Sola fide et quelques questions sur le protestantisme...

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Suliko
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Sola fide et quelques questions sur le protestantisme...

Message non lu par Suliko » lun. 12 août 2019, 14:26

Bonjour,

N'ayant jamais été vraiment attirée parle protestantisme, je ne suis pas forcément très calée en théologie protestante, mais certaines questions m'ont toujours intriguée : les protestants, à ma connaissance, se rejoignent tous pour croire que l'on n'est sauvé que par la foi seule. Dès lors :
1) Tous les protestants se rejoignent-ils dans la croyance qu'ils sont déjà sauvés, que le Paradis sera leur destinée ou y a-t-il des divergences à ce sujet ? Car d'après ce que j'ai pu en lire, les calvinistes, qui croient en la double prédestination, considèrent qu'un homme ne peut pas réellement savoir s'il est parmi les élus et qu'il ne peut que s'appuyer sur sa confiance en Dieu pour l'espérer. Par contre, la lecture de nombreuses personnes de tendance évangélique m'a clairement donné l'impression que pour eux, il est clair que leur salut n'est plus une affaire contestée : parce qu'ils ont la foi, ils sont sauvés et iront au Paradis. Ils ont donc l'assurance de leur salut par leur foi seule. Est-ce que j'ai dès lors mal compris la croyance calviniste ? Croient-ils aussi qu'ils sont sauvés parce qu'ils ont la foi ?
2) Comment analyser, dans une perspective protestante, la perte de la foi ? J'ai notamment en tête cet exemple récent d'un protestant américain (Joshua Harris) très connu dans les milieux protestants conservateurs pour sa promotion d'une culture de la pureté et qui a annoncé récemment ne plus se considérer chrétien. Très typiquement, un protestant a analysé la situation comme suit : cet homme est soit dans un état de grave péché, soit il n'a jamais véritablement été chrétien. Je ne comprends pas ce raisonnement, car d'une part, il s'agit plus que d'être un chrétien vivant dans un grave péché, il s'agit d'apostasie. La deuxième solution - penser qu'il n'aurait en fait jamais été chrétien - est encore moins satisfaisante, car on tombe dans le subjectivisme le plus total, puisqu'on pourra somme toute considérer que tout protestant qui perd la foi ne l'a en fait jamais eue et donc personne ne peut être assuré que sa foi est véritable...Or, un argument qui revient souvent chez les évangéliques et autres protestants est celui du réconfort que leur procure l'assurance de leur salut...Il me semble avoir lu une troisième possibilité évoquée dans le monde protestant (mais je ne me souviens plus dans quel courant) : il suffit d'avoir cru à un moment donné pour être sauvé. Mais sur quoi repose cette croyance et qui la professe ?

J'en profite pour poser un dernière question, qui n'a pas de lien avoir la sola fide, mais qui concerne Calvin : j'ai lu il y a quelques mois dans un ouvrage catholique que ce dernier, dans son "Institution de la religion chrétienne", aurait écrit que certaines croyances erronées (je crois qu'il s'agissait entre autres du respect des reliques, de la prière aux saints,...) n'étaient dans les premiers siècles que de légers défauts aisément excusables, mais qu'ils étaient à présent totalement injustifiables et condamnables. Je ne me rappelle hélas vraiment plus des termes exactes de Calvin, mais ma question demeure : sur quoi ce dernier se baserait-il pour déclarer qu'une même croyance était peu grave dans les premiers temps et absolument condamnable plusieurs siècles après ?
Isaïe 66 ;7 : "Avant d'être en travail, elle a enfanté ; avant le temps de l'enfantement, elle a mis au monde un enfant mâle."
Targum Jonathan : "Avant que la détresse ne vienne sur elle [=Jérusalem], elle sera rachetée ; avant que le tremblement ne vienne sur elle, comme les souffrances sur une femme en train d'enfanter, son roi [=le roi-Messie] sera révélé."

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