Transsubstantiation

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Virgile
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Re: Transsubstantiation

Message non lu par Virgile » dim. 13 déc. 2009, 5:17

Chère Sophia,
Sofia a écrit :Le prêtre souffle sur les offrandes ?
Je suis désolée, je ne comprends toujours pas votre histoire de souffle. Que représente le souffle dans l'expression "l'Eucharistie pain - vin - souffle" ? L'Eucharistie, je connais, le pain c'est le corps du Christ, le vin c'est le sang du Christ, le souffle c'est quoi ?
le prêtre ne "souffle" pas sur les offrandes, bien entendu: il prononce les même paroles que le Christ lors de la Cène.
Il prononce des paroles: il ne "souffle" pas.
Sofia a écrit :Qu'est-ce que le "sacerdoce de Melchisedech catholique" ?
Pour ce qui est de Melchisédech, vous trouverez mention de lui dans la Genèse, au chapitre 14 :
18 Melchisédech, roi de Salem, apporta du pain et du vin ; il était prêtre du Dieu Très-Haut. Il bénit Abram et dit : 19 Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, qui a créé le ciel et la terre ! 20 Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! " Et Abram lui donna la dîme de tout.
Pour comprendre le sens de cette figure de l'Ancien Testament, il faut lire Hébreux, 7 :
1 Ce Melchisédech, roi de Salem, prêtre du Dieu très-haut. — qui vint au devant d'Abraham à son retour de la défaite des rois, le bénit, 2 et à qui Abraham donna la dîme de tout le butin, — qui est d'abord, selon la signification de son nom, roi de justice, ensuite roi de Salem, c'est-à-dire, roi de paix, 3 — qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n'a ni commencement de jours, ni fin de vie, — et qui est ainsi devenu semblable au Fils de Dieu : ce Melchisédech demeure prêtre pour toujours.
Melchisedech est donc une figure du Christ offrant le pain de son corps et le vin de son sang pour la multitude. C'est pourquoi l'Eglise catholique fait référence à Melchisédech dans la prière après la consécration :
Supra quæ propítio ac seréno vultu respícere dignéris: et accépta habére, sícuti accépta habére dignátus es múnera púeri tui iusti Abel, et sacrifícium Patriárchæ nostri Abrahæ: et quod tibi óbtulit summus sacérdos tuus Melchísedech, sanctum sacrifícium, immaculátam hóstiam.
Sur ces Offrandes daignez jeter un regard favorable et accueillir dans Votre bienveillance ce Sacrifice Saint, cette Hostie immaculée, comme il Vous plut d'accueillir les présents de Votre serviteur Abel le Juste, le Sacrifice de notre père Abraham, et celui que Vous offrit Votre grand-prêtre Melchisedech.
Les évêque et les prêtres catholiques sont donc ordonnés selon l'ordre de Melchisedech (Tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisech) et non plus selon l'ordre sacerdotal ancien du Temple, celui d'Aaron.
Le prêtre catholique, par l'onction de l’Esprit Saint, est marqué d'un caractère spirituel indélébile. Cette onction le configure au Christ et le rend capable d'agir au nom du Christ, grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech.
Toujours Hébreux, 5 :
9 et maintenant que le voilà au terme, il sauve à jamais tous ceux qui lui obéissent. 10 Dieu l'ayant déclaré "grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech."
Sofia a écrit :Je ne comprends pas la liaison que vous faites entre vos deux propositions : 1/ "Dieu est entièrement présent dans chaque miette et chaque goute", donc 2/ "pas la peine de vraiment communier corps et sang du Christ".
Que veut dire "pas la peine de vraiment communier corps et sang du Christ" ? Quel est le lien logique avec le début de la phrase ?
Pour répondre à votre interrogation, il suffit de dire que par le fait même de la présence sacramentelle du Christ sous l'espèce du pain et sous l'espèce du vin, la communion à la seule espèce du pain permet de recevoir toute la réalité du sacrement de l'Eucharistie: le corps et le sang du Christ, tout le fruit de grâce du sacrement.
Bien entendu, on peut toujours dire que la forme de signe de communion est mieux réalisée lorsqu'elle se fait sous les deux espèces: c'est d'ailleurs cette forme de communion qui est habituelle dans les rites orientaux. Dans le rite latin, essentiellement pour des raisons pastorales et historiques, c'est la communion sous la seule espèce du pain qui est devenue habituelle.

Amicalement.
Virgile.
Dernière modification par Virgile le dim. 13 déc. 2009, 12:22, modifié 1 fois.

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Sofia
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Re: Transsubstantiation

Message non lu par Sofia » dim. 13 déc. 2009, 11:54

Merci Virgile d'avoir éclairé ma lanterne :idea:

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Bob
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Re: Transsubstantiation

Message non lu par Bob » sam. 19 déc. 2009, 9:10

Puisque le sujet est la Transsubstantiation, je copie-colle ici même une page du catéchisme de monsieur l'Abbé Beauvais, curé de la paroisse saint Nicolas du Chardonnet (...)
Cette page est issue d'un nouveau site qui va encore nécessiter quelques jours de travail pour être "opérationnel" mais vous pouvez tout de même déjà y jeter un œil si cela vous chante.

Mode de la présence réelle :

Etant donné que Jésus-Christ est réellement présent dans l'Eucharistie, il s'agit de savoir

- comment Il se rend présent,
- de quelle façon, Il est présent,
- combien de temps, Il reste présent.

Comment se fait la présence réelle - La transsubstantiation

Pour comprendre comment se fait la présence réelle, il faut savoir que, dans l'Eucharistie, on distingue 2 choses
- La substance
- et les accidents.
La substance, c'est ce qui fait le fond de l'être, ce qui subsiste à travers les multiples variations de cet être.
Les accidents ou espèces [du latin species (ce qui paraît)], c'est ce qui apparaît à l'extérieur, ce qui est perçu par les sens, ce que l'on voit, ce que l'on entend, ce que l'on touche.
Ainsi, ce qui fait la substance du pain ne change pas, alors que les accidents comme la couleur, la forme et le goût, varient.

Transsubstantiation
Il a été défini par le Concile de Trente, il est donc de foi que la présence réelle dans l'Eucharistie se fait par transsubstantiation, c'est-à-dire par le changement total des substances du pain et du vin au corps et au sang de Notre-Seigneur, changement qui ne laisse subsister que les accidents du pain et du vin.

Ainsi, quand le prêtre, au moment de la Consécration, prononce ces mots : "Ceci est mon corps", "Ceci est mon sang", il y a conversion immédiate de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Notre-Seigneur : ce passage d'une substance en une autre substance, l'Église le désigne sous le nom de transsubstantiation. Les paroles, une fois prononcées, les substances du pain et du vin disparaissent, il ne reste plus que les accidents appelés encore espèces ou apparences. Les accidents ne pouvant subsister naturellement en dehors de leur substance, c'est en cela que consiste le miracle eucharistique.

De quelle façon Jésus-Christ est-Il présent dans l'Eucharistie ?

La manière dont Jésus est présent dans la Sainte Eucharistie peut se formuler dans les 2 propositions suivantes :

• 1ère proposition. Jésus-Christ est présent tout entier sous chaque espèce.

Bien que les paroles de la Consécration "Ceci est mon corps", "ceci est mon sang", semblent indiquer que le corps est d'un côté et le sang de l'autre, il n'y a nullement séparation des 2 substances.

Le Christ ressuscité étant désormais vivant et immortel, son corps ne peut être séparé de son sang : sous chaque espèce se trouve donc Jésus-Christ tout entier, c'est-à-dire son corps, son sang, son âme, sa divinité.

C'est ce que Saint Paul écrivait déjà aux Corinthiens
"Celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur." (I Cor. XI, 27)

Ce qui signifie qu'il suffit de participer indignement à l'une des 2 espèces pour profaner à la fois le corps et le sang du Seigneur.

• 2ème proposition. Jésus-Christ est tout entier sous chaque parcelle des espèces.

De même que Jésus-Christ est tout entier sous l'espèce du pain et tout entier sous l'espèce du vin, de même, Il est tout entier sous chaque parcelle des espèces, pour la même raison donnée plus haut, que son corps, son sang, son âme et sa divinité, ne peuvent être séparés. Lorsqu'on divise l'Hostie, on ne divise donc pas le corps et le sang du Christ, on ne divise que les espèces.

Le Divin Sauveur est tout entier sous chaque parcelle, pourvu qu'elle soit perceptible ; c'est pour cette raison que le prêtre, avant de boire le précieux Sang, recueille soigneusement les parcelles qui peuvent se trouver sur le corporal et les met dans le calice.

Dans ces 2 propositions, il faut conclure que celui qui, dans la Communion, reçoit une seule espèce, voire même une parcelle des espèces, reçoit Jésus-Christ tout entier, tout aussi bien que celui qui communie sous les 2 espèces.

• Combien de temps Jésus-Christ reste-t-il présent dans l'Eucharistie ?

Il a été défini par le Concile de Trente, il est donc de foi que Jésus-Christ est dans le sacrement de l'Eucharistie, non seulement pendant l'usage, lorsqu'on Le reçoit, mais qu'Il y est avant et après l'usage et aussi longtemps que les espèces, elles-mêmes, subsistent.

Le corps et le sang de Jésus-Christ ne cessent donc d'être présents sous les espèces que si celles-ci viennent à perdre leurs propriétés naturelles. La raison en est que, pour l'Eucharistie comme pour les autres sacrements, le signe sensible est une condition nécessaire.

Conséquence : la permanence de la présence réelle a d'importantes conséquences pour les fidèles. Jésus-Christ restant présent dans les espèces eucharistiques, il s'ensuit que nous devons Le visiter souvent dans les tabernacles, L'y adorer, Le remercier de ses bienfaits, Lui demander pardon et solliciter les Grâces dont nous avons besoin.

http://www.christusimperat.com/catechis ... record=123
Cordialement

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Re: Transsubstantiation

Message non lu par Shinran » lun. 06 sept. 2010, 22:25

Je ne sais pas trop comment me positionner par rapport à ça, mais j'aime bien ce que dit Catherine de Sienne:

"le goût corporel goûte le pain et le goût de l'âme goûte le Dieu-homme"
" Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle." Jn 6, 68

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Raistlin
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Re: Transsubstantiation

Message non lu par Raistlin » mar. 07 sept. 2010, 9:05

Shinran a écrit :Je ne sais pas trop comment me positionner par rapport à ça
Lisez l'Évangile selon saint Jean au chapitre 6, et vous saurez que le Seigneur ne rigole pas du tout losqu'il dit qu'il faut manger sa chair et boire son sang, et qu'il prend réellement les choses au premier degré.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)

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