Le silence de Dieu

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SolaGratiaQc
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Le silence de Dieu

Message non lu par SolaGratiaQc » mer. 16 sept. 2015, 18:00

*** Pour d'autres textes comme celui-ci : [...]
« Hey, Orpheus!

De l'autre côté de l'eau
Comme un écho

En anglais
[+] Texte masqué
But you will get over

And when you get over
Just wait until it's over

Wait until it's through
And if I shout for you

Never doubt

Don't turn around too soon

Just wait until it's over

Wait until it's through

It seems so important now


When you get older

Then you will remember

Why it was so important then »
- Arcade Fire (Orpheus)
Je me suis récemment mis à l’écoute du dernier album d’Arcade Fire qui traite en grande partie du mythe d'Orphée et d'Eurydice. L’énigmatique mélancolie de la pièce « Orpheus », m’a poussé à en apprendre davantage sur cette tragédie grecque. Elle met en scène un homme tant épris de sa défunte épouse qu’il conclut une entente avec Hadès pour la tirer des griffes de la géhenne. À travers une réelle descente aux enfers, Orphée s’affaire à guider sa bienaimée au-delà de l’ombre, mais il lui est interdit de poser le regard sur Eurydice tant qu’ils demeurent dans les profondeurs d’Hadès. « Eurydice suivit Orphée dans le sombre passage, guidée par la musique de sa lyre; Tous deux remontaient le chemin de l'Averne. Aux portes du Ténare, lorsqu'il revit poindre à nouveau la lumière du jour, n'entendant aucun bruit et se méfiant un peu des promesses d'Hadès, il se retourna pour voir si son épouse était toujours derrière lui. Un seul coup d'oeil et il la perdit pour toujours. » (Métamorphoses, traduit par Desaintange)

Je ne prétends pas du tout être familier avec les interprétations contemporaines du mythe d’Orphée. Je suis néanmoins interpellé par cet amoureux titubant dans la noirceur, l’esprit confus et pourtant habité par une sensation singulière: une espérance grossière et sans visage. Dans ce lieu obscur, l'audace est tiraillée par le doute, l’assurance est entremêlée d’appréhension et le désir est affligé par les regrets. À plusieurs égards il me semble que le chrétien est aussi un amoureux qui chancelle, le radar embrouillé et pourtant mu par l’espérance d’une vie nouvelle. « Car c'est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l'espérance qu'on voit n'est plus espérance: ce qu'on voit, peut-on l'espérer encore? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance. De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables » (Romains 8 : 24-26)

En contrepartie, il n’y a pas que le doute et l’espérance qui émane du personnage d’Orphée. Il est également un sauveur guidant sa bienaimée par le chant de sa lyre. Cette musique attire Eurydice à lui: le murmure d’un poème ancien, un refrain annonçant la venue des noces, ce vague souvenir d’une époque où les choses étaient telles qu’elles le devaient. Le chrétien est-il plutôt Eurydice? Sommes-nous guidés hors de la noirceur par les soupirs inexprimables d’un amour qui transcende même la mort? N’est-il pas curieux que la Bible précise qu’aucun homme ne peut voir Dieu et vivre (Exode 33 :20) et qu’un jour nous le verrons face à face (1 Cor. 13 :12)? Que signifie alors l’échec d’Orphée? Est-ce un écho à la futilité de notre espérance?

Dieu soit loué, le mythe d’Orphée n’est plus le symbole de notre désespoir! « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés); il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus Christ » (Éphesien 2 :4-6)

Dans les moments de doutes, quand les murmures de Dieu paraissent insupportables, ne voudrions-nous pas voir de nos yeux et entendre de nos oreilles? Lorsque le bourdonnement de ce monde confond nos sens, la matérialisation de notre espérance devient un enjeu capital. Pourtant quelque chose de prodigieux nous appelle à la maison. Un sentier nouveau apparaît dans notre sombre labyrinthe. Une lueur semblable à l'aurore pointe à l’horizon. Dans cette pénombre où s’accentuent le vertige et l’effroi, s’ouvre aussi un chemin sûr et étroit. C’est une assurance qui confond les sages et qui réduit la tragédie au silence, c’est une force tranquille et singulière qui transcende le temps et les circonstances : l’épouse est vivante!

« Qu'en est-il du silence de Dieu? J'y réfléchis un peu plus. J'ajoute : un esprit confus, et pourtant un sens confiant de présence et de but ultime. » (Yann Martel, l’Histoire de Pi)

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