Dieu.
Elle nous permet de prier Dieu au féminin, comme une maman!
C'est vrai! Dieu est plus mère que tous les mères!
Et nous pouvons l'appeler Maman!


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