La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par PaxetBonum » mer. 07 août 2019, 13:42

cmoi a écrit :
mer. 07 août 2019, 13:39
Je me limite à votre dernier exemple et l'isole : et si ce malade n'en voulait pas parce que ce médecin s'est montré plus qu'indélicat, que cette rencontre ne lui a seulement donné plus aucune envie de vivre, pas même ici-bas...

Je crois moi que le Christ abandonnera les 99 autres pour celui-là... Et qu'il admirera la façon dont blessé il aura pu survivre, qu'il lui pardonnera beaucoup plus.

Le soucis est que dans cet exemple le médecin… c'est le Christ…
Donc celui qui tourne le dos au salut donné par le Christ, il ne sera pas converti de force, il poursuivra sa route vers l'enfer seul !
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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Carolus » mer. 07 août 2019, 13:58

cmoi a écrit :
ven. 02 août 2019, 10:17
cmoi :

Dogme ou pas, vérité de foi ou pas, les paroles du Christ à son propos dans l'Evangile sont sans ambiguïté.
Vous avez raison, cher cmoi. :oui:
CEC 1034 Jésus parle souvent de la " géhenne " du " feu qui ne s’éteint pas " (cf. Mt 5, 22. 29 ; 13, 42. 50 ; Mc 9, 43-48), réservé à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir , et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (cf. Mt 10, 28).
Évidemment, les paroles de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ à propos du « feu qui ne s’éteint pas » (CEC 1034) « dans l'Evangile sont sans ambiguïté. » 😢

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Carhaix » mer. 07 août 2019, 14:24

PaxetBonum a écrit :
mer. 07 août 2019, 8:48
Carhaix a écrit :
mar. 06 août 2019, 22:13

Mais d'où sort cette règle ?
Le salut est offert, on est libre de le recevoir ou de le refuser.
Le refus est acté par la volonté de ne pas vouloir changer de vie.
Ma question porte sur le terme "définitif".

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Carhaix » mer. 07 août 2019, 14:28

cmoi a écrit :
mer. 07 août 2019, 10:22
J'ai voulu dire, Carhaix, et je vous remercie d'avoir quand même fait l'effort de me lire :oops:, que les évangiles disent clairement que selon la parole du Christ, l'enfer existe et qu'il est habité.
Qu'à partir de là, le mieux pour que cela nous soit profitable n'est pas d'en discuter ou de le mettre en doute, même si c'est tentant, mais de prendre pour exemple non pas le saint, mais son opposé, afin d'essayer de comprendre ce qui peut y conduire de façon plus ou moins certaine et afin de l'éviter...
Le jugement de Dieu ne nous appartient pas, il ne nous appartient que de faire de notre mieux et sinon de lui faire confiance.
Pour moi, cette certitude d'ordre pratique passe avant ce qui n'en est qu'une conséquence, fut-elle dogmatique, elle résulte de l'amour que j'éprouve pour une personne qui en a donné l'enjeu : la résurrection. Et qui m'attend...
J'ai bien noté - pour avoir personnellement lu de mes propres yeux les Évangiles (hé oui, ça m'est déjà arrivé !) - que le Christ lui-même, en personne, parlait des Enfers et du Jugement dernier à de multiples reprises.

Mon idée n'est donc certainement pas de remettre en doute cette réalité.

La question n'est pas là.

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Carhaix » mer. 07 août 2019, 14:32

cmoi a écrit :
mer. 07 août 2019, 13:22
Mais je ne leur répondrai pas, car cela ne me dérange en rien qu'ils ne soient pas d'accord, cela ne relève pas de mon devoir.
A moins que leurs arguments ne soient pas cohérents, ce que je leur signalerai, et encore juste une fois.
Ce qui compte c'est l'exemplarité de leur vie, et s'ils n'ont pas besoin de ou ne retiennent pas ce qui moi me stimule et m'aide, je ne crois pas nécessaire de poursuivre un harcèlement intellectuel qui m'écartera de l'essentiel.
Du moment que leur croyance (sur ce sujet présent) ne les conduit pas à relâcher leur "garde du péché", tels les vierges sages...
Je les mettrai en garde face à des conséquences de ce qu'ils pensent, c'est tout.

Je les laisserai imaginer celles-ci et ce qu'elles supposent : faire copain/copain avec celui qui les a violé, eux ou leurs enfants, qui a voulu les tuer (y sera parvenu ?) ou qui a tué leur parent sous leurs yeux, sans nécessité et par haine (qui à l'heure de leur mort seraient prêts à recommencer!), parce qu'ils défendaient un innocent, pour citer peu d'exemple et ne pas devenir "gore".
Et je leur demanderais s'ils s'en sentent capables à présent et s'ils y travaillent, comment ils envisagent le bonheur et la justice au paradis (une amnésie totale à l'égard de la vie ici-bas ?)
Je préfère me battre contre ceux qui se cachent derrière mon exemple, que perdre mon temps à convaincre des dérives sentimentales que je trouve bien gentillettes et sans danger pour moi, dès lors qu'ils affirmeront et me prouveront savoir ce qu'ils disent, ou que du moins ils auront reçu les éléments nécessaires et suffisants pour y réfléchir autrement (et encore, pour ma part je ne les leur donnerai pas toujours... car ce n'est pas toujours souhaitable...).
Encore une fois, la gravité des péchés commis ne s'oppose en rien au Salut, puisqu'ils sont pardonnés. La question n'est donc pas la gravité des péchés. Le bon larron avait commis de grands et graves péchés, et fut le premier à entrer au Paradis.

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Carhaix » mer. 07 août 2019, 14:39

Cinci a écrit :
mer. 07 août 2019, 13:28
Carhaix :
Mais d'où sort cette règle ?
Je penserais que Paxetbonum s'appuierait sur au moins un passage du Nouveau Testament et où il sera mentionné qu'il n'existerait pas d'autres sacrifices pour les péchés que celui réalisé par le Christ et, donc, que celui qui aura pu connaître le Christ et pour ensuite mépriser son sacrifice, celui-là ne trouvera pas d'expiation pour ses péchés. Je ne me souviens pas, pour le dire vite comme ça, dans quel passage l'on trouvera l'équivalent de ce qui serait dit ici. Est-ce l'Épitre aux Hébreux ? dans une des lettres de Jean ? Pas sûr.

C'est certain que cette règle (sic.) existe, puisque c'est là-dessus que l'Église aura pu bâtir son premier système de confession publique, de mise en garde et procédure de réintégration de fautifs. La même règle vaut encore (eh oui ! même si cela n'est pas dit trop fort) pour nos fameux apostats, hérétiques impénitents. "Qui vous rejette me rejette"; "Celui qui m'aura renié à la face des hommes ...", etc.


C'est quand même logique. Il y a un seul médecin dans le monde qui détient la pilule miracle capable de guérir votre cancer. On vous explique la chose, on vous organise un rendez-vous, vous faites connaissance avec le docteur. Las ! Non, tout compte fait, vous refuserez de prendre la médication. Quelle conséquence ? C'est la mort assuré. On ne peut rien faire pour celui-là qui connaît le remède et le médecin qui le distribue mais qui ne veut ni de l'un ni de l'autre après les avoir connus.
Voilà. Nous sommes donc bien d'accord que tant que l'on va se jeter aux pieds du prêtre, on est sauvé, même si on retourne le voir soixante-dix fois sept fois pour toujours le même péché qu'on aura recommencé autant de fois.

Et que donc, ce n'est pas pour avoir commis ce péché que l'on est perdu, mais pour avoir refusé d'implorer miséricorde.

Et donc, ce n'est pas le péché en lui-même qui est déterminant.

Et donc, celui qui a commis d'abominables péchés pour lesquels il a imploré miséricorde est plus assuré d'être sauvé que le parfait qui s'estime parfait et pur (et l'est probablement plus que l'abominable pécheur qui a commis des torrents de péchés abominables) et qui estimera ne pas devoir s'abaisser à implorer miséricorde.

Est-ce qu'on est bien d'accord sur ce chapitre oui ou non ?

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par PaxetBonum » mer. 07 août 2019, 14:43

Carhaix a écrit :
mer. 07 août 2019, 14:32

Encore une fois, la gravité des péchés commis ne s'oppose en rien au Salut, puisqu'ils sont pardonnés. La question n'est donc pas la gravité des péchés. Le bon larron avait commis de grands et graves péchés, et fut le premier à entrer au Paradis.
Il y a pourtant des péchés qui conduisent plus sûrement en enfer si l'on meurt avec (péchés mortels) et d'autres qui ne s'opposent pas au salut après réparation (véniels).

Le pardon n'est pas automatique et plus dur à obtenir selon le péché.
Il faut accepter le salut, l'accueillir sincèrement, avoir la contrition (parfaite si possible), demander pardon , réparer et changer de vie.
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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par PaxetBonum » mer. 07 août 2019, 14:48

Carhaix a écrit :
mer. 07 août 2019, 14:39
Voilà. Nous sommes donc bien d'accord que tant que l'on va se jeter aux pieds du prêtre, on est sauvé, même si on retourne le voir soixante-dix fois sept fois pour toujours le même péché qu'on aura recommencé autant de fois.

Et que donc, ce n'est pas pour avoir commis ce péché que l'on est perdu, mais pour avoir refusé d'implorer miséricorde.

Et donc, ce n'est pas le péché en lui-même qui est déterminant.
Mais si le péché est déterminant puisqu'il faut en demander pardon, réparer et avoir le ferme propos de l'éviter à l'avenir.

Vous dites : la maladie n'est pas grave puisque l'on a un remède.
Si le péché n'est pas déterminant pourquoi prendre le remède ?
L'homme en bonne santé prend-il le remède ?

"Jésus, prenant la parole, leur dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades."

Si Jésus (le médecin) vient porter secours au pécheur (malade) c'est qu'il connaît le danger du péché (la maladie).
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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Didyme » mer. 07 août 2019, 15:01

PaxetBonum a écrit :
lun. 05 août 2019, 13:56
Didyme a écrit :
dim. 04 août 2019, 18:13
Voilà, tout est là.
Le péché n'a pas été racheté, il est inconvertissable.
Mais la personne du pécheur a été rachetée .
Mais rachetée de quoi si ce n'est de l'emprise du péché ?

Or, penser que même rachetée du péché la personne puisse rejeter Dieu c'est aboutir à un paradoxe car si la personne rejette Dieu c'est qu'elle est toujours sous l'emprise du péché et qu'elle n'a pas été rachetée.
Le prisonnier qui voit sa caution réglée par un généreux donateur qui replonge dans ses crimes immédiatement, sans état d'âme, celui-ci a gâché la chance qui lui a été offerte.

La personne est rachetée de ses péchés : la rançon du péché est payée par le Christ.
C'est lui qui verse le salaire du péché pour sauver le pécheur.
Si le pécheur racheté retourne péché allègrement sans état d'âme, il est perdu définitivement et la faute n'incombe pas à Celui qui l'a déjà racheté.
Il ne rejette pas Dieu parce qu'il est encore sous l'emprise du péché, il pèche en rejetant Dieu par son péché.
J'ai l'impression que vous défendez le point de vue de la substitution pénale ou j'ai mal compris ?

Toujours est-il que comme Carhaix, j'ai du mal à comprendre vos propos.
Le Christ n' a-t-il pas racheté tout péché, passé, présent et à venir ? À partir de quand les péchés d'une personne sont-ils rachetés puis ne le sont plus ? Une personne qui se convertirait puis rejetterait Dieu et pècherait "sans état d'âme" puis finirait par regretter ne pourrait-elle plus être pardonnée ?

Par ailleurs, en quoi a consisté la rédemption ? À offrir sa vie pour apaiser la justice divine ? Ou à vaincre le péché, guérir l'humanité ?
Ô mort, où est donc ta victoire ? Vous pourriez répondre à l'apôtre qu'elle est là, dans l'exemple que vous donnez justement...
L'autre est un semblable.

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Carhaix » mer. 07 août 2019, 15:29

PaxetBonum a écrit :
mer. 07 août 2019, 14:43
Carhaix a écrit :
mer. 07 août 2019, 14:32

Encore une fois, la gravité des péchés commis ne s'oppose en rien au Salut, puisqu'ils sont pardonnés. La question n'est donc pas la gravité des péchés. Le bon larron avait commis de grands et graves péchés, et fut le premier à entrer au Paradis.
Il y a pourtant des péchés qui conduisent plus sûrement en enfer si l'on meurt avec (péchés mortels) et d'autres qui ne s'opposent pas au salut après réparation (véniels).

Le pardon n'est pas automatique et plus dur à obtenir selon le péché.
Il faut accepter le salut, l'accueillir sincèrement, avoir la contrition (parfaite si possible), demander pardon , réparer et changer de vie.
Le minimum prescrit pour obtenir le Salut est de se confesser une fois l'an.

Le criminel abominable qui s'est confessé et a fait pénitence est sauvé.
Le "pur" qui se croit sans péché, et ne s'est jamais confessé, est beaucoup moins sûr d'être sauvé.

Voir la parabole du publicain et du pharisien.

Je n'invente rien, c'est dans la doctrine catholique depuis deux mille ans.
Dernière modification par Carhaix le mer. 07 août 2019, 15:55, modifié 1 fois.

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Carhaix » mer. 07 août 2019, 15:35

PaxetBonum a écrit :
mer. 07 août 2019, 14:48
Carhaix a écrit :
mer. 07 août 2019, 14:39
Voilà. Nous sommes donc bien d'accord que tant que l'on va se jeter aux pieds du prêtre, on est sauvé, même si on retourne le voir soixante-dix fois sept fois pour toujours le même péché qu'on aura recommencé autant de fois.

Et que donc, ce n'est pas pour avoir commis ce péché que l'on est perdu, mais pour avoir refusé d'implorer miséricorde.

Et donc, ce n'est pas le péché en lui-même qui est déterminant.
Mais si le péché est déterminant puisqu'il faut en demander pardon, réparer et avoir le ferme propos de l'éviter à l'avenir.

Vous dites : la maladie n'est pas grave puisque l'on a un remède.
Si le péché n'est pas déterminant pourquoi prendre le remède ?
L'homme en bonne santé prend-il le remède ?

"Jésus, prenant la parole, leur dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades."

Si Jésus (le médecin) vient porter secours au pécheur (malade) c'est qu'il connaît le danger du péché (la maladie).
Vous n'avez pas perçu l'ironie de la parole du Christ ? Les hommes sains qui n'ont pas besoin de médecin existent-ils ? Les hommes sans péché existent-ils ? Y a-t-il des hommes qui n'ont pas besoin du Christ, sont parfaits, et seront donc sauvés sans passer par le Christ ? Et si tous les hommes sont malades, qu'est-ce qui compte le plus, si ce n'est le Remède qui est exactement le même pour tout le monde ?

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par cmoi » mer. 07 août 2019, 16:27

Merci Carolus....

Je tiens à m’excuser d’être intervenu un peu« à la hussarde » sur un sujet qui me semblait porter sur la possibilité de la disparition de l’enfer, autrement dit soit qu’il ne soit pas éternel (il y aurait eu un petit subterfuge de la part de Jésus affirmant par prétérition le contraire), soit qu’il n’y ait plus personne dedans (idem, mais encore plus discutable quoique ce soit second).
Je ne doute pas des connaissances religieuses des uns et des autres, je les suppose même acquises et au moins égales aux miennes, mais l’interprétation a toujours laissé la porte ouverte à bien des discussions, c’est tout l’intérêt.
Même si parfois il y a des limites, qu’elles soient tracées par le dogme ou le bon sens.
A cet égard, j’ai voulu dire que cette polémique ne me semblait pas de l’ordre de la foi, mais de l’espérance, et qu’en ce qui concerne ce qu’elle cherche à déterminer de la « puissance de miséricorde » divine, il me semblait préférable, sans préjuger de l’endroit où nous serons, de faire en sorte d’y avoir une bonne place et pour cela d’éviter certains risques.

Il me semble, à lire vos derniers échanges, que cette discussion qui fut me semble-t-il très abstraite et théorique, ce qui explique le sens de mon intervention, soit passée sur le plan très concret de ce qui détermine une damnation.
Evidemment il faut d’abord remplir les conditions traditionnelles pour qu’un péché soit mortel (matière grave, pleine connaissance et plein consentement) puisque c’est par définition ce qui la détermine mais ce n’est pas suffisant.
Il ne semble pas non plus que votre sujet soit celui de discuter de l’amélioration de ces conditions par plus de précisions, ni de ce qui fait que sachant cela, des croyants en commettent.
Il est que le pardon effaçant la faute, toutes les fautes (à part celles commises selon Jésus contre l’Esprit Saint et qui jusqu’à ce jour a mis à mal toute tentative de définition, mais cela ne semble pas non plus votre sujet, quoique un peu…) la possibilité que l’enfer soit vide ou habité tient donc des conditions du pardon.
Vous avez cité le repentir, la contrition parfaite ou imparfaite/confession, mais il me semble que vous abordez peu la question des incroyants, or c’est sur eux que porte essentiellement le litige (ou sur des circonstances particulières à l’instant de la mort et qui relèveraient de la malchance ou de la chance, ce qui n’est pas discutable mais relève de la providence) : y a-t-il une absolution surérogatoire et sachant qu’ils n’en connaissent pas les conditions, il leur faudrait une contrition parfaite qu’ils semblent mal disposés à acquérir.
Car concernant les croyants, je suis d’accord que s’ils sont un tant soit peu sincères et conséquents, ils devraient tous être sauvés.
La question n’est pas non plus de savoir si c’est juste… ! Je ne crois pas que je sujet soit non plus d’analyser tous les facteurs qui font/feraient que c’est loin d’être le cas, ni pourquoi l’un a reçu la grâce de la foi et l’autre pas.
Pourquoi Dieu qui ne veut que nous sauver tous et qui le peut, qui s’en donne et nous en donne les moyens, peut permettre qu’il y ait des exceptions, et même beaucoup ? Voilà une autre question écartée…
Il n’est pas non plus de discuter de la justice de l’enfer ni de la proportionnalité de la peine… De pourquoi certains semblent faire le choix du mal.

De ce que je peux lire, il me semble que vous êtes presque tous d’accord, ayant éliminé la question des incroyants, et portez vos efforts sur la notion de repentir.
Je ne peux m’empêcher de trouver que vous avez dévié du sujet de départ qui faisait fi des cas personnels… et que ce n’est que relancer le sujet du libre arbitre, du poids des fautes pardonnées mais non expiées qui affaiblissent la grâce, et qui finit par nous aveugler sur notre responsabilité (bien que les 3 condition supposent le consentement)et nous mettre en état de damnation future à notre insu (car c’est toujours à notre insu, même le pire des salauds croit posséder en son fort interne un secret qui le fera bénéficier d’un traitement de faveur, serait-ce un raisonnement d’athée…) de ce que nous ne croyons pas devoir nous repentir de quelque chose qui est encore là, tapi en nous, prêt à sortir ses griffes et à se justifier.
Bien des damnés seront surpris de l’être, l’évangile le laisse bien entendre…. Le repentir n’est pas quelque chose qui s’obtient à la commande, il renferme en sons sein une multitude de degrés et bien malin celui qui peut savoir s’il en a atteint un de suffisant. La « contrition imparfaite » comme suffisante avec une « bonne » confession est une tarte à la crème qui permet bien des illusions : le litige porte plus sur le ferme propos en ce qu’il fait partie du repentir et doit aller au-delà de l’intention, presque atteindre le stade du réflexe conditionné
Les rechutes sont certes pardonnables et possibles, mais il y a tout de même une promesse d’assistance qui laisse entendre que l’échec ne doit pas, ne peut pas être durable sans poser question. Sinon il n’y aurait pas de progrès, d’ascension de l’âme, et parier sur un coup de chance final, après une vie volontairement conduite le dos tourné, c’est bien peu respecter et croire en sa justice.
S’il était facile d’aller au ciel, maintenant que les conditions du salut sont connues, alors pourquoi toutes ces recommandations du Christ ?
Le sujet n’est pas non plus de mesurer l’influence et la « justice » des interventions démoniaques et de la tentation.
Le but non plus n’est pas d’avoir au paradis un strapontin étroit dans un tout petit coin : il vomira les tièdes ! Ce qui ne veut pas dire qu’il cajolera ses ennemis (je n’ai pas dit ceux de ses Eglises et qui leur sont parfois si utiles) qui se seront déclarés…
Il y a un combat, il y a un but ici sur terre à chacune de nos vies et qui se passe ici-bas, qui ne tient pas qu’à la fréquentation des sacrements, (on ne se « soigne » que pour aller bien et en faire quelque chose) qui fait que le combattant volontaire et franc jouira d’un statut de faveur

Les exceptions théoriques sont à prendre pour ce qu’elles sont : des exceptions

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Carhaix » mer. 07 août 2019, 16:42

@Cmoi

Je voudrais m'en tenir à la seule doctrine reconnue de l'Église catholique (en dehors de laquelle chacun peut y aller de ses idées personnelles).

Pouvez-vous me dire où vous trouvez l'idée d'une progression nécessaire de l'âme qui pècherait de moins en moins jusqu'à l'obtention du Salut, jusqu'à devenir complètement pure et parfaite au soir de sa vie, et qui pourrait dire, juste avant de mourir : ça y est, je suis parfait, le Paradis est dans la poche ?

Où ?

Pouvez-vous me citer un endroit des Écritures, du Catéchisme, ou de n'importe quel écrit du magistère qui dise cela ?

Et accessoirement, puisque la répétition du péché vous semble "poser question", autrement dit serait le signe d'une future damnation probable, pourquoi le Christ demande à Pierre de pardonner soixante-dix fois sept fois ? Que signifient les ouvriers de la Onzième heure ? Comment se fait-il que le bon larron ait été pardonné ? Pourquoi le Christ justifie-t-il le publicain rempli de péchés et non le pharisien, lequel était pourtant parfait et sans tache ?

Bref, à quoi sert la Croix, pour en revenir toujours et encore à la même question, si ce qui compte est d'être pur de tout péché, parfait observateur des Commandements et sans tache et de pouvoir bomber le torse en regardant Dieu en face ? Pourquoi ne pas être resté au stade de l'ancienne Loi qui offrait tout le matériel doctrinal nécessaire pour vivre suivant ces principes ?

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Hantouane » mer. 07 août 2019, 17:12

À mon avis, l'enfer est pour ceux qui n'accueillent pas et rejettent le fils de l'homme, donc ses commandements, aimer Dieu et son prochain comme soi-même. Le fils de l'homme, quand il reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? Sera-t-il accueilli ou rejeté ? Comme le Christ a pris le fardeau de chacun d'entre nous et est mort pour chacun d'entre nous, évitons de manquer de respect en tout homme, car chacun de nous est l'élu de Dieu. Et il défendra d'autant plus celui qu'on a persécuté à outrance. Et condamnera sûrement ses persécuteurs à l'enfer éternel. Jésus nous a tout dit : aimer son prochain comme soi-même, semblable à aimer Dieu. Pourquoi donc maltraiter son prochain ? Il me semble que le salaire c'est l'Enfer, surtout si c'est à outrance. Dans ce cas-là, les 7 fois 70 fois sont dépassés. Mais je me trompe peut-être ...

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Re: La doctrine de l'enfer éternel est-elle supportable aujourd'hui ?

Message non lu par Cinci » mer. 07 août 2019, 17:49

Carhaix :

Pourquoi le Christ justifie-t-il le publicain rempli de péchés et non le pharisien, lequel était pourtant parfait et sans tache ?
Le publicain de l'Évangile est pécheur. Il en a douloureusement conscience et il en souffre. Il voudrait que Dieu lui pardonne. C'est comme tout ce peuple des petits métiers, prostituées ou soldats et mercenaires étrangers allant voir Jean au Jourdain. Tous exclus des rites sacrificiels de pardon du Temple à Jérusalem. "Dehors, roulure ! "

Mais ...

Le mauvais pharisien est pécheur lui aussi bien entendu. Par contre il ne souffre de rien sur ce plan. Il se croit dans les règles. Il se croit bon et justifié alors qu'il n'en est rien. Il n'était pas du tout "parfait et sans tache", comme vous venez de l'écrire. Tout le contraire ! Son état était bien pire que l'autre en réalité. Parce qu'il voulait se servir de Dieu pour couvrir son forfait. Il prétendait voir clair alors qu'il était aveugle sur lui-même. Il n'est donc pas justifié ou pardonné. Non, parce qu'il ne demande pas pardon. Il ne le peut pas, il n'a aucune conscience du mal qu'il fait.

Le pharaon de l'Exode ne demande pas pardon lui non plus. Il est sûr d'être dans son bon droit.

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