Prééminence du Siège Romain

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Prééminence du Siège Romain

Message non lupar chris-ostome » dim. 19 juin 2016, 1:11

Bonsoir.

J'aimerais que l'on liste ensemble des éléments antérieurs au schisme de 1054 (date purement indicative) permettant de défendre la primauté pétrinienne, que nous ne croyons pas seulement être honorifique mais aussi juridique.

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Théodore
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Re: Prééminence du Siège Romain

Message non lupar Théodore » lun. 20 juin 2016, 0:41

Très rapidement, à chaud :

- L'intervention de l'Eglise de Rome, via l'épître de Saint Clément, dans les affaires de l'Eglise de Corinthe, dans les années 90.

- Vers 140, la querelle quartodécimaine et la menace du pape Victor de retrancher les Eglises d'Asie de la "communion commune" ; personne ne lui conteste ce droit.

- Le concile de Sardique, en 343, qui établit l'évêque de Rome comme juge et cour d'appel suprême en cas de litige.

Etc...

Vous discutez avec un orthodoxe ? ;-)
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Re: Prééminence du Siège Romain

Message non lupar chris-ostome » lun. 20 juin 2016, 21:57

Oui, et le débat est souvent de nature ecclésiologique.
Merci pour ces informations
J'ai retrouvé quelques textes dans le Denzinger, notamment l'Epître de Clément 1er et le Concile de Serdique. Cela me paraît néanmoins encore léger. :)
L'orthodoxe avec lequel je débat me reproche souvent le centralisme de l'Eglise Romaine, même si celle-ci permet que des églises unis à Rome aient un Patriarche, avec leur propre rite, et des dispositions canoniques spécifiques -code de droit canonique des églises orientales-.
Il est vrai que l'Evêque de Rome, au départ, n'était pas aussi puissant que maintenant et qu'il y a eu une évolution progressive de son pouvoir. Je ne sais pas comment défendre cela, même si à mes yeux, cette progressivité ne pose pas problème.
D'ailleurs, dans la Bible, la primauté de Pierre n'est pas purement honorifique, loin de là (d'ailleurs, je vais ouvrir un autre sujet pour discuter de l'authenticité du verset où Jésus fonde son Eglise sur Pierre).
En tout cas, les Evêques de Rome qui vont succédé à Pierre, s'ils bénéficient d'une primauté certaine, il apparaît clairement que cette primauté n'est pas aussi marquée.

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Re: Prééminence du Siège Romain

Message non lupar Théodore » lun. 20 juin 2016, 22:53

Il se trouve que l'évolution de la primauté du Siège Romain est mon sujet particulier de recherche, donc je serai heureux de contribuer à ce fil, si j'en ai le temps X)
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Re: Prééminence du Siège Romain

Message non lupar chris-ostome » mar. 06 sept. 2016, 21:50

L’abbé Louis Nazaire BÉGIN, docteur en théologie, spécialiste en histoire ecclésiastique, sacré évêque puis nommé cardinal au Québec. En 1873, il publia un important ouvrage afin de réfuter les calomnies lancées contre la Papauté : La primauté et l’infaillibilité des souverains pontifes.

Concernant les fausses décrétales :

"Que ces Décrétales, attribuées surtout aux Papes des quatre premier* siècles, soient pour la plupart apocryphes, c'est ce que tous les érudits admettent depuis longtemps, et le P. Oratry, en donnant à entendre que les catholiques r.e reconnaissaient pas tous la non-authenticité de ces Décrétales, a fait preuve d'une grande naïveté, pour ne pas dire davantagage. En effet, déjà au quinzième siècle, 10 cardinal Nicolas de Cuse, et, au seizième, les catholiques de France et d'Allemagne, démontrèrent d'une manière péremptoire la fausseté de ces actes."
[...]
"Mais, tout en portant le cachet de la non-authenticité, est-ce qu'elles n'ont pas contribué à accroître les prétentions ambitieuses des Papes, et à changer la discipline de l'Eglise ? C'est ce qu'ont affirmé les gallicans et certains protestants; mais cette assertion est erronée, comme vous allez le voir. Je vais vous démontrer, par des faits historiques, que les droits revendiqués, dans ces documents, on faveur des évoques do Rome, étaient déjà reconnus et exercés librement, longtemps avant l'existence do ces Décrétales.
Ainsi 1" l'autorité dos Papes dans les causes majeures ou de grande importance, ne tire pas son origine de la collection des fausses Décrétales, comme on a osé l'affirmer. En effet, nous voyons le Pape Innocent I (401), plus de quatre cents ans avant l'existence du faux Isidore, écrire à Victricius, évoque de Rouen, que lorsqu'il s'agit des causes majeures, elles doivent, d'après les décisions des conciles et l'antique coutume, être soumises au jugement du Siège Apostolique. Boniface 1(418), dans son épître à Rufus, dit que les plus célèbres Eglises d'Orient ont toujours consulté le siège de Rome dans les affaires importantes, et lui ont demandé secours et protection. Il rappelle, à ce sujet, les exemples de saint Athanase, et de Pierre, prêtre de l'Eglise d'Alexandrie, qui eurent recours à Rome, pour se protéger contre les attaques dont ils étaient les victimes. Il raconte également que, pendant les deux schismes qui désolèrent l'Eglise d'Antioche, le premier, sous Mélèce, le second, sous Flavien, on consulta le Siège Apostolique, pour faire
La même doctrine se trouve consignée, presque dans les mêmes ternies, dans la septième lettre du Pape Vigile, dans les lettres de saint Grégoire-le Grand à Vigile, évêque d'Arles, et à l'évêque de Larisse, dans celles de saint Léon-le-Graud, de Sixte III, etc. De même, Saint Avit, archevêque de Vienne, dit que, dans toutes les graves questions qui touchent à la condition de l'Eglise, il faut recourir à notre chef, qui est l'évêque do Rome. Saint Jérôme atteste qu'étant autrefois secrétaire du Pape saint Damaso, il avait à répondre aux consultations qui venaient de l'Orient et de l'Occident. Le même enseignement se retrouve dans la lettres de Théodoret, évêque de Cyr, à saint Léon-le-Grand, et dans celle des évoques d'Afrique au Pape Théodore, en 616. Tous font dériver cette coutume de l'époque même des apôtres, de l'antiquité, etc. Donc, de tous les pays du monde, on recourait aux Papes dans les causes majeures, à cause de leur primauté sur l'Eglise universelle, et longtemps avant l'existence du faux Isidore et de ses Décrétales.
Il en était de même pour les causes qui concernaient les évêques accusés. Les Ariens ayant condamné dans leurs synodes plusieurs évêques catholiques, tels que saint Athanase, Marcel d'Ancyre, Lucius d'Andrinople et autres, le Pape saint Jules rétablit ces derniers dans leurs sièges et réprimanda fortement les Ariens de ce que, sans le consulter, ils avaient porté un jugement sur ces évêques. C'est encore à tort que l'on attribue à ces Décrétales l'origine de la suprématie pontificale sur les patriarches, les métropolitains et les évêques. Déjà au troisième siècle, saint Denys, patriarche d'Alexandrie, ayant été accusé d'hérésie auprès du souverain Pontife, celui-ci l'obligea d'exposer sa doctrine : ce qu'il fit sans hésiter. Elle fut jugée orthodoxe et il put continuer à gouverner l'Eglise d'Alexandrie. Le Pape saint Géleslin en agit absolument de la même manière envers Nestorius, patriarche de Couslantinople, ainsi que saint Léon et les autres Papes, envers les différents patriarches. Saint Gélase écrivant contre Acace et ses ses sectateurs, rappelle que, d'après la coutume des ancêtrès, plusieurs patriarches, qu'il énumère, furent destitués par la seule autorité du Siège Apostolique, tels que Timothé d'Alexandrie, Pierre d'Antioche, tandis que d'autres condamnés injustement, furent !établis dans leurs patriarcats, tels que saint Athanase, Jean de Constantinople, saint Flavius, etc. Au troisième siècle, nous voyons saint Cyprien écrire au Pape saint Etienne, pour l'engager à déposer Marcion, archevêque d'Arles, partisan des novatiens, et à lui en substituer un autre de sa propre autorité. Le concile de Rome, tenu au quatrième siècle, sous le Pape saint Damase, ordonne que les évêques qui ont été condamnés par un concile, et qui veulent conserver 10 gouvernement de leur Eglise, s'adressent au souverain Pontife ou à ses légats. Le Pape Zozime dépose Proculus de Marseille, qui s'arrogeait les droits de métropolitain. Saint Léon-le-Grand censure fortement la conduite d'Anastase de Thessalonique, vicaire apostolique en Illyrie, qui avait déposé Atticus, Métropolitain de Nicopolis parce que ce dernier, tout coupable qu'il était, ne devait pas être puni avant le rescrit du souverain Pontife. Saint Martin I prononce la sentence de déposition contre Paul de Thessalonique. Je n'en finirais plus, si je voulais réunir ici on un faisceau les innombrables exemples d'exercice de l'autorité pontificale sur les évêques, les métropolitains, et les patriarches, et cela bien des siècles avant que la fameuse collection eût paru dans le public. Le XVe et le XVIe canon du concile d'Antioche, qui laissent les causes épiscopales au jugement dos évêques de la même province, ou du métropolitain de la province voisine, doivent s'entendre de telle sorte qu'ils ne portent aucun préjudice au siège de Rome; c'est d'ailleurs ce qui a été confirmé par le concile de Sardique (317), par saint Léon-le-Grand, dans la cause des doux évêques de Mauritanie, par saint Boniface I, dans sa lettre au clergé de Valence, par Nicolas I, dans ses lettres à Salomon, roi des Bretons, et aux évêques des Gaules. Mais dès que les Papes avaient rendu un jugement, ou avaient confirmé celui qu'avait porté un synode, alors les conciles provinciaux ou les métropolitains devaient le mettre à exécution, sans y modifier quoi que ce soit. Je ne nie pas qu'il y ait eu des infractions à cette loi générale, mais ce fait n'infirme nullement la loi elle-même.
Le droit que possèdent les Papes de recevoir les appels ne découle pas non plus des fausses Décrétales, mais de l'autorité suprême que Jésus-Christ a conférée à saint Pierre et à ses successeurs.Ce droit est déjà reconnu, en 347, par les Pères du concile de Sardique ; en 382, par saint Jérôme ; ou 407, par saint Innocent , dans sa lettre aux évêques du concile de Milève ; eu 425 par saint Célestin, dans sa lettre aux évoques d'Illyrie ; en 445 par saint Léon le Grand ; en 533, par l'empereur Justinien, dans ses lettres à Epiphane, évêque de Constantinople, et à Jean II ; par saint Agapit, dans sa lettre à Justinien ; et par plusieurs conciles d'Afrique, tenus au septième siècle, etc.
La pratique a confirmé la théorie. J'ai déjà rapporté dans ma première leçon un grand nombre d'appels faits au Saint-Siège, par ceux qui se croyaient lésés dans leurs droits. Qu'il me suffise de citer ici celui de Marcion, excommunié on 143 ; celui de Privatus, condamné comme hérétique par un concile de quatre-vingt-dix évêques en 250 ; celui de Félicissime, avec quatre prêtres, qui s'étaient opposés à l'élection de saint Cyprien, en 252 ; celui de saint Athanase, au quatrième siècle; celui de saint Jean Chrysostome, en 401 ; ceux de Chélidonius et de Flavien de Constantinople, au cinquième siècle, etc.
4° Quant à la confirmation à l'élection des évêques, le Pape n'avait pas la coutume de la donner directement à tous, dans les premiers siècles ; pour l'Orient elle était réservée généralement aux patriarches fît aux primats, qui leur donnaient, à leur tour, à leurs subordonnés. Ce droit et cette coutume sont attestés par Boniface 1, dans son épitre à Rufus, par Lucence dans |e concile de Chalcédoine, par le Pape Simplicius, éρ. XVII. Les ne consacraient pas seulement évêques d'Italie, comme quelques-uns l'ont affirmé, puisque nous voyons que Sixte III, saint Céleslin et saint Léon-le-Grand en consacrèrent doux cent quatre-vingt dans l'espace de trente-huit ans ; évidemment, ce nombre si considérable devait dépasser de beaucoup les besoins de l'Italie seule. "

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Re: Prééminence du Siège Romain

Message non lupar chris-ostome » lun. 10 avr. 2017, 14:14

Preuves de la primauté du siège romain.

Jusqu'en 325 :
Spoiler!
Saint Clément de Rome:

Né à une date inconnue (bien qu’il soit probable qu’il est été adulte au moment où l’Apôtre Paul, mort en 65 était à Rome) et en un lieu incertain (peut-être en Italie), issu de la communauté juive hellénistique. Il a connu personnellement les saints Apôtres Pierre (de qui il a reçu l’épiscopat) et Paul, selon certains, il aurait même connu l’Apôtre saint Jean; Saint Irénée que nous reverrons plus bas affirme au sujet de Clément en 185 dans Contre les hérésies: qu’« il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux : leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur Tradition était encore devant ses yeux ». Selon Origène (mort vers 253) et saint Jérôme de Stridon (mort en 420), il serait le Clément, disciple de saint Paul dont ce dernier fait mention dans son Épître aux Philippiens. Évêque de Rome de 88 à environ 100 où il mourut martyr (il est donc mort avant l’Apôtre saint Jean) à Rome ou dans le Pont-Euxin suivant les sources. Il est le premier des Pères apostoliques.

Les rapports entre ce dernier et les Églises locales montrent clairement que l’évêque de Rome possédait la primauté déjà à ce moment-là. Sa Lettre aux Corinthiens est le premier document où l’on voit l’Église de Rome intervenir dans une autre Église pour qu’y vive la charité, document inappréciable par la fraîcheur du texte si proche des rédactions des évangélistes. Il écrit cette lettre au sujet de la sédition à l’Eglise de Corinthe au premier siècle (90-100).

A l’époque de Saint Clément de Rome, les fidèles de l’Église de Corinthe se révoltèrent et déposèrent leurs évêque et prêtres. « Cette Église en appelle à Rome. Pourquoi Rome ? Pourquoi s’adresser à une Église si lointaine ? Pourquoi ne pas demander conseil et assistance à des chrétiens de même race, à une des communautés si florissantes de Thessalonique, de Philippes ou de Béré ? Ou bien s’ils ne pensaient pas trouver suffisamment d’autorité sur le sol de la Grèce, pourquoi ne pas se tourner vers l’Asie Mineure d’où la foi leur était venue? A ces célèbres Églises de Smyrne ou d’Ephèse ? Pourtant, saint Jean y vivait encore et venait d’écrire son Évangile. Toutes les Églises entouraient de respect ce dernier survivant des Apôtres. Ce n’est ni à saint Jean, l’apôtre préféré du Christ, ni aux Eglises d’Asie Mineure si rapprochées d’eux, ni aux communautés grecques qu’ils feront appel, mais à une Église lointaine… L’Église de Rome. Pourquoi ?… si ce n’est parce que Rome a la primauté sur toutes les autres Églises ? » (Marie CARRÉ, J’ai choisi l’unité, Editions de Chiré, 5ème édition, pages 93-94)

L’Église de Corinthe a consulté Clément, l’évêque de Rome au sujet de conflits graves qui se passaient dans son sein. Elle lui demande d’intercéder, même si l’apôtre Jean était encore vivant et beaucoup plus près d’eux: il était proche d’Éphèse (les corinthiens reconnaissent donc comme supérieur l’autorité de Clément, évêque de Rome, à celle d’un Apôtre ayant connu le Christ qui était en plus deux fois plus proche d’eux). Le fait que l’Église de Corinthe se soit tournée vers Rome, loin, pour son problème interne nous montre que la primauté de l’évêque de Rome était reconnue au premier siècle. En réponse à leur appel, le pape Clément a écrit l’Épître aux Corinthiens. Rome avait parlé, Corinthe a obéi. Et soixante-dix ans plus tard, on lira encore cette Epître tous les dimanches à la messe dans l’Eglise de Corinthe.

Cette épître est l’un des plus célèbres documents de l’histoire du christianisme. Dans cette épître, datant de 95-96, le pape utilise clairement un langage d’autorité pour commander aux chrétiens de Corinthe d’être soumis à leurs pasteurs locaux:

« En raison, chers frères, des événements catastrophiques soudains et successifs qui nous ont frappé (à savoir les persécutions de l’empereur Domitien), nous estimons que nous avons quelque peu tardé à tourner notre attention sur les points au sujet desquels vous nous avez consulté, et surtout sur cette sédition honteuse et détestable, absolument odieuse à l’élu de Dieu, que quelques-unes des personnes sûres d’elles ont allumé à un tel degré de frénésie, que votre nom vénérable et illustre, digne d’être universellement aimé, a subi des blessures graves ». (Clément, chapitre 1)

« Vous, donc, qui avez jeté les bases de cette sédition, soumettez-vous aux prêtres, et recevez la correction [ndlr: écouter leurs enseignement et confessez-vous à eux] de manière à vous repentir, pliez les genoux de vos cœurs. Apprenez à en faire l’objet, en mettant de côté la confiance en soi, la fierté et arrogance de votre langage ». (Clément, chapitre 57)

« Votre schisme a renversé [la foi] beaucoup, a découragé beaucoup, a donné lieu à des doutes en grand nombre, et a causé un chagrin pour nous tous. Et encore votre sédition continue. » (Clément, chapitre 46)

Remarquez le langage autoritaire que le pape Clément utilise en réprimandant ceux qui ont causé la rébellion interne dans l’Eglise de Corinthe. Cela nous montre que dans les toutes premières années, au tout premier siècle, l’Église de Rome était reconnue comme l’autorité supérieure. Elle était reconnue de cette façon précisément parce que son évêque était le successeur de saint Pierre.

Il est aussi très intéressant de noter que nul part dans le corps de la lettre saint Clément ne dit de manière explicite « Rome est la tête de l’Eglise » ou encore « c’est moi le chef », mais le simple contexte qui l’entoure fait dire spontanément à des gens qui ne reconnaissent pas la Papauté (‘orthodoxes’, protestants…) que Clément, évêque de Rome, détenait la primauté. C’est entre autre le cas de l’érudit orthodoxe Nicholas AFANASIEF. Il a été professeur d’histoire de l’Église et de droit canonique à l’Institut de théologie orthodoxe à Paris. En tant que théologien orthodoxe, il n’était pas un catholique et n’a pas accepté l’enseignement catholique sur la papauté ou sur l’évêque de Rome. Mais dans un essai intitulé La Primauté de Pierre dans l’Église orthodoxe, édité en 1960 par Jean Meyendorff aux pages 124-126, voici ce que ce savant orthodoxe a admis sur l’épître de Clément aux Corinthiens [traduction approximative à partir du texte russe]: « Comme nous étudions le problème de la primauté en général, et en particulier la primauté de Rome, nous ne devons pas être gouvernés par des motifs polémiques: le problème doit être résolu, à nous-mêmes et à la théologie orthodoxe d’y satisfaire. La solution du problème est urgente, car la théologie orthodoxe n’a pas encore mis en place une doctrine systématique sur le gouvernement de l’Eglise. Et bien que nous ayons une doctrine concernant les Conciles œcuméniques comme des organes de gouvernement dans l’Église, nous verrons bientôt que notre doctrine n’est pas assez pour réfuter la doctrine catholique de la primauté … Tournons-nous vers les faits, nous savons que l’Église de Rome a repris la position d’Eglise lui donnant la priorité à la fin du premier siècle. C’était l’heure à laquelle son étoile montait dans le firmament de l’histoire à sa plus brillante splendeur. Même dès l’épître aux Romains, Rome semble avoir été distinguée entre les Eglises comme très importante. Paul témoigne que la foi des Romains a été proclamée dans le monde entier (Rm 1-8). Nous avons un document qui nous donne notre première preuve fiable que l’Eglise de Rome se trouvait dans une situation exceptionnelle d’autorité dans cette période. C’est l’épître de Clément de Rome. Nous savons que Clément était chef de l’Église romaine. L’épître est formulée en termes très mesurés, sous la forme d’une exhortation; mais en même temps, il montre clairement que l’Eglise de Rome était au courant de son importance décisive aux yeux de l’Eglise de Corinthe, qui doit joindre à son témoignage sur les événements de Corinthe. Ainsi l’Eglise de Rome, à la fin de la premier siècle, présente un sens marqué de sa propre priorité, au point de témoigner sur les événements dans d’autres églises. Notez également que l’Eglise romaine ne se sentait pas obligé de faire un cas, cependant valoir, pour justifier ses déclarations faisant autorité sur ce que nous devrions maintenant appeler les préoccupations intérieures des autres églises … Apparemment, Rome n’avait aucun doute que sa priorité serait acceptée sans discussion. » (La Primauté de Pierre, chapitre 4)

Ainsi, nous entendons dans cette citation, même les orthodoxes admettre que l’Epître de Clément aux Corinthiens montre clairement que Rome a tenu la place de priorité au premier siècle. Et cette priorité incontestable de l’Eglise de Rome n’est rien d’autre que la primauté qui lui revient en raison de son évêque qui est le successeur de saint Pierre.

En parlant de l’Epître de Clément, le milieu universitaire non-catholique du XXe siècle le travail de TG JALLAND, L’Église et la papauté mentionne: « Il ne serait pas déraisonnable de déduire [d’un passage dans une Clement 63] que l’église romaine était déjà consciente d’un certain degré de responsabilité externe, tel ne semble pas avoir été réalisé par les églises géographiquement voisines de Thessalonique ou Philippes… S’il est vrai de dire de l’intervention romaine que «l’autorité est implicite, étant laissé aux générations suivantes de rendre explicite les raisons qui ont conduit une action instinctive» (Lowell Clark, Première épître de Clément p. 20), il nous reste encore avec la question de la source à partir de laquelle l’instinct lui-même a été dérivé les instincts sont généralement traçables aux habitudes des générations passées. dans ce cas, la source était-elle seulement l’accoutumance du peuple romain au gouvernement des autres: ou était-ce pas plutôt, que le ton de l’épître suggérerait, une coutume qui pourrait réclamer une sanction apostolique ou même divine dans son origine ? » (The Church and the Papacy (1944) cited in The Church and Infallibility by B.C. BUTLER p. 129-130 (1954)). Les premiers dossiers que nous venons d’évoquer sur l’Église romaine (par opposition à l’évêque romain personnellement) exerçant une fonction ou d’une autorité unique. Certains ont prétendu que la raison en était parce qu’il n’y avait « pas d’épiscopat monarchique » à Rome jusqu’au milieu ou à fin du deuxième siècle. Comme les documents de la période la plus antique du christianisme sont rares, il ne devrait pas nous surprendre que les preuves de l’intervention romaine dans les autres église dans la première période ne sont pas abondantes, car cela ne veut rien dire contre la primauté de l’évêque romain. Alors que les congrégations dans diverses parties du monde étaient pauvres, dispersées, et persécutées, il ne devrait pas nous surprendre que l’Église, ou plutôt que de l’évêque, serait l’objet d’allusions respectueuses. Dans les premières temps du christianisme, l’église locale était une unité distincte. Et peut-être le plus important, dans la première période de l’ « évêque lui-même avait plus de chances de vivre dans des quelque obscurité en raison de sa position exposée en temps de persécution. » (Ronald KNOX, Essentials fo Spiritual Unity, 1918)

L´Église romaine exerçait explicitement son autorité avec une fréquence de plus en plus grande longtemps avant que le canon des Écritures a été réglé et bien avant il y eut des conciles œcuméniques. Si le premier siècle de l’histoire de l’Église ne va en aucune façon contre la papauté, que les quatre premiers siècles aillent contre le canon des Écritures, puisque la question était encore contesté dans certaines régions jusqu’à ce qu’au début du cinquième siècle avec le concile de Carthage en 418. L’historien Sir Nicholas Cheetham (orthodoxe) avait ceci à dire au sujet de l’épître de Clément (à partir de son étude Histoire des papes ): « Clément affirme la primauté de l’Église romaine en aucun tonalités incertaines quand il a réprimande les chrétiens de Corinthe pour être tomber dans la dissidence et le schisme. L’épître qui les réprimande pour leurs querelles et généralement attribué à lui a l’anneau papal authentique, à la fois autoritaire et paternelle. » (Une Histoire des papes, Chapitre 1)

Notons aussi que Saint Clément exige des insurgés de Corinthe d’être soumis à leurs presbytres, c’est à dire à leur prêtres, ce qui signifie que l’organisation et la hiérarchie catholique d’aujourd’hui existait déjà à l’époque… Clément reproche aux Corinthiens d’avoir destitués des prêtres « institués par les Apôtres » ou « par leurs successeurs ». Les Corinthiens obéirent et rétablirent les prêtres injustement dépossédés. cela prouve que la succession apostolique était déjà crue par les chrétiens du Ier siècle ayant pour certains connus les Apôtres, des érudits protestants le reconnaissent eux-mêmes: cliquer ici.

Nous pouvons subsidiairement noter que cette lettre de Saint Clément fut copiée dans sa forme en 110 par Saint Polycarpe, ce qui laisse penser qu’elle avait du succès et faisait autorité, alors qu’il était évêque de Smyrne (même région qu’Ephèse).
Saint Ignace d’Antioche:

Père apostolique (disciple des saints Apôtres Pierre et Jean) et troisième évêque d’Antioche. Né vers 35 en Syrie, mort en martyr à Rome sous Trajan entre 112 et 117. Il est également appelé « saint Ignace le Théophore », Théophore signifiant « porteur de Dieu », on le surnommait déjà « Ignace le Théophore » de son vivant… Il est aussi l’un des Pères apostoliques généralement reconnus par les protestants.

Saint Ignace est donc un homme du Ier siècle qui fut enseigné par au moins deux des Apôtres, et il désigne l’Eglise de Rome comme celle qui est choisie entre toutes par Dieu et qui préside à son alliance. Il dit dans sa Lettre aux Romains : « Ignace, dit aussi Théophore, à l’Eglise [ l’Eglise de Rome] qui a reçu miséricorde par la magnificence du Père très haut et de Jésus Christ son Fils unique, l’Eglise bien-aimée et illuminée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe, selon la foi et l’amour pour Jésus Christ notre Dieu ; l’Eglise qui préside dans la région des Romains, digne de Dieu, digne d’honneur, digne d’être appelée bienheureuse, digne de louange, digne de succès, digne de pureté, qui préside à l’universelle assemblée de la charité, qui porte la loi du Christ, qui est ornée du nom du Père ; je la salue au nom de Jésus Christ, le Fils du Père; aux frères qui, de chair et d’esprit, sont unis à tous ses commandements, remplis inébranlablement de la grâce de Dieu, purifiés de toute coloration étrangère, je leur souhaite en Jésus Christ notre Dieu toute joie irréprochable. »
Saint Irénée de Lyon:

Né vers 120 ou 130 à Smyrne en Asie mineure, mort entre 202 et 208 à Lyon dont il fut le deuxième évêque. Père de l’Église et martyr; il entendit la prédication de Saint Polycarpe de Smyrne (vers 69 – 155; Père apostolique, premier évêque de Smyrne, patriarche d’Asie, et martyr; qui eut pour maître, plusieurs des Apôtres, eux-mêmes ayant vu Notre Seigneur).

Il est l’auteur de ce célèbre passage prouvant la primauté romaine a son époque: « Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d’énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l’une d’entre elles, l’Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu’elle tient des apôtres et la foi qu’elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu’à nous par des successions d’évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres. » (Contre les heresies, III, 3, 2)

La Cardinal Louis BILLOT dans son Traité de l’Église (tome 2, n° 879, éditions du Courrier de Rome, page 414), fait le commentaire suivant en synthétisant la pensée de Dom René MASSUET, O.S.B. (1666-1716) dans sa IIIème dissertation sur la doctrine de saint Irénée, n° 31 (PG, 7 (1)/278-279.): « On remarquera ici quel est le sens de ce passage. Le texte ne veut pas dire que les fidèles éloignés du siège de Rome par la distance locale doivent s’y rendre, car cette idée serait absurde. Le texte veut dire qu’il est nécessaire de s’unir et de s’accorder avec Rome en matière de foi et de religion. Et saint Irénée en indique la raison : même si les autres églises jouissent de l’autorité sur leurs propres sujets, à l’intérieur de leurs propres limites, l’autorité dont jouit l’église de Rome est bien plus grande, car elle s’impose à tous en raison de son autorité suprême et de son primat, elle est à la tête de tous les fidèles et tous lui sont soumis. »

L’abbé Charles-Émile FREPPEL, futur évêque d’Angers, donna une conférence a la Sorbonne en 1960 pour commenter ce fameux passage et réfuter les objections de ceux qui tentent de démontrer qu’il ne prouve pas la primauté romain. Les actes de cette conférence intitulée Saint Irénée et la primauté du Pape sont consultables en cliquant ici.

Saint Victor Ier:

Berbère, probablement amazigh, né à une date et en un lieu inconnus, mort en 199. Il fut évêque de Rome de (vers) 189 à 199. Se posa, lorsqu’il était évêque de Rome, la question de régler définitivement la date de Pâques. À ce moment dans une partie de l’Asie, on célèbre Pâques le 14 Nisan, comme les juifs, ailleurs, Pâques est fêté le dimanche suivant. Vers l’an 190, il ordonna que se tiennent partout des synodes pour mettre un terme à cette divergence (ce qui prouve en soi son autorité universelle). Les synodes parvinrent à s’entendre sur le jour de Pâques qui doit être célébré un dimanche dans les Églises d’occident comme à Rome. Seule la province d’Asie refusa de s’aligner sur la pratique romaine, et Victor lança alors les excommunications sur les évêques concernés (certaines sources disent qu’ils était sur le point de la faire mais qu’il ne le fit finalement pas sur le conseil de saint Irénée): cela prouve que Victor en tant qu’évêque de Rome avait le pouvoir de commander à tout le monde et de condamner tout le monde… Par ailleurs, sur les principes, Victor se montre souvent intransigeant, en particulier avec ceux qui ne se soumettent pas aux décisions romaines ou se permettent de contester son autorité. Tout cela démontre qu’au IIème siècle, la primauté romaine était incontestée.

Saint Abercius d’Hiérapolis:

Né à une date et en un lieu inconnus, mort en 216, il était grec. Il fut le premier évêque d’Hiérapolis, ville de Phrygie (Asie Mineure). Abercius est un saint populaire dans tout l’Orient. Sur la foi des synaxaires médiévaux, il y est honoré le 22 octobre (et peut-être localement le 22 novembre) comme premier évêque d’Hiérapolis, thaumaturge et surtout grand évangélisateur, ce qui lui vaut le titre traditionnel d’ « Égal aux Apôtres ».

Il est connu pour l’épitaphe qu’il fit graver sur sa tombe avant sa mort. On a plusieurs fois désigné ce texte comme « la reine des inscriptions chrétiennes » tant son importance est évidente pour l’histoire du christianisme primitif. Cette épitaphe nous montre que déjà à l’époque (donc au plus tard en 216), les chrétiens croyaient déjà en de nombreuses doctrines catholiques dont la primauté romaine. Nous la reproduisons ci-dessous: « Citoyen d’une ville distinguée, j’ai fait construire ce [tombeau] de mon vivant afin que mon corps y repose un jour. Mon nom est Abercius. Je suis le disciple d’un saint pasteur qui dirige la troupe de ses agneaux à travers monts et plaines et dont l’œil immense voit toutes choses [ndlr: on peut penser qu’il s’agit là de Dieu], car il m’a appris les lettres dignes de foi. C’est lui [Donc Dieu peut être] qui m’a fait entreprendre le périple de Rome pour en contempler la majesté souveraine et y voir une reine au vêtement et aux sandales d’or; j’y vis aussi un peuple portant un sceau brillant. Et je vis le pays de Syrie et toutes ses villes; je vis Nisibe en allant au-delà de l’Euphrate. Partout j’ai fais la connaissance des frères. J’avais Paul [pour compagnon ?]… La foi me guidait et me procurait en tout lieu pour nourriture un poisson très grand et très pur, recueilli à la source par une Vierge sans tache, et c’est ce qu’elle sert constamment à la table des amis, elle a un vin excellent qu’elle verse [coupé d’eau ?] pour accompagner le pain. Ce sont les paroles véritables que j’ai dites, moi Abercius, afin qu’elles soient mises ici par écrit, alors que je suis dans la soixante-douzième année de mon âge. Que le frère qui entend et comprend ces choses comme moi prie pour Abercius. »

Lorsqu’il parle de la femme au vêtement et aux sandales d’or, il parle l’Église et il dit que la majesté souveraine de l’Église se trouve à Rome… Cette épitaphe exprime par ailleurs d’autres doctrines catholiques:

1° la Présence Réelle dans l’Eucharistie: sous le nom du poisson péché par une Vierge sans tache, il parle clairement du Christ et nous indique ainsi que celle qui nous donne le Christ (la Vierge Marie) était sans péché (c’est l’Immaculée Conception) et que nous mangeons réellement le Corps du Christ et que nous buvons réellement Son Sang en allant communier. Cela confirme aussi la doctrine catholique sur l’Eucharistie selon laquelle cette dernière a une dimension mariale (relative à la Vierge Marie) car c’est par Marie que nous l’avons.

2° Abercius demande à ce qu’on prie pour lui après sa mort: « c’est le dogme de la communion des saints, et cela suppose la croyance au Purgatoire. Cette stèle funéraire n’est pas unique en son genre. Les catacombes nous en ont gardé un grand nombre et toutes parlent le même langage: les vivants prient pour les morts et les morts pour les vivants. » (Marie CARRÉ, J’ai choisi l’unité).

Saint Hyppolite de Rome:

Né vers 165, originaire d’une famille patricienne d’Asie Mineure ou d’Alexandrie. Il fut disciple de saint Irénée. Il reçue la couronne du martyr en 235.

Le cas de Hyppolite de Rome démontre que l’évêque de Rome était le chef de l’Eglise à son époque. En effet, Hyppolite fut le premier « antipape » de l’histoire, c’est-à-dire le premier individu qui revendiqua le titre d’évêque de Rome (alors qu’il ne l’était pas légitimement) et exigea alors qu’on lui obéisse en tant que tel. Il renonça finalement à cette prétention et se réconcilia avec le pape légitime : saint Pontien. Les deux moururent en martyrs ensemble. L’Eglise considère à présent Hyppolite de Rome comme un saint et un Père de l’Église. Tout cela offre à notre vue la preuve irréfutable que l’Eglise romaine était le pivot de l’Eglise universelle…
Tertullien:

Issu d’une famille berbère romanisée, il est né vers 155 à Carthage où il mourut vers 220.

Il écrit dans son Traité de la prescription contre les hérétiques, XXXVI-1 à 3 : « Or donc, voulez-vous exercer plus louablement votre curiosité en l’employant à votre salut ? Parcourez les Eglises apostoliques où les chaires même des apôtres président encore à leur place, où on lit leurs lettres authentiques qui rendent l’écho de leur voix et mettent sous les yeux la figure de chacun d’eux. Êtes-vous tout proche de l’Achaïe : vous avez Corinthe. N’êtes-vous pas loin de la Macédoine : vous avez Philippes ; si vous pouvez aller du côté de l’Asie : vous avez Ephèse ; si vous êtes sur les confins de l’Italie, vous avez Rome, dont l’autorité nous apporte aussi son appui. Heureuse Église ! Les apôtres lui ont versé toute leur doctrine avec leur sang. Pierre y subit un supplice semblable à celui du Seigneur. Paul y est couronné d’une mort pareille à celle de Jean (Baptiste). L’apôtre Jean y est plongé dans l’huile bouillante : il en sort indemne et se voit relégué dans une île. Voyons ce qu’elle a appris, ce qu’elle a enseigné [ndlr: l’enseignement de l’Église de Rome et d’aucune autre est donc prit en exemple]. Avec les Églises d’Afrique qui lui sont unies [ndlr: nous voyons donc des Églises locales unies à une autre Église locale, et il s’agit de celle de Rome, cela prouve le primat qu’elle détient], elle ne connaît qu’un seul Dieu créateur de l’univers ; Jésus-Christ, né de la Vierge Marie, fils du Dieu créateur ; la résurrection de la chair. Elle associe la loi et les prophètes aux écrits évangéliques et apostoliques : c’est là qu’elle puise sa foi. Cette foi, elle la marque avec l’eau, elle la revêt du Saint-Esprit, elle la nourrit de l’eucharistie ; elle exhorte au martyre et n’admet personne à l’encontre de cette doctrine [ndlr: cela prouve que l’Église de Rome croit pouvoir imposer sa doctrine aux autres, ce qui prouve son autorité doctrinale, d’autant que ni Tertullien ni aucun autre auteur n’en a jamais dit autant d’une quelconque autre Église]. Voilà la doctrine, je ne dis plus qui annonçait la venue future des hérésies, mais de laquelle les hérésies sont nées. D’ailleurs elles n’ont plus rien eu de commun avec elle, du jour où elles lui sont devenues hostiles. Du noyau de l’olive, fruit doux, riche et nécessaire, on voit sortir aussi l’âpre olivier sauvage ; du pépin de la figue, si agréable et si délicieux, surgit le figuier sauvage, vide et inutile. Il en est de même des hérésies. Elles proviennent de notre souche, mais ne sont pas de notre famille : nées du germe de la vérité, le mensonge les a rendues sauvages. »

Origène:

« Origène [vers 185-vers 254] écrit qu’au moment où Zéphyrin gouvernait l’église de Rome, il se rendit dans cette ville, parce qu’il avait l’intention, comme il le dit ailleurs, de voir de près cette église, la plus ancienne de toutes. Après y avoir séjourné un peu de temps, il revint à Alexandrie. » (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, Livre VI, chapitre 14 dans PG, 20/554.)

Dans ce passage, la primauté romaine ne saute pas aux yeux, mais voici le commentaire qu’en fait la Cardinal Louis BILLOT: « Mais que doit-on entendre sous ces épithètes ? Quand on parle de « l’Église la plus importante », on ne pense pas tellement au nombre des fidèles, puisqu’il est hors de doute qu’à cette époque d’autres églises auraient pu revendiquer ce titre à l’égal de Rome ; on pense surtout à l’étendue de l’autorité. En disant que cette église est « connue de tous » [ndlr: ce sont des références à saint Irénée], on veut désigner l’église plus illustre et plus excellente que toutes les autres et que toutes les autres reconnaissaient et vénéraient comme leur tête et comme la première. En disant qu’elle est « la plus ancienne de toutes », on ne se place pas au point de vue chronologique, puisqu’il est avéré que l’église de Jérusalem a été fondée aussitôt après l’Ascension du Seigneur, que celle d’Antioche, où on a pour la première fois désigné du nom de chrétiens les disciples du Christ, a elle aussi précédé celle de Rome dans le temps. Saint Irénée et Origène disent que l’église de Rome est la plus ancienne de toutes en raison de sa dignité et de sa suprématie, exactement de la même manière que dans les Actes des apôtres et dans leurs épîtres on appelle anciens ou vieillards tous ceux qui ont l’autorité dans l’Église. C’est pourquoi, cette expression « la plus ancienne de toutes » équivaut à dire que l’église de Rome était l’église placée à la tête de toutes les autres et la première en dignité. » (Traité de l’Église, tome 2, n° 880, pages 414 et 415)

Saint Cyprien de Carthage:

Évêque, martyr et Père de l’Eglise. Né vers 200 en Afrique du Nord de parents païens très probablement berbères, et mort le 14 septembre 258 lors des persécutions de Valérien. Après saint Augustin, il est l’un des plus grands témoins de la doctrine de l’Église latine des premiers siècles.

Dans ses lettres, sa croyance en la primauté et l’infaillibilité romaines est manifestée à de nombreuses reprises:

« Prenant soin d’exposer les faits à ceux qui passent les mers [c’est-à-dire la Méditerranée, vers Rome], afin de prévenir tout scandale, nous les exhortions à reconnaitre, pour s’y tenir inviolablement attaché, l’Eglise matrice, d’où est sortie, comme de sa racine, l’Eglise catholique. » (Lettre 45 alias 44 à Corneille)

« Nous savons, s’écriaient-il (quelques schismatiques revenus à l’Eglise), que Corneille [évêque de Rome] a été choisi par le Dieu tout-puissant et par Jésus-Christ Notre-Seigneur pour être l’évêque de la très-sainte Eglise catholique… Nous ne l’ignorons pas ; il n’y a qu’un Dieu, qu’un Jésus-Christ Notre-Seigneur, auquel nous avons rendu témoignage, qu’un Esprit-Saint, et conséquemment il ne doit y avoir qu’un évêque. » (Lettre 46 alias 48 à Corneille)

Saint Cyprien témoigne que ses collègues dans l’épiscopat et lui ont envoyé à Rome les deux évêques Caldonius et Fortunat, pour vérifier la légitimité de l’élection du pape Corneille, alors que l’antipape Novatien semait la division dans l’église de Rome : « Nous savons bien que nous les avons engagés à reconnaître la racine et la matrice de l’Église catholique et à y adhérer. » (Lettre 48 [45] au pape saint Corneille, chapitre 3 dans Saint Cyprien, Correspondance (texte établi et traduit par le chanoine Bayard), T. II, coll. des universités de France, Les Belles Lettres, 1961 (2e éd.), p. 118.)

« Le schisme et l’hérésie n’ont pas de source plus commune que le refus d’obéir à l’évêque institué de Dieu, et l’oubli trop fréquent de cette vérité qu’il n’y a dans l’Eglise qu’un pasteur, vicaire de Jésus-Christ, investi temporairement du sacerdoce et de la judicature. Si, docile aux enseignements divins, la grande famille chrétienne lui était soumise, dès lors plus de rébellion contre le collège épiscopal. Une fois que la sentence divine aurait été prononcée, que le peuple aurait donné son suffrage et les autres évêques leur assentiment, on ne verrait pas l’audace se constituer juge non plus seulement de l’évêque, mais de Dieu lui-même, l’unité de l’Eglise mise en lambeaux, et d’orgueilleux sectaires, pleins de complaisance dans leurs pensées, fonder hors de l’enceinte sacrée des hérésies nouvelles… L’ennemi du Christ ne s’acharne obstinément contre le pilote, que pour mieux consommer le naufrage de l’Eglise, quand la main qui dirige ne tiendra plus le gouvernail… L’hérésie consommé, ils lui donnent un prétendu chef ; puis les voilà qui traversent les mers, afin d’aller porter les lettres des schismatiques et des profanes au siège de Pierre, à l’Eglise principale, d’où émane l’unité sacerdotale, sans songer qu’ils s’adressent à ces mêmes Romains à la foi desquels l’apôtre a rendu un glorieux témoignage, et auprès de qui le parjure ne peut avoir d’accès. » (Lettre 55 alias 84 à Corneille, évêque de Rome)

Dans sa lettre à Antonin, saint Cyprien identifie le lien de communion vis-à-vis de l’évêque légitime de Rome et la communion catholique. En effet, Antonin venait de recevoir une lettre de l’antipape Novatien et commençait à pencher pour lui. Saint Cyprien l’encourage à ne pas changer d’avis et à rester dans la communion du pape Corneille. Il s’adresse à lui en ces termes : « J’ai reçu votre première lettre […] dans laquelle vous m’indiquiez que, loin d’avoir embrassé le parti de Novatien, vous suiviez notre conseil en restant uni à Corneille, notre frère dans l’épiscopat. Vous m’avez même demandé par écrit de transmettre à Corneille un exemplaire de votre lettre, afin qu’il fût sans inquiétude et sût que vous étiez en communion avec lui, c’est-à-dire avec l’Église catholique. » (Lettre 55 [52] à Antonianus, chapitre 1 dans Saint Cyprien, Correspondance (texte établi et traduit par le chanoine Bayard), T. II, coll. des universités de France, Les Belles Lettres, 1961 (2e éd.), p. 131-132.)

« Après cela, ayant même obtenu des hérétiques un soi-disant évêque, ils ont l’audace de franchir les mers et de venir auprès de la chaire de saint Pierre, de l’église où réside l’autorité suprême, qui est la source dont procède l’unité du corps sacerdotal […] sans songer qu’ils ont là affaire aux évêques de Rome, sur lesquels les ennemis de la foi ne sauraient avoir aucune prise [cela signifie que pour lui, l’Église romaine est infaillible]. » (Lettre 59 [55] au pape Corneille, chapitre 14 dans Saint Cyprien, Correspondance (texte établi et traduit par le chanoine Bayard), T. II, coll. des universi- tés de France, Les Belles Lettres, 1961 (2e éd.), p. 183.)

C’est là le chef ou la source unique dont saint Cyprien dit si bien : « L’Église du Seigneur est inondée de lumière et elle rayonne dans le monde entier. C’est pourtant toujours la même lumière qui se répand partout, et elle ne se sépare pas de l’unité du corps. Cet arbre dont la fécondité est si grande étend ses branches par toute la terre, cette source répand largement ses flots abondants tout au loin. Et pourtant, tout procède d’un seul chef, d’une seule et même origine, et c’est une même mère qui s’enrichit des fruits de sa fécondité. » (De l’unité de l’Église catholique, n° 5 dans PL, 4/501. )

Les écrits de saint Cyprien témoignent de la primauté de l’évêque de Rome. Cyprien croyait que l’unité de l’épiscopat et de l’Eglise étaient symbolisée en la personne de Pierre, à qui la primauté avait été donnée, et en son siège et que tous les évêques détenaient cette charge en commun (« in solidum » ; De unit. ecc., 4-5).

Il dit dans Catholicae ecclesiae unitate, ch 4 : « Toutefois pour en signaler l’unité il a fondé une chaire unique, et, par sa souveraine autorité, déterminé l’origine de cette même unité en la faisant descendre d’un seul. (…) La Primauté est donnée à Pierre pour faire voir qu’il n’y a qu’une seule Eglise de Jésus-Christ, une seule chaire. Celui qui ne garde pas l’unité de l’Eglise, croit-il qu’il garde la foi? Celui qui s’oppose à l’Eglise, qui abandonne la chaire de Pierre sur laquelle Jésus-Christ a fondée son Eglise, peut-il se flatter d’être encore membre de l’Eglise ». Cyprien parle d’une chaire bénéficiant d’une autorité, c’est donc un humain qui exerce cette autorité, et qui sinon l’évêque de Rome ?

Explication plus détaillée en anglais: http://www.biblicalcatholic.com/apologetics/num44.htm

Saint Denis de Paris: né à une date inconnue, probablement en Italie ou en Grèce, mort en martyr entre 250 et 272 sur le lieu actuel de la basilique Montmartre à Paris (Montmartre voulant dire: Mont des martyrs).

Il brûlait d’exercer un apostolat qu’il savait ne pas pouvoir exercer sans l’assentiment de l’évêque de Rome, c’est ainsi que celui-ci finit par l’envoyer évangéliser les Gaules avec six autres évêques. Il s’installèrent à Lutèce et c’est alors que saint Denis devint le premier évêque de Paris. Cela prouve qu’à l’époque déjà tous les pouvoirs dans l’Église venaient de l’évêque de Rome et revenaient à l’évêque de Rome.

Saint Denys de Rome: né à une date inconnue en Grèce, évêque de Rome à partir du 22 juillet 259, mort le 26 décembre 268. Il fut le premier pape non-martyr.

Son règne en tant qu’évêque de Rome est une série d’exemples de ce en quoi l’évêque de Rome était déjà à l’époque l’autorité doctrinale et disciplinaire suprême. Il y a d’abord le cas de Sabellius qui prêchait une fausse doctrine: l’erreur de ce Sabellius fut condamnée par un concile tenu à Rome en 261 sous la présidence de Denys. Ce dernier envoya une lettre doctrinale à Denys d’Alexandrie (évêque) qu’il soupçonnait d’hérésie sur la Trinité (il semblerait que ce fut en fait faut) et lui demanda de prouver son orthodoxie (donc à l’évêque de Rome): c’était une obligation qu’il avait de se justifier devant son supérieur (rappelons que Denys d’Alexandrie était non seulement évêque mais encore patriarche…). Saint Denys mettra également un terme, lui, en tant qu’évêque de Rome à une dissension interne à l’Église d’Alexandrie, entre l’évêque Denys et son clergé. Il s’efforça également de réorganiser l’Église, localement très éprouvée, et renforce le rôle des prêtres au détriment de celui des diacres: qu’il ait pu faire tout cela est une preuve de sa juridiction universelle.

L’empereur Aurélien :
né le 9 septembre 214 ou 215 à Sirmium en Pannonie, et mort en septembre 275 à Caenophrurium en Thrace. Il fut empereur depuis septembre 270 jusqu’à sa mort. Un de ses actes impériaux fait le constat qu’à son époque déjà, l’évêque de Rome était le chef des chrétiens.

[le paragraphe a été élaboré par mes soins en combinant un passage de J’ai choisi l’unité de Marie CARRÉ ainsi que d’un passage de L’Histoire et l’Infaillibilité de Papes ou recherches critiques et historiques sur les actes et les décisions pontificales que divers écrivains ont crus contraires à la foi de l’abbé Benjamin-Marcelin CONSTANT (lire le tome 1 : ici; tome 2 : ici) traitant tout deux de ce même acte.]

Cette prééminence des évêques de Rome été remarquée même par les païens. Paul de Samosate, déposé et excommunié, n’en était pas moins retsé à Antioche dont il venait de cesser d’être l’évêque, refusant d’obéir et occupant toujours les bâtiments de l’évêché. Les catholiques eurent recours à la justice impériale et donc à l’empereur Aurélien qui eut à juger l’affaire en 272. Il ordonna de livrer la maison à ceux à qui les évêques d’Italie et de Rome adressaient leurs lettres ; sa sentence manifeste une reconnaissance de l’ordre établit chez les chrétiens: « L’immeuble contesté appartiendra à ceux qui sont en communion avec les évêques d’Italie et l’évêque de Rome. ». « Les païens, ajoute Eusèbe, savent que les vrais chrétiens sont en communion avec l’Eglise romaine. » (Histoire ecclésiastique VII, 30.- Fleury, VIII, 8).

Le concile d’Arles: ce concile organisé dans à Arles dans le Sud de la France le 1er août 314, est une preuve que l’évêque de Rome était la tête de l’Église. En effet, les pères du concile, tout en exprimant leur regret de Sylvestre, l’évêque de Rome (qui n’a donc pas prit part au débat), ils estiment devoir lui transmettre les canons du concile pour que ce dernier les approuve…

Saint Athanase d’Alexandrie :
Père et docteur de l’Eglise, Patriarche d’Alexandrie. Né entre 295 et 298 à Damanhour près d’Alexandrie, mort le 2 mai 373 à Alexandrie.

Il se servit d’une lettre d’un pape pour lutter contre les hérétiques ariens. Le pape Saint Denys avait écrit, vers l’an 260, une lettre doctrinale à Denis, l’évêque d’Alexandrie (la même lettre dont nous venons de parler: c’est une preuve qu’il croyait en l’infaillibilité de l’évêque de Rome même avant 325), où il condamna l’hérésie des sabelliens, qui devait être reprise plus tard par les ariens. C’est pourquoi Saint Athanase reprocha aux ariens d’avoir déjà été condamnés depuis longtemps par un jugement définitif, ce qui prouve qu’il croyait en l’infaillibilité pontificale (De sententia Dionysii). Dans une lettre à Félix, il écrivit cette phrase mémorable : « l’Église romaine conserve toujours la vraie doctrine sur Dieu. »

Nous pouvons aussi citer Saint Augustin (354 – 430) qui dresse dans Ep. ad Generosus La liste des trente-neuf évêques de Rome depuis saint Pierre jusqu’à celui d’alors, il affirme qu’ils ont toujours eu le primat. Ainsi que Mgr de Ségur (1820 – 1881), dit dans Causeries sur le protestantisme d’aujourd’hui, dit en parlant des catacombes: ‘Tout homme qui s’occupe sérieusement de l’étude des choses anciennes, des origines du christianisme, des écrits des Pères, est habitué à retrouver dans ces témoins des siècles antiques les preuves répétées de l’unité parfaite de la foi et de la religion chrétienne, depuis les temps apostoliques jusqu’à nos jours. La papauté, la hiérarchie catholique, le sacerdoce, le sacrifice de la messe avec la présence réelle, la confession, le culte de la sainte Vierge, des Saints, des reliques, la prière pour les morts, en un mot tout ce que nous contestent les sectes hérétiques, trouvent dans ces monuments aussi authentiques que vénérables une pleine justification’.
Jusqu'en 523 :
Spoiler!
Saint Athanase d’Alexandrie (vers 296-373): « En effet, les ariens n’épargnèrent pas même l’évêque de Rome Libère, dès le début de son pontificat. Ils étendirent leur rage jusqu’aux citoyens de cette ville, et l’idée qu’il y avait là le trône apostolique ne les arrêta nullement. […] Car ces impies, voyant que Libère avait le culte de la vraie foi, […] crurent que, s’ils pouvaient le séduire, ils s’empareraient de tous les esprits. » (Lettre aux moines sur l’histoire de l’arianisme, n° 35 dans PG, 25/734.)

Commentaire du cardinal Louis BILLOT: « Cette expression est si souvent utilisée, elle est d’usage si courant chez les Pères et les conciles que le titre de « Siège apostolique » a fini par devenir le nom propre et distinctif du siège de Rome. Mais remarquons bien que ce siège est appelé apostolique en ce sens absolument unique, non seulement à cause de son origine ou de sa fondation, au sens où, dans l’antiquité, bien des sièges épiscopaux étaient eux aussi apostoliques, mais surtout à cause de son pouvoir, dans la mesure où le pouvoir apostolique de gouvernement s’y trouvait non pas comme un pouvoir participé et dérivé, ce qui était le cas de tous les autres sièges épiscopaux, mais de manière excellente et en plénitude, comme dans sa source, dans sa matrice, dans sa racine. » (Traité de l’Église), tome 2, n° 882, éditions du Courrier de Rome, page 416)

De plus, si les ariens crûrent que si ils pouvaient séduire l’évêque de Rome « ils s’empareraient de tous les esprits », cela témoigne de la croyance tant de saint Athanase que des ariens du pouvoir d’enseignement doctrinal universel et infaillible de ce dernier.

L’hérésie arienne était en train de ravager tout l’Orient et les ariens, sous la conduite d’Eusèbe de Nicomédie, s’acharnaient de toutes leurs forces contre saint Athanase, récemment élevé au rang de patriarche d’Alexandrie, afin de le chasser de son siège. Or, en cette affaire, on ne fit pas appel au siège d’Antioche, ni à celui de Jérusalem, ni à aucun autre siège d’Orient. Sans aucun conteste, les deux parties soumirent leur litige à l’évêque de Rome, Jules Ier, s’adressant à lui comme au juge suprême de toute l’Église. Et pour sa part, saint Athanase se rendit lui-même à Rome, de son propre chef. Les partisans d’Eusèbe ne refusèrent le jugement du pape qu’à partir du moment où ils comprirent qu’ils n’obtiendraient rien sans se faire appuyer par le pouvoir de l’empereur. « C’est pourquoi », dit saint Athanase, « ayant vu que leur hérésie perdait du terrain, les partisans d’Eusèbe envoyèrent à Rome un courrier pour dénigrer saint Athanase. […] L’évêque de Rome, Jules Ier, nous fit savoir par une lettre qu’il fallait réunir un concile où nous voudrions. […] Dès qu’il eut appris cette nou- velle, saint Athanase s’embarqua pour Rome. Il s’était parfaitement rendu compte de la rage dont étaient animés les hérétiques, et il voulait que le concile fût rassemblé comme on l’avait décidé à Rome. Le pape Jules Ier dépêcha les prêtres Elpide et Philoxène, munis d’une lettre, afin de fixer aux partisans d’Eusèbe un délai, pour qu’ils se rendissent à Rome, faute de quoi ils devraient savoir qu’on les tiendrait pour suspects en tout. Mais les ariens, dès qu’ils apprirent que le jugement de l’Église aurait lieu en l’absence de leur allié, sans que des forces armées se tiennent à l’extérieur du concile, pour que celui-ci promulgue ses actes sous la crainte de l’empereur, […] furent saisis de crainte, au point de se dérober, en inven- tant une excuse dénuée de fondement : “Nous ne pouvons venir à Rome”, dirent-ils, “à cause de la guerre que nous livrent les Perses”. »

Par ailleurs, saint Athanase se servit d’une lettre d’un pape pour lutter contre les hérétiques ariens. Le pape Saint Denys avait écrit, vers l’an 260, une lettre doctrinale à Denis, l’évêque d’Alexandrie, où il condamna l’hérésie des sabelliens, qui devait être reprise plus tard par les ariens. C’est pourquoi saint Athanase reprocha aux ariens d’avoir déjà été condamnés depuis longtemps par un jugement définitif, ce qui prouve qu’il croyait en l’infaillibilité pontificale (De sententia Dionysii).

Saint Ephrem de Nisibe, dit le Syrien (vers 303-373), ce grand docteur de l’Église syriaque, célébra la grandeur de l’enseignement pontifical, continuellement assisté par le Saint-Esprit: « Salut, ô sel de la terre, sel qui ne peut jamais s’affadir ! Salut, ô lumière du monde, paraissant à l’Orient et partout resplendissante, illuminant ceux qui étaient accablés sous les ténèbres, et brûlant toujours sans être renouvelée. Cette lumière, c’est le Christ; son chandelier c’est Pierre ; la source de son huile, c’est l’Esprit-Saint ». (Enconium in Petrum et Paulum et Andream, etc.)

Saint Basile de Césarée, dit le Grand (vers 329-379): informa son ami saint Athanase qu’il avait l’intention de demander au souverain pontife d’exercer son autorité pour exterminer l’hérésie de Marcel d’Ancyre (Lettre 69, PG, 32/431): « Il nous a semblé bon d’écrire à l’évêque de Rome, pour qu’il prît connaissance de notre cause ; il s’avère en effet difficile de recourir à un décret conciliaire pour chasser d’ici certains perturbateurs, tandis que le souverain pontife pourrait prendre les mesures requises et se charger lui-même de cette affaire, en choisissant des personnes […] qui prendraient avec elles tous les actes postérieurs au concile de Rimini, afin de réduire à néant les décisions qui ont été imposées ici par la violence. » Pourquoi consulter Rome et pas une autre autorité ? « La lettre de saint Basile, mentionnant cette demande d’intervention de l’évêque de Rome comme une affaire courante et ordinaire, attire à conclure qu’à cette époque c’était non seulement la conviction personnelle de Basile, mais aussi la conviction de tous, même en Orient, que l’évêque de Rome possède le pouvoir de juger souverainement, par lui-même, les questions doctrinales ». (Abbé Edmond DUBLANCHY, Dictionnaire de théologie catholique, article « Infaillibilité du pape »)

Saint Basile ne se priva pas d’adresser des reproches aux occidentaux. Car il se plaint « de la morgue occidentale », parce que « les occidentaux confondent la dignité et leur orgueil » (Lettre 239, n° 2 dans PG, 32/894.). Ailleurs, il ajoute que les évêques de Rome sont placés sur un siège plus élevé, lorsque les ambassadeurs d’Orient viennent les trouver (Lettre 215, dans PG, 32/791.). Qui plus est, dit-il encore, un homme dont le caractère est étranger à toute adulation servile n’a aucun intérêt à s’entremettre avec celui qui est orgueilleux et hautain. Mais en dépit de cela, on doit quand même considérer ce que saint Basile écrit au pape saint Damase : « Presque tout l’Orient, très Vénérable Père, est agité d’une tempête et d’un tourbillon considérable. En effet, Arius, l’ennemi de la vérité, vient récemment de répandre son hérésie, celle-ci se dévoile à pré- sent sans crainte, […] et désormais elle règne. […] La seule consolation que nous nous sommes donnée est de voir venir votre miséricorde. […] Nous n’avons plus d’autre ressource que de vous supplier par courrier de vous décider à nous secourir et de nous envoyer des légats pour ramener les dis- sidents à de meilleurs sentiments, rétablir les églises de Dieu dans le lien de l’amitié, ou du moins vous faire connaître plus précisément quels sont ceux qui fomentent ce trouble, pour que vous puissiez par là savoir exacte- ment quels sont ceux avec lesquels vous pouvez garder la communion. […] Nous voyons chaque jour les propagateurs de l’hérésie rendre les âmes tou- jours plus captives. C’est pourquoi, si vous ne vous décidez pas maintenant à nous porter secours, vous ne trouverez bientôt plus personne à qui ten- dre la main, car tous seront tombés au pouvoir des hérétiques. » (Lettre 70, dans PG, 32/434-435 ; à rapprocher de la Lettre 69 à saint Athanase (PG, 32/430-434) et de la Lettre 263 aux occidentaux (PG, 32/975- 982).

Ce Père est aussi très explicite sur la primauté de saint Pierre: grâce à la promesse du Christ, le pape persévérait absolument sans aucune défaillance, car sa foi avait la même stabilité que celle du Fils de Dieu Lui-même ! « Pierre a été lancé placé pour être le fondement. Il avait dit à Jésus Christ: Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant », et à son tour il lui fut dit qu’il était Pierre, quoiqu’il ne fut pas pierre immobile, mais seulement par la volonté de Jésus-Christ. Dieu communique aux hommes ses propres dignités. Il est prêtre, et il fait des prêtres; Il est pierre, et il donne la qualité de pierre, rendant ainsi ses serviteurs participants de ce qui lui est propre » (Homélie 29). Ce dernier passage de saint Basile jouit d’une autorité particulière dans l’Église catholique, puisqu’il fut inséré dans le Catéchisme du concile de Trente (explication du symbole, section Credo in… Ecclesiam). Il dit enfin: « Pierre, dit saint Basile, fut chargé de former et de gouverner l’Église, parce qu’il excellait dans la foi ». (Contra Enom, livre 2).

Saint Épiphane de Salamine (vers 315-403)
relate les faits qui se sont déroulés lors du procès de saint Athanase. Il évoque la conversion des évêques ariens Ursace et Valens, qui voulurent être reçus dans la communion de l’Église et durent pour cela recourir à l’absolution de l’évêque de Rome, non à celle de saint Athanase. « Voulant faire pénitence, Ursace et Valens présentèrent à Jules Ier, évêque de Rome, des libelles où ils abjuraient leur erreur. “Nous avons calomnié l’évêque Athanase. Admettez-nous dans votre communion et recevez notre pénitence”.» (Hérésie 68, chapitre 9 dans PG, 42/198-199.)

Saint Grégoire de Nazianze
(vers 329-379): « La nature ne nous a pas donné deux soleils. Mais nous avons deux Rome, deux lumières pour éclairer le monde entier, l’ancien pouvoir et le nouveau. » (Poème 11 sur sa vie: Carmen de Vita sua, vers 360 dans PG, 37/1067-1068.) On pourrait croire que ce texte met à pied d’égalité Constantinople et Rome, c’est- à-dire la nouvelle Rome et l’ancienne. Mais lisons ce qui suit : « Pour ce qui est de la foi, Rome court déjà depuis longtemps et encore aujourd’hui dans la bonne direction, elle délivre l’Occident tout entier en lui donnant la doctrine du salut, et il est bien juste que l’Église qui est à la tête de toutes les autres ait le soin d’établir partie la concorde divine. Quant à Constantinople, la nouvelle Rome, elle marchait jusqu’ici droitement […] et il n’en va plus de même aujourd’hui. »

Saint Optat de Milève
(mort vers 397), Augustin cite Optat aux côtés d’hommes disparus depuis longtemps, cet évêque « de vénérable mémoire » apparaît comme l’égal d’Ambroise de Milan.

« Puisque St Pierre a reçu de Jésus Christ les clefs du royaume des cieux, non seulement pour lui-même, mais encore pour tous les souverains pontifes ses successeurs » (Contre les donatistes, Contre Parménien, vide, I,2)

Voir aussi le même ouvrage, Livre 2, chapitre 2 et 3 dans PL, 11/946-950.

« Nous prouvons que l’Église catholique est celle qui est répandue dans tout l’univers. Il s’agit maintenant d’énumérer ses privilèges, et de voir où ils se trouvent dans leur nombre de cinq ou de six, comme vous le dites. Le premier de ces privilèges, c’est de posséder une chaire qu’occupe un évêque, qui soit comme l’anneau sans lequel il n’y aurait pas lieu d’y joindre d’autres propriétés ; et il s’agit par conséquent de voir quel est l’évêque qui a siégé le premier, et où il a fixé son siège. Apprenez-le, si vous l’ignorez encore ; rougissez, si vous ne l’ignorez pas. On ne peut supposer que vous l’ignoriez ; il reste donc à dire que vous le savez. Errer avec connaissance de cause, c’est ce qui fait le crime. Car pour ce qui est de l’ignorance, elle est quelquefois excusable. Vous ne sauriez donc nier, sous prétexte d’ignorance, qu’à Rome Pierre ait le premier occupé la chaire épiscopale ; Pierre, le chef de tous les apôtres, et appelé pour cette raison Céphas [Ici saint Optat commet assez visiblement une erreur d’étymologie : le mot Cephas ne vient pas, comme il semble le croire, du mot grec ??????, tête ou chef ; mais c’est un mot syriaque qui signifie la même chose que pierre ou rocher : « Tu vocaberis Cephas, quod interpretatur Petrus » (Jean, I, 42). Au reste, le mot grec ?????? peut avoir lui-même pour étymologie le mot syriaque ????]. C’est cette chaire qui doit être pour tout le monde le centre de l’unité, et à laquelle les autres apôtres n’ont jamais pu avoir la pensée d’opposer leurs chaires particulières ; en sorte que ce serait commettre ce crime de schisme, que d’élever aujourd’hui une autre chaire en opposition avec celle-là. Donc cette chaire unique, première des propriétés de l’Eglise, a été occupée par Pierre le premier. A Pierre a succédé Lin ; à Lin a succédé Clément ; à Clément Anaclet ; etc. ; à Jules, Libère ; à Libère Damase ; et à Damase, Sirice, qui est aujourd’hui notre collègue, et avec lequel tout l’univers, en même temps que nous-même, est en société de communion par le commerce des lettres formées [On trouvera dans le Protestantisme et la règle de foi du P. Perrone, t, II, p. 116-578 et suiv. (trad. franc.) ce qu’on doit entendre par lettres formées]. Vous, à votre tour, dites quelle est l’origine de votre chaire épiscopale, vous, qui vous attribuez les privilèges de la vraie Eglise. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, livre II). Juste après avoir donné la liste des évêques de Rome, démontre que les schismatiques sont en dehors de l’Église catholique en donnant pour preuve qu’aucun de leurs évêques n’est en communion avec la chaire de Rome et il conclut ainsi: « Cette chaire est le premier de tous les dons du Christ, et comme nous l’avons prouvé c’est saint Pierre qui nous l’a communiqué. » (Livre 2, chapitre 6 dans PL, 11/958.) […] « Et cette chaire de saint Pierre qui nous a été donnée est le principe grâce auquel nous parviennent tous les autres dons. » (Livre 2, chapitre 9 dans PL, 11/962.) Dans ce passage, saint Optat entend désigner avec cette prérogative de la chaire la note d’apostolicité, qui se trouve chez tous ceux qui sont en communion avec cette chaire, où réside la source et l’origine du pouvoir apostolique.

« Pour le bien de l’unité, le béni Pierre, pour qui il aura suffi que, après son reniement, il n’eût obtenu que le pardon, pour mériter d’être préféré à tous les Apôtres, et seul il a reçu les clefs du Royaume des Cieux pour les communiquer aux autres. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, VII, 3).

« Pour confondre les hérétiques, Dieu montre quelle est l’Eglise; quel est l’évêque unique, choisi par l’ordre divin; quels sont les prêtres, unis à l’évêque par l’honneur sacerdotal; … » (Lettre 58 à Lucium)

Le concile de Sardique: Convoqué par le pape Jules Ier, sur demande de l’empereur Constant. Se tint, selon les sources en 342, 343 ou 347, à Sardica ou Serdica, actuelle Sofia en Bulgarie.

La lettre Quod semper adressée au pape Jules 1er disait : « Ce qui apparaîtra le meilleur et comme convenant le mieux, c’est ceci : que de toutes les diverses provinces les prêtres du Seigneur fassent rapport à la tête, c’est-à-dire au Siège de l’apôtre Pierre. »

Analyse : les Pères du concile ont conscience que sans l’approbation de l’évêque de Rome, les canons du concile n’ont aucune valeurs, c’est donc qu’on lui reconnaît une autorité supérieure à celle des autres patriarche (l’évêque de Rome n’ayant pas Sofia dans son patriarcat), et le patriarcat étant la summa divisio de l’Eglise, une seule conclusion s’impose : l’évêque de Rome a toujours été le chef de l’Eglise. Il est à noter que dans ses canons, le concile proclamait aussi la primauté de l’évêque de Rome.

Saint Ambroise (vers 340-397): montre que l’on doit identifier les véritables catholiques en se basant sur un seul indice, celui qui nous est donné avec le siège de saint Pierre, c’est-à-dire avec la communion de l’Église de Rome. Voici en effet ce qu’il écrit au sujet de son frère Satyre, qui échappa à un naufrage alors qu’il était encore catéchumène et voulut recevoir sans tarder le baptême, mais uniquement d’un évêque catholique. Il donne en exemple et examine comment son frère a fait preuve de prudence et de sagesse lorsqu’il demandait dans les diverses régions de l’étranger s’il y avait un évêque catholique, c’est-à-dire un évêque qui fît partie de l’Église de Rome: « Il fit venir à lui l’évêque de l’endroit, ne croyant pas qu’il y eût de véritable grâce en dehors de celle de la vraie foi. Il lui demanda s’il était en communion avec les évêques catholiques c’est-à-dire avec l’Église de Rome, et peut-être le schisme avait-il alors ses adhérents dans cette contrée : car c’était le temps où Lucifer s’était séparé de notre Eglise. » (Sur la mort de son frère Satyre, Livre 1, n° 47 dans PL, 16/1306.) Et pourquoi parlait-il de l’Église de Rome, et non de celle de Jérusalem, d’Antioche ou de Constantinople, sinon parce que c’est l’Église de Rome qui se retrouve sans aucun doute comme leur tête dans toutes les églises catholiques? Et on pourra trouver un critère de dis- cernement semblable dans ce que saint Jérôme écrit au pape saint Damase : « Pour ma part, je répète incessamment en criant : si quelqu’un est uni à la chaire de Pierre, il est avec moi. » (lettre 16 à Damase).

« Nous n’ignorons pas que cette coutume de laver les pieds n’est pas suivie par l’Eglise de Rome, que nous aimons du reste à prendre en tout pour modèle. Voyez si ce ne serait pas à cause du grand nombre des fidèles qu’elle n’a pas adopté cet usage. Je n’ai rien tant à cœur que de suivre en toutes choses l’Eglise romaine. » (Des Sacrements, livre III, chapitre 1)

Saint Ambroise et les Pères du concile d’Aquilée dans leur lettre adressée aux empereurs: « Il nous fallait supplier Votre Clémence, de ne pas souffrir que la tête de tout l’univers romain, l’église de Rome, fût en proie au trouble. Car cette église est la source à laquelle tous puisent les liens de justice, qui constituent la communion sacrée. »

L’Ambrosiaster (entre 366-384) expliquant ce passage : « Afin que tu saches comment il faut te conduire dans la demeure de Dieu qui est l’Église du Dieu vivant » (I Timothée III, 15), dit ce qui suit : « Tandis que le monde entier est l’œuvre de Dieu, on dit que l’Église est sa demeure, elle dont le chef est aujourd’hui Damase [l’évêque de Rome de l’époque]. Car le monde est soumis à l’injustice, troublé qu’il est par diverses erreurs et c’est pourquoi on doit dire que la demeure de Dieu et la vérité se trouvent là où Dieu est considéré avec crainte, comme il le veut. » (Commentaire de la première Épître à Timothée)

Saint Sirice (vers 320-399), Pape, adressa à l’évêque Himère une lettre sur la prééminence et l’autorité doctrinale de l’évêque de Rome: « Et bien qu’aucun prêtre du Seigneur n’ait la liberté d’ignorer les décisions du Siège apostolique »

Saint Jean Chrysostome (vers 344-407): « Pourquoi Jésus-Christ a-t-il versé son sang ? Pour faire l’acquisition de ce troupeau dont il voulait confier le soin à Pierre et à ses successeurs. C’est donc avec raison qu’il disait : Quel est le serviteur fidèle et prudent que le maître a établi sur ses serviteurs ? » (Du Sacerdoce, livre II)

Saint Jean Chrysostome, chassé à deux reprises de son siège de Constantinople par les évêques courtisans, et envoyé en exil, il en appelle au jugement de l’évêque de Rome, Innocent Ier, en lui adressant deux lettres, qui figurent au troisième tome de ses œuvres. Dans la première, il dit qu’il faut informer l’évêque de Rome des affaires les plus graves, afin qu’il puisse au plus vite intervenir (n° 1) (PG, 52/530-531.) et il ajoute que c’est son rôle d’écrire pour éviter que le jugement injuste garde sa valeur (n° 4) (PG, 52/534.). Dans la seconde (PG, 52/535-536.), dit-il, la vigilance du pape doit se faire d’autant plus avertie que les flots s’élèvent plus haut, que les récifs cachés dans les vagues sont plus nombreux et que les tempêtes font davantage rage : tel un bon pilote, il se doit se tenir particulièrement éveillé quand il voit la mer se gonfler. Il insiste en disant que le pape Innocent doit combattre pour défendre le monde entier, pour protéger les églises ruinées et abattues, pour réunir les peuples divisés, pour soutenir le clergé persécuté, pour venir en aide aux évêques exilés, pour réagir en faveur de la constitution des pères qui a été violée. Il précise que la cha- rité du pape a été pour lui comme un rempart, une sécurité, un port, un trésor de biens sans nombre, une source de joie et d’allégresse merveilleuse.

Il existe des contestations au sujet de la doctrine de saint Jean Chrysostome. Certains disent qu’ils ne croyait pas à la fondation de l’Église sur l’as personne de saint Pierre, la réponse est dans cet article; d’autres disent qu’il ne reconnaissait pas la primauté romaine, la réponse détaillée est dans celui-ci.

Saint Jérôme de Stridon
(347-420): écrivit plusieurs lettres au Pape saint Damase, il évoque sans cesse et de manière tonitruante l’air maure et l’infaillibilité romaine, en voici des exemples:

« Le propre siège de saint Pierre, la pierre que les orgueilleuses portes de l’enfer ne peuvent vaincre » (Lettre 15 au pape saint Damase, n° 1 et n° 2 dans PL, 22/355-356.) Puis, dans cette même lettre où il interroge ce Pape sur le schisme de l’Église d’Antioche: « Je ne me suis attaché qu’à un seul chef, le Christ et je me suis lié à Votre Béatitude, c’est-à-dire à la communion de la chaire de Pierre. Quiconque mangera l’agneau en dehors de cette maison sera infidèle. À moins de prendre place dans l’arche de Noé, on périra dans le déluge. […] Quiconque ne rassemble pas avec vous dissipe, c’est-à-dire: celui qui n’appartient pas au Christ appartient à l’antichrist. » (Lettre 15 au pape saint Damase, n° 2 dans PL, 22/355-356.) Et on doit remarquer que saint Jérôme ne fait pas de différence entre le Christ et le pape lorsqu’il s’agit de la foi; car on peut voir clairement qu’il se place à ce dernier point de vue si on lit sa lettre quatre.

« Celui qui est joint à la chaire de Pierre est acceptée par moi ! » (Lettre 16 au Pape Damase, 2)

« Comme l’Orient divisé en lui-même par les haines invétérées de ses peuples, déchiré par pièces et morceaux la tunique sans couture et tissée par le haut de Notre-Seigneur, et que les renards ravagent la vigne du Christ, comme d’ailleurs il est difficile, au milieu de ces citernes entrouvertes qui ne peuvent retenir l’eau (JER., II, 13), de dire où est la fontaine scellée, le jardin fermé (Cant., IV, 12) ; j’ai cru devoir consulter la chaire de Pierre, et cette foi romaine tant exaltée par l’apôtre, en demandant l’aliment de mon âme là où j’ai autrefois reçu le vêtement de Jésus-Christ. Car toute la distance des terres et des mers, qui nous séparent n’a pas pu m’empêcher d’aller à la recherche de cette pierre précieuse. Partout où est le corps, là il faut que les aiglons se rassemblent (LUC, XVII, 37). Après que le patrimoine a été dissipé par une race pervertie, c’est chez vous seuls que se trouve intact l’héritage de nos pères. Chez vous la terre féconde reproduit au centuple et en belle qualité la divine semence qui lui est confiée ; chez nous au contraire le froment enfoui dans les sillons dégénère en avoine et en ivraie. Maintenant c’est en Occident que se lève le soleil de justice, tandis qu’en Orient ce Lucifer, qui était tombé, élève son trône au-dessus des astres. Vous autres, vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre, vous êtes des vases d’or ou d’argent ; parmi nous on ne trouve que vases de terre ou de bois, qui attendent une verge de fer pour les briser, ou le feu éternel qui les consumera. Ainsi donc, quoique je tremble devant votre majesté, je me sens invité par votre clémence. Au pontife je demande la victime du salut, au pasteur sa protection pour une brebis du troupeau. Loin de vous les sentiments d’envie ; loin de vous le faste de la grandeur romaine : je parle au successeur du pêcheur, au disciple de la croix. Sans reconnaître d’autre chef que Jésus-Christ, je m’unis de communion avec votre béatitude, c’est-à-dire avec la chaire de Pierre ; je sais que c’est sur cette pierre qu’est bâtie l’Eglise. Quiconque mange l’agneau hors de cette maison, est un profane. Quiconque ne sera pas dans cette arche de Noé périra dans les eaux du déluge… Je ne connais pas Vital, je rejette Mélèze, je ne connais pas davantage Paulin. Celui qui ne ramasse pas avec vous, dissipe, c’est-à-dire, celui qui n’est pas à Jésus-Christ est à l’antechrist… C’est pourquoi je supplie votre béatitude par celui qui a été crucifié, par le salut du monde, par la Trinité consubstantielle, de m’autoriser par quelqu’une de vos lettres, soit à dire, soit à taire trois hypostases. Et de peur que l’obscurité du lieu où je demeure n’occasionne quelque mépris, daignez me faire parvenir votre réponse par le prêtre Evagre que vous connaissez fort bien ; faites-moi savoir en même temps avec qui je dois me mettre en communion à Antioche : car les hérétiques Campiens, unis aux Tharsiens, n’ont pas de plus grande ambition que de faire triompher les trois hypostases entendues dans leur sens, en s’appuyant de votre autorité. » (Lettre 57 à Damase)

« Pourquoi reprendre les choses de si loin ? C’est pour que de votre grandeur vous abaissiez vos regards sur ma bassesse ; pour que, pasteur opulent, vous ne dédaigniez pas une brebis malade. » Il dit ensuite, un peu plus loin : « Quoique j’aie, comme je l’ai écrit déjà, le vêtement du Christ (le baptême) dans la ville de Rome, je suis maintenant relégué dans les plages barbares de la Syrie. Et pour que vous ne pensiez pas que c’en soit un autre qui m’ait condamné à cet exil, c’est moi-même qui en ai porté la juste sentence contre moi-même. Mais, comme dit le poète latin, ceux qui s’en vont au-delà des mers peuvent changer de climat sans changer de dispositions [« Cœlum, non animum mutant qui trans mare currunt. »: citation d’Horace]. Mon implacable ennemi s’est tellement mis à mes trousses, que j’ai à soutenir dans cette solitude des combats encore plus violents. Car, tandis que d’un côté la fureur arienne se déploie appuyée par la puissance du siècle, de l’autre les trois factions qui partagent l’Eglise s’efforcent de m’attirer chacune à elles. Les moines du voisinage, établis avant moi dans le pays, se prévalent contre moi de leur priorité de possession. Au milieu de tout cela, je crie : Celui-là est de mon côté, qui est uni à la chaire de Pierre. Mélèce, Vital et Paulin se disent en communion avec vous. Si un seul l’affirmait, je pourrais l’en croire ; mais ici, il faut ou que deux à la fois mentent, ou même que tous les trois le fassent. Je supplie donc votre béatitude par la croix de Notre-Seigneur, par tout ce que demande l’honneur de notre foi, par la passion de Jésus-Christ, de vous montrer tellement par vos actions le digne successeur des apôtres, de siéger sur votre trône de société avec les douze avec une telle autorité, de vous laisser ceindre avec Pierre dans votre vieillesse avec une telle douceur, d’avoir tellement avec Paul votre conversation dans le ciel, que vous ne m’en fassiez pas moins connaître par vos lettres avec qui je dois me mettre en communion dans ce pays de Syrie. Ne méprisez pas une âme pour laquelle est mort Jésus-Christ. » (Lettre 58 à Damase)

Il enseigne encore la même vérité en d’autres occasions:

« Le salut de l’Eglise dépend de l’autorité que l’on accorde au souverain pontife : s’il n’est revêtu d’un pouvoir hors-ligne et qui le distingue des autres hommes, il y aura dans l’Eglise autant de schismes qu’il y aura d’évêques. » (Contre les Lucifériens, chapitre V)

« De quoi parle-t-il en évoquant sa foi ? Serait-ce la foi de l’Église de Rome ? Ou celle que renferment les livres d’Origène ? S’il répond que sa foi est celle de Rome, nous sommes donc tous les deux catholiques, n’ayant reçu aucune contamination de l’erreur d’Origène. » (Apologie contre Rufin, Livre 1, n° 4 dans PL, 23/400.)

« Il y a déjà plusieurs années, j’aidais le pape Damase, évêque de Rome à rédiger les documents officiels de l’Église et répondais aux demandes de consultation venues des conciles de l’Occident et de l’Orient. » (Lettre 123, n° 10 dans PL, 22/1052.)

« Le Christ a donné à saint Pierre le nom de pierre parce qu’il avait foi dans la pierre qui est le Christ, et si on parle de la pierre au sens métaphorique, c’est à juste titre qu’il lui est dit : Je bâtirai mon Église sur toi. » (Commentaire sur Saint Matthieu, Livre III, sur Matthieu XVI, 18).

« Parmi les douze, un seul est choisi afin d’écarter le risque d’un schisme en établissant un chef. (Contre Jovinien, livre 1, chapitre 14, paragraphe 29). Et sans doute possible parle-t-il du choix de saint Pierre qui fut accompli non pas par les apôtres mais par le Christ, comme on peut le voir si on lit la réponse qu’il donne à la question qu’il pose ensuite : « Mais pourquoi ne pas avoir choisi saint Jean qui était vierge? ». Il répond en effet : « Le bon Maître qui avait dit : Je vous donne ma paix, ne voulait pas donner l’impression de prêter occa- sion à une jalousie qui se serait exercée à l’encontre du jeune saint Jean pour lequel il avait davantage d’affection ».

Saint Augustin
(354-430), fils de sainte Monique, qui pria et pleura pendant trente ans pour la conversion de son fils, est un exemple de parfaite conversion: après une vie dissolue jusqu’à environ 30 ans, il devint un modèle de sainteté. Il est le plus grand des Pères de l’Eglise et docteur de celle-ci: le Pape Léon XIII déclara, d’accord avec toute la Tradition et l’enseignement catholique, après avoir mis en valeur les talents de chacun des Pères de l’Eglise, qu’« entre tous, la palme semble revenir à St. Augustin » (Encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879).

Certains partisans des Eglises chrétiennes non-catholiques affirment que ce saint aurait tenu des propos contraires à l’enseignement catholique sur saint Pierre et la papauté. Pour cela, il sorte une phrase d’un de ses sermons en la sortant de son contexte. La vérité est que la position de saint Augustin est 100% catholique, en voici la démonstration: ici. Nous copions ci-dessous ce qui concerne ci-dessous ce qui concerne strictement la primauté romaine, sujet qui concerne la présent article:

« l’Église romaine, où l’autorité suprême de la chaire apostolique a toujours été en vigueur » (Lettre 43, chapitre 3, n° 7 dans PL, 33/163.)

« Carthage était une ville rapprochée des pays transmarins, célèbre par son ancienne gloire : ce qui ne donnait pas peu d’autorité à son évêque qui pouvait bien ne pas se mettre en peine de la conspiration de ses ennemis, lorsqu’il se voyait uni par les lettres de communion avec l’Eglise romaine, dans laquelle a toujours résidé la principauté de la chaire apostolique, et avec les autres pays d’où l’Evangile a pénétré en Afrique, et où il était tout prêt à plaider sa cause, si ses adversaires cherchaient à tourner ces Eglises contre lui. » (Lettre 162 alias 43 aux évêques donatistes, Cf. Opera S. Augustini, t. II, p. 136, édit. de Gaume ; p. 90, édit. de Montfaucon)

« Si l’on doit avoir égard à la suite et à la succession des évêques. Combien n’y a-t-il pas plus de sûreté et d’avantages à s’en tenir à celle qui remonte jusqu’à Pierre, à qui le Seigneur a dit, comme au représentant de l’Eglise tout entière : Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Or, c’est à Pierre que Lin a succédé ; comme c’est à Lin qu’a succédé ensuite Clément ; puis à Clément, Anaclet, etc. ; A Damase, Sirice ; à Sirice, Anastase. Dans cet ordre de succession ne se trouve aucun évêque donatiste. Et quand même dans cette suite d’évêque qui de Pierre redescendent jusqu’à Anastase, le même qui occupe ce siège aujourd’hui, il se serait glissé dans les temps de persécution quelque traditeur, cela ne préjudicierait en rien à l’Eglise elle-même, ni à tout ce qu’il y aurait eu de chrétiens innocents de ce crime, puisque le Seigneur nous a dit d’avance pour nous mettre en garde contre les mauvais pasteurs : Faites ce qu’ils disent, mais ne faites pas ce qu’ils font ; car ils disent et ne font pas. Voilà ce qui assure l’espérance des fidèles et ce qui fait que, se confiant non dans les hommes, mais dans le Seigneur, ils ne sont point exposés à faire naufrage dans la tempête que soulève un schisme sacrilège. » (Lettre 165 alias 53 à Generosus)

« Comptez les pontifes qui se sont succédés depuis Pierre, et remarquez bien toute la suite de leur succession. C’est là cette pierre que ne sauraient ébranler les portes orgueilleuses de l’enfer. » (Chant populaire contre la secte des Donatistes)

« Admettons cependant que tous les autres évêques de l’univers soient tels que tu les accuses faussement d’être ; mais que t’a fait cette chaire de l’Eglise romaine dans laquelle Pierre a siégé le premier, et où siège maintenant Anastase ? Pourquoi appelles-tu chaire de pestilence la chaise apostolique ? Si c’est à cause des hommes qui l’occupent, et à qui tu reproches de ne pas mettre en pratique la loi qu’ils enseignent, est-ce qu’à cause des pharisiens qui disaient et ne faisaient pas, comme le rapporte l’Evangile, Notre-Seigneur Jésus-Christ a rien dit de défavorable contre la chaire même qu’ils occupaient ? N’a-t-il pas au contraire recommandé cette chaire de Moïse, et n’en a-t-il pas conservé l’honneur intact, tout en censurant ceux qui l’occupaient ? Voici en effet ce qu’il a dit : Ils sont assis sur la chaire de Moïse : faites ce qu’ils disent, mais ne faites pas ce qu’ils font ; car ils disent et ne font pas. Si vous faisiez attention à ces paroles, vous ne chercheriez pas dans les hommes que vous diffamez un prétexte pour blasphémer contre la chaire apostolique de la communion de laquelle vous vous êtes séparés. Mais que promet cette conduite, sinon que vous ne savez que dire, et que néanmoins vous ne pouvez vous empêcher de médire ? » (Contre les lettres du donatistes Pétilien, chapitre XXXI)

« Je garderai donc le silence sur cette sagesse, dont vous niez la présence dans l’Eglise catholique; j’y consens d’autant plus volontiers que je trouve assez d’autres garanties qui me retiennent dans son sein. Ce qui me frappe d’abord, c’est le consentement unanime des nations et des peuples; c’est le spectacle d’une autorité engendrée par les miracles, nourrie par l’espérance, augmentée par la charité, affermie par la durée. Ce qui, me frappe encore, c’est la chaire de Pierre à qui le Seigneur, après la résurrection, a confié le soin de paître ses brebis, c’est aussi cette imposante succession du sacerdoce, couronnée par l’épiscopat qui découle directement du pontificat lui-même. » (Réfutation de l’épître manichéenne appelée Fondamentale, chapitre IV)

« En voyant donc cette providence attentive de notre Dieu, cette continuité de progrès et de succès, hésiterons-nous encore à nous réfugier dans le sein de cette Eglise, à l’autorité de laquelle le genre humain rend hommage ; autorité qui a sa source dans le siège apostolique et dans la succession de ses évêques et contre laquelle s’élèvent vainement des hérétiques condamnés d’avance, soit par le bon sens du peuple lui-même, soit par la majesté des conciles, soit par la puissance des miracles ? Refuser la soumission à cette Eglise ou ne pas reconnaître son autorité suprême, c’est ou une extrême impiété, ou un téméraire orgueil. » (De l’utilité de la foi, chapitre XVII)

Comparant saint Cyprien à saint Pierre il dit : « Je dois redouter de me montrer rebelle envers saint Pierre. Car qui ignore que ce dernier est revêtu du pri- mat apostolique et qu’il est placé avant tout évêque? Mais quand bien même la grâce découle de sièges qui sont éloignés les uns des autres, la gloire de ces martyrs reste la même. » (De la doctrine chrétienne, livre 2, chapitre 1 – PL, 43 / 127. DG 2, 2, 7, 35 : Puto.)

Également au deuxième livre de son traité Sur l’enseignement chrétien, peu après le début, il estime que l’on doit compter les lettres décrétales du Siège apostolique parmi les écrits canoniques, et il dit : « Si on recherche avec grand soin quelles sont les écritures divines, on doit suivre l’autorité des écrits que les églises catholiques tiennent pour canoniques, au nombre desquels se trouvent ces lettres que le Siège apostolique a eu la grâce de posséder et que les autres sièges ont mérité de recevoir à partir de lui » (Livre 2, chapitre 8 – PL, 34 / 40. DG 1, 19, 6.). En effet saint Augustin dit que si on détient les décrétales que le Siège apostolique possède ou fait parvenir aux autres sièges, on doit les compter au nombre des écrits canoniques ; et en s’exprimant ainsi il suppose sans conteste non seulement que le Siège apostolique est établi à la tête de tous les autres, mais encore que ce siège est divin puisqu’il enseigne la foi.

Saint Augustin écrivit encore un Psaume abécédaire, qu’il composa pour servir de cantique populaire, afin de protéger les catholiques contre les ruses des schismatiques (Psaume abécédaire contre le parti de Donat, dans PL, 43/30).

Saint Augustin présida également les concile de Carthage et de Milève. Les Pères de ces deux conciles et lui-même, demandèrent a l’évêque de Rome, saint Innocent Ier de confirmer leur décisions. Voici le lettre du concile de Carthage: « Nous avons cru, vénérable frère, devoir porter cet acte à la connaissance de votre charité, afin que vous confirmiez par l’autorité du siège apostolique les décisions de notre médiocrité pour mettre à couvert le salut d’un grand nombre, et corriger au besoin la perversité de quelques-uns. […] Quand même donc Pélage paraîtrait à votre sainteté avoir été justement absous par certains actes qu’on dit être des évêques d’orient, son erreur et son impiété, qui compte en divers pays tant de partisans, n’en devrait pas moins être anathématisée par l’autorité du siège apostolique. » (Lettre 90 (175) au pontife romain Innocent, Ibid., col. 923 et 925, édit. de Gaume ; col. 617 et 619, édit. de Montfaucon)

Et la lettre que les Pères du concile de Milève et lui adressèrent au même Pape: « Puisque le Seigneur, par un bienfait signalé de sa grâce, vous a élevé sur le siège apostolique, et vous a placé dans un poste tel, qu’il y aurait négligence de notre part à ne pas déférer à votre révérence ce que les besoins de l’Eglise demandent de nous, sans que nous puissions avoir à craindre que notre démarche soit, ou dédaigneusement repoussée, ou froidement accueillie de vous ; nous vous prions d’apporter votre soin pastoral à la guérison de membres infirmes. Car une hérésie nouvelle et excessivement pernicieuse cherche à s’élever pour anéantir la grâce du Christ. » (Lettre 92 alias 176, Cf. Opera S. Augustini, t. II, col. 927, édit. de Gaume ; col. 620, édit. de Montfaucon).

Saint Innocent Ier
(mort en 417) fit la réponse suivante aux Pères du concile de Carthage, dans laquelle il assimila l’Église de la ville de Rome à une source pure de toute souillure hérétique, qui vivifiait les églises locales: « Voilà ce que vous avez estimé dans la vigilance de votre office sacerdotal, à savoir qu’on ne doit pas fouler aux pieds les ordonnances des Pères; car ceux-ci, dans une pensée plus divine qu’humaine, avaient décrété que n’importe quelle affaire à traiter, fût-ce des provinces les plus éloignées et les plus retirées, ne serait pas considérée comme finie avant d’avoir été portée à la connaissance de ce Siège, pour qu’il confirmât de toute son autorité les justes sentences et que les autres églises – comme les eaux qui jaillissent de leur source originelle et qui s’écoulent dans toutes les régions du monde par de purs ruisseaux venus de la source non corrompue – reçoivent de lui ce qu’elles prescriront et sachent qui elles doivent purifier et qui, souillé d’une fange ineffaçable, ne recevra pas l’eau digne des corps purs » (Lettre In requirendis du 27 janvier 417 aux évêques du concile de Carthage (Dz. 217); citée dans la lettre 181 (alias 191) de SAINT AUGUSTIN – PL, 33 / 780.).

Ainsi que cette réponse à ceux du concile de Milève: « Je loue la diligence que vous avez apportée à rendre hommage au siège apostolique, je veux dire au siège de celui qui, sans compter les embarras qui peuvent lui survenir d’ailleurs, est chargé du soin de toutes les Eglises, en nous consultant sur le parti que vous pouvez avoir à prendre dans vos doutes, vous conformant ainsi à l’antique règle que vous savez aussi bien que moi avoir toujours été observée par tout l’univers. Mais je me tais là-dessus, persuadé que vous en êtes d’avance parfaitement instruits, puisque vous l’avez reconnu par votre conduite même, sachant bien que le siège apostolique ne manque jamais de répondre aux consultations qui lui viennent de toutes les parties de l’univers. Mais surtout s’il s’agit de ce qui intéresse la foi, tous nos frères ou nos collègues dans l’épiscopat se font, comme je n’en doute pas, un devoir d’en référer à Pierre, ou à celui de qui il tient son nom et son privilège, ainsi que vous l’avez fait vous-mêmes pour obtenir une décision qui puisse, dans le monde entier, servir en commun à toutes les Eglises. » (Lettre aux Pères du concile de Milève, Inter epistolas S. Augustini, Opera S. Augustini, t. II, col. 934, édit. de Gaume ; col. 638, édit. de Montfaucon). Lettre citée dans la lettre 182 (alias 193) de SAINT AUGUSTIN – PL, 33 / 784.). Et lorsque dans sa Lettre à Paulin, saint Augustin rapporte ces actes, il recommande les réponses que le pape Innocent Ier donna par écrit, en ajoutant : « Sur tous ces points, le pape nous a donné réponse par écrit, exactement comme le requérait le droit et comme il convenait au pontife du Siège apostolique » (Epistola 186 (alias 106), § 2 – PL, 33 / 817.).
Rufin le Syrien (début du Vème siècle) dit dans son Libellus Fidei que Migne inséra en appendice du tome 10 des œuvres de saint Augustin : « Si la foi que nous confessons reçoit l’approbation de votre décision apostolique, quiconque voudra me reprocher une faute montrera son impéritie, sa malveillance ou même qu’il n’est plus catholique, au lieu de me taxer d’hérésie ». Ainsi, on le voit : on est ou on n’est pas catholique ou hérétique selon qu’en décide le jugement du Siège apostolique, et c’est pourquoi on peut reconnaître quel est sur terre le tribunal suprême du Christ auquel il revient sans conteste de juger en matière de foi.

Saint Boniface Ier
(mort en 422), Pape, rédigea plusieurs lettres aux églises locales pour affirmer la prééminence du Siège romain:

(Chap. 2).. Nous avons envoyé au synode (de Corinthe)… des directives écrites pour que tous les frères comprennent qu’on ne doit pas débattre à nouveau de ce que nous avons jugé. Jamais en effet il n’a été permis de traiter à nouveau de ce qui a été décidé une fois par le Siège apostolique » (Lettre Retro maioribus à l’évêque Rufus de Thessalie, 11 mars 422)

(Chap. 1). […] Cette [Eglise romaine] est donc avec certitude pour toutes les Eglises répandues par le monde entier comme la tête de ses membres ; si quelqu’un se sépare d’elle, qu’il soit éloigné de la religion chrétienne, puisqu’il a cessé de se trouver dans ce même assemblage » (Lettre Institutio aux évêques de Thessalie, 11 mars 422)

[…] Puisque le lieu l’exige, recensez s’il vous plaît les déterminations des canons, et vous trouverez quel est après l’Eglise romaine le deuxième siège, et quel est le troisième. … Jamais personne n’a levé la main avec audace contre l’éminence apostolique dont il n’est pas permis de réviser […]

Mais puisque la chose le demande, on montrera par des documents que les Eglises des Orientaux surtout, dans les grandes affaires qui rendaient nécessaire un débat de plus grande ampleur, ont toujours consulté le Siège romain et lui ont demandé aide chaque fois que cela était nécessaire. (Lettre Manet beatum à Rufus et aux autres évêques de Macédoine, etc., 11 mars 422)

[suivent des exemples d’appels et de requêtes dans l’affaire d’Athanase et de Pierre d’Alexandrie, de l’Eglise d’Antioche, de Nectaire de Constantinople et des Orientaux séparés au temps d’Innocent Ier.]

Saint Cyrille d’Alexandrie (376-444) écrit à Nestorius pour lui dire que, faute d’abjurer ses hérésies dans les délais impartis par le pape saint Célestin, il devra être tenu pour excommunié et déposé et tous les fidèles devront l’éviter. « Si vous ne vous acquittez pas de cette repentance, dans les temps indiqués et déterminés par la lettre de l’évêque de Rome, le saint et vénérable Célestin, notre frère et notre collègue dans l’épiscopat, soyez sûr que vous n’aurez plus rien de commun avec les évêques et les prêtres de Dieu […] et que vous n’aurez aucune place parmi eux. » (Lettre 17 à Nestorius, dans PG, 77/107.). Et dans une autre lettre adressée au Pape saint Célestin, il lui demande s’il veut que l’on puisse rester encore pour un temps en rapport avec Nestorius ou s’il faut désormais que tout le monde l’évite. « Nous n’irons pas rompre publiquement et ouver- tement la communion avec Nestorius sans indiquer d’abord cette inten- tion à Votre Sainteté. Daignez donc nous dire ce qu’il vous en semble, s’il faut toujours garder la communion avec lui ou au contraire proclamer librement que personne ne doit entrer en rapport avec quelqu’un qui pense et enseigne ces hérésies. » (Lettre 11 à saint Célestin, n° 7 dans PG, 77/83-86.). Si on ajoute ce qui s’est passé lors du concile d’Éphèse, tout cela fait suffisamment voir quelle importance saint Cyrille attribuait à l’évêque de Rome, puisqu’en condamnant et en déposant Nestorius, il a bien montré qu’il n’agissait que comme l’exécuteur et le ministre de ce pontife.

« De même que le Christ a reçu du Père le sceptre pour gouverner l’Église des nations, comme un chef qui, sorti d’Israël, placé au-dessus de tout pouvoir et de toute puissance, domine sur tout ce qui existe, au point que tout être se prosterne devant lui, ainsi le Christ a remis en pléni- tude son pouvoir à saint Pierre et à ses successeurs. » (Des Trésors, Thesaurus de sancta et consubstantiali Trinitate, cité par Saint Thomas d’Aquin dans son traité Contre les erreurs des grecs aux chapitre 34, § 1121 dans l’édition Marietti.)

Et encore : « C’est au Siège apostolique des évêques de Rome et à lui seul qu’il appartient de reprendre, de corriger, de décider, de délier, d’ordonner et de lier au nom de celui qui l’a établi. »

Saint Vincent de Lérins
rédigea en 434 un Commonitorium où il énonce les critères qui permettent de savoir si une doctrine est orthodoxe ou hérétique. Il écrit en son chapitre VI: « Jadis Agrippinus, de vénérable mémoire, évêque de Carthage, fut le premier de tous les mortels qui pensa, contrairement au canon divin, contrairement à la règle de l’Église universelle, contrairement à l’opinion de tous ses confrères, contrairement aux usages et aux institutions des aïeux, que l’on devait rebaptiser [les hérétiques]. Cette théorie trompeuse apporta tant de mal qu’elle fournit non seulement une procédure sacrilège aux hérétiques, mais en outre à certains catholiques une occasion d’erreur. Comme, de toute part, tous protestaient contre la nouveauté de ce rite et que tous les évêques, en tous pays, résistaient chacun dans la mesure de sa vigueur, le pape Étienne, de bienheureuse mémoire, qui occupait le siège apostolique, y fit opposition, avec tous ses autres collègues il est vrai, mais plus qu’eux néanmoins, car il trouvait normal, je pense, de surpasser tous les autres par le dévouement de sa foi autant qu’il les dominait par l’autorité de sa charge. » NB: ce Commonitorium peut prêter à confusion, nous suggérons de lire cet article pour l’appréhender correctement.

Socrate le Scolastique (vers 380-450): « Mais saint Jules Ier, l’évêque de la ville de Rome, n’y prit pas part lui non plus [au concile d’Antioche, réuni à l’instigation d’Eusèbe de Nicomédie, chef du parti arien] et n’y envoya personne pour l’y représenter, alors que pourtant la loi de l’Église interdit de rien décider sans l’accord de l’évêque de Rome. » (Histoire ecclésiastique, Livre II, chapitre 8 dans PG, 67/195.) Le même fait est rapporté par l’historien Sozomène de Constantinople (375-450): « Les Évêques d’Egypte ayant écrit que ces accusations n’étaient que des calomnies, et Jules ayant jugé qu’Athanase n’était pas en sûreté, le manda à Rome. Il fit réponse dans le même temps, à la lettre des Evêques qui s’étaient rassemblés à Antioche, les accusant d’introduire lourdement des nouveautés contraires à la doctrine du Concile de Nicée ; d’avoir violé les règles de l’Eglise, en tenant un Concile sans l’y avoir invité, parce qu’il y a un Canon, qui déclare nul, tout ce qui.est fait sans la participation de l’Evêque de Rome ; de n’avoir rien fait selon l’ordre de la justice, ni à Tyr, ni à Maréote contre Athanase ; que tout ce qui avoir été fait à Tyr, était ruiné par l’accusation calomnieuse de la main d’Arsène ; et tout ce qui avait été fait à Maréote en l’absence d’Athanase. Sur la fin de sa réponse, il se plaignait de la fierté avec laquelle leur lettre était écrite. » (Histoire ecclésiastique, Livre III, chapitre 10 dans PG, 67/1058.)

Théodoret de Cyr (393-458): « Athanase, ayant eu connaissance des pièges qu’on lui tendait, s’échappa furtivement et prit sa route vers l’occident. Car les Eusébiens avaient prévenu par lettres l’évêque Jules, qui gouvernait alors l’Eglise de Rome, des accusations qu’ils portaient faussement contre Athanase. Jules, conformément à la règle de l’Eglise, manda à Rome les accusateurs, et invita saint Athanase à venir lui-même défendre sa cause. Athanase n’eut pas plus tôt reçu cette invitation, qu’il se mit en devoir d’y répondre. Quant aux auteurs de tout ce tumulte, ils se gardèrent bien de se rendre Rome, persuadés qu’ils étaient que leurs mensonges y seraient découverts. » (Histoire ecclésiastique, livre II, chapitre 4)

Théodoret de Cyr en appelle en ces termes au pape saint Léon de l’injuste déposition qu’il avait subie de la part de Dioscore d’Alexandrie. « Mais en ce qui me concerne, j’attends la décision de votre siège apostolique, priant et attestant Votre Sainteté de me venir en aide, et faisant appel à votre tri- bunal pour obtenir une sentence droite et juste. […] Je demande avant tout à recevoir votre instruction, pour savoir si je dois ou non m’incliner devant cette injuste déposition. J’attends votre jugement. Si vous me demandez de m’en tenir à ce qui a déjà été jugé, j’en resterai là et loin de m’en prendre jamais à quiconque, j’attendrai de notre Dieu et Sauveur un jugement juste. » (Lettre 113 au pape saint Léon le Grand dans PG, 83/1315-1318.)

Saint Léon Ier, dit le Grand
(vers 395-461), Pape: « Seul saint Pierre est choisi dans le monde entier, pour être mis à la tête de toutes les nations qui seront appelées à la foi, pour être établi le chef de tous les apôtres et de tous les pères de l’Église. De la sorte, bien que le peuple de Dieu comprenne bien des prêtres et bien des pasteurs, c’est cependant saint Pierre qui les gouverne tous, comme ceux dont le Christ est le chef, et qu’il gouverne lui aussi. Très chers, Dieu a daigné attribuer à cet homme une destinée grande et admirable en l’admettant à partager sa puissance, et si Dieu a voulu que les autres chefs partagent avec lui quelque prérogative, il n’accorde jamais que par l’entremise de saint Pierre ce qu’il ne leur refuse pas » (Sermo 4 (alias 3) pour l’anniversaire de son élévation au souverain pontificat – PL, 54 / 149-150.)

Il laissait entendre que saint Pierre vivait et enseignait par la bouche de ses successeurs: « Le bienheureux Pierre, conservant toujours cette consistance de pierre qu’il a reçue, n’a pas abandonné le gouvernail de l’Église […]. Si donc nous faisons, quelque chose de bon, si nous pénétrons avec justesse dans les questions, […], c’est l’œuvre, c’est le mérite de celui dont la puissance vit et dont l’autorité commande dans son Siège » (Idem, sermon 3). Pierre et ses successeurs étaient, assurés d’une rectitude doctrinale inébranlable: « Le messie est annoncé comme devant être la pierre choisie, angulaire, fondamentale (Isaïe XXVIII, 16) » (Saint Léon : Idem, sermon 4)

« Cette union demande sans doute l’unanimité de sentiments dans le corps entier, mais surtout le concert entre les évêques. Quoique ceux-ci aient une même dignité, ils ne sont pas cependant tous placés au même rang, puisque parmi les apôtres eux-mêmes il y avait différence d’autorité avec ressemblance d’honneur, et que, quoiqu’ils fussent tous également choisis, un d’entre eux néanmoins jouissait de la prééminence sur tous les autres. C’est sur ce modèle qu’on a établi une distinction entre les évêques, et qu’on a très-sagement réglé que tous ne s’attribueraient pas indistinctement tout pouvoir, mais qu’il y en aurait dans chaque province qui auraient le droit d’initiative par-dessus leurs confrères, et que les évêques établis dans les villes les plus considérables, auraient aussi une juridiction plus étendue, en servant ainsi comme d’intermédiaire pour concentrer dans le siège de Pierre le gouvernement de l’Eglise universelle, et maintenir tous les membres en parfait accord avec leur chef. » (Lettre 84 à Anastase, évêque de Thessalonique, chapitre XI)

Ce pape dit encore « Au cours de tant de siècles, aucune hérésie ne pouvait souiller ceux qui étaient assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui les enseigne » (Sermon 98).

Les Pères du concile de Chalcédoine déclarèrent formellement au sujet de saint Léon: « Dieu, dans sa providence, s’est choisi, dans la personne du pontife romain un athlète invincible, impénétrable à toute erreur, lequel vient d’exposer la vérité avec la dernière évidence ».

Le concile de Chalcédoine:
Convoqué par le pape saint Léon Ier sur demande de l’empereur Byzantin Marcien et son épouse l’impératrice Pulchérie. Se tint du 8 octobre au 1er novembre 451 dans l’église Sainte Ephémie de la ville éponyme, sur l’actuelle rive asiatique d’Istanbul. Il réuni 343 évêques (un record) dont quatre seulement viennent d’Occident.

Dans son action ou session III, dans le compte-rendu adressé au pape Léon : ‘Nous vous en supplions donc, honorez notre jugement par votre suffrage, et de même que nous nous sommes conformés à notre chef en suivant vos instructions salutaires, ainsi faites-nous la grâce de satisfaire le légitime désir de vos enfants’. (Voir dans Labbe, Conc., t. IV, col. 837 et 838).

Analyse : cf concile de Sardique.

Saint Gélase
(mort en 496), Pape, disait ceci dans une décrétale adressée aux Grecs: « Pierre brilla dans cette capitale [Rome] par la sublime puissance de sa doctrine, et il eut 1’honneur d’y répandre glorieusement son sang. C’est là qu’il repose pour toujours, et qu’il assure à ce Siège béni [le siège de Rome] par lui de n’être jamais vaincu par les portes de l’enfer » (Décrétale 14 intitulée De responsione ad Graecos).

Saint Rémi de Reims
(vers 437-533) disait à l’occasion du Baptême de notre Roi Clovis, 25 décembre 496 : « Apprenez, mon fils, que le Royaume des Francs est prédestiné par Dieu à la défense de l’Église Romaine, qui est la seule véritable Église du Christ. Ce Royaume sera un jour grand entre tous les Royaumes, il embrassera toutes les limites de l’Empire Romain, et il soumettra tous les peuples à son sceptre. Il durera jusqu’à la fin des temps! Il sera victorieux et prospère tant qu’il sera fidèle à la foi Romaine. Mais il sera rudement châtié toutes les fois où il sera infidèle à sa vocation ».

Saint Fulgence de Ruspe
(vers 465-vers 530) constata : « Ce que l’Église romaine tient et enseigne, l’univers chrétien tout entier le croit sans hésitation avec elle » (De incarnatione et gracia Christi, ch. 11)

Saint Hormisdas Ier (450-523), Pape, envoya à la cour impériale de Constantinople – qui l’avait sollicité pour mettre fin aux schismes qui dècheraient l’Orient – le 1er août 515, un document intitulé Libellus Fidei, ou encore Regula Fidei, ce qui peut se traduire par Programme de la foi, Opuscule de la foi, Règle de la foi ou encore Profession de foi, mais plus connu sous le nom de Formulaire d’Hormisdas. Tous les évêques d’Orient devaient y souscrire. Une des vérités impératives exprimées dans ce texte était que l’orthodoxie s’est toujours maintenue à Rome. En effet, après avoir rappelé que le Christ avait « bâti l’Eglise sur la pierre » contre laquelle l’enfer ne prévaudrait point » (Matthieu XVI, 18), le pape commenta avec assurance: « Cette affirmation se vérifie dans les faits, car la religion catholique a toujours été gardée sans tache dans le Siège Apostolique [autre version du texte: c’est seulement dans la chaire de Rome que les faits postérieurs ont correspondu à la parole du Christ]. […] Nous espérons mériter de rester dans la communion avec vous que prêche le Siège apostolique, communion dans laquelle réside, entière et vraie, la solidité de la religion chrétienne ». ».

Plus tard, le Pape Adrien II fit souscrire à ça texte tous les Pères grecs et latins lors du IVème concile de Constantinople (10e session du 28 février 870).


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